Dernières nouvelles des missions de maintien de la paix de l’UE – PSDC (mai 2018)

(B2) La formation des forces de sécurité intérieure et des militaires de pays tiers est devenue un des points clés des missions et opérations de l’UE déployées au titre de la politique de sécurité et de défense commune (PSDC). Les dernières informations en provenance du terrain le prouve.

Opération Zoulficar réussie pour les forces malgaches. Avion d’Atalanta engagé

(BRUXELLES2) Une opération combinée des forces malgaches et européennes a permis la libération, samedi (26 février), d’un navire retenu par les pirates au nord de Madagascar, à environ 150 kilomètres d’Antsiranana. Les 12 pirates à bord ont été arrêtés et les 25 membres d’équipage et passagers ont été libérés. C’est la première fois, à ma connaissance, que des pirates sont arrêtés sur cette île de l’Océan indien.

Une libération effectuée sans effusion de sang, selon nos confrères malgaches et réunionais. Les pirates ont hissé le drapeau blanc à l’arrivée des forces. Le MV Aly Zoulficar (ou Zoulfecar), un cargo comorien transportant des boeufs, avait été capturé, début novembre 2010 alors qu’il faisait route entre la Tanzanie et les Comores. Et il a servi de bateau-mère pour plusieurs attaques dans cette zone, avant d’être immobilisé (sans doute à cause de la tempête qui a ravagé Madagascar il y a quelques jours).

Des pirates à bout de souffle

L’opération « Zoulficar » démarre quelques jours plus tôt. De façon un peu insolite, en fait. Deux pirates quittent le navire, lundi dernier (21 février), à bord d’un skiff, pour se réapprovisionner… à Antsiranana, le porte de Madagascar. Ils sont interceptés par les forces malgaches. Les pirates sont arrêtés et les 4 otages qu’ils avaient emmenés avec eux à titre de « bouclier humain » sont libérés. Parmi eux, le capitaine du navire (un Comorien). Les informations recueillies permettent de cerner que les pirates sont à bout. Le navire est en panne et dérive au large de Madagascar.

Un appareil d’Atalanta à la rescousse

Les forces malgaches décident de reprendre le navire. Des militaires comoriens arrivent en renfort selon les informations. Les CROSS (Centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage) de la Réunion et son homologue de Dar Es Salam (Tanzanie) sont mis en alerte. Un avion d’Eunavfor Atalanta, mieux doté en équipements électroniques, est appelé à la rescousse pour situer l’endroit où est le navire. Il effectue plusieurs passage, finit par localiser le navire suspect, et effectue un dernier passage pour repérer les éléments à bord, et surtout éviter tout « guet-apens ».

Ok. Les forces peuvent alors passer à l’assaut, comme le raconte les nouvelles de Madagascar. « Accompagnée d’une équipe médicale et d’officiers de police judiciaire de la gendarmerie, une équipe composée de 30 militaires du 2e Régiment des forces d’intervention (RFI) et de la Bana (la base aéronavale d’Antsiranana) embarquent, vendredi, à bord du patrouilleur MV Marina, avec armes, bagages, vivres, bateaux pneumatiques et matériels de transmission.

Les pirates sont maitrisés samedi matin (26 février). A bord du Zoulficar, on ne trouvera que quelques 30 litres d’eau et quelques sacs de riz. Mais pas d’armes. Fidèles à leur technique, les pirates ont tout balancé à bord…

(NVG)