Entre l’OTAN et la Russie, un jeu apaisé ?

(BRUXELLES2) Ce n’est pas encore l’amour fou ni l’amitié solide. Mais entre la Russie et l’Alliance Atlantique, le temps des apostrophes publiques et des mots durs semble derrière… jusqu’à la prochaine fois. Avant la réunion des ministres de la Défense et des Affaires étrangères de l’Alliance (jeudi 19 avril), plusieurs échanges téléphoniques ont eu lieu, notamment entre Rasmussen et Lavrov. Ce qui « donne à croire - selon un diplomate occidental - que les Russes veulent gérer de façon (plus) pragmatique leur relation avec l’OTAN ». Le temps des invectives, des grandes sorties médiatiques semble terminé, du moins pour le moment. Le ton semble différent de ce qu’on a entendu « pendant la campagne » confirme notre interlocuteur.

Le fait qu’il n’y ait pas de sommet Otan-Russie à Chicago est même plutôt un bon signe, selon notre interlocuteur. Tout le monde (les 29 – 28 de l’Otan + Russie) ont jugé que ce n’était pas opportun d’avoir un sommet Otan-Russie à Chicago ; la Russie ne l’a pas demandé ou n’a pas commenté publiquement qu’il ne se tenait pas. Bref, c’est profil bas dans les dissensions. On ne semble plus ainsi au temps où Elstine faisait faire demi-tour à l’avion de Primakov, le Premier ministre se dirigeant vers Washington, pour protester publiquement contre l’intervention au Kosovo.

Projets de coopération avec les Russes

Les différences continuent certes d’exister entre les deux parties : sur le bouclier anti-missiles notamment. « Elles ne vont pas se réduire du jour au lendemain. (Mais) cela n’empêche pas d’avancer sur d’autres sujets ».

Sont ainsi au programme : la lutte contre le terrorisme, contre la piraterie, des projets de coopération technique comme la lutte contre les engins explosifs en milieu ouverts, l’initiative sur les avions renégats (pris en otage). Et surtout le transit en Afghanistan, point vital pour les Alliés dans la phase de retrait, avec la mise en place d’un hub multimodal à Oulianovsk. Sur ce sujet, on semble bien avancer. Et le projet, malgré les critiques émises en Russie par les nationalistes ou communistes, semble bien parti. Il est d’ailleurs défendu par Poutine lui-même, selon l’AFP, comme il l’a expliqué devant les députés de la Douma. « Nous comprenons ce qui se passe en Afghanistan, n’est-ce pas ? Nous voulons que la situation y soit sous contrôle. (…) Nous ne voulons pas que nos soldats combattent sur la frontière tadjiko-afghane » (le  Tadjikistan est lié à la Russie par un accord de coopération). En Afghanistan, « L’Otan et la communauté internationale y sont présentes. Que Dieu les garde ! Qu’elles travaillent !. »

Proposition sur le bouclier anti-missiles

Des propositions ont été faites aux Russes pour tenter de réduire les divergences sur le bouclier anti-missiles. Les Etats-Unis ont proposé que les Russes participent à tous les essais anti missiles – en déployant leur matériel qu’ils veulent. Ils ont proposé également qu’un centre conjoint d’alerte avancé, « géré à 29 » (otan + Russie), soit installé en Russie et nourri par les Russes — ce qui serait un « gain pour les Russes en termes de transparence et pour les alliés en termes d’information » — et la mise en place d’un centre de coordination d’interception pour les vols de missile. Ce ne serait pas un centre commun (comme proposé par Medvedev à Lisbonne) ; il s’agit bien d’une coordination de « deux systèmes indépendants » : les Alliés interceptant les missiles sur leur territoire Otan ; les Russes sur leur territoire — . « Pour l’instant, les Russes l’ont refusé, ils continuent de prôner leur solution ». Mais, du côté Otan, on espère, on « attend une évolution des Russes » sur ce point.

Lire aussi : L’Otan en pourparlers avec les Russes pour augmenter les capacités de transit

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