La présence maritime coordonnée. Un nouveau concept européen ? Explications

(B2) Le concept de présences maritimes coordonnées a fait irruption lors de la réunion informelle des ministres de la Défense de l’Union européenne ce jeudi (29 août) à Helsinki. Que recouvre-t-il ? Ce qu’il est ? Ce qu’il n’est pas ?

Ravitaillement entre plusieurs navires dans l’Océan indien (crédit : EUNAVFOR Atalanta – Archives B2 – septembre 2018)

Un concept ‘made in‘ détroit d’Ormuz ? Contrairement à ce qu’on pourrait penser, ce n’est pas la situation dans le détroit d’Ormuz et le Golfe qui a déclenché la réflexion. Elle avait commencé auparavant. Mais c’est certain, la tension maritime dans cette zone si stratégique a sûrement aidé à la prise de conscience et à la nécessité d’y réfléchir… plus rapidement.

D’où vient l’idée ? L’idée est dans l’air depuis plusieurs mois, voire plusieurs années dans les couloirs européens. Tout part en fait du bilan de l’opération anti-piraterie Atalanta dans l’Océan indien. Alors que l’option d’une fermeture de l’opération est évoquée, la plupart des opérationnels européens estiment qu’il faut au moins garder le centre nerveux de l’opération : l’échange d’informations entre les Européens tout d’abord mais aussi avec le monde civil, la marine marchande. Une nécessité se fait aussi sentir : maintenir une présence semi-permanente, en cas de résurgence de piraterie. Et la solution est toute trouvée : il s’agit de coordonner les moyens des marines nationales présents pour d’autres missions (Lire aussi : Les huit options pour l’opération anti-piraterie de l’UE (EUNAVFOR Atalanta) dans le futur).

Comment cela pourrait se passer en pratique ? L’essentiel reposera sur l’information. Les pays membres s’échangeront des informations sur leur présence navale dans la zone concernée, comme des menaces ou des incidents rencontrés. Des ‘bulletins de situation’ seront transmis aux États participants. Si nécessaire vu la situation de crise, les Européens pourraient décider de renforcer leur présence ou d’intensifier les échanges. Au besoin, le ‘régulateur’ européen pourrait demander à certains pays de prolonger ou augmenter leur présence, si une crise se profile.

Est-ce semblable aux groupes permanents de l’OTAN (SNMG) ? Cela n’a pas vraiment à voir. En l’espèce, ces groupes malgré leur nom ne sont pas permanents. Ce sont plutôt des missions régulières maritimes, avec un trajet identifié, qui permettent de faire quelques exercices, de la ‘diplomatie navale’, voire de contribuer à des opérations de renseignement ou d’information, le tout sous un commandement otanien (*). Côté européen, le dispositif ne disposera pas du commandement de force navale en soi. Il reposera son action sur les navires déjà présents dans la région, avec un plus : la liaison avec le monde civil. Le dispositif sera réellement permanent. Si on peut le comparer, c’est plutôt un mini-Marcom.

Est-ce une mission ou une opération PSDC ? Non, même si le format peut être semblable, il ne s’agit pas d’une mission ou d’une opération. D’une part, il n’y a pas de chaîne de commandement. Le centre européen n’aura pas d’autorité de commandement. Le dispositif est beaucoup plus léger et repose davantage sur la technologie, l’échange d’informations que sur une emprise maritime.

Comment va-t-on déterminer les zones concernées ? Cela fera partie d’un travail en amont. Les Européens vont déterminer des zones d’intérêt maritime commun. Les critères doivent être encore définis. Mais on peut préciser qu’il y en a trois ou quatre principaux. Premièrement, cela doit être une zone qui a un fort enjeu d’un point de vue stratégique, mais aussi économique ou politique pour, sinon la totalité des États membres, du moins nombre d’entre eux. Deuxièmement, différents moyens européens (à titre national) y sont déjà déployés et la nécessité d’une coordination se fait sentir. Troisièmement, l’intérêt de cette coordination et d’un échange d’informations accru doit avoir une valeur ajoutée par rapport aux autres dispositifs déjà existants. Si une opération de la PSDC est déjà déployée dans la zone, cela ne nécessite pas la mise en œuvre de ce dispositif supplémentaire. Enfin, les États riverains doivent être associés ou désireux de voir les Européens s’impliquer davantage.

Quelle sera la première zone test ? Normalement le Golfe de Guinée. C’est une zone bien balisée. Il existe déjà un programme européen (soutenu par la Commission européenne) pour consolider les pays de la zone et mettre en place un réseau d’information. Les Français avec l’opération Corymbe, comme les Espagnols, Portugais et autres forces sont présents dans la zone. Il y a déjà un centre de coordination, basé à Brest, géré par la marine française. Et le ‘hasard’ fait bien les choses… Ce centre de coordination a pris en charge également la gestion des échanges d’information avec la marine marchande pour l’opération anti-piraterie EUNAVFOR Atalanta (le MSCHOA).

Pourquoi pas le détroit d’Ormuz ? Cette zone correspond à peu près aux différents critères. Mais c’est prendre un risque politique certain. Les débats lors de la réunion informelle des ministres des Affaires étrangères à Helsinki jeudi (29 août) l’ont montré. Les Européens ne tiennent pas à mettre en place une opération dans le détroit d’Ormuz, préférant miser sur la diplomatie avec Téhéran que sur l’option militaire comme l’ont décidé Américains et Britanniques. Démarrer la mise en place d’un nouveau concept militaire par l’aggravation d’une crise politique ne serait pas de bon augure pour la survie de ce concept. Mieux vaut le tester sur une zone avec moins d’enjeux crispants.

(Nicolas Gros-Verheyde)

Lire aussi : Pour construire une Europe de la Défense, il faut travailler avec toutes les marines européennes (RA Gilles Boidevezi)

(*) Les SNMG sont des « forces maritimes multinationales intégrées » composées de façon ad hoc de navires de pays alliés. Ils sont placés temporairement (le temps de la mission) sous commandement de l’OTAN pour effectuer « un large éventail de tâches allant de la présence dissuasive, en passant par la connaissance de la situation, les exercices et la conduite de missions opérationnelles ». Il existe deux formations : deux groupes sont composés de frégates et destroyers chargés de missions plus générales (SNMG 1 et 2) et deux groupes sont axés plus précisément sur la lutte contre les mines avec une vocation plus opérationnelle (SNMCMG 1 et 2).

Un patrouilleur espagnol délivre l’équipage d’un navire attaqué par les pirates dans le Golfe de Guinée

(B2) Le patrouilleur espagnol Serviola (P-71) a libéré ce lundi (6 mai) l’équipage d’un navire battant pavillon maltais détourné par des pirates dans le Golfe de Guinée, annonce l’état-major de la marine espagnole

Une attaque pirate au large de la Guinée équatoriale

Alors qu’il était en patrouille, le ‘Serviola’ a reçu une communication du Centre des opérations et de la surveillance de la marine (COVAM), signalant qu’une attaque de pirates avait eu lieu sur un navire marchand. Le patrouilleur a alors mis les gaz pour se rapprocher de la zone et a fait jonction avec une frégate de la marine de Guinée équatoriale. Lundi 6 mai au matin, ils ont pu libérer les 20 membres d’équipage qui s’étaient réfugiés dans une pièce sécurisée située à l’intérieur du navire.

Un abordage à main armée

C’est dans l’après-midi de dimanche (5 mai) que tout avait commencé. Les marins ont repéré un petit bateau de pirates, avec sept pirates à bord, armés. L’alarme a été déclenchée. Et tout l’équipage a réussi à atteindre le compartiment sécurisé à temps, après avoir signalé l’attaque.

Une fois à bord, les pirates ont demandé avec le mégaphone du navire à l’équipage de se rendre et de remettre tout l’argent à bord. Le capitaine a refusé de quitter la pièce sécurisée, les pirates ont alors percé un petit trou dans celle-ci et commencé à ouvrir le feu sans discernement. Heureusement aucun membre de l’équipage n’a été blessé. Les menaces et les tirs ont tout d’un coup cessé. Les pirates, ayant remarqué la présence d’unités militaires dans la région, se sont enfuis. Mais l’équipage n’a pas osé sortir, sans certitude du départ des bandits.

NB : Ce n’est pas la première fois que le ‘Serviola’ libère un navire détourné au cours du déploiement actuel. En avril dernier, il a déjoué une nouvelle attaque de pirates contre un navire battant pavillon nigérian.

(NGV)

Le BPC Mistral engagé dans Corymbe avec les fusiliers marins portugais

(B2) Après avoir patrouillé conjointement avec la frégate marocaine Allal Ben Abdallah en Atlantique, le bâtiment de projection et de commandement BPC Mistral de la marine française, est en route vers le Golfe de Guinée, escorté par le Commandant Ducuing (F-795), sont arrivés dans le Golfe de Guinée début octobre.

Les fusiliers marins portugais non loin du BPC (crédit : Marine portugaise)

Premier entraînement : l’exercice amphibie Puma II organisé au large de la Côte d’Ivoire, avec le 43e bataillon d’infanterie de marine (43e BIMa) basé à Port Bouët, près d’Abidjan. Objectif : travailler ensemble les différentes techniques de l’amphibie entre marins et marsouins : mise en œuvre de la batellerie, techniques de plageage et de débarquement, mais aussi le commandement et le contrôle des différentes composantes, ainsi que la mise en œuvre des hélicoptères Gazelle sur le BPC et enfin de la lutte contre une menace asymétrique provenant de la mer, signale le ministère de la Défense. Originalité cette année : un détachement de 36 fusiliers-marins portugais est associé à cet exercice. Des exercices amphibies sont prévus, au cours desquels des binômes franco-portugais de fusiliers effectueront des missions de reconnaissance de plage. (NGV)

Six marins capturés au large du Nigeria

(B2) Six membres d’équipage du Demeter, un navire allemand battant pavillon libérien (1), ont été enlevés à environ 34 miles nautiques au sud de Bonny, au Nigeria, samedi (21 octobre) au petit matin (vers 7h).

Alors que le porte-container était en route, une petite dizaine de pirates, venus d’un hors-bord, sont passés à l’abordage. Ils ont pris la fuite avec leurs six otages (1 Hongrois, 1 Ukrainien et 4 Philippins). Le capitaine du navire attaqué, et son second notamment, figurent parmi les otages.

Le navire (IMO 9298636), opéré par la compagnie allemande Peter Doehle Group établie à Hambourg, était parti de Malabo (Guinée Equatoriale) et se dirigeait vers Monrovia, capitale du Liberia. Il a pu poursuivre sa route, une fois les pirates partis, avec les douze membres d’équipage, afin de se mettre à l’abri.

(NGV)

(1) Construit dans les ateliers de Stocznia (Pologne) en 2006,  ce navire long de 220 mètres et qui jauge 41.686 tonnes est un des 300 containers de la compagnie allemande.

BourbonLiberty251 IMO 9573593@Bourbon

Un navire luxembourgeois attaqué dans le Golfe de Guinée. 2 otages

BourbonLiberty251 IMO 9573593@Bourbon(B2) Le « Bourbon Liberty 251« , un navire battant pavillon luxembourgeois dédié à la prospection pétrolière, a été attaqué par des pirates dans les eaux internationales du golfe de Guinée au large du Nigéria, mardi (23 février) a annoncé le groupe Bourbon.

Deux otages : un Russe et un Nigérian

Deux membres de l’équipage, un Russe et un Nigérian, « sont portés disparus et ont probablement été enlevés lors de cette attaque » a confirmé vendredi (26 février), le gouvernement luxembourgeois.

Dix membres de l’équipage, cinq Russes et cinq Nigérians, ont pu se réfugier dans la « citadelle » du navire (zone sûre sur le navire permettant de rassembler l’équipage en se coupant de l’extérieur) et sont rentrés, « sains et saufs », à bord du navire au port d’Onne.

La situation est « suivie de près » indique le gouvernement comme au sein de la cellule d’urgence, mise en place au sein du groupe Bourbon.

NB : d’ordinaire les otages sont négociés contre une rançon et libérés assez rapidement par les ravisseurs.

(NGV)

Equipe d'intervention Togolaise lors de l'exercice incendie à bord du BPC Mistral. Le personnel est intégré dans les équipes d'intervention du bord. A bord le 29 octobre 2015.        L'opération Corymbe est une opération quasi-permanente des forces armées françaises dans le golfe de Guinée mis en place depuis 1990. Déployée dans une zone d’intérêt stratégique, l'opération Corymbe vise deux objectifs majeurs :          - participer à la protection des intérêts français dans la zone.                                          - participer à la diminution de l'insécurité maritime dans le golfe de Guinée et notamment en aidant au renforcement des capacités des marines riveraines du golfe dans le domaine de la sécurité maritime.                 Le BPC (bâtiment de projection et de commandement) Mistral a appareillé de Toulon le 07 octobre 2015 pour l'opération Corymbe.

Exercice naval d’envergure au large du Ghana contre la piraterie

Equipe d'intervention Togolaise lors de l'exercice incendie à bord du BPC Mistral. Le personnel est intégré dans les équipes d'intervention du bord. A bord le 29 octobre 2015.        L'opération Corymbe est une opération quasi-permanente des forces armées françaises dans le golfe de Guinée mis en place depuis 1990. Déployée dans une zone d’intérêt stratégique, l'opération Corymbe vise deux objectifs majeurs :          - participer à la protection des intérêts français dans la zone.                                          - participer à la diminution de l'insécurité maritime dans le golfe de Guinée et notamment en aidant au renforcement des capacités des marines riveraines du golfe dans le domaine de la sécurité maritime.                 Le BPC (bâtiment de projection et de commandement) Mistral a appareillé de Toulon le 07 octobre 2015 pour l'opération Corymbe.

Equipe d’intervention Togolaise lors de l’exercice incendie à bord du BPC Mistral.

(B2) Un exercice naval a été organisé durant neuf jours, fin octobre, dans le Golfe de Guinée regroupant une quinzaine de bâtiments, dont le français BPC Mistral, le pétrolier ravitailleur britannique Gold Rover et le patrouilleur espagnol Centinela et plusieurs navires de la région (Côte d’Ivoire, Ghana, Togo, Bénin, Nigéria, Cameroun, Gabon, Congo).

Cet exercice, dit NEMO (Navy’s exercise for maritime operations), a été organisé en plusieurs séquences, menées en lien avec les centres d’intervention régionaux. Ce qui a permis de tester également la coordination entre les différentes marines côtières dans cette opération de sécurisation des espaces maritimes. Un point fondamental selon ce qu’avait confié un expert européen de la sécurité maritime à B2. Car les pirates passent rapidement de la haute mer ou d’une eau territoriale à une autre, empêchant toute poursuite.

NEMO a débuté au large du Ghana le 27 octobre. Et les jours suivants, plusieurs exercices se sont déroulés selon des scenarii différents permettant d’illustrer ce qu’on appelle « l’action de l’État en mer ». Des bâtiments suspectés d’actions illégales (pêche illicite, cargaison douteuse, piraterie) sont repérés par des patrouilleurs naviguant dans la zone. Les informations récoltées sont partagées avec les centres régionaux. Et une opération d’interception est organisée. L’ordre est alors donné d’arrêter le bâtiment surveillé puis de monter à bord afin de réaliser une inspection des cargaisons et des membres d’équipage. Des manœuvres d’homme à la mer ou des départs d’incendie ont également été simulés afin de s’approcher au plus près de la réalité.

L’exercice a culminé le 30 octobre 2015, avec une action en commun et une interaction entre le BPC Mistral, son escorteur le patrouilleur espagnol Centinela, le pétrolier ravitailleur britannique Gold Rover, la corvette nigériane Centenary et le patrouilleur béninois Oueme. Un officier danois, un officier espagnol et trois chefs de quart camerounais étaient ainsi présents à bord du BPC Mistral « pour échanger et travailler avec les marins français » précise-t-on à la marine nationale.

(NGV)

Lire aussi : Le BPC Mistral en patrouille avec le Centinela dans le Golfe de Guinée

 

Patrouilleur espagnol Centinela devant Dakar et le BPC Mistral à l'arrière plan (crédit : DICOD/Marine nationale)

Le BPC Mistral en patrouille avec le Centinela dans le Golfe de Guinée

Patrouilleur espagnol Centinela devant Dakar et le BPC Mistral à l'arrière plan (crédit : DICOD/Marine nationale)

Le patrouilleur espagnol Centinela devant Dakar et le BPC Mistral à l’arrière plan (crédit : DICOD/Marine nationale)

(B2) Le navire français BPC Mistral (L-9013) et le patrouilleur espagnol Centinela (P-72) sont en mission commune de surveillance maritime anti-piraterie dans le Golfe de Guinée. Le bâtiment de projection et de commandement (BPC) frnaçais a appareillé de Toulon le 7 octobre pour ce qui est appelé, côté français, l’opération Corymbe (*). Il y a rejoint le Centinela qui était dans la région, ayant quitté sa base de Ferrol le 19 septembre dernier. Une action menée dans le cadre de la collaboration maritime quadripartite renforcée signée entre quatre pays européens (le Portugal, l’Espagne, le Danemark et la France).

Sénégal, Ghana, Cap-Vert, Mauritanie

L’opération est divisé en trois phases, précise la marine espagnole. La première phase, jusqu’à la mi-octobre, comprenait la surveillance du transit dans le golfe de Guinée et la collaboration sur la sécurité au Sénégal. Lors de la seconde phase (actuelle), le Centinela va être dans le Golfe de Guinée en mode soutien du secteur maritime au Ghana, avec un objectif principal : « l’identification des risques maritimes dans la région, comme le terrorisme, le trafic illicite, l’immigration illégale et la piraterie ». Dans la dernière phase, le Centinela va collaborer avec les autorités du Cap-Vert pour la « surveillance conjointe des zones maritimes relevant de la souveraineté et la juridiction de ce pays ». Il travaillera également avec la marine mauritanienne sur la surveillance des pêches, le sauvetage des personnes, la lutte contre les activités illégales et l’immigration clandestine.

Exercice avec les marines des pays de la région

Fin octobre, un exercice à plus grande échelle est organisée avec les marines des pays riverains, le BPC Mistral, le Centinela et un navire de la Royal Navy.

(NGV)

(*) L’opération Corymbe est une opération quasi-permanente des forces armées françaises dans le golfe de Guinée mis en place depuis 1990. Elle vise deux objectifs majeurs : 1°) participer à la protection des intérêts français dans la zone ; 2°) participer à la diminution de l’insécurité maritime dans le golfe de Guinée et notamment en aidant au renforcement des capacités des marines riveraines du golfe dans le domaine de la sécurité maritime.

EntrainZodiac@BE14

Direction Golfe de Guinée pour le Godetia

EntrainZodiac@BE14

(crédit : ministère belge de la Défense)

(BRUXELLES2) Le navire de commandement et de soutien logistique Godetia a mis le cap sur le Golfe de Guinée, ce dimanche (23 mars). Objectif : donner des formations pour la lutte contre la piraterie, le trafic de drogue et la pêche illégale aux marins et garde-côtes de six pays d’Afrique de l’Ouest (Maroc, Gabon, Bénin, Togo, RD Congo et Congo Brazaville). « Nous donnerons des cours théoriques ayant toujours un aspect pratique » explique le capitaine de corvette Luc Desanghere. L’équipage comprend 90 marins et une quinzaine d’instructeurs. Une campagne de formation nommée « Maritime Capacity Building 2014 » menée dans le cadre de l’Africa Partnership Station, une initiative américaine pour renforcer la sécurité maritime autour de l’Afrique. Retour prévu à Zeebruges le 20 juin prochain. A noter : le Godetia achemine également 250 mètres cubes de biens de première nécessité dont du matériel médical pour des hôpitaux situés en Gambie, au Gabon, au Bénin et sur les deux territoires congolais.

Les 3 marins indiens du Mv San Miguel libérés

(BRUXELLES2) La police nigériane a récupéré les trois marins indiens qui avaient été pris en otage par les pirates au large de la Guinée équatoriale le 3 janvier dernier a indiqué le service de sécurité de l’Etat nigérian. Le MV San Miguel, de l’entreprise espagnole Martínez Hermanos et pavillon du Liberia, avait été attaqué le 3 janvier par les pirates à 20 milles du port de Bata, selon la marine espagnole. Après avoir dérouté le navire vers les côtes camerounaises, les pirates avaient libéré six des membres de l’équipage. Mais trois marins avaient été gardés en otages, dont le capitaine et un mécanicien. Dans un communiqué paru mi-janvier, le chef de la marine espagnole, l’amiral Jaime Muñoz-Delgado se montrait « inquiet » de l’augmentation de la piraterie dans le Golfe de Guinée, où « les pirates sont plus agressifs et violents que ceux qui agissent dans l’Océan Indien face aux côtes somaliennes ».

Un navire de patrouille des gardes côtes du Togo en exercice avec la frégate lance missile USS Robert G. Bradley (FFG 49) (Crédit : US Navy / Ensign Sean J. McMahon)

Une force anti-piraterie dans le Golfe de Guinée ?

Un navire de patrouille des gardes côtes du Togo en exercice avec la frégate lance missile USS Robert G. Bradley (FFG 49) (Crédit : US Navy / Ensign Sean J. McMahon)

Un navire de patrouille des gardes côtes du Togo en exercice avec la frégate lance missile USS Robert G. Bradley (FFG 49) (Crédit : US Navy / Ensign Sean J. McMahon)

(BRUXELLES2) Les Etats de l’ouest-africain veulent s’organiser face à la menace de la piraterie maritime qui cumule aujourd’hui un nombre supérieur d’attaques à celles menées dans l’océan indien. Réunis à Yaoundé (Cameroun), les dirigeants de la CEDEAO (Ouest), de la CEEAC (Afrique centrale) et de la CGG (Golfe de Guinée) ont approuvé une série de documents communs mais surtout lancé un appel à l’aide internationale et à la cohésion africaine.

Un appel à une force internationale

Comme l’a résumé le président ivoirien, Alassane Ouattara. « J’invite la communauté internationale à faire preuve de beaucoup de fermeté dans le golfe de Guinée, comme ce fut le cas dans le golfe d’Aden, où la présence des forces navales internationales a permis de réduire considérément les actes de piraterie maritime » a-t-il déclaré. Car les conséquences au plan économique sont graves. Un appel soutenu par plusieurs chefs d’Etats comme le Tchadien Idriss Deby et le Camerounais Paul Biya, l’hôte du Sommet. Chacun a appelé à une « mutualisation » des efforts et des actions des Etats Africains. Deby allant même jusqu’à proposer que les Africains se dotent d’une « composante maritime » de leurs forces de paix en attente.

Le code de conduite de Yaoundé

A Yaoundé, la vingtaine de chefs d’Etat d’Afrique centrale et d’Afrique de l’Ouest se sont engagés, dans une « Déclaration politique » à lutter contre la criminalité maritime organisée transnationale sous toutes ses formes dans le Golfe de Guinée. Ils ont également approuvé un « Mémorandum d’entente » sur la sûreté et la sécurité maritimes ainsi qu’un « Code de conduite » concernant la prévention et la répression de la piraterie et des vols à main armée (équivalent du code de Djibouti signé pour l’est africain en 2008). « La validation de ces documents va permettre d’établir une base concrète pour mener des opérations conjointes entre les deux communautés économiques régionales », a estimé le président de la Commission de la CEDEAO.

Des conséquences économiques

Il est temps. « La criminalité dans le Golfe de Guinée menace la circulation des hydrocarbures raffinés et des marchandises de valeur, limite les investissements et entraîne inévitablement une augmentation des primes d’assurance avec pour conséquences des crises sociopolitiques graves liées au renchérissement des prix des produits de première nécessité » a expliqué A. Ouattara.

Nb : Selon le Bureau maritime international (BMI), en 2012, au moins 966 marins ont été victimes d’attaques dans le Golfe de Guinée et le coût des marchandises volées par les pirates est évalué entre 34 et 101 millions $.

Des pieds nickelés privés arrêtés au Sénégal

(BRUXELLES2) Ils sont quatre Britanniques, emmenés par un ex sous-marinier de la Royal Navy, Chris Enmarch. Et leur volonté était d’offrir aux pétroliers en mal de protection dans le Golfe de Guinée, leur protection contre les pirates et autres attaques de bandits de mer, qui écument les parages. Malheureusement, ils se sont fait coffrés par les Sénégalais pour « activité illégale ». C’est le Daily Mail qui raconte leur épopée.

Une vieille vedette omanaise

Les 4 hommes avaient embarqué le 17 avril, de Cornouaille, à bord du Defender, une ancienne vedette de la marine d’Oman de 127 pieds, datant du milieu des années 1970 et désarmée en 2002. Destination : le Sénégal pour « proposer aux autorités d’agir en dissuasion contre la pêche illégale » ou « d’agir contre la piraterie » (les versions diffèrent un peu suivant le moment).

Enregistré comme bateau de plaisance…

Le 23 avril, près de la station balnéaire de Los Cristianos, aux Canaries, c’est la panne. Un joint a sauté. Des officiers de la Guardia civil les accostent. Et le navire, qui est un peu « suspect », est alors escorté 50 miles jusqu’à un poste d’amarrage dans le port de l’île de Santa Cruz par un navire de guerre de la marine espagnole. Les Espagnols expliquent avoir « eu des soupçons ». Le navire qui dispose de deux canons et bat pavillon britannique est enregistré comme … bateau de plaisance !

Des canons juste pour le show !

Le capitaine a beau expliqué que les canons sur son bateau sont « justes pour le show et totalement inutilisables ». Rien n’y fait. Les Espagnols ne s’en laissent pas conter. L’inspection révèle des irrégularités dans les papiers de bord du navire et de l’équipage ainsi que des déficiences en matière de sécurité. Une amende de 40.000 euros est infligée. Le pavillon est confisqué. Et ordre est donné de rester au port de Tenerife. Le 31 mai, profitant que les gardes espagnols sont occupés ailleurs, les Britanniques filent à l’anglaise … et reprennent la mer. Avant d’être de nouveau arrêtés, quelques jours plus tard, cette fois par la marine sénégalaise. Les ex-militaires britanniques se défendent d’être des « mercenaires », juste des privés engagés dans la lutte anti-piraterie.