Hélicoptères

Les hélico belges de permanence Medevac à Bamako

Les hélico belges de permanence Medevac à Bamako

Le Major Mignolet, chef du détachement belge, à coté de l’hélicoptère A 109

(BRUXELLES2 – suite du reportage à Bamako) Ce n’est sans doute pas le point essentiel de la mission européenne de formation de l’armée malienne. Mais c’est un des éléments constitutifs nécessaires : les hélicoptères belges A109, équipés en module Medevac, sont là en cas de besoin pour procéder à l’évacuation médicale d’un des militaires blessés ou malades lors de la mission.

En stand bye 24h/24

Logée sur le tarmac même de l’aéroport dans des locaux d’Air Mali, l’équipe “medevac” belge compte une trentaine de personnes – dont 6 pilotes – et deux hélicoptères.

Il s’agit, en effet, non seulement d’avoir les effectifs nécessaires pour l’astreinte mais aussi de permettre de faire tous les entretiens et/ou réparations nécessaires sur les engins, y compris les plus grosses révisions (comme celle des 100 heures). Un des deux hélicoptères sortait ainsi de sa révision de 100 heures lors de mon passage. Les militaires ont d’ailleurs emporté le stock de pièces nécessaires dans cet objectif. Le fait d’être basé sur l’aéroport a un avantage : « pouvoir bénéficier de tous les services et prestations de l’aéroport » m’explique le major Mignolet commandant du détachement belge (le Red Card Holder comme on appelle le responsable chargé de vérifier que les conditions de la mission sont remplies).  Cela permet de pouvoir « aussi compter sur l’assistance nécessaire » des autres dispositifs (civils ou militaires) présents sur l’aéroport. De nombreux avions militaires font la navette avec l’Europe, soit pour amener des équipes pour EUTM Mali, soit pour le compte de la Misma ou de Serval.

La Medevac de permanence

Les équipes – pilote et mécano – se relaient par trois jeux d’effectif afin d’assurer la permanence. Avec un impératif : être en l’air en 30 minutes le jour, 45 minutes la nuit, immédiatement après l’alerte. Le rayon d’action de l’hélicoptère est de 115 nautiques soit 210 km sans ravitaillement. Ce qui permet de faire l’aller et retour Koulikoro, sans problème, voire d’aller plus loin s’il y a un ravitaillement. Ce qui « permet de couvrir une zone où il n’y a pas de combat ».  zone possible jusqu’à Mopti.

L’air ou la route

A priori, l’évacuation vers le Role 2 se fait par la route. L’hélicoptère intervenant, plutôt en moyen secondaire, dans le cadre d’un rapatriement vers l’Europe (via l’aéroport de Bamako). A Koulikoro, les Belges ont choisi de se poser sur la plage, qui a « un accès plus facile car il est plus dégagé et dégage moins de poussière que à l’intérieur du camp ».

La voie routière est certes possible entre Koulikoro et Bamako. Mais il faut compter environ 2 heures de route (1h30 éventuellement) sur une route un peu caillouteuse et encombrée contre 15-20 mns en hélicoptère. Ce qui rend la voie des airs plus pratique si la meteo le permet. Dans tous les cas, le choix appartient au responsable médical (le JMed) qui choisit le moyen le plus adéquat – la route ou l’air – et, en dernier lieu, au commandant d’opération.

Seul hic (au moment où je me trouvais), le survol de Bamako n’était pas encore autorisé, toujours en négociation avec les autorités maliennes. Le SOMA – statut de la mission – signé par les Européens ne comprend pas cet aspect. C’est un accord spécifique, ad hoc, qui doit être négocié.

Médicalisation sur place

L’assistance médicale à bord est faite par l’infirmier. Le médecin est normalement déjà sur place : le médecin du Rôle 2 à Koulikoro, le médecin de l’Etat-Major (bulgare) si c’est à Bamako.

La technique médicale des Européens est différente de celle pratiquée par les Américains. Ceux-ci ont tendance à faire intervenir plus systématiquement l’hélicoptère, à évacuer le blessé le plus rapidement vers une structure hospitalière, selon la technique “rush and run”. Les Européens préfèrent rapprocher les médecins du blessé et choisir ensuite le moyen le plus adéquat.

Une certaine mutualisation des moyens médicaux

Les hélicoptères sont réservés normalement pour la mission européenne EUTM Mali pour lequel ils sont dédiés. Mais, au besoin, étant un des seuls hélicoptères disponibles sur Bamako, ils peuvent intervenir pour tout rapatriement médical “jugé utile” par le chef de mission pour des “alliés” ou “amis”. Ainsi ils pourraient intervenir au profit de Maliens blessés lors d’entraînement ou dans d’autres endroits, voire des forces africaines ou des forces françaises de Serval. De la même manière, les Européens disposent, en cas de besoin, de l’hôpital français de l’opération Serval. De façon informelle, les moyens médicaux sont ainsi mutualisés et peuvent servir, en cas d’urgence, pour l’un ou l’autre. L’application, ni plus ni moins, du serment d’Hippocrate, comme l’a précisé un médecin militaire à B2.

Des conditions de vol bien différentes de l’Europe

La difficulté ou plutôt la différence avec les autres mission (en Europe) est patente. « Nous avons beaucoup moins de repères qu’en Europe. Si on s’écarte de l’axe du fleuve Niger, on volera aux instruments de navigation ou à l’estime, un peu à l’ancienne, avec la carte. Et, comme les distances sont longues il y a peu de place pour l’erreur. De nuit, il y a très peu de luminosité fournie par le sol. » Il faut donc tenir compte… de la lune. Conditions inexistantes en Europe.

La chaleur (qui produit une moindre portance entre 25 et 40%) comme la poussière sont aussi deux constantes importantes dont il faut tenir compte. Notamment dans les phases de décollage et atterrissage. « C’est plutôt l’effet collatéral de la poussière pour ceux qui sont au sol » qui est primordiale. « Nous on s’est habitués à ces conditions d’atterrissage » où la poussière rend la visibilité nulle. Mais pour l’entretien de l’aéronef, cela joue également « Les hélico souffrent. Le plexiglas, les zones de compresseurs (alu) ». Une poussière très « différente du Bénin » où les équipages belges ont déjà été déployés. Plus légère sans doute, plus sableuse…

L’entretien nécessaire

Après chaque journée de vol, il y a l’entretien journalier de l’hélicoptère, qui prend 1 ou 2 heures, avec le nettoyage et la vérification du jeu de commandes, et autres tests. La révision des 100 heures est plus conséquente, l’hélicoptère est démonté et remonté, une opération qui prend de 4 à 5 jours. Le très grand entretien (toutes les 600 heures) ne se fait pas sur place mais en Belgique, sur la base de Beauvechain. Mais il n’y a pas trop d’inquiétude, la moyenne de vol est de 50 heures par mois. Hormis les temps d’intervention, les pilotes doivent continuer à voler et s’entrainer. « Nous avons un syllabus d’entrainement pour les pilotes » sinon ils perdent certaines qualifications…

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Un mois de plus pour les C130 belges en soutien au Mali

Un des C130 déployés en soutien à l’opération française et africaine au Mali (crédit: ministère de la Défense belge / Malek Azoug)

(BRUXELLES2) Les deux C130 qui font la navette entre la Côte d’Ivoire et le Mali ne reverront pas Melbroek tout de suite. Le Conseil des ministres belge a, en effet, approuvé la prolongation jusqu’au 31 mars de leur engagement opérationnel de deux avions C-130 ainsi que des deux hélicoptères de la Défense engagés dans l’opération française Serval au Mali. La mission aurait normalement dû se terminer fin février.

La Belgique “partenaire fiable”

Cette décision « répond à la demande de l’Etat-major français », précise-t-on chez le Premier ministre. La Belgique s’est « une nouvelle fois comportée en partenaire fiable qui assume ses responsabilités et qui est toujours prêt à coopérer étroitement avec des Forces armées des pays alliés » souligne-t-on à la défense belge.

Exceptés les avions français, « ce sont ces C-130 belges qui ont mené le plus de vols d’approvisionnement » explique-t-on à la défense belge. 133 vols ont été effectués totalisant plus de 256 heures de vol. Ils ont permis le transport de 777 passagers et presque 500 tonnes de matériel. Le détachement C-130 se compose de 35 militaires restera à Abidjan (Côte d’Ivoire). Coût (net) de la prolongation : 200.000 euros.

Pour les deux hélicoptères A109 de soutien médical, la prolongation a également été actée. Ils sont basés actuellement à Gao puis passeront sous commandement européen pour la mission EUTM Mali à compter du 15 mars. Le détachement se compose de 40 militaires. Coût (net) de la prolongation : 300.000 euros.

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La Belgique confirme son engagement dans EUTM Mali (maj)

(BRUXELLES2) A l’issue d’une réunion restreinte du Conseil des ministres, le gouvernement belge a décidé de s’engager dans l’opération européenne de formation de l’armée malienne (EUTM Mali), ont annoncé de concert les ministres des Affaires étrangères et de la Défense, Didier Reynders et Pieter de Crem.

Les hélicoptères d’évacuation médicale changeront ainsi de casquette opérationnelle le 15 mars, passant du commandement français (soutien à l’opération Serval) au commandement européen. Le lieu d’implantation devrait être changé, passant de Sévaré à Koulikoro, selon nos sources. Des forces de protection belges pourraient être aussi mises à disposition de la mission européenne mais de façon « proportionnée (aux) efforts fournis par d’autres partenaires européens ». Quant à la mission des avions C-130, engagés dans l’opération Serval, elle devrait cesser dès la fin février. Cet engagement dans la mission EUTM Mali et ce désengagement de l’opération Serval est le fruit d’un savant équilibre politique, opérationnel et financier.

L’objectif est de ne pas grever, outre-mesure, le budget des opérations de l’armée belge, déjà engagée sur d’autres fronts en Afrique. Dans le même temps, il s’agit de ne pas bloquer les opérations européennes de Défense, pour lesquelles la Belgique a souvent milité. Mais aussi de pousser un peu certains partenaires européens, beaucoup plus timides dans leur engagement. Enfin, et aussi, il s’agit de préserver les compétences de l’armée belge en Afrique, dont c’est un peu l’élément naturel.

Lire aussi : entretien avec Christophe Lacroix, Certains pays pourraient faire plus…

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EUTM Mali: la question des hélicoptères résolue d’ici lundi ? (Maj)

(BRUXELLES2) C’est l’espoir des militaires européens. Et la pression se fait forte sur le gouvernement belge actuellement. Une lettre officielle a d’ailleurs été adressée par la Haute représentante de l’UE, C. Ashton, au ministre belge de la Défense, pour lui demander de préciser sa contribution.

Le ministre des Affaires étrangères, Didier Reynders, en déplacement au Mali, n’a « pas exclu » que les hélicoptères belges A109 actuellement déployés au Mali dans le cadre de l’opération Serval puissent servir pour la mission européenne de formation de l’armée malienne (EUTM Mali). « Tous les partis politiques se sont prononcés au Parlement pour un renforcement de l’Europe de la Défense. Il serait donc logique que nous participions à cette opération. (…) Je vais plaider au sein du gouvernement pour que nous restions présents sur le terrain malien, d’une façon ou d’une autre », a-t-il expliqué à quelques collègues belges qui avaient fait le déplacement, dont V. Kiesel du quotidien Le Soir. Mais D. Reynders a mis certaines conditions. Tout d’abord la fameuse « évaluation budgétaire, militaire mais aussi politique » de cette participation (qui était la condition de la participation à l’opération Serval dans la déclaration du Premier ministre Di Rupo du 15 janvier). Mais aussi de façon plus générale, une “review” des missions en cours « Il est hors de question de continuer à accumuler les participations à des missions un peu partout. Vu le contexte budgétaire, il nous est difficile d’être présents sur tous les fronts à la fois ».

Un altermoiement belge qui pèse sur la mission

Une déclaration belle sur le principe, qui traduit une prise de conscience du ministre, mais ne semble pas suffisante en l’état. La décision de lancement doit en effet être prise le 18 février (au Conseil des ministres des Affaires étrangères). Il semble difficile d’attendre la fin du mois. Sans décision de lancement, pas de possibilité de signer les contrats (pour les locaux, les véhicules…) et de procéder aux différentes nominations. L’élément précurseur de 70 personnes à Bamako va vite se retrouver dans un certain vide juridique, difficile à prolonger. Et tout l’ensemble risque d’être reporté de quelques jours. Côté européen, on reste attentif à la suite même si l’incrédulité devant ce mic-mac belge perce. « C’est totalement incompréhensible » confie un militaire européen qui découvre les “raffinements” de la politique belge.

Un kern rapidement convocable

Du côté du groupe PS à la Chambre, le ton est identique voire plus dur. Christophe Lacroix, l’expliquait lors d’un débat tenu fin janvier. « En ce qui concerne l’opération de formation de l’armée malienne, pilotée par l’Union européenne, sachez que notre groupe refuse de la financer simultanément avec l’intervention militaire Serval ». Dans tous les cas, un “kern” (réunion de conseils des ministres restreint) pourrait se tenir rapidement. « A tout moment, même le week-end » nous a-t-on confirmé au “16″ (le siège du Premier ministre).

Une solution simple… pour résoudre le pataquès belge

La solution parait simple sur le papier. Il suffit que les hélicoptères soient rapatriés sur Bamako et de leur donner un double rôle à la fois pour Serval et EUTM. Ce qui permet à la fois de respecter le mandat donné par le gouvernement et le parlement belge et de démarrer la mission. Oui mais voilà. Au cabinet de De Crem, on ne comprend pas. « Ce sont les Français eux-mêmes qui nous ont demandé de nous établir à Sévaré. » Effectivement l’unité chirurgicale (Rôle 2) à laquelle était rattachée les hélicoptères aurait dû « normalement être établie à Bamako mais, à la demande de la France, elle l’a été à Sévaré ». Lors de la dernière réunion informelle des ministres de la Défense, en début de semaine à Dublin, le ministre belge a été très prudent, dans la salle, selon nos informations, refusant de s’engager et se contenant de citer son homologue français Jean Yves Le Drian.

La question du financement

Cette “difficulté” repose la question de la prise en charge par le budget commun des opérations militaires (Athena) de certaines dépenses. Ce ne serait que logique que les moyens d’évacuation médicale. B2 a posé la question aux spécialistes de la question. Le budget de 12 millions d’euros dévolus à la mission « ne permet pas cette prise en charge ». Et augmenter ce budget est une autre paire de manches. « Délicat » serait le mot. Certains pays – gros contributeurs (Allemagne, Pays-Bas…) – sont toujours réticents à toute augmentation de ce budget. Ce ne serait cependant que logique. L’évacuation médicale a été mise comme condition au lancement et à la participation de la mission par plusieurs Etats membres. Elle est nécessaire à la mission. Et le coût est raisonnable pour les pays. Selon les chiffres obtenus par B2, sur la base du coût chiffré par le ministère belge de la Défense (6,9 millions d’euros), l’augmentation du budget commun se traduirait par une augmentation de la contribution allemande de 1,4 millions d’euros, la contribution française de 1,1 millions d’euros, etc.

Pas d’hélicoptères, pas de mission

A l’heure du bouclage de ce papier, aucune réponse n’était parvenue coté belge. Et aucune autre solution alternative envisagée ou envisageable n’était possible. Avec une conséquence : « sans hélicoptères, pas de décision de lancement de la mission, lundi » comme l’a confié à B2 un militaire.

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A Dublin, enjeu : trouver 2 hélicoptères pour EUTM Mali

Le général Aherne (premier plan), le contre-amiral Tarrant (arrière plan à gauche) et le général Lecointre (arrière plan à droite) au début de la réunion des ministres de la Défense à Dublin (© NGV /Bruxelles2)

(BRUXELLES2 à Dublin) Les ministres de la Défense de l’UE (ou leurs représentants) réunis dans la salle de conférences du Chateau de Dublin abordent, ce matin (13 février), la question des opérations. Sur la table : la future opération de formation de l’armée malienne (EUTM Mali), la réorientation de la mission de formation de l’armée somalienne (EUTM Somalie) et l’opération Atalanta. Les trois chefs d’opération : le général français F. Lecointre, le général Irlandais G. Aherne et le rear-admiral britannique B. Tarrant sont présents. Deux questions sont plus cruciales. Il s’agit de terminer la génération de forces pour l’opération EUTM Mali. Et de voir comment sera effectué le déplacement de la mission EUTM Somalie vers Mogadiscio (elle est actuellement en Ouganda).

Pour EUTM Mali, le seul point bloquant reste les hélicoptères d’évacuation médicale. Plusieurs options sont ou pourraient être envisagées avec d’autres pays (Royaume-Uni, Luxembourg…). Mais la solution la plus logique serait la Belgique, dont les hélicoptères sont déjà sur place. Le ministre de la Défense, Pieter de Crem, qui ne devait pas être présent à l’origine, a finalement fait le déplacement. Signe d’un intérêt important pour cette réunion (outre le partenariat avec l’OTAN). Si des confirmations ne pourraient pas être annoncées tout de suite, un mouvement pourrait donc se faire. Pour avaliser toute décision belge, il faudrait réunir ensuite un conseil restreint des ministres (un Kern). Mais celui-ci peut intervenir rapidement, a confirmé un officiel belge. « On peut réunir un kern à tout moment, si besoin un week-end ». A suivre…

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La mission EUTM Mali retardée… par la Belgique

Les hélicoptères belges AB 109 ne peuvent franchir le 17e parallèle. Un peu inutiles ? (crédit : ministère belge de la Défense)

(BRUXELLES2) Même si la Belgique ne l’avait pas proposé officiellement, tout le monde comptait sur les hélicoptères belges pour assurer l’évacuation médicale lors de la mission européenne de formation de l’armée malienne (EUTM Mali). La solution paraissait évidente. Les hélicoptères belges sont déjà sur place, au Mali, à Sévaré plus exactement, et opérationnels depuis quelques jours… Opérationnels d’ailleurs est un bien grand mot ! Selon un aviateur, les hélicoptères Agusta A109 ont une limite opérationnelle les empêchant de voler au-delà du 17e parallèle (pour cause de vent de sable). En clair pas au-delà de la boucle du Niger. Une solution possible était de mettre ces hélicoptères à disposition à Bamako, au titre des deux opérations (Serval et EUTM Mali). Avec l’avantage qu’ils soient pleinement opérationnels. Le ministère belge de la Défense n’a, pour l’instant, pas donné suite à cette requête.

En attente d’une évaluation

Entre le ministre de la Défense, Pieter de Crem (CD&V, chrétien-démocrate flamand) et le Premier ministre, Elio de Crem (PS), on ne peut pas dire que l’ambiance soit au beau fixe. Au ministère de la Défense, on renvoie toute question sur EUTM au « 16 » (le 16 rue de la Loi, siège du Premier ministre. Chez le Premier ministre, on rappelle le contexte. « Le Conseil des ministres belge a pris la décision d’un soutien logistique à l’opération Serval, le 15 janvier » a expliqué le porte-parole du Premier ministre à B2. Une position « expliquée au Parlement, qui spécifie expressément qu’il y aurait une évaluation préalable avant (toute autre décision). En début de semaine (lors d’un Kern exceptionnel), le gouvernement a confirmé cette position, évoquant la possibilité de participation belge à EUTM Somalie (sous réserve de cette) évaluation. Si l’évaluation est positive, le gouvernement pourrait décider l’envoi d’instructeurs ou de forces protection ou la mise à disposition des hélicoptères. » Quand aura lieu cette évaluation et qui doit le faire ? Personne n’est capable de le dire au 16 (le siège du Premier ministre). Et pour cause… C’est au ministre de la Défense, Pieter de Crem, et au ministre des Affaires étrangères, Didier Reynders, de normalement produire cette évaluation. Mais ni l’un ni l’autre n’ont apparemment fourni ce document en temps et en heure (notamment pour la réunion du kern, le conseil des ministres restreints) ainsi que la définition des besoins. En attendant, ce sont les vacances, sacrées pour Pieter De Crem. Et Didier Reynders part en voyage officiel en Algérie, Mali et Côte d’Ivoire… Donc cela pourra attendre encore quelques jours, voire semaines.

Blocage de fait de la mission

La question est cependant plus qu’urgente. Le chef de mission européenne devait rendre un avis que la génération de forces était positive. Avis qui conditionne le lancement de la mission. Sans hélicoptères d’évacuation médicale, pas de génération de force positive, donc pas de lancement de mission. La seule solution serait alors de trouver un autre pays qui pourrait, en urgence, remplacer les Belges. Les regards se tournent vers Vienne (Autriche). Mais il faut un peu de temps pour convaincre les Autrichiens ! Surtout que le ministre de la Défense Darabos doit faire face à une bronca de l’opposition après le référendum raté sur l’abolition de la conscription.

Une candidature de Pieter de Crem à l’OTAN qui trouble le jeu

En coulisses, ce qui peut s’apparenter à un refus est dû à un mouvement d’humeur entre le ministre de la Défense, Pieter de Crem (*), qui est parti… un peu trop vite sur l’opération française et le Premier ministre, Elio di Rupo. Une guerre pichrocholine en quelque sorte qui a cependant un résultat majeur : retarder le lancement de la mission EUTM Mali. Il ne faut pas être trop devin pour voir que la candidature de Pieter de Crem au secrétariat général de l’OTAN n’est sans doute pas étrangère à cette soudaine position très réticente du ministère belge de la Défense sur une opération européenne. Selon nos informations, le général Lecointre aurait même proposé le poste de conseiller politique (POLAD) de la mission à ses côtés à un Belge. Mais aucune candidature n’a encore été proposée. Ce qui est une première !

Le message n’est pas passé

François Hollande et Elio di Rupo devaient s’entretenir de cette question en marge du sommet européen. Mais, apparemment, le président français n’a pas saisi l’importance du message. Et après plusieurs heures de négociation, il avait la tête ailleurs. Il a ainsi juste félicité son homologue belge pour le soutien apporté à l’opération française. En oubliant de lui parler de l’opération EUTM Mali.

Commentaire : la Belgique nous avait habitué à une autre attitude dans les opérations européennes. En prenant une position à contre-courant non seulement de son étiage habituel mais aussi de tous les Européens, elle se retrouve en bon dernier de la classe européenne pour une opération qui rencontre un large soutien politique. Tout cela pour d’obscures raisons politiciennes ou de carrière personnelle. Dommage…

(*) Le ministre de la Défense ne sera d’ailleurs pas présent à la réunion informelle des ministres de la Défense de Dublin.

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Medevac Belge en route vers le Mali

Un Helicoptère A109 (crédit : composante air de l’armée belge)

(BRUXELLES2) Ce dimanche s’est envolé de l’aéroport de Melsbroek (l’aéroport militaire de Bruxelles Zaventem), un Airbus A-330 avec à son bord le personnel du détachement Hélicoptère (une quarantaine de personnes) et le matériel nécessaire à leur mission. Destination : Lomé au Togo. Un Iliouchine 76, affrété par l’armée belge, devrait suivre, lundi,  à destination de Bamako au Mali, transportant deux hélicoptères A109 médicalisés. Ils seront opérationnels à partir du 28 janvier servant d’évacuation médicale vers un centre hospitalier. Ils pourraient être basés à l’aéroport de Gao qui vient d’être reconquis par les forces françaises et maliennes.

« Les détachements belges engagés dans l’opération SERVAL servent sous le commandement français », précise-t-on côté belge. C’est le deuxième volet de l’engagement belge dans l’opération française de reconquête au Mali. Les avions de transport C-130 ont été engagés rapidement. L’un se « trouvait déjà dans la région » ; ayant effectué un vol de transport vers le Tchad au titre du commandement européen de transport EATC. L’autre est parti le 15 janvier après-midi de Melsbroek à destination de Solenzara (en Corse) avant de rejoindre la Côte d’Ivoire. Basés à Abidjan en Côte d’Ivoire, depuis le 17 janvier, ils « ont effectué 11 vols pour le compte de l’opération SERVAL » indique-t-on au service de presse de l’armée belge.

Le gouvernement belge avait décidé, le 15 janvier dernier, décidé de soutenir l’opération française SERVAL en fournissant un support logistique en capacité de transport aérien et en capacité d’évacuation médicale. Décision approuvée par une résolution de la Chambre des députés le 17 janvier.

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La capacité d’entrer en premier…

(BRUXELLES2, opinion) La réflexion entamée avec le Livre blanc sur un nouveau format pour l’armée française commence à entrer dans le vif. Et d’une façon générale, plusieurs méthodes peuvent permettre de tenter de cerner ce que sera l’armée française du futur.

  • Premièrement, définir le rang que la France doit tenir face aux menaces et au monde. Malheureusement, elle ne peut plus aujourd’hui tenir tout ce qui a fait sa force dans le passé. L’économie française n’est qu’au cinquième rang mondial talonnée par le Brésil (l’Inde rattrape l’Italie). C’est un fait. Il n’est pas nécessaire de pleurer sur le passé. Et la crise financière de la zone Euro a un effet structurel. On a changé d’époque.
  • Deuxièmement, voir ce que la France peut avoir, vu la crise budgétaire, soit de façon isolée ou de façon groupée. C’est tentant. Dans ce cas, la défense devient la clé d’ajustement d’autres décisions. Mais c’est un risque. Les coupes vont être faites de la façon la moins douloureuse possible, selon des choix politiques conjoncturels. Ce n’est pas automatiquement tenable à moyen terme.
  • Troisièmement, raisonner sur ce qui fait la spécificité française, son apport particulier dans la défense européenne, ce que les autres ne peuvent pas (lui) fournir. Cette approche me paraît tout aussi pertinente.

La capacité d’entrer en premier, spécificité française

Qu’est-ce qui qualifie l’armée française ? C’est essentiellement sa capacité opérationnelle “d’entrer en premier”, combiné à un système politico-militaire qui permet d’aller vite, “pulse” bien, et une disponibilité de planification qui couvre une large palette d’action. Le tout étant globalement accepté par l’opinion publique, du moment que l’intervention est justifiable pour des objectifs extérieurs et pas seulement par l’intérêt français (*). C’est ce qui fait vraiment la spécificité française parmi les pays européens. Elle est, en ce sens, unique. Cette qualité de “précurseur”, l’intervention au Mali l’a mis en évidence (avec l’armée de terre en pôle position) comme l’intervention en Libye l’avait démontré (coté armée de l’air et marine). Au niveau Européen, seul le Royaume-Uni peut avoir la même approche (et encore… car les Britanniques, à part les Malouines, et le Sierra Leone en 2000). Et du coté de l’OTAN, seuls les Etats-Unis remplissent une fonction identique (Mais la France n’a pas le même budget de la Défense, ni le PiB).

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Or, avoir la capacité d’entrer en premier – des hélicoptères, des commandos, des avions de chasse, du renseignement, des avions de transport, des blindés de protection, des forces terrestres, sans compter les navires ou les planificateurs, etc… Tout cela a un certain coût, surtout quand on voit qu’à côté de cela il faut entretenir une force nucléaire maritime et aérienne qui nécessite un autre rythme et d’autres sujétions. Il va falloir choisir : soit abandonner certaines des capacités, ce qui est dangereux, soit les partager en bonne intelligence…  Le critère de sélection serait alors : est-ce nécessaire, ou non, à la capacité d’intervention ? Tout le reste devra être mis en pooling and sharing, non plus de façon anecdotique mais de façon systématique, pour dégager des économies significatives. La formation, la maintenance, les pièces détachées par exemple… Il va falloir accélérer ces partages de moyens, en les dotant de mécanismes propres à préserver cette capacité de précurseur.

Ce partage pourra être réalisé avec d’autres pays mais aussi en interne, au niveau national. Les différents ministères (intérieur, défense, équipement…) doivent examiner comment certaines structures peuvent être partagées. Ce dispositif aurait l’avantage de préserver la rapidité de la chaîne de commandement. A cette recette du pooling and sharing, actuellement développée, on pourrait aussi concevoir une autre modalité de partage : sur le temps. Par exemple la France entre en premier, l’Allemagne ou d’autres pays suivent ensuite quelques mois après. En résumé, il faut creuser toutes les possibilités de partage, à tous les niveaux, territorial, fonctionnel, temporel.

Choisir sur le nucléaire

Enfin, on ne peut éluder le nucléaire. Sanctuarisé, pour ne pas dire gélifié, il grève certaines capacités. Faire un choix sur le nucléaire parait imparable. Même si cette technologie a apporté une puissance à la France et aussi un apport important en termes techniques, elle me parait aujourd’hui moins significative qu’avant, en termes de force puissance. Qu’est-ce qui fait la force politique de la France ? Est-ce son réseau diplomatique, sa force de négociation présente sur tous les pans du globe, ses instituts culturels, ou l’arme nucléaire ? Il ne faut pas nier non plus qu’avec l’acquisition de cette arme par de nouveaux acteurs, cela contribue à la démonétiser. Car le posséder n’est plus aujourd’hui l’apanage de quelques uns – sur les doigts d’une main – mais sur les doigts de plusieurs mains. On peut donc légitiment se poser la question si une permanence totale sur les deux plans, maritime et aérien, est aujourd’hui justifiée au regard de l’autre enjeu essentiel : “l’entrée en premier” !

(*) Ce qui place la France en contradiction avec l’Allemagne où la notion d’intérêt national est une condition non écrite de l’intervention

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