La Roumanie paie cher son engagement en Afghanistan. L’ambassade attaquée à Kaboul

(B2) Coup sur coup, ces derniers jours les Roumains ont perdu plusieurs des leurs en Afghanistan dans deux attaques revendiquées par les talibans

(crédit : VOA)

Deux agents du ministère touchés

Un diplomate chargé de la sécurité de l’ambassade roumaine à Kaboul a été tué et un autre gravement blessé dans la nuit du 2 au 3 septembre. L’attaque de type ‘complexe’ a démarré vers 22h et s’est poursuivie une bonne partie de la nuit dans la zone où se trouve l’ambassade de Roumanie.  Au final 16 personnes sont décédées et 120 ont été blessées. Les affrontements entre les talibans et les forces de sécurité ont duré presque toute la nuit. Ce n’est qu’au matin, que la douzaine de diplomates encore dans l’ambassade a réussi à évacuer les lieux, selon hotnews citant des sources officielles.

L’ambassade roumaine ciblée

« Les attaquants ont ciblé l’ambassade », a indiqué la ministre des Affaires étrangères roumaine, Ramona Mănescu sur Radio Roumanie internationale. Celle-ci est presque complètement détruite aujourd’hui. « L’ambassade est détruite à 80% et est inutilisable » a affirmé la ministre à DC News. Les diplomates ont été transférés dans une zone sécurisée : dans une base de l’OTAN.

Nous resterons !

« Ce n’est pas la première fois que l’on assiste à de telles attaques » a ajouté Ramona Manescu. « C’est vrai que nous avons été épargnés jusqu’ici, mais d’autres objectifs civils ont été visés. C’est une raison de plus d’y rester. » La ministre roumaine s’est aussi entretenue par téléphone avec la Haute représentante de l’UE Federica Mogherini. « Nous avons souligné la nécessité de coordonner nos actions communes, de renforcer la coopération et de rester cohérent dans la promotion du dialogue et de la paix pour la stabilité de la région » raconte-t-elle sur twitter.

Un militaire de Resolute support touché

Quelques jours plus tard, un militaire roumain (le caporal Ciprian-Ștefan Polschi), qui participait à l’opération Resolute Support de l’OTAN, a perdu la vie jeudi (5 septembre) après l’explosion d’une voiture piégée dans le quartier protégé de Shash-Darak (près de la Zone verte) alors qu’il était au volant d’un véhicule de service. L’attentat qui a fait au total 10 morts et 42 blessés, a fait une autre victime parmi les troupes de l’OTAN : un Américain.

Un des gros participants à Resolute Support

La Roumanie fournit un des plus gros contingents européens de Resolute Support avec environ 760 soldats derrière la Géorgie (870 hommes), le Royaume-Uni (1100 hommes) et l’Allemagne (1300 hommes) ; les États-Unis fournissant la moitié (8475) des effectifs de la mission (17.150). Et 25 soldats roumains ont perdu la vie depuis le début de l’engagement en 2003, selon le site iscasualties.org compilant les données américaines.

(Nicolas Gros-Verheyde)

Attentat mortel à Kaboul près de la délégation de l’UE

(B2) Près d’une centaine de tués et autant de blessés, l’attentat commis à Kaboul à proximité du bâtiment de la délégation de l’UE (1) et du High Peace Council samedi (27 janvier), est conséquent.

L’attentat, revendiqué par les Talibans, a été commis au moyen de deux ambulances bourrées d’explosifs (2). Ce moyen pour le moins a permis de passer le premier check point – en prétextant qu’ils devaient amener un malade de façon urgente à l’hôpital. C’est au second checkpoint qu’il a été reconnu et a fait exploser le véhicule, selon le porte-parole adjoint du ministère de l’Intérieur, Nasrat Rahimi, interrogé par l’AFP.

Le bilan est lourd : 103 tués et 235 blessés. Le premier bilan a été revu à la hausse. Aucune victime de la délégation de l’UE n’est cependant à déplorer, selon les sources de B2.

(NGV)

(1) Ce n’est pas la première fois que la délégation de l’UE est visée.

(2) L’explosion a été entendue à plusieurs km à la ronde selon l’AFP.

(3) un procédé pour le moins extraordinaire qui pourrait être considéré comme un crime de guerre car contraire aux conventions de Genève

HelicopterePumaMk2KaboulAfghanistan@Uk1503

Crash d’un hélicoptère britannique en Afghanistan (maj)

HelicopterePumaMk2KaboulAfghanistan@Uk1503(B2) Un hélicoptère Puma MK2 de la Royal Air Forces (RAF) s’est écrasé, dimanche dans l’après-midi, sur le quartier général de l’opération de l’OTAN, Resolute Support, à Kaboul, en Afghanistan.

L’hélicoptère revenait d’une mission de formation et s’est écrasé à l’atterrissage. Une de ses pales a heurté, apparemment, un des câbles retenant un ballon. Neuf personnes se trouvaient à bord. On dénombre cinq tués — deux Britanniques, deux Américains et 1 Français (un civil) — et 4 blessés — dont un Lituanien. « Un accident et non pas le résultat de l’activité des insurgés » prend-on bien soin de préciser du côté du ministère britannique de la Défense.

(NGV)

Mis à jour – 12.10, avec détail sur les nationalités des victimes

Deux des véhicules atteints dans l'attaque (Crédit : BBC)

Attentat à Kaboul. Un membre de la mission EUPOL Afghanistan tué (maj2)

Deux des véhicules atteints dans l'attaque (Crédit : BBC)

Deux des véhicules atteints dans l’attaque (Crédit : BBC)

(BRUXELLES2) Un attentat suicide, à la voiture piégée près de l’aéroport international de Kaboul, a tué, ce dimanche (17 mai) matin, un membre de la mission européenne de soutien à la police afghane (EUPOL Afghanistan). Bilan confirmé par EUPOL Afghanistan. « Trois autres membres de la mission qui se trouvaient à bord du véhicule visé ont été conduits en lieu sûr. Deux d’entre eux ont été blessés. Mais leurs blessures ne sont pas mortelles. » indique un communiqué de la mission. La personne tuée serait, selon nos informations, un membre de l’équipe de sécurité rapprochée d’EUPOL, de nationalité britannique, comme l’a confirmé le ministère britannique des Affaires étrangères (Foreign Office).

Attentat à la voiture bélier

Les premiers éléments de l’enquête montrent que les assaillants ont utilisé une voiture bélier bourré d’explosifs pour commettre leur forfait. Selon un porte-parole de la police, Ebadullah Karimi, cité par les agences, un « kamikaze » dans une Toyota Corolla a percuté le véhicule d’EUPOL sur la route de l’aéroport principal de Kaboul, à environ 200 mètres de l’entrée de l’aéroport principal, le long de la route menant à la base militaire toute proche de l’OTAN. Deux civils, deux jeunes filles afghanes, selon l’AFP, ont également été tuées dans cette attaque revendiquée par les talibans. Et 18 autres personnes blessées, dont plusieurs enfants. Plusieurs autres véhicules (civils) présents sur place ont été détruits.

Un engagement nécessaire des autorités afghanes

La Haute représentante de l’UE pour les Affaires étrangères a rapidement réagi ce matin, apportant sa « plus profonde sympathie aux familles, amis et proches de notre collègue et de toutes les autres victimes innocentes ». Mais Federica Mogherini a tenu aussi à tenir un langage plus politique en guise d’avertissement aux autorités afghanes. « Le gouvernement afghan doit veiller à ce que les responsables de cette attaque soient traduits en justice » a-t-elle déclaré. « Le chemin de la paix et de la stabilité en Afghanistan est long. Il nécessite un engagement fort du gouvernement afghan, l’unité du peuple afghan et tout le soutien international dont les Afghans ont besoin. En tant qu’Union européenne (…), (nous allons) continuer notre engagement pour la sécurité, le développement et le respect et l’amélioration des droits de tous, à commencer par celui des enfants et des femmes ».

Détermination intacte

« Je peux vous assurer que ce crime odieux ne pourra pas arrêter EUPOL de poursuivre son soutien au peuple et au gouvernement afghans » a précisé la chef de la mission, Pia Stjernvall. « Nous sommes plus que jamais déterminés à continuer à travailler avec nos partenaires afghans et internationaux pour un Afghanistan plus sûr ».

Une mission déjà touchée dans le passé

Il semble bien cette fois que ce soit la mission EUPOL qui ait été visée en tant que telle. Un véhicule de la mission EUPOL Afghanistan avait été « impliqué » dans un attentat suicide, début janvier 2015 à Kaboul, a confirmé la mission européenne de soutien à la police afghane (Lire : Un véhicule européen (EUPOL Afghanistan) visé par un attentat suicide à Kaboul). Deux autres membres de la mission étaient décédés en janvier 2014 dans un attentat qui visait un restaurant fréquenté par les étrangers de la capitale afghane (Lire : 2 morts à EUPOL Afghanistan dans un attentat d’un restaurant à Kaboul).

NB : C’est la 54e personne à décéder dans le cadre d’une mission ou délégation européenne, depuis la mise en place de la politique étrangère et de sécurité commune (PESC) de l’Union euroépenne. Lire mémoriam

(NGV)

(Maj) dim. 12h45. Mis à jour avec précisions sur le mode opératoire, nationalité et fonction de la victime, le bilan plus complet de l’attentat + déclaration de Federica Mogherini

Un véhicule européen (EUPOL Afghanistan) visé par un attentat suicide à Kaboul (maj)

(BRUXELLES2) Un véhicule de la mission EUPOL Afghanistan a été « impliqué » dans un attentat suicide, aujourd’hui à Kaboul, a confirmé la mission européenne de soutien à la police afghane, ce lundi (5 janvier). On ne peut encore dire si c’est le véhicule même d’EUPOL Afghanistan était visé. Une enquête est ouverte « en liaison étroite avec la police nationale afghane » souligne-t-on  la mission européenne. Mais le mouvement taliban a revendiqué ouvertement cet attentat visant un véhicule européen.

Le véhicule d’EUPOL (*) roulait vers l’est « sur la route Jalalabad à Kaboul » quand il a été victime « à 13h24 » (heure locale = env. 10h Bxl) d’une explosion d’un véhicule stationné. Il n’y a pas de casse apparemment chez les membres d’EUPOL. « Les occupants du véhicule sont sortis indemnes » indique le chef par intérim de la Mission Pia Stjernvall dans un communiqué. Mais « plusieurs civils ont été blessés », et d’autres ont été mortellement atteints. Selon un dernier bilan dressé par la police afghane, on compte 2 décédés et 12 blessés.

La mission EUPOL Afghanistan a été touchée indirectement il y a un an par un attentat dans un restaurant fréquenté par de nombreux expatriés à Kaboul, faisant 2 morts parmi les employés de la mission : une Danoise et un agent britannique de sécurité (lire : 2 morts à EUPOL Afghanistan dans un attentat d’un restaurant à Kaboul).

Précisons que cette mission n’est qu’une mission « de conseil » sans mandat exécutif (pas de pouvoir d’arrestation ou de sécurisation). L’objectif étant essentiellement de procurer des conseils et des formations aux autorités afghanes, et au corps de police de Kaboul.

(NGV)

(*) Certaines informations mentionnent un « blindé ». A notre connaissance, EUPOL ne dispose pas de « blindé » dans la dénomination habituelle d’un véhicule militaire mais plutôt de véhicules disposant d’un « blindage » pour protéger ces occupants.

(Mis à jour) 6 janvier, réévaluation du bilan.

 

 

(Crédits : EUCAP Nestor)

Dernières nouvelles des missions de maintien de la paix de l’UE (PSDC) – mars 2014

(BRUXELLES2)

Hargeisa (Somalie). Ouverture d’un bureau d’EUCAP Nestor 

(Crédits : EUCAP Nestor)

(Crédits : EUCAP Nestor)

La mission européenne de renforcement des capacités maritimes dans la Corne de l’Afrique et l’océan Indien (EUCAP Nestor) a ouvert un bureau dans la ville de Hargeisa, au nord-ouest de la Somalie (à 300 km au sud de Djibouti), en présence du Premier ministre somalien, Mr Abdirahman Abdillahi Ismail Zeylai.  C’est le premier bureau d’une mission de la PeSDC sur le sol somalien. Y seront déployés des experts juridiques, de police et de sécurité maritime, qui travailleront avec leurs homologues somaliens pour concevoir et exécuter des programmes de formation et de conseil dans le domaine de la sécurité maritime et de la gouvernance.

Djibouti. Remise de matériel par EUCAP Nestor

EUCAP Nestor a remis du matériel de sécurité maritime à la Garde côtière de Djibouti, ainsi qu’à la Marine. Les deux institutions recevront, entre autres choses, des jumelles, des gilets pare-balles et des casques de protection pour les équipes de lutte. La Garde côtière a également reçu 10 navigateurs GPS. Cette remise est accompagnée de formations en techniques d’intervention par des experts européens, comme l’a rappelé le chef de la mission, Etienne de Poncins. « Cette remise de matériel n’est qu’une partie de notre travail et contribuera à une meilleure surveillance de l’espace maritime et à la sécurité de la navigation. »

Koulikoro (Mali). Fin de formation du GTIA Balanzan

(Crédits : EUTM Mali)

Le bataillon Balanzan sera déployé dans le nord dans quelques semaines (Crédits : EUTM Mali)

Après douze semaines, la formation des 730 militaires maliens du bataillon Balazan par les Européens d’EUTM Mali est arrivée à sa fin. Une cérémonie a eu lieu, le 18 mars 2014, sur le camp d’entraînement de Koulikoro, en présence des plus hautes autorités militaires maliennes et des autorités civiles et militaires des missions internationales en place au Mali. C’est le quatrième bataillon formé par la mission européenne (EUTM Mali). Le colonel Uhrich, qui dirige le centre de formation de Koulikoro, s’est montré confiant en leur capacité à mener leur mission au nord du pays. « Balanzan a prouvé sa capacité à conduire une manœuvre coordonnée, autonome de niveau du groupement tactique interarmes (GTIA), dans le cadre d’une mission offensive ».

Niamey (Niger).  Les droits de l’Homme dans la lutte contre le terrorisme

Un séminaire s’est tenu à Niamey à la mi-mars sur «la protection des droits de l’Homme dans la lutte contre le terrorisme à travers la procédure pénale », organisé par la mission européenne EUCAP Sahel Niger avec l’Institut danois des droits de l’Homme. Objectif : sensibiliser les participants (venant des administrations de l’Etat, des forces de sécurité et de la société civile), les familiariser avec la problématique des droits de l’Homme dans le cadre de la lutte contre le terrorisme et le crime organisé. Les intervenants ont ainsi situé les différents textes juridiques sur le terrorisme et le crime organisé sur le plan international, régional et national. Les acteurs de la lutte anti-terroriste ont pu aussi échanger leurs points de vue et expérience. Le séminaire était aussi l’occasion de renforcer la coopération déjà existante et d’initier ou inclure une coopération avec les acteurs de la société civile, les autorités administratives et coutumières (chefferies traditionnelles et entités décentralisées, etc.).

Chisinau (Moldavie). Formation de détection de documents d’identité falsifiés par EUBAM Moldavie

Un instructeur européen explique comment détecter une document falsifié(Crédits : EUBAM Moldavia)

Un instructeur européen explique comment détecter une document falsifié (Crédits : EUBAM Moldavia)

Une quarantaine de policiers des frontières et de personnel du Bureau pour les migrations et l’asile du ministère de l’Intérieur moldave ont participé à la formation organisée par les experts d’EUBAM Moldova Ukraine, pour détecter les faux documents de voyage. « Les faux documents d’identité sont un problème non seulement pour la Moldavie, mais aussi un défi mondial , en particulier à la lumière du terrorisme international et le trafic humain. Nombreux crimes peuvent être évités ou résolus par la détection de faux documents » expliqué Matthias Ambrecht, l’expert européen de la police de frontières. La formation s’est centrée sur les méthodes de falsification de visa Schengen , les passeports étrangers sélectionnés, mais aussi la détection des imposteurs utilisant des documents légaux.

Sarajevo. Conférence  » Genre dans le secteur de la Défense »

Le général Andrés Szücs, chef de personnel de la mission EUFOR Althea, a inauguré la conférence  » le genre dans le secteur de la défense » qui a eu lieu le 10 mars, au Camp Butmir, à Sarajevo. « Le nombre de femmes en uniformes est en hausse constante. Néanmoins, je dois dire que nous ne sommes qu’au début de ce processus. » Animée par Nikolina Marčeta, la conseillère « Genre » de la mission, la conférence a permis de founir aux autorités du ministère et des Forces armées de la Bosnie-Herzégovine des informations sur l’intégration du genre dans la formation de soutien de la paix et de l’importance de la diversité dans le secteur de la défense.

Kaboul. Fin de mission pour les Canadiens

Les seize Canadiens de la mission EUPOL Afghanistan rentrent chez eux après 1 an de mission pour certains. C’est la fin de l’engagement canadien au sein de la mission européenne de police.

(infos recueillies par Leonor Hubaut)

Les Belges retirent d’Afghanistan la moitié de leur effectif à l’été 2012

Soldat de la force de protection (crédit : armée belge)

(BRUXELLES2) L’armée belge devrait retirer la moitié de son contingent (614 personnes) d’Afghanistan à l’été 2012. La date est fixée au 30 juillet 2012. Environ 300 militaires participant au détachement de protection et force de réaction rapide présents à Kaia – l’aéroport international de Kaboul – seront retirés autour du 30 juillet 2012. Un retrait programmé et prévu depuis un an (la décision a été prise en juin 2011).

Les Belges seront remplacés par un effectif portugais – deux contingents d’environ 80 personnes chacun. La Belgique maintiendra environ 300 hommes : une centaine à Kaboul – essentiellement des instructeurs (logistique, communication) ou avec la fonction d’Etat-Major -; une centaine à Kandahar – autour des avions F-16 chargés de l’appui aérien aux opérations de l’ISAF, mission dénommée « Guardian Falcon » ; une centaine à Kunduz – équipe provinciale de reconstruction (PRT) et OMLT.

Comme l’explique un officier belge à B2, un retrait prend « entre un et deux ans ». « Ce n’est pas seulement une question de retrait des matériels. Il faut normalement trouver des effectifs qui viennent vous remplacer et effectuer les tâches que vous faites ». En pratique, il y a deux éléments, outre la force de persuasion : le temps et l’argent. Soit « on prend en charge financièrement le déploiement d’autres nations » – ce qu’a fait le Canada semble-t-il, soit « on négocie. Et là il faut du temps et attendre un peu ». Ce qu’on fait les Belges et Néerlandais.

Une stratégie de sortie qui ne dit pas son nom

(BRUXELLES2) La réunion des ministres des Affaires étrangères de l’OTAN s’est déroulée quasiment comme sur des roulettes. Les 28 membres de l’OTAN et leurs alliés ont avalisé, sans coup férir, un renfort militaire. Ils fourniront bien 7.000 hommes de plus, demandés par les Américains, a expliqué le secrétaire général de l’Otan, Anders Fogh Rasmussen. Coréens, Géorgiens, Italiens, Polonais, Hongrois… Tous s’y mettent. Mais côté français, on reste discret. Le principe affirmé par Nicolas Sarkozy de non augmentation des troupes reste la règle officielle. Avec 3900 hommes engagés, c’est déjà suffisant. Ce qui ne peut empêcher, explique un officier, « des renforts ponctuels si la nécessité l’exige ». Possibilité confirmée par Bernard Kouchner, lui-même: « Bien sûr, si des besoins se font jour on les satisfera. Si on a besoin par exemple d’un hélicoptère de plus, on l’enverra. »

Formation

Les Alliés ont cependant compris qu’ils devaient infléchir leur stratégie. Le maître-mot, désormais, est donc « Afghanisation ». C’est-à-dire la reprise en main par les Afghans eux-mêmes de leur sécurité. Ce qui passe par la formation des forces afghanes, armée comme police. Depuis 2007, des militaires français des forces spéciales forment, avec leurs homologues américains, les bataillons (Kandaks) de forces spéciales afghanes et les instructeurs afghans. Chaque cycle d’instruction, d’une durée de trois mois permet de former 700 militaires afghans. A ce jour, 6 kandaks de forces spéciales afghanes ont été formés représentant un total de 3700 commandos.

Concentration

L’armée française a ainsi déjà passé le relais dans la région de Kaboul aux Afghans depuis un an maintenant. Et elle s’est regroupée sur une seule région : la zone Kapisa-Surobi, en déployant à la fois les moyens militaires purs, de combat, mais aussi les équipes dites OMLT, chargées de la liaison avec les forces afghanes, et les 150 gendarmes qui vont assurer la formation d’une force de gendarmerie afghane. Ce déploiement s’effectue dans le cadre de la force de gendarmerie européenne ; mais, il faut bien le reconnaître, les Français sont les seuls, pour l’instant à fournir un effectif conséquent. Les Américains et Britanniques vont, eux, concentrer leur effort sur le Helmand, une région-clé. Reste à savoir combien de temps, les populations occidentales supporteront un engagement coûteux en vie humaine et en budget.

Désengagement

Même si, à l’OTAN, le mot de stratégie de « sortie » reste tabou et qu’on lui préfère celui de « transition », tout le monde en effet y pense et sait pertinemment, comme le résume un diplomate, qu’un engagement militaire de cette importance « ne peut durer indéfiniment». Un point d’étape est d’ailleurs prévu dès la fin de l’année prochaine pour faire le point et voir si cette stratégie a fonctionné.

Nicolas GROS-VERHEYDE.

(article paru dans Ouest-France dans une première version plus courte)