gardes-cotes

Dernières nouvelles de la piraterie (12 mai)

(BRUXELLES2) Temps calme sur l’Océan indien. Une seule attaque a été signalée dans le Golfe d’Aden En revanche sur l’Afrique de l’Ouest, les attaques et les alertes se succèdent, près du Togo ou du Nigeria.

Une tentative d’attaque ? dans le Golfe d’Aden

Quatre skiffs se dirigeant à haute vitesse avec trois personnes à bord de chaque skiff se sont approchés d’un tanker le 5 mai dans le Golfe d’Aden, à 13°Nord et 48° Ouest, signale le BMI, le bureau maritime international. « Ils se sont divisés en deux groupes en passant par tribord. Deux autres skiffs se trouvaient à une distance de 200 m du tanker quand l’équipe de sécurité armée a tiré des coups de semonce en résultent dans les skiffs qui ont alors arrêté l’approche et se sont éloignés. » L’incident est cependant considéré avec suspicion par le BMI, qui a décidé de ne pas le décompter dans ses statistiques. NB : cette non prise en compte illustre le propos d’un officier engagé dans la lutte anti-piraterie ayant quelques doutes sur certaines alertes qui ressemblaient plus à de l’auto-justification de l’action de gardes privés qu’à une réelle menace.

Deux attaques près de Lomé

Huit personnes dans un bateau ont accosté un pétrolier ancré dans le port jeudi (9 mai) et tenté de monter à bord. L’équipe d’alerte a repéré l’approche et sonné l’alarme. La marine togolaise a été alertée. Et un navire s’est rapproché. Pendant ce temps, les tuyaux d’incendie ont été mis en action. Et même si le bateau-pirate a tenté de contourner le navire, il a fini par abandonner toute tentative d’attaque. Tout l’équipage a été mis en sécurité.

Une autre attaque est survenue le 5 mai. Durant une opération de transfert (ship-to-ship (STS) transfer operation), un pétrolier a vu les pirates armés sur le pont du navire adjacent. L’alerte a été donnée. Les gardes à bord ont échangé des tirs avec les pirates. Un grand canot avec huit à dix pirates armés a été repéré, peu après, quittant le navire adjacent et se dirigeant vers le tanker. Voyant cela, le capitaine a demandé à tous les membres de l’équipage de se retirer dans la citadelle et a informé la Marine togolaise. Les gardes à bord ont pris les mesures nécessaires pour empêcher les pirates de monter à bord du tanker tandis que la Marine togolaise dépêchait deux navires de patrouille pour fournir une assistance et escorté le pétrolier jusqu’au port.

Le Danemark participera à la mission Ocean Shield

La frégate danoise Iver Huitfeldt engagée dans l’opération anti-piraterie Ocean Shield (OTAN) va rentrer au pays. Mais ce n’est pas un adieu définitif. Le Danemark va continuer à s’engager activement dans cette mission. Un avion de surveillance de type de Challenger devrait ainsi être envoyé environ deux mois de Septembre à Novembre dans les deux années 2013 et 2014 et la frégate Iver Huitfeldt devrait faire son retour dans l’Ocean indien en Octobre 2013 pour une période d’environ trois mois et à partir de juillet 2014 pour une période d’environ six mois.

Formation à la lutte contre l’incendie

Durant une escale à Djibouti, les marins du Carlskrona, le navire suédois engagé dans l’opération de lutte anti-piraterie EUNAVFOR Atalanta, ont fait un entraînement à la lutte contre l’incendie pour 5 gardes-côtes djiboutiens.

La formation a débuté par un examen en salle de classe de techniques et de procédures anti-incendie, ainsi qu’une explication détaillée des équipements disponibles à bord du navire suédois.

Les garde-côtes ont ensuite eu l’occasion d’essayer quelques-uns des appareils respiratoires utilisés contre l’incendie à bord HSwMS Carlskrona. Et s’entraîner à l’extinction des incendies avec différents extincteurs – ici un exercice de lutte contre un incendie d’essence.

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Avec les gardes côtes des Seychelles, développer le recueil de preuves

(BRUXELLES2) Profitant de son escale aux Seychelles, le BPC Tonnerre – qui participe à l’opération anti-piraterie de l’UE – et la Garde côtière des Seychelles ont effectué vendredi (26 avril) un exercice en commun, dans le cadre de la mission européenne de renforcement des capacités maritimes dans l’Océan indien (EUCAP Nestor).

En jeu : l’interception (fictive) d’un skiff de pirates présumés dans les eaux seychelloises arrêtés conjointement par le Topaz, le navire des gardes-côtes, et un hélicoptère de la marine nationale du Tonnerre.

Objectif de la manoeuvre : renforcer la coordination et la coopération entre la Garde côtière des Seychelles et les forces européennes, et entraîner la garde côtière dans les procédures de traitement de preuve, au plan international. EUCAP Nestor développe, actuellement, un manuel avec la Garde côtière des Seychelles sur les procédures de traitement de la preuve. Et des experts européens étaient à bord du Topas pour préciser « fournir des conseils sur le traitement des pirates présumés et le recueil des preuves sur le skiff » précise-t-on au QG d’Atalanta.

NB : le recueil et la conservation des preuves sont un des problèmes principaux auxquels sont confrontés les forces multinationales anti-piraterie déployées au large de la Somalie et dans l’Océan indien quand il s’agit de vouloir transférer à la justice des pirates arrêtés en mer, que ce soit en flagrant délit ou en prévention.

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Formation des forces des Seychelles par les marins français

(BRUXELLES2) Profitant d’une escale aux Seychelles, du 4 au 7 février, les marins du Surcouf ont conduit des actions de formation dans le cadre du renforcement des capacités locales maritimes. Pendant trois jours, les militaires français ont délivré aux forces spéciales et aux gardes-côtes seychellois divers formations à bord de la frégate française. Au programme : cours et travaux pratiques de secourisme de combat, techniques d’interventions opérationnelles rapprochées (TIOR ou combat au corps à corps) ou encore progression tactique dans les locaux d’un bâtiment. Enfin, à l’appareillage de la frégate, et afin de mettre en pratique tous leurs acquis, les forces spéciales seychelloises ont conduit un assaut de vive force sur le Surcouf à partir de leurs embarcations. NB : Ce programme de coopération est supervisé par l’état-major de la force européenne anti-piraterie Atalanta et se déroule principalement lors des escales de ses bâtiments.

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« Crimgo » se lance à l’assaut des pirates de l’ouest-africain

Une équipe de la marine nigériane, formée par les Britanniques (crédit : ministère britannique de la Défense)

(BRUXELLES2) Face à la persistance d’une piraterie maritime dans le Golfe de Guinée, l’Union européenne a décidé d’enclencher un nouveau projet pour renforcer « la sûreté et la sécurité des routes maritimes » entre les pays africains du Golfe. Le commissaire Andris Piebalgs, chargé du Développement, vient de l’annoncer, jeudi (10 janvier). La région souffre, en effet, actuellement d’un « manque de coordination entre les gardes-côtes et entre les différentes régions » estime-t-on coté européen. De plus il n’existe pas « encore de norme commune de formation maritime et le partage d’informations entre les pays concernés est insuffisant ». Un constat partagé par la plupart des experts du sujet, selon nos informations.

Un risque de piraterie persistant

Alors que la piraterie maritime tend à se tarir dans l’est de l’Afrique, elle continue d’exister et même de croitre dans l’ouest. Le dernier incident n’est pas lointain. Fin décembre, 3 marins italiens du MV Asso Ventuno avaient été pris en otages au large du Nigeria, ils viennent juste d’être libérés mercredi (9 janvier), officiellement « sans verser de rançon » (? :-) . Rien qu’au Nigéria, quelque 98 actes de piraterie, de vols à main armée commis en mer et de pollution maritime ont été enregistrés entre 2008 et 2012. Le tout dans une région qui a un intérêt stratégique pour les Européens. Selon les données économiques, le Golfe de Guinée « représente actuellement 13 % des importations de pétrole et 6 % importations de gaz dans l’UE ».

Formation et réseau d’information

Le programme CRIMGO – tel est son nom – comme « routes maritimes critiques du Golfe de Guinée » – aura deux pistes d’action principales : 1) la formation des gardes-côtes, 2) la mise en place d’un réseau permettant l’échange d’informations entre les pays et les agences de la région. Il devrait être mis en oeuvre dans sept États de l’Ouest africain (Bénin, Cameroun, Guinée équatoriale, Gabon, Nigéria, Sâo Tomé-et‑Principe et Togo). Et il va être mené essentiellement par les services ministériels de plusieurs pays (France, Portugal, Espagne, Royaume-Uni) et des universités (Finlande, Italie, Pologne) (*). Le budget dégagé au niveau européen est de 4,5 millions d’Euros. Démarrage : dès ce mois-ci annonce la DG Développement.

Pas une mission PeSDC

Commentaire : Il ne s’agit pas ici d’une mission PeSDC (des structures de gestion de crise) – comme dans l’Est de l’Afrique (EUCAP Nestor). Mais bel et bien, du déblocage d’un financement, au titre du programme « routes critiques » (**), dans le cadre de l’Instrument de stabilité, conduit par la DG Développement et non par le Service diplomatique européen (SEAE). Ce qui pose quelques problèmes de coordination. Et mérite une interrogation sur la cohérence de l’action européenne en la matière comme sur leur complémentarité ou leur concomitance, ou leur… concurrence. J’y reviendrai !

(*) Parmi les partenaires du projet figurent en effet France Expertise International (un établissement public dépendant du Quai d’Orsay) ainsi que la Direction de la coopération de sécurité et de défense du Quai, la Direção-Geral de Política do Mar (portugaise), la Fundación Internacional y paralberoamérica de Administración y Políticas Públicas (espagnole), le Foreign Office (britannique) ainsi que la Satakunta University of Applied Sciences (Finlande), l’International Maritime Safety Security Environment Academy (Italie) et la Szczecin Maritime University (Pologne).

(**) Le programme « routes maritimes critiques » a vu le jour en 2009 et a concentré ses activités sur l’Asie du Sud-Est, l’ouest de l’océan Indien et le Golfe de Guinée. Il a pour objectif d’améliorer la sécurité et la sûreté en mer et d’aider ainsi à rendre plus sûres les voies de navigation et de transport marchand.  A long terme, il vise à améliorer la gouvernance maritime. Son budget reste modeste. Depuis son lancement, 16 millions € ont été alloués à ces activités.

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Un Seychellois à bord de la Louise-Marie

(BRUXELLES2) Un garde-côtes des Seychelles va prendre place à bord de la frégate belge Louise-Marie engagée dans la lutte anti-piraterie dans l’Océan indien dans le cadre de l’opération européenne Eunavfor Atalanta. Le second lieutenant (Enseigne de Vaisseau) Mervin Esparon restera ainsi un mois à bord de la frégate Louise-Marie. Un protocole d’accord a été signé quelques jours avant Noël (le 21 décembre) entre le Colonel Derolez, coté belge, et le chef des forces de défense le brigadier Leopold Payet, côté seychellois rapporte le quotidien local Nation. Le rapprochement de la Belgique avec les Seychelles s’est amorcé après la visite de Pieter de Crem en novembre 2009. Selon Derolez, la présence du garde-côtes seychellois « n’est qu’une étape car la piraterie est maintenant liée aux Al Shabab ».

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Entretien avec Amiral Launay (Eucap Nestor). Objectif : « faire travailler ensemble »

Entretien avec Amiral Launay (Eucap Nestor). Objectif : « faire travailler ensemble »

(BRUXELLES2, exclusif) « Faire du lien », « mettre en réseau », « générer la confiance », « catalyser les énergies » voici les maîtres mots de l’Amiral Launay qui vient de prendre ses fonctions de chef de la nouvelle mission européenne EUCAP Nestor. Objectif : renforcer les capacités de la Somalie et de ses voisins face à la piraterie mais aussi aux autres risques maritimes. J’ai eu la chance de le rencontrer à Paris récemment (*), en marge du séminaire sur la sécurité maritime, organisé par le ministère fr. de la défense et la présidence chypriote de l’UE.

L’amiral Launay n’est pas un novice de la région… C’est un atout. Il était en 2007 commandant des forces françaises dans l’Océan indien (Alindien) et avait mis sur pied « Alcyon », l’opération française destinée à protéger les bateaux du Programme alimentaire mondial (une opération en quelque sorte précurseure de l’opération EUNAVFOR Atalanta). La situation « a changé depuis » prévient-il. Il n’empêche que les contacts pris à l’époque — avec l’Union africaine, avec certains responsables somaliens — seront bien utiles…

L’amiral Launay est prudent. Il ne veut pas générer d’attentes inutiles et, de fait, ne veut pas donner à la mission une trop grande visibilité qui pourrait nuire à son efficacité. Il sait que ce travail sera long, un lent travail de tisserand, et se fera beaucoup en coulisses, pour cette mission qui sera avant tout du « software », de l’expertise, du conseil, de l’intelligence… Et surtout il estime trop tôt de baisser la voilure sur l’opération de lutte anti-piraterie Eunavfor Atalanta.

Un déploiement progressif… Le déploiement des 175 personnes de la mission se fera « de façon progressive ». Une première équipe doit être déployée rapidement à Djibouti et Seychelles, fin juillet début août, pour prendre contact avec les autorités. Une première équipe d’experts de 20-25 personnes sera déployée en septembre. Ensuite, la vitesse du déploiement « dépendra de plusieurs facteurs : 1° les difficultés techniques ou politiques sur la place, 2° des difficultés externes, logistiques par exemple, 3° la disponibilité des Etats membres à fournir le personnel nécessaire. Nous avons besoin de compétences très spécifiques » (Nb: que les Etats peuvent avoir envie de garder en interne). L’objectif de la mission est, rappelons-le d’avoir une pleine capacité opérationnelle début 2013.

La première difficulté, le premier travail ? « La première difficulté, le premier travail, sera de savoir avec quelle administration travailler, dans les différents pays. Il faudra tisser des liens de confiance, faire comprendre ce que notre expertise peut apporter. Il faut faire en sorte que des gens n’ont pas l’habitude de travailler ensemble, que ceux qui se connaissent mais ne se parlent pas, travaillent ensemble. »

L’objectif de Eucap Nestor ? « …Faire prendre conscience qu’ils doivent travailler ensemble pour garantir la stabilité en mer et, ensuite, régler leurs problèmes internes, que c’est aux Etats riverains de prendre en main la notion de sécurité pour favoriser le développement. » « C’est facile à dire, c’est beaucoup plus difficile à faire. Et c’est pas demain qu’on verra les premiers résultats. Mais il n’est pas inutile d’espérer pour entreprendre » comme le disait Lyautey. Donc on va commencer ! »

Une mission software… « Jusqu’à présent on s’attaquait aux effets de la piraterie, maintenant on s’attaque aux causes ». La mission aura ainsi un petit budget pour du matériel. « Mais il ne s’agit pas de fournir du matériel lourd, du hardware (des patrouilleurs ou des radars) mais plutôt du software (comme les logiciels de fonctionnement des radars par exemple). »

Fédérer l’énergie des autres acteurs … De nombreuses initiatives ont  été prises, un peu tout azimuts par des Etats de la région et d’autres, et des sociétés privées. Nombre d’entre elles n’ont pas duré le temps d’un printemps. « Le simple fait de dresser une cartographie de ce qui se fait, s’est fait, a marché ou non, sera déjà utile. » « Chacun des acteurs peut avoir une vue partielle des choses, et donc partiale. Il va falloir canaliser les énergies et orienter l’ensemble des acteurs vers la recherche d’intérêts véritablement collectifs, faire travailler ensemble les organisations internationales qui se penchent sur le problème de la piraterie, mais aussi sur le développement (…) pour avoir une vue plus globale, et moins parcellaire, pour aboutir à une approche globale comme le souhaite l’Union européenne. Il y a de la place pour tout le monde car les problèmes sont immenses. »  L’UE a un avantage dans ce travail. « La vision de gestion de crises à bas niveau d’intensité, développée par l’Union européenne, est un facteur de fédération d’énergies. »

Redonner une place à l’Etat… Ce qui a été fait au Puntland « ne correspond pas tout à fait à des pouvoirs régaliens, il faut, à un moment donné, remettre de l’ordre dans la pensée ».« Il faut redonner une place conceptuelle à la vision régalienne des choses à partir des organisations internationales comme l’ONU et l’Union européenne. En évitant de traiter les problèmes, au coup par coup, dans une vision qui est davantage celle d’intérêts particuliers trop limités dans le temps, on pourra revenir à une conception plus globale des choses. »

Un momentum dans la reconstruction de la Somalie ? Le moment est particulièrement propice. « Il faut utiliser la concomitance des temps, d’un processus politique enfin sur de bons rails, avec un processus coopératif de renforcement des capacités au niveau régional. (…) EUCAP Nestor est une pierre à l’édifice pour essayer d’assurer une stabilisation de la Corne de l’Afrique dans le domaine de la lutte contre la piraterie, et partant de développer le sentiment du travail collectif au profit d’une entité administrative. Rien ne sera fait sans les Somaliens eux-mêmes. C’est à eux qu’il conviendra de définir. »

Un réseau de gardes-côtes ? « Nous voulons mettre en place une fonction ‘gardes-côtes’ dans chaque pays. Mais l’organisation ne sera pas unique, elle sera différente par pays. Car il n’y a pas une seule organisation. (…) Quels que soient les modes opératoires des uns et des autres, il ne s’agit pas de leur faire une leçon de choses en leur disant: « vous devez vous organiser comme çà ». En revanche, il s’agit de faire fonctionner ensemble différentes entités de façon coopérative et collective. »

Une stratégie complémentaire « Exit strategy pour Atalanta » ?… EUCAP Nestor, ce n’est pas une Exit strategy pour Atalanta, du moins pas seulement. « Ce serait réduire EUCAP Nestor à une dimension « protection » et non pas « développement ». Et ce serait réduire Atalanta à une simple opération qui va pouvoir diminuer en puissance. Il faut plutôt combiner les effets » à terre et en mer. « Une fois qu’on aura vu la combinaison de ces effets à terre, on pourra alors songer à réduire la voilure en haute mer. Tout cela reste à préciser et apprécier en fonction des évènements sur le terrain et en mer. »

Des attentes, des résultats. N’espérez pas trop, tout de suite… Prudent, très prudent, l’amiral Launay inscrit son action sur le moyen et long terme. « N’attendez pas de moi un engagement de résultat à court terme. (…) On ne va pas tout résoudre. Mon problème va être effectivement de gérer les attentes. » « Comme un marin, je dirai, il faut durer et endurer. Si on ne dure pas, on fera du coup par coup. La durée indiquée, de deux ans, c’est le préalable pour commencer à travailler. On est là pour rester un certain temps ».

(*) Avec mon confrère de RFi, Olivier Fourt. Vous pouvez écouter son « son », ici.

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La mission Eucap Nestor lancée…

La mission Eucap Nestor lancée…

La mission Eucap Nestor pourra compter sur les escales de navires de la force EUNAVFOR Atalanta pour compléter l'entraînement. Ici des gardes-côtes djiboutiens en formation sur un navire français (Crédit : DICOD / Eunavfor)

(BRUXELLES2) Après quelques tergiversations, vérifications, évaluations, réécritures, l’Union européenne vient aujourd’hui (16 juillet) d’approuver le lancement de deux nouvelles mission de la politique de sécurité et défense commune (PSDC) : dans l’Océan indien pour renforcer les capacités maritimes de la Somalie et des Etats voisins (EUCAP Nestor) ; au Niger pour renforcer les forces de sécurité (EUCAP Sahel Niger) – voir article séparé. Ce sont les ministres de l’Agriculture qui se sont chargés d’approuver (en point A, sans discussions) ces deux décisions. Il y avait urgence, pour permettre d’engager les autres phases : nomination des chefs de mission, recrutements, signature des SOMA (accords de protection de la mission…), etc.

Deux tâches principales

EUCAP Nestor s’inscrit dans le cadre de « l’approche globale de l’UE en matière de lutte contre la piraterie et l’instabilité dans la région » explique-t-on au SEAE. Objectif : « travailler au renforcement de la capacité des États de la région à avoir la maîtrise effective de leurs eaux territoriales ».  La mission aura deux tâches principales: 1) renforcer les capacités maritimes des pays de la région (sauf en Somalie) et, en Somalie, assurer la formation d’une force de police côtière ainsi que des juges ; 2) fournir des avis spécialisés sur des questions juridiques, stratégiques et opérationnelles liées à la sûreté maritime, assurer la formation des gardes-côtes et contribuer à la mise à disposition du matériel nécessaire.

L’UE chef de file contre la piraterie

L’UE assume ainsi – comme l’explique C. Ashton : « son rôle de chef de file dans le domaine de la lutte contre la piraterie. J’espère que la mission EUCAP Nestor, œuvrant sous la direction des pays concernés eux-mêmes, dégagera des solutions durables au fléau de la piraterie. » La mission s’étendra sur pays : « Djibouti, le Kenya, les Seychelles et la Somalie ont accepté l’assistance proposée par l’UE ». « La mission de soutien sera étendue dès que possible à la Tanzanie », précise-t-on. Ce pays tergiversant pour l’instant à envoyer la lettre d’invitation.

175 personnes

La mission sera composée de 175 personnes environ qui seront déployés au fur et à mesure des possibilités dans les pays concernés et des disponibilités des Etats membres. Selon nos informations, une première équipe de quelques personnes autour du chef de mission devrait partir dans les jours qui viennent pour la région. Mais la réalité du déploiement démarrera en septembre pour s’étaler jusqu’à décembre. C’est l’amiral français Jacques Launay, récemment démobilisé, qui assurera le commandement de cette mission. Cette nomination devrait avalisée demain (17 juillet) lors de la réunion du Comité politique et de sécurité (COPS). A suivre :-)

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1 million $ pour les forces navales somaliennes

(B2) Les Emirats arabes unis ont confirmé leur engagement à contribuer à hauteur de 1 million $ au renforcement des capacités des forces navales somaliennes et à la constitution d’un corps de gardes-côtes, a annoncé le ministre des Affaires étrangères, Anwar Mohammed Gargash, à l’issue de la conférence de Dubai jeudi (28 juin). Cette contribution passera par l’intermédiaire du trust fund mis en place au niveau international pour lutter contre la piraterie somalienne. Elle permettra de doter en « bateaux, communication et équipements le corps de gardes-côtes somaliens, ainsi que de mettre en place un commandement central des opérations à Mogadiscio » a précisé le ministre selon l’agence de presse des Emirats. La période de transition du gouvernement somalien se termine le 20 août avec la formation d’un gouvernement central permanent et l’annonce d’une nouvelle constitution.

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