ISAF

L’oeil nécessaire du psychiatre en Afghanistan

(BRUXELLES2) Le livre est paru il y a déjà quelques mois. Mais je n’avais pas pris le temps de lire. Dans « Dix semaines à Kaboul. Chroniques d’un médecin militaire », Patrick Clervoy, tient un journal de bord de son séjour à l’hopital des forces internationales de l’ISAF à Kaboul (le KiA) et de ses déplacements au gré des urgences ou réunions à Kandahar, Tagab… Celui qui attend de la littérature romantique peut passer son chemin. Les phrases sont courtes, hachées. Parfois sans vie, comme un récit distant. Mais très vite on est pris dans l’action. Car derrière la sécheresse des mots apparait des destins d’hommes et de femmes engagées.

La vie de l’hôpital des forces internationales à Kaboul demeure rythmée par les « Nine Lines », ces messages qui annoncent en neuf lignes l’arrivée d’un blessé dont l’état est critique (Alpha), grave (Bravo) ou qui peut attendre (Charlie). Les soldats, engagés, victimes directes ou collatérales (celles qui ont vu mourir ou disparaitre un de leurs collègues), passent devant le médecin, ont parfois des difficultés à révéler une histoire, souvent refoulée depuis des mois. Patrick Clervoy est en effet le médecin psychiatre du contingent français. Une présence qui s’est imposée au fil des évènements. Depuis la tragédie d’Uzbin, en 2008, le soins psychologiques directement auprès des troupes se sont imposées au même titre que le réanimateur ou le chirurgien.

Une guerre en deux temps

L’auteur le rappelle. Chaque guerre « génère des troubles psychologiques qui évoluent en deux temps: immédiatement au moment de l’exposition aux combats, puis, insidieusement , plusieurs années après ». Et de rappeler quelques chiffres qui, bien souvent, font froid dans le dos. Car ils ne sont pas toujours glorieux. « Dans les premiers mois de la guerre de Corée, les troupes américaines ont fait face à un taux très levé de pertes psychiatriques, un quart du total des blessés. Lors de la guerre du Kippour, sur les 1500 premiers soldats israéliens évacués, 900 le furent pour des troubles psychiatriques. » Cela c’est pour le premier temps.

Pour le second, ce n’est pas mieux. « La guerre des Malouines, en 1982, fit 214 morts parmi les Britanniques, en trois semaines. En plus de trente ans, 260 vétérans de cette guerre s’étaient donné la mort. Le suicide a emporté un nombre supérieur de vétérans qu’il n’était tombé de combattants au moment des combats. »

Autre chiffre, pour saisir l’ampleur du problème. Ce que les médecins des armées ont appelés le mild trauma brain injury ou mTBI (commotions cérébrales modérées). « En 2008, 300.000 vétérans américains étaient recensés comme souffrant de mTBI. Le nombre sera probablement plus du double après que les forces se seront retirées (…) en 2013. Comme le contingent américain constitue les deux tiers de la coalition, on peut anticiper que plus d’un million de vétérans souffrira de cette pathologie » parmi les forces de la coalition qui se sont déployées en Afghanistan. On comprend mieux ainsi cette phrase du psychiatre qui sonne comme un avertissement. « Que vont devenir les militaires que j’ai vus ici ? Pour certains, le moins possible j’espère, le parcours sera difficile. »

• Dix semaines à Kaboul. Chroniques d’un médecin militaire », Patrick Clervoy. Editions Steinkis. Novembre 2012. 296 pages. Prix : 19,90 €.

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Allen saute, l’Otan tressaute

(Crédit : OTAN)

(BRUXELLES2) Le général américain John Allen, chef de la Force Internationale d’Assistance et de Sécurité en Afghanistan (ISAF), ne devrait pas exercer ses fonctions de Commandant Suprême des Forces de l’Alliance Atlantique (SACEUR). Il est à son tour éclaboussé par la démission, pour adultère, de David Petraeus, directeur de la CIA. Selon The Washington Post, l’enquête du FBI sur D. Petraeus aurait fait la découverte d’une correspondance «inappropriée» de plusieurs centaines de mails entre le général Allen et Jill Kelley, l’un des personnages clés du scandale, une amie du couple Petraeus.

Nomination à la tête de l’OTAN suspendue

L’inspection générale du Département de la Défense a ouverte une enquête a affirmé Leon Panetta, le ministre de la Défense, alors qu’il était à bord d’un avion militaire en route vers le Pacifique (Australie…) confirmant l’implication du général de Marines dans une enquête du FBI. La commission des services armés du Sénat tout comme celle de la Chambre des représentants ont été « averties » a-t-il confirmé.

Nomination suspendue

On se rappelle que le Congrès devait encore se prononcer sur sa nomination. Celle-ci est dorénavant suspendue. « Tant qu’il reste sous enquête et que les faits sont déterminés, le Général Allen restera commandant de l’ISAF » a précisé Panetta. « Son commandement a permis de réaliser de significatifs progrès pour l’ISAF qui, en coopération avec nos partenaires afghans, a apporté une très sécurité au peuple afghan (et) s’assurer que l’Afghanistan ne devienne plus jamais un refuge pour les terroristes » a-t-il ajouté en guise de pommade. Mais c’est aussitôt pour préciser la sanction conservatoire qui a été prise à son égard : « J’ai demandé au président de suspendre sa nomination tant que les faits ne seront pas éclaircis ». Et de la même façon il a demandé aux sénateurs Carl Levin (Démocrate) et John McCain (Républicain) de reporter à plus tard, l’audition prévue au Sénat jeudi (15 novembre). Panetta a, en revanche, demandé au Sénat d’agir «rapidement» pour la nomination du général Joseph Dunford, numéro deux du corps des Marines, pour lui succéder comme prochain commandant de l’ISAF.

Commentaire : Une Alliance encore très atlantique et peu européenne

On peut remarquer d’une part la dureté des mesures prises. On ne badine avec le respect des règles à Washington où on redoute, outre le respect d’une certaine morale et de certaines règles, qu’une liaison ne puisse faire l’objet d’un chantage. Je ne suis pas sûr que cette conception soit vraiment partagée partout… On peut aussi remarquer que le commandement de l’OTAN est étroitement soumis à des règles et un encadrement américain. Il n’y a pas encore beaucoup d’indépendance dans le fonctionnement de l’Alliance atlantique, où les principaux éléments continuent d’être décidés à Washington et non à Bruxelles. Ce qui explique sans doute pourquoi cette nouvelle n’a pas vraiment été commentée officiellement bd Leopold. Il est vrai que d’une certaine façon le commandement reste assuré, avec l’Amiral Stavridis qui pourrait rester en place et assure pour l’instant le commandement, avec son adjoint. Mais on a là certainement matière à réflexion. Si les Américains veulent que les Européens se prennent en main, il faut aussi qu’ils leur en laissent la latitude…

Lire aussi : Le haut commandement Allié change de main, celui de l’ISAF également),

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Le haut commandement Allié change de main, celui de l’ISAF également

(BRUXELLES2) Le Général américain John Allen va prendre les fonctions de Commandant Suprême des Forces de l’Alliance Atlantique (SACEUR). Les ministres de la Défense de l’Alliance atlantique ont avalisé cette décision qui tient surtout à une décision du commandement américain. Jusqu’à présent à la tête de la Force Internationale d’Assistance et de Sécurité en Afghanistan (ISAF), Allen devrait entrer en fonction au printemps 2013 et remplacer son compatriote l’amiral James Stravridis, entré en fonction il y a 4 ans, en juillet 2009. Diplômé entre autres du Collège de la Guerre américain et du Collège de Défense et d’Intelligence Nationale, John Allen a débuté ses missions «chaudes» à l’étranger au sein de l’Implementation Force (IFOR) en Bosnie Herzégovine en 1995. Il commande par la suite la 2ème brigade expéditionnaire de Marines lors de l’opération Iraqi Freedom de 2006 à 2008. Avant sa mission afghane, le général Allen était commandant en second du Centcom, le commandement américain au Moyen-Orient et en Asie centrale depuis juillet 2008. Comme à l’ordinaire – ce sont toujours les Américains qui détiennent ce poste – c’est le président B. Obama qui a nommé ce général quatre étoiles, sous réserve d’approbation du Sénat. C’est son expérience à l’ISAF qui l’a familiarisé avec la structure de l’Alliance où il a eu la difficile tâche d’entamer le transfert de la sécurité aux forces afghanes tout en amorçant le retrait des forces occidentales.

L’ISAF garde un « Marines » à sa tête

C’est un autre général du Corps des Marines qui va le remplacer. Le général Joseph F. Dunford va prendre la tête des quelques 100.000 soldats de l’Alliance encore sur place. Natif de Boston et diplômé du Collège de la Guerre ainsi que de l’Ecole de Débarquement des Marines, il a servi au sein de très nombreux bataillons et régiments de Marines tout au long de sa carrière. Actuel numéro deux de ces mêmes Marines américains depuis octobre 2010, cet officier a gagné ses lettres de noblesses notamment lors de ses 22 mois de service en Irak en tant que commandant du 5ème régiment de Marines. «Fighting Joe» – tel qu’il fût surnommé durant la guerre d’Irak – aura pour l’instant à sa charge de mener à terme la stratégie de retrait «progressif» (Lire : Afghanistan : On change de tonalité au haut commandement de l’OTAN) des troupes internationales dans un contexte d’attaques Green on Blue qui minent le moral des troupes.

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L’attaque des talibans sur Camp Bastion cloue 8 avions au sol

(crédit : British Ministry of Defence)

(BRUXELLES2) Le Camp Bastion, situé dans la province instable du Helmand (sud), a été ce week-end la cible d’une des attaques talibanes les plus déterminées et efficaces depuis le début du conflit.

L’attaque a commencé vendredi peu après 22h (14 septembre) et a fait deux victimes du côté des américains. Environ une quinzaine d’insurgés, portant l’uniforme de l’armée américaine ont lancé l’assaut armés de lance-grenades, de ceintures explosives et d’armes légères, indique le communiqué de la force internationale ISAF. En plus des deux soldats américains tués, huit soldats et un garde privé ont été blessés lors de l’attaque.Selon Sayed Malook, chef de l’armée afghane dans le sud, un kamikaze se serait fait exploser contre un mur de la base, ouvrant une brèche par laquelle 14 autres combattants sont entrés. 13 de ceux-ci ont été tués lors de l’affrontement et un autre a été blessé et capturé.

Gros dégâts : 8 avions en pièces

Les dégâts matériels sont lourds côté coalition. Trois réservoirs d’essences ont été détruits et six hangars de maintenance ont été touchés. Six avions Harrier AV-8B, c’est à dire plus ou moins la moitié d’une escadrille de la sorte, ont également été détruits par les combattants talibans et deux autres ont été endommagés «de façon significative», confirme le communiqué de l’ISAF. Des pertes lourdes jamais infligées en une seule fois à l’aviation alliée par les talibans. Au passage l’addition n’est pas négligeable, puisque ces avions conçus pour des attaques au sol et dont la production date des années 80/90, couteraient approximativement entre 30 et 40 millions $ pièce.

Le commandement des forces alliés indique que «les insurgés étaient bien équipés, entraînés et préparés». Et la déclaration récente de Leon Panetta – le secrétaire d’Etat Us à la Défense – précisant que c’est un signe que les talibans sont à bout de souffle, sonne quelque peu faux. L’attaque s’est seulement terminée dans la matinée de samedi. On est donc largement au-dessus de l’attaque de la base aérienne de Kandahar de 2010 où les talibans avaient été complètement arrêtés avant même de rentrer à l’intérieur de la base.

Objectif ?

Qari Yusuf Ahmadi, porte parole taliban, a fait savoir que l’attaque arrivait «en représailles du film insultant des américains». Innocence of muslims, film amateur à caractère anti-islam et réalisé par un américain, met le feu aux poudres depuis plusieurs jours dans tout le monde arabe. Mais l’objectif aurait pu être double. Le Prince Harry est stationné dans la base de Bastion depuis seulement quelques jours pour une mission temporaire de quatre mois en tant que pilote d’hélicoptère Apache. «L’objectif n’était pas le Prince Harry» a précisé M. Ahmadi, alors que lundi dernier (10 septembre), il affirmait tout le contraire. «Nous ne cherchons pas à le kidnapper, mais à le tuer» avait déclaré Zabihullah Mujahid, autre porte-parole taliban. Quelque était l’objectif final, les talibans n’ont certainement pas manqué de profiter de la présence du petit-fils de sa Majesté. Les rebelles devaient savoir qu’un assaut frontal contre cette base serait vouer à l’échec mais leurs apporterait la couverture médiatique internationale du fait de la présence du Prince.

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Philip Hammond évoque une accélération du retrait d’Afghanistan

Philip Hammond évoque une accélération du retrait d’Afghanistan

Philippe Hammond lors de sa visite en Afghanistan le 13 septembre (crédit : Ministère britannique de la Défense / Corporal Paul Morrison)

(BRUXELLES2) Les troupes de sa Gracieuse Majesté pourraient se retirer plus tôt que prévu d’Afghanistan, selon ce qu’a confié Philip Hammond, le ministre britannique de la défense, à nos confrères du Guardian (lire ici). Admettant qu’il y a encore six mois, l’armée insistait pour garder autant d’hommes que possible aussi longtemps que possible sur le terrain, le commandement de l’armée est aujourd’hui «surpris par la facilité avec laquelle ils ont été capables de se retirer et de laisser aux forces afghanes leur part de responsabilité» a t-il déclaré. Le Royaume-Uni a d’ores et déjà fermé 52 de ses 86 bases militaires et postes de contrôle ces six derniers mois dans la province d’Helmand. «On reconsidère aujourd’hui combien d’hommes nous avons besoin en réalité … il pourrait y avoir une possibilité pour un peu plus de flexibilité en vue du retrait» a t-il ajouté. «Je pense que le message que j’ai clairement reçu de l’armée est qu’il pourrait être possible de retirer plus de soldats en 2013».

S’exprimant de manière franche sur les raisons de la présence de l’armée britannique, il a également déclaré que maintenant qu’Al Quaida avait été éliminé du pays, il n’était pas légitime de demander aux troupes de mettre leurs vies en danger afin de construire l’Etat Afghan. «L’appréciation finale du succès (de l’opération militaire britannique) doit se baser sur l’étendue avec laquelle nous pouvons quitter un Afghanistan qui continuera d’empêcher l’entrée sur son territoire aux terroristes internationaux» et non pas de voir l’Afghanistan devenir un pays démocratique doté d’une société qui respecte les droits de l’Homme et d’une éducation digne de ce nom, a-t-il précisé.

Les troupes britanniques ont été déployées dans la province de Helmand en 2006 et leur retrait final est envisagé pour la fin de l’année 2014. Hammond s’est certes refusé à rentrer dans les détails d’un nouveau calendrier. Mais c’est bel et bien la première fois qu’un retrait anticipé est rendu public par Londres.

Le ministre a également reconnu qu’une paix totale en Afghanistan devra impliquer de s’engager dans «une stratégie à la Nord-Irlandaise» envers en tout cas la partie modérée des insurgés, afin de les intégrer par la réconciliation et l’intégration. «C’est la réalité. Vous ne pouvez pas trouver un accord durable avec une part significative de la population qui reste en dehors (de cet accord)».

NB : le Royaume-Uni est le deuxième contributeur de de la Force Internationale d’Assistance et de Sécurité (ISAF) après les Etats-Unis, et a perdu 427 soldats depuis le début du conflit.

Green on blue

Le ministre est aussi revenu sur les attaques «green on blue» – lorsque des membres des forces afghanes (drapeau vert) s’en prennent à leurs homologues de l’ISAF (drapeau bleu). Il a ainsi «parlé avec l’un des commandants en chef à propos de ces attaques et que les investigations ont montré de sérieuse failles dans la manière dont certains éléments des troupes afghanes ont été gérés par le passé». Le ministre a aussi révélé que 60 soldats ont été virés de l’armée afghane dans les dernières semaines et que 600 autres ont fait l’objet d’une enquête de façon conjointe par les équipes britanniques et afghanes pour les derniers meurtres. Ces attaques « internes » ne sont plus négligeables : sur les 20 soldats britanniques décédés – dans les derniers mois – 5 l’ont été par des attaques « green on blue » (l’uniforme des policiers afghans).

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L’auteur de l’embuscade d’Uzbin abattu par un raid de l’OTAN

(BRUXELLES2) La nouvelle a été communiquée aujourd’hui, date anniversaire de l’attentat du 11/09, par la force de stabilisation de l’OTAN (ISAF) en Afghanistan. Le mollah Hazrat auteur de l’attaque des soldats français à Uzbin en2008, a été tué dans un raid aérien mené par l’OTAN, ainsi qu’autre chef taliban local, Shakir. Les deux hommes ont été tués dans une frappe aérienne de haute précision précise le QG de l’Alliance, dimanche (9 sept) dans la zone d’Alisheng, province de Laghman. « Aucun civil n’a été touché au cours de l’attaque », précise le communiqué , selon une reconnaissance faite après la frappe. Le mollah Hazrat aurait ces derniers mois, «ordonné plusieurs attaques contre les forces afghanes et de la coalition, incluant l’utilisation d’attentat-suicides dans Kaboul» et «coordonné l’entrée dans le pays d’insurgés venant du Pakistan», selon le communiqué de l’ISAF. Tandis que Shakir, alias Attullah, est présumé responsable pour de nombreux attentats meurtriers dans cette province de l’ouest de l’Afghanistan ; la coalition le soupçonnait ces derniers temps de préparer l’enrôlement d’une nouvelle équipe de jihadistes.

L’embuscade de Uzbin à l’été 2008, qui est toujours aujourd’hui l’attaque la plus sanglante pour les Français depuis le début de l’intervention occidentale dans le pays, avait conduit à la mort de dix soldats français et en avait laissé 21 autres blessés. L’armée française venait, quelques jours plus tôt, de prendre le commandement de cette vallée du district de Surobi, non loin de la province de Laghman et la patrouille à pied, chargée de sécuriser la zone avait été pris «sous un feu nourri», racontait alors le général Jean-Louis Georgelin. S’en était alors suivie une bataille de deux jours contre «plus d’une centaine de talibans», selon l’ISAF. La majorité des soldats tués appartenaient au 8ème régiment de parachutistes d’infanterie de marine (RPIMa) de Castres. L’affaire avait à l’époque fait grand bruit et posé un certain nombre d’interrogations tant sur les moyens de l’armée française que les circonstances exactes des décès. Un compte-rendu de l’OTAN, publié dans les médias canadiens mais démenti par le ministère franaçs de la défense, affirmait que les militaires français n’avaient pu combattre plus de 90 minutes, faute de munitions. Après plainte des familles, une enquête a été ouverte par un juge d’instruction. Ouverture d’une enquête plutôt rare, du moins en France, pour des morts en opération. La Cour de cassation a cependant confirmé en mai dernier, le bien fondé d’une telle ouverture d’enquête. La question de l’appui aérien, manquant ce jour-là, est sur la table, tout comme l’encadrement et la formation sur place, et l’existence d’une  « négligence ou d’un manquement à une obligation de sécurité« .

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Le calendrier du retrait polonais d’Afghanistan. Après 2014, l’inconnue ?

(BRUXELLES2) Suivant en cela le plan général de réduction des troupes de l’OTAN, les Polonais diminueront progressivement leurs troupes jusqu’en 2014. Le ministre polonais de la Défense, Tomasz Siemoniak, l’a confirmé, jeudi (24 mai), devant la Diète polonaise à Varsovie, dressant le compte-rendu des réunions de Chicago.

Diminution progressive des effectifs à partir d’octobre 2012

D’octobre 2012 à octobre 2013, la mission polonaise dans le pays va ainsi « changer de nature évoluant vers la formation et la stabilisation ». Les 12e et 13e rotations du contingent polonais ne compteront plus que « 1800 militaires et 400 autres en réserve en Pologne » (contre 2420 sur place selon le dernier comptage de l’OTAN effectué en mai). Les deux rotations suivantes, jusqu’à la fin de l’année 2014, les militaires ne feront plus que « des tâches de conseil et formation, avec 1000 personnes sur place et 400 en réserve sur le territoire polonais ».

Selon une dernière évaluation de l’Etat-Major polonais, les coûts de la mission en 2011 s’élevaient à 747,6 millions de zlotys » (environ 176 millions d’euros).

Les 4 options pour le retour du matériel

Concernant le retour des matériels, les plans de retrait sont à l’étude. « À la fin de cette année, nous aurons un cadre complet pour le transport des équipements » a expliqué le ministre de la Défense. Plusieurs options sont possibles. 1° le rail (à travers le territoire de l’ex-URSS, via les frontières de l’Afghanistan avec l’Ouzbékistan), 2° la route (par le Pakistan), 3° le transport aérien (dans des configurations différentes), et 4° la mer (par exemple à partir de bases US dans la région du Golfe).

Mais tous les matériels ne rentreront pas en Pologne. Les équipements sont répartis en trois groupes : le matériel qui doit « absolument rentrer ». Le second groupe, du matériel utilisé en Afghanistan, « sera transféré aux autorités afghanes ou comme une forme de soutien aux organisations humanitaires ». Le troisième groupe est un équipement « déficient » (ou obsolète), qui restera en Afghanistan parce que leur transport serait trop coûteux ».

Après 2014, l’inconnue

Quant à l’après 2014, « il n’y a pas encore de décision » a confirmé Siemoniak. « Le sommet de l’OTAN à Chicago a adopté un document de politique générale qui confirme l’intérêt de l’OTAN et les pays participants et partenaires de l’opération. (Mais) aucune des dispositions spécifiques et des engagements n’ont pas été prises. »

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Retrait français d’Afghanistan, les « précisions » de F. Hollande: toujours un peu floues

Retrait français d’Afghanistan, les « précisions » de F. Hollande: toujours un peu floues

(BRUXELLES2 à Chicago) Le retrait des forces combattantes françaises d’Afghanistan avant la fin 2012 a été au centre de certains débats en marge de la réunion de l’OTAN. « Lors d’une discussion avec (le président) Obama, j’ai expliqué – a détaillé François Hollande lors d’une conférence de presse (dimanche) -, que cet « engagement pris devant les Français » n’était « pas négociable ». Cela ressort « de la souveraineté française. Et chacun l’a bien compris ». Et d’ajouter : « Le Secrétaire général de l’Otan (avec qui F. Hollande s’était entretenu juste avant), lui-même, a considéré que c’était notre choix et que ça ne remettait pas en cause l’opération elle-même, dès lors que certaines confirmations étaient apportées ».

Retrait des forces en Kapisa d’ici fin 2012

Voilà pour le principe. François Hollande a ensuite apporté quelques détails sur le dispositif de retrait. Celui-ci concernera « les troupes combattantes (*) (qui) seront retirées d’ici la fin de l’année. » Resteront cependant des troupes. Lesquelles, combien ? Par petites touches, François Hollande a précisé. Le retrait concernera (uniquement) les forces « combattantes situées en Kapisa ». « L’armée afghane se substituera à nos troupes en Kapisa dans les prochains mois et d’ici fin 2012 »

Après 2013, un calendrier à préciser

« En 2013 demeureront uniquement des formateurs pour les forces de police et les cadres de l’armée afghane. Cela se fera dans le cadre de l’opération elle-même de l’ISAF. » Puis il a précisé, répondant à une autre question : « Il y aura un retrait des autres unités dans un calendrier que je ne peux préciser. (Mais) rien ne doit être fait pour menacer la sécurité de nos personnels. (Et ensuite nous aurons du matériel à retirer. Et, çà, cela prendra du temps, au-delà de 2012. Cela suppose d’avoir du personnel pour en assurer la bonne exécution. » En fait, selon les informations qui circulent, devraient rester sur place différentes troupes : celles chargées de la formation et de la logistique notamment, accompagnées de forces de protection également, et sans doute également aussi l’hôpital à Kaboul. Soit plusieurs centaines d’hommes, presqu’un millier. Seule interrogation : les moyens aériens après 2012 et surtout après 2014.

Une mission anti-terroriste résiduelle ?

On sait que ces moyens ont été mis dans le passé à disposition de l’ISAF comme de certaines missions de repérage anti-terroristes (champ de l’ancienne mission Enduring Freedom). J’ai posé la question à François Hollande et le ministre de la Défense, Le Drian. Ceux-ci ont avoué ne « pas connaitre » ce sujet, ou plutôt, ils ont botté en touche… Des équipes anti-terroristes, aériennes ou non, pourraient ainsi demeurer, ou revenir en Afghanistan, après 2013. De façon assez floue, François Hollande l’a confirmé, indiquant : « J’ai fait en sorte qu’il y a des actions qui demeurent dans le cadre de l’IFAS ». Comme me l’a indiqué, un peu auparavant, un diplomate de l’OTAN, « Il y aura sans doute une autre mission en coalition, séparée de ISAF, pour mener des opérations anti-terroristes » succédant ainsi à Enduring Freedom.

Après 2014, la coopération avec les Afghans continuera

François Hollande a aussi affirmé que le traité signé par Nicolas Sarkozy avec l’Afghanistan sera respecté. « Ce traité prévoit une coopération qui va bien au-delà de 2014. Nous nous inscrirons parmi nos alliés dans le cadre des obligations que nous nous sommes données : la santé, la formation, l’éducation, le renforcement de l’administration afghane. Et ce sera dans cette perspective-là que nous travaillerons. »

(*) Le terme « forces combattantes » fait abondamment débat. Sur ce point, François Hollande n’a pas varié d’un iota. Il en faisait déjà mention lors de son discours « Défense » lors de la campagne électorale à Paris en mars. Certains médias viennent apparemment de découvrir le sens de l’adjectif…

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