Centrafrique : le peuple attend le retour de l’État (Denise Brown)

(B2) Sept mois après un accord de paix signé entre les groupes armés et les autorités gouvernementales, la sécurité s’améliore (un peu) en Centrafrique, mais pas la situation humanitaire

Militaires et policiers, servant comme casques bleus dans MINUSCA, patrouillant dans Bangui, République Centrafricaine, en octobre 2017 (crédit: ONU)

De passage à Bruxelles, Denise Brown, la représentante spéciale adjointe pour la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA) et coordinatrice humanitaire en Centrafrique, nommée en mars 2019, explique la situation.

Les trois plus grands problèmes : enfants soldats, violences sexuelles et risques sanitaires

Malgré que « les groupes armés aient signé des accords où ils s’engageaient à ne pas utiliser des enfants soldats », cette pratique n’a pas disparu. Cela est en partie lié au fait que les jeunes de 14-18 ans « n’ont pas d’éducation correcte, de travail ou d’espoir pour de futur ». « Il n’y a rien de facile en Centrafrique, surtout si tu es un enfant ». Le viol reste omniprésent, les mouvements de personnes à travers le pays n’aidant pas à contrôler la situation, tandis que « le système judiciaire est faible ». S’ajoute à cela un vrai risque lié à Ebola car le système de santé s’est effondré. « Les réfugiés dont la majorité sont au Cameroun, si ils décident de rentrer  […] mettront de la pression sur le peu qui existe en Centrafrique. »

Moins de conflits armés, plus de criminalité

S’il y a un progrès à noter, c’est que « des gens [sont] à nouveau dans la rue », signe d’un regain de sentiment de sécurité. Cependant, « le pays a besoin d’être reconstruit, [car] il y a subi une destruction massive. Et cela requiert un effort sur le long-terme ». Autre problème, les groupes armés « doivent trouver une autre manière de générer des revenus » depuis qu’ils ont signé les accords de paix. Cela entraîne « une augmentation de la violence liée aux activités criminelles ». La fin des affrontements n’empêche donc pas la situation de rester « imprévisible ». D’ailleurs, dans le nord du pays, un « début de conflit […] entre deux groupes armés » émerge, « la première fois depuis l’accord de paix ».

Le retour de l’État attendu

Au final, tout est lié à l’absence de l’État dans le pays. Dans certaines zones, il n’y a que « la MINUSCA et les humanitaires de présents ». Quant à l’impact des réformes du secteur de la sécurité du pays, « on peut voir une plus grande présence des forces armées centrafricaines (FACA) et de la police du gouvernement. Ceux-ci ont lancé un appel à recrutement et ont reçu un nombre écrasant de candidatures ». Au final, « le peuple veut [surtout] une restauration de l’autorité de l’État ».

(Clara Gantelet, st.)

Propos recueillis lors d’un point presse, le 20 septembre, à Bruxelles.

Lire aussi :

Les Européens se préparent pour s’implanter dans le camp d’instruction militaire de Bouar (V2)

(B2) Les spécialistes de la force des Nations unies (MINUSCA) et de la force européenne (EUTM RCA) établies en République centrafricaine (RCA) ont terminé une étude du site de Bouar qui constituera pour les Européens, un second point d’appui après Bangui.

Visite mixte EUTM-Minusca du site de Bouar (Crédit : EUTM Rca)

Le premier poste fixe en dehors de Bangui

Ce sera le premier ‘poste permanent’ établi en dehors de la capitale centrafricaine de la mission européenne. Une demande de Bangui mais aussi une nécessité stratégique. Une quarantaine de Français pourraient y être déployés, en liaison avec les éléments français au Gabon, pour l’équipe de formation. C’est une des spécialités des EFT qui ont ainsi formé ou entraîné plusieurs troupes africaines (du Cameroun, du Gabon, du Tchad, du G5 Sahel, de Centrafrique…). Pour rendre ce déploiement opérationnel, il reste encore à trouver l’élément de soutien médical (le rôle 2) qui n’était pas encore en décembre totalement certain. Un nouveau tour de piste des États membres a été entamé pour pourvoir ces éléments.

Ne pas laisser un vide se créer au profit des Russes

« Il ne faut pas traîner et laisser se créer un vide dont d’autres pourraient profiter », a confié à B2 un responsable européen. Les ‘autres’, ce sont les Russes, déjà installés près de Bouar, où ils consolident leur emprise, en installant leur propre piste d’atterrissage (différente de la piste de l’aéroport qui a été rénové par les soins de la Minusca). « Il faut donc être prêt à répondre à la demande des Centrafricains ». Le centre rénové permettra tant à EUTM RCA qu’à la Minusca de compléter la formation et l’entraînement des FACA, les forces armées centrafricaines.

Le retour à une tradition militaire

Le choix de Bouar n’est pas fait au hasard. Cette ville placée sur un axe vital, reliant le Cameroun à la capitale centrafricaine Bangui, a toujours joué un rôle stratégique, et a une longue tradition militaire. Le centre de formation, anciennement dénommé Camp Leclerc, a joué un rôle historique durant des dizaines d’années, avant et après l’indépendance. A partir de 1981, après l’opération Barracuda destinée à renverser le président (dictateur) Bokassa, il a abrité les éléments français d’assistance opérationnelle et technique (EFAO) chargé de reconstruire l’armée centrafricaine. Ce jusqu’en 1998 (1). Le départ des Français a été acté en 1997 par la décision de Paris de diminuer ses emprises africaines, en les recentrant sur quelques points forts, notamment au Tchad, dans le centre de l’Afrique, dans le cadre d’un accord avec le gouvernement centrafricain dirigé par Ange-Félix Patassé (2).

Un centre réhabilité partiellement en 2017

Le Centre d’instruction militaire (CIM) a fait récemment l’objet d’une réhabilitation partielle, achevée en mai 2017. Menée avec le soutien de la Minusca, elle a permis notamment la remise en état de trois salles de classe, cinq dortoirs, un pavillon d’hospitalisation, un bâtiment pour soins intensifs et maternité (lire ici) (3). C’est la seconde réhabilitation d’un site militaire entreprise par la mission des Nations unies après celui du camp Kassai à Bangui.

(Nicolas Gros-Verheyde)

  1. Sur les opérations françaises en Centrafrique, on doit lire avec intérêt l’étude réalisée par Florent Saint-Victor, « 45 ans d’opérations militaires françaises en Centrafrique », publiée par le CDEF, Centre de doctrine d’emploi des forces, décembre 2013.
  2. Une décision qui consacre le divorce entre Paris et Bangui selon Jean Guisnel. Lire « Le repli de la coloniale », Le Point, avril 1998.
  3. En parallèle, plusieurs structures civiles, notamment le bâtiment administratif de la ville, ont été rénovées avec le soutien de l’Union européenne.

Mis à jour le 1.1.2019 : précisions sur l’utilisation du centre de Bouar par EUTM RCA et la Minusca et sur la piste d’aviation utilisée par les Russes.

Pics de violence à Bangui. A ne pas confondre avec un conflit religieux

Drapeau centrafricain en berne dans le camp de l’ONU à Bangui, pour les trois jours de deuil national déclarés par le président, après les incidents du 1er mai (Crédit : MINUSCA)

(B2) Après plus d’une année et demi de calme, la situation semble avoir singulièrement changé à Bangui. Les violences s’enchainent, sans que personne ne semble capable de désarmer les milices.

Mardi 1er mai, ce sont une église et une mosquée qui ont subi les dommages collatéraux du conflit, faisant plus d’une vingtaine de morts dans la capitale de la Centrafrique.

Une bavure qui fait 22 morts

Tout commence avec un incident « banal » mardi soir. Des gendarmes centrafricains et un groupe de la milice « Force » s’affrontent. Le chef du groupe, Moussa « Empereur », aurait été blessé par balle, à quelques centaines de mètres du PK5. Pour la suite, deux versions coexistent. Les forces de l’ordre assurent que la milice est revenue à la charge et a attaqué les gendarmes. Depuis le comité de prévention des crises du 3e arrondissement de Bangui, les gendarmes se sont réfugiés dans l’église de Fatima, alors que la messe était en cours. Celle-ci s’est retrouvée entre deux feux. Résultat : plusieurs personnes tuées, dont le prêtre. S’ensuit une flambée de violence dans plusieurs points de la ville, avec pour cible les musulmans. Deux hommes sont brûlés vifs (deux Sénégalais) et la mosquée de Lakouanga est détruite. La foule est finalement dispersée à proximité du palais présidentiel. A la fin de la journée, le bilan est lourd : 22 personnes et plus de 100 autres blessées, dont deux casques bleus.

La menace venue de Kaga-Bandoro ?

Derrière ces évènements, selon le président Touadéra, se trouvent les éléments du Front populaire pour la renaissance de Centrafrique (FPRC) conduits par Abdoulaye Hissène. Regroupés depuis plusieurs semaines à Kaga-Bandoro, ils menacent de « marcher sur Bangui ». Ce qui rappelle fortement le coup d’état de 2011 et inquiète les Centrafricains comme les acteurs internationaux présents à Bangui.

… accélérée par la présence russe 

Un facteur accélérateur des tensions semble être la présence, de plus en plus visible, des Russes en RCA. Déjà, lors des incidents d’avril au PK5 (lire : Situation très tendue à Bangui depuis dimanche. Plusieurs morts, des dizaines de blessés) un militaire russe aurait été au cœur de l’action musclée menée dans le quartier. C’est d’ailleurs l’implication militaire croissante de la Russie aux côtés du gouvernement centrafricain qui est au cœur de la colère du FPRC. Un épisode impliquant des Russes a d’ailleurs failli mettre le feu aux poudres, samedi 28 avril. Selon RFI, un avion russe aurait atterri à Kara-Bandoro pour tenter de négocier avec les rebelles. A bord, trois hommes armés blancs, vite suspectés d’être Russes.

NB : en décembre 2017, le Kremlin a obtenu de l’ONU une exemption de l’embargo et donc l’autorisation de livrer – gratuitement – un chargement d’armes en RCA,. Un Ilyushin IL-76MD de l’armée russe, immatriculé RF78805, a déposé le 26 janvier et début février, en plusieurs voyages, environ 5.000 fusils d’assaut, des mitrailleuses, des pistolets et des lance-roquettes. Avec ces armes, 175 instructeurs russes se sont installés à Berengo, ancien palais de l’empereur Bokassa (lire : Les Russes entraînent l’armée centrafricaine à la place des Européens). Depuis, ils sont devenus très visibles. Ils ont notamment remplacé les casques bleus rwandais pour assurer la sécurité du président et pris le contrôle des systèmes de communication du pays

L’appel de Touadera pour renforcer la MINUSCA

C’est dans ce contexte de dégradation de la sécurité que le président de la RCA, Faustin Touadéra a demandé à l’ONU d’augmenter les effectifs de la MINUSCA lors de son dernier passage devant le Conseil de sécurité de l’ONU, le 24 avril dernier. « Nous lançons à nouveau un appel au renforcement des effectifs de la MINUSCA par des contingents opérationnels et professionnels. » Le président centrafricain demande surtout que la mission passe du maintien de la paix à « l’imposition de la paix afin d’éviter de faire échec aux efforts de consolidation et pérennisation de la paix ».

(Leonor Hubaut)


Commentaire : le faux pas d’Antonio Tajani

Lors de la mini-session plénière de Bruxelles, mercredi dernier (2 mai), le président européen a commis un sérieux faux pas. Depuis son arrivée au perchoir de l’institution, Antonio Tajani veut faire de la politique extérieure son instrument pour obtenir plus de prestige, pour l’institution… ou pour lui-même (1). Profitant de la séance d’ouverture, l’Italien, ancien commissaire européen, a confirmé cette intention, passant en revue plusieurs actes violents à travers le monde pour les condamner. Sur la Centrafrique et Bangui, il a été prolixe, regrettant « l’assassinat de chrétiens » au lieu de parler plus amplement des violences. Comme si la mort de musulmans, le même jour, était sans importance ! Mais, surtout, il a utilisé le mot « génocide ». Un mot qui a une définition juridique très précise et ne peut être employé à tout propos. Il est tombé ainsi dans le piège partisan qui n’est pas à la hauteur du poste qu’il occupe. En RCA, il n’y a pas de conflit religieux. Certaines parties utilisent cet argument pour envenimer le débat, mais le propre président centrafricain l’a bien signalé : « Ne tombez pas dans le piège du conflit confessionnel. »

(LH)

(1) A. Tajani n’a pas fait mystère de son désir de revenir sur la scène italienne, pour y occuper un poste de premier plan. Malheureusement la défaite de son parti Forza Italia le prive (pour l’instant) de ce poste.


 

Situation très tendue à Bangui depuis dimanche. Plusieurs morts, des dizaines de blessés

(B2) Après l’intervention des casques bleus dimanche (8 avril) dans le quartier PK5 (kilomètre 5), la situation reste très tendue à Bangui. Un casque bleu est mort, plusieurs civils également mardi (10 avril) dans de nouvelles échauffourées. Les organisations humanitaires présentes sur place annoncent avoir reçu de nombreux blessés

L’opération de désarmement entamée le 8 avril…

Tout commence en fait dimanche dernier (8 avril). Une opération conjointe de désarmement et d’arrestation est lancée conjointement par les Forces de sécurité intérieures (FSI), les Forces armées centrafricaines (FACA), et la MINUSCA « visant les bases de certains groupes criminels du quartier PK5 » à Bangui, un des quartiers les plus sensibles de la capitale centrafricaine. Objectif affiché par la MINUSCA : désarmer les groupes criminels qui sévissent dans le quartier, rançonnent les commerçants, attaquent les civils et s’opposent à toute forme de retour de l’autorité de l’État, et arrêter certains meneurs. Ce qui ne se fait pas sans heurt (2).

… dégénère mardi

Le contexte est très tendu. Après l’enlèvement d’une femme, la foule manifeste en direction du quartier Miskine, où l’armée centrafricaine tenait un commissariat, selon une note interne de la MINUSCA révélée par Radio France Internationale. L’opération dégénère. Les casques bleus rwandais font face « quatre heures durant » à « des éléments lourdement armés des groupes criminels qui ont délibérément ouvert le feu sur les forces internationales » indique la force des Nations unies dans un communiqué. « Neuf casques bleus membres du contingent rwandais sont blessés, dont l’un mortellement. Un autre casque bleu est dans un état critique. » (3)

Des casques bleus débordés

La version de nos confrères sur place est plus complète. Les casques bleus du contingent rwandais ont voulu s’interposer entre les manifestants et la foule. Mais rapidement, « avec seulement deux véhicules blindés, ils sont dépassés par la puissance de feu venant des Autodéfenses. » « Une vingtaine de casques bleus rwandais, selon des témoins sur place, avancent alors à pied, un de leurs véhicules blindés étant hors d’état de marche. Et devant la mosquée, où 200 personnes sont venues chercher refuge, les combats s’intensifient. ». Outre le casque bleu tué (le sergent Jean Bosco Hategekimana), « au moins 24 habitants du PK5 ont également succombé » dans les échanges de feu, et plusieurs dizaines de personnes ont été blessées (4). Tous ne sont pas de parfaits innocents apparemment selon Jean-Pierre Lacroix, interrogé par RFI. « Ces morts – nombreux –, beaucoup, sans doute [sont des] jeunes, qui ont été manipulés par les chefs de bande et qui se sont affrontés à nous avec […] des armes lourdes » a précisé  le chef des missions de l’ONU en visite à Bangui.

Les services médicaux saturés

Selon les sources humanitaires sur place, deux des principaux hôpitaux de la ville ont reçu et traité plus de 120 blessés.

Les services de l’hôpital communautaire de Bangui saturés

Le service de traumatologie d’un des principaux hôpitaux du pays est saturé suite aux affrontements qui ont éclaté dans la capitale, indique ainsi un communiqué du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) parvenu à B2 ce vendredi (13 avril). « Les 34 lits du service de traumatologie de notre hôpital communautaire sont tous pris », explique Marcelle Baltzinger, cheffe de projet CICR à l’hôpital communautaire de Bangui. « Nous avons installé des blessés dans deux autres salles, dont une réservée aux soins intensifs, mais elles sont elles aussi saturées. Nous avons deux tentes en réserve, prêtes à être montées, d’une capacité totale de 20 lits. » L’hôpital communautaire de Bangui a ainsi accueilli 52 blessés depuis le début des affrontements.

Une soixantaine de blessés soignés par MSF

De leur côté, les équipes chirurgicales de Médecins Sans Frontières (MSF), présentes à l’hôpital Sica, ont soigné 24 blessés dimanche 8 avril. 20 autres blessés se sont rendus à la maternité de Gbaya Dombia, où ils ont reçu des premiers soins avant d’être transférés vers des hôpitaux à capacité chirurgicale ou de retourner chez eux. Mardi (10 avril), les équipes de l’hôpital Sica ont fait face à un nouvel afflux et soigné 40 blessés par balle dans la soirée, quand les ambulances de la Croix Rouge ont finalement pu ramener les blessés du PK 5.

Des entraves à la circulation des ambulances

Les ambulanciers volontaires chargés de transporter les blessés, « dont certains dans un état critique, depuis un dispensaire du quartier PK5 géré par la Croix-Rouge centrafricaine jusqu’à l’hôpital communautaire de Bangui ont souvent été retardés par les affrontements de rue et les barricades », précise le CICR. Ce qui est un problème. Car « dans le quartier PK5, où l’offre médicale se limite aux services de base, nous devons pouvoir évacuer rapidement les patients vers des structures mieux équipées si nous voulons sauver des vies » souligne Diana Stoecklin, cheffe par intérim de la délégation du CICR en République centrafricaine. C’est un principe d’humanité, rappelle-t-elle. « Il est interdit de prendre pour cible les patients, les moyens de transport sanitaire, les structures médicales et les personnels de santé, et d’entraver leur travail ».

Une population très inquiète, la situation très volatile

Ce vendredi, la situation semblait plus calme, selon un responsable d’une ONG joint par téléphone par B2. Mais « la situation reste très précaire. Et le calme apparent pourrait changer très vite. La situation est volatile. La population reste inquiète se souvenant des évènements de 2013 et 2014. »

(Nicolas Gros-Verheyde)

(1) Des armes qui auraient pu être récupérées par les groupes d’autodéfense sur le marché noir et qui pourraient provenir, en partie, de la revente d’armes par certains casques bleus, selon certaines informations remontées à B2.

(2) Avant l’opération, ces derniers « avaient été mis en demeure de désarmer volontairement et pacifiquement, avec la possibilité pour certains de leurs membres ainsi que de la communauté, de recevoir un appui socioéconomique. Malheureusement, les leaders de ces groupes ont refusé cette alternative, malgré une médiation organisée par des représentants de la population civile. » précise la MINUSCA dans son communiqué.

(3) Télécharger le communiqué de la MINUSCA.

(4) La confusion existe cependant sur l’origine des incidents. Une première version mentionnait la présence des forces de sécurité centrafricaine, « accompagnées par des militaires russes », selon plusieurs témoins, cités par RFI.

Les Mirages français à la rescousse de la MINUSCA. Un exercice pouvant devenir réalité

Les JTAC portugais de la MINUSCA

(B2) Français et Portugais ont effectué une manœuvre conjointe aérienne au-dessus de la Centrafrique il y a quelques jours. Un exercice plus qu’utile alors que la force des Nations unies (la MINUSCA) est confrontée à des violences

L’exercice s’est déroulé le 22 mars mais l’information n’a été rendue publique que récemment, vendredi (6 avril). Elle est intéressante à plus d’un titre non seulement en termes d’interopérabilité des armées mais aussi de champ d’opération.

Un rendez-vous donné au-dessus de la Centrafrique

Partis de leur base de N’Djamena (Tchad), où ils sont basés dans le cadre de l’opération Barkhane, deux avions Mirage 2000 ont rejoint le territoire de la Centrafrique, dans la région de Vange (au nord de Bangui). Là les attendait, au sol, une équipe JTAC (Joint Terminal Attack Controller) portugaise de la force de réaction rapide de la MINUSCA. Les avions étaient appuyés pour l’occasion par un avion ravitailleur C-135, chargé de les biberonner en essence afin de pouvoir effectuer la manœuvre et le trajet retour (1000 km à vol d’oiseau).

Un show of presence

Les avions sont passés à deux reprises pour un « show of presence » à la verticale d’un convoi des casques bleus de la force des Nations unies (MINUSCA). Ce type d’action est assez spectaculaire, puisque les avions déboulent à une grande vitesse, à une très basse altitude. Un élément « extrêmement dissuasif, [qui] permet de participer à la sécurité des troupes au sol », précise-t-on à l’état-major des armées. Durant près de deux heures, les JTAC portugais ont ainsi pu s’entraîner à se coordonner avec les aéronefs français. Un exercice précieux quand on sait qu’entre avions au sol, il y a non seulement une différence de nationalité mais aussi de chaînes de commandement. L’appartenance à l’OTAN des deux pays a facilité la chose. « Les militaires des deux pays utilisent les mêmes procédures. Ce qui facilite de fait ce type de coopération. »

Une capacité d’intervention au profit de la MINUSCA

Pour les casques bleus de la MINUSCA qui ont été attaqués à plusieurs reprises récemment (1), cet appui aérien n’est pas négligeable. Les avions français pourront être appelés à la rescousse. Un propos que l’on confirme à mi-mots à Paris. La France « conserve, grâce à son dispositif pré-positionné en Afrique, la capacité d’intervenir ponctuellement en appui de la MINUSCA ».

(Nicolas Gros-Verheyde)

(1) Le camp ‘Fidel’ où logent les casques bleus égyptiens et jordaniens à Bangui a été attaqué, dans la nuit de dimanche 8 au 9 avril. Une attaque coordonnée des deux côtés, qui a laissé pensé aux témoins, un moment donné, à un coup d’état, comme le rapporte RFI. Le camp se situant, juste à quelques centaines de mètres de la résidence du chef de l’État. Une base temporaire de la MINUSCA avait été « violemment attaquée par des anti-Balaka » à Tagbara début avril, avec un bilan plus dramatique (Lire : Une base de la MINUSCA attaquée par des ex-Seleka. Des otages libérés (V2))

 

Une base de la MINUSCA attaquée par des ex-Seleka. Des otages libérés (V2)

(B2) La base temporaire de la force des Nations unies en Centrafrique (la MINUSCA), à Tagbara, a été « violemment attaquée par des anti-Balaka » dans la nuit du 2 au 3 avril, à 5h du matin, annonce la MINUSCA dans un communiqué diffusé sur son site. Tagbara est un village situé à 60 km au nord-est de Bambari (dans le centre du pays).

Un Casque bleu mauritanien tué, 11 autres blessés

Les Casques bleus du contingent mauritanien ont « riposté ». Les échanges de tirs ont duré « plusieurs heures ». Au final, un casque bleu a trouvé la mort (Nouh ould Mbarek Vall selon un communiqué du ministère mauritanien de la défense) . 11 autres ont été blessés et « plus de 22 agresseurs anti-Balaka ont été tués ». A la suite de cette attaque, la MINUSCA a déployé des renforts à Tagbara et a pu évacuer le corps du casque bleu tué comme les blessés sur Bangui et Bria.

Une prise d’otages par des ex-Selekas

Dans la soirée qui a précédé ces évènements, le lundi 2 avril à 19h30, des éléments de la base temporaire de la Force de la MINUSCA à Tagbara, ont été informés que l’UPC (l’Union pour la paix en Centrafrique, les ex-Seleka) détenait 23 personnes (dont 13 femmes, 7 hommes et 3 enfants). La MINUSCA a « récupéré pacifiquement ces personnes, principalement civiles, qu’elle a ensuite hébergées à sa base temporaire pour la nuit, afin de garantir leur sécurité ».

Un massacre de 21 civils à l’arme blanche

Mardi 3 avril, dans la matinée, la MINUSCA a découvert les corps sans vie de 21 civils (13 hommes, 4 femmes et 4 enfants) près d’une église de Tagbara. D’après les premières constatations, des armes traditionnelles ont été utilisées. « Rien ne pourrait justifier de tels actes qui peuvent être considérés comme des crimes de guerre. Une enquête sera diligentée afin de ne laisser aucune place à l’impunité » souligne-t-on du côté de l’ONU.

Une autre action dans le sud-est du pays

Par ailleurs, les casques bleus marocains de la MINUSCA ont mené une opération conjointe dans l’est du pays, samedi 31 mars matin au village de Koumbou, près de la ville d’Obo (située au sud-est du pays, près de l’Ouganda et du Soudan du Sud), afin de libérer plusieurs Centrafricains, pris en otage lors d’une attaque de la rébellion ougandaise de l’Armée de résistance du seigneur (LRA). 15 personnes ont été libérées a annoncé, lundi 2 avril, à Bangui, le porte-parole du gouvernement Ange Maxime Kazagui.

Quinze otages libérés par les casques bleus marocains

« Les éléments de la LRA [avaient] pris en otage un certain nombre d’habitants, et sont partis avec eux en brousse. Les FACA et les éléments du contingent marocain de la MINUSCA ont décidé ensemble de lancer une poursuite. Cette poursuite a permis de retrouver les traces des otages et de leurs ravisseurs. Après des échanges de coups de feu avec les assaillants, nos forces conjointes ont pu, dans leur riposte, libérer quinze otages et les ramener dans leur village de Koumbou », a-t-il précisé selon une note qu’a diffusée la MINUSCA.

(NGV)

(crédit photo : MINUSCA mars 2018 / Archives B2)

Reportage à Bangui. EUTM RCA et MINUSCA pour stabiliser un pays

(BRUXELLES2 – à Bangui ) Pendant une semaine, Bangui la Coquette a été mon QG. Nous avons pu y rencontrer différents acteurs européens engagés dans la sécurité et la reconstruction du pays, tant au sein de la mission européenne de formation EUTM RCA que de la force des Nations unies, la MINUSCA. Un reportage exclusif signé B2 (1).

Une ville accueillante

La ville est plutôt calme, des taxis attendant à tout les coins de rues pour vous amener vers les bureaux d’une des organisations internationales présentes. Les Centrafricains eux, se déplacent plutôt en moto-taxi, pour aller vers le marché dont l’ébullition prouve le retour de l’économie dans la ville. Vers 15h, les rues s’emplissent de jeunes, qui sortent des écoles, lycée et université de Bangui. Les terrains de foot se remplissent. D’autres n’ont pas cette chance, et tentent de vous vendre des fruits ou de l’eau dans la rue. Si la pauvreté est là, dans les rues de Bangui, on en oublie presque que la République centrafricaine est le pays le plus pauvre d’Afrique.

EUTM RCA : former et conseiller les FACA

Le contingent d’EUTM RCA (Crédit : EUTM RCA)

La première visite s’est faite au camp Kassaï, le camp d’entraînement des forces armées centrafricaines, les FACA. Ce qui a permis d’assister derniers exercices de préparation avant le test mettant à l’épreuve chacune des trois compagnies formant le bataillon d’infanterie terrestre Un (BIT 1). Lire : Au camp Kassaï, la formation des FACA avance à bon rythme

L’occasion aussi de rencontrer ceux qui sont à leurs côtés jour après jour, les instructeurs de la mission européenne de formation des forces armées centrafricaines (EUTM RCA). Lire : La formation des FACA : plongée dans le travail de la mission

Et comme EUTM ce n’est pas que de la formation, nous avons aussi rencontré le général français en charge du pilier de conseil stratégique auprès du ministère de la Défense, dont le rôle est de les accompagner pour reconstruire l’ensemble de la structure de défense du pays, et son budget. Lire : EUTM RCA, chef d’orchestre de la reconstruction de la structure de défense

Impossible de quitter le camp UCATEX-MOANA sans avoir la vision plus globale du commandant de cette mission, le général espagnol Fernando García Blázquez. Lire : Former les FACA pour être un élément de présence de l’État dans tout le pays (général Blázquez)

 

La MINUSCA

À Bangui, les Européens ne servent pas uniquement dans la mission de l’Union européenne. On les retrouve également dans la force de l’ONU – la MINUSCA – dans des tâches bien distinctes. Les commandos portugais, force de lance de la mission, ont raconté comment ils ont repris la ville de Bocaranga le 7 octobre dernier. Lire : Les commandos portugais en première ligne des combats en RCA

Une équipe devant son Range Rover Defender (@LH/B2)

De l’autre côté du spectre d’action de la mission, quatre Espagnols, un Français, ainsi qu’un Nigérien, composent l’unité de police scientifique chargée de participer aux enquêtes les plus délicates, souvent des attaques ayant tués des casques bleus ou des massacres de civiles. Sans grands moyens, ils prennent pourtant à cœur leur deuxième mission, former les policiers et gendarmes centrafricains. Lire : La police scientifique au sein de la MINUSCA

 

Relevé d’empreintes digitales d’un détenu de la prison de Bangui (@LH/B2)

La situation sécuritaire : pire qu’il y a un an

Nous avons interrogé nos interlocuteurs sur leur perception de la situation sécuritaire. Les Européens d’EUTM ou de la délégation européenne soulignent une situation plus mauvaise qu’il y a un an. Du côté de la mission onusienne, la MINUSCA, on se montre moins négatif. « Nous avons fait de très grands progrès » nous a expliqué le général Keita, commandant de la force militaire. Arrivé en 2014, il insiste. « L’idée d’une partition du pays a disparue. Les grandes villes du pays sont des endroits sûrs. S’il y a encore des confrontations avec les groupes armés, les civils sont nettement moins ciblés. » Lire : Une situation sécuritaire pire qu’il y a un an

(Leonor Hubaut)

(1) Un reportage à l’initiative et financé en grande partie sur fonds propres par B2. Un grand merci pour l’accueil à toutes les troupes présentes, particulièrement les officiers espagnols et portugais, qui ont facilité notre travail sur place.

Lire les différents articles (* sur B2 Pro) :

Reportage à Bangui 4. Les commandos portugais en première ligne en RCA

Des commandos portugais à bord d’un Land Rover Defender, crée pour les forces spéciales (@LH/B2)

(BRUXELLES2 – à Bangui) Ils sont commandos, Portugais (1)… en principe, on les attend sur d’autres terrains que la République centrafricaine. Et pourtant, ces 159 hommes sont devenus indispensables au sein de la mission de l’ONU, la MINUSCA. Leur mission : contribuer à la stabilisation, sécurité et contrôle du territoire centrafricain. Tout juste rentrés d’opération dans le nord-ouest, B2 a pu les rencontrer à Bangui.

Le « dernier recours »

Ils sont le « dernier recours », lorsque la politique et les négociations ne fonctionnent pas et que seule la force semble possible face aux groupes armés. Ils sont ainsi intervenus récemment à Bocaranga. Vers la mi-septembre le groupe armé 3R avait pris le contrôle de cette localité du nord-ouest de la Centrafrique. Les 15.000 habitants ayant déserté, Bocaranga n’était plus qu’une « ville fantôme ».

La reprise de Bocaranga

Le contingent des casques bleus bangalais se limitait à protéger la base de ONGs, où s’est réfugié le personnel humanitaire, et le camp des déplacés à côté de sa position. Une délégation de la MINUSCA et du gouvernement a tenté d’obtenir le retrait du groupe armé. Sans résultat. Ce sont donc les commandos portugais, à bord de véhicules blindés, qui ont été envoyés pour reprendre la ville, avec le soutien aérien d’hélicoptères de combat. L’opération, contre ces 100-115 rebelles, a duré deux jours (7 et 8 octobre). Les Portugais inspectant maison par maison. Ils y ont trouvé « de nombreux prisonniers, enfermés dans une pièce de leur propre maison ». S’il y a bien eu des affrontements armés, rien qu’ils n’aient pas déjà vu sur d’autres terrains d’opération. Le pire ? : « la pauvreté, les conditions de vie de la population… »

… puis cap sur Bang

Une fois tous les membres du groupe armés expulsés de la ville, ce sont les contingents du Bangladesh et du Rwanda qui ont pris le relais, avec pour mission de contrôler la ville et éviter le retour du 3R, d’autres groupes armés, y compris les anti-balaka. Les Portugais ont, eux, pris la route vers Bang, petit village plus au nord (à seulement deux kilomètres du Tchad), qu’il fallait également reprendre… Chaque déploiement peut durer jusqu’à un mois.

À Bangui : préparation 

Lorsqu’ils ne sont pas déployés dans les régions centrafricaines, les Portugais sont basés à Bangui, au camp M’Poko. Ils ont alors trois tâches : le maintien de l’équipement (véhicules, armement, équipement…), maintenir un « haut niveau de préparation individuelle et collective », et mettre à jour leur connaissance de la situation dans le pays. Pour ce dernier point, l’officier du renseignement, qui travaille en permanence avec le quartier général (QG) de la MINUSCA, leur transmet les informations. « Nous devons savoir comment évoluent chacun des groupes armés. » Objectif : préparer tous les scénarios possibles.

… et patrouilles

Pendant les trois semaines entre déploiements, ils effectuent également des patrouilles dans Bangui, avec des casques bleus d’autres nationalités. Si la situation est plus calme à Bangui, le niveau d’alerte doit être maximum, notamment en raison des incidents ponctuels qui peuvent arriver rapidement. NB : l’attaque contre un bar, tuant quatre personnes, dans la nuit de samedi à dimanche 12 novembre, ainsi que les affrontements qui s’en sont suivis sont un exemple.

Intense préparation au Portugal 

Avant d’être déployés comme force de réaction rapide de la MINUSCA, les compagnies de commandos passent par trois étapes de préparation. En premier lieu, la préparation administrative et la logistique (habilitation, obtentions de passeports spéciaux, préparation sanitaire… ). Deuxièmement, la préparation opérationnelle centrée sur les capacités individuelles mais aussi collectives. Ce point prévoit la « systématisation des connaissances sur la MINUSCA, le terrain d’opération et la mission des divers composants de la Force militaire ». Pendant l’entraînement, les commandos ont été placés en « battle rythme » afin d’exercer « la planification et exécution d’opérations de combat et de stabilisation au niveau « groupe » et « compagnie » dans des conditions semblables à celles existantes dans le TO ». Un exercice final de certification est organisé. Troisièmement, la préparation pour la projection.

(Leonor Hubaut)

(1) Le détachement portugais, de 159 personnes, est composé d’une compagnie de 90 commandos et d’une équipe de trois personnes appartenant au Tatical Air Control Party (TACP) de l’Armée de l’Air Portugaise, d’un commandement et d’un détachement de soutien avec 66 personnes. Ils sont basés sur le camp français de M’Poko, à Bangui.

(2) Arrivés en septembre, il s’agissait du premier déploiement de ces commandos. La première rotation (janvier-août 2017) avait elle été déployée dans l’est du pays, notamment pour reprendre Bambari. Lire : Intervention aérienne de la MINUSCA à Bambari

Lire aussi :

Intervention aérienne de la MINUSCA à Bambari

Un hélicoptère Mi-24 «Hind» de la Minusca, dans le cadre de l’opération Bamara, en avril 2016. (Crédit : Minusca)

(B2) La MINUSCA, la Mission de stabilisation des Nations Unies en Centrafrique, a dû faire une intervention aérienne dimanche (26 février) « pour stopper la progression offensive » d’une quarantaine d’éléments lourdement armés (avec des AK47 et lance-roquettes) de la coalition dirigée par le Front populaire pour la renaissance de Centrafrique (FPRC), au nord de la ville de Bambari, au centre du pays, indique un communiqué de l’opération. Cette intervention aérienne n’aura duré que deux heures, et s’est soldée par sept blessés et un mort dans les rangs de la coalition.

Lutte entre groupes armés

Depuis novembre 2016, des groupes armés rivaux, le FPRC et l’UPC, anciens membre de la coalition Séléka, et désormais ennemis, s’affrontent dans la région de Bambari pour le contrôle de territoire et pour la perception de taxes illicites sur les habitants. Les casques bleus multiplient les interventions pour éviter un embrasement général. Déjà le 11 février dernier, alors qu’une colonne de 300 combattants se dirigeait vers la ville stratégique d’Ippy, à une soixantaine de kilomètres au nord de Bambari, un hélicoptère de la force de l’ONU avait détruit plusieurs véhicules de ces rebelles, ainsi stoppés dans leur progression.

Mise en garde de l’ONU

La force de Nations Unies a adressé une mise en garde à la coalition contre toute tentative de porter la guerre à Bambari. La MINUSCA « utiliser[a] tous les moyens à sa disposition pour éviter une escalade de la violence qui mettrait en péril la vie des populations civiles ». Bambari a été déclarée “ville sans groupes armés” suite au départ du chef de l’UPC et d’autres chefs de groupes armés tels que Gaétan et Tarzan. « Maintenant, ceux qui disent qu’ils vont nous chasser de Bambari, et qu’ils vont y entrer, je leur dit qu’on est prêts, qu’on les attend de pied ferme. Je leur dit « attention, venir à Bambari va avoir son prix et il peut être très cher ». Et là, on verra qui va rentrer à Bambari » déclarait le général Balla Keita, chef militaire de la MINUSCA, la veille de l’attaque. Un tournant ? Peut-être.

Déploiement des casques bleus à Bambari

Un déploiement conjoint des forces des Nations Unies et des autorités légitimes centrafricaines est « en cours afin d’établir l’autorité de l’Etat à Bambari ». « Il ne saurait donc y être toléré toute autre force que celle voulue par l’Etat centrafricain. En conséquence, la présence des éléments de la coalition du FPRC à Bambari constituerait une violation flagrante du droit national et international », a dit la Mission.

Trois arrestations

Trois hommes de la coalition du FPRC, Idriss Ahmed El Bashar, Yaya Idriss et Line Angou Aneser, se trouvaient entre ses mains de la forces des Nations Unies. « Les autorités judiciaires centrafricaines, avec l’appui de la MINUSCA, vont procéder à leur interrogat[oire] sur leur présence dans les environs de la ville ».

(LH / NGV)


Le futur des missions de l’ONU se joue à Bambari

En visite à Bambari le 23 février, le Général Balla Keita, chef militaire de la MINUSCA et ancien inspecteur général des forces armées du Sénégal, s’est montré très politique. « Le dispositif, opérationnel et tactique, est au point. Il s’agit surtout de galvaniser les hommes. Toute la communauté internationale nous regarde. L’avenir des missions de maintien de la paix dépend de ce qui va se passer ici à Bambari. Je suis là pour leur expliquer que c’était de leur responsabilité, grande responsabilité, de ne pas défaillir. Le monde attends qu’ils répondent aux attentes des populations mais aussi de la communauté internationale qui envoye ici des soldats de la paix pour protéger. » Voir sa déclaration

un Blindé de la Minusca sur la zone aéroportuaire (© NGV / B2)

Transfert de responsabilité à l’aéroport de M’Poko

un Blindé de la Minusca sur la zone aéroportuaire (© NGV / B2)

un Blindé de la Minusca sur la zone aéroportuaire (© NGV / B2)

(BRUXELLES2) Les militaires européens ont passé, officiellement, le relais aujourd’hui (17 novembre) aux casques bleus de la MINUSCA. Une passation symbolique. Le transfert de responsabilité entre l’Unité d’Infanterie de l’EUFOR – assurée essentiellement par une compagnie géorgienne – et le contingent gabonais de la MINUSCA s’est étalé, en fait, sur plusieurs semaines. Durant ce temps, les deux forces ont mené des opérations conjointes « dans le but de maintenir un engagement sécuritaire identique au bénéfice des opérations aériennes et de la population » confirme-t-on du côté d’EUFOR RCA.

Un des objectifs d’EUFOR est atteint

Pour les militaires européennes placés sous les ordres des généraux français Lion et Pontiès, cette cérémonie de passage de consignes constitue, en tout, cas, « l’une des réalisations de la fonction de ‘pont’ vers la MINUSCA, dans le cadre de la transition progressive entre les deux forces » qui devra s’achever en mars 2015. La mission européenne « continuera cependant à fournir son soutien aux Casques Bleus déployés sur M’Poko » ajoute-t-on à EUFOR RCA, notamment par son Unité de génie. Le génie européen (les Italiens notamment) a ainsi procédé récemment à la restauration de la voie d’accès à l’escale, ainsi que les structures de contrôle de l’aéroport.

L’aéroport, le poumon du pays

La sécurisation de l’aéroport et ses environs est une priorité des forces internationales. L’aéroport est le « seul point d’accès international du pays » ne se privent pas de rappeler les différents militaires connaissant bien la région et, avec sa zone aéroportuaire, il est un « poumon » indispensable pour Bangui comme pour les forces internationales (Sangaris, EUFOR, ONU, ONG…) déployées sur place.

(NGV)

La prolongation de l’opération EUFOR Rca approuvée par les ministres ? Nécessaire (maj)

(BRUXELLES2 – exclusif) Les ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne auraient dû, approuver, ce lundi (20 octobre) à Luxembourg (*), la prolongation de trois mois de l’opération militaire européenne de stabilisation en Centrafrique (EUFOR Rca), jusqu’à la mi-mars 2015.

Point retiré de l’ordre du jour

(Maj) Malheureusement, le point a été retiré de l’ordre du jour, en attendant le résultat de la discussion au Conseil de sécurité des Nations-Unies à New-York. Ce retrait (demandé par la France selon nos informations) ne signifie « aucunement un désaccord politique », a confirmé à B2, un expert du dossier. Le comité politique et de sécurité (COPS) avait marqué son accord sur la prolongation. Il s’agit d’obtenir des Nations-Unies la caution pour la prolongation de la mission. Ainsi que détaillé sur le Club (lire : Carnet (17.10.2014)), ce qui était prévu était juste un accord politique. La décision de prolongation sera faite ultérieurement. « Les travaux sont en cours dans les différents groupes du Conseil ».

Une nécessité pour pallier à l’instabilité

Cette prolongation est une nécessité face à la situation qui est loin d’être stabilisée comme le prouve l’incident de mercredi dernier (lire : A Bangui. Un incident qui change la donne ?). Mais aussi car la passation n’est pas encore vraiment assurée avec les forces de l’ONU. La MINUSCA assure pour l’instant sa montée en puissance, tout d’abord avec les troupes de la Misca (la force africaine) qui ont changé de béret mais aussi avec les contributions, plus traditionnelles, des Nations-Unies comme les Pakistanais (qui ont déjà déploré un des leurs tués dans des incidents).

Une première conférence de génération de force

La préoccupation principale pour les responsables de l’EUFOR est d’avoir suffisamment de forces pour assurer une présence continuelle sur le terrain, dans les deux arrondissements (le 3e et le 5e) qui lui sont dévolus, le secteur de l’aéroport devant passer sous contrôle de la MINUSCA d’ici la fin de l’année. « Nous avons besoin de 6 sections (**) au minimum, 8 serait mieux » pour assurer le nombre de patrouilles nécessaire dans les arrondissements qui sont confiés à la force européenne, a expliqué un spécialiste du dossier à B2. Une conférence de génération de forces devrait se tenir le 30 octobre prochain. A défaut de prolongation, les préparatifs pour les départs devaient déjà commencer dans les prochains jours ou semaines (d’ici le 15 novembre).

(NGV à Bangui)

A suivre : en patrouille avec les gendarmes

Lire aussi (sur le Club) : Feu vert de l’ONU à la prolongation de l’opération EUFOR Rca

(*) Le conseil des ministres de l’UE se réunit 3 mois sur 12 à Luxembourg au lieu de Bruxelles

(**) Une section comprend environ 40 personnes. On parle ici des sections « mobiles », destinées à sortir en patrouille. A cela il faut ajouter les différentes structures de soutien, les forces spéciales d’extraction, le service médical, le commandement, etc.

(maj) Papier mis à jour à 19h avec les éléments de changement sur l’agenda