Libye

Contrôle des passeports en temps réel à Tripoli (Libye)

(BRUXELLES2) Avis aux criminels de tout poils ou personnes recherchées par Interpol ! L’aéroport international de Tripoli est désormais relié à Interpol pour le contrôle des passeports en temps réel. le dispositif a été inauguré aujourd’hui (6 mars). Les autorités libyennes chargées du contrôle des frontières auront ainsi la possibilité de consulter directement les banques de données d’Interpol et d’accéder au réseau Interpol pour repérer des passeports volés ou perdus et contribuer à l’identification des personnes recherchées, y compris des terroristes présumés ou des criminels opérant à l’échelle internationale. La banque de données d’Interpol contient quelque 36 millions de documents auxquels ont accès 166 pays; elle est consultée plus de 50 millions de fois par mois.

Cette installation a été financée par l’Union européenne dans le cadre d’un programme de l’Instrument de stabilité à hauteur de 2,2 millions d’euros. Un programme qui s’intègre dans une stratégie plus générale de l’UE pour sécuriser les frontières libyennes et qui débouchera sur la mise en place d’une mission européenne de la PeSDC.

Le programme, qui a démarré en septembre dernier, se compose de trois volets:

  1. le renforcement du bureau central national (BCN) d’Interpol libyen et de son réseau, qui couvre notamment les services centraux chargés de la lutte contre la drogue, de la sécurité des frontières et de la migration, ainsi que les principaux points de franchissement des frontières libyennes que sont les aéroports internationaux, les ports maritimes et les principaux points de passage terrestres avec la Tunisie et l’Égypte ;
  2. le renforcement de la capacité d’analyse criminelle de la direction de la police judiciaire du ministère de l’Intérieur ;
  3. une étude stratégique de la criminalité transnationale organisée et des menaces terroristes en Libye.
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Mali. Une opération préparée de longue date… (questions et réponses)

Mali. Une opération préparée de longue date… (questions et réponses)

(BRUXELLES2) J’avais prévu de faire ce papier depuis quelques jours. Et n’avait pas encore trouvé le temps de rassembler les diverses informations collectées. Heureusement, la RTBF a eu la bonne idée de m’inviter vendredi à la Semaine de l’Info en excellente compagnie — JP Stroobants (Le Monde) et Charline Vanhoenacker (la correspondante RTBF à Paris) — pour faire le tour de cette semaine sous la houlette de Arnaud Ruyssen. Et ses questions m’ont bien aiguillonné… Car je crois que nous nous les posons tous…

Une opération soudaine ou préparée de longue date ?

L’opération au Mali déclenchée le 11 janvier officiellement a pu paraître soudaine à plus d’un observateur. Et chacun a pu être surpris de la réaction française qu’on n’attendait pas aussi rapide et aussi importante. Mais on peut dire que cette opération est tout sauf improvisée au plan militaire comme diplomatique ou policier. Depuis plusieurs semaines, le CPCO (Centre de planification et de conduite des opérations) est en alerte, préparant de façon intensive une réponse. Depuis plusieurs mois, les différents mouvements sur place étaient sous surveillance étroite. Chaque information étant rapportée, découpée et confortée.

Et la première évaluation qui portait à quelques centaines de personnes, faiblement armées, a été rapidement revue à la hausse. « On se trouve en présence de plusieurs milliers de combattants, bien armés » a confié à B2 un officier. Si on ne peut pas qualifier le mouvement d’homogène, « il existe au moins une organisation et une coordination pour aller au combat » de façon beaucoup plus structurée que l’impression transcrite publiquement, avec dépôts logistiques et relais carburants. Le mouvement vers le sud de ces forces a ainsi été décrypté. On peut l’expliquer par la « volonté des rebelles et islamistes d’intervenir avant que les forces maliennes ne soient restructurées. L’annonce de l’imminence du déploiement européen puis africain les a obligés à passer à l’action », nous explique un spécialiste du dossier.

Et le moment de frapper des Français a alors été choisi de façon stratégique, quand le moment militaire comme politique étaient idéals. Comme l’a expliqué JY Le Drian, le MinDéf français dès le 12 janvier. Le renseignement « a permis de détecter les préparatifs d’une offensive importante, organisée et coordonnée par Ansar Eddine, AQMI et le MUJAO, selon deux axes, vers les villes de Mopti et de Diabali ». La demande d’aide malienne et l’intervention française étaient alors évidentes et ne pouvaient susciter plus de discussions…

L’Algérie retrouve son rôle ?

Le ralliement de l’Algérie à l’opération militaire n’est pas non plus inopiné. Un effort important a été mené de conviction. Il ne s’est pas passé dans le pays une semaine sans une visite importante. La visite de François Hollande, le président français, les 19 et 20 décembre, a été le moment le plus visible pour les Français. D’autant qu’elle s’est accompagnée de la signature de l’accord de défense – une demande des Algériens. Mais elle n’a pas été la seule. Plusieurs visites de Français se sont succédé.

Les Américains ont été très présents. Hillary Clinton s’est déplacée le 29 octobre. Mais pas seulement elle. Ces derniers mois, il n’y avait quasiment pas une semaine sans qu’un officiel américain, du Département d’Etat (le sec. adjoint Bill Burns était à Alger début décembre) ou de la Défense, fasse escale dans le pays. Les Espagnols et les Européens s’y sont mis aussi. L’échec de la tentative de médiation entrepris par l’Algérie a achevé de la convaincre qu’il fallait passer à autre chose.

L’Europe n’a rien fait ? L’Europe fournit ce qu’elle sait faire : logistique et transport

Il est facile de railler l’incertitude européenne sur la région. Des soldats européens sur le terrain auraient certainement eu un certain sens symbolique. Mais en termes d’efficacités militaires, du moins à court terme, j’ai plus qu’un doute. Rien ne vaut dans les combats du désert, l’infanterie de marine (la coloniale), la légion étrangère et les autres troupes françaises aguerries au hasard du Tchad, de Djibouti ou de la Côte d’Ivoire. Et, pour consolider l’armée française, quelques centaines de Tchadiens valent bien (2000 en tout), dans l’ardeur au combat et la connaissance des lieux, quelques milliers d’Européens :-)

Les Européens fournissent, en fait, aux Français ce qui leur manque : des avions de transport (il y en a une dizaine de mobilisés), des moyens de communication et d’observation, des moyens de renseignement (pour les Britanniques surtout. Mais il ne serait pas étonnant que les Allemands apportent aussi une aide, ayant été souvent présents au Mali). Sans cette logistique, le déploiement français serait ralenti et l’opération “Serval” n’aurait pas duré 7 jours. Le ministre malien des Affaires étrangères, T. Coulibaly, a rappelé à Bruxelles une loi intangible des conflits : « la guerre ce n’est pas seulement des soldats, c’est aussi la logistique. » C’est tout le sens de l’appel des ministres français, un peu rude parfois. Il faut que les Européens décoincent rapidement tous leurs moyens disponibles, et pas seulement un ou deux avions. Ce qui a surpris à Paris est le faible engagement en matière de transport aérien, notamment du coté de Londres et Berlin. Le soutien est plus fort du côté des pays francophones, pour preuve l’engagement canadien est équivalent à celui des Britanniques et l’engagement belge équivalent à celui des Allemands.

Un nouvel Afghanistan ? De nettes différences

Comparer avec l’Afghanistan est effectivement séduisant – sur la logique de l’intervention. Mais il y a des différences notables assez nombreuses.

  1. Le terrain est certes immense et désertique. Mais il ne comporte pas la complexité qu’a l’horizon Afghan, avec des vallées qui peuvent être encaissées et des montagnes.
  2.  C’est un terrain que l’armée française connait bien.
  3. L’opération a le soutien de l’armée locale, de la population locale qui peuvent la guider, l’aiguiller, comme de la diaspora présente en France (c’est aussi important que le reste.
  4. Il y a un certain partage de la langue, de la culture et des coutumes. Tout ce qui est malien n’est pas totalement inconnu aux Français.
  5. Les Etats voisins soutiennent l’opération ou à tout le moins sont neutres. Le bouclage des frontières terrestres par l’Algérie est un point crucial tout autant que l’ouverture de son espace aérien. Le pays ne joue pas ainsi le rôle double qu’a joué et que joue encore le Pakistan sur la scène afghane. La grande inconnue reste encore la Mauritanie.

L’opération va-t-elle durer ? Le risque de dispersion

Personne ne peut parier sur la durée de l’opération. Les ministres français de la Défense comme des Affaires étrangères le disent. « Nous poursuivrons ces actions aussi longtemps que nécessaire » explique le ministre Le Drian (le 12 janvier).  On peut être raisonnablement optimiste. L’opération militaire peut être assez rapide en soi : quelques semaines, quelques mois peut-être dans la première phase. Surtout si le déploiement africain est rapide. Le plus difficile sera ensuite de ramener la paix. Il faudra, d’une part, saisir les terroristes et autres criminels puis les juger. Le principal danger de l’opération n’est donc pas en soi l’enlisement. Les Français n’ont pas « vocation à rester éternellement au Mali. C’est aux Africains de mener en première ligne cette action » explique Laurent Fabius, le ministre des Affaires étrangères (le 17 janvier à Bruxelles).

Le principal risque est « l’effet de dispersion » comme me l’a précisé un responsable européen. Les rebelles et terroristes risquent de s’égayer dans la nature, et il va être beaucoup difficile pour les saisir. D’où l’importance de la destruction des différents dépôts logistiques, d’ouvrir le dialogue politique, de ramener à la raison à la raison les rebelles, et d’avoir une bonne coopération avec les pays voisins pour éviter la reproduction de la chaudière libyenne … Sinon les problèmes vont se retrouver demain… en Mauritanie par exemple.

La prise d’otages en Algérie a-t-elle un lien avec l’affaire malienne ? La grave erreur de la Libye

La revendication du groupe terroriste intervenant sur le site gazier de In Amenas de parait de l’opportunisme. La prise d’otages parait davantage liée à la question libyenne et l’absence de frontières bien surveillées. On peut là dire qu’il y a un effet direct de l’intervention internationale en Libye. Les 800 km de frontière entre l’Algérie et la Libye étaient dans le cadre d’un gentleman agreement surveillés uniquement par la Libye. Quand on connait le régime libyen de Kadhafi, cela suffit. Les Algériens n’avaient donc qu’une faible surveillance de ces points. Certains points n’avaient même pas de poste frontière ni d’accès rapide coté algérien. L’effondrement du régime a pris par surprise l’Algérie. Et la frontière est devenue une vraie passoire. On se trouve là face à une grave erreur, la plus grave à mon sens de l’intervention en Libye, l’absence de surveillance des frontières aux alentours.

Le Mali est à reconstruire ? Le plus difficile

On a souvent parlé de l’intervention internationale en Libye comme un facteur déclencheur de la crise malienne. Ce n’est pas tout à fait exact. C’est plutôt un facteur aggravant. « Il a accéléré » la crise. Car le Mali était avant tout un Etat quasi-failli. Avec une armée en pleine décomposition, une pseudo-démocratie, un nord abandonné aux trafics en tous sens. Le fruit était mûr pour que les rebelles et islamistes le saisissent. Il faudra dorénavant repartir sur de nouvelles bases.

Il faut aussi se poser la question comment on a pu laissé enfoncer un tel pays, bénéficiant d’une importante aide européenne (environ 90 millions d’euros par an). Cela mérite plus qu’une interrogation à mon sens. Mais une véritable enquête, voire une commission d’enquête parlementaire.

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La mission “frontières” en Libye va franchir un cap décisif (Maj)

(BRUXELLES) Alors que l’opération européenne au Mali connait une nette accélération, la mission “frontières” que l’Union européenne compte déployer en Libye va connaitre très prochainement une évolution notable. Le temps des évaluations est terminé. Et une dernière main est donnée au concept de gestion de crises (CMC) qui devrait être approuvé par les ministres des Affaires étrangères lors de leur réunion le 31 janvier prochain. Puis suivra une mission d’évaluation afin de peaufiner les détails et préparer les autres documents de planification (CONOPS, OpPlan, etc.).

Le rôle de l’Union européenne

L’Union européenne a effectivement proposé de prendre en charge dans l’effort de la communauté internationale, coordonné au sein de l’ONU, la question de la sécurité des frontières libyennes. Une question qui prend tout son relief et son importance avec la récente avancée des forces rebelles et islamistes au Nord du Mali. Comme l’a récemment indiqué le M. Anti-Terrorisme de l’UE, Gilles de Kerchove, « la dimension Sahel dans les frontières libyenne est tout à fait importante ».

Cette mission était déjà dans les “starting blocks” européens avant même le déclenchement de l’opération française Serval au Mal. Mais il est évident que de même qu’il y a une accélération du calendrier de déploiement de la mission de formation de l’armée malienne (EUTM Mali), la mission “frontières” en Libye devrait aussi connaitre une nette poussée (Nb : tout dépendra de la volonté du gouvernement libyen).

Formation, soutien, conseil

L’objectif pour les Européens est désormais de voir cette mission approuvée par les 27 au cours du premier trimestre 2013, avec un déploiement sur le terrain d’ici l’été. Cette mission – qui sera “civile” (*) et de type EUBAM – aura pour fonction d’aider les autorités libyennes à renforcer leurs frontières terrestres comme maritimes, à assurer la formation du personnel, comme de structurer le dispositif central (au niveau des directions générales des ministères). Un des objectifs est ainsi de réduire le risque de groupes passant d’un coté ou de l’autre des frontières. Un des enjeux encore en discussion – et qui doit encore évalué, avec les autorités libyennes, est la capacité européenne à pouvoir être présente sur la frontière “sud” du pays (vers le Niger, le Tchad ou le Soudan par exemple). L’UE pourrait aussi fournir certains équipements manquants aux autorités libyennes.

(*) Cela signifie qu’elle sera payée sur le budget communautaire, aura une chaine de commandement intégralement européenne, et sera composée de différents éléments. Cela ne signifie pas nécessairement que des militaires (ou d’anciens militaires) ne seront pas présents dans cette mission.

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David Cameron souhaite armer les rebelles syriens

(Crédit : Prime Minister's office)

(B2) Avec la réélection de Barrack Obama à la tête de la Maison Blanche, David Cameron compte revenir sur l’embargo européen sur les armes à destination de la Syrie. Selon The Guardian, Londres remet toutes les options sur la table, et armer les rebelles serait l’une des plus plausibles. La visite du Premier ministre, mercredi 7 novembre, dans le Camp de réfugiés de Zaatari (Jordanie) aurait été, toujours selon le quotidien britannique, l’élément déclencheur de ce changement de cap. Et maintenant que le chef du gouvernement y réfléchit, il est fort probable que le conseil de sécurité national en discute lors d’une réunion extraordinaire la semaine prochaine. Cette nouvelle position arrive également au moment où l’opposition syrienne se réunit à Doha, au Qatar, afin de resserrer les rangs et d’essayer de former un gouvernement de transition. Elle s’appuie sur une analyse juridique. L’embargo sur les armes à destination de la Syrie contient – selon les Britanniques – un principe de proportionnalité  qui permettrait de lever les restrictions face à l’éventualité d’une catastrophe humanitaire. Cela coïncide aussi avec la réélection de B. Obama et d’un nouveau mandat promettant une approche américaine plus marquée à l’encontre du régime d’Assad. Ce qui pourrait également faire l’affaire de la Turquie dont le ministre des affaires étrangères, Ahmet Davutoglu, a émis, jeudi (8 novembre), l’éventualité de demander à l’OTAN de déployer des missiles PATRIOT le long de  sa frontière avec la Syrie. Bref, toute une série de circonstances simultanées pour cette seule semaine.

Lire l’article du Guardian

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Une mission européenne en Libye ? Sans s’presser !

(BRUXELLES2, opinion) Cela fait bientôt deux années que l’Union européenne réfléchit à une mission en Libye et un an que le conflit en Libye est terminé. Et l’Union européenne « étudie » toujours l’éventualité d’une mission visant à assister les Libyens dans la gestion des frontières, à reconstruire une armée nationale ou des forces de police intégrées…

Une nouvelle mission d’évaluation

Ainsi une nouvelle Fact Finding mission (FFM en langage codé) va partir sur le terrain, début octobre, pour faire une nouvelle évaluation des missions possibles. Ce n’est pas la première… Et j’ai bien peur que ce ne soit pas la dernière. Ce qui est inquiétant, c’est qu’on ne sent pas un fort impetus politique de l’Union européenne pour s’engager sur la stabilisation et la sécurisation de la Libye, malgré toutes les belles paroles… Au contraire. On a l’impression de revivre, comme des bis repetitae en boucle, l’opération ratée d’Eufor Libya !

On attend, on attend !

Toutes les raisons – bonnes ou mauvaises – justifient de ne pas prendre de décision tout de suite… Hier, on arguait du fait que “le conflit n’est pas terminé” ou la situation “n’était pas stabilisée“. Ensuite cela a été : “nous attendons l’évaluation faite par l’ONU”, puis on a attendu “les résultats de l’évaluation” et “un feu vert de l’ONU“. Une fois l’évaluation connue et le feu vert de l’ONU donné – l’Union européenne étant expressément chargée de travailler sur la gestion des frontières, on a attendu “les élections”, puis la nomination d’un “Premier ministre. Aujourd’hui que le Premier ministre est nommé, on attend… le nouveau gouvernement « Le nouveau gouvernement n’a pas encore été formé. Il est important de négocier au bon niveau » explique – sans rire – un haut diplomate européen. Plusieurs experts du dossier – militaires et civils – m’avaient confié, “quand on ne veut pas agir, on trouve toujours une bonne raison” ; nous avons là toutes les preuves de cette volonté d’absence… (Nb : vous pouvez imaginer sans peine, les excuses suivantes…)

Commentaire : tout cela n’est pas très sérieux. On a l’impression de revivre un peu ce qui se passait pour le Sahel. Ou sans s’presser, on planifiait une mission de sécurité, en trouvant à chaque fois toutes les bonnes excuses pour ne pas accélérer le processus. A ce rythme, demain, soit les Libyens n’auront plus besoin des Européens car ils auront trouvé mieux, plus vite auprès d’autres partenaires (privés ou publics), un peu plus dynamiques que les Européens ; soit la Libye aura commencé à devenir instable et incontrôlable. Début 2012, un papier d’options pour une telle mission devait être discuté au niveau des ministres. Depuis… rien. De fait, il semble que des raisons très pragmatiques s’opposent au lancement d’une nouvelle mission européenne… L’une est budgétaire. Une nouvelle mission de l’UE ne peut être lancée que si les moyens sont diminués dans les autres missions. Il faut que les différentes “reviews” terminées (Eulex Kosovo, Eumm Géorgie) ou encore à l’oeuvre (Eupol Afghanistan, Eupol Copps et Eubam Rafah…) fassent leur effet avant de pouvoir dégager les ressources budgétaires supplémentaires. L’autre est politique. Il y a en Libye différents intérêts des Etats membres, notamment du Royaume-Uni mais aussi de l’Italie ou de la France, comme des Etats-Unis, qu’il importe de ne pas contrecarrer. Ajouté au complexe de la “belle au bois dormant”, vous avez là un résultat où il importe davantage de rechercher une bonne excuse de ne pas agir que de forcer l’action…

Lire aussi :

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Que pourrait faire l’UE en Libye ?

(BRUXELLES2, exclusif) L’envoyé spécial de l’UE pour le Sud de la Méditerranée (et le printemps arabe) était en Libye la semaine dernière. L’occasion de faire le point avec les autorités libyennes au plus haut niveau sur les diverses possibilités d’assistance européenne. Pour Bernardino Leon, le « temps de la planification est en effet terminé, il s’agit maintenant pour l’Union européenne de montrer ce qu’elle peut faire ».

Cinq domaines d’action pour l’UE, quelques pays réticents

Une série d’actions pourrait être rapidement mise en place, a-t-il expliqué, ce dans cinq domaines : la gestion des frontières, la restructuration du ministère de la Défense, la capacité de réponse à la crises avec la mise en place d’une salle de gestion de crises, le soutien aux forces d’élite pour combattre le terrorisme et la protection des infrastructures vitales, enfin le support électoral. Projets qui ont suscité des réactions diverses des Etats membres. Les diplomates britanniques ne cachent pas leur réticence (est-ce étonnant !) sur des initiatives dans le secteur de la défense, appelant l’UE à la « prudence » et à « coordonner très étroitement toute action future » avec les Nations-Unies. De même, ils estiment dangereux de former les troupes d’élite, considérant qu’il « est souvent peu clair de qui ses forces dépendent et par qui elles sont payées ». La mission d’évaluation de la gestion intégrée des frontières devrait rendre son rapport début juin. Une discussion pourrait alors suivre au comité politique et de sécurité (COPS).

La gestion des frontières

L’offre européenne pourrait être déployée sous plusieurs aspects selon Bernardino Leon. Une mission de la PeSDC pourrait être déployée sur la frontière sud, la plus difficile à contrôler, accompagnée d’équipements, de formation et de réhabilitation des centres d’accueil des migrants. Les Libyens sont demandeurs d’équipements de haute technologie type satellites ou drones. Coté formation, elles pourraient démarrer rapidement, avec une petite équipe d’experts européens formant des Libyens, par session d’une vingtaine de personnes dispensées sur deux semaines.

Sur la frontière nord, ce pourrait un soutien aux patrouilles maritimes dans les eaux territoriales, à la formation et la maintenance des navires, aux patrouilles conjointes le long des frontières tunisiennes et égyptiennes, comme la réhabilitation du centre d’accueil des migrants à Tripoli.

La Libye a déjà reçu plusieurs offres commerciales pour la surveillance des frontières venant notamment d’équipementiers français et italiens. Mais selon le Premier ministre El Keeb, la Libye préférerait ne pas choisir entre un Etat membre parmi les autres mais avoir une offre européenne combinée.

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La délégation de l’UE en Libye sans sécurité. G4S persona non grata en Libye

(BRUXELLES2, exclusif) La société G4S avait été sélectionnée par le service européen d’action extérieure pour protéger sa délégation en Libye et devait démarrer ses activités au 1er juin. Choix un peu hâtif si on se réfère aux dernières déclarations venant de Tripoli (Libye). Cette société n’a non seulement pas d’autorisation pour assurer de telles activités de sécurité dans le pays mais les autorités libyennes refusent sa venue. C’est désormais confirmé de façon tout à fait officielle. Le gouvernement provisoire (CNT) de Libye vient, en effet (le 23 mai), d’adresser une note verbale au Service européen d’action extérieure (SEAE), en ce sens. Le doute n’est donc plus permis. Et un nouvel appel d’offre devrait logiquement se produire.

Un drôle de contrat de sécurité !

L’attribution de ce contrat a déjà fait couler beaucoup d’encre. Ainsi que le mentionnait notre confrère EuObserver, un traitement préférentiel semble avoir été accordée à G4S. Il paraissait ainsi assez anormal que cette société ait été choisie alors qu’elle ne disposait pas d’autorisation pour exercer, alors que deux sociétés — la canadienne Guarda World et la franco-hongroise Argus — disposaient de cette autorisation. C’est d’ailleurs cette dernière société qui assurait jusqu’à présent, à titre provisoire, la sécurité des locaux. Bizarre…

Peut-on en conclure qu’il y a une sorte de favoritisme ainsi que le soutient Rue89, il est sans doute prématuré pour le dire. Mais une pareille légèreté parait difficile à expliquer ou, du moins, mériterait une explication publique. D’autant que G4S qui assure la sécurité des installations du service diplomatique à Bruxelles n’a pas prouvé jusqu’ici vraiment son efficacité (pour l’avoir vécu, observé et recueilli).

On peut aussi se poser la question de savoir si le système d’appel d’offres est vraiment adapté et apporte toutes les garanties nécessaires et l’efficacité pour des contrats de protection de délégations qui nécessitent à la fois un savoir-faire mais aussi une relation intuitue personae.

Quant au tropisme britannique de la Haute représentante, je ne peux croire que la nationalité de son passeport ait pu jouer, d’autant que normalement ce type de contrat est plutôt du domaine et du ressort du Directeur administratif (chief Operating Officer), D. O’Sullivan, un Irlandais auparavant secrétaire général de la Commission. Ce qui, en revanche, est troublant est la présence, à plusieurs points de la chaine de décision, de Britanniques, notamment Mike Croll qui assure la sécurité des délégations et a signé l’appel d’offres.

NB : Cette affaire éclate à un moment-clé pour plusieurs sociétés de sécurité, où plusieurs contrats pour la protection des installations européennes sont en jeu. Un hasard ! :-)

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Armes, frontières, police : les enjeux de la sécurité en Libye (vice-Premier ministre libyen)

Mustafa Abushagur à la commission AFET du Parlement Européen le 15 mai 2012 (Crédit: Parlement Européen)

(BRUXELLES2) La sécurité aux frontières et le contrôle des stocks d’armes : voilà les deux priorités en termes de sécurité retenues par le vice-premier ministre libyen, Mustafa Abushagur, qui s’entretenait hier avec les députés membres de la commission des Affaires étrangères du Parlement européen. Pour cela, il faut réussir à bâtir une armée et une police, en intégrant les milices autonomes. Le soutien de l’UE est nécessaire et apprécié.

La sécurité des frontières: à construire ex nihilo

Avec 4000km de frontières terrestres et 2000km en mer, cette question n’est pas anodine. C’est même une priorité « pour empêcher l’immigration massive et le trafic d’armes et d’êtres humains », selon le ministre. Mais c’est aussi un défi considérable. « La police des frontières [est] inexistante ». Il faut la créer « à partir de rien ». C’est ce que nous faisons, dit Mustafa Abushagur, en intégrant « les jeunes qui ont participé à la révolution ». Et avec l’aide de l’UE, qui a déployé une mission d’évaluation des besoins. En particulier pour les frontières du Sud. « C’est là où passe le gros de l’immigration ». Et pour les Européens, c’est là ce qui les concerne en priorité. « Nous voulons empêcher de nouveaux flux d’immigration illégale et de nouvelles tragédies dans la mer Méditerranée » avait affirmé lundi (14 mai) le ministre italien des affaires étrangères Giulio Terzi. Selon lui, les Européens comprennent le « besoin urgent » qu’il y a à prévenir cette immigration plutôt qu’à la combattre après coup.

Le contrôle des stocks d’armes: éviter le char dans le jardin

Pour le gouvernement de transition, et pour l’avenir du pays plus généralement, le contrôle des armes « après huit mois de conflit armé » où tous les Libyens ont été impliqués d’une façon ou d’une autre, est également une priorité pour la sécurité. Selon le Ministre, presque tous les foyers libyens se retrouvent avec des armes chez eux. « Certains ont même un char dans leur jardin ». Il y a donc « beaucoup d’armes dans la nature“. Le gouvernement s’est d’abord concentré sur les armes lourdes présentes dans les villes « car ce sont les plus dangereuses ». « Un grand nombre de mesures » ont été prises si bien que « il y en a pratiquement plus », affirme Mustafa Abushagur. Étape suivante:  « nous travaillons avec la police militaire pour établir des points de contrôle pour confisquer les armes lourdes » dans le reste du pays. Et ici, on rejoint la question des frontières, où le contrôle des armes est « plus difficile ». La coopération avec les pays voisins n’est forcément facile non plus. Par exemple, l’Algérie a été « tatillonne » pour reconnaître la révolution. De manière générale, c’est le problème du manque de ressources que pointe le ministre.

Des capacités libyennes en forces de sécurité limitées : intégrer les milices

L’enjeu pour l’avenir est donc de bâtir une police et une armée modernes « capables de protéger les intérêts du pays ». En ce qui concerne la police, des structures existent déjà, le problème est de les reconstruire, de les faire revivre.

Ainsi, le gouvernement continuer à payer le salaire de 160 000 policiers « mais il faut qu’ils reviennent au travail sinon nous couperons les salaires ». Pour l’armée, il faut par contre repartir de zéro, créer les structures et trouver les effectifs. Il y a un besoin de réconciliation entre les différents acteurs de la révolution. En particulier, la difficulté est de donner une cohésion aux forces de sécurité du pays. Il faut donc intégrer les milices autonomes et les Touaregs, qui représentent un quart de million de personnes. C’est « important car ils ont participé à la révolution ». Il faut savoir ce qu’elles veulent. « Nous aimerions qu’elles se rencontrent afin de discuter de ce qu’elles veulent faire dans le futur ».

Sur les 750 000, 230 000 ont déjà été enregistrées sur les listes électorales, se félicite le ministre. Ce qui a permis d’avoir des informations sur leur projet: 30% voudraient participer à l’armée ou à la police, 35% voudraient exercer une profession libérale (“très bien pour relancer l’économie »). Plusieurs ateliers ont été organisés pour leur intégration, avec l’aide et l’expertise de l’UE. Le ministre souligne d’ailleurs les efforts déjà déployés par l’UE pour bâtir des forces de sécurité modernes en Libye.
Comme l’ont remarqué les eurodéputés, un des moyens de renforcer les capacités libyennes passe par la réappropriation des finances accaparées par Kadhafi et éparpillées dans le monde entier.

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