Mission PeSDC

La mission EUTM Mali : lancée !

La mission EUTM Mali : lancée !

M. Popowski, secrétaire général adjoint du service diplomatique européen (SEAE), et le général De Rousiers, président du comité militaire de l’UE (EUMC) lors de l’annonce du lancement de la mission (crédit : Conseil de l’Union européenne)

(BRUXELLES2) La décision est on ne peut plus concise et devrait être publiée au Journal officiel dès demain. La mission EUTM Mali est « lancée le 18 février 2013 ». Le commandant de la mission est « autorisé avec effet immédiat à entamer l’exécution de EUTM Mali ». Le plan de mission (MisPlan) et les règles d’engagement sont également « approuvés ». Une décision prise à l’unanimité par les 27 Etats membres…

Une Europe engagée

Cette décision « illustre combien l’Europe de la défense est active et s’engage » a expliqué le général de Rousiers, qui préside le comité militaire de l’UE. Après la décision prise en 2008 de s’engager dans la lutte contre piraterie ; celle prise en 2010 ce fut l’engagement dans la formation de l’armée somalienne. Et aujourd’hui il s’agit d’aller former « la nouvelle armée malienne ». Une mission « exaltante » – selon le général – car il s’agit de « faire venir la paix dans les esprits et sur le terrain ». Une décision « historique » également car elle inscrit l’Union européenne dans un engagement « important au Mali et dans le Sahel ».

Une mission qui s’inscrit dans le temps

Cette mission s’inscrit « durablement » dans le temps. La mission EUTM Mali aura un mandat « initial de 15 mois ». Mais elle pourrait être prolongée ensuite. « On verra ce que l’avenir se réserve. » Précisons que cette décision a été prise à l’unanimité par tous les ministres des Affaires étrangères. « Pas une voix ne s’est opposée ou a émis la moindre réserve. (…) L’Europe agit collectivement avec près de 20 pays qui apportent la contribution. C’est la richesse de l’engagement multinational qui permet à chacun d’apporter son expertise particulière ».

500 militaires

La mission comportera 500 militaires « provenant d’environ 20 pays » a annoncé le général. Ce qui confirme nos premières évaluations (publiées sur le Club) d’une grosse participation à cette mission. Tous les postes ne sont pas tout à fait pourvus. Mains on n’est pas loin. Selon nos informations, les derniers ajustements sont, en effet, en passe d’être réglés. Environ 90% de l’effectif est ainsi déjà affecté, notamment sur les fonctions principales. Il reste cependant encore certains postes notamment au sein de l’Etat major à confirmer (détail de la contribution des Etats membres et de leur affectation sur le Club de B2). La décision prise ce matin par le gouvernement belge d’apporter la ressource “Medevac” a levé la dernière hypothèque importante qui pesait sur la mission (Lire aussi :  La Belgique confirme son engagement dans EUTM Mali).

Effectif précurseur

Un effectif précurseur d’environ 70 soldats est déjà sur place à Bamako (composé de Français, Britanniques, Allemands, Espagnols, Suédois et Roumains). Vers le 27 février, ils devraient être un peu environ une centaine, plus concrètement « 105 » a précisé le général. Vers la mi-mars, la moitié de l’effectif nécessaire devrait être déjà sur place, croissant ensuite vers le chiffre de 500, qui signifie la “pleine capacité opérationnelle”. Ce qui est « le volume requis pour assurer la formation, le conseil et l’expertise, la protection de la force, le soutien logistique et le commandement ».

La ligne de commandement est claire

Le général Lecointre assurera le commandement des soldats dans le quotidien. Il exercera sa mission sous l’autorité politique du COPS et rendra compte régulièrement au président du Comité militaire.

Le coeur de la mission…

Cette mission comportera un risque : s’assurer de la qualité du recrutement comme de possibles dérapages de l’armée malienne. Le général de Rousiers en est bien conscient. Le recrutement des soldats sera « bien évidemment de la responsabilité des autorités maliennes ». Mais les Européens auront « une mission de conseil » importante. Ce sera « ensuite au général Lecointre de voir comment mettre en place un filtre final du recrutement des individus, en liaison avec les autorités maliennes ». Les Européens ne partent pas de rien. L’expérience acquise en dix années de présence en Afghanistan comme la mission de formation de l’armée somalienne (EUTM Somalia) est un acquis précieux. Quant aux comportements “déviants”, ce sera « d’abord le rôle du gouvernement malien de rappeler les règles de comportement ». Mais c’est aussi « le cœur de la mission » européenne que « d’inculquer des règles, des habitudes, un savoir-être, un comportement qui est avant tout celui du respect de l’autorité. Un soldat n’agit pas en individu mais au sein d’une collectivité. »

Le contrôle des effectifs formés

Les Européens n’auront cependant pas pour mission de contrôler les effectifs formés. « Il est hors de question que les formateurs accompagnent les forces maliennes formées et se déplacent dans la reconquête de la stabilité de l’ensemble du territoire. Les chaînes de commandement sont strictement séparées. Les missions ne sont pas les mêmes. » Et les zones géographiques également. « C’est la différence entre la Misma – qui s’étend sur tout le territoire – et Eutm Mali – là pour former sur le court terme (conseils) et moyen-long terme (former la nouvelle armée). »

Pour contrôler la situation, une mission des Nations-Unies va d’ailleurs se déployer qui sera chargée de vérifier les bruits et rumeurs qui circulent, « d’établir des faits pour l’ensemble des contingents quels qu’ils soient (français, Misima, maliens) ».

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Pour les Tchèques après l’Afghanistan et l’OTAN, l’UE ?

(BRUXELLES2) La présentation aujourd’hui (8 novembre) de la nouvelle politique de défense tchèque a donné lieu à des discours “constrastés” entre le chef d’Etat major de l’Armée, Petr Pavel, et le président de la République Vaclav Klaus. Pour ce dernier, l’Afghanistan signe un retour à la maison pour les militaires tchèques, la fin des engagements extérieurs (expéditionnaires) de grande envergure, et des activités menées dans le cadre de l’Alliance. « Les unités de l’armée auront besoin de mettre l’accent sur les activités des missions de formation, tant au niveau national ainsi qu’au sein de l’Alliance ». Le tempo de l’armée tchèque a, en effet, été « élevé ces quinze dernières années avec les Balkans, l’Irak et l’Afghanistan » a complété le ministre de la Défense, Alexandr Vondra, prônant un retour à des missions plus classiques, la défense du territoire. Une évolution de stratégie qui cache mal des raisons très économiques. L’armée tchèque est engagée dans une profonde restructuration avec un Livre blanc sur la défense (elle aussi !) et la perte de 1600 postes à l’horizon 2014 !

Le chef d’Etat Major Petr Pavel a donc apporté quelques “nuances” – disons-le comme çà – à ses autorités politiques. Pour lui, la réduction des engagements signifie une intensification des missions de formation qui devraient avoir lieu « non seulement dans le pays mais aussi à l’extérieur de celui-ci ». Et après l’Afghanistan, « nous allons chercher une compensation partielle à travers notre implication dans les opérations sous l’égide de l’UE » explique-t-il. On pense à Prague à une implication dans la mission EUTM Somalia – pour former les militaires somaliens – voire dans l’opération anti-piraterie Eunavfor Atalanta mais peut-être également (le chef d’Etat major ne l’a pas cité expressément) à la future mission EUTM Mali qui devrait recevoir le premier feu vert officiel le 19 novembre à la réunion des ministres de la Défense et des Affaires étrangères, le 19 novembre à Bruxelles (avec un inconvénient, il y a peu de francophones dans l’armée tchèque).

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«Thank you, EU» dit le Jakarta Post

(BRUXELLES2) Merci l’UE ! Le compliment barre l’éditorial du Jakarta Post dans son édition de fin mai dernier (lire ici). Et il est suffisamment rare pour être mentionné. L’UE est souvent raillé pour son manque de cohérence et de consistance en matière de politique étrangère, parfois à raison, parfois à tort.

L’éditorialiste du Jakarta Post tient ainsi à rendre publiquement hommage aux Européens pour avoir déployé la mission Aceh en Indonésie (mission d’observation du cessez-le-feu). « Du fond de nos cœurs, nous tenons à exprimer notre gratitude de l’Indonésie, les peuples et les dirigeants de l’UE pour son aide à Aceh, et pour les hommes et les femmes dévoués qui ont regagné un sentiment de sécurité et la confiance entre personnes qui avaient tant perdu. »

Bien sûr, il reste des progrès à faire : il faut notamment investir dans les jeunes générations, lutter contre la corruption, la pauvreté et le chômage. Mais « L’UE a assuré (ainsi) un rôle acceptable pour les parties en conflit, le gouvernement indonésien et le GAM. (…) Depuis, la guerre de trois dernières décennies, celle des balles, a été remplacée par les urnes électorales. »

La mission avait pour objectif de veiller à la mise en oeuvre de certains aspects de l’accord de paix  signé entre le gouvernement indonésien et le mouvement pour Aceh libre à Helsinki en août 2005. Les observateurs de l’Union européenne – auxquels étaient associés des observateurs de cinq pays asiatiques (Thaïlande, Malaisie, Brunei, Philippines et Singapour) ainsi que la Norvège et la Suisse – se sont déployés pour l’essentiel à partir du 15 septembre 2005 (une mission intérimaire avait déjà été déployée sur place). La mission a duré plus d’un an, jusqu’à décembre 2006. Mais l’essentiel du travail a été fait durant les deux premiers semestres. En tout il y avait environ 80 observateurs sous l’autorité de Pieter Feith (qu’on retrouvera plus tard dans d’autres postes de la PSDC et encore il y a peu à la tête de l’Office civil au Kosovo), effectif réduit à 36 à la fin de la mission.

(article rédigé avec l’aide de M.D.)

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La mission au Sahel revue à la lumière de la situation au Mali ?

La mission de l'UE de formation de la gendarmerie au Niger pourrait-elle être complétée par une formation de l'armée ou de gardes-frontières ? (crédit : ONU)

(BRUXELLES2, exclusif) Le coup d’Etat au Mali pourrait obliger les Européens à accélérer et à revoir le format de la mission PeSDC qui doit être déployée au Niger pour former la gendarmerie, selon des informations communiquées à B2. Outre la formation de la gendarmerie, pourrait aussi être ajouté un élément militaire avec la formation de l’armée et/ou de gardes frontières. Une nécessité pour le Niger pour protéger sa frontière nord avec le Mali. Mais il est aussi nécessaire de déployer « vite » la mission civile au Niger. Le concept d’opération (Conops) devait être préparé pour juin ; il « faut sans doute accélérer la préparation » a assuré un haut diplomate européen à B2 ; et cela peut paraître « un peu contradictoire avec tout aménagement supplémentaire de la mission ». Le Comité politique et de sécurité (COPS) doit se pencher sur la question ces jours ci (réunion ce vendredi mais aussi lundi matin à Luxembourg). De « façon générale », cela « pose aussi la question de la lourdeur de nos procédures » de mise en place d’une mission de la PeSDC, a-t-il ajouté.

Aide à la CEDEAO

Un officier de l’Etat-Major de l’UE est déjà parti à Abuja, siège de la CEDEAO/ECOWAS – la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest. Objectif : assurer la liaison avec les Européens et aider les Africains à définir leurs besoins sur une opération au Mali. Il s’agit d’examiner notamment dans quelle mesure les Européens pourraient aider à cette mission des militaires africains, au niveau logistique notamment, mais aussi politique. La bonne planification de la mission et la définition de son objectif sont très importants. La mission de 3000 militaires que s’apprête à déployer au Mali la CEDEAO pourrait, en effet, avoir trois objectifs, très différents : soit préserver le sud du Mali, soit établir une zone tampon au-dessous de Tombouctou et Gao, soit reconquérir le nord. Selon le choix d’une ou de l’autre option, cela implique des positionnements et des moyens différents. Cette planification de l’opération pourrait recevoir le soutien européen. Concernant les moyens, il n’est pas question d’une mission PeSDC ; mais davantage d’utiliser des outils financiers comme la Facilité de paix pour l’Afrique. Avec juste une difficulté : celle-ci est « déjà fortement mise à contribution pour l’Amisom en Somalie ». Et elle arrive au bout des ressources disponibles.

Lire aussi : L’UE continuera de soutenir les efforts de l’AMISOM. Mais pas toute seule

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Des conclusions “défense” en forme de feuille de route. Au rapport !

(BRUXELLES2) Les conclusions des conseils des ministres sur la défense européenne sont souvent assez rituelles rappelant ce qui a été fait dans l’année et annonçant des décisions prochaines assez courantes : prolongation ou annonce d’opérations, lancement de projets… Un texte souvent administratif et quelque peu ennuyeux (il faut l’avouer). Celles qui viennent d’être adoptées (*) doivent cependant être regardées à la loupe. Car sous ces dehors rituels, se cache autre chose. Un peu comme une reprise en main de la lente dérive qui avait marqué ces derniers mois, vers une baisse continuelle des ambitions que ce soit en termes d’opérations ou d’outils de gestion de crise.

Du pain sur la planche pour six mois

Il y a d’abord la planification de plusieurs nouvelles opérations situées en Afrique : le renforcement des capacités maritimes dans la Corne de l’Afrique, l’étude d’éventuelles missions au Sahel ou en Libye, la prolongation de l’opération Atalanta, ainsi que le lancement de 11 projets capacitaires par l’Agence européenne de Défense. En reliant, tous les paragraphes, les uns aux autres, elles forment une véritable feuille de route que les Etats membres ont voulu tracer, donnant à la Haute représentante le mandat pour développer et renforcer l’Europe de la défense. Comme l’a expliqué cet après-midi, devant le Parlement européen, l’ambassadeure polonaise au COPS,  Beata Peksa-Krawiec, c’est une « politique de petits pas. Et nous avons du pain sur la planche pour six mois ».

Des rapports à la pelle jusqu’à une possible strategic review

Plusieurs rapports d’étape ou dates butoirs pour aboutir à des accords ont, en effet, été fixés : sur les nouvelles missions, les battlegroups, la refonte des procédures de gestion de crises, le mécanisme Athena, l’activation de l’Ops-center, les procédures de génération de force, le renforcement des capacités militaires …

De façon générale, les 27 ont surtout demandé à la Haute représentante de leur faire un “rapport de progrès” sur tous les aspects de la PSDC en général dans les six mois, « d’ici juin 2012 ». Une opportunité que pourrait saisir la Haute représentante pour faire un état des lieux ambitieux en traçant des perspectives, et des lignes de force, tel un “Livre blanc”. Même si le terme n’est pas prononcé, il n’est pas interdit. Et dans la version anglaise “reviewing progress made” on n’est pas loin de la “Strategic review” engagée par les Britanniques pour leurs propres forces.

Une demande croissante d’action européenne

Le contexte est parlant. Il y a une demande croissante pour que l’Union européenne devienne un « acteur stratégique mondial, plus capable et plus cohérent », précisent les conclusions. Les 27 soulignent l’importance de la PSDC « comme un élément essentiel de cette approche globale » et insistent sur les « nécessaires progrès » à accomplir. Ils réitèrent ainsi « le plein engagement pour maintenir les engagements actuels sur les missions en cours de la PSDC » alors qu’ils « envisagent de nouvelles actions de la PSDC ». Il faut utiliser « de manière efficace et activement toute la palette des instruments à disposition dans la prévention des conflits et la gestion de crises ».

Evaluation et valeur ajoutée nécessaires pour les missions de la PSDC

Les 27 endossent la nécessité d’améliorer la performance de la PSDC, notamment à travers l’évaluation des résultats, le ‘benchmarking’, l’étude d’impact, l’identification et l’application des retours d’expérience (lessons learned) tout comme le développement des meilleures pratiques. Ils fixent aussi ce qu’on peut retenir comme cinq critères à l’utilisation des missions de la PSDC : 1) la valeur ajoutée, 2) sur la base de besoins identifiés, 3) avec des objectifs clairs, 4) des stratégies de sorties, 5) pour aboutir à des résultats durables.

Nouvelles missions : décisions à prendre d’ici la fin de l’année ou début 2012

Les 27 ont demandé à la Haute représentante d’accélérer le travail préparatoire sur l’opération PSDC au Sahel dans l’objectif d’un nouveau rendez-vous fixé « d‘ici la fin de l’année (2011) » pour examiner les suites à donner.  Ils ont réaffirmé la disponibilité de l’UE à prêter assistance à la Libye, sur un nombre variable de secteurs, notamment la réforme du secteur de sécurité et la gestion des frontières. Des « options pour une possible action de la PSDC » devraient être élaborées début 2012 selon les deux conditions fixées par le SEAE : le principe de l’appropriation par les Libyens et la coopération avec l’ONU. Quant à l’opération anti-piraterie Eunavfor Atalatanta, n’ayant pu pour des raisons de procédure la prolonger jusqu’à 2014, ils ont convenu de revenir sur la question début 2012 en vue d’une décision. Quant à la mission de sécurité sur l’aéroport au Sud-Soudan, ils ont pris note du travail en cours.

Capacités civiles : un cadre réglementaire de génération de force

Faute d’avoir atteint les objectifs fixés dans les “Headline Goals 2010″, les 27 avaient l’année dernière, tout bonnement, décidé d’en repousser l’application. Ils rappellent aujourd’hui combien la « recherche de synergies entre le développement de capacités civiles et militaires » est nécessaire, pour la gestion de crises à l’Européenne, et répondre à la fois aux lacunes existant et à la demande grandissante dans ce domaine.

Ils fixent un délai : au 1er semestre 2012 à la Haute représentante et à la Commission pour ensemble réexaminer les moyens d’améliorer la génération de force « dans un cadre réglementaire solide ». Ils demandent aussi aux Etats membres d’avoir des stratégies plus efficaces permettant l’utilisation de personnels civils, en provenance de différents ministères (Affaires étrangères, Intérieur, Justice, Finances…). Cela passe aussi par « davantage de formations, des incitatifs de carrière… » pour permettre de disposer de personnels motivés et qualifiés pour les missions de la PSDC.

Les contours d’une politique industrielle de défense

La crise frappant, les 27 ont voulu intégrer ces nouvelles contraintes dans le travail capacitaire. Il ne s’agit plus seulement – comme auparavant – de résoudre les lacunes constatées mais de « développer la coopération en matière de capacités militaires sur des bases plus systématiques et à long terme ». Les Etats membres doivent indiquer sur quels projets ils prennent le “lead”. La situation sera examinée en avril 2012. Et les 27 rappellent l’engagement pris par les chefs de défense de l’UE d’établir ou d’élargir des projets de coopération d’ici la mi-2012.

Ils veulent ainsi examiner en détail « l’impact de la réduction des dépenses de défense sur les capacités, notamment l’impact possible sur les capacités technologiques et industriels à maintenir et développer en Europe ». L’agence européenne de défense (EDA) sera chargée de ce travail. Et demandent à la Commission comme à l’EDA d’accélérer la recherche de « synergies », notamment en intégrant ces préoccupations dans le futur programme cadre de recherche et technologies à l’horizon 2020.

Amélioration de la réaction de crise : au rapport.

Les 27 ont endossé la création d’un entrepôt permanent pour les équipements civils en 2012 et la rédéfinition des procédures. Mais ils aussi demandé à la Haute représentante de plancher sur différents sujets pour améliorer la réaction de crises. Il en sera ainsi sur les battlegroups et leur interaction avec des éléments civils (voir article séparé), rapport attendu au 1er semestre 2012.

Les procédures de gestion de crise, procédures qui datent un peu puisqu’elles remontent à 2003, doivent aussi être revues, estiment les 27 qui demandent à la Haute représentante de faire des propositions, en suivant quelques principes. Il faut avoir des “mandats clairs” et des “capacités renforcées” pour les structures de gestion de crises, notamment entre le CMPD et l’Etat-Major de l’UE (la CPCC n’est pas citée en tant que tel, mais on pense), pour « permettre une planification anticipée, et plus efficace, permettant une prise de décision plus rapide au niveau politique, l’amélioration des échanges d’informations, l’identification de synergies civilo-militaires et une étroite coopération avec les organisations internationales ». On peut préciser que ce travail a déjà été entamé au sein du SEAE. Le général de Kermabon étant spécialement chargé de faire une mission d’étude et de proposition.

Rapport sur la coopération avec l’ONU

La coopération internationale notamment avec les structures onusiennes de gestion de crises a aussi été examinée, les 27 demandant – là encore – à la Haute représentante de faire des propositions pour des actions concrètes qui devront être prises à la première moitié de 2012. Dans le même sens, ils l’encouragent à continuer ses efforts pour faciliter la coopération entre l’UE et l’OTAN, notamment sur les théâtres d’opérations, où les deux organisations travaillent côte à côté (Afghanistan, Kosovo…). Ils valident ainsi le processus de contacts, notamment entre les différents niveaux des deux administrations.

(*) Texte qui n’est disponible qu’en anglais, pour l’instant. Traduction personnelle.

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Une mission européenne en Libye : quand il neigera sur Tripoli ?

(BRUXELLES2) Après plusieurs missions d’évaluations, l’Union européenne attend de ses interlocuteurs libyens qu’ils formalisent les demandes d’assistance par exemple en matière de gestion des frontières ou de formation de la police. L’autre condition posée par les Européens est de disposer du rapport d’évaluation des Nations-Unies et de coordonner étroitement ses actions avec les partenaires internationaux. Les Européens devant alors s’occuper des “niches” restantes. Autant de conditions qui rendent difficiles, en l’état, d’aller davantage de l’avant pour mettre sur pied une mission PeSDC. Sauf surprise, au conseil des Affaires étrangères et de la Défense, il ne faudra donc pas attendre d’avancées de ce coté-là.

(Maj) Pour tenter de débloquer le sujet, les 27 ont convenu lors du Conseil des ministres du 1er décembre, de fixer une date - « début 2012 » – pour fixer les « options à une possible mission PSDC », qui seraient centrées sur « la réforme du secteur de sécurité et la gestion des frontières », dans le plein « respect du principe d’appropriation par les Libyens et en coopération avec l’ONU ».

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Nouvelles missions PSDC : la ligne de Cathy

(BRUXELLES2) On en avait l’intuition. Des fonctionnaires et des diplomates le confirmaient à mi-mot ou plus vertement. C’est désormais officiel, ou quasiment. Un haut responsable du service diplomatique vient de résumer aujourd’hui, devant quelques journalistes, avant le conseil des ministres de la Défense, la ligne officielle de la Haute représentante de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité. « La ligne de Cathy – a-t-il expliqué - c’est de ne pas avoir de nouvelles missions tant que nous n’aurons pas résolu les problèmes des missions actuelles, comme au Kosovo ou en Géorgie qui manquent d’effectifs ».

  • NB : Au Kosovo, la mission Eulex voit les Etats membres retirer, un par un, leurs effectifs des forces de police de maintien de l’ordre. Et en Géorgie, certains pays ont retiré quelques éléments, notamment les Français. Explication coté français : « La France a besoin de ses gendarmes ailleurs. Ce n’est pas illogique. Cette mission est toujours utile aujourd’hui. Mais nous ne sommes plus dans le même mouvement politique qu’en 2008. Si des Etats veulent prendre le relais, et qu’ils estiment la mission primordiale, qu’ils mettent un peu plus de moyens… ».

Attention à ne pas gripper la machine

Les contraintes financières justifient essentiellement cette position. Mais pas seulement. Cette ligne “officieuse” de Cathy confirme les commentaires de plusieurs diplomates autour de la table du Conseil qui avaient l’impression que les différents arguments avancés et préalables posés par le service diplomatique européen au déclenchement de nouvelles missions (Libye, Sahel…) tient davantage à cette (non) volonté. « Nous sommes actuellement dans une logique malthusienne, du type ‘la planète a plusieurs milliards d’habitants, c’est grave, arrêtons de faire des enfants’ » précise un diplomate. Il y a cependant un danger à laisser l’instrument de la PSDC au garage « Quand un jour on aura besoin de l’instrument, il y a un risque qu’on ne puisse plus faire de mission. Car tout simplement on n’aura plus l’expérience. L’important aujourd’hui est de ne pas gripper la machine ».

OpsCenter : à la recherche de l’efficacité

Même principe pour le OpsCenter – le centre de commandement des opérations militaires. Le senior officer confirme que la « Haute représentante ne veut plus discuter de ces questions idéologiques mais se concentrer sur l’efficacité ». Quid de ce qu’elle pourrait proposer en terme d’efficacité ? Notre interlocuteur n’en dira pas plus… Mystère. Il est certain que s’il n’y a pas de nouvelles missions, il n’y a pas besoin d’un OHQ renforcé.

Commentaire : La position – de recherche de l’efficacité – est justifiable en théorie, dans un beau salon, tout de nappes brodées. Mais, malheureusement, dans la réalité, c’est différent. La PesDC n’est pas fait de vases communicants. Et un moyen ne remplace pas un autre. Ce n’est donc pas en supprimant une mission qu’on aura plus de moyens ailleurs. Ce n’est pas ainsi en ne déployant pas une petite mission au Sahel, qu’on aura une frégate de plus pour Eunavfor Atalanta, ou une compagnie de CRS ou de gendarmes mobiles au Kosovo. C’est davantage une question de volonté, et de priorité politique des Etats membres. De plus, il y a en politique, et encore plus en opérations de défense, un effet majeur : celui d’entraînement. Un Etat actif en entraîne un autre plus réticent. Et ainsi se monte une mission, sans nécessairement prendre ailleurs. Un pays qui tient absolument à une mission sera d’ailleurs plus prêt à donner un coup de pouce à une autre dans une sorte de donnant donnant. Et, à l’inverse, un Etat qui a décidé pour des raisons diverses de retirer ses troupes, il le fera, mission nouvelle ou pas. La PSDC et l’Europe – on le sait bien – c’est comme le vélo, si on s’arrête, on risque de tomber. En s’en tenant à cette ligne, qui relève de la méconnaissance,  il n’y aurait jamais eu d’autres missions. Pendant des années, et encore maintenant, la mission EUPOL Afghanistan a souffert de sous-effectifs, les Etats rechignant à s’engager (et les individus également). Cela n’a pas empêché les Etats membres de s’engager, de façon parfois massive et décisive, successivement dans plusieurs missions EUMM Georgia, EUNAVFOR Atalanta, EUTM Somalia voire EULEX Kosovo, pour ne citer que celles-ci.

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La mission de renforcement des capacités maritimes – quelques détails

(BRUXELLES2, Exclusif) La mise au point de la mission RMCB (renforcement des capacités maritimes régionales) continue d’avancer dans les groupes de travail. Même si les cailloux qui parsèment sa route ne sont pas tous enlevés. Et depuis mon dernier papier, les détails s’affinent…

Les différents groupes – politico-militaire (PMG), civil de gestion de crises (Civcom) – et l’Etat-Major ont, en effet, rendu leur avis. Le COPS – comité politique et de sécurité – en a discuté. Et le point devrait être inscrit à l’agenda du Coreper mardi, en espérant qu’il passe la rampe des ministres des Affaires étrangères, jeudi (1er décembre). Une dernière mission d’évaluation pourrait se rendre dans la région rapidement (sans doute d’ici janvier), afin de pouvoir mener à bien les derniers repérages et de pouvoir finaliser le concept d’opération (Conops). On espère arriver ainsi à une décision finale du Conseil des ministres au printemps pour un lancement avant l’été (en juin).

Civile avec expertise militaire

Cette mission sera une mission civile, financée donc par l’Union européenne – ce qui n’est pas un détail en ce moment -, mais une forte composante et expertise militaire. Elle fonctionnera en effet en lien très étroit avec d’un côté, l’opération anti-piraterie Eunavfor Atalanta et, de l’autre, avec la mission de formation des soldats somaliens en Ouganda (EUTM Somalia). Les trois missions forment ainsi un « ensemble cohérent et intégré qui correspond à la stratégie cadre adoptée par les 27 pour la Corne de l’Afrique », précise-t-on au service diplomatique européen. Elles seront donc en « coordination étroite » entre elles et placées sous la « coordination stratégique » du futur représentant spécial pour la Corne de l’Afrique qui devrait être nommé rapidement (enfin dès qu’on pourra :-) ).

Durée : deux ans

La mission pourrait durer deux années ; renouvelable ou amendable éventuellement. Une première évaluation devrait en effet se dérouler à l’issue de la première année.

Basée en grande partie à Djibouti

La mission consistera essentiellement à former les différents personnels locaux (somaliens et de la région). Toute la difficulté est de savoir si elle pourra être réellement déployée en Somalie. En fait, la mission pourra être essentiellement localisée à Djibouti, au Centre de formation régionale (Djibouti Regional Training Center) qui vient tout juste d’être inauguré (début novembre). Ce centre pourrait d’ailleurs être renforcé par l’action de l’Union européenne. La mission comprendra aussi un important volet : fourniture d’équipements. La participation des Etats membres, voire de pays tiers, est là requise ; car le financement par l’Union européenne (notamment au travers de l’Instrument de stabilité, ne pourra pas suffire).

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