Avec l’Inde, un compagnonage dans l’Océan indien

(B2) Une délégation de militaires de l’UE s’est rendue à New Delhi et Mumbai fin janvier. L’occasion de réaffirmer l’importance des relations entre l’UE et l’Inde.

(crédits: EUNAVFOR Atalanta)

L’objectif de cette visite, qui a eu lieu entre les 22 et 24 janvier, était de discuter des opportunités de coopération entre l’UE et l’Inde en matière de défense et de maintien de la paix, ainsi que de réaffirmer l’engagement européen dans la lutte contre la piraterie dans l’Océan indien.

Cette visite a également été l’occasion pour le général Daniel Grammatico, directeur des opérations de l’État-Major militaire, et pour le contre-amiral Giuseppe Rapese, commandant adjoint des opérations d’EUNAVFOR Atalanta, de visiter le Centre de fusion de l’information pour la région de l’Océan Indien de la marine indienne, qui est relié au centre pour la sécurité maritime de l’UE établi à l’état-major d’opérations de Northwood, pour quelques jours encore (avant de déménager à Brest).

La coopération indo-européenne est devenue une réalité concrète au large de la Somalie, où l’Inde a récemment escorté les navires du PAM (lire: Un bâtiment indien escorte un navire du Programme Alimentaire Mondial).

Ce rapprochement sécuritaire se greffe sur la décision du Conseil de l’UE d’établir un partenariat stratégique avec l’Inde, adoptée le 10 décembre 2018 (voir: Carnet 21.11.2018)). La coopération militaire et la collaboration entre l’UE et l’Inde dans la promotion de la paix et de la sécurité dans le monde ont, notamment, été placés au cœur de cette nouvelle stratégie (voir le communiqué ici).

(MHA)

Un bâtiment indien escorte un navire du Programme Alimentaire Mondial

(B2) Le navire indien INS Sunayna a escorté un bateau du Programme Mondial pour l’Alimentation chargé de 360 tonnes d’aide alimentaire depuis Bosaso, au nord de la Somalie, jusque Berbera, dans le Somaliland, à la veille de Noël, les 24 et 25 décembre derniers, annonce le QG d’EUNAVFOR Atalanta.

(crédit: EUNAVFOR Somalie)

Présent dans la région depuis le 6 octobre 2018, c’est la première fois que le Sunayna (P57) se charge de l’escorte d’aide humanitaire vitale. D’ordinaire, la protection et la distribution d’aide humanitaire était l’une des principales tâches d’EUNAVFOR dans le Golfe d’Aden. Depuis le lancement de l’opération Atalanta en 2008, 450 cargaisons du PMA transportant environ 1,8 millions de tonnes d’aide alimentaire sont arrivées à bon port en Somalie.

Engagé dans les actions anti-piraterie

Ce patrouilleur de haute mer avait détecté, le 7 octobre dernier un navire de pêche suspect à environ 25 nm au large des côtes de de la Somalie à proximité de l’île de Socotra. Après enquête, les marins indiens découvrent qu’il s’agit de pêcheurs, sans autorisation, mais armés tout de même, selon le Times of India. Des armes (quatre kalachnikov de type AK-47 et une mitrailleuse légère, ainsi que des munitions) ont été saisies.

(MHA, avec NGV)

Une attaque de pirates déjouée dans le Golfe d’Aden

(B2) Une attaque MV Lord Mountbatten, un cargo appartenant à la compagnie grecque British Bulkers battant pavillon libérien, a été déjouée par la marine indienne à la mi-mai, à environ 230 miles nautiques au sud-ouest du port omanais de Salalah, dans le golfe d’Aden.

Deux dhows et huit skiffs

Il était vers 16h45, ce 16 mai 2017 quand l’équipage du navire a émis un appel de détresse, signalant la présence à proximité de deux embarcations mères suspectes, tirant 7 à 8 skiffs, qui se rapprochaient du navire, selon un communiqué de la marine indienne. Le INS Sharda, qui était alors à 30 miles à l’est, a alors mis les ‘gaz’ pour rejoindre aussi vite que possible les lieux. Arrivé sur zone, vers 19 heures, le Sharda a effectivement repéré deux dhows tirant huit skiffs dans les environs. A l’arrivée du navire de guerre, trois ont fui d’ailleurs à grande vitesse avec leurs occupants.

Une tentative d’attaque pirates

Les commandos marine (MARCOS), avec le soutien de l’hélicoptère de bord, ont visité les navires suspects. Et après enquête, ils sont arrivés à la conclusion qu’ils s’agissait bien de pirates. « L’absence de tout équipement de pêche à bord des deux dhows et des cinq autres skiffs indiquait, clairement des intentions malveillantes et, de façon probable, liées à la piraterie » indique la marine indienne. Un fusil de type Kalachnikov avec un chargeur rempli (28 balles) a été trouvé caché à bord d’un des dhows. L’arme et les munitions ont été confisquées.

NB : L’INS Sharda est déployé dans le cadre des patrouilles anti-piraterie de la marine indienne dans le golfe d’Aden depuis le 6 avril.

(NGV)

Le dhow indien Al Kausar libéré

(B2) Tout l’équipage du Al Kausar, un dhow indien capturé au large de l’île de Socotra le 1er avril dernier, est désormais libre. Le ministère indien de la Défense l’a confirmé, dans un communiqué publié le 14 avril. Les conditions de la libération semblent cependant floues, les versions somalienne et indienne semblant se contredire, notamment sur les enjeux de la négociation et l’intervention des forces de sécurité somaliennes.

Négociation (et rançon)…

Selon le ministère indien de la défense, « des négociations ont commencé entre le propriétaire et les pirates pour la libération sécuritaire du navire, de son fret et de son équipage. Sur la base des résultats des négociations, le dhow avec sa cargaison et deux membres d’équipage ont été relâchés le 11 avril et le solde, huit membres de l’équipage ont été libérés le 12 avril. » Un processus semblant confirmer, implicitement, un accord avec les pirates et le versement d’une certaine somme d’argent.

… ou libération par la force

Du coté somalien, on met plutôt en avant l’action des forces locales. Les autorités locales sont parvenues à reprendre le contrôle du navire et à libérer deux membres d’équipage lors d’une opération menée par les forces de sécurité somaliennes dans le port de Hobyo lundi. Mais les pirates avaient réussi à s’enfuir et rejoindre la côte, emmenant huit autres marins vers un village dénommé Qararrow. « Les huit otages ont été libérés sans qu’il y ait eu de combats. Les forces de sécurité ont assiégé les pirates, qui ont essayé de fuir, mais trois d’entre eux ont été capturés », a déclaré Abdirashid Mohamed Ahmed, commandant adjoint des gardes-côtes de la région du Galmudug. « L’opération de secours a été un succès total, les otages sont en sécurité et en bonne santé ».

Une assistance plus qu’une reprise de force

Version que tempèrent légèrement les Indiens qui reconnaissent le rôle des forces locales mais plutôt dans un cadre de sécurisation générale et de localisation des pirates plutôt qu’une reprise de force. « Les forces de sécurité somaliennes ont apporté leur soutien et leur assistance pendant cette opération, les gardes armés étant positionnés sur le port de Hobyo tandis que d’autres entreprenaient des opérations de recherche pour localiser l’équipage à terre. »

Escorté dans les eaux internationales par un navire indien

Le dhow a été remis aux autorités indiennes par le maire de Hobyo vers 16h, le 13 avril, et escorté par un navire de la marine indienne dans les eaux internationales vers sa prochaine destination. Les miliaires ont procédé, auparavant, à un contrôle médical pour tous les membres de l’équipage et apporté les éléments et fournitures nécessaires pour le voyage retour.

(NGV)

Le piratage de l’OS35 déjoué par la marine indienne et chinoise

(crédit : ministère indien de la défense)

(B2) Alerté par un appel de détresse de l’équipage, une opération combinée de la marine indienne et chinoise a mis fin à l’attaque par les pirates (somaliens) d’un cargo l’OS35, dans le Golfe d’Aden le 8 avril. Ce cargo libanais, battant pavillon du Tuvalu (anciennement dénommé JS Comet ou Addu Comet) avait quitté le port de Kelang en Malaisie pour se rendre dans le port de Aden (au Yémen), et se trouvait, au moment de l’attaque près de l’île de Socotra.

En route vers la Méditerranée

Plusieurs navires indiens, le Mumbai, le Tarkash, le Trishul et l’Aditya, étaient à proximité, en transit dans le Golfe pour un déploiement en Méditerranée (1). Deux d’entre eux — INS Mumbai et INS Tarkash – se sont détournés pour répondre à l’appel et ont rapidement rejoint le navire marchand le lendemain (9 avril), indique le ministère indien de la Défense dans un communiqué parvenu à B2.

L’équipage réfugié dans la « citadelle »

Les navires de guerre indiens ont pu établir le contact avec le capitaine du navire marchand qui, avec l’équipage, s’étaient enfermés dans une chambre forte à l’intérieur du navire (selon le mode opératoire standard de la « citadelle »). Un hélicoptère de la Marine indienne a effectué une reconnaissance aérienne du navire marchand la nuit et au lever du soleil pour s’assurer que les ponts supérieurs du navire marchand étaient libres et déterminer l’emplacement des pirates, s’ils étaient toujours à bord.

Plus de pirates à bord

Aucun mouvement suspect n’a été détecté. L’hélicoptère de la Marine indienne a alors envoyé un « signal clair » à l’équipage assurant qu’aucun pirate n’était visible sur les ponts supérieurs. Certains membres de l’équipage ont alors progressivement émergé de la chambre forte et ont effectué, à leur tour, une reconnaissance du navire, constatant que les pirates avaient fui dans la nuit, dans un dhow. Une équipe d’abordage du navire de la marine chinoise, qui se situait à proximité, a abordé le navire marchand, permettant de sécuriser le périmètre. Les 19 membres d’équipage, tous philippins sont en sécurité. Et le navire a pu poursuivre sa route.

(maj) Trois pirates arrêtés

Selon Voice of Africa – Somalie, seuls deux pirates ont réussi à s’évader et à rentrer chez eux dans la ville d’Alula. Trois autres, dont le fameux Abdikarim Salah « Aw Koombe », impliqué dans le détournement d’une dizaine de navires dans les derniers années, auraient été laissés sur place, et été arrêtés ensuite par la marine chinoise.

(NGV)

(1) Ils devaient notamment rejoindre le port de Souda (en Grèce qui est aussi une étape clé pour les navires de l’OTAN dans la région) ainsi le port de Toulon pour participer à l’exercice conjoint « Varuna » avec la marine française.

Un dhow indien capturé par les pirates (V2)

(B2) Un dhow, de nationalité indienne, a bien été capturé par les pirates somaliens, samedi (1er avril), vient de confirmer aujourd’hui (3 avril) le QG de la force anti-piraterie de l’UE présente au large de la Somalie. Dénommé Al Kausar, le dhow qui transportait des denrées alimentaires de Dubaï vers le port de Bossasso, dans le nord-est de la Somalie, via le Yémen, a été attaqué en mer par une équipe de cinq pirates. Il a ensuite été ramené vers la côte au large de Hobyo, au Puntland (entre Hobyo et El Hur selon les sources maritimes). A son bord, 11 membres d’équipage. Un avion de patrouille maritime de l’UE a tenté d’établir des communications radio, mais sans succès. Il a néanmoins pu confirmer la position du navire.

(NGV)

Mise à jour, il s’agirait de 10 membres d’équipage et non de 11. Lire l’épilogue : Le dhow indien Al Kausar libéré

Gironééé@Ita16

Girone peut rentrer au pays. Décision de la Cour suprême indienne

Gironééé@Ita16(B2) Bonne nouvelle. La Cour suprême indienne a décidé ce jeudi (26 mai) de permettre au dernier Maro (fusilier marin) retenu en Inde, Salvatore Girone, de rentrer en Italie.

  • Celui-ci reste cependant accusé – comme son collège Massimiliano Latorre – d’avoir tué (accidentellement) en février 2012 deux pêcheurs indiens, les prenant pour des pirates, alors qu’ils étaient embarqués sur le navire italien MT Enrica Lexie

Satisfaction à Rome

Pour les Italiens, cette décision est une « grande satisfaction » comme l’ont affirmé successivement sur twitter le chef d’Etat-major italien, le général Claudio Graziano, et la ministre de la Défense, Roberta Pinotti. « Je l’ai eu au téléphone. Nous sommes heureux et satisfaits ».

Un retour qui n’est pas sans conditions

Le tribunal a demandé à l’ambassadeur d’Italie en Inde de prendre l’engagement que Girone retournerait en Inde pour son procès, « le moment venu », comme l’indique le Times Of India. La Cour a également ordonné à l’intéressé « de ne pas tenter d’influencer des témoins » et de ne « pas détruire des preuves » lors de son retour en Italie.  NB : L’autre fusilier marin, également inculpé, Massimiliano Latorre, avait été autorisé à retourner dans son pays pour des raisons de santé jusqu’à fin avril. Autorisation prolongée ensuite le 13 avril jusqu’au 30 septembre prochain.

Pas la fin de l’affaire

Cette libération n’est cependant pas l’épilogue de cette histoire qui a empoisonné les relations entre Rome et New Delhi depuis 2012. Une procédure d’arbitrage international a été déclenchée, le 26 juin 2015, auprès du tribunal du droit de la mer de Hambourg. Le tribunal international doit désormais décider qui de l’Inde ou de l’Italie a la compétence pour juger cette affaire. Le litige portait en effet dès le début sur le lieu même de l’incident. Il avait déjà ordonné, en août dernier, dans une mesure provisoire prononcée par ordonnance, de suspendre toutes les procédures judiciaires engagées (1).

(Nicolas Gros-Verheyde)

(1) télécharger l’ordonnance du 24 août 2015

mis à jour 29 mai avec les photos du retour du marin

Une affaire que B2 a suivi depuis le début. Lire aussi :

Un Rafale à l'appontage sur le Charles de Gaulle (crédit : DICOD / Ministère Fr de la Défense)

Le « Charles De Gaulle » envoie ses Rafale frapper Daech. Un acte de diplomatie navale également

Un Rafale à l'appontage sur le Charles de Gaulle (crédit : DICOD / Ministère Fr de la Défense)

Un Rafale à l’appontage sur le Charles de Gaulle (crédit : DICOD / Ministère Fr de la Défense)

(B2) Les avions Rafale embarqués sur le porte-avions français Charles de Gaulle ont effectué une première frappe sur l’Irak, a annoncé ce mercredi (25 février), le ministère français de la Défense. « Au cours de cette mission de frappe planifiée, la patrouille a détruit un camp utilisé par Daech pour entraîner des combattants dans la région d’Al Quaim, non loin de la frontière syrienne ».

Les chasseurs « gaulliens » n’auront donc pas attendu longtemps avant de passer à l’action. L’unique porte-avions français est, en effet, à pied d’oeuvre dans le golfe arabo-persique, avec son groupe aéronaval, dans l’opération Chammal, depuis lundi (23 février).

Phase d’endiguement terminée, on passe à la phase de reconquête

Pour le ministre français de la Défense, venu saluer les marins du Charles de Gaulle, lundi, cet « appui aérien aux opérations défensives et offensives de nos alliés irakien et kurde (1) a d’abord permis d’endiguer la dynamique de conquête territoriale de Daech, et de stabiliser ainsi les lignes de front ». Ce premier objectif est « atteint ». Mais « la menace persiste. (..) Gagner des batailles suffit rarement à briser l’agressivité d’un adversaire aussi déterminé. » La mission des militaires est donc désormais « de permettre aux forces irakiennes de restaurer et de contrôler leur territoire ». Cela passe – selon le ministre – par « le renseignement que nous apportons à nos alliés, l’appui aérien de nos chasseurs au- dessus de l’Irak, mais également le renforcement des capacités militaires des acteurs locaux ».

3200 hommes mobilisés

Renfort après renfort, l’engagement français dans le Golfe contre Daech (l’organisation de l’état islamique) s’est, en effet, « épaissi ». Tous confondus — aviateurs, marins (sur d’autres bâtiments), et forces à terre qui assurent la formation des « forces irakiennes et des Peschmerga » (1). L’opération mobilise aujourd’hui 3200 militaires. Ce qui en fait le plus gros déploiement français en OPEX (on n’est pas loin du « 4000 + » engagés en Afghanistan). Au niveau aérien, outre les engins présents du Charles de Gaulle, la France a engagé 12 avions de chasse de l’armée de l’Air (six Rafale et six Mirage 2000D), 1 avion ravitailleur C-135 FR, 1 avion de patrouille maritime Atlantique 2.

Un groupe naval franco et britannique

Le groupe d’action navale est constitué d’un état-major embarqué, du porte-avions Charles de Gaulle, du groupe aérien embarqué (12 Rafale Marine, 9 Super Étendard Modernisés et 1 Hawkeye), de la frégate de défense aérienne Chevalier Paul, du pétrolier ravitailleur Meuse et d’un sous-marin nucléaire d’attaque, qui agit en « précurseur ». Il faut noter également la présence dans ce groupe d’un bâtiment britannique, la frégate anti-sous-marine HMS Kent, qui est une illustration assez concrète des accords de Lancaster House, permettant aux Britanniques de ne pas perdre la « main » en matière de porte-avions, le temps de retrouver leur navire-amiral.

Un signal politique et militaire fort…

« C’est ici un signal politique fort, qui vient conforter la détermination de la France à arrêter cette barbarie que commet Daech » a souligné, sur le porte-avions, le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian. « Le groupe aéronaval constitue une capacité rare dans le monde, et, indéniablement, une vitrine technologique autant qu’un outil de puissance. Où que vous naviguiez, votre présence n’est jamais anodine ; elle montre notre force ; elle est porteuse d’alliances et de coopérations. » 

… mais aussi un acte de diplomatie navale

Quittant sa tenue de chef des opérations, pour revêtir celle de VRP de l’industrie militaire française, le ministre en profite aussi pour adresser un message particulier à « nos partenaires émiriens, qataris et saoudiens qui sont nos plus fidèles alliés dans cette région du monde » et à l’Inde. « Dans quelques semaines, un rendez-vous majeur vous attend aussi avec l’Inde, grande puissance d’Asie, avec qui nous avons su mettre en œuvre un partenariat stratégique de grande qualité. En conduisant l’exercice « Varuna 2015 », vous serez là nos meilleurs ambassadeurs » confie-t-il aux marins du Charles de Gaulle. « Lors de vos interactions avec nos alliés, je veux que vous soyez à la hauteur des partenariats que notre pays a su tisser et souhaite développer plus encore ». De la « diplomatie navale » dans le plus pur style...

(NGV)

(1) On peut remarquer la terminologie officielle qui distingue toujours soigneusement désormais les Kurdes des autres Irakiens, comme si il y avait déjà dans les faits un Kurdistan autonome, et presque indépendant de Bagdad.

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Le dossier des deux fusiliers-marins reste un point de crispation entre l’UE et l’Inde

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Les membres du comité de soutien aux Maro

(BRUXELLES2) La situation des deux ‘Maro’ (fusiliers-marins) italiens en Inde ne s’arrange pas. La Cour suprême de l’Inde a, en effet, refusé d’examiner les deux demandes des Maro Italiens. « L’enquête sur la mort des pêcheurs n’est pas terminée. Et les charges n’ont pas encore été présentées » estime la Cour, cité par la presse italienne. Les juges indiens ont ainsi refusé de prolonger, pour une nouvelle période de quatre mois, le séjour pour convalescence de Massimiliano Latorre en Italie ; sauf autre décision, il devrait rentrer en Inde le 13 janvier, fin de sa permission. Ils ont également rejeté la demande de Salvatore Girone d’avoir une permission pour retourner en Italie à Noël.

Décevant !

Une décision  jugée « décevante » par la Haute représentante de l’UE, Federica Mogherini, qui regrette, dans un communiqué rendu public mardi soir, qu’une « solution mutuellement convenue n’a pas été rendue possible ».

Sans jugement depuis presque 3 ans

La Haute représentante qui semble vouloir s’impliquer davantage dans ce dossier qui voit deux compatriotes retenus en Inde, sans jugement, appelle à une « solution rapide ». « La situation de ces deux militaires européens est en attente depuis près de trois ans maintenant. L’Union européenne a toujours appelé à une solution mutuellement acceptable, dans l’intérêt de l’Italie et l’Inde, fondé sur le droit international » souligne-t-elle.

Des conséquences sur les relations UE-Inde

Et d’indiquer que l’attentisme indien pourrait ne pas être sans conséquence. « Cette question peut influer sur les relations globales de l’Union européenne et l’Inde et a également une incidence sur la lutte mondiale contre la piraterie, à laquelle l’Union européenne est fortement engagée ».

Les deux « Maro » sont détenus en Inde, soupçonnés d’avoir tués des pêcheurs indiens, pris pour des pirates, alors qu’ils assuraient la protection d’un navire italien, le Enrica Lexie, le 15 février 2012. L’Union européenne avait déjà, il y a deux ans, par la voix de Catherine Ashton, rappelé l’Inde à ses obligations (lire : L’UE hausse le ton. L’Inde rappelée à ses obligations internationales)

(NGV)

Lire sur ce dossier :

(crédit : MPHRP)

Les 7 marins du Asphalt venture libérés

(crédit : MPHRP)

Chirag Bahri (à gauche) responsable du MPHRP et les 7 marins otages (crédit : MPHRP)

(BRUXELLES2) Les 7 derniers marins du Asphalt Venture, un cargo norvégien battant pavillon panaméen, capturés en septembre 2010, ont été libérés par leurs ravisseurs, les pirates somaliens, a confirmé, jeudi (30 octobre), Chirag Bahri, directeur régional du programme de réponse humanitaire à la piraterie maritime (Maritime Piracy Humanitarian Response Programme – MPHRP). « Ils sont en sécurité au Kenya », a-t-il ajouté. « Les préparatifs sont en cours pour leur retour en Inde dans les prochains jours. Leurs familles ont été informées. »

Une libération contre une somme modeste

La libération a été organisée, indique le MPHRP, « après un paiement modeste fait pour couvrir les frais logistiques et de transport du groupe qui détient les hommes ». Aucun montant n’a été indiqué.  Peter Swift, le président du Programme, a notamment remercié « l’équipe de Holman Fenwick Willan (un cabinet d’avocats spécialisés dans la marine marchande) qui est intervenue sur une base pro bono pour aider à rendre cette (libération) possible ».

4 ans de captivité !

L’Asphalt venture avait été capturé – avec ses 15 hommes d’équipage – au large de la Tanzanie, il y a 4 ans, le 28 septembre 2010 (Lire : Le MV Asphalt Venture capturé par les pirates à proximité de la Tanzanie).

Une rançon, évaluée à 3,5 millions de $, avait bien été versée, mais seule une partie de l’équipage (8 marins) avait été libérée en avril 2011, une manière de protester contre les méthodes offensives de la marine indienne, avions-nous écrit à l’époque (lire : Dernières nouvelles de la piraterie (17 avril 2011).

Depuis, malgré quelques tentatives, aucune solution n’avait pu aboutir. Et les parents des marins s’étaient récemment plaint d’être abandonnés, et peu soutenus par les autorités indiennes, tant régionales que fédérales (lire dans le Times of India : 4 years on, no freedom in sight for Tamil Nadu man in pirates’ custody).

Encore 30 marins aux mains des pirates somaliens

Selon le dernier bilan qu’on peut dresser, il reste encore 30 marins aux mains des pirates somaliens : les 4 marins thaïlandais du Prantalay 12 (un navire thaïlandais) détenus depuis plus de 4 ans ! et 26 otages taïwanais, philippins, indonésiens, chinois et vietnamiens du FV Naham 3 (un autre navire thaïlandais). La dernière libération opérée avait été en juin 2014 pour les 11 marins du FV Albado (lire : Bonne nouvelle. Les otages du Mv Albedo sont libres ainsi que 3 travailleurs humanitaires).

(NGV)

Les 11 marins libérés du MV Albedo (crédit : UNODC)

Bonne nouvelle. Les otages du Mv Albedo sont libres ainsi que 3 travailleurs humanitaires

Les 11 marins libérés du MV Albedo (crédit : UNODC)

Les 11 marins libérés du MV Albedo (crédit : UNODC)

(BRUXELLES2) Les 11 marins du Mv Albedo, qui étaient encore otages des pirates somaliens, sont libres. Ou plus exactement, ils se sont libérés selon les informations diffusées par l’ONU.

7 marins bengalais, 1 Indien, 1 Iranien et 2 Sri-Lankais sont ainsi arrivés à Nairobi, au Kenya samedi (7 juin) dans un avion spécial affrété par le programme des Nations-Unies de lutte contre la criminalité (UNODC). Ils ont été admis à l’Aga Khan Hospital pour un bilan de santé et des soins.

Les circonstances de leur libération ne sont pas extrêmement claires. Selon la version officielle, ils ont réussi à s’évader vendredi (6 juin) par une fenêtre ouverte et ont été secourus ensuite par les forces armées du Galmudug (Somalie). ils seraient arrivés ensuite dans un camp de l’ONU au Kenya, situé près de la frontière somalienne, selon le quotidien bengali Daily Sun.

Le gouvernement du Bangladesh a démenti avoir versé la moindre rançon. « C’est une question de principe. Aucun gouvernement ne verse de rançon dans des cas de piraterie » a déclaré le ministre des Affaires étrangères, selon le quotidien bengalais Bangladesh Today.

1288 jours de détention

L’équipage du Mv Albedo (un navire sous pavillon malaisien) avait été capturé à 900 miles de Mogadiscio, en novembre 2010, tandis qu’il faisait route de Dubai vers les Emirats arabes unis et le Kenya. Il comptait à l’origine 23 hommes. 7 ont été libérés le 1er août 2012 (7 Pakistanais). 1 Indien est décédé au cours de sa détention. Et 4 Sri Lankais ont disparu lors du naufrage de leur navire, en juillet 2013, aux mains des pirates. Les marins avaient ensuite été ramenés à terre, dans un repaire des pirates.

La fin d’un long calvaire

C’est la fin d’un long calvaire pour les marins. Les conditions de détention étaient particulièrement éprouvantes pour l’équipage qui avait été largement abandonné à son sort. Le propriétaire du navire (malaisien) avait disparu et la Malaisie refusait d’en assumer la charge. « Après 1288 jours en captivité, nous sommes ravis pour eux et leurs familles après l’épreuve et les difficultés qu’ils ont subi » a exprimé Peter Swift, le responsable de MHRP, le programme de réponse humanitaire sur la piraterie maritime. Un des Pakistanais libérés en 2012 avait mentionné les dures conditions de vie voire l’usage de la torture dont ils étaient victimes de la part de leurs ravisseurs. Les pirates nous « ont frappés à plusieurs reprises avec des tuyaux et avec la crosse de leurs fusils AK-47. Ils ont également utilisé des pinces pour arracher la peau sur les paumes des marins » expliquait Mujtaba. « Ces hommes ne sont pas humains. Quand ils nous ont frappés, ils ne cesseraient pas. Ils nous ont frappés sur la tête. Certains officiers avaient des hémorragies graves sur la tête. L’un ne pouvait pas utiliser sa main gauche, endommagée lors d’un passage à tabac. » (lire dans The National).

Les 3 travailleurs de l'ONG "Ias" peu après leur capture en 2012 (crédit : IAS)

Les 3 travailleurs de l’ONG « Ias » peu après leur capture en 2012 (crédit : IAS)

Des travailleurs humanitaires libérés

A noter que trois travailleurs humanitaires kenyans, otages depuis bientôt 2 ans, ont été libérés jeudi (5 juin). Janet Muthoni Kanga, Martin Mutisya Kioko and Abdinoor Dabaso Bor travaillaient pour l’ONG américaine International Aid Services.

Ils circulaient en voiture à Galcayo dans le Puntland le 11 juillet 2012 quand ils avaient été capturés par des hommes en armes. Plusieurs policiers du Puntland qui assuraient leur protection avaient été blessés lors de cette action, ainsi qu’un autre travailleur humanitaire qui n’avait pas été kidnappé. Les ravisseurs se sont proclamés pirates somaliens. Les circonstances exacte de leur libération n’ont pas été révélées. Dès leur libération, « les otages ont été emmenés dans un endroit sûr jusqu’à ce qu’ils soient transportés vers Nairobi, avec l’aide des Nations Unies et du Gouvernement de Galmudug » précise l’ONG. Ils ont subi des examens médicaux de routine, et dans les circonstances, en « plutôt bonne santé » ajoute-t-elle.

Pendant la durée de leur captivité, l’équipe de gestion de crise d’IAS « a pu parler aux otages sur un certain nombre de reprises, et a été en mesure d’organiser la livraison de nourriture et matériel de temps en temps ». Elle a aussi « discuté avec plusieurs personnes se disant être les preneurs d’otages. Mais, dans la plupart des cas, — fait-elle remarquer — les appelants ont été rapidement identifiés comme des fraudeurs ». « De longues discussions ont été entreprises avec les ravisseurs réels qui ont permis d’aboutir à leur libération ».

Encore 39 otages des pirates

Selon le dernier bilan diffusé par les forces européennes anti-piraterie, et la base de données « Pirates » de B2, il reste encore 39 marins aux mains des pirates : les 4 marins thaïlandais du Prantalay 12 (un autre navire thaïlandais) détenus depuis plus de 4 ans !, 7 marins indiens du Asphalt Venture (capturés en septembre 2010!) et 28 otages taïwanais, philippins, indonésiens, chinois et vietnamiens du FV Naham 3 (un navire thaïlandais). Il ne s’agit pas de les oublier…

(Nicolas Gros-Verheyde)

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