BaseRafAkrotiriHangar@UK151203

Les Brit’ passent à l’action en Syrie. Le champ de pétrole de Omar visé

BaseRafAkrotiriHangar@UK151203(B2) La Chambre des communes avait à peine terminé de voter (*) que les moteurs des avions de chasse vrombissaient sur la base de la Royal Air Force à Chypre.

4 avions Tornado GR4s ont ainsi décollé de Akrotiri, ce jeudi (3 décembre) dans la nuit. Juste une heure après la fin du vote, le correspondant de la BBC sur place constatait que deux avions avaient décollé. Direction : la Syrie, comme l’a confirmé rapidement le ministère britannique de la Défense. En l’air, également un avion Voyager – pour assurer le ravitaillement en fuel — et un drone Reaper — pour assurer la surveillance et surtout le retour sur l’efficacité des frappes. Six cibles avaient été identifiées précisément par la coalition, visées par les bombes guidées à haute précision (GPS ou laser) Paveway IV, placées sous les Tornado.

Particulièrement visés : les champs de pétrole de Omar à environ 60 km à l’intérieur de la Syrie à l’est de la frontière avec l’Irak. Le champ d’Omar est un des plus importants et plus vastes champ de pétrole détenus par Daech (alias ISI). Il lui procure, selon les Britanniques,  jusqu’à 10% de leurs ressources du pétrole.

« Couper les sources de revenus est extrêmement important pour dégrader (diminuer la force de frappe de terroristes, saper leur campagne en Irak et commencer à diminuer leur action dans le nord de la Syrie » estime le ministre britannique de la Défense, Michael Fallon.

Le pétrole objectif prioritaire

Le pétrole est devenu un objectif prioritaire des avions de la coalition, Américains principalement, contre Daech mais aussi des Russes. Car il s’agit de frapper ISIS au porte-monnaie. Jusqu’à peu encore, il y avait certaines réticences à cause du risque de dégâts collatéraux. « Taper un camion citerne est risqué » assurait une source militaire à B2. D’une part, on doit « pouvoir être sûr » que ce qui est convoyé dans le camion appartient aux forces de ISIS. D’autre part, le risque de dégâts collatéraux – le passage dans un village, ou la présence d’autres véhicules ou piétons à proximité – n’était pas négligeable. Aujourd’hui ces réticences semblent envolées. Tout comme le risque de pollution, possible, en cas de frappe sur un champ pétrolifère.

(NGV)

(*) A l’issue d’un débat long et intense, très démocratique — comme seuls peuvent le faire, d’une certaine façon, les Britanniques — la Chambre des communes a approuvé, mercredi (2 décembre), l’élargissement des missions de frappe de l’Irak à la Syrie. La majorité était finalement plus large (397 voix contre 223), que ce que pouvait escompter le gouvernement

 

La Russie devient un allié. Un rapprochement engagé lors des discussions entre Obama et Poutine à Antalya (Crédit : Maison Blanche)

En 24 heures, une clarification stratégique sur 4 points fondamentaux. La fin d’une inconséquence

La Russie devient un allié. Un rapprochement engagé lors des discussions entre Obama et Poutine à Antalya (Crédit : Maison Blanche)

La Russie devient un allié. Un rapprochement engagé lors des discussions entre Obama et Poutine à Antalya (Crédit : Maison Blanche)

(B2) Jusqu’ici face à la crise en Syrie et dans le reste du monde, les Français et les Européens n’avaient pas de réelle stratégie. Ou plutôt ils en avaient plusieurs, souvent contradictoires. Elles s’annihilaient l’une et l’autre et empêchaient ainsi toute action conséquente (lire : Réfugiés, Russie, Bachar ? L’Europe va, vraiment, devoir choisir !). Après les attentats de Paris, le discours de François Hollande devant le Congrès lundi (16 novembre) et la discussion entre les ministres de la Défense mardi (17 novembre), des clarifications se sont faites, de façon notable, sur quatre points fondamentaux.

Première clarification : en Syrie, l’ennemi est bien Daech (alias l’organisation de l’Etat islamique ISIL ou ISIS selon les dénominations). La question de Bachar devient donc secondaire. François Hollande l’a confirmé dans son discours du congrès (lire : Terrorisme. François Hollande sonne les cloches aux Européens et réclame plus de solidarité). Paris a clarifié ses objectifs qui, du coup, permettent de clarifier la stratégie européenne. La France étant un des derniers pays à proclamer, urbi et orbi, son ambition de voir Bachar quitter le gouvernement.

Seconde clarification : la Russie n’est plus un adversaire. Moscou n’est pas devenu un ami. Mais c’est un allié. La volonté d’une coalition « unique » allant de la Russie aux Etats-Unis, englobant la Turquie et l’Iran, pourrait être discutée par certains alliés. Elle est cependant ipso facto entrée en vigueur. Les Russes frappant symboliquement, à la suite des Français, Raqqa, le fief de Daech en Syrie. Avec l’assentiment de Washington. C’est bien pour cela également que la France a choisi d’invoquer l’article 42.7 du traité européen et non l’article 5 de l’Alliance atlantique, pour permettre d’incorporer un maximum d’alliés dans la bataille. Cette clarification ferme la porte de presque deux années de tension, presque jour pour jour après la signature des accords d’association avec l’Ukraine qui avaient provoqué l’ire de Moscou. Certes la situation reste identique en Crimée et la question ukrainienne n’est toujours pas réglée. L’épreuve de vérité de cette nouvelle doctrine se situera en décembre, au moment de réviser les sanctions économiques et politiques envers la Russie.

Troisième clarification : on devra dépenser davantage sur la sécurité et la défense. Jusqu’à présent, il y avait deux objectifs contradictoires définis au niveau européen et euroatlantique. Il faut dépenser davantage pour la défense disaient les 28 de l’OTAN rassemblés à Newport au Pays de Galles, il y a un an, pour atteindre les 2% du PiB (seuls quelques pays dont la Grèce sont à ce niveau). Il faut économiser à tous les niveaux de l’État pour entrer dans les critères du Pacte de stabilité disaient les 28 (de l’UE) et la Commission européenne. Aujourd’hui, ce dilemme est résolu. Et la phrase de François Hollande, le pacte de sécurité l’emporte sur le pacte de stabilité devient de fait la règle non écrite. Mais il faudra encore définir la nature de cette exception, sa durée, et son intensité. L’invocation de l’article 42.7 fournit là un motif « objectif », d’ordre juridique à la Commission européenne, lui permettant d’octroyer à la France ce qu’elle pourra refuser à d’autres pays demain. La question qui se pose désormais officiellement est de savoir s’il ne faut pas exonérer plus généralement certaines dépenses de défense du pacte de stabilité. Bien plus complexe.

Quatrième clarification : la solidarité militaire est à double détente. Jusqu’ici, personne ne remettrait en doute la primauté de l’OTAN pour assurer la défense face à un ennemi commun, étatique ou semi-étatique de préférence. L’OTAN avait un concept du « Tous ensemble », dans une version « guerre froide ». Tous ensemble contre la Russie. Tous ensemble en Afghanistan… Le semi-échec de l’opération en Afghanistan (1), a remis les pendules à l’heure. Aujourd’hui, la doctrine devient plus réaliste c’est chacun « selon ses moyens » et sa posture de défense (neutre / pas neutre, …). Et l’effort de solidarité est assurée selon une coordination des moyens faite par l’Union européenne, et non dans une mission européenne. L’OTAN est laissée de côté (2), reléguée (pour l’instant) à la fonction de défense territoriale du territoire européen, au sens strict.

(Nicolas Gros-Verheyde)

(1) Déclenchée par les Etats-Unis sous l’article V, après les attentats de 2001

(2) On peut remarquer que les Américains qui dirigent la coalition internationale en Irak n’ont jamais demandé l’implication de l’OTAN (pour mieux impliquer les pays arabes). Ce qui devrait inquiéter au bd Leopold III, le siège de l’Otan.

Nouveau raid en Syrie

(B2) Les avions français ont mené à nouveau un raid contre Daech (organisation de l’Etat islamique / ISIS) à Raqqah en Syrie, annonce l’état-major des armées. Dix avions de combat étaient de la partie : 6 Mirage 2000 et 4 Rafale. Comme dans la nuit de dimanche à lundi (lire : Deux frappes de représailles sur Raqqah), les équipages ont décollé à partir des bases situées en Jordanie et dans le Golfe arabo-persique (GAP) pour se rejoindre au-dessus de la Syrie. Ils ont frappé « simultanément un centre de commandement qui abrite l’un des quartiers généraux de Daech, et un centre d’entraînement ». Au total 16 bombes ont été larguées.

(NGV)

Opération CHAMMAL

Deux frappes de représailles sur Raqqah

Opération CHAMMAL

Rafale engagé dans l’opération Chammal (crédit : EMA / DICOD)

(B2)  Les avions français ont effectué dimanche (15 novembre) deux raids sur Raqqah en Syrie, respectivement « à 19h50 et 20h25 » indique l’état-major des armées. Les deux objectifs visés par les frappes — 1 centre de commandement et 1 camp d’entraînement de Daech — ont été détruits. 12 avions dont 10 chasseurs – 6 Rafale, 4 Mirage 2000 (2 M2000D et 2 M2000N) — ont participé à l’opération. Celle-ci a été menée « de façon simultanée, à partir des bases du golfe arabo-persique et de Jordanie ; les équipages se sont rejoints au-dessus de la Syrie pour attaquer les deux objectifs occupés par Daech ».

Situé à 6 km au Sud de Raqqah, le premier objectif a été frappé par une patrouille de 2 Mirage 2000D. Le site était utilisé par Daech comme « poste de commandement, centre de recrutement djihadiste et dépôt d’armes et de munitions ». Une patrouille de 4 Rafale et 2 Mirage 2000D a détruit le deuxième objectif localisé à l’Ouest de Raqqah. « Infrastructure industrielle inachevée, l’objectif abritait un camp d’entraînement terroriste et des cellules de recrutement ».

Planifiée sur des sites préalablement identifiés lors des missions de reconnaissance réalisées par la France, cette opération a été « conduite en coordination avec la Coalition » précise le communiqué. Les deux sites ont fait « l’objet d’une longue observation préalable ». Le raid a pu être conduit grâce aux vols de renseignement réalisés au-dessus des zones contrôlées par Daech en Syrie depuis le 8 septembre. Les Français ont également bénéficié d’une aide précieuse des Américains, comme l’a précisé le président de la République.

Le Charles de Gaulle en Méditerranée

A noter que le porte-avion Charles de Gaulle appareillera jeudi (19 novembre) finalement et non mercredi de Toulon. Et il se rendra tout d’abord « en Méditerranée orientale » et non directement dans le Golfe persique comme annoncé (lire : Le Charles-de-Gaulle en mission anti-Daech avec une escorte belgo-britannique).

 

(NGV)

TonyBlair ExcusesIrak CNN151025

Irak 2003 : le mea culpa de Tony Blair

TonyBlair ExcusesIrak CNN151025(B2) La guerre en Irak en 2003 n’était pas vraiment fondée sur de bons renseignements et n’a pas amené le changement de régime espéré. Tony Blair, l’ancien Premier ministre britannique (travailliste) l’a reconnu dans une interview sur CNN diffusé dimanche (25 octobre).

Des faux renseignements

« Je présente mes excuses pour le fait que les renseignements que nous avons reçus étaient faux parce que, même s’il (Saddam) a largement utilisé des armes chimiques contre son propre peuple, contre les autres, le programme (des armes de destruction massive) n’existait pas dans la manière que nous avons pensé ». NB : Une évidence tout de même près de 12 ans après le déclenchement de l’offensive americano-britannique.

Une planification erronée

Tony Blair présente également des excuses — ce qui est plus nouveau — pour « les erreurs dans la planification et, certainement, notre erreur dans notre compréhension de ce qui se passerait une fois que vous avez supprimé le régime ». NB : Un aveu qui fait référence à la préparation intensive de cette offensive, menée depuis le début 2002, et confirmée officiellement par le mémo de Colin Powell et ne survient pas tout à fait par hasard puisqu’une enquête est toujours en cours sur les responsabilités dans le déclenchement de cette guerre. La « commission Chilcot » mise en place en 2009 n’a toujours pas rendu son rapport (1).

La guerre de 2003 une des causes de la naissance de ISIS / Daech

L’ancien Premier ministre britannique reconnait également du bout des lèvres que cette intervention en guerre en Irak a joué dans la montée de l’organisation de l’Etat islamique (Daech). « Je pense qu’il y a des éléments de vérité dans cela » répondant à la question du journaliste, ajoutant cependant pour se dédouaner. « Bien sûr, vous ne pouvez pas dire que ceux d’entre nous qui ont éliminé Saddam en 2003 portent une responsabilité pour la situation en 2015. (…) Mais il est important aussi de réaliser, premièrement, que le printemps arabe qui a commencé en 2011 pourrait aussi avoir eu un impact sur l’Irak d’aujourd’hui, et deuxièmement, qu’ISIS a acquis son importance à partir d’une base en Syrie et non en Irak ».

Irak 2003, Libye 2011, Syrie 2012, trois politiques, trois échecs ?

Tony Blair avoue aussi que les techniques d’intervention occidentale au Moyen-Orient et en Afrique du nord se heurtent toutes à un échec. « Nous avons essayé l’intervention avec des troupes à terre en Irak. Nous avons essayé intervention sans mettre de troupes à terre en Libye. Et nous avons essayé de ne pas du tout intervenir mais en exigeant un changement de régime en Syrie. Ce n’est pas clair pour moi que, même si notre politique n’a pas fonctionné (en Irak en 2003), les politiques suivantes ont mieux fonctionné ».

(NGV)

(1) Dirigé par Sir John Chilcot, cette commission (Iraq Enquiry) aurait dû publier son rapport normalement en 2010 ou 2011… Mais pour différentes raisons, il a été reporté à plusieurs reprises, un « scandale national » n’hésite-t-on pas à dire outre-manche (lire l’attorney Morris dans le Mirror en 2014)

La couverture du Daily Mirror consacrée aux victimes de l'attentat de Sousse

De nombreux Européens tués lors de l’attentat de Sousse en Tunisie (Maj4)

La couverture du Daily Mirror consacrée aux victimes de l'attentat de Sousse

La couverture du Daily Mirror consacrée aux victimes de l’attentat de Sousse

(BRUXELLES2) L’attentat survenu à Sousse, vendredi (26 juin), dans un lieu touristique prisé par les étrangers (l’hotel Imperial) a fait 38 morts et autant de blessés selon le dernier bilan. Survenu en plein sommet européen, alors qu’un autre attentat venait d’avoir lieu près de Lyon dans une entreprise classée Seveso, ce nouvel évènement est d’abord passé au second plan.

Mais il se révèle un des attentats majeurs des dernières pour les Européens en particulier pour le Royaume-Uni. Parmi les victimes en effet figurent une grosse majorité de Britanniques (une trentaine selon le dernier bilan donné par le Foreign Office dimanche) ainsi que 1 Belge, 1 Allemand, 1 Irlandais, 1 Portugais. La plupart des ministères concernés en Europe ont ouvert une ligne d’urgence pour renseigner les familles.

Tir à la Kalachnikov

L’auteur, un étudiant tunisien, s’est mêlé aux touristes – selon les premières informations -, avant de sortir son arme (une AK47) planquée sous un parasol. Il a tiré sur les touristes qui bronzaient sur la plage, durant de longues minutes, visant – semble-t-il – délibérément les étrangers. Un ancien militaire britannique, un Gurkha, est passé ainsi à quelques mètres du tireur, en étant miraculeusement épargné, a-t-il raconté dans un journal britannique (Lire le compte-rendu de la BBC).

Une majorité de Britanniques

Au moins 15 Britanniques sont décédés, a annoncé le Foreign office, selon un dernier bilan communiqué samedi. Et ce bilan « pourrait encore augmenter » a précisé le ministre pour l’Afrique du nord, Tobias Ellwood. Car environ 25 Britanniques ont été blessés. Un COBRA (un conseil spécial des ministres en charge de la sécurité) a été convoqué. « C’est l’attaque la plus significative sur des citoyens britanniques depuis le 7/7 », le 7 juillet 2005, jour l’attentat de Londres. « Cela met en évidence la menace permanente de ISIL. »

Mobilisation consulaire britannique

Les Britanniques ont « une équipe consulaire sur le terrain à Sousse » et deux autres équipes d’intervention rapide se déplacent dans la nuit a indiqué le ministre des Affaires étrangères. « Nous travaillons avec les autorités tunisiennes à comprendre les mesures prises en réponse à cet incident et également le renforcement de la sécurité dans la région ». D’autres contacts ont été pris avec d’autres pays concernés, « notamment les autorités allemandes qui ont un grand nombre de touristes dans la région ».

D’autres Européens sont décédés

Un, des 4 Belges blessés, est décédé de ses blessures a confirmé le ministre des Affaires étrangères, Didier Reynders. Une femme irlandaise est également décédée mais d’autres Irlandais pourraient être blessés, indique le ministère irlandais des Affaires étrangères, selon le quotidien Irish Times.

Au moins un Allemand a été identifié parmi les victimes, un autre est blessé. Les autres blessés sont : 7 Tunisiens, 1 Ukrainien, et 1 Russe.

La présence de victimes françaises est pour l’instant écartée a précisé Laurent Fabius le ministre des Affaires étrangères à la sortie d’un conseil restreint samedi. « A ce stade, il n’y aucune victime française identifiée mais il faut rester très prudent compte-tenu des circonstances ».

Commentaire : Un changement de ligne britannique

Cet évènement pourrait signifier un changement dans la politique du Royaume-Uni en matière de coopération policière et judiciaire européenne. De la même façon qu’en 2005, après les attentats de Londres, il pourrait entraîner un renforcement des méthodes de coopération européenne et mettre ainsi un frein d’arrêt aux velléités d’éloignement de Londres de la politique de justice et d’affaires intérieures de l’UE. Cela ne changera sans doute pas le fond du référendum. Cela devrait aménager les revendications britanniques sur cette question.

(Nicolas Gros-Verheyde)


Ligne téléphonique de crises (familles, renseignements consulaires)

  • France : +33 1 43 17 56 46
  • Belgique : +322 501 8111
  • Royaume-Uni : +44 20 7008 0000
  • Allemagne : +49 30 5000 3000
  • Irlande : +353 1 408 2000
Les drapeaux en berne sur le Foreign Office dimanche (crédit : FCO)

Les drapeaux en berne sur le Foreign Office dimanche (crédit : FCO)

(Mis à jour : samedi 27.6 9h / 13h / 20h + Dim 23h avec un bilan revu à la hausse à plusieurs reprises pour les Britanniques, le détail du bilan pour les Belges et Irlandais, un commentaire de Laurent Fabius sur la présence de Français – et les n° de tél. des centres de crises des différents ministères des affaires étrangères

AvionRafaleNuitIrak@Def141023

Les alliés frappent une base de ISIL près de Kirkouk. François Hollande commente

AvionRafaleNuitIrak@Def141023

Un des Rafale participant aux opérations contre Daech dans la nuit du 23 au 24 (crédit : DICOD / Etat-Major des armées)

(BRUXELLES2) A Bruxelles, le président François Hollande a tenu d’emblée, sans qu’aucun journaliste ne l’interroge à faire le point sur les dernières frappes en Irak. Un point de situation militaire dans cette enceinte feutrée du Conseil européen d’autant plus étonnant que ce sujet n’était vraiment pas à l’ordre du jour. Mais pour le président, ainsi qu’il l’a affirmé lui-même, « il était important de démontrer que ce que nous faisons en Irak est efficace ».

Vaste opération de la coalition

Une vaste opération de la coalition a, en effet été menée, dans la soirée de jeudi (23 octobre vers 21h30 locales), « sur une zone déterminée à l’ouest de Kirkouk (NB : à Jar Silah), contrôlée aujourd’hui par Daech, l’organisation terroriste que nous combattons » a ainsi précisé François Hollande.

Une base servant de hub logistique visée

Et d’ajouter que « 60 objectifs avaient été identifiés par la coalition et visés ». 12 objectifs avaient été dévolus aux Français, avec un succès à 100% selon le président. « 12 étaient visés, 12 ont été atteints ». Objet de l’attention des alliés : une ancienne base de l’armée irakienne utilisée par les combattants de l’organisation de l’état islamique (EIIL / ISIL) comme « un hub logistique » selon les Britanniques, un complexe « servant à la fois d’usine de fabrication de bombes artisanales et de centre de recrutement, de formation et d’entraînement des terroristes » a précisé l’Etat-major français des armées.

Ont participé à l’opération selon nos informations notamment : 2 Rafale Français – armés chacun de 6 bombes AASM et équipés de pod Damocles, 2 Tornado GR4 britanniques équipées de bombes guidées laser Paveway IV, ainsi que des avions de ravitaillement en vol et des drones de surveillance Rivet Joint et Reaper.

Des opérations qui vont s’intensifier

François Hollande a également indiqué que les opérations vont s’intensifier. « Il y a d’autres objectifs ont été fixés. Le rythme va s’accélérer. Nous sommes dans une phase où nous avons recueilli tous les renseignements et où nous pouvons agir pour frapper durement l’organisation terroriste. des bâtiments, des stockages, des lieux où sont déposés des matériels, des explosifs, des combattants. » « Nous agissons — a-t-il conclu. (Mais) ce sera un processus long. »

(NGV)

(crédit : Etat-major des armées françaises)

Deuxième mission de frappe des Rafale français en Irak : repère et tire…

(crédit : Etat-major des armées françaises)

(crédit : Etat-major des armées françaises)

(BRUXELLES2) Deux Rafale français ont effectué, jeudi matin (25 septembre) une nouvelle mission de frappes ciblées « au profit des forces armées irakiennes », dans la région ouest de Bagdad, à proximité de Falloujah.

Des cibles d’opportunité

Les cibles « d’opportunité » ont été « transmises en vol aux équipages » par le CAOC (le centre de coordination des opérations aériennes, situé au  QG américain, à Al Udeid au Qatar). « Identifiées par les pilotes des Rafale », elles ont été détruites « entre 9h50 et 10h22 », selon un communiqué de l’état-major des armées françaises. Les chasseurs, qui disposaient de « pod » de désignation Damocles, ont largué sur les objectifs « quatre bombes guidées laser GBU 12 ». Au final, selon le bilan officiel : la destruction de « quatre hangars contenant du matériel militaire utilisés par Daech ».

Le principe du « Repère et tire »

On parle dans ce cas de cibles dynamiques – explique un officier – car les équipages vont « au plus près des zones des combats », pour « acquérir du renseignement » mais se tiennent « prêts à assurer des frappes en cas d’identification de cibles d’opportunité » au sol. Les jours précédents, plusieurs vols de reconnaissance avaient été réalisés. Un vol « de reconnaissance et d’appui » avait ainsi été effectué mardi (23 septembre) par deux Rafale. Et mercredi (24 septembre), une mission de reconnaissance et de « dynamic targeting », mais sans frappes, avait été effectuée. Soutenus par des avions ravitailleurs français et américains, les chasseurs français avaient réalisé leurs missions par binômes. Une patrouille de 2 Rafale équipés de pod RECO NG effectuait une mission de renseignement « dans la profondeur » dans la région de Mossoul tandis que l’autre patrouille de 2 avions de chasse, équipés cette fois de pod Damoclès, conduisait une mission de « dynamic targeting » au nord de Bagdad.

Un vol de sept heures

Le vol de jeudi a duré environ sept heures. Les deux Rafale ont donc dû être ravitaillés 5 fois, 4 fois par l’avion ravitailleur C-135 de l’armée de l’air français et 1 fois par un avion ravitailleur de l’US Air Force. Pour finaliser l’opération, un avion de patrouille maritime Atlantique 2 a effectué un vol d’une dizaine d’heures, à visée ISR (Intelligence, surveillance et reconnaissance) pour procéder à une évaluation des frappes (ce qu’on appelle en termes militaires un « Battle Damage Assesment). Les images prises ont été transmises « immédiatement à l’état-major de l’amiral commandant la zone océan Indien » (ALINDIEN) — qui commande de façon tactique l’opération Chammal — ainsi qu’au CPCO, le centre de planification et de conduite des opérations situé à Paris dans les sous-sols du ministère de la Défense — qui assure le commandement stratégique — « pour y être analysées ».

Les missions se poursuivent

Les missions « d’appui aérien se poursuivront pour soutenir les armées irakiennes dans leur lutte contre Daech » précise-t-on à l’état-major des armées. Des missions «effectuées en coordination étroite avec les autorités irakiennes ainsi qu’avec nos alliés présents sur le théâtre ».

Coût de l’opération

Si l’on se base sur les informations données par l’état-major des armées et notre propre grille de coût, la seule opération de jeudi a coûté aux environs de 1,2 million $ (un peu moins d’un million d’euros), coûts horaires des avions et remplacements des bombes tirés, l’essentiel étant assumé par la France (le soutien américain étant limité à un avion ravitailleur). Ce sans compter les autres avions éventuellement en l’air en soutien (type Awacs, etc.)

(NGV)

Lire aussi : Nouvelles frappes en Irak samedi et dimanche