Rome refuse le débarquement en Italie à ses propres navires

(B2) Après les navires des ONG, le gouvernement italien continue dans la voie du blocage des ports italiens aux navires ayant recueilli des migrants en mer. Mais cette fois il s’attaque à ses propres navires, dépendant de l’Etat — garde-côtes, marine, Guardia di Finanza — bien décidé à mettre les autres pays européens au pied du mur.

Ce qui pourrait conduire à une crise politique mais aussi intérieure. Le secours en mer étant une obligation intrinsèque

Nouveau refus

Cela commence mercredi (11 juillet). 67 personnes rescapées d’un naufrage sont à bord du Diciotti (CP 941), un navire des garde-côtes italien. Le ministre de l’Intérieur, Matteo Salvini, refuse que les migrants débarquent une fois le navire accosté au port de Trapani (Sicile).

Argument : des délinquants

Le ministre italien se sert d’un nouvel argument pour suspendre l’autorisation de débarquer : certaines personnes (deux) à bord sont soupçonnées d’avoir menacé le premier équipage qui les avait secouru (le remorqueur italien, le Vos Thalassa) au large des côtes libyennes, avant d’être transbordés lundi sur le Diciotti. Ces migrants auraient craint d’être ramené en Libye. Puis, le ministre parle de passeurs, de pirates, de délinquants.

L’intervention du président

Dans l’après-midi, le président de la République italienne, Sergio Mattarella, intervient. Il est le garant de l’indépendance de la magistrature (présidant le conseil supérieur de la magistrature). L’ordre donné par le ministre de l’Intérieur aux magistrats devient un acte non constitutionnel. Il s’en explique au chef du gouvernement, Giuseppe Conte. Le 9 juillet, le président avait d’ailleurs rencontré le ministre italien de l’Intérieur, indiquait son agenda.

La confirmation du chef du gouvernement

Finalement, l’autorisation de débarquer au port de Trapani est accordée, jeudi (12 juillet) soir. Dans un communiqué, le chef du gouvernement italien, Giuseppe Conte, annonce le débarquement « imminent » des migrants du Diciotti, précisant que les procédures d’identification ont été « achevées, en particulier pour ceux qui pourraient avoir commis un délit ».

Le ministre ne lâchera rien

Dans les jours suivants, le ministre Matteo Salvini ne lâche rien. Il reste d’ailleurs très véhément dans ses tweets contre les migrants, n’hésitant pas à afficher des « va-t-en » plusieurs fois de suite… Difficile d’être plus clair.

https://twitter.com/matteosalvinimi/status/1017493261487886336

Vendredi (13 juillet), c’est au tour de la Guardia di Finanza et de Frontex de subir les foudres du ministre. Le navire britannique HMC Protector (Royaume-Uni) qui travaille pour l’opération Frontex et le navire italien Monte Sperone (P-01) de la Guardia di Finanza ont, à leur tour, été bloqués. Le premier transporte 266 personnes, le second 176 personnes, récupérées sur un bateau en bois de migrants. Quelques personnes, huit femmes et enfants, sont transférées à Lampedusa vu leur état de santé. Les autres devront attendre. Ils finiront par être débarqués, après maintes négociations avec les autres pays européens, sur l’île de Pozzalo. Plusieurs pays — la France, l’Allemagne, l’Italie, Malte, l’Espagne et le Portugal — s’engagent à accueillir certains des passagers.

Un modèle pour le HCR

Selon le Haut commissaire aux réfugiés des Nations unies, la façon dont les États européens « ont accepté de partager le traitement des 450 personnes, […] bloquées en mer dans une bataille de débarquement, donne un exemple positif de la façon dont, en travaillant ensemble, les pays peuvent soutenir le sauvetage maritime et gérer les frontières tout en respectant les obligations internationales en matière d’asile ». Mais, souligne-t-il dans un communiqué, « il faut des solutions qui vont au-delà des arrangements fragmentaires ou navire par navire ».

(Emmanuelle Stroesser)

Dernières nouvelles des missions de maintien de la paix de l’UE – PSDC (avril 2018)

(B2) Voici les dernières nouvelles des missions et opérations déployées au titre de la politique de sécurité et de défense commune (PSDC) de maintien de la paix de l’Union européenne…

Dar Es Salaam (Tanzanie). Formation de la marine tanzanienne

L’équipage espagnol avec la marine tanzanienne (crédit : EUNAVFOR Atalanta)

Le navire espagnol Patiño, participant actuellement à la mission européenne EUNAVFOR Atalanta a fait une escale au port de Dar Es Salaam le 3 avril. L’équipage en a profité pour s’entrainer avec les forces tanzaniennes. Des exercices de navigation ont été réalisés, permettant aux Tanzaniens d’améliorer « leur compréhension de la façon dont un navire espagnol comme Patiño navigue en haute mer, dans les zones côtières et son utilisation du RADAR et des systèmes de positionnement mondial », selon le communiqué. Ils ont également été initiés à des exercices de maitrise des dommages (dispositifs d’évacuation d’urgence, lutte contre les incendies, etc.). L’amélioration des capacités maritimes des partenaires de l’EUNAVFOR contribue au succès de la mission.

Rajlovac (Bosnie-Herzégovine). Exercice du bataillon multinational de l’EUFOR

Exercice d’évacuation de blessés (crédit : EUFOR)

La composante hongroise du bataillon multinational de l’opération européenne de stabilisation en Bosnie-Herzégovine (EUFOR Althea) a réalisé, jeudi (5 avril), un exercice dans les casernes des forces armées bosniaques, à l’extérieur de Sarajevo. Cet exercice était relativement complexe dans la mesure où il comprend « plusieurs tâches et scénarios devant être traités simultanément par une seule entreprise ». Parmi ces tâches : le contrôle de foules et d’émeutes, la préparation d’un site d’atterrissage pour hélicoptères et l’évacuation de blessés par voie aérienne. Exercice satisfaisant pour le lieutenant-colonel Markus Schwaiger : « La compagnie hongroise s’est bien comportée ».

Pristina (Kosovo). Formation à la communication entre médias et procureurs

Deux jours d’apprentissage de la communication pour les procureurs kosovars (crédit : EULEX Kosovo)

La mission ‘État de droit’ au Kosovo (EULEX Kosovo) a organisé, les 29 et 30 mars, avec le Parquet suédois et l’Académie de justice du Kosovo, une formation à destination des procureurs kosovars. Selon une déclaration de Lorenzo Sattanino, assistant du chef adjoint de l’EULEX, l’objectif est de « renforcer la capacité des procureurs du Kosovo et des officiers de poursuite à communiquer efficacement avec les médias et le grand public » avec certains « concepts clés de la communication » relatifs notamment à la gestion de la communication de crise et aux techniques journalistiques d’interview. Hekrem Lutfiu, porte-parole du Bureau du Procureur spécial (SPRK), a ajouté que la présence de journalistes aurait renforcé le côté « pratique » de cette formation.

Niamey (Niger). Du matériel remis à la police du Niger

Remise symbolique des clés et signature des actes (crédit : EUCAP Sahel Niger)

La mission européenne d’assistance aux forces de sécurité nigériennes a remis, lundi 26 mars, du matériel pour un montant d’environ 1,3 million d’euros à la police nationale nigérienne. Au total, ce sont « 102 motos avec casques, 30 camionnettes 4×4 et 32 ​​gilets pare-balles et casques » qui permettront une meilleure mobilité des forces de police.  Selon le gouverneur de Niamey, Seydou Ali Zataou, « nos forces seront plus efficacement déployées sur le territoire et seront en mesure d’arriver en un temps record ». La donation, effectuée par la Finlandaise Kirsi Henriksson, constitue ainsi « un de ses derniers actes officiels avant de quitter le poste de chef d’EUCAP Sahel Niger ». (communiqué)

Entre Moldavie et Ukraine. Trafic de cigarettes et trafic d’armes

Dans son rapport annuel pour l’année 2017, « des progrès significatifs mais aussi des défis substantiels » ont été réalisés, selon le chef de la mission EUBAM Moldova-Ukraine, Slawomir Pichor. A commencer par la saisie des armes. Ainsi 1706 armes à feu, 950 grenades et près de 3000 munitions ont été saisies. Mais les trafics restent importants. Le trafic illégal de cigarettes a « doublé par rapport à 2015-2016, atteignant 2,6% ». Le nombre de saisies s’élève à 88.

Relais allemand dans l’opération Sophia

Navire allemand ‘Mosel’ (crédit : marine allemande)

Le navire de soutien allemand ‘Mosel‘ (A-512) a rejoint le 18 avril l’opération de lutte contre les trafics en Méditerranée (EUNAVFOR Med / Sophia). Il remplace ainsi la frégate de défense aérienne Sachsen (F-124), présente dans l’opération depuis janvier. Commandé par le capitaine Jens Röder, avec un équipage de 106 membres, le Mosel accueillera également d’autres équipes : médiateurs linguistiques, conseillers juridiques ou encore policiers militaires.

(informations recueillies par Claire Boutry, st.)

Dernières nouvelles des missions de maintien de la paix de l’UE – PSDC (mars 2018 bis)

(B2) Voici les dernières nouvelles des missions et opérations déployées au titre de la politique de sécurité et de défense commune (PSDC) de l’Union européenne…

Sikasso (Mali). Fin de la formation de la 8e Région militaire

Exercice d’entraînement de tir (crédit : EUTM Mali)

Pendant cinq semaines, EUTM Mali a organisé une mission à destination de la 8e région militaire des forces armées maliennes (FAMa). Elle s’est déroulée dans la région de Sikasso, près de la frontière avec le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire, dans le cadre de l’équipe d’entrainement de la coalition militaire (Coalition military assistance training team ou CM ATT). Une formation qui s’inscrit dans le reformatage de la mission EUTM qui forme surtout les formateurs (officiers et sous-officiers) et dispense des formations spécialisées aux FAMa, comme par exemple les « tactiques de base, la réaction au contact, l’attaque improvisée et point de contrôle ». Parmi les cours dispensés : l’informatique, le sauvetage au combat et les droits de l’Homme. Cette mission, qui s’est achevée le 14 mars, a aussi été une opportunité pour les formateurs européens « d’apprendre des bonnes qualités et de l’expérience des Maliens » selon le communiqué.

Mogadiscio, Hargeisa (Somalie). Visite aux autorités somaliennes

Rencontre entre les représentants européens et somaliens (crédit : EUCAP Somalia)

Une délégation, composée de responsables du commandement des missions civiles (CPCC) du SEAE, et de Cristina Stepanescu, chef de la mission EUCAP Somalia, a effectué un séjour en Somalie. Objectif : discuter avec diverses autorités. Au ministère de la sécurité intérieure, le 12 mars, les discussions ont porté sur l’architecture de la sécurité maritime, le futur des gardes-côtes somaliens, la mise en œuvre de projets financés par l’Union européenne, ou encore sur les activités de la mission, selon EUCAP Somalia publié après la réunion. Le lendemain, ce sont des sujets juridiques qui ont été abordés, notamment la législation sur la piraterie et la rédaction de lois, signale-t-on à la mission. Au bureau d’Hargeisa, la capitale de la république semi-indépendante du Somaliland, le 15 mars, ils ont voulu « avoir un aperçu du fonctionnement de la mission dans la région ». Le 16 mars, dernier jour de la visite, les représentants européens se sont rendus à Nairobi (Kenya) pour s’entretenir avec le personnel du bureau de soutien EUCAP Somalie.

NB : à noter qu’une rencontre avait déjà eu lieu entre Stepanescu et les autorités du Somaliland à la fin du mois de février. Lire : Dernières nouvelles des missions/opérations PSDC (mars 2018)

Kiev (Ukraine). Des livrets anti-corruption

Brochures anti-corruption financées, conçues et imprimées par EUAM (crédit : EUAM Ukraine)

EUAM Ukraine a réalisé des brochures sur le thème de l’anti-corruption à destination de la police nationale ukrainienne, apprend-on du QG de la mission de conseil basée à Kiev. Ces livrets devraient permettre « de définir ce qu’est la corruption et comment la signaler » selon EUAM Ukraine. Pour Peter Staidl, conseiller principal de la mission sur la lutte contre la corruption, l’objectif de ce document est double : le premier est de « s’assurer que les officiers de police honnêtes peuvent signaler la corruption » et ne commettent pas d’erreurs eux-mêmes. Le second objectif de la brochure est davantage symbolique puisqu’il vise a faire passer « un message clair que la corruption ne sera pas tolérée » et que « la police nationale d’Ukraine est sérieuse dans la lutte contre la corruption. ». Ce sont ainsi près de 50.000 fascicules qui ont été distribués à la police ukrainienne mardi 20 mars. Commentaire : la lutte contre la corruption vient de franchir un grand pas…

Ramallah (Palestine). Renforcer la police de quartier

De nombreux commentaires constructifs ont été obtenus lors des ateliers de discussion (crédit : EUPOL COPPS)

La police palestinienne, avec le soutien de la mission civile de formation de l’UE à la police palestinienne (EUPOL COPPS), a renforcé ses services de police communautaire. En un mot : la police de quartier. Ce renforcement se fait via deux actions : la création d’une unité de coordination et l’élaboration d’une stratégie. Un atelier de deux jours a ainsi été organisé à la mi-mars pour mettre en place ce concept stratégique. Une équipe de terrain sera « responsable de la planification, de la conduite et de la coordination de la formation sur la police communautaire ». Selon Veijo Alavaikko, conseiller de la mission européenne, « il ne devrait pas y avoir de différence entre le concept stratégique et la manière dont les policiers de première ligne se comportent et servent le peuple palestinien ». (Communiqué)

Zagreb (Croatie). Formation aux opérations maritimes

Formation aux opérations maritimes ‘en douceur’ (crédit : Frontex)

L’agence européenne Frontex a organisé le 23 mars sa première formation d’agents de soutien pour les équipes européennes de gardes-frontières et de gardes-côtes à Zagreb, en Croatie. Y participaient onze États membres de l’UE. Objectif : « faire en sorte que les opérations maritimes Frontex se déroulent en douceur et en toute sécurité ». Un cours similaire avait été organisé il y a un an, le 3 mars 2017, également à Zagreb, afin de renforcer les connaissances des gardes-frontières sur « la gestion des frontières dans le contexte européen ». A l’époque, 13 États membres avaient participé à la formation selon Frontex.

(Informations rassemblées par Claire Boutry)

Pour surveiller les flux migratoires, le SatCen appelé à la rescousse

Une image du camp de réfugiés syriens de l’ONU en Jordanie, Al Zataari (Crédit : ©EUSatCen /Distribution Airbus Defence & Space)

(B2) Le Centre satellitaire de l’UE (SatCen) est particulièrement impliqué dans la surveillance des flux migratoires, à la demande principalement de l’opération Sophia et de Frontex (1).

Une intervention en urgence

Le SatCen est notamment appelé en urgence lorsque d’autres sources avertissent d’une possible traversée d’un groupe de migrants. Aux analystes alors d’apporter une confirmation visuelle. Ils s’appuient pour cela sur la surveillance à long terme, effectuée chaque jour, qui leur permet d’identifier les déplacements « normaux » et de les distinguer de ceux plus exceptionnels des départs en masse. « Il est très difficile de prévoir un évènement comme un départ massif sans connaitre les habitudes de la région. Il faut connaître ce qui est habituel dans la zone pour que, quand on observe quelque chose qui sorte de cette normalité, l’on puisse déclencher une alarme » souligne un analyste.

Une surveillance régulière 

Exemple d’analyse des mouvements de personnes dans une ville du Sahel (Crédit : EU SatCen)

Pour chaque zone impliquée dans la crise migratoire, selon que la situation est plus ou moins tendue, les rapports du SatCen peuvent ainsi être mensuels ou hebdomadaires. « Il y a des zones pour lesquelles les demandes d’images – et donc nos rapports – ont été et sont quotidiens », explique-t-il. Ce screening régulier de certaines zones est réalisé notamment pour les points de départ des migrants pour traverser la Méditerranée, aujourd’hui bien connus. Cela permet de faire un décompte régulier des bateaux présents. « Si un jour, les images satellites montrent 14 radeaux gonflables au lieu des 20 décomptés la vieille, la conclusion est qu’il y en a six qui sont partis en mer ». Chaque radeau gonflable peut transporter entre 100 et 150 personnes. Avec ce calcul en main, les analystes préviennent immédiatement les QG de Frontex ou Sophia, qui enclenchent alors leurs protocoles.

(Leonor Hubaut)

(1) Des États membres de l’Est ont également utilisé les services du SatCen pour surveiller la route des Balkans.

Pour aller plus loin :

910 migrants récupérés en Méditerranée

(B2) Près de 910 migrants ont été secourus ce samedi (19 mars) au large de la Libye. 420 migrants ont été récupérés par la frégate espagnole Numancia. Et 20 autres par la corvette allemande Ludwigshafen. Ils étaient à 30 miles nautiques des côtes à bord d’un navire en bois venant de Sabratah. On revoit ainsi au large des côtes libyennes des navires en bois qui avaient été moins utilisés ces derniers temps.

112 autres migrants ont été secourus par le navire de Frontex Siem Pilot. Tandis que le navire Diciotti (CP941) des garde-côtes italiens récupérait 378 migrants, lors de deux autres opérations de secours : 132 migrants d’un premier canot et 246 autres d’un navire en bois dont 50 femmes et un mineur. Ils ont également récupéré un corps, décédé.

Le Siem Pilot a débarqué à Palerme les 700 réfugiés qu’il avait à bord.

(NGV)

Commandant du HMS Richmond au salut sur le Cavour, le navire amiral (italien) servant de QG flottant à l'opération EUNAVFOR Med / Sophia

Le HMS Richmond en Méditerranée avec de nouveaux pouvoirs juridiques. La force européenne au complet

Commandant du HMS Richmond au salut sur le Cavour, le navire amiral (italien) servant de QG flottant à l'opération EUNAVFOR Med / Sophia

Commandant du HMS Richmond au salut sur le Cavour, le navire amiral (italien) servant de QG flottant à l’opération EUNAVFOR Med / Sophia

(B2) le navire britannique HMS Richmond (F-239) vient de rejoindre l’opération européenne en Méditerranée (EUNAVFOR Med / Sophia pour lutter contre les trafiquants de migrants. Cette frégate de type 23 de 133 mètres de long, et avec un équipage de 181 personnes a été intégrée vendredi dernier (23 octobre). Elle rejoint le navire hydrographique HMS Enterprise « qui continue son activité » précise l’état-major britannique.

Un agent de Frontex à bord

Un officier de liaison FRONTEX sera d’ailleurs à bord du HMS Richmond pour « conseiller l’équipage sur les questions juridiques, y compris l’identification, la collecte et la préservation des éléments de preuve qui pourraient être utilisés dans les procédures pénales » italiennes, ajoute le communiqué de l’état-major britannique. Une présence qui n’est pas tout à faire anodine puisque le Royaume-Uni ne participe pas à l’activité de l’agence Frontex (1).

Nous allons frapper durement les trafiquants

Pour le Royaume-Uni, cette arrivée survient dans un nouveau contexte juridique. L’adoption de la Résolution du Conseil de sécurité des Nations-unies « donne au commandant (du HMS Richmond) le pouvoir d’effectuer des mesures d’exécution en haute mer, y compris l’arraisonnement et la saisie des bateaux soupçonnés d’être impliqués dans le trafic de migrants ». Une « étape importante » pour le ministre de la Défense, Michael Fallon. « Nous allons maintenant être en mesure de monter à bord des bateaux et d’arrêter les trafiquants. Nous allons frapper durement les trafiquants. »

Une approche plus en douceur pour le navire slovène sur zone

Le patrouilleur slovène le SNS Triglav 11 a aussi intégré, le même jour, l’opération. On est ici dans un autre gabarit. Arrivé à Augusta en Sicile le 19 octobre, ce navire est long de 49,5 mètres avec un équipage de 37 personnes et est utilisé essentiellement pour la surveillance des ports et des côtes nationales. Il dispose d’une équipe de soutien de 5 personnes sur le port. La Slovénie a aussi dépêché 3 militaires dans le QG de commandement à Rome, 4 autres sur le QG flottant du Cavour et 2 au Rôle 2 (hopital de campagne). Le chef d’état-major slovène, le général Andrej Osterman, a été moins offensif que le ministre britannique. Il a davantage mis l’accent dans son discours de départ au contingent slovène sur l’aspect « humanitaire » de la mission qui nécessite « une approche en douceur ».

La force européenne au complet

Avec l’arrivée du navire belge, Leopold Ier, de la frégate française Courbet, et la relève entamée par les Allemands (Lire : Le Berlin à nouveau en Méditerranée), la force européenne en Méditerranée est désormais au complet (lire : Quels sont les moyens de l’opération Sophia (EUNAVFOR Med) dans sa phase 2 ?) au moins durant les prochains jours, avant que la météo ne se durcisse. Et, naturellement, réduise au minimum le nombre de passages quotidiens.

(NGV)

(1) Le Royaume-Uni bénéficie d’une dérogation (opt-out) à la politique d’asile et de migrations. Et, dans le cadre de la campagne référendaire sur le maintien dans l’Union européenne, le gouvernement britannique milite plutôt pour une limitation des pouvoirs de l’UE en matière de libre circulation des personnes comme de politique commune de migrations. Une preuve du pragmatisme britannique…

Lire aussi:

Jean-Claude Juncker en gestionnaire de crises (archives B2 - Crédit : Commission européenne)

Le Plan Juncker pour ressouder l’Europe

Jean-Claude Juncker en gestionnaire de crises (archives B2 - Crédit : Commission européenne)

Jean-Claude Juncker en gestionnaire de crises (archives B2 – Crédit : Commission européenne)

Après la crise grecque, c’est une des plus graves crises auquel fait face le président de la Commission européenne. Le discours qu’il prononce aujourd’hui à Strasbourg devrait donner le là de la politique européenne pour les mois à venir

Ce mercredi, devant le Parlement européen réuni en session plénière, Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne, n’aura pas la tâche facile. L’ancien Premier ministre luxembourgeois va devoir faire le grand écart entre ses convictions humanistes et la réalité politique, entre l’obligation morale, et juridique, d’accueillir des réfugiés venant de pays en guerre, et l’égoïsme rampant d’une Europe plus que jamais divisée en deux, entre l’est et l’ouest de l’Europe, appeler chacun à taire ses querelles et à agir rapidement… « Dans l’Union européenne, face à cette crise de migrations et des réfugiés, nous n’avons pas beaucoup de raisons d’être fier » disait il y a quelques jours Federica Mogherini, la Haute représentante de l’UE pour les Affaires étrangères. « Il ne faut pas simplement être choqué » par des photos comme celle du petit Aylan sur une plage turque. « Nous devons réagir, de manière cohérente et rationnelle, être responsable, et prendre des décisions ».

Jean-Claude Juncker devrait ainsi d’accueillir, de façon concertée, non pas 40.000 réfugiés comme prévu en juin mais 160.000 réfugiés sur deux ans, en provenance essentiellement de Grèce, d’Italie… et de Hongrie. Selon ce plan, l’Allemagne en prendrait à elle seule, 30.000 personnes, la France 24.000, l’Espagne 15.000, etc. Des quotas qui seraient surtout politiques et sont conformes à la volonté déjà exprimée par de nombreux pays, à commencer par l’Allemagne et la France. En pratique, en effet, la Commission européenne a peu de moyens pour forcer les Etats membres à accueillir un nombre défini de réfugiés, si ce n’est au plan des incitants financiers.

Au-delà des chiffres, Juncker pourrait faire des propositions pour accélérer les procédures d’asile et assurer l’expulsion des demandeurs d’asile déboutés. La Commission européenne veut ainsi relancer le chantier d’une liste commune de pays d’origine sûrs. Un vieux projet, proposé il y a 15 ans, qui n’a jamais pu voir le jour par une opposition conjuguée des Etats membres et du Parlement européen. Les Etats membres ne sont, en effet, jamais arrivés à se mettre d’accord sur une liste commune de pays. Tandis que le Parlement européen, qui voulait avoir son mot à dire, a fait annuler tout le dispositif législatif permettant son adoption. Du coup, chaque pays a fait comme il l’entendait. La France a ainsi mis à l’index une quinzaine de pays, comme l’Inde ou la Serbie. La générosité de l’accueil ne va cependant pas sans des mesures concrètes pour assurer le retour ceux qui n’ont plus le droit au séjour ou droit d’asile. Les empreintes digitales des migrants, ainsi que les ordonnances d’expulsion, devraient figurer dans un fichier central, consultable par tous les Etats membres afin d’éviter la libre circulation des illégaux. L’Agence européenne Frontex — dont le siège est à Varsovie — verrait ses moyens renforcer pour affréter des charters afin d’assurer le retour des déboutés. Enfin, la Commission européenne devrait demander un soutien financier accru du budget européen pour soutenir cet effort. Il est temps de mettre en place un « régime d’asile commun » à tous les Etats membres pourrait indiquer le chef de l’exécutif européen, autour de deux principes : la solidarité et la responsabilité.

Nicolas Gros-Verheyde

Article rédigé mardi soir et paru dans l’édition de Sud-Ouest du mercredi (avant le discours qu’a tenu le président de la Commission)

Incident entre contrebandiers et garde-côtes grecs et lettons. Un adolescent irakien tué par balles

(B2) Le corps d’un garçon de 17 ans, de nationalité irakienne, a été trouvé après une fusillade à bord d’un yacht transportant environ 70 migrants, près de l’île grecque de Symi samedi (29 août) a confirmé dimanche l’agence Frontex, l’agence européenne chargée de la gestion de la coopération opérationnelle aux frontières extérieures de l’UE.

Le navire de trafiquants refuse de s’arrêter

Le patrouilleur letton, déployé dans le cadre de l’opération maritime « Poséidon » avait « détecté le yacht tôt samedi après-midi dans la baie Marathounta de l’île de Symi » précise le texte du communiqué (*). Le yacht a alors « changé de cap et a commencé à se diriger vers la Turquie, ignorant tous les signaux pour arrêter ». Lorsque le navire letton s’est rapproché, le navire des contrebandiers a encore « essayé de forcer le passage ».

Intervention des gardes-côtes grecs

Avec l’aide des gardes-côtes grecs arrivés sur place, le yacht a enfin été arrêté. « Des officiers grecs sont montés à bord du navire pendant que le navire de patrouille letton restait à distance ». A bord, le capitaine du bateau a alors attaqué les officiers grecs, blessant l’un d’eux. Des échanges de coups de feu ont eu lieu. Un des contrebandiers a également été blessé. Ce n’est que plus tard, quand la situation s’est calmée, que « le corps du jeune irakien a été découvert à bord (**). Il a été immédiatement transporté à l’hôpital sur l’île de Rhodes pour une autopsie ».

Depuis le début de l’année, plus de 179 000 migrants et réfugiés sont arrivés dans les îles de la mer Égée venant de Turquie, précise l’agence Frontex.

(NGV)

(*) texte en anglais, traduction assurée par nos soins

(**) La première version donnée par la presse parlait d’un jeune de 15 ans dont les circonstances de mort variait : mort par asphyxie ou par balles.

Lire aussi : Sophia née en Méditerranée. Vaste journée de sauvetage pour les navires européens

Le Lé Eithne sauve 647 migrants lors de 2 opérations au large de Tripoli

(B2) Le LÉ EITHNE a sauvé 647 migrants dans deux opérations de sauvetage menées à 50 milles nautiques au nord-ouest de Tripoli, la capitale libyenne lundi (29 juin).  Dans les premières heures de ce matin, tout d’abord 593 migrants – récupérés le 28 juin – ont été transférés vers le navire britannique HMS Bulwark, a indiqué la marine irlandaise dans un communiqué. A 8 heures (heure irlandaise), les opérations de sauvetage ont recommencé, d’abord en permettant de récupérer 330 migrants sur une barge en bois, ) 50 milles nautiques au nord-ouest de Tripoli. Opération terminée à 10h30. Les conditions météorologiques à ce moment étaient excellentes. Immédiatement après, le LÉ EITHNE a été à la rescousse d’une autre barge en bois, en difficulté, où elle a récupéré 317 migrants. Opération terminée vers 13 heures. En tout, le patrouilleur irlandais a ainsi à son bord 544 hommes, 95 femmes et 8 enfants.

(NGV)

Un drone de surveillance Scout (crédit : Airbus DS)

Une base de drones européens en Algérie ou au Maroc. Réalité ou intox ? (maj)

Un drone de surveillance Scout (crédit : Airbus DS)

Un drone de surveillance Scout (crédit : Airbus DS)

(BRUXELLES2) Selon la presse algérienne, qui relaie une information de l’agence Chine nouvelle, citant une source diplomatique algérienne, reprise sans aucune vérification par le Huffington Post (groupe Le Monde), l’Algérie aurait « refusé une demande de la part de l’Union Européenne (UE) d’abriter une base pour des drones destinés à lutter contre la migration clandestine dans la mer méditerranéenne ». Oufti ! comme on dirait à Liège… Selon cette même source,  l’Union Européenne souhaitait « implanter une base pour drones dans la ville côtière Aïn Temouchent, situé à 504 km à l’ouest d’Alger ». L’information est développée dans un sens identique chez le voisin marocain. Histoire sans doute de ne pas être en reste. Selon le quotidien arabophone Al Massae, tel que relaté par le site le360.ma, « l’Union européenne avec à leur tête l’Espagne, l’Italie et la France ont proposé au Maroc la construction d’une base de drones sur son sol ». Objectif : « barrer la route aux immigrés clandestins qui arrivent sur le sol européen, mais (…) également servir à traquer les trafiquants de drogue ». Dans le contexte actuel, l’info est-elle fondée ou même probable ?

A supposer qu’une telle demande ait existé, elle ne concerne pas vraiment l’opération militaire en Méditerranée. Car il faut regarder une carte : Aïn Temouchent est situé près d’Oran face à Almeria en Espagne. On est plus près du Maroc que de la Libye. Et on est très, très loin de l’opération EUNAVFOR dont la zone d’opération devrait recouvrir peu ou prou la zone de sauvetage et de secours italienne ainsi que la zone libyenne (si l’ONU l’y autorise).

Ensuite, l’UE ne dispose pas de drones en soi. Ce sont ceux qui seraient mis à disposition par les Etats membres. Et cette capacité est pour le moins chichement comptée, du moins quand on parle de drones à longue endurance (MALE) qui peuvent être utiles en matière de surveillance maritime (*). Il n’est que d’observer les difficultés françaises durant l’opération militaire au Mali ou au Niger. D’un point de vue opérationnel, vu la distance, on peut se demander s’il ne serait pas plus facile d’implanter une base de drones dans l’Espagne voisine plutôt que de commencer à négocier un accord pour implanter cette base dans un pays étranger.

Enfin, une opération de l’UE ne se monte pas de cette façon-là. Il faut un accord des 28 Etats membres, des 28 ambassadeurs du COPS. Et jusqu’à nouvel ordre, selon nos informations, un tel plan n’a pas été évoqué dans ces enceintes. Idem du côté des structures militaires du SEAE…

Du côté de la Commission européenne, on dément un tel projet mais de façon assez peu claire à vrai dire. « La Commission n’est pas au courant des demandes vers les pays du Maghreb pour construire une base de départ pour les drones qui seront utilisés pour surveiller des bateaux transportant des migrants et des marchandises » m’a-t-on assuré (**). « La Commission n’a pas de tels plans. »

A l’agence Frontex, on est plus ferme et clair : « Frontex n’a pas d’opérations en Algérie. Et Frontex n’utilise pas des drones dans ses opérations » a assuré un de ses portes-paroles à ma demande.

Commentaires : dans cette information, il faut décortiquer le vrai du faux. La Tunisie, le Maroc et l’Algérie font partie des pays avec lesquels les Européens veulent avoir une coopération renforcée en matière de migrations mais aussi de terrorisme. Et des attachés « terrorisme » ou « migrations » vont venir bientôt épauler les délégations (ambassades) de l’UE dans les pays concernés. Que ces pays aient été approchés par des diplomates européens pour rechercher sa coopération en matière de lutte contre le terrorisme, c’est sûr ; tout comme la lutte contre l’immigration. Que ces pays aient également été approchés par des Etats membres, en particulier l’Espagne, par exemple, pour aller traquer les réseaux de migrants (et de drogues surtout), c’est probable. Que des discussions aient été menées à un certain niveau politique, sans doute. De là, à demander l’implantation une base de drones, il y a un pas que l’Europe ne semble pas prêt de franchir.

(Nicolas Gros-Verheyde)

(*) on parle bien ici de drones d’observation et non de drones armés.

(**) réponse écrite à ma question

(Maj) clarification de l’agence Frontex

HelicoMerlinExerciceProudMantaMedit2@UK130305

Renforts en Méditerranée. Britain: 0 France: 1 Germany: 2 Qui dit mieux ?

(BRUXELLES2) Annoncé à grand fracas lors de son arrivée jeudi dernier au Conseil européen, par David Cameron lui-même (Lire : Face à la tragédie en Méditerranée, le Royaume-Uni répond « présent »), l’arrivée du « navire amiral » de la flotte britannique en renfort des forces italiennes pour le sauvetage des bateaux de migrants et réfugiés en Méditerranée se fait… attendre. Avec beaucoup moins de tapage, le navire français est, lui, déjà opérationnel. Et deux navires allemands arrivent en renfort… Sans compter des navires russe et chinois, en embuscade

Retard à l’allumage britannique

Le HMS Bulwark (L-15) qui aurait dû commencer ses opérations de secours est resté à quai, ce week-end, bloqué par des « discussions diplomatiques » avec les Italiens, selon le quotidien The Guardian. L’engagement ne devant avoir lieu que mardi. Des informations non démenties par le ministère britannique de la Défense qui a préféré opter pour une communication positive. Le HMS Bulwark et 3 hélicoptères Merlin hélicoptères sont « maintenant prêts à opérer en Méditerranée, travaillant étroitement avec la marine italienne et en coordination avec Rome ». Les trois hélicoptères Merlin de la marine, actuellement stationnés à la base aérienne navale de Sigonella en Sicile « peuvent être appelés à la rescousse si nécessaire par les gardes-côtes italiens. Ils ont commencé leur première sortie d’entraînement, pour se familiariser avec la zone » ajoute le porte-parole du MOD britannique (lire le communiqué). Histoire sans doute de combler un « petit trou d’air » diplomatique.

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Un des hélicoptères Merlin sur la base de Sigonella pour l’exercice Proud Manta en 2013 (archives B2 / crédit : Crown copyright)

L’asile ou les sous ?

Selon un des portes-paroles du Premier ministre, cité par le quotidien, c’est la question de l’asile qui bloque. « Le Premier ministre a été clair lors du Conseil européen (sur ce point). La Grande-Bretagne est prête à jouer son rôle dans la lutte contre la crise actuelle dans la Méditerranée. Mais notre objectif est de sauver des vies, et non d’offrir l’asile de personnes au Royaume-Uni ». Et d’ajouter : « Les discussions entre les partenaires européens continuent pour assurer une étroite coordination ». De fait, selon nos informations, ce sont tout autant des questions de coordination et commandement, voire de gros sous, qui sont en question, que la question même de l’asile qui est réglée par le droit de la mer. Le Royaume-Uni n’est, en effet, pas membre de l’espace Schengen et doit passer un accord spécifique d’assistance avec l’Italie comme avec Frontex.

La marine française déjà sur zone

Le commandant birot en sauvetage à trois embarcations en détresse (crédit : Marine nationale)

L’aviso Commandant birot en sauvetage à trois embarcations en détresse (crédit : Marine nationale)

Dans la « course » au sauvetage, Londres s’est fait doubler sur le fil par Paris. Sans autant de tapage que son homologue britannique, François Hollande avait été plutôt discret, sur ce plan, au sommet européen, la marine française a dépêché sur place un de ses patrouilleurs de haute mer (lire : L’aviso Commandant Birot au sud de la Sicile en renfort de l’opération Triton). Après des préparatifs express, le navire était opérationnel. Et l’aviso Commandant Birot a ainsi pu réaliser son premier sauvetage ce samedi (2 mai), se portant au secours de « trois embarcations signalées en détresse en haute mer, au nord des côtes libyennes » et mettant 217 personnes à l’abri, précise-t-on à la Marine nationale. Une mission de sauvetage « conduite sous la responsabilité du Centre de coordination des opérations de sauvetage de Rome (MRCC Rome – Maritime rescue coordination center) ». Les personnes secourues ont été débarqué dans un port italien. Deux présumés « passeurs » ont été également interceptés et remis à disposition des autorités italiennes.

Deux navires allemands disponibles

Côté allemand, on annonce que la frégate « Hessen » (F-221) et le navire de soutien « Berlin » (A-1411), de retour de l’opération européenne anti-piraterie au large de la Somalie (EUNAVFOR Atalanta), ont fait halte, dans la matinée du 3 mai, dans le port de Souda en Crète. Ils se préparent à opérer en Méditerranée, durant leur trajet de retour vers l’Allemagne.

Le navire de soutien Berlin à Souda (crédit : Bundeswehr)

Le navire de soutien Berlin à Souda (crédit : Bundeswehr / Sascha Jonack)

Les deux navires vont « être équipés dès que possible pour assurer le sauvetage en mer » précise le QG de la marine allemande. « Ils s’équipent actuellement avec des repas supplémentaires, des couvertures, des fournitures médicales et des articles d’hygiène pour permettre le sauvetage des réfugiés en détresse. » Une fois le ravitaillement et le complément de matériel effectués, les deux navires pourront « au total, assurer le secours de 350 personnes (et) contribuer à l’opération de la Marine pour l’aide humanitaire en région Méditerranée ».

Les Russes et Chinois arrivent !

Quant aux marines russes et chinoises, elles ont annoncé un exercice conjoint en mer Méditerranée à la mi-mai (*). Objectif: « approfondir la coopération amicale et pratique, et augmenter la capacité des forces navales de nos deux pays », selon le porte-parole du ministère chinois de la Défense cité par l’agence Reuters. Neuf navires des deux pays seront impliqués, avec au menu : escorte de navires, exercices de tirs, sécurité maritime, ravitaillement en mer. Et si un navire de migrants pointe son nez dans la zone grecque, maltaise ou italienne de sauvetage… que feront les navires russes ou chinois ? Assurément, un sauvetage par un de ces navires pourrait être un objet tout autant médiatique que  politique. Un petit aveu d’impuissance européenne collective en quelque sorte…

(Nicolas Gros-Verheyde)

(*) Cet exercice n’est pas une première, comme annoncé parfois. Un exercice conjoint, impliquant le destroyer russe Pyotr Veliky et la frégate chinoise Yancheng, avait déjà été organisé en janvier 2014, comme l’avait précisé à l’époque un porte-parole de la marine russe cité par l’agence Novosti. Exercice commencé par la sécurisation d’un transport d’armes chimiques syriennes (dans le cadre de l’accord international pour le retrait des armes chimiques de la zone).