The instructors of the course: Barkhane, EUTM, EUCAP Sahel Niger, EUCAP Sahel Mali with the Regional Defence Expert of the RACC.

Une formation pour 36 officiers d’état-major du G5 Sahel en Mauritanie

(B2) Une formation de 36 officiers s’est achevée fin septembre au collège de défense du G5 Sahel à Nouakchott (Mauritanie)

The instructors of the course: Barkhane, EUTM, EUCAP Sahel Niger, EUCAP Sahel Mali with the Regional Defence Expert of the RACC.

Les instructeurs du cours : Barkhane, EUTM Mali, EUCAP Sahel Niger, EUCAP Sahel Mali avec l’expert en défense régionale du RACC.

De la gestion de crises à la question des preuves

Ces 36 officiers d’état-major venus des cinq pays du G5 Sahel (Mauritanie, Burkina Faso, Mali, Niger et Tchad) ont reçu une formation conjointe préalable à leur déploiement sur plusieurs aspects : la planification et la conduite des opérations militaires, la gestion des crises dans le cadre de la force conjointe, la prise en compte des aspects des droits de l’homme et du droit international, mais aussi rassembler des preuves nécessaires à la condamnation des criminels capturés.

Des formateurs venus des trois missions PSDC et de Barkhane

Le cours, entamé le 9 septembre et d’une durée de trois semaines, a été animé par l’unité régionale de conseil et de coordination de l’UE pour le Sahel (RACC) avec le soutien de formateurs venus des trois missions de l’UE au Sahel — civiles (EUCAP Sahel Mali et EUCAP Sahel Niger) comme militaires (EUTM Mali) —, et de l’opération française ‘Barkhane’.

Une étape importante

L’organisation conjointe d’un cours unifié pour les officiers d’état-major est « une première » assure-t-on côté européen *. Elle marque « une étape importante ».

(NGV)

* Dans un communiqué publié en anglais… (sans traduction en français) Cherchez l’erreur !

L’Union européenne et l’ONU joignent leurs forces au Mali

(B2) La violence qui fait rage au centre du Mali préoccupe Européens comme Onusiens. Ils l’ont indiqué clairement lors d’une récente visite conjointe de leurs deux responsables des opérations de maintien de la paix

(crédit: EUCAP Sahel Mali)

Depuis le début de l’année, les attaques contre des villages du centre du pays ne cessent de se multiplier, remettant profondément en question l’utilité et l’efficacité des actions européennes et onusiennes de stabilisation dans le pays.

L’ONU et l’Union européenne ont déployé des missions civiles au Mali depuis juillet 2013 pour l’une (la composante de police de la MINUSMA) et janvier 2015 pour l’autre (EUCAP Sahel Mali). Ils veulent maintenant réfléchir à accroitre leur coordination et la collaboration entre ces deux missions qui travaillent aux côtés des forces de sécurité intérieures maliennes afin de renforcer leurs capacités. C’était un peu l’objectif de la visite qu’ont fait sur le terrain entre le 19 et le 23 juin Pedro Serrano, secrétaire général adjoint du SEAE, et Jean-Pierre Lacroix, secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix de l’ONU.

Les délégations ont ainsi conjointement rendu visite au quartier général d’EUCAP Sahel Mali et à celui du quartier général du G5 Sahel. Entretiens à la clé avec les autorités maliennes, les signataires des accords de paix, ainsi que des organisations de la société civile. Ils se sont aussi rendus jusque Mopti, au centre du pays, où ils ont pu constater la situation.

Cette visite, hautement symbolique, a permis de mettre sur le radar la détérioration de la situation dans le Sahel à la veille de la réunion du Conseil de sécurité des Nations Unies devant renouveler du mandat de la MINUSMA (lire : La Minusma prolongée jusqu’en 2020. La situation dans le centre du Mali objet de toutes les attentions). Mais également dans le contexte d’un renforcement clair de l’appui européen au Mali.

(MHA)

Lire :

Combien a fourni l’Union européenne au G5 Sahel ? Qu’est-ce qui a été déboursé, payé, livré ?

(B2 – exclusif) L’Union européenne a décidé de verser 147 millions d’euros à la force conjointe du G5 Sahel. Du moins, c’est le chiffre officiel rendu public lors de la dernière réunion des ministres des Affaires étrangères. Savoir ce qui est réellement versé est plus dur. Tous les chiffres circulent : 20 millions, 55 millions, 83 millions…

(crédit : DICOD / Etat-major des Armées, février 2019)

Les Africains tempêtent qu’ils reçoivent l’argent au compte-goutte. Les Européens affirment la main sur le coeur qu’ils ont tout ‘engagé’. Qui a raison ? Les deux sans doute. Mais, pour rétablir les bons chiffres sur les bonnes lignes, la patience est de rigueur. Tentons d’y voir clair.

Deux enveloppes

Premièrement, le chiffre de 147 millions correspond à deux enveloppes. La première, de 100 millions d’euros, provient de la Facilité de soutien à la paix pour l’Afrique, alimentée des contributions des États membres dans le cadre du Fonds européen de développement. L’autre, de 47 millions d’euros, est versée par les États membres via deux modalités : le centre de coordination et la contribution de la Facilité de soutien à la paix pour l’Afrique (15,6 millions).

Plusieurs canaux et objectifs

Deuxièmement, l’enveloppe de 100 millions d’euros communautaires est distribuée à travers plusieurs canaux, avec plusieurs objectifs :

• le soutien à la fourniture d’équipements, de services et d’infrastructures, via Expertise France * = 75 millions d’euros.

• le soutien opérationnel et logistique à la force conjointe du G5 Sahel (JF-G5S) sur le territoire malien, via la Minusma (la force des Nations unies au Mali) = 10 millions d’euros.

• le soutien à la mise en place d’un cadre de conformité pour le respect des droits de l’homme et du droit international humanitaire pour les opérations de la force conjointe, via le Haut-commissariat des Nations unies aux droits de l’homme = 10 millions d’euros.

• le soutien à la structure de gouvernance du G5 (collège de défense du G5 Sahel, comité de soutien de la force conjointe, bureau de défense et de sécurité du secrétariat permanent du G5 Sahel  et centre sahélien d’analyse des menaces et d’alerte précoce ou CSAMAP) via le GiZ = 5 millions d’euros*.

Tout n’a pas été versé et encore moins distribué

Troisièmement, ce budget n’a pas encore été versé dans son intégralité. « Le budget a été pleinement engagé et tous les partenaires travaillent à la mise en place de la force commune » affirme la version officielle. Mais engagé ne veut pas dire livré. Un haut diplomate européen que j’ai interrogé l’a confirmé : pour les matériels, « 20-25% a déjà été livré, 60% en cours de l’être ». Certains matériels ne peuvent être livrés, notamment les véhicules blindés, tout simplement car il faut les fabriquer.

NB : les 100 millions d’euros servent à payer des équipements mais aussi les per diem de certains personnels.

Par exemple, sur les fonds dédiés à Expertise France* (qui est le principal vecteur de délivrance de l’aide au G5 Sahel), 20 millions d’euros ont déjà déboursés et livrés, et 35 millions d’euros ont été déboursés mais pas encore livrés.

NB : les fonds dédiés à cette structure filiale du ministère des Affaires étrangères (agence française de coopération technique internationale) ne seraient pas d’une hauteur de 75 millions €, mais de 83 millions € = 50 millions € + 25 millions € (au titre de la facilité de paix) + 8 millions € (au titre de l’aide bilatérale française).

(Nicolas Gros-Verheyde)

(*) Sur ces montants, tout ne va pas au projet. Il y a des frais de fonctionnement pour les structures (au moins 5%, voire plus) et des frais d’évaluation et d’audit (2% en général, rien que sur ce poste).

Mis à jour – précisions sur la facilité de paix et le soutien à la gouvernance du G5 Sahel

Dernières nouvelles des missions de maintien de la paix de l’UE – PSDC (avril 2019)

(B2) Dans la Corne de l’Afrique, la marine koweïtienne s’intéresse au travail d’EUNAVFOR Atalanta. L’Ukraine se met en marche vers des procès plus justes et plus équitables. L’Espagne sert de modèle à l’Ukraine pour la coopération inter-institutionnelle en matière de sécurité. Au Sahel, les besoins du G5 Sahel sont passés au crible.

Golfe d’Aden. Visite koweïtienne sur la base aérienne de Djibouti

Des membres de la marine du Koweït ont visité un détachement d’EUNAVFOR Atalanta sur la base aérienne française BA188 de Djibouti samedi 6 avril. Les marins koweïtiens appartiennent à la Task force combinée 151. Les moyens et le mode de travail des équipes de surveillance aérienne d’EUNAVFOR ont été discutés, ainsi que les possibilités de collaboration.

(crédit: EUNAVFOR Atalanta)

Kiev. Cours de plaidoirie pour les procureurs ukrainiens

Les formateurs d’EUAM Ukraine ont dispensé un cours avancé de plaidoirie à l’Académie nationale du parquet et au bureau du procureur général. Organisé en collaboration avec des experts juristes britanniques, le cours a formé les auditeurs à la présentation de preuves et à l’audition des témoins.

(crédit: EUAM Ukraine)

Madrid. Visite d’étude pour les agences ukrainiennes chargées de faire appliquer la loi

Les membres des agences ukrainiennes de police et sécurité ont été visiter à Madrid le centre qui coordonne l’action des différentes instances de police espagnoles en matière de lutte contre le terrorisme et le crime organisé (police nationale, Guardia civil, institutions pénitentiaires, forces armées, etc.). Objectif : faire prendre conscience aux participants de l’importance de la coopération.

(crédit: EUAM Ukraine)

Chisinau (Moldavie). Point de passage de Palanca

EUBAM Ukraine – Moldova soutient les autorités ukrainiennes et moldaves. Un atelier de travail a été organisé les 16 et 17 avril, pour les membres de la police des frontières moldave et le service de garde-frontières ukrainien autour de la mise en place d’un point de contact commun au point de passage de Palanca.

(crédit: EUBAM Ukraine-Moldavia)

Bamako. La composante « police » du G5 Sahel passée à la loupe

La cellule de coordination régionale de l’Union européenne et la mission EUCAP Sahel Mali ont organisé entre le 2 et 4 avril un atelier technique sur la composante police du G5 du Sahel. L’objectif de cette rencontre était d’identifier les capacités techniques et besoins en équipements pour l’opérationnalisation de la composante.

(crédit: EUCAP Sahel Mali)

Ramallah. Nouveau manuel pour une action de police guidée par le renseignement

La police civile palestinienne est à présent dotée d’un nouveau manuel de police, pour une action guidée par le renseignement. La rédaction du manuel s’est faite en collaboration avec la mission européenne de soutien à la police dans les territoires palestiniens EUPOL COPPS. Des modèles de planification opérationnelle, de coordination et de procédures opérationnelles standards pour le rassemblement d’information criminelle y sont inclus.

(crédit: EUPOL COPPS)

Bamako (Mali). La police veut mieux gérer ses ressources humaines

La police nationale malienne et la mission de l’UE d’assistance aux forces de sécurité intérieure au Mali (EUCAP Sahel Mali) ont validé le 3 avril un nouveau plan d’action 2019 centré sur la gestion des ressources humaines. Domaines d’action prioritaire identifiés : la lutte contre le terrorisme et le crime organisé, la police judiciaire, le maintien de l’ordre, la gestion des frontières, et la police de proximité.

(MHA)

Première livraison d’équipements de protection individuelle aux forces du G5 Sahel

(B2) La délégation de l’Union européenne au Mali a effectué, le 26 octobre, la première livraison d’équipements financés par l’UE aux éléments maliens de la force conjointe du G5 Sahel. Objectif : l’opérationnalisation de cette force africaine

Au nom de la délégation de l’UE au Mali, Benoit Cusin remet les premiers casques au général malien Moustapha Drabo (crédit : délégation de l’UE au Mali)

L’Union européenne a en effet livré une première vague de matériel destiné aux forces maliennes qui vont participer à la force du G5 Sahel chargée d’effectuer la stabilisation de la zone. Cette première livraison comportait notamment 300 lots d’équipements de protection individuelle (EPI), comprenant gilets pare-balles, casques, trousses de premiers secours et lunettes de protection. Ils serviront à renforcer la protection des deux bataillons maliens appartenant à la force lors de déploiements sur les théâtres d’opération.

Un pas vers l’opérationnalisation

Une première livraison qui « est un pas important en vue de l’opérationnalisation de la force conjointe » comme l’a souligné l’ambassadeur de l’UE au Mali Alain Holleville. Cette première livraison « sera complétée prochainement par l’arrivée d’autres équipements », accompagnés « d’actions destinées à renforcer la confiance entre les populations et les forces de sécurité ». Au total, ce sont 1050 lots d’équipements de protection individuelle qui seront remis au profit des sept bataillons des différents pays de la force. Précisons que les Européens peuvent livrer toutes sortes de matériels, sauf les armes et munitions.

NB : étaient présents lors de la remise des équipements, côté malien le général de brigade Moustapha Drabo, chef de la direction du Matériel, des Hydrocarbures et du Transport des Armées (DMHTA) du Mali, un représentant de la délégation de l’Union européenne au Mali, Benoit Cusin et le commandant de l’EUTM Mali, le Général de Brigade Enrique Millán.

(Aurélie Pugnet, st.)

Lire aussi :

Dernières nouvelles des missions de maintien de la paix de l’UE – PSDC (août 2018)

(B2) L’opération anti-piraterie Atalanta voit son chef de la force maritime changer, tandis que les missions de soutien aux forces intérieures au Sahel engagent une formation conjointe en police technique et scientifique à tous les pays du G5 Sahel. Sur le continent européen, du personnel du Parlement ukrainien fait connaissance avec l’évaluation ex-post. Et le premier ministre tchèque se rend à Rome au QG de l’opération EUNAVFOR Med / Sophia.

Djibouti. Changement de commandement pour EUNAVFOR Atalanta

(Crédit : EUNAVFOR)

Le vice-amiral Simone Malvagna, de la marine italienne, à la tête du commandement du QG de l’opération Atalanta depuis avril 2018, a laissé sa place à son homologue espagnol Alfonso Nanclares. La cérémonie a eu lieu à bord de la frégate italienne anti-sous-marine ITS Carlo Margottini (F-592) lundi 6 août. L’état-major de la force anti-piraterie de l’UE a embarqué à bord du navire espagnol de débarquement l’ESPS Castilla (L-52). Durée de mandat prévu : quatre mois. NB : rappelons que le QG d’opération va passer aussi sous commandement espagnol en 2019.

Niamey (Niger). Formation des directeurs PTS des pays du G5 Sahel

(Crédit : EUCAP Sahel Mali)

Les directeurs de police technique et scientifique (PTS) des pays du G5 (Burkina Faso, Tchad, Mali, Mauritanie, Niger) ont participé à une formation organisée par la mission européenne de soutien aux capacités (EUCAP Sahel Mali), en partenariat avec la mission-soeur établie au Niger (EUCAP Sahel Niger), et la cellule de coordination régionale pour les pays du G5, basée au Mali. Cette formation est la première de la sorte. Elle a permis l’apprentissage et l’échange de techniques et expériences, ainsi que rendre « les forces de sécurité intérieure nigériennes désormais totalement autonomes en termes de PTS », selon Frank Van der Mueren, chef d’EUCAP Sahel Niger. La PTS permet notamment d’enquêter et poursuivre en justice les criminels, tout en luttant notamment contre le terrorisme, le crime organisé, le trafic d’armes et de drogues, la traite des êtres humains.

Ukraine. Quel chemin vers des lois plus efficaces

(Crédit : EUAM Ukraine)

Consultants juridiques du Parlement, représentants du secrétariat et de différents comités et départements du Parlement ukrainiens se sont réunis fin août (les 29-30 août) pour une formation sur l’évaluation ex-post. Dispensée par la mission de conseil de l’UE en Ukraine (EUAM Ukraine), la formation avait pour objectif de fournir des outils d’évaluation d’une loi sur différents points : son exécution, son évolution, la qualité de sa prise de décision, l’atteinte de ses buts, ainsi que la prise conscience d’une responsabilité du Parlement. L’évaluation ex-post est un outil également utilisé dans plusieurs États européens et qui s’appuie sur le projet précédent d’évaluation d’impact dans la prise de décision avant la rédaction d’une législation.

Un responsable tchèque à Rome

(Crédit : Opération Sophia)

En déplacement politique à Rome, Andrej Babis, le Premier tchèque en a profité, mardi (28 août), pour visiter le QG de l’opération Sophia / EUnavfor Med. Une première visite pour le leader tchèque, alors que Prague n’a pas encore envoyé dans l’opération anti-trafics de l’UE des moyens opérationnels. Trois officiers sont néanmoins présents au QG d’opération.

(Informations recueillies par Aurélie Pugnet, st.)

L’UE va financer la reconstruction du QG du G5 Sahel à Sévaré

(B2) La Commission européenne a annoncé, mercredi 25 juillet, qu’elle financera « la totalité de la reconstruction » du QG de la force conjointe du G5 Sahel, cible d’un attentat en juin dernier. Une nécessité pour les Européens qui comptent sur les forces du G5 pour prendre leur relais

L’entrée du QG de Sévaré, avant l’attentat (Crédit : Minusma)

L’attaque du 29 juin dernier, voiture piégée suivie d’une fusillade, revendiquée par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), principale alliance djihadiste du Sahel, liée à Al-Qaïda (lire : Une patrouille franco-malienne de Barkhane attaquée dans Gao (V3)), avait fait trois morts (deux militaires et un civil). Mais elle avait surtout semé le doute sur la capacité des forces maliennes à agir et sur le leadership de la Force. Le commandant avait d’ailleurs rapidement été destitué. Et un général mauritanien, Hanena Ould Sidi, nommé à la tête de cette Force.

Une attaque suicide détruisant le QG

Conséquence non négligeable l’attaque suicide a aussi détruit une bonne partie du quartier général du G5 Sahel à Sévaré (centre du Mali), le rendant impropre à coordonner les opérations futures. Outre l’entrée principale, plusieurs bâtiments dont des locaux d’hébergement ont, en effet, été endommagés ou détruits.

Toute la reconstruction financée par l’UE

C’est sur cet aspect logistique que la Commission européenne a décidé d’intervenir. « Nous avons décidé de soutenir pleinement la reconstruction du quartier général de Sévaré, au Mali », a ainsi annoncé la Commission mercredi (25 juillet). Aucun budget n’a encore été annoncé, mais l’étendue des dégâts laisse penser que d’importants travaux de reconstruction et de sécurisation sont nécessaires. Cette décision a été prise en « une concertation étroite » avec les Français de l’opération Barkhane, le commandant de la Force du G5 Sahel et la mission militaire européenne de formation de l’armée malienne (EUTM Mali), précise-t-on à Bruxelles.

Objectif : éviter l’effondrement de la Force conjointe

Avant même l’attaque, l’opérationnalisation de la Force conjointe était remise en question (lire : La force conjointe du G5 Sahel peine à se mettre en place). La destruction du QG réduisait les capacités physiques de la force. En finançant la reconstruction, l’UE s’assure qu’elle aura lieu plus rapidement. Elle soutient ainsi la continuité de l’action de l’état-major de la Force sur place. L’Union européenne « poursuivra ce travail de concertation avec le nouveau commandant de la Force dès qu’il sera en fonction ».

… et défendre les intérêts européens

« L’attaque contre le quartier général de la Force conjointe du G5 Sahel au Mali est aussi une attaque contre notre priorité commune de ramener la paix dans la région », précise la chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini. Un soutien qui est dans le logique prolongement de la position toujours affirmée par les Européens aux forces locales (lire : Les 28 renouvellent leur soutien au G5 Sahel).

Nb : En évitant que la Force conjointe se délite, l’UE entend également soutenir les investissements déjà faits jusqu’à présent. Le G5 Sahel étant un pari qui doit permettre aux Européens de se désengager, au moins militairement, de la région.

(Leonor Hubaut)

Lire aussi : G5 Sahel. L’Europe n’a pas tout à fait tenu ses promesses (Kalla Ankourao)

Dernières nouvelles des missions de maintien de la paix de l’UE – PSDC (mars 2018)

(B2) Les nouvelles des différentes missions et opérations de la PSDC déployées en Afrique, au Moyen-Orient et en Europe…

Djibouti. Atalanta fait du capacity building

(crédit : EUNAVFOR Atalanta)

Le navire espagnol Patiño de l’opération anti-piraterie de l’UE, EUNAVFOR Atalanta, a profité d’une escale de ravitaillement à Djibouti, le 27 février, pour mener, de concert avec les forces armées de ce petit pays stratégique de la Corne de l’Afrique, une petite activité de formation. Au menu : entraînement à la recherche, la saisie et l’arraisonnement des navires (VBSS), et formation aux premiers soins. L’objectif reste le même que dans toutes les formations : renforcer les capacités maritimes locales. 

Hargeisa (Somaliland). Rencontre avec les autorités

La chef de mission de EUCAP Somalia, Maria-Cristina Stepanescu, s’est rendue dans la province semi-indépendante du Somaliland fin février. La rencontre avec diverses autorités, parmi lesquelles le ministre de la justice, le directeur de la Coordination de lutte contre la piraterie, etc., visait à aborder la question du droit de la gendarmerie maritime. Selon le communiqué, les discussions ont également porté sur les possibilités d’organiser des ateliers de rédaction de loi, ainsi que des formations sur le trafic d’êtres humains et la migration.

Bangui (Centrafrique). Visite conjointe du COPS et CPS au Camp Kassai

(crédit : EUTM RCA)

Une mission conjointe du comité politique et de sécurité (COPS), de l’Union européenne, et du conseil Paix et sécurité (CPS), de l’Union africaine a été organisée du 7 au 9 mars. Conduite par les ambassadeurs Walter Stevens (UE) et Adam Maïga Zakariaou (UA), cette mission s’inscrit dans le cadre de la consolidation de la paix en RCA (en coopération avec les Nations unies).  Elle a souligné entre autres le travail effectué par l’EUTM dans l’aide apportée aux Forces armées centrafricaines.  (communiqué)

Bamako (Mali). Le G5 Sahel en formation

(crédit : EUCAP Sahel Mali)

La mission de l’UE sur la sécurité intérieure EUCAP Sahel Mali a organisé, du 5 au 9 mars, en collaboration avec la Cellule de coordination régionale de l’UE (RCC Sahel), une formation sur la sécurisation des frontières et la lutte contre les migrations irrégulières pour les forces de police des pays du G5 Sahel (Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger et Tchad). « C’est la première fois qu’une formation permet de réunir les polices des frontières des cinq pays de la sous-région » explique Mohamed Asker, commissaire central de la ville de Port Etienne en Mauritanie. « Il faudrait une composante police, en complément de la composante militaire ». Pour lui, cette formation « est une réelle plus-value technique. »

Gali et Ergneti (Géorgie). Réunions de l’IPRM

84e réunion de l’IRPM (crédit : EUMM Georgia / Archives B2)

Le 27 février, s’est tenue la 53e réunion sur le Mécanisme de prévention et de réponse aux incidents (IPRM) à Gali, sur la limite administrative abkhaze sous présidence onusienne et avec la participation de la mission européenne d’observation EUMM Georgia. Coté européen, on souligne le manque de justice dans l’affaire Giga Otkhozoria, tué par un garde-frontière en mai dernier à la limite administrative entre la Géorgie et l’Abkhazie et on met en avant la nécessité de renforcer la coopération judiciaire, en particulier via l’échange d’informations. La prochaine réunion se tiendra le 21 mars.

A Ergneti, près de la limite administrative avec l’Ossétie du Sud, c’est le 1er mars qu’a eu lieu la 85e réunion sur l’IPRM. EUMM et l’OSCE, qui co-organisaient la rencontre, ont encouragé la coopération et l’accès à l’information, en lien avec le décès, le 22 février, du Géorgien Archil Tatunashvili, lors de sa détention en Ossétie du Sud (lire : Regain de tension en Ossétie du sud. Un Géorgien décédé en prison). Le chef de la mission, Erik Høeg, a affirmé que l’EUMM se tenait prête à soutenir l’enquête et à faciliter les discussions.

Pritina (Kosovo). Visite de la CivCom

visite du centre de documentation du Kosovo (crédit : EULEX Kosovo)

Les experts de la gestion des crises (CivCom) des ’28’ se sont rendu, du 27 février au 2 mars, au Kosovo pour « évaluer l’impact » de la mission d’EULEX sur l’état de droit et la mise en place « d’un système judiciaire indépendant et fonctionnel ». Les ‘CivCom’ ont ainsi pu discuter avec les ministres de l’Intérieur et de la Justice, des policiers et des procureurs, ainsi que des acteurs de la société civile, notamment sur les questions de coopération policière et la poursuite en justice des criminels de guerre. Ils ont aussi pu se prêter à un exercice de prise d’otages. (communiqué)

Mise à l’honneur des femmes

A noter que toutes les missions ont mis en avant les femmes la semaine du 5 mars, en particulier lors de la journée internationale de la femme, le 8 mars. Cela ressemblait davantage à une directive donnée qu’à une volonté spontanée…

(informations rassemblées et mises en forme par Claire Boutry)

L’État-major burkinabé frappé, le G5 Sahel visé, le GSIM revendique

(B2) La double attaque contre l’État-major burkinabé et l’ambassade de France à Ouagadougou (Burkina Faso), vendredi, a été revendiquée par le groupe extrémiste GSIM. Au-delà des mots, il semble bien que ce soit le G5 Sahel qui ait été aussi (et surtout ?) visé.

Une attaque rapidement contrée par les forces burkinabèses et françaises

L’attaque, vendredi (2 mars), d’abord de l’ambassade de France à Ouagadougou puis de l’état-major des forces armées du Burkina Faso, semblait surtout viser le G5 Sahel. Une réunion de l’état-major du G5 Sahel était en effet prévue vendredi (2 mars). Et ce n’est qu’au dernier moment qu’elle a été déplacée. Le bilan important — 7 militaires burkinabès tués et environ 70 blessés dont une douzaine dans un état critique — aurait donc pu être encore plus lourd (1).

Une rapide réaction coordonnée française et burkinabèse

« Les unités spéciales des forces de défense et de sécurité burkinabés, avec l’appui des militaires français chargés de la sécurité de l’ambassade, ont rapidement neutralisé les assaillants » souligne-t-on à l’état-major français. « Un détachement des forces françaises présentes à Ouagadougou » est intervenu également, « immédiatement, à la demande des autorités locales » pour participer à la sécurisation des deux sites et assurer la sécurité des ressortissants français.

Une attaque en réponse à un raid contre le Mali

L’attaque a été revendiquée par le groupe jihadiste GSIM (Groupe pour le soutien de l’islam et des musulmans) dès le lendemain (3 mars). Elle aurait été menée « en réponse à la mort de plusieurs de ses dirigeants dans un raid de l’armée française dans le nord du Mali il y a deux semaines » affirme-t-il dans un communiqué rapporté par l’agence privée mauritanienne Al Akhbar et l’AFP.

Les forces françaises avaient en effet mené une importante opération terrestre et aérienne contre le GSIM dans le nord-est du Mali le 15 février, à la limite de la frontière algérienne, neutralisant une vingtaine de jihadistes, capturés ou tués (lire : Mali. Les Français mènent un raid héliporté près de la frontière algérienne).

La France, cible des groupes terroristes

Il ne s’agit pas de la première attaque revendiquée par le GSIM contre les Français.  Le 21 février dernier, une attaque avait entrainé la mort de deux soldats français. (Lire : Deux militaires de Barkhane tués au combat au Mali). Le Touareg malien Iyad Ag Ghaly est activement recherché par les forces françaises.

Le G5 Sahel visé ?

Mais au-delà des Français, cela semble être surtout les responsables du G5 Sahel qui étaient visés. Les attaquants semblaient apparemment avoir été bien informés. Car une réunion de l’état-major du G5 Sahel devait se tenir le jour même. Le président nigérien Issoufou Mahamadou, a ainsi « salu[é] la réaction énergique et salvatrice des forces de défense et de sécurité du Burkina Faso et des pays alliés ». Il a appelé cependant à « la vigilance accrue dans tous les États » du G5 Sahel. A travers l’État-major burkinabé, ce sont, en fait, les Forces du G5 Sahel qui étaient visées. Pour le Nigérien Issoufou Mahamadou, président en exercice du G5 Sahel, c’est clair. Celui-ci a d’ailleurs « réaffirm[é] son engagement à tout mettre en œuvre en vue de consolider et de faire fonctionner la synergie opérationnelle entre les forces de défense et de sécurité des États membres du G5 Sahel, leurs alliés et l’ensemble de la communauté internationale ».

…mais préparé

Le G5 Sahel est conscient du risque couru et appelle à un financement rapide. « Maintenant les groupes armées savent que la force est en préparation et pratiquement, nous affrontons une course contre la montre. Je m’attends à une accélération des attaques. Ils vont essayer de mettre la pression. mais les forces nationales et internationales sont très activent. Il faut que la logistique suive le plus rapidement possible. Il faut être très pragmatiques et pratiques », avait affirmé Moussa Faki, président de la Commission de l’Union africaine, lors du point de presse suivant la Conférence des donateurs pour le G5 Sahel, le vendredi 23 février (Lire : Le G5 Sahel demande un financement permanent pour sa Force conjointe)

(Claire Boutry, avec Leonor Hubaut et AFP)

(1) Neuf des assaillants (et non huit comme initialement annoncés) ont également été tués au cours de l’attaque. Aucun ressortissant français n’a été tué ou blessé selon le ministère français des Affaires étrangères.

Deux militaires de Barkhane tués au combat au Mali (V3)

(B2) Deux Spahis de Valence sont morts « au combat » ce matin au Mali a confirmé la ministre des Armées ce mercredi (21 février).

Victimes d’un IED à bord de leur blindé

Le maréchal des logis-chef Emilien Mougin et le brigadier-chef de 1re classe Timothée Dernoncourt du 1er régiment de Spahis de Valence étaient engagés dans une « vaste opération de contrôle de zone » dans la région de Ménaka, frontalière avec le Niger, quand leur véhicule blindé léger a « été frappé par un engin explosif improvisé » précise l’état-major des armées. Un troisième militaire (le chef du détachement, le colonel François-Xavier Héon) a été légèrement blessé. Le groupement tactique désert blindé (GTDB) est actuellement engagé dans des opérations de contrôle de zone dans cette région, et plus largement dans celle des trois frontières entre le Mali, le Burkina Faso et le Niger.

Le chef de corps sciemment visé

(Maj) Le véhicule du chef du groupement tactique désert blindé semble bien avoir été directement visé par l’attaque. L’engin explosif improvisé a été, « selon toute vraisemblance, déclenché à distance sur la base de renseignement fiable » indique Jean-Do Merchet de Secret Défense. C’est-à-dire au moment où passait le véhicule du colonel François-Xavier Héon, qui était « en cinquième position dans la colonne » (et non en première position comme il est d’usage) ; véhicule qui pouvait cependant être « reconnaissable par les antennes spécifiques à la version de commandement ». L’officier, chef de corps du 1er régiment de spahis, n’a été que « très légèrement blessé dans l’attaque et il reste sur le théâtre » à la tête de son groupement, écrit notre confrère généralement bien informé.

L’hommage du CEMA et de l’Union européenne

Dans un message, adressé via facebook le chef d’état-major des armées, François Lecointre, a salué « l’engagement de nos soldats tombés ce jour, leur courage et leur abnégation dans le combat contre les groupes armés terroristes ». La chef de la diplomatie européenne, par le biais de sa porte-parole, a tenu à « présente[r] ses sincères condoléances aux familles des victimes et à la France ». Mais aussi d’adresser un message politique, à la veille de l’ouverture de la conférence du G5 Sahel. « Nous réitérons notre soutien aux forces françaises de l’Opération Barkhane pour leurs efforts en faveur de la sécurité du Mali et de la région du Sahel ». NB : une minute de silence a été observée en hommage, avant la conférence du G5 Sahel, par tous les participants.

Une situation instable au Mali qui inquiète

La situation au Mali semble loin d’être calmée. Et tant la Minusma, la force de l’ONU, que les FAMA, les forces armées maliennes, perdent régulièrement des hommes. Si l’opération « Barkhane » est un peu moins touché, le bilan n’en est pas moins rude. Le dernier incident porte à 12 le nombre de soldats tués depuis l’été 2014 et le début des opérations Barkhane, et à 22 depuis début 2013 et l’opération Serval (1). Les pays voisins, notamment le Niger, sont passablement inquiets de l’instabilité malienne aggravée par la porosité des frontières.

(Nicolas Gros-Verheyde)

(1) In Memoriam. La liste des noms décédés dans le cadre de l’opération Serval et de l’opération Barkhane

Mis à jour le 21.2 avec la réaction de l’Union européenne et le 26.2 avec les éléments sur le blessé chef de détachement et la minute de silence lors de la conférence du G5 Sahel

L’aérodrome de Gao rénové par l’Allemagne

La piste de l’aérodrome de Gao (crédit : Bundeswehr)

(B2) L’Allemagne s’engage un peu plus au Mali. Elle s’est engagée à réparer et rénover l’aérodrome de Gao, au nord du pays, permettant à celui-ci d’accueillir des plus gros avions passagers et fret.

Un accord correspondant entre les Nations unies et l’Allemagne a été signé le 13 septembre au siège de la MINUSMA, la force des Nations unies à Bamako. Les préparatifs ont déjà débuté en août. L’ensemble des travaux doit être achevée en 2018.

L’aérodrome a un rôle clé dans la région nord-ouest. Il est principalement utilisé par les forces de la mission de maintien de la paix des Nations unies et pourrait être aussi utile aux forces du G5 Sahel. NB : L’Allemagne veut s’investir durablement au Sahel comme dans toute l’Afrique de l’Ouest, au point de vue politique comme économique. Et Berlin s’est engagé à soutenir, surtout de façon logistique, la constitution des forces du G5 Sahel.

(NGV)