France

La mission au sud-Soudan se heurte à une interrogation… tricolore

(crédit : Google map)

(BRUXELLES2, exclusif) Quand un diplomate parle « d’interrogation », c’est souvent un mot poli pour dire « je ne suis pas d’accord ». Et c’est ce qui semble s’être déroulé lors la dernière réunion du comité politique et de sécurité (COPS). Selon nos informations, le COPS avait, à son agenda, le projet d’une nouvelle mission européenne au Sud-Soudan. Il s’agissait de donner le feu vert à ce qui constitue une étape importante de la planification d’une mission de maintien de la paix européenne, la préparation du concept de gestion de crises (CMC), pour une mission, civile, de police, visant à sécuriser l’aéroport de Juba, et former les futurs effectifs du nouvel Etat indépendant. Les discussions allaient bon train. Et la plupart des pays européens semblaient, avec plus ou moins d’enthousiasme, d’accord sur le lancement de cette mission. Mais, étonnamment, c’est la France qui a exprimé son « interrogation » et empêché la prise de décisions. A suivre…

(Maj) Explication : coté français on estime que d’autres dossiers plus anciens et tout aussi cruciaux en matière de sécurité comme le Sahel, la Libye, la Côte d’Ivoire… n’ont toujours pas reçu la même attention dans le suivi et de la rapidité avec lequel un CMC est proposé pour le Soudan. « C’est une manière d’avoir des discussions avec le SEAE » sur ces sujets, m’a précisé un expert du dossier. La France ne semblait pas seule. D’autres pays – comme la Suède notamment – semblaient aussi assez réservés ou surpris de la méthode.

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La coopération franco-britannique sur le nucléaire, dans le détail

La fin des explosions en atmosphère (ici à Mururoa) oblige à recourir aux simulateurs, comme à Valduc (crédit : Service Historique de la Défense - SHD, droits réservés)

(BRUXELLES2, analyse) Après les grandes effusions du renouvellement de l’amitié franco-britannique, on entre dans le détail des projets. La coopération dans le domaine du nucléaire est un des domaines les plus sensibles qu’il soit, à la fois en termes opérationnels (confidentialité des tests) comme de responsabilité (que faire des déchets ? que se passe-t-il en cas d’accident ?…) et d’espérance d’économies. Un traité spécifique – comprenant une vingtaine d’articles – qui répond à toutes ces questions, est en passe d’être ratifié. Le parlement français a, de son coté, approuvé cette ratification (la loi est parue au JO du 28 mai dernier) et examiné certaines des questions les plus litigieuses.

Deux projets

Le programme prévoit deux projets : la construction et l’exploitation conjointe d’une installation radiographique et hydrodynamique dénommée ÉPURE, construite sur le site de Valduc de la direction des applications militaires du CEA (CEA-DAM), et un programme commun de technologies radiographiques et diagnostiques dans une installation commune dénommée « Centre de développement technologique TEUTATES ».

le centre de Valduc (crédit : CEA)

L’installation EPURE

Les expériences réalisées sont des expériences de simulation. Une épreuve devenue primordiale pour les pays signataires du traité d’interdiction des essais nucléaires (TICE) qui « ne peuvent plus vérifier l’efficacité d’un mécanisme nouveau par un essai réel (et) doivent désormais se contenter d’une validation par la simulation ».

EPURE sera constituée à terme par « une plate-forme d’expérience (dite pas de tir) autour de laquelle se trouveront trois machines radiographiques ainsi que par un deuxième pas de tir associé à des moyens de mesure plus légers que le premier et qui permettra de réaliser des expériences de physique des matériaux ».

La première machine radiographique proviendra de l’accélérateur à induction de radiographie pour l’imagerie X (AIRIX) du site de Moronvilliers. Une seconde machine radiographique sera construite par le Royaume-Uni, d’ici 2019 ; et une troisième machine construite en commun par la France et le Royaume-Uni d’ici 2022.

L’intérêt ne réside pas que dans l’économie de moyens, comme le précise le rapport de l’Assemblée nationale. « Alors qu’il n’y a qu’une machine radiographique dans AIRIX, il y en aura trois dans ÉPURE, ce qui permettra d’effectuer des radiographies sous trois axes de vue différents. Il sera donc possible, si l’on effectue les radiographies en même temps, d’obtenir une vue tridimensionnelle et interne de l’objet expérimenté ou, si l’on effectue les radiographies à des temps différents, de suivre l’évolution temporelle. »

Outre les deux plates-formes de tir et les machines radiographiques, qui correspondent à la partie commune de l’installation, ÉPURE comprendra des locaux propres à chaque pays où les équipes pourront, « en toute souveraineté, préparer les dispositifs expérimentaux et les placer dans des cuves étanches qui assurent un confinement total des produits de l’expérience ». Ces locaux propres incluent également « des espaces de bureaux et des systèmes d’acquisition des mesures réalisées pendant les expériences ».

Un laboratoire commun

Un programme commun de technologies radiographiques et diagnostiques dans une installation commune dénommée « Centre de développement technologique TEUTATES. Cette installation (dite « TDC ») sera construite au Royaume-Uni sur le site de l’Atomic Weapons Establishment d’Aldermaston. TDC sera constitué d’un laboratoire et de locaux de bureaux associés. Des chercheurs français et britanniques y travailleront, l’objectif de l’AWE et du CEA étant d’y rassembler les équipes et d’y constituer une équipe de recherche- développement de niveau mondial. TDC doit être mis en service d’ici 2014. L’installation abritera entre 2015 et 2017 la machine radiographique de conception britannique qui constituera, à partir de 2017, le second axe de visée radiographique d’ÉPURE. Par la suite, la machine radiographique franco- britannique y sera élaborée.

(crédit : CEA)

Economies à la clé : 450 millions sur la période

La réalisation d’infrastructures communes devrait permettre – selon l’étude d’impact – un partage des coûts et une économie de 450 millions d’euros pour chaque pays sur la période : 200 millions d’euros pour la période 2015-2020, de 200 à 250 millions pour la période après 2020. Pour mémoire, le maintien d’une capacité nucléaire militaire représente un « effort annuel de l’ordre de 3 milliards d’euros pour le Royaume-Uni et de près de 3,5 milliards d’euros pour la France ». NB : L’économie réalisée est donc relativement faible, ramenée par an, de l’ordre de moins de 40 millions d’euros annuel, dans la phase de montée en puissance, beaucoup moins ensuite.

La répartition des charges est fixée. La France prend en charge les coûts de la phase 1 de l’installation ÉPURE, le Royaume-Uni ceux de l’installation TDC. À partir du 1er janvier 2015, les parties partagent à parts égales les coûts et les bénéfices résultant de leur participation au programme commun, y compris tous les coûts administratifs et indirects associés, à l’exception des travaux entrepris exclusivement dans le cadre de programmes nationaux.

Précisons que les entreprises françaises et britanniques et européennes bénéficient « des mêmes possibilités de soumissionner à tous les contrats liés à l’installation TDC ou à la Phase 2 de l’installation ÉPURE ».

Un cycle de vie au long cours

Le cycle de vie total, y compris la conception, la construction, l’exploitation, l’arrêt définitif et le démantèlement, des installations ÉPURE et TDC est de 50 ans, qui se décompose en trois phases : 10 ans de construction, 25 à 30 ans d’exploitation et 10 ans de déconstruction. Le démantèlement de l’installation est donc prévu entre 2065 et 2081.

(crédit : CEA)

Le respect de la confidentialité

Bien que les installations soient communes à la France et au Royaume-Uni, le traité assure l’indépendance des expériences réalisées par chacune des deux parties. Le Royaume-Uni n’aura pas accès aux travaux réalisés par la France et inversement. La configuration des bâtiments permettra d’assurer cette indépendance. Ainsi, « le hall d’assemblage français ne sera accessible qu’au personnel français ». Et vice-versa.

Si les autorités de sûreté française et britannique pourront inspecter conjointement, pour les installations situées en France, les locaux du Royaume-Uni afin de s’assurer qu’ils sont conformes aux exigences de sûreté, l’autorité de sûreté française n’aura accès à aucune information sur les édifices expérimentaux britanniques ». Et les personnels britanniques « n’auront pas accès aux autres installations du site de Valduc ». L’ÉPURE sera « située dans un espace spécifique, séparé par une clôture réglementaire du reste du centre du CEA ». L’accès à ÉPURE ne donnera accès pour les Britanniques qu’à la cantine du centre et au centre médical.

Pas de partage d’informations

Les modalités de validation et les procédés de tests pourraient être échangés entre la France et le Royaume-Uni sans que les deux pays aient besoin de communiquer des informations liées à la technologie nucléaire. Il s’agirait bien « de discussions portant sur des protocoles scientifiques et sur une démarche plus que sur une technologie. » En revanche, à plus long terme, rien n’interdit « un partage d’expériences de physique fondamentale ». Un partage qui « n’est pas identifié à l’heure actuelle » précise le rapporteur de l’Assemblée nationale.

Des tests avec des matériaux de substitution

La plupart des expériences utiliseront des matériaux de substitution au plutonium (comme le tantale, le plomb ou l’uranium appauvri). Dans les quelques cas où les matières nucléaires seront utilisées, « il s’agira d’expériences sous-critiques où les quantités de matière fissile qui seront utilisées seront très basses afin de garantir qu’il n’y aura aucun dégagement d’énergie nucléaire. Aucune arme nucléaire ne sera jamais testée au sein d’ÉPURE ou de TDC. (…) Il n’y aura pas de reproduction contrôlée d’explosions nucléaires. »

Responsabilité pour les dommages nucléaires

La responsabilité civile pour des dommages nucléaires résultant d’opérations menées dans l’installation ÉPURE relève du CEA en sa qualité d’exploitant nucléaire. Cependant, le CEA dispose d’un droit de recours à l’encontre du Royaume-Uni si l’incident ou le dommage est imputable à une négligence ou à une violation des obligations légales, des règlements ou des procédures par le personnel du Royaume-Uni.

Déchets

Les déchets provenant des essais et expériences demeurent la propriété et la responsabilité du pays d’origine. Les déchets provenant des essais réalisés par le Royaume-Uni dans l’installation ÉPURE lui sont restitués après traitement et conditionnement. Et la réciproques est vraie, pour les déchets provenant des opérations françaises dans l’installation TDC qui « sont restitués » à la France.

En général, il s’agira « très majoritairement de mélanges entre les résidus de la détonation de l’explosif (produits à base de carbone, d’azote d’oxygène et d’hydrogène) et les matériaux de substitution (plomb, tantale, acier). Il ne s’agira pas de déchets nucléaires ». Tous ces matériaux seront « confinés dans les cuves expérimentales qui seront nettoyées et les déchets seront évacués comme des déchets ordinaires ». Pour les quelques expériences où l’on utilisera des matières nucléaires, « celles-ci seront extraites dans une partie spécifique de l’installation ÉPURE et les cuves pourront être évacuées dans une dépose existante. Une installation de traitement des déchets sera mise en place à partir de 2022. »

Autres cas de responsabilité

« En cas de dommage causé à des biens ou de blessure ou de décès résultant d’un acte ou d’une omission volontaire ou d’une négligence grave » commis par l’une des parties, son personnel ou ses agents, cette partie est « pleinement responsable de la satisfaction ou du traitement du toute demande d’indemnisation ».

Dans les autres cas, la responsabilité en cas de blessure ou de dommage causé à des biens résultant d’ « opérations britanniques menées par le personnel britannique soit dans la zone du Royaume-Uni, soit dans les zones communes de l’installation ÉPURE ou dans l’installation TDC », relève du Royaume-Uni exclusivement. Et vice-versa pour la partie française.

Télécharger le rapport dans la section « Docs de B2 »

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Alain Juppé décerne une * à Cathy Ashton, et un conseil: soyez plus réactive!

(BRUXELLES2) A l’inverse des critiques entendues de part et d’autre, Alain Juppé, le ministre français des Affaires étrangères, s’est voulu positif sur le travail réalisé tant par le service diplomatique (SEAE) que par la Haute représentante de l’UE pour les Affaires étrangères.

Les premiers résultats sont là

Nous avons tenu une « discussion assez franche sur le fonctionnement du SEAE », a-t-il expliqué. Mais « Me Ashton a été fortement soutenue par l’ensemble des pays présents ». Et d’ajouter, un brin ironique : « Tout le monde est tombé d’accord sur le fait que c’était la faute… à la presse » s’il y avait tant de critiques.

« Les premiers résultats sont là. — a-t-il tenu à préciser — L’UE a obtenu la reconnaissance à l’ONU. Il y a le voyage de la Haute représentante en Bosnie qui a permis d’éviter que les choses se dégradent, le dialogue Serbie et Kosovo qui s’est ouvert, la définition d’une stratégie dans le Sahel, le voyage à Benghazi et l’ouverture du bureau de liaison auprès du CNT (le conseil national de transition ».

Etre plus réactifs

Alain Juppé a, cependant, mis en avant deux points qui méritaient d’être améliorés. « Nous pouvons faire un effort par exemple pour faire remonter des informations. Nous-même pouvons faire mieux. Le service diplomatique aussi ». Il existe sans doute « des marges de progrès dans la réactivité du service. » Et le ministre de donner ce « conseil » à Cathy Ashton : « n’attendez pas que les 27 soient tous d’accord quand vous voyez bien qu’il faut s’exprimer, par exemple quand il y a un massacre. »

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L’offensive contre les bateaux-mères pirates continue (Maj2)

(crédit : Eunavfor Atalanta / Marine portugaise)

(BRUXELLES2) Plusieurs navires des missions anti-piraterie de l’UE (Eunavfor Atalanta) et surtout de l’OTAN (Ocean Shield) ont participé à cette action tout près des côtes somaliennes, jeudi et vendredi. Trois bateaux-mères pirates ont été neutralisés. Et deux autres ont été obligés de rebrousser chemin. Une action qui s’inscrit dans un cadre volontairement offensif visant à neutraliser les moyens d’actions des pirates. Les bateaux-mères sont préalablement repérés et, de manière concertée, les navires passent ensuite à l’action.

Un bateau-mère rebrousse chemin

Le navire-amiral de la mission européenne Eunavfor Atalanta, la frégate portugaise Vasco de Gama, a neutralisé un dhow, dénommé Jelbut 35, dans la matinée du 13 mai. Le dhow tentait de gagner le large quand le Vasco de Gama l’a « fixé ». « Nous avons fait un avertissement oral  lui demandant de retourner à son ancrage — raconte un officier — mais il a refusé d’obtempérer. » L’hélicoptère a alors fait un tir d’avertissement. Le Dhow a alors rebroussé chemin. « Avec l’arrivée de la mousson du Sud-Ouest dans la région, qui apporte avec elle de mauvaises conditions climatiques et une mer agitée, c’est une des dernières chances pour les groupes d’attaque pirates (PAG) de se déployer dans l’océan Indien. » explique-t-on au QG d’Atalanta.

Un autre appréhendé

Dans l’après-midi, la frégate française Nivôse – qui participe aussi à la mission européenne Eunavfor – avait mis le cap sur un dhow suspect d’être un bateau-mère. Capturé par les pirates il y a plus d’un an, il était soupçonné d’avoir mené plusieurs attaques récentes en mer d’Arabie. Il avait été localisé, peu avant, par un avion de patrouille maritime P3 Orion allemand. Malgré les ordres donnés par l’hélicoptère du Nivôse de stopper, celui-ci a continué son chemin. Pendant l’approche, les militaires ont pu apercevoir plusieurs armes et deux skiffs d’attaque à bord du dhow. L’hélicoptère est alors passé aux tirs de semonce ; les pirates ont alors viré de bord mettant le cap sur la Somalie. La « présence à bord d’otages » a empêché une action de force, précise-t-on au QG d’Atalanta. Mais les skiffs du dhow ont été neutralisés. « Ce qui rend le groupe d’attaque pirates (PAG) incapable de lancer d’autres attaques ». Les VPD estoniens « ont donné un appui notable dans cette action ». (maj) On l’a appris, plus tard, 13 pirates ont été arrêtés (puis relâchés) et les 5 passagers libérés.

Le Jin Chun Tsai 68 neutralisé

Trois navires utilisés comme bateaux-mères par les pirates ont été récupérés ou neutralisés à proximité des côtes somaliennes, jeudi 12 mai, annonce l’OTAN : le plus ancien des bateaux-mères, le navire taïwanais Jin Chun Tsai 68, le dernier de la série des navires de pêche thaïlandais aux mains des pirates, le Prantalay 12, et un navire de pêche iranien, dénommé le Jelbut 24.

Le navire de pêche thaïlandais Prantalay 12 a été neutralisé et est resté aux mains des pirates ; mais il devrait être rendu sans demande de rançon, précise le QG anti-piraterie de l’OTAN à Northwood.

La frégate danoise – qui fait partie de l’opération Ocean Shield de l’OTAN – Esbern Snare (L-17) a intercepté le dénommé Jelbut 24, un bateau de pêche iranien, reconverti en bateau-mère. Un échange de tirs assez sérieux est intervenu. Les Danois ont répliqué. Les pirates ont alors cessé le tir, jeté les armes à la mer et se sont rendus. A bord, les Danois comptent 16 otages iraniens et 28 suspects. Sur ce nombre, 4 des pirates sont décédés, 10 ont été blessés. Les corps des quatre pirates décédés ont été « jetés à la mer » – précise le QG des opérations danois – « conformément aux procédures de l’OTAN et en tenant compte des traditions musulmanes ».  Les 24 autres suspects sont « retenus à bord, de façon provisoire en attendant d’examiner de possibles poursuites », ajoute-t-on côté danois. NB : les 16 ex-otages ont été libérés et déposés à Mombasa (Kenya) lors d’une escale.

Dans le même temps, c’est le Jih Chun Tsai 68, un bateau de pêche taïwanais, qui a été repris par les forces maritimes internationales. C’est le navire américain Uss Stephen W. Groves (FFG-29) qui était à l’action Il avait été capturé le 30 mars 2010 et était, depuis, utilisé régulièrement comme bateau-mère par les pirates somaliens pour faire des attaques sur des navires marchands dans le Golfe d’Aden. Il a sombré en partie, souligne le Maritime Bulletin. Il comprend un équipage de 14 marins (un capitaine taïwanais, 2 Chinois, 11 Indonésiens). Au moins trois Somaliens ainsi que le capitaine du navire auraient été tués durant l’attaque alors que le navire était en route de Ceel Dhanaane vers Hobyo, a avancé l’ONG Ecoterra (*). Information confirmée, tardivement (le 18 mai), par l’OTAN qui ajoute que deux marins du navire ont également été blessés dans l’opération. « Les pirates survivants ont été retournés à terre (libérés) » précise l’organisation. D’autres suspects ou marins ont été blessés lors de cet assaut et soignés pour blessures et brûlures à Galkayo, précise Ecoterra.

(*) Les morts et blessés de l’attaque du Jih Chun Tsai 68 avaient d’abord été attribués lors de la libération du Prantalay 12 puis réattribués.

Lire également : Les marines de tous pays passent à l’offensive dans l’Océan indien

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Un navire de réfugiés non secouru ? Retour sur un drame non élucidé (Maj)

(BRUXELLES2, exclusif) Un bateau chargé de réfugiés erre en Méditerranée au vu et au su de tout le monde, ses passagers finissent par mourir les uns après les autres, il y a de quoi être choqué par ce drame révélé par Human Rights Watch et le quotidien britannique The Guardian. Mais il peut être intéressant de rechercher les causes. HRW pointe l’OTAN. The Guardian ajoute un autre protagoniste, pointant le porte-avions français Charles de Gaulle. Sans vraiment trop d’explication. Le raccourci — semble-t-il — est un peu rapide. Et si on reprend l’ensemble des faits présentés (et sans contester leur véracité), on peut arriver aussi à deux autres versions, bizaremment éludées par mes chers confrères, britanniques…

Trois faits à considérer

Selon les témoignages publiés :

1° Un bateau – chargé de migrants en majorité africains – quitte Tripoli vendredi (25 mars) et met le cap sur Lampedusa à 180 milles marins au nord-ouest. Au bout de 18 heures en mer, problème moteur, le bateau est alors à 60 milles de Tripoli. Par le téléphone satellite de bord, ils appellent le frère Moses Zerai à Rome qui prend contact avec les gardes côtes-italiens. Ceux-ci assurent avoir lancé l’alerte à tous les navires de la zone.

2° Effectivement, le samedi (26 mars), ou dans la nuit du 26 au 27 mars, un hélicoptère marqué « army » (en anglais) apparait au-dessus du bateau et largue bouteilles d’eau et paquet de biscuit. Aucun autre secours n’arrivera.

3° Le mardi (29 mars) ou mercredi (30 mars), le bateau est proche d’un porte avions. 2 jets décollent du bateau signalent les réfugiés. Selon The Guardian, il s’agit du Charles de Gaulle.

A qui peut bien appartenir un hélicoptère siglé « Army » ?

L'hélicoptère Lynx qui est normalement à bord du Cumberland porte bien l'inscription "Royal Navy" comme la plupart des hélicoptères britanniques... NB : au fond le HMS Westminster (crédit : UK Royal navy)

Un fait ressortant du témoignage des survivants a été semble-t-il relativisé par les récits qui en ont été faits dans la presse : la présence de l’hélicoptère et la localisation des faits.

Les circonstances précises supposent, en effet, que l’alerte a bien été donnée et transmise par les gardes-côtes, que le bateau a ensuite été localisé précisément, que la coalition a donné son accord à ce survol (nous sommes dans la no fly zone) et que la localisation du bateau était donc connue autant des autorités italiennes (voire maltaises) que des navires de guerre sur la zone.

La localisation est importante : à 60 milles marins des côtes, à proximité des eaux territoriales libyennes. Nous sommes ici dans une zone « de guerre », où les bateaux « civils » ne s’aventurent normalement pas. Il est ainsi logique les gardes-côtes ne soient pas présents et passent le relais aux militaires.

La signalisation de l’hélicoptère (militaire) le confirme. Ce n’est pas un hélicoptère des gardes cotes italien ni maltais (ils sont blancs) qui s’est déplacé, mais un hélicoptère d’un des navires déployés au large de la Libye. Ils sont nombreux à ce moment-là.

Dans le secteur sont présent en effet  navires. L’OTAN revendique le contrôle d’une vingtaine de navires : 4 italiens (ITS ETNA,  ITS GARIBALDI, ITS LIBECCIO, ITS BETTICA), 1 canadien (HMCS CHARLOTTETOWN), 1 Britannique (HMS CUMBERLAND), 1 Grec (HS LIMNOS), 1 Espagnol (ESPS MENDEZ NUNEZ), 5 Turcs (TCG GEMLIK, TCG YILDIRIM, TCG GELIBOLU, TCG GAZIANTEP, TCG AKAR), un néerlandais (HMNLS HAARLEM), 1 BNS NARCIS. Tous ne sont pas la zone impliquée, et tous ne disposent pas d’hélicoptère notamment les chasseurs de mines néerlandais ou belge.

Il y a aussi les navires de la coalition comme le groupe amphibie américain (USS Kearsarge, USS Ponce, ), des navires britanniques (HMS Westminster) ou français (Forbin). Il y a, enfin, les navires qui sont en transit en Méditerranée, vers l’Océan indien ou l’Atlantique. Est aussi présente, dans le secteur,  une mission de surveillance de l’immigration, la mission de l’Union européenne « Hermès », coordonnée par l’agence de surveillance aux frontières (Frontex). Mais les Européens répondent qu’ils n’étaient pas du tout dans la zone. Lire également : Un navire chargé de réfugiés se perd en Méditerranée ! Que répond Frontex ?

Le siglage « Army » est de l’hélicoptère est cependant étonnant car la plupart des hélicoptères déployés dans le secteur portent le terme « Marine » (France), « Marina » (Italie), « Royal Navy » (pour les Merlin ou Lynx équipant le HMS Westminster ou le HMS Cumberland présents dans la zone), « Navy » (pour les différents hélicoptères embarqués à bord des navires américains).

A ma connaissance un seul pays – dans la zone – pourrait avoir le sigle, « Army », les Britanniques, pour leurs hélicoptères de l’armée de terre, utilisés aussi pour les commandos… Les Américains utilisent généralement un siglage « United States » pour leurs hélicoptères « de terre », le sigle « Army » reste utilisé pour certains hélicoptères (de secours notamment). C’est dommage que The Guardian n’ait pas poussé ses talents d’investigation plus loin !

La présence d’un porte-avions: et pourquoi pas un navire américain ?

La présence du porte-avions semble, en revanche, plus floue. Pour l’OTAN, le seul navire qu’elle avait sous son commandement était le porte-avions italien Garibaldi ; mais il était « à plus de 100 milles marins » de la zone. Les autorités françaises certifient, de leur coté, que le Charles de Gaulle se trouvait à ce moment à environ 200 milles marins des côtes libyennes (alors que le navire des réfugiés se situait aux environs de 60 milles).

Un avion Av8B Harrier atterrit sur le pont de l'Uss Kearsarge (crédit : U.S. Navy / 3rd Class Scott Pittman)

Bizarrement, nos confrères se sont arrêtés à ces explications. Or, d’après moi, il y avait dans la zone au moins un autre navire ayant les mêmes caractéristiques qu’un porte-avions, l’USS Kearsarge (LHD3), ce navire amphibie est un porte-aéronef qui accueille régulièrement (et accueillait lors des opérations – l’US Navy le confirme) des AV-8B Harrier à décollage vertical.

Dans tous les cas, le fait que personne ne se soit rendu compte à bord d’un porte-avions ou d’un navire amphibie peut s’expliquer. Ces navires sont hauts sur l’eau. Et l’attention est concentrée ailleurs – contrairement à une mission comme dans l’Océan indien où on observe régulièrement la mer, à la recherche de bateaux suspects – . Les avions qui décollent ne regardent normalement pas à la verticale, leur mission est une mission de guerre avec un objectif et une route bien tracée.

Le fait que des personnes en détresse aient été aperçues d’un navire et laissés sans secours trouble plus d’un marin. « Il y a une loi intangible de la marine, quand un marin croise un bateau en détresse, il va à son secours d’une manière ou d’une autre (alerte, envoi de moyens…). Cette loi est très forte dans la marine. Et cela m’étonnerait beaucoup qu’un marin ait passé outre cette loi » m’explique un militaire. Et, effectivement, il ne se passe pas de semaine en Méditerranée, dans le Golfe d’Aden ou l’Océan indien sans qu’un navire militaire ne vienne au secours d’un dhow ou d’un bateau en panne ou avec des problèmes… même s’il s’agit de réfugiés.

Eléments de contexte

La date des faits est importante. Et il est intéressant, si l’on veut comprendre et expliquer le drame plutôt de se contenter de pointer un index coupable, de mettre en évidence trois faits qui se déroulent fin mars.

Les opérations militaires battent leur plein. Ainsi, le 28 mars, le navire américain l’USS Barry est engagé à Misrata (NB : Misrata est à 100 milles marins environ de Tripoli et très près de l’endroit d’arrivée du bateau), avec un avion A-10 Thunderboldt (qui a un aspect d’avion de chasse) et un avion P3 Orion contre un navire des gardes-côtes libyens, le Vittoria, et deux petits bateaux qui font feu sur tous les navires qui se trouvent dans le port de Misrata.

Le commandement est en transition. L’OTAN vient de prendre, depuis le 23 mars, le commandement des opérations de contrôle maritime de l’embargo. Mais elle n’est pas encore en charge de la totalité des missions de « no fly zone » et de « frappes » qui restent l’oeuvre d’une coalition ad hoc (France, Royaume-Uni, USA, Canada, Belgique, Danemark). Les alliés décident dimanche (27 mars) de confier à l’OTAN la conduite des opérations qui passe sous de l’OTAN jeudi (31 mars). Dans les faits, cela prendra encore un peu plus de jours. Nombre de navires sont donc présents dans la zone à titre national.

hélicoptère des gardes côtes italiens (crédit : guardia costiera)

L’arrivée de nombreux bateaux transportant des réfugiés sur les côtes italiennes. Le 29 mars, le Haut commissariat aux réfugiés (HCR) note ainsi 5 bateaux arrivés depuis samedi en Italie transportant 1484 personnes. Et deux bateaux arrivent à Malte avec 535 personnes, un troisième bateau ayant accosté vers midi avec 250 personnes à bord ». Souvent, les gardes côtes doivent intervenir comme lorsque un bateau avec près de 500 personnes à bord s’échoue sur les côtes sud de Sicile, dans la nuit de lundi à mardi. Parfois ce sont les navires militaires qui interviennent, comme le 24 ou 25 mars, le navire canadien NCSM Charlottetown intercepte à proximité des côtes libyennes un navire avec plusieurs personnes déplacées à bord. Du coté de côtes italiennes, un hélicoptère de l’Etna vient au secours d’une femme enceinte en difficulté.

Une autre explication ?

De ces éléments de contexte, on peut donner quelques éléments d’explication.

Coté de l’OTAN et des militaires, la transition entre deux chaînes de commandement qui ne sont pas stabilisées – d’un coté l’OTAN en charge de l’embargo, de l’autre la coalition en charge de la No Fly zone – où « chacun faisait un peu ce qu’il voulait » selon le témoignage d’un militaire, ne facilite guère la tâche des secours. Et, clairement, les forces militaires alliées – qui ne sont pas en nombre très important – sont concentrées sur l’offensive vers le régime libyen. Le commandement américain a d’ailleurs annoncé, à ce moment, qu’il retirait une dizaine de navires de la zone d’opérations.

Côté italien, l’arrivée en masse de bateaux d’immigrants a semé l’alerte, les gardes-côtes sont sur les dents et portent secours à plusieurs bateaux. On peut ainsi présumer que ceux-ci, débordés, ont estimé leur travail accompli, une fois l’alerte répercutée sur d’autres navires. On peut ajouter au surplus que le navire en détresse ne se situait pas dans leur zone d’intervention, mais en pleine zone de conflit, où se trouvaient d’autres navires plus proches et adaptés à la recherche.

Sur zone, il serait intéressant ainsi de savoir à quel navire ou de quelle nationalité était l’hélicoptère militaire qui est intervenu. Et pourquoi il n’y a pas eu de suite ? On peut estimer que l’hélicoptère (américain ou britannique) – taské par les Italiens – estime avoir fait le job. Il balance de la nourriture, croit voir que tout va bien, s’éloigne et part ensuite sur une autre mission (voire part de la zone). Le sort du bateau ressort d’autres autorités – considère-t-il ensuite. Une hypothèse d’autant plus probable que nous sommes alors en plein combat – les rebelles avancent et reculent – et de bombardement.

Enfin, il y a peut-être également une prise de risques que l’hélicoptère (et son autorité hiérarchique) ne veut pas assumer, en se rapprochant davantage ou en prenant à son bord les passagers ; un risque terroriste (surestimé sans doute mais bien réel). Risque d’autant plus ressenti que le Kearsarge a déjà été visé par une attaque terroriste dans le port d’Aqaba, en Jordanie, en 2005.

On peut expliquer cette « non-assistance à personne en danger » à la fois par cette perte d’information, malheureusement classique dans une opération de secours où interviennent des éléments non coordonnés, entre les gardes-côtes et les militaires. Les premiers comme les seconds ont considéré avoir fait leur travail. Le reste peut s’expliquer par la situation de conflit où risquer la vie d’un soldat européen/occidental doit se mesure à l’aune d’une balance coûts-avantages. Faut-il mieux sauver quelques réfugiés ou risquer la vie d’un militaire ? Selon qu’on choisit le point de vue éthique ou politique, la réponse sera différente.

(Maj) Le HCR a interviewé, dans un camp en Tunisie, 3 Ethiopiens, qui étaient sur le bateau et confirment l’ensemble des faits, et même des détails supplémentaires, faisant état du refus de navires de les prendre à bord. Selon le HCR 10% des migrants qui prennent la mer n’atteindront jamais l’autre rive. Lire ici

Ce n’est pas la première fois que des réfugiés se noient ou meurent sur le trajet d’immigration. Mais cela montre combien les projets européens de surveillance maritime ont leur sens, dans la Méditerranée (la Mare Nostrum), non seulement pour surveiller mais pour porter également secours. Plusieurs « Crossmed » à l’échelle européenne seraient plus que nécessaires, indispensables. Cela montre également combien il est important que les Etats européens mettent au point une politique d’accueil des réfugiés venant de Libye. Et qu’il est tout aussi important de fournir rapidement des voies permettant aux étrangers bloqués en Libye de les extirper de la situation. Enfin, il est nécessaire d’avoir une enquête non pas d’une instance politique (le Conseil de l’Europe promet une enquête) mais judiciaire (car il s’agit de non assistance à personne en danger).

* Un Cross – Centre Regional Opérationnel de Surveillance et de Sauvetage – coordonne les secours en mer en France. Le Crossmed – établi dans le Var à La Garde – est compétent pour la Méditerranée.
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Sur le Nivôse, l’estonien est de rigueur

(crédit : Marine française / DICOD)

(BRUXELLES2) Des militaires estoniens ont embarqué depuis quelques jours à bord du Nivôse. A l’origine ce devait être le Courbet qui devait les accueillir. Mais celui-ci est parti patrouiller au large de la Libye. Présents pour six mois dans l’Océan indien, les militaires devraient passer successivement sur plusieurs navires français.

Avant d’embarquer, ils ont effectué un dernier stage à Lorient d’une semaine chez les fusiliers-marins commandos pour parfaire leur formation aux techniques des EPE (équipes de protection embarquées), aux procédures utilisées sur les bâtiments français ainsi qu’à la pratique des règles d’engagement de lutte contre la piraterie, indique-t-on à la marine française. Ils auront pour tâche notamment de contrôler les bâtiments suspects visités par le navire français ou d’assurer la protection des navires du Programme alimentaire mondial (PAM) ou de l’AMISOM. Le Nivose patrouille actuellement dans le corridor international IRTC dans le Golfe d’Aden jusqu’à Oman. Qui apprendra le plus vite à parler la langue de l’autre : les Estoniens ou les Français, les paris sont ouverts.

Lire également : Dernières nouvelles de la piraterie (2 avril)

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Le dernier-né de la marine kenyane n’est pas un inconnu! Objectif : les pirates

Le Patrouilleur la Rieuse sur le slipway à la Réunion pour la révision Meco - mise en condition opérationnelle (Crédit : Marine Nationale, juillet 2010

(BRUXELLES2) Eh oui. Les connaisseurs de la marine auront reconnu la silhouette et l’immatriculation de La Rieuse. Le patrouilleur français, basé à la Réunion, va changer sous peu de pavillon, après 24 années de services dans la « Royale ». Il incorpore la marine kenyane et sera basé à Mombasa, avec comme premier objectif de maintenir la sécurité dans les eaux du sud de l’Océan indien, écumées par les pirates somaliens.

En route vers la Réunion, le patrouilleur qui bat encore le pavillon tricolore a pris à son bord une partie du futur équipage kenyan, pour les derniers apprentissages et exercices en commun. Au trajet de retour, ce devrait être en effet les Kenyans qui auront la main sur le gouvernail. Le nom du nouveau navire n’est pas encore connu.

Prix pour le Kenya : moins d’un million d’euros

Le prix de la cession reste confidentiel. Mais, selon nos informations, il serait inférieur à un million d’euros. « Les Kenyans font une bonne affaire » m’a confié un connaisseur du dossier. Le navire est, en effet, vendu en l’état avec tout l’équipement, y compris les canons. Seuls les équipements de communications et autres relevant du secret national seront retirés.

Et, même s’il n’est plus tout neuf, il est de bonne facture, assez récente. Construite en 1985, dans les ateliers de Cherbourg, La Rieuse est parfaitement adaptée à ces missions de contrôle de l’Etat en mer. Longue de près de 55 mètres, déplaçant 373 tonnes (480 tonnes à pleine charge), elle a un faible tirant d’eau (2,54 mètres), peut atteindre une vitesse maximale de 23 nœuds. Le patrouilleur a une autonomie de 21 jours, pouvant franchir 4200 nautiques à 15 nœuds.

Une nouvelle vie, mais toujours une même mission : la piraterie

Seul regret des Kenyans : « il n’y a pas d’hélicoptère ». Selon l’accord conclu avec les Français, ce sera le Kenya qui auront la charge de la maintenance et notamment devront assurer la grande révision du navire, qui peut au besoin être effectué non loin de Mombasa, dans les ateliers de Piriou Ingénierie à l’ïle Maurice, ateliers qui connaissent bien la machine pour l’avoir régulièrement entretenu.

Pour le Kenya, cet achat entre dans une montée en puissance de la surveillance de leurs côtes, notamment face à la menace de la piraterie. Ils pourraient acquérir ainsi au moins un autre navire, du même type.

Coté français, cette cession fait partie d’un plan plus général de réduction du nombre de navires et de refonte de la flotte. Tous les patrouilleurs de la série P400 doivent ainsi être soit vendus, soit désarmés d’ici 2015-2016. Avis aux amateurs…

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(Dossier exclusif) Au cœur du dispositif d’EATC (maj)

(BRUXELLES2 – Eindhoven) Que ce soit pour l’évacuation des ressortissants de Côte d’Ivoire, de Libye, les avions de transport ont été mis à rude épreuve ces dernières semaines. Et ils pourraient l’être encore prochainement si l’opération de soutien humanitaire, EUFOR Libya, se met en place.

La salle de contrôle opérationnelle (crédit : EATC)

En attendant, les forces armées européennes utilisent régulièrement des avions de transport pour acheminer fret et hommes aux quatre coins du monde – notamment en Afghanistan -, dans le cadre de visites – plus ou moins officielles – ou pour rapatrier des citoyens en détresse. Qu’il s’agisse d’avions kakis – Transall ou C-130 – ou d’avions blancs – Airbus – à plus long rayon d’action, qu’il s’agisse de fret ou de personnes, le transport militaire est cependant soumis à de fortes tensions aujourd’hui dans tous les pays. Et trouver les capacités disponibles est, parfois, un vrai casse-tête auquel tout chef d’opération a, un jour, été confronté.

L’initiative mise en place par quatre pays de l’UE — Allemagne, Belgique, France, Pays-Bas — de regrouper leurs forces de transport et de les intégrer dans une structure unique – dénommée EATC comme « European Air Transport Command« - mérite donc qu’on s’y arrête donc de façon approfondie. Ce projet, conçu il y a quelques années, prend une lumière toute particulière, à l’heure où le double ciseau de la disette budgétaire et de la demande supplémentaire entre en action. Et l’IOC (la capacité opérationnelle initiale) doit être proclamée, officiellement, la semaine prochaine.

Pendant plusieurs heures, les officiers d’EATC m’ont ouvert leurs portes. Et j’ai pu m’entretenir avec leurs différents officiers, un par nationalité, un par fonction. Un entretien d’autant plus intéressant que cette initiative, pourtant exemplaire, fonctionne très discrètement. C’est peut-être, là, la rançon du succès.

NB : Ces entretiens ont été réalisés mi-mars, juste avant le déclenchement de l’opération en Libye. Mais l’actualité prenante m’a empêché d’avoir un moment de calme pour mettre toutes mes notes au clair et, surtout, de trouver une « fenêtre de tir » raisonnable pour publier tous ces articles dans une actualité abondamment fournie. Mais tout est actuel. Et a, au besoin, été actualisé.

Le Dossier (ces articles seront publiés dans les heures qui viennent)

Autres articles déjà publiés :

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Plusieurs bateaux poseurs de mines pris sur le fait dans la baie de Misrata

Une des mines découverte par la marine française dans la baie de Misrata (Crédit : DICOD/ Ministère frnaçais de la Défense)

(BRUXELLES2) La frégate française Courbet — qui a rejoint l’opération maritime de l’OTAN déployée au large de la Libye (Unified Protector) — a arrêté en flagrant délit des embarcations en train de miner le port de Misrata, annonce la défense française. « Dans la nuit du 28 au 29 avril, un Atlantique 2 de la Marine nationale détecte plusieurs embarcations qui font route à grande vitesse vers le port de Misrata » a précisé la défense française sur son site. Le Courbet intervient alors et donne l’ordre aux vedettes de stopper. Celles-ci continuent. Tirs de semonce. « Plusieurs embarcations font alors demi-tour, abandonnant l’une d’entre elles qui coule. » En s’approchant de la zone, les militaires français découvrent d’abord une mine flottante puis deux autres mines. On ne connait pas le sort des « marins » à bord de l’embarcation coulée.

Objectif de Kadhafi : fermer le port, boucler le siège

Les forces de Kadhafi visent, depuis le début du conflit, de couper le port de Misrata qui constitue la seule voie de ravitaillement pour l’opposition qui tient cette ville majeure (la troisième du pays en importance après Tripoli et Benghazi). Ils ont essayé la voie terrestre, les bombardements et maintenant la voie maritime. Clairement l’objectif est de boucler la nasse, d’enfermer Misrata et d’empêcher l’acheminement de fret humanitaire au profit de la population civile. On se situe ainsi en violation complète de la résolution 1970 (puis 1973) de l’ONU.

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Ce qui manque à l’OTAN en Libye ? Plus d’avions, frappant mieux et plus vite

visée de frappe (Crédit : Royal Air Force / Otan)

(BRUXELLES2) Les ministres français et britannique des Affaires étrangères l’ont dit, chacun à leur manière, ces derniers jours, et ils vont le répéter à Berlin jeudi, lors de la réunion formelle des ministres des Affaires étrangères de l’Alliance atlantique : l’OTAN n’en fait pas assez en Libye, elle doit, elle peut faire plus. Que signifie, en pratique, ce coup de gueule ?

Mention insuffisant pour l’OTAN

Le Français Alain Juppé a été le plus direct, déclenchant le premier tir mardi matin : « L’Otan a voulu prendre la direction militaire des opérations, nous l’avons accepté, elle doit jouer son rôle aujourd’hui, c’est-à-dire éviter que Kadhafi n’utilise des armes lourdes pour bombarder des populations. » a-t-il déclaré au micro de France-Info, estimant que l’OTAN ne jouait « pas suffisamment » sont rôle. Et il a ensuite ajusté la sentence, à la sortie du conseil des ministres de Luxembourg : « Il n’est pas acceptable que Misrata continue à être sous le feu des bombardements des troupes de Kadhafi. Il faut être plus efficace. Quand on tire au canon sur Misrata, c’est qu’il y a bien des canons qui doivent être localisables quelque part et qui peuvent être neutralisés ».

Son homologue britannique William Hague a été moins direct mais tout aussi déterminé : « We must maintain and intensify our efforts in Nato. That is why the UK has in the last week supplied additional aircraft for striking ground targets threatening the civilian population of Libya »

Ce que cela signifie ?

L’opération de l’Alliance doit plus « robuste et dynamique », comme l’explique un diplomate, fort diplomatiquement. Concrètement, « la mission de protection des civils doit être pleinement assumée. Et au-delà des frappes sur les installations fixes – radar artillerie, – il faut aussi viser des cibles d’opportunité, mobiles. » En clair, malgré sa force sur le papier, sur le terrain l’opération de l’OTAN reste un peu rachitique et un peu lente. Deux problèmes, deux équations à résoudre séparément qui reviennent au même…

Avoir plus d’avions, frappant mieux et plus vite ?

1er problème : Beaucoup d’avions en l’air, peu d’avions efficaces

Cela ne signifie pas nécessairement davantage d’avions. Mais une meilleure répartition. L’opération « Unified protector » souffre de « lacunes capacitaires, avec un excédent de besoins concernant la zone aérienne et un manque d’avions pour la frappe au sol ».

Aujourd’hui, seuls 6 alliés sur les 28, que compte l’OTAN, participent aux frappes air-sol. Selon les éléments récoltés, il s’agit du Danemark (4 avions F-16 opérationnels, 2 en réserve), de la Norvège (idem), de la Belgique (idem) et du Canada (6 avions CF18), soit 18 avions disponibles. Résultat, la France (avec 18 avions Rafale et Mirage 2000D et une dizaine sur le Charles de Gaulle, hors contrôle OTAN) et le Royaume-Uni (8 Tornado GR4 augmentés à 12 + 10 Typhoons qui viennent de faire leur première frappe depuis leur engagement) assurent « plus de 50% des sorties » pour frappe.

Ce qui pose aussi, au passage, un « problème politique » ; toute la charge de l’opération reposant sur ces deux pays qui ont, ainsi statistiquement, plus de probabilité de supporter une bavure. On pourrait ajouter : cela pose un problème financier. Chaque Etat finançant ses propres avions engagés et l’armement dépensé… Ce n’est pas rien.

Une dizaine d’avions manquant

Il manque une dizaine d’avions par jour, selon le commandement militaire de l’opération. Tout l’effort du couple franco-britannique à Berlin va donc se porter sur les 4 alliés présents dans l’opération (pour qu’ils s’engagent un peu plus, retirent certains caveats) mais surtout sur ceux qui engagés du bout des lèvres : l’Italie, l’Espagne, les Pays-Bas, la Suède qui assurent des « ronds dans l’air » pour maintenir une « No Fly Zone », déjà effective, alors qu’ils ont tous des avions (F-16 multirôles ou Gripen) qui pourraient techniquement être utiles sur les frappes.

Encore faut-il que les gouvernements les y autorisent. Précisons que dans 4 Etats, une autorisation du Parlement est nécessaire : sans doute plus facile à obtenir en Italie (où le processus parlementaire semble déjà engagé en ce sens) qu’aux Pays-Bas, avec une assemblée plus réticente à une frappe de force).

2e problème : Une Alliance lente à dégager son flingue

Les règles d’engagement adoptées au début de l’opération sont aussi robustes que celles engagées par la coalition » assure un expert français. Mais « il existe aujourd’hui certaines contraintes techniques ». Les ATO (Air Tasking Order ou ordre de vol), par exemple sont établis pour les 72 heures suivantes. Ils peuvent être modifiés au besoin dans ce laps de 3 jours. Résultat : le temps de réaction de l’Alliance est aujourd’hui encore « un peu lent ».

Il faudrait réduire ce temps « à quelques heures, voire moins ». Ce qu’on appelle en termes militaires avoir une « boucle courte », un temps de réaction raccourci entre la frappe et la reconnaissance, développer une plus grande flexibilité opérationnelle, avoir « un peu plus d’autonomie et de souplesse sur le terrain ». Ce qui permettrait ainsi d’attraper des colonnes de chars en mouvement ou de faire face aux imprévus.

NB : La présence d’avions américains spécialisés dans l’action anti-tanks comme l’A 10 Thunderbolt – qui peut se déplacer à basse altitude et basse vitesse – ou le bombardier AC-130 (bâti sur la structure du C-130 et lourdement armé) ne serait ainsi « pas nécessaire », si ces deux équations sont remplies, pour avoir une action plus efficace sur le terrain.

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Le Conops Eufor Libya n’est pas adopté par les 27. Refus de la Suède

(BRUXELLES2 / à Luxembourg) Les 27 ministres des Affaires étrangères n’ont pas réussi, comme espéré, à se mettre d’accord pour approuver immédiatement le concept d’opération (Conops). La Suède, notamment, a mis son veto à ce que ce sujet soit discuté immédiatement. La Haute représentante, Cathy Ashton, n’a pas insisté sur ce point et a préféré passer à autre chose, estimant qu’il était préférable de poursuivre la discussion dans d’autres enceintes. Les 27 ont ainsi adopté

Pour la Suède, le dossier n’est pas mûr. Le Conops n’a pas été vraiment discuté au niveau des instances adéquates (le COPS ne s’est pas prononcé sur ce point). Et la Suède – qui est la nation-cadre d’un des deux battlegroups – doit d’abord passer devant son Parlement pour discuter de son engagement.

Mais la Suède n’est pas le seul pays à avoir des réticences. Plusieurs autres pays – semblent-ils – trouvaient qu’une approbation aussi rapide et désiraient une discussion politique un peu plus approfondie au sein du COPS. Les Pays-Bas (qui conduisent le second battle group), l’Irlande et certains pays baltes ont ainsi partagé, plus ou moins, la « prudence » suédoise. Précisons que les battlegroups sont nommément mentionnés dans le Conops comme un des moyens à disposition du commandant d’opération, ce qui explique à la fois la prudence suédois et néerlandaise.

Ordre de planification accélérée

Le Conops devrait, désormais, venir à l’ordre du jour d’un prochain Comité politique et de sécurité (COPS) pour y être discuté et adopté. « Ce pourrait être fait rapidement » explique un diplomate européen. « Car il n’y a pas d’opposition de principe mais juste la nécessité d’approfondir la discussion ». Selon nos informations, pour accélérer la planification, une fois le Conops adopté par le COPS, il serait approuvé par le Conseil des ministres par voie de procédure écrite.

En attendant, le commandant d’opération a été chargé par les 27 d’accélérer la planification. Les 27 le mandatent expressément, en effet, pour « poursuivre de façon urgente les autres phases de la planification, en étroite liaison et complémentarité avec l’ONU, l’OTAN, avec l’objectif de permettre à l’UE de réagir rapidement à tous les développements qu’imposerait la situation sécuritaire et humanitaire » (*). Autrement dit, le commandant peut non seulement commencer à préparer le plan d’opération (OpPlan) mais commencer à le finaliser, pour qu’il puisse être prêt à être approuvé et lancer les appels à contributions, notamment « aux pays tiers de la région ».

(*) NB : Le § des conclusions sur EUFOR Libya :
(…) 5.​The EU has decided that it shall, if requested by UN OCHA, conduct a CSDP operation,  ​ »EUFOR Libya », to support humanitarian assistance in the region, in full respect of the​principles governing humanitarian action, particularly impartiality and neutrality. To this end, ​the EU has appointed an Operation Commander and designated an Operational​Headquarters in Rome. The Council tasked the Operation Commander to pursue urgently ​further planning, in close cooperation and complementarity with the UN, NATO and others​in order for the EU to be able to react quickly todevelopments as regards the humanitarian ​and security situation. As part of preparations, the EU stands ready to consider offers of ​contributions from third states including countries in the region, following PSC invitation.

Lire également :

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Italie et France assureront la sécurité des opérations humanitaires vers la Libye (Maj)

(BRUXELLES2 / à Luxembourg) La France et l’Italie vont proposer, aujourd’hui, la mise à disposition de moyens militaires pour sécuriser les opérations humanitaires de l’ONU menées vers le territoire libyen, a annoncé un diplomate italien. Il s’agit notamment de permettre l’accès aux ports libyens, surtout au port de Misrata en toute sécurité. L’annonce devrait être faite au Conseil des Affaires étrangères de Luxembourg par les deux ministres français et italien. Cette opération se fera sous pavillon national, par voie maritime et aérienne (mais sans aller à terre). Elle permettra de sécuriser l’approvisionnement des zones en danger (en médicaments, nourritures…) et d’évacuer les blessés ou civils en danger, « en attendant la mise en place d’EUFOR Libya » assure un diplomate.

(mis à jour) L’annonce n’a finalement pas été faite au Conseil. Les Français jugeant sans doute prématurée l’initiative. Mais elle paraît cependant plausible si la planification d’EUFOR Libya traine trop. Et juridiquement, les résolutions 1970 et 1973 non seulement autorisent mais aussi demandent aux Etats membres de l’ONU d’assurer la « protection des civils » libyens par tous moyens, et « rendre accessible en Libye l’aide humanitaire ». Il suffit dans ce cas de faire une simple notification à l’ONU et d’assurer la liaison avec les moyens militaires chargés de faire respecter l’embargo. Beaucoup moins difficile à obtenir qu’un feu vert de l’OCHA…

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L’UE demande à la France et l’ONUCI de continuer leur soutien en Côte d’Ivoire

(BRUXELLES2) La Haute représentante de l’UE pour les affaires étrangères, Catherine Ashton, a salué, dans une déclaration, l’arrestation de Laurent Gbagbo par les Forces républicaines de Côte d’Ivoire et a appelé la mission de maintien de la paix ONUCI, et les forces françaises Licorne à « continuer leur soutien pour aider le gouvernement à rétablir la sécurité au lendemain de la crise ». De son coté, l’UE est prête à s’engager à « promouvoir des actions soutenant le retour de la paix dans le pays ». « Nous fournirons par la suite un soutien à long terme à la Côte d’Ivoire afin de promouvoir la prospérité en vue de garantir la stabilité et d’aider à la reconstruction du pays. » a-t-elle ajouté. En attendant, il est « primordial que la loi et l’ordre public soient rétablis au plus vite (…) Tous les auteurs de violations des droits de l’Homme doivent rendre compte pénalement de leurs actions. »

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