ServiceDiplomatique

Le chef du Service diplomatique nommé officiellement

Pierre Vimont et David O'Sullivan en réunion dans une des salles du conseil des ministres (© NGV)

(A Luxembourg) Cathy Ashton, la Haute représentante de l’UE pour les affaires étrangères, n’a pas trainé ! Quelques jours à peine après l’adoption par le Parlement européen des derniers règlements nécessaires (1) à la mise en place du service européen d’action extérieure (alias le service diplomatique), et aussitôt ces règlements avalisés par les 27 ministres des Affaires européennes, réunis à Luxembourg, elle a annoncé, publiquement, les premiers noms du “top”. Aucune surprise de dernière minute. Ainsi qu’annoncé (2), c’est le Français Pierre Vimont qui prend la tête du service, au poste de “secrétaire général exécutif“. Et l’Irlandais O’Sullivan au poste de “Chief Operating Officer” (*).

NB : Les deux autres nominations de secrétaires généraux adjoints devraient suivre dans la semaine (sans doute mercredi). Il s’agit de l’Allemande Helga Schmidt et du Polonais Maciej Popowski (3).

«J’ai promis de nommer les plus brillants et avec Pierre Vimont et David O’Sullivan, j’ai fait exactement cela » a commenté Cathy Ashton. « Pierre est tenu en très haute estime par la communauté diplomatique et apportera une richesse de connaissances et d’expertise sur les questions de politique étrangère. David a servi avec la plus grande capacité dans la Commission européenne, tout comme une expérience diplomatique. Dans leurs rôles respectifs, ils contribueront à créer un service diplomatique européen dont la population européenne pourra être fière », a déclaré Catherine Ashton.

Ces mots ne sont pas volés. Avec ces deux diplomates de haut vol, et ceux/celles qui vont suivre (les deux secrétaires généraux adjoints puis les directeurs généraux), le service diplomatique a une tête, bien faite, bien équilibrée et qui dispose de nombreux appuis dans tous les rouages européens comme dans plusieurs Etats membres. Ce qui est essentiel…

(*) Je n’ai pas de traduction à proposer, en gros un secrétaire général au sens habituel du terme, c’est à dire un directeur “administratif” là ou le premier est essentiellement politique. Le Conseil utilise le terme de “Directeur général administratif”. Qui n’est pas une expression très heureuse. Je préférerai celle de “Secrétaire général administratif”. Et si on pouvait prendre une parabole, je pense que l’image la plus juste serait celle du DOS Disk Operating System, le logiciel qui permet à un ordinateur ou système informatique de fonctionner et de lire les programmes.

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Service diplomatique : feu vert du Parlement. La voie est libre…

Ouf ! Chez Cathy Ashton, la Haute représentante de l’UE pour les affaires étrangères, on peut sabler le champagne. Le Parlement européen a, finalement approuvé, le 20 octobre, les deux règlements “statut du personnel” et “financier” nécessaires à la mise en place du service diplomatique. Une approbation prévisible ainsi que relaté sur Bruxelles2 (1). Les “choses sérieuses” vont pouvoir commencer. La nomination notamment du quatuor de direction devrait etre faite très rapidement, dans les jours à venir (2).

Une affaire réglée en six mois

Il aura, sans doute, fallu un peu plus de temps que prévu. Mais, honnêtement, dans un circuit législatif européen, voire même national, moins d’un an pour préparer, négocier et faire approuver une législation aussi importante, qui met en place une nouvelle institution européenne, ce n’est pas long. Et c’est même plutôt un record. Certes le Parlement européen n’a pas réussi à avoir le dernier mot. Mais en matière de politique étrangère, jusqu’ici, il n’avait pas le droit de regard (à part de grandes déclarations qui n’avaient pas d’importance). Mais il a réussi à mettre sa patte quelques points : l’équilibre géographique et hommes-femmes de recrutement, le controle budgétaire, .

La majorité a été large

Comme un seul homme pourrait-on dire, le Parlement a voté les règlements nécessaires au SEAE. La majorité est large et ne suscite aucune discussion : 578 voix pour, 39 contre et 28 abstentions pour le règlement « financier », 513 voix pour, 51 contre et 98 abstentions pour le règlement « personnel », par 608 voix pour, 41 contre et 11 abstentions pour le budget rectificatif 2010.

NB : ce blog suit l’évolution. A partir d’aujourd’hui, la rubrique “Haut représentant” se distingue de celle du “service diplomatique” qui aura sa propre existence désormais.

Les principaux points obtenus par le Parlement

L’équilibre géographique et hommes / femmes

Côté géographique, le personnel du SEAE devra comporter “une présence appropriée et significative de ressortissants de tous les Etats membres“. Afin d’assurer un équilibre entre les genres dans le nouveau service diplomatique, le texte précise aussi que des « mesures appropriées » seront prises pour promouvoir l’égalité des chances pour le sexe sous-représenté dans certains groupes de fonctions. Et à la mi-2013, la Haute représentante devra remettre un rapport pour vérifier la bonne application de ses clauses. Cette clause est accompagnée d’une déclaration qui décrit les mesures à prendre, comme l’échange de bonnes pratiques.

60% de diplomates européens

Lorsque le SEAE aura atteint sa pleine capacité, les fonctionnaires de l’UE devront représenter au moins 60% du personnel au niveau administrateur et au moins un tiers de l’ensemble du personnel du SEAE devrait provenir des services diplomatiques nationaux.

Recrutement ouvert en 2013 aux fonctionnaires du Parlement

Le Parlement a obtenu qu’à partir du 1er juillet 2013, le recrutement soit ouvert aux fonctionnaires des autres institutions européennes… donc du Parlement Européen (une clause cependant contestée par la Cour des comptes (3).

Relations avec les ambassadeurs de l’UE

Avant d’entrer en fonction, les ambassadeurs / chefs de délégation de l’UE “doivent parfaire une formation spécifique portant sur les tâches et les responsabilités des ordonnateurs et sur l’exécution du budget“. Les chefs de délégation “coopèrent pleinement” avec le Parlement, fournissent les informations supplémentaires nécessaires et il peut leur être demandé d’assister à des réunions des organes concernés, est-il précisé (essentiellement dans un considérant).

Un budget sous controle

Le budget du SEAE est identifié spécifiquement, par une section budgétaire propre, avec une structure budgétaire et un plan des effectifs. Il est soumis à l’accord du Parlement, qui le contrôle et vote la « décharge » à la fin de son exécution. La Commission reste en charge du budget de fonctionnement du service. Elle devra fournir au Parlement Européen et au Conseil, question de transparence, un « document de travail détaillé présentant toutes les dépenses administratives et opérationnelles relatives à l’action extérieure de l’UE, ainsi que le projet de budget de l’UE ». Elle reste comptable du budget et peut retirer la délégation de paiement donné à un chef de délégation.

Une réserve sur le budget 2011

Si le Parlement demande au Conseil d’adopter au plus vite le budget rectificatif 2011 pour que le service européen pour l’action extérieure « puisse commencer à fonctionner avec des moyens suffisants dès le tout début de 2011 », il a dans le meme temps décider de mettre sa menace à exécution et « de placer les crédits en réserve en attendant que la (Haute représentante) consulte les organes compétents du Parlement sur les priorités à poursuivre au moyen des ressources libérées par la fusion des structures actuelles de la Commission et du Conseil ». Une mesure sans conséquence si elle est levée dans le mois suivant (comme on s’y attend à Bruxelles).

A noter que par lettre rectificative de 2010, 170 nouveaux postes sont créés, répartis entre les délégations et le siège. Cout, y compris les dépenses de fonctionnement liées : 9,52 millions d’euros.

Lire également :

Les textes à télécharger

le Règlement Personnel

le Règlement Financier

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SEAE : dernière ligne droite ou baroud d’honneur du Parlement européen ?

Le Parlement européen doit voter cette semaine les deux projets de règlements, financier (1) et personnel (2), du service européen d’action extérieur (SEAE). C’est la dernière pièce du dispositif légal qui va permettre de passer à une autre séquence pour le service diplomatique de l’UE : la mise en place de la structure du service, à commencer par la nomination du quatuor de direction (3), puis des directeurs et enfin la fusion des services entre les bureaux du Conseil et de la Commission. Une autre paire de manches !

Un baroud d’honneur du Parlement

Le Parlement semble bien décidé à se livrer à un (dernier) baroud d’honneur. Il a ainsi gelé dans le budget 2011 comme dans l’additif au budget 2010, les 118 nouveaux postes (4), selon un projet d’amendement de la commission des affaires étrangères. Pour Franziska Brantner (shadow rapporteur pour le groupe des Verts), c’est une question de principe : « nous n’avons même pas eu de débat sur ce que vont faire ces nouveaux recrutés. C’est une question politique qu’il faut discuter. On ne doit pas inventer de nouvelles priorités mais mettre des postes en face de nos priorités, (…) sinon il y a décalage entre ce qu’on dit et ce qu’on fait. »

Et F. Brantner de donner quelques exemples concrets : « Si on veut agir sur Pakistan et Afghanistan, on doit avoir des personnes qui suivent ce sujet. (…) Aujourd’hui, au niveau de l’UE, pour suivre les sanctions, qui sont une part importante de la politique étrangère, il y a 1,5 personne ! Là où on devrait en avoir 10 peut-être… » Elle confirme aussi ce que nous avions pu constater sur Bruxelles2 (5) : « Il n’y a pas un seul poste pour la gestion de crises et la prévention de conflits. C’est dommage. Alors que Ashton parle de sécurité et prévention ». De la même façon, insiste l’eurodéputée allemande, sur un thème qui est cher aux Verts, « j’espère que la décision de 2009 sur la médiation sera mise en place, sous l’autorité d’un Secrétaire général adjoint. Peu d’Etats ont cette capacité (la Finlande, l’Autriche, la Suède). Mais on peut développer cette expertise. » (6)

Pour autant, le Parlement ne semble pas vouloir aller au clash. « Cette réserve devrait être levée dès que la Haute représentante aura engagé, elle même, à consulter le Parlement sur ses priorités de personnel avec le service » précisent les parlementaires. Et sur les autres points, comme l’équilibre géographique ou l’équilibre hommes femmes les auditions des ambassadeurs, ainsi que le contrôle de certaines missions PeSDC, un accord pourrait être trouvé qui débloquerait la situation.

Avoir un meilleur équilibre hommes femmes

Autre sujet de préoccupation pour le Parlement : l’équilibre géographique et l’équilibre hommes femmes. « On insiste sur ce point » explique l’eurodéputée allemande (cf. amendements de compromis 39 et 40 sur le rapport Rapjay). Comme plusieurs députés, elle s’estime cependant « assez sceptique » sur l’idée de quotas, défendue par certains députés de l’Est comme Jacek Saryusz–Wolski. « C’est difficile à faire fonctionner ». Une idée pas reprise dans le rapport. En revanche, le Parlement européen devrait demander un meilleur équilibre hommes femmes, en prenant en compte les spécificités diplomatiques. « Bien souvent il y a des problèmes concrets, d’emploi, de garde des enfants… » explique F. Brantner. « Mais d’autres Etats ont bien trouvé des solutions, par exemple la Suisse. Il faut s’inspirer des bonnes pratiques des autres ». Une disposition qui devrait être intégrée en partie dans le futur article 3 du règlement, et sous forme d’une déclaration de la Haute représentante.

Possible compromis sur l’audition des ambassadeurs

Sur la question de l’audition des ambassadeurs (4), un compromis semble se dessiner entre une partie des auditions à huis clos et une autre partie en public.

Restera le budget de la PeSDC, qui obéit à un autre impératif de calendrier (celui du budget 2011) certaines des missions, les plus grosses, bénéficieront d’une ligne budgétaire séparée (6). « Il existe une grosse lutte pour avoir une ligne budgétaire par mission. Et le Conseil veut garder sa politique. Mais pour nous, c’est une question de contrôle démocratique. »

Bref la voie est à l’apaisement, car pour plusieurs députés il est temps que « le service diplomatique démarre ».

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Télécharger les projets de rapports :

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Le projet de règlement du “personnel” n’est pas tout à fait conforme…

Le Parlement européen risque de ne pas vraiment apprécier l’avis de la Cour des comptes sur le projet de règlement du personnel pour le service diplomatique européen. Rendu fin septembre, la Cour fait une série de recommandations à la Haute représentante. Elle considère, notamment, que quatre dispositions du futur règlement ne sont pas vraiment conformes (dont celle permettant le recrutement de personnel venant du Parlement européen) et qu’une autre mérite clarification…

Deux principes semblent avoir guidé les juges : d’une part, le texte de la décision de départ qui fixe le cadre du service et, d’autre part, le principe d’égalité de traitement, un principe constitutionnel au plan européen mais qui est aussi important au plan opérationnel. Créer un service nouveau, « homogène, doté d’un esprit de corps adéquat » est un « défi important » précise la Cour qui indique qu’une condition préalable au succès sera que le personnel des différentes composantes du SEAE bénéficie d’une « égalité de traitement (avec) les mêmes droits et obligations, qu’il s’agisse de fonctionnaires de l’Union ou d’agents temporaires provenant des services diplomatiques des États membres ».

Pas de recrutement possible hors des “trois sources”

Cette disposition permet au haut représentant « à partir du 1er juillet 2013 au plus tard », d’examiner les candidatures non seulement des fonctionnaires du Conseil, de la Commission et du SEAE ou des membres du personnel des services diplomatiques nationaux, mais également des fonctionnaires des autres institutions (nouvel article 98 du statut). Une disposition destinée essentiellement à se concilier les bonnes grâces du Parlement européen et lui permettre certains de ses fonctionnaires incorporer le service diplomatique. La Cour estime que cette disposition « n’est pas conforme aux dispositions de l’article 27, paragraphe 3, du TUE, selon lesquelles le SEAE est composé de fonctionnaires des services compétents du Secrétariat général du Conseil et de la Commission ainsi que de personnel détaché des services diplomatiques nationaux ». C’est clair et sans nuances. Et cela risque de faire râler dans quelques “chaumières” parlementaires.

Inscrire la priorité de recrutement des diplomates nationaux

La Cour estime également que la « priorité » accordée aux candidats des services diplomatiques nationaux des États membres, n’est pas suffisamment garantie. Ne pas le mentionner dans le texte du statut ou du RAA « n’est pas conforme à la finalité de la proposition » estime-t-elle, recommandant donc d’incorporer « toutes les dispositions » dans le corps du texte du statut et du RAA modifiés ou dans leurs annexes, ce « par souci de clarté et de sécurité juridique ».

Etre plus précis sur la nomination des chefs de délégation

C’est  normalement le Haut représentant qui exerce les pouvoirs conférés à l’autorité investie du pouvoir de nomination (AIPN en jargon “Schuman”). Mais une procédure spécifique est réservée aux ambassadeurs / chefs de délégation, qui devront toujours exécuter certaines missions sous les ordres de la Commission. Aussi les nominations sont exercés « sur la base d’une liste de candidats approuvée par la Commission dans le cadre des pouvoirs qui lui sont conférés par les traités » (nouvel article 95 du Statut).  La Cour estime cette notion plutôt floue. « Par souci de clarté », elle recommande de préciser « clairement auxquels des pouvoirs conférés à la Commission il est fait référence dans ce contexte » et d’indiquer « qui sera appelé à établir la liste de candidats proposée à la Commission pour approbation ».

Le départ en retraite : 67 ans ou 65 ans

Le fait que les diplomates nationaux – qui auront le statut d’agents temporaires – puissent rester en activité jusqu’à l’âge de 67 ans (nouvel article 50 quater §3 du Règlement applicable aux autres agents RAA) mais pas les autres n’est « pas conforme au principe d’égalité de traitement de l’ensemble des agents de même catégorie ». (65 ans normalement pour le reste de la fonction publique européenne).

Pas de double détachement

De même, la Cour s’oppose aux doubles détachements. Une disposition permettant au service diplomatique de détacher auprès d’un autre service du personnel déjà détaché des services diplomatiques nationaux (nouvel article 50 quater §1). « La Cour ne voit pas l’intérêt d’une telle disposition, qui serait contraire au bon fonctionnement du SEAE et qui pourrait aboutir à des procédures complexes et manquant de transparence. »

Télécharger l’avis

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Nouveau coup de sang entre Cathy Ashton et le Parlement européen

L’audition par le Parlement européen du premier des ambassadeurs de l’UE nommés récemment (1) qui devait avoir lieu ce mardi, n’aura pas lieu. Cathy Ashton, la Haute représentante de l’UE pour les Affaires étrangères, en a décidé ainsi. « L’audition n’est pas annulée – a précisé la porte-parole à Bruxelles2. « Elles sont reportées simplement ». Raison officielle avancée chez Cathy Ashton : « toutes les formalités de recrutement (administratives, médical, …) ne sont pas terminées ». Cela c’est la première raison, l’autre raison, c’est que la Haute représentante ne souhaite pas que ces « auditions aient lieu en public mais à huis clos, conformément à l’accord conclu avec les parlementaires », les auditions précédentes (Uzackas, Vale de Almeida s’étaient effectivement déroulées à ” huis clos”. Chez Me Ashton, on craint comme les accréditations auprès des Etats tiers ne sont pas terminées, qu’elles soient compromises. « Ce sont des procédures diplomatiques ».

D’autre raisons expliquent également ce (nouveau) durcissement des rapports entre la Haute représentante et le Parlement européen, qui reste toujours bien décidé à mettre le « pied dans la porte » du service diplomatique, comme nous l’avons déjà écrit (2). Les parlementaires ont ainsi exprimé à plusieurs reprises leur mécontentement face à certains recrutements. Ils estiment que l’équilibre géographique, notamment, n’a pas été respecté. Ils ont joint le geste à la parole en insérant plusieurs projets d’amendement dans le règlement en cours d’adoption sur le personnel du service diplomatique (3).Autre geste de mauvaise humeur, dans l’examen du budget 2011 (4), qui commence d’être discuté aujourd’hui (en commission), comme du budget rectificatif 2010, les parlementaires envisagent de « mettre en réserve » les 118 postes du service diplomatique. Ils estiment n’avoir aucune information sur le profil des personnes recherchées, leur fonction et leur affectation (5).

Tout cela ne plait pas, mais pas du tout, à Cathy Ashton, qui a donc décidé de manifester, à son tour, sa mauvaise humeur.

Lire également :

(crédit photo : Parlement européen)

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Le premier budget du service diplomatique = 8 heures du budget français, 3 Rafale !

Moins d’un demi-milliard d’euros, voici ce que pèse le futur service diplomatique de l’UE. Cela paraît important en chiffres bruts. Rapportés à l’ensemble du budget ou du PIB de l’Europe, cela est … petit, très petit.

3 ou 4 Rafale ou 3 Eurofighter

Le premier budget du SEAE, présenté au Parlement européen, se chiffre, en effet, à très exactement 475,8 millions d’euros, réparti à environ 1/3 pour le quartier général et 2/3 pour les délégations (respectivement 185 et 291 millions d’euros).

Le fonctionnement du service diplomatique (salaires, charges, bâtiments) représente ainsi 0,2 % du budget européen (143 milliards) ou 8 heures du budget de l’Etat français. Ce n’est même pas le coût du bouclier fiscal en France. C’est le prix unitaire de 3 ou 4 Rafale ou de 3 Eurofighter (prix d’achat + cout développement (1)…

On ne peut pas vraiment dire que la « machine » diplomatique européenne coûte chère ! Et quand on parle du faible poids de l’Europe dans le monde, ceci est, peut-être, aussi une explication (pour comparer : le budget de fonctionnement du Département d’Etat américain se monte pour 2011 à 12,3 milliards $ soit environ 9 milliards d’euros).

Le personnel : moins de la moitié du budget

La rémunération du personnel représente la moitié du budget : 212 millions d’euros. Le budget 2010 avait déjà été modifié, à hauteur de 9,5 millions d’euros, pour couvrir la première vague de recrutement : embauche de 100 diplomates (20 au quartier-général, 80 dans les délégations) ainsi que 70 personnels de soutien (10 contractuels à Bruxelles et 60 agents locaux dans les délégations). Le budget 2011 contient, en outre, la création de 18 nouveaux postes au quartier général (2 millions d’euros en 2011) ainsi que l’augmentation des frais de sécurité (3,275 millions d‘euros).

Le reste des charges et recettes provient pour l’essentiel de transferts du budget de la Commission européenne et du Conseil de l’UE qui transfèrent personnel, matériel et bâtiments, et dotation financière permettant au service diplomatique de fonctionner (voir tableaux).

Transferts de personnels (tableau)

Commission Conseil UE Nouveaux postes 2010 Nouveaux postes 1/2011 Total
Siège 675 386 20 18 1 099
Délégations 439 25 80 544
Total 1 114 411 100 18 1 643

Source : Commission européenne

Transfert de bâtiments

Les bâtiments dont héritent le service diplomatique sont, coté Commission : le Charlemagne, le 56 Rue de la Loi 56’, le ‘15 Rue de la Science’ – ainsi que les bâtiments délégations de la Commission européenne dans le monde ; et coté Conseil, la ‘‘rue Froissart’ (qui abrite les représentants spéciaux), le ‘Kortenbergh’ (qui abrite l’Etat-Major militaire), ‘Ecole Royale Militaire’ (qui abrite le comité militaire de l’UE), ainsi que les “offices de liaison à l’ONU” à New-York et Genève. Aucun budget n’est prévu pour de nouveaux locaux au siège si ce n’est un petit montant de 500.000 euros pour couvrir les nouveaux recrutements.

Budget administratif = 193 millions d’euros (tableau)

Commission Council New New 2011 TOTAL
Autres dépenses de personnel (formation, médical, missions…) 29,6 5,0 1,3 0,3 36,2
Bâtiments, IT et autres 118,9 26,6 8,1 3,7 157,3
Dont : – Bâtiments 91,2 12,1 6,0 3,4 112,7
Dont -IT et autres 27,7 14,5 2,1 0,3 44,6
TOTAL 148,5 31,6 9,4 4,0 193,5

Source : Commission européenne

(1) Selon la Cour des comptes, le prix unitaire du Rafale, tel qu’il figure dans le rapport de la Cour des comptes 2010, est de 140 millions d’euros. Soit un prix légèrement supérieur à celui affiché par l’industriel à l’exportation.

Télécharger le tableau budgétaire résumé

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Le « boys & girls band » de Lady Ashton. Son cabinet (maj3)

Depuis sa première composition, le cabinet de la Haute représentante pour les Affaires étrangères de l’UE a bien évolué, avec quelques départs et quelques arrivées.

On peut remarquer qu’il correspond à la composition classique d’un cabinet de la Commission européenne. Chacun de ses membres est ainsi chargé de dossiers du portefeuille (relations extérieures) et doit garder un oeil sur les autres dossiers de la Commission. Lady Ashton étant, aussi, comme vice-présidente de la Commission, un commissaire qui a voix au chapitre au collège sur tous les dossiers, même hors de sa compétence. La composition reflète un équilibre plus abouti qu’au départ, entre ses proches venus de son cabinet de commissaire du Commerce et d’anciens du cabinet Solana. On peut remarquer que nombre d’entre eux ont un passage par le Royaume-Uni (assez logique) ou par les Balkans. Comme tout cabinet, il y aussi quelques “Off”. Voici la composition actuelle.

morrison-copie-1James Morrison (Royaume-Uni) : chef du Cabinet. Chargé de la coordination générale et du SEAE. Un ancien du cabinet Ashton et diplomate britannique pur jus. Parcours : Il a démarré sa carrière à la direction de la nationalité et de l’immigration du Home Office à Londres mais est vite passé, en 1991, Foreign office (FCO) où il a travaillé sur les questions humanitaires et de crimes de guerre. Il a passé ensuite les cinq années suivantes à la Représentation britannique de l’UE traitant des questions de commerce ou d’aide international jusqu’à 1998 (date de la présidence britannique de l’UE). Il retourne, en 1999, au FCO comme porte-parole puis devient secrétaire privé de deux ministres chargés de l’Europe (dans le gouvernement de Tony Blair). Après avoir été chef du département de la PESC (politique étrangère et de sécurité commune), il revient à Bruxelles où il est responsable du team “présidence” lors de la présidence britannique de l’UE en 2005, également en charge des questions de commerce et de relations avec l’Asie. Après un passage au niveau universitaire à la Business School d’Ashridge, il revient à la Commission européenne, en 2008, comme chef de cabinet de Catherine Ashton (Commerce). Tél. +322 299 9156

holm-pedersen_h.jpgHelene-Holm Pedersen (DK) : chef de cabinet adjoint, conseiller “Balkans, Elargissement” ainsi que du suivi du Conseil des Affaires étrangères, suit également les questions de Développement (le commissaire Piebalgs) et de l’Emploi. Une ancienne membre du cabinet Rehn (Elargissement), où elle était chargée de la Bosnie, du Kosovo, du développement et de l’aide humanitaire, ainsi que des relations avec le Conseil et du dossier “consommateurs”. Parcours : Après avoir travaillé avec le haut représentant de la communauté internationale (OHR) en Bosnie et à Bruxelles, à l’OCDE et avec le représentant spécial de l’UE à Skopje, elle rejoint la task-force du secrétariat du Conseil en 2002, sous la houlette du représentant spécial de l’UE, Lord Ashdown. Puis passe en 2005 au cabinet de Olli Rehn (Commmissaire à l’Elargissement). Tél. +322 299 3693

Pelayo Castro-Zuzuarregui (ESP) : conseiller “Moyen-Orient” et “Euromed, UPM, Processus de Barcelone”. Il suit également le processus du SEAE et a en charge le dossier Entreprise – Industrie. Après avoir été administrateur à la commission “Commerce international” du Parlement européen, il était depuis 2007 “assistant personnel” du premier ministre espagnol, Jose-Luis Zapatero. Antécédent utile pour assurer le lien avec la présidence espagnole. Autre parcours : assistant du chef correspondant d’El Pais aux USA. “Junior Officer” à l’office commercial économique de l’ambassade d’Espagne à Bruxelles. Cursus : Masters degree in European Studies du Collège d’Europe de Bruges (promotion Leonardo da Vinci), Master of Science in Foreign Service and Honors Certificate in International Business Diplomacy de l’université de Georgetown (Washington DC), Degree in Political Science de l’université autonome de Barcelone. Sa femme est néerlandaise et ils ont une fille. Tél. +322 299 8111

Nikolay.jpg

Renate Nikolay (DEU) : conseiller “Asie” (Chine, Japon, Corée du sud, Asie du Sud-Est) et relations avec le Parlement”. Elle suit également les dossiers du Commerce (le commissaire de Gucht), du Climat, de l’Environnement et d’Agriculture. Une ancienne du cabinet Ashton (Commerce) où elle avait en charge les relations avec le Parlement et du cabinet de Peter Mandelson (Commerce), en charge des questions de sécurité alimentaire. Elle a commencé sa carrière au ministère allemand des Affaires étrangères.
Tél. +322 299 9033

EvertsSteven.jpgSteven Everts (NL) : conseiller “USA, Canada, ONU” et speechwriter, il a en chargé également le dossier “Energie”. 39 ans. Un ancien du cabinet Solana. Il était le représentant personnel de Javier Solana (Haut représentant) sur l’Energie et la politique étrangère. Parcours: conseiller spécial chargé des relations transatlantiques (Us Canada), de l’OSCE, du Conseil de l’Europe du G8 et des changements climatiques (2005-2008). Chercheur au Centre for European Reform à Londres (1999-2004) et enseignant au college Brasenose de l’université d’Oxford, chargé des relations internationales (1996-1998). Cursus : Né en 1970, diplomé de l’université britannique, doctorat en droit international, avec un titre de thèse, prometteur : “Adapation in Foreign Policy. British and French reactions to German unification”. Il a également étudié à l’université de Leiden (Pays-Bas) en science politique. Tél. +322 295 9413

HallergardCarl-CabSolana-UE.JPG

Carl Hallergaard (SWE) : conseiller “Asie centrale” et suivi du Conseil des Affaires étrangères. Il a en charge également le dossier Terrorisme, Arctique-Norvège, et Administration. Un ancien du cabinet Solana. Il était le conseiller “Balkans” de l’ancien Haut représentant. Parcours : après un stage au cabinet de la Commissaire suédoise, Anita Gradin, il entre à la Commission européenne à l’Office Humanitaire (ECHO (1996), puis passe au secrétariat du Conseil (2000) à la task-force “Balkans” et à l’Unité de Planification de la Politique et d’Alerte Rapide (UPPAR) qui deviendra ensuite l’Unité politique. Cursus : Ecole de Commerce de Stockholm, université en science politique et philosophie, Collège d’Europe de Bruges (1995). Tél. +322 295 9406

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Alice Guitton (FRA) : conseiller “Gestion de crises et PSDC”, “Iran”, “OTAN”. Elle suit également les dossiers Education et Culture, Recherche. Une junior (32 ans) venue du cabinet Kouchner. Diplomate française, elle était jusqu’à présent chef de la mission de gouvernance au Quai d’Orsay depuis mai 2009, après avoir été conseiller au cabinet du ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, chargée des questions des affaires multilatérales et stratégiques (Onu, piraterie…) de 2007 à 2009 (notamment durant la présidence française de l’UE). Première secrétaire à l’ambassade de France à Londres (2005-2007). Rédacteur à la division affaires politiques du quai d’Orsay (2002-2005) après avoir été à la division des affaires économiques, en charge des questions des organisations internationales et de l’ONU (2000-2002). Cursus : études de philosophie à l’Université Sorbonne Paris IV et d’économie (1994-1997), Sciences politiques Paris (1997). Diplômée de l’ENA (promotion Averroès 1998-2000), elle effectue ses stages obligatoires à la préfecture de Creuse et à Pernod Ricard. Elle a été également en stage à la Cour des Comptes européenne (1996) et à la délégation de la Commission européenne à l’OCDE et à l’UNESCO (1995). Tél. +322 295 0076

Alexandros Yannis (GRE) : conseiller “Afrique, Turquie, Kosovo”, il a également en charge les affaires maritimes et de pêche, ainsi que la coopération internationale, l’aide humanitaire et la réponse de crises. Chercheur en sciences politiques, il a travaillé auprès de l’envoyé spécial de l’UE pour la Somalie (1994-1997), puis à la MINUK au Kosovo avec Bernard Kouchner, comme conseiller politique (1999-2000) et au Haut commissariat pour les Droits de l’homme à Genève (2001), avant d’intégrer le Conseil de l’UE comme conseiller Balkans occidentaux à la DG E (extérieur) du Conseil de l’UE. Il a été conseiller politique (Polad) de l’envoyé spécial de l’UE pour le Caucase du Sud (Peter Semneby). Tél. +322 299 8112

Bannerman.jpgEdward Bannerman (UK) : Conseiller G7-G20, Australie – Nouvelle Zélande. Un ancien du cabinet Ashton (Commerce), où il était en charge de la politique transatlantique, de l’OMC, du marché unique, de l’énergie, des fonds souverains et des droits de propriété intellectuelle. Au cabinet de la Haute représentante, il a un rôle plus effacé, mais redoutablement stratégique pour : il a, en effet, en charge de suivre les dossiers “sensibles” qui viennent au collège pour les Britanniques : marché intérieur et services financiers, affaires économiques et financières (l’euro), budget et programmation financière (le rabais britannique), fiscalité, fraude, ainsi que les Thinks tanks. Tél. +322 295 9351

Alexandra Knapton (UK) : conseiller Inde, Sri Lanka, Caraïbes, Pacifique, Amériques latine et centrale. Elle a en charge aussi les ONG, les questions de justice, d’affaires intérieures et de citoyenneté. Parcours : Elle avait en charge certaines de ces questions comme premier secrétaire à la Représentation permanente du Royaume-Uni à Bruxelles (droit civil, citoyenneté, agence des droits de l’Homme). Mais elle a surtout été la “secrétaire privée” de la Baroness quand celle-ci exerçait certaines fonctions ministérielles (notamment sous-secrétaire d’Etat parlementaire au ministère des Affaires constitutionnelles) dans le gouvernement de Tony Blair. Tél. +322 297 6190

Jivka Petkova (BULG) : conseiller “Afghanistan, Pakistan, ONU, Russie”. Ancienne chef de cabinet adjointe de la commissaire chargée des consommateurs, Meglena Kuneva.  Tél. +322 295 0376

jennings-michael.jpgMichael Jennings (UK) : secrétaire privé. Ancien “press officer” de la Commissaire Ashton (Commerce) après avoir exercé la même fonction auprès de Peter Mandelson (depuis 2007). Parcours : chef du service de presse de la délégation de la CE en Chine et en Mongolie (2005-2007). Responsable des relations presse et publiques à Bayer China (2002-2005). Né en septembre 1976. Cursus : masters of letters et master en économie et science ppolitique (1995-1999) au Trinity College Dublin (1995-1999 et 1999-2001), Baccalauréat (Abitur) en Allemand à la Freiherr-vom-Stein Grammar School de Leverkusen (1995). Tél. +322 298 6880

MajaKocijancic.gifMaja Kocijancic (SLO) : porte-parole du HR. Elle était jusqu’ici porte-parole de représentation slovène à Bruxelles et a notamment assuré cette fonction lors de la présidence slovène de l’UE en 2008. Elle était auparavant journaliste correspondant UE et OTAN pour l’agence de presse slovène (STA). Tél. +322 298 6570

Darren Ennis (IRL) : officier de presse. Ancien journaliste de Reuters correspondant affaires européennes à Bruxelles. Tél. +32 2 296 3293.

NB : Le Conseiller militaire de Catherine Ashton est le Général Hakan Syren (SWE), le président du comité militaire.

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Le Parlement convoque 5 nouveaux ambassadeurs pour les auditionner

(mis à jour) La commission des affaires étrangères du Parlement européen a décidé, aujourd’hui, à Strasbourg de procéder à l’audition de cinq des nouveaux ambassadeurs de l’UE (1) : en Chine, au Japon, en Géorgie, au Liban et au Pakistan, ainsi que la nouvelle représentante spéciale de l’UE au Soudan, Rosalind Marsden, nommée au mois d’août (2). L’audition aura lieu devant la commission des affaires étrangères en octobre. Une audition qui aura bien lieu publiquement (et non à huis clos comme annoncé précédemment) ; les coordinateurs des groupes ayant décidé de ne pas retenir le format utilisé précédemment, pour entendre le nouvel ambassadeur en Afghanistan (3) et aux Etats-Unis. Cette nouvelle procédure résulte d’un gentleman agrément conclu entre le Parlement européen et la Haute représentante de l’UE, dans le cadre du nouveau service diplomatique (4).

Comme le Parlement européen ne peut pas, non plus auditionner tous les ambassadeurs, il a convenu de se limiter aux postes “stratégiquement importants“. Même si ces auditions n’ont qu’une valeur limitée, au niveau juridique, il serait difficile à la Haute représentante de valider la nomination d’un ambassadeur si le Parlement exprime un désaveu public. Et le Parlement pourrait être décidé à imposer sa marque en “chahutant” un peu les candidats, sinon ceux-là, au moins les suivants. Comme il l’avait fait pour les auditions des commissaires européens qui n’étaient conçues au départ que comme un simple échange de vues et sont devenues avec la nomination de la Commission Barroso I puis Barroso II, un quasi-droit de récusation, entériné ensuite par le Traité.

Lire aussi :
(1) Les nouveaux ambassadeurs de l’UE. Et les nommés sont…
(2) Rosalind Marsden nommée au Soudan
(3) Usackas (RepSpé Afghanistan) auditionné au Parlement
(4) Le Parlement européen met le pied dans la porte du Service diplomatique

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