Retour en images sur l’action clé des chasseurs alpins dans le Liptako malien et nigérien

(B2) L’intervention des commandos et chasseurs alpins les 13 et 14 juin dans le sud du Liptako malien contre un groupe groupe de l’Etat Islamique au Grand Sahel (EIGS) a été vif et intense, au vu des témoignages diffusés par l’état-major des armées. Échanges de tirs, de mortiers, hélicoptères…

Opération Aconit – Barkhane (crédit : DICOD / EMA)

L’engagement a pris de multiples facettes (lire notre papier remis à jour avec le témoignage du col. De Chilly du 4e RCH de Gap, chef du 2e groupement blindé engagé sur place).

De façon plutôt non usuelle, le ministère français des armées a diffusé plusieurs images de cet engagement, soigneusement choisies, mais montrant toute l’intensité de l’engagement néanmoins.

(NGV)

Un camp militaire malien attaqué. Des casques bleus également

(B2) Onze soldats maliens et 15 assaillants sont morts suite à l’attaque d’un camp des forces armées maliennes à Guiré, dans la région de Koulikoro, à environ 360 kilomètres de la capitale Bamako, dimanche 21 avril, a confirmé le porte-parole du secrétaire général de l’ONU, Stéphane Dujarric, lors du point de presse. La veille, samedi (20 avril), c’était un convoi de Casques bleus qui avait été attaqué dans la région de Mopti sur l’axe Douentza-Boni. Une attaque à l’engin explosif improvisé. Au bilan : un soldat de la paix égyptien a été tué et quatre autres blessés. Les militaire de la MINUSMA « ont riposté, tuant un assaillant et réussissant à en appréhender huit autres ».

Attaque contre un campement de Barkhane dans la région d’Akabar (V2)

(B2) Les forces armées françaises de l’opération Barkhane ont été prises à partie, dimanche (10 mars), dans la région d’Akabar, au sud est du Mali, où elles avaient établi un campement temporaire.

Une attaque complexe

L’attaque s’est faite en deux temps. Dans l’après-midi, un véhicule suicide a d’abord tenté de forcer le dispositif du détachement. « Les militaires ont ouvert le feu et stoppé le véhicule qui à détonné à une trentaine de mètres de sa cible » indique l’état-major des armées.

Dans la continuité de cette attaque-suicide, une quinzaine de combattants à motos est survenue, ouvrant le feu contre le détachement. Une patrouille de Mirage 2000 est intervenu pour un ‘show of presence’. « La rapidité et la vigueur de la réaction du détachement français » comme l’effet de patrouille aérienne « ont contraint les assaillants à prendre la fuite ».

Quatre militaires blessés

Au bilan (réactualisé le 14 mars) : quatre militaires français blessés. Deux d’entre eux l’ont été sérieusement, nécessitant une évacuation vers la métropole le jour même, après une prise en charge sur place par les services médicaux de la force Barkhane. Les deux autres ont des blessures plus légères et ont été rapatriés dans la semaine. Leurs jours ne sont pas en danger.

Évacuation par des hélicos canadiens

Ce sont les hélicoptères canadiens affectés à la mission des Nations unies qui ont effectué l’évacuation médicale. Un hélicoptère CH-147F Chinook et deux hélicoptères CH-146 Griffon, indique notre confrère 45e Nord Canada. La Force opérationnelle canadienne au Mali a répondu à la demande de la France après autorisation du commandant de la MINUSMA.

NB : Ce n’est pas la première fois que ce type d’assistance est fournie. Des accords lient l’opération Barkhane et la Minusma permettant des interventions réciproques au profit de soldats de l’une ou de l’autre force. Ainsi le 18 avril 2018, lorsque la MINUSMA est victime à Tombouctou d’une attaque terroriste complexe, des Mirage sont également intervenus pour un show of force.

 

(NGV)

Mis à jour le 26.3 sur l’évacuation par des Chinook canadiens

Le numéro 2 du RIVM abattu par les forces françaises au nord Mali

(B2) Les forces françaises de l’opération française Barkhane ont « neutralisé » dans l’après midi de jeudi (21 février) « un des principaux responsables terroristes dans la région de Tombouctou », Yahia Abou Hamman, membre d’al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI)

(crédit : DICOD / EMA – Oper Barkhane)

Trois véhicules suspects et un chef identifié

Selon le récit officiel, cette opération a été « déclenchée suite à la détection de trois véhicules au comportement suspect » progressant au Nord de Tombouctou. Il a alors été « décidé de l’intercepter ». Plus exactement, selon un autre récit officiel, Yahia Abou Hamman, numéro deux du RVIM (rassemblement pour la victoire de l’islam et des musulmans) et chef de l’émirat de Tombouctou a été « identifié au sein d’un groupe de véhicules en progression au Nord de Tombouctou ». L’opération a été particulièrement complexe, combinant moyens motorisés terrestres et héliportés avec un drone Reaper en soutien.

Onze terroristes tués

Lors de l’approche des commandos, « les occupants des véhicules ont ouvert le feu avant d’être neutralisés par les hélicoptères en appui ». Au bilan : « onze terroristes mis hors de combat », dont Yahia Abou Hamman et ses deux principaux adjoints qui ont été tués. Des pick up et de l’armement ont également été saisis.

Un coup dur pour le groupe terroriste

« Cette action spectaculaire concrétise des années de recherche. C’est un coup très dur pour les groupes terroristes agissant au Sahel » a salué la ministre française des Armées Florence Parly dans un communiqué. « Le RVIM aura perdu trois de ses principaux chefs en l’espace d’une année. Tous étaient des adjoints proches de Iyad Ag Ghaly. La disparition d’un chef de premier plan permet de démanteler les réseaux et d’enrayer la dynamique du terrorisme dans la région. Sans chef, plus de direction ni de coordination : les combattants sont désemparés. »

Félicitations du CEMA

« Cette opération audacieuse allie un travail méthodique et persévérant avec une capacité d’intervenir efficacement dans des délais très réduits » précise le général François Lecointre, chef d’état-major des armées (CEMA). « Elle témoigne du haut niveau d’expertise acquis par les militaires français dans la conduite d’opérations complexes. »

(NGV)

L’aéroport de Bamako équipé de détecteurs de faux documents

(B2) L’aéroport international de Bamako-Senou est désormais équipé en appareils permettant de détecter les faux documents. Ce qui a permis une chute appréciable de la fraude documentaire

(crédit : EUCAP Sahel Mali)

La livraison des matériels s’est accompagnée de plusieurs actions de formations complémentaires sur la thématique de fraude documentaire par les conseillers et formateurs « frontières », ainsi qu’un accompagnement hebdomadaire sur place. En 2019, ces actions devraient se poursuivre avec la mise en place de la première formation diplômante d’analyste en fraude documentaire (AFD).

« Grâce à ces appareils dotés avec des logiciels très sophistiqués, nous pouvons détecter non seulement les faux passeports mais aussi les faux visas » confirme le commissaire principal de police aux frontières (PAF) de l’aéroport de Bamako. « Si on regarde les statistiques, on constate que depuis 2016 le nombre des personnes qui utilisent des faux documents a diminué d’une manière remarquable. »

Un point dont se réjouit la mission de l’UE présente sur place, EUCAP Sahel Mali, chargée de la formation et de l’assistance des forces de sécurité intérieure maliennes : « cela a un impact significatif dans l’ensemble des aéroports européens ». L’objectif est en effet non seulement d’améliorer la sûreté aéroportuaire à Bamako mais aussi de lutter contre l’immigration irrégulière vers l’Europe.

(MHA / NGV)

Une défense européenne pour après-demain. Cycle de conférences

(B2) L’Académie royale des Sciences, des Lettres et des Beaux-Arts de Belgique organise un cycle d’information du Collège Belgique sur l’Europe de la défense sous la coordination de Jean Marsia et la responsabilité académique de Christian Jourquin.

Ce cycle sera dispensé du 12 février au 28 février les mardi ou jeudi, au Palais des Académies à Bruxelles (1, rue Ducale), de 17 à 18 heures.

mardi 12/02/2019 – Bruno Smets : Dix clefs pour appréhender la politique de sécurité et de défense commune de l’Union européenne

jeudi 14/02/2019 – Guy Buchsenschmidt : De l’Eurocorps à la Défense européenne

mardi 19/02/2019André Dumoulin : L’OTAN à la croisée des chemins

jeudi 21/02/2019Frédéric Mauro : Les planifications de défense en Europe

mardi 26/02/2019Éric Kalajzic : Les opérations des Européens au Mali

jeudi 28/02/2019 Jean Marsia : Le maintien de la paix en Europe, de 1947 à après-demain

Accès libre. Informations et inscription en cliquant sur l’évènement (via le bouton inscription)

NB : Des attestations de participation sont délivrées, sur demande, aux étudiants ou aux doctorants (crédits ECTS) le jour même de chaque leçon du cycle.

L’armée malienne reçoit de nouveaux manuels de doctrine

(B2) Le général de brigade Peter Mirow, chef de la mission de formation de l’armée EUTM Mali, a remis à la mi-janvier les nouveaux manuels de doctrine au général Coulibaly, adjoint du chef d’état-major général des armées maliennes (FAMA)

Remise du nouveau manuel de doctrine par le Général de Brigade Mirow au Général Coulibaly,  (crédit: EUTM Mali)

3250 nouveaux manuels de doctrine ont ainsi été remis aux forces armées maliennes (FAMA) à la rentrée 2019. Ces manuels sont le dernier produit du centre interarmées de doctrine (CID) des FAMA, créé en 2016. Ils ont été rédigés en étroite collaboration avec la cellule ‘doctrine’ de l’unité de conseil de la mission européenne EUTM Mali. C’est le Luxembourg qui a été appelé à la rescousse pour financer la publication (1). EUTM Mali indique que le CID poursuit son « effort d’harmonisation et de définition des règles qui régissent le comportement des forces armées ».

(MHA)

(1) Les fonds européens n’étant pas mobilisables pour cette tâche

Dernières nouvelles des missions de maintien de la paix de l’UE – PSDC (janvier 2019)

(B2) Depuis janvier, l’hôpital de Zenica en Bosnie-Herzégovine peut apporter son soutien médical à EUFOR en cas de besoin. Dans le Golfe d’Aden, Chinois et Européens renforcent leur coopération dans la lutte contre la piraterie. En Irak, les forces de la coalition anti-Daesh s’accordent sur les principes de la réforme de sécurité. Au Sahel, les formateurs d’EUTM Mali dispensent des formations en management opérationnel à la gendarmerie 

Zenica (Bosnie-Herzégovine). Soutien médical

Un mémorandum d’accord a été signé entre l’hôpital cantonal de Zenica et la force européenne (EUFOR) en Bosnie-Herzégovine, mardi (22 janvier) annonce le QG. Il concerne les conditions dans lesquelles un soutien médical et d’évacuation médicale (MEDEVAC) sera fourni au personnel de l’EUFOR Althea en cas d’urgence, précise le QG de l’opération.

Lviv (Ukraine). EUAM Ukraine prépare la police locale en vue des élections

Les 375 agents de patrouille et de district de Lviv ont reçu, durant trois semaines, une formation à la législation électorale ukrainienne, comme à les préparer à faire face à toutes sortes de situations, jusqu’à des cas de violences, lors des prochaines élections présidentielles. Le premier tour doit se tenir le 31 mars ; un éventuel second tour est prévu, trois semaines plus tard, le 21 avril. Mise en place et financée par la mission européenne de conseil (EUAM Ukraine), la formation est délivrée par l’ONG ukrainienne OPORA.

(crédit: EUAM Ukraine)

Ukraine. Équipement informatique d’investigation remis à la police

Le mission EUAM Ukraine a commencé à équiper la police ukrainienne de matériel spécifique pour les aider à améliorer leurs capacités d’investigation, d’analyse et de formation. Début janvier ce sont ainsi 30 ordinateurs portables, 50 caméras de surveillance et 50 disques durs qui ont remis à plusieurs forces de police régionales, à Rivne, Volyn, Ternopil, Ivano-Frakivsk et Vinnytsa. Au total, 17 régions d’Ukraine devraient bénéficier de matériel offert par la mission, dans le cadre d’un projet de fusion des activités d’investigation et opérationnelles sous une seule chaîne de commandement.

Golfe d’Aden. Renforcement de la coopération avec la Chine

Le commandant d’opération de l’opération européenne anti-piraterie (EUNAVFOR Atalanta) et le conseiller de défense chinois auprès de l’UE se sont rencontrés à Bruxelles pour renforcer leur collaboration dans la lutte contre la piraterie dans l’océan indien et autour de la Somalie. En 2018, les navires de l’Armée de libération du peuple (Chine) et ceux d’EUNAVFOR ont effectué conjointement plusieurs exercices et opérations de contre-piraterie. Et cette ‘bonne’ collaboration devrait continuer dans les mois à venir.

(crédit: EUNAVFOR Somalie)

Bagdad. Mise à jour de la réforme de sécurité

La mission de l’UE en Irak (EUAM Iraq) a accueilli la rencontre bimensuelle entre le conseiller politico-militaire américain, le commandant adjoint du bureau pour la coopération sécuritaire américaine en Irak, et le directeur des équipes de liaison ministérielles de la coalition internationale contre Daesh. La rencontre a permis de mettre à jour les principes de la réforme de sécurité (RSS) sur trois sujets : le projet de gestion des ressources humaines ; la sécurité, la gestion et le contrôle des frontières, et les questions de genre et de droits de l’Homme.

(crédit: EUAM Irak)

Mali. Formation au management opérationnel à la gendarmerie

Vint commandants d’unités de la gendarmerie malienne ont participé à une formation sur le management opérationnel, indique la mission de l’UE de conseil aux forces de sécurité intérieure (EUCAP Sahel Mali). Au cœur des discussions entre les gendarmes maliens et leurs collègues européens : comment déléguer l’autorité ou comment mettre en place des dispositifs opérationnels spéciaux ?

(crédit: EUCAP Sahel Mali)

Amman (Jordanie). A la découverte de la police de proximité jordanienne pour quelques officiers palestiniens

Accompagnés de deux membres de la mission européenne de formation de la police palestinienne (EUPOL COPPS), huit officiers de police palestiniens se sont rendus à Amman. L’objectif de ce voyage découverte de quatre jours était de découvrir les méthodes jordaniennes en matière de police de proximité, pour pouvoir au besoin l’utiliser au retour en Cisjordanie. Les huit officiers ont pu ainsi découvrir, à l’université technique Khawarizsmi de Amman, la formation des volontaires d’organisations de la société civile à la police de proximité.

(crédit: EUPOL COPPS)

(MHA, avec NGV)

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Opération réussie des militaires de Barkhane dans la région de Mopti (V2)

(B2) Les militaires français de l’opération Barkhane ont mené, dans la nuit de jeudi 22 à vendredi 23 novembre 2018, dans la région de Mopti au centre du Mali, un raid contre le groupe terroriste de la katiba Massina

La tête de la katiba Massina décimée

« Une trentaine de terroristes a été mise hors de combat, parmi lesquels figurent probablement le chef de la katiba Massina, Hamadoun Kouffa [un des principaux adjoints de Iyad ag Ghali], et ses principaux cadres » indique un communiqué de l’état-major des armées. De nombreux moyens aériens ont été utilisés de manière combinée : avions Mirage 2000, hélicoptères Tigre et Gazelle, appuyés par des drones Reaper, un ravitailleur C135 et des hélicoptères.

Un effet de sidération

Les frappes aériennes ont permis de « réaliser un effet de sidération » sur l’objectif, puis « d’exploiter cette action par des assauts héliportés et par l’engagement au sol des militaires français ». Autrement dit, un passage aérien, avec largage des forces spéciales. C’est « la préparation minutieuse et la parfaite coordination de l’ensemble des forces françaises déployées au Sahel qui ont permis la réussite de cette opération » a souligné le chef d’état-major des armées François Lecointre.

(mis à jour) Hamadoun Kouffa donné pour mort est bien vivant. Une vidéo a été diffusée où il apparait. L’état-major français le reconnait le 11 mars 2019. « Il est vraisemblable que ce soit lui » indique le 11 mars 2019, selon l’AFP, le porte-parole de l’état-major, le colonel Patrick Steiger.

(NGV)

L’UE va financer la reconstruction du QG du G5 Sahel à Sévaré

(B2) La Commission européenne a annoncé, mercredi 25 juillet, qu’elle financera « la totalité de la reconstruction » du QG de la force conjointe du G5 Sahel, cible d’un attentat en juin dernier. Une nécessité pour les Européens qui comptent sur les forces du G5 pour prendre leur relais

L’entrée du QG de Sévaré, avant l’attentat (Crédit : Minusma)

L’attaque du 29 juin dernier, voiture piégée suivie d’une fusillade, revendiquée par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), principale alliance djihadiste du Sahel, liée à Al-Qaïda (lire : Une patrouille franco-malienne de Barkhane attaquée dans Gao (V3)), avait fait trois morts (deux militaires et un civil). Mais elle avait surtout semé le doute sur la capacité des forces maliennes à agir et sur le leadership de la Force. Le commandant avait d’ailleurs rapidement été destitué. Et un général mauritanien, Hanena Ould Sidi, nommé à la tête de cette Force.

Une attaque suicide détruisant le QG

Conséquence non négligeable l’attaque suicide a aussi détruit une bonne partie du quartier général du G5 Sahel à Sévaré (centre du Mali), le rendant impropre à coordonner les opérations futures. Outre l’entrée principale, plusieurs bâtiments dont des locaux d’hébergement ont, en effet, été endommagés ou détruits.

Toute la reconstruction financée par l’UE

C’est sur cet aspect logistique que la Commission européenne a décidé d’intervenir. « Nous avons décidé de soutenir pleinement la reconstruction du quartier général de Sévaré, au Mali », a ainsi annoncé la Commission mercredi (25 juillet). Aucun budget n’a encore été annoncé, mais l’étendue des dégâts laisse penser que d’importants travaux de reconstruction et de sécurisation sont nécessaires. Cette décision a été prise en « une concertation étroite » avec les Français de l’opération Barkhane, le commandant de la Force du G5 Sahel et la mission militaire européenne de formation de l’armée malienne (EUTM Mali), précise-t-on à Bruxelles.

Objectif : éviter l’effondrement de la Force conjointe

Avant même l’attaque, l’opérationnalisation de la Force conjointe était remise en question (lire : La force conjointe du G5 Sahel peine à se mettre en place). La destruction du QG réduisait les capacités physiques de la force. En finançant la reconstruction, l’UE s’assure qu’elle aura lieu plus rapidement. Elle soutient ainsi la continuité de l’action de l’état-major de la Force sur place. L’Union européenne « poursuivra ce travail de concertation avec le nouveau commandant de la Force dès qu’il sera en fonction ».

… et défendre les intérêts européens

« L’attaque contre le quartier général de la Force conjointe du G5 Sahel au Mali est aussi une attaque contre notre priorité commune de ramener la paix dans la région », précise la chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini. Un soutien qui est dans le logique prolongement de la position toujours affirmée par les Européens aux forces locales (lire : Les 28 renouvellent leur soutien au G5 Sahel).

Nb : En évitant que la Force conjointe se délite, l’UE entend également soutenir les investissements déjà faits jusqu’à présent. Le G5 Sahel étant un pari qui doit permettre aux Européens de se désengager, au moins militairement, de la région.

(Leonor Hubaut)

Lire aussi : G5 Sahel. L’Europe n’a pas tout à fait tenu ses promesses (Kalla Ankourao)

Fin de mission pour les hélicos Tigre et NH 90 au Mali. Comme un vide dans la Minusma ?

(B2) Après 14 mois de présence, les Allemands ont mis fin à l’engagement de leurs hélicoptères de combat Tigre dans la mission des casques bleus au Mali (MINUSMA). Les quatre hélicoptères et 363 militaires du 36e régiment d’hélicoptères d’attaque Hessian de Fritzlar rentrent au pays

Hélicoptère Tigre allemand de le hangar à Gao (© NGV / B2)

Soutien rapproché, surveillance…

Ces hélicoptères de combat ont été utilisés dans la MINUSMA « environ 185 fois », indique la Bundeswehr. Ils ont rempli plusieurs types de missions. Tout d’abord, le soutien aérien rapproché quand les forces terrestres ont été attaquées. « L’utilisation des armes [dont sont dotées l’hélicoptère] n’a jamais vraiment été nécessaire », racontent les Allemands, « les attaquants s’enfuyaient à l’arrivée du Tigre ».

… et show of force

Les convois de troupes des Nations Unies étaient souvent escortés depuis les airs pour les protéger des attaques ou les avertir des endroits dangereux. Les Tigres ont aussi été utilisés pour surveiller les routes importantes ou les points de terrain. Enfin, ils ont fait du ‘Show of Force‘, un passage à basse altitude destiné à impressionner. Ces survols et les escortes de convois ont dissuadé les attaquants et également contribué à la protection des forces terrestres.

Une force moins bien dotée en hélicoptères ?

Les Canadiens arrivent… un peu plus tard

Les hélicos d’attaque allemands partis, tout comme les hélicos belges de transport NH 90, demeure un petit vide pour quelques jours certes. Mais un vide crucial. En cette fin juin début juillet, le Mali est en pleine période électorale. Les Canadiens doivent prendre le relais, mais un peu plus tard. Ils arrivent avec moins de moyens que les Européens : deux hélicoptères de transport type Chinook (au lieu de cinq hélicoptères NH 90 fournis par les Belges et Allemands), accompagnés de quatre hélicoptères Grillon.

Un champ d’action plus restreint

Les capacités d’emploi des engins pourraient aussi être plus limitées : les hélicoptères de combat auront surtout une vocation d’accompagnement des Chinook, mais pas automatiquement des missions autonomes. La décision canadienne d’envoi des hélicoptères a été un peu longue et compliquée par des difficultés internes. L’opposition a critiqué l’intérêt du déploiement, pointant les risques de cet engagement et mettant en cause jusqu’à l’opportunité d’une telle mission (Lire chez nos collègues de 45e degré nord).

D’autres hélicoptères présents avec moins de capacités… ou pour d’autres missions

Des hélicoptères MD-500 salvadoriens seront aussi présents. Mais ils n’ont pas la même élongation que les NH 90 (150-200 km seulement de portée). La MINUSMA dispose également d’une capacité d’hélicoptères civils de type Mi-8 fournis par une société ukrainienne, mais ils ne peuvent servir qu’au transport de fret ou d’hommes et nécessitent une protection sur place. Des hélicoptères lourds britanniques (trois Chinook CH-47) arrivent dans la zone, à Gao, mais dans le cadre de l’opération française anti-terroriste Barkhane.

Le taxi des airs : un besoin vital pour les casques bleus

Le besoin d’hélicoptères est fondamental pour la force des Nations unies : pour les évacuations médicales mais aussi pour le transport, la protection des troupes au sol, la dissuasion (comme l’ont bien expliqués les Allemands). Si les hélicoptères ne peuvent aller vers le nord (hélicoptères salvadoriens) ou sont limités dans leur emploi (hélicoptères canadiens), cela limite d’autant l’autonomie d’action de la MINUSMA et sa force de dissuasion. Le ravitaillement par voie terrestre reste toujours très risqué et parfois compliqué en période de saison des pluies. Toutes les bases de la force ne disposent pas également d’une piste d’aviation permettant aux avions d’atterrir. Celle de Kidal, par exemple, est hors circuit. Minée puis bombardée à deux reprises, elle est envahie en partie par la population.

Une sourde inquiétude à l’ONU

L’inquiétude est donc bien réelle autant dans les rangs de la MINUSMA que dans différents pays. Lors du débat au Conseil de sécurité des Nations unies, jeudi dernier (14 juin), sur le renouvellement de la mission, plusieurs délégués ont regretté « l’absence de moyens suffisants », comme l’a résumé le diplomate britannique Jonathan Allen. « Le déploiement de multiplicateurs de forces renforcerait les capacités de la MINUSMA », a plaidé son homologue ivoirien Ilhari Alcide Djédjé, estimant nécessaire que la mission soit dotée de capacités logistiques nécessaires pour la prévention des attaques et à la protection des convois. Quant au russe Dmitry Polyanskiy, il a rappelé que « les pays qui ont pris des engagements à ce titre doivent les honorer ».

Commentaire : comme un vide européen

Après le retrait néerlandais, les retours belge et allemand, on peut se poser la question pourquoi les Européens n’ont pas réussi à proposer une offre groupée pour permettre d’avoir une capacité continue et opérationnelle en matière d’hélicoptères. Alors que chacun en Europe brode sur l’intérêt primordial de défendre l’ONU et le multilatéralisme, de stabiliser la région du Sahel et d’assister les forces du G5 sahel et maliennes, de permettre la sécurité dans les régions d’origine des migrations, l’Europe n’arrive pas se mobilier pour offrir aux casques bleus une petite force héliportée de transport et de protection, soit une dizaine d’hélicoptères et 200 personnels. C’est faible et… dangereux. Car cette faiblesse est visible aux yeux de tous.

(Nicolas Gros-Verheyde, de retour de Gao)


Durant cet engagement, deux pilotes allemands Tigre ont perdu la vie lors du crash de leur hélicoptère au nord-est de Gao juillet 2017.

Le mémorial en honneur des six soldats tombés dans le cadre de l’engagement de la MINUSMA : deux Allemands et quatre Néerlandais.