C-160 et C-130 côte à côte sur le tarmac pour l'exercice EAATTC juin 2016 (crédit : DICOD)

Un nid douillet pour les Super Hercules. Un acte très politique et pratique

C-160 et C-130 côte à côte sur le tarmac pour l'exercice EAATTC juin 2016 (crédit : DICOD)

C-160 et C-130 côte à côte sur le tarmac pour l’exercice EAATTC en juin 2016 (crédit : DICOD / Armée de l’Air)

(BRUXELLES2) Les ministres allemand (von Der Leyen) et français (Le Drian) ont signé mardi (4 octobre) une lettre d’intention pour établir une base commune aérienne pour leurs futurs avions Super Hercules C-130J.

Une vingtaine de C-130

La France a déjà 14 C-130 (version H) et a décidé d’acheter, début janvier, quatre nouveaux avions de la version J (dont 2 en version ravitailleurs KC), avec une arrivée prévue entre 2017 et 2019. Ces avions sont tous basés sur la base aérienne 123 (BA123) d’Orléans-Bricy, au sein de l’escadron 2/61 Franche-Comté (et pour les forces spéciales dans l’escadron 3/61 Poitou).

Un escadron commun d’ici 2021

L’Allemagne « prévoit d’acquérir entre quatre à six appareils », a confirmé Ursula von Der Leyen lors d’une visite à Paris qui seront « stationnés en France ». Il ne s’agit pas juste de colocaliser des appareils. La lettre d’intention signée précise bien l’ambition pour l’Allemagne et la France d’ « établir (d’ici) 2021 un escadron de transport aérien commun pour les Hercules C-130J ».

Pallier le retard de l’A400M mais pas seulement

Un achat nécessaire des deux côtés du Rhin, à la fois pour pallier les « trous d’air’ qui peuvent se produire dans la livraison des A400M mais aussi pour compléter le segment du moyen porteur tous terrains. Comme l’explique à B2 un officier qui connait bien le secteur, « nous n’avons pas tout le temps besoin d’un A400M pour nos transports ou en opération. Il nous faut un appareil de moyenne gamme entre le Casa et l’A400M, pour remplacer les Transall ». C’est la même réflexion qui s’est faite outre-Rhin, dans un contexte différent. La Luftwaffe ne sera, en effet, équipée, à terme que d’A400M quand les Transall, encore en service, seront remplacés (d’ici 2020 environ). L’armée de l’air allemande a besoin d’un autre appareil. A cela s’ajoute une troisième raison, moins souvent évoquée. Si pour une raison technique, les appareils sont cloués au sol — comme lors du crash du A400M en Espagne —, il faut pouvoir disposer d’une solution de rechange.

De solides raisons pratiques

Or, mettre sur pied une base aérienne, une chaîne de maintenance pour une demi-douzaine d’avions, cela coûte cher, très cher, et rien ne garantit la disponibilité à 100%. Le pragmatisme l’a donc emporté. Autant regrouper avions français et allemands pour avoir l’effet de masse suffisant, permettant de rationaliser les coûts et de disposer d’une flotte adéquate. En outre, cela permet d’avoir des équipes de maintenance communes, des grilles communes d’astreinte pour les mécanos, de pouvoir alterner les flottes selon les besoins des uns et des autres, de faire les formations en commun, etc. Tout en ayant au total une flotte d’une dizaine de C-130 J disponibles (une vingtaine d’appareils C-130).

Une décision hautement politique

Cette lettre d’intention est très politique : à quelques mois d’échéances électorales de part et d’autre de la frontière (en avril-mai en France, en septembre en Allemagne), cela permet d’entériner dans le marbre, un projet que d’autres (peut-être) auront à charge de mener. C’est un signal aussi envoyé aux autres Européens et des autres alliés de l’OTAN — dont certains manquent sincèrement d’enthousiasme — que leur tiédeur n’empêchera nullement Paris et Berlin d’avancer et que la lettre commune des deux ministres n’est pas juste un chiffon de papier. « Nous avons besoin d’un solide pilier européen de l’OTAN » a défendu von der Leyen à Bratislava. Le Brexit a sonné le réveil des projets communs.

Une volonté d’agir en commun

Au-delà des intérêts pratiques et politiques, il y a indéniablement une volonté d’agir en commun, une complicité qui a joué dans cet accord. Entre les deux ministres, Ursula von der Leyen et Jean-Yves Le Drian, « le courant passe » comme me l’a confirmé un diplomate (1). « Les deux ministres se voient souvent. Les équipes travaillent ensemble. Il y a un climat de confiance et d’entente assez inégalé ». Et point besoin d’interprète. « Ursula parle parfaitement français » (2). Cela aide…

Une série de détails à concrétiser

Il ne faut cependant pas se cacher que ce n’est pour l’instant qu’une lettre d’intention. Il y a un certain nombre de problèmes encore à régler (règles de partage des coûts, conditions de vols, etc.). Baser une unité aérienne opérationnelle allemande permanente ailleurs que sur le territoire national est, en soi, une première. Et il va falloir plusieurs mois de négociation avant d’arriver à un accord plus concret. Un groupe de travail bilatéral doit se réunir « pour clarifier, d’ici la fin de l’année, la façon dont la coopération en matière de transport aérien tactique peut s’approfondir ».

(Nicolas Gros-Verheyde)

(1) Voir : Ministres à Bratislava. Quand la photo en dit plus que tout commentaire

(2) Un point que je peux confirmer

HollandeConfPresse@Fr150205

La diplomatie « Hollande »

HollandeConfPresse@Fr150205(BRUXELLES2) Le président François Hollande a donné, lors de sa conférence de presse, jeudi 5 février), à Paris un certain nombre de réponses sur la défense française, la diplomatie mondiale et les principales crises en cours (Ukraine, Syrie, Nigeria). Des questions qu’il a approfondies lors des échanges avec les journalistes, notamment avec mes collègues Alain Barluet, du Figaro, et Hervé Hasquin de l’AFP et Michel Urvoy de Ouest-France. Que ce soit sur le budget de la défense, la livraison d’armes à l’Ukraine et la négociation avec la Russie, la lutte contre Boko Haram ou la situation au Liban. A lire, car il fixe en quelque sorte la « doctrine » actuelle de la France sur la scène internationale.

La dissuasion nucléaire : une force à moderniser, avec suffisance

« Ce débat n’est pas ouvert en France, mais il l’a été. Et j’entends aussi que notre force de dissuasion soit modernisée autant qu’il est nécessaire, et toujours avec le principe de suffisance, et donc dans la transparence sur les armes nucléaires dont la France dispose »

Le budget de la défense : préservé, augmenté si nécessaire

« Je fais en sorte que la sécurité soit préservée et que nous puissions le faire dans les enveloppes qui ont été prévues. S’il y avait des dangers qui apparaissaient, je prendrais mes responsabilités. » Le budget actuel « de 31,4 milliards (qui) doit être sécurisé, sauvegardé, préservé, (…) permet d’atteindre les objectifs. Sur les effectifs, (…) j’ai fait en sorte, compte tenu de ce qui était aujourd’hui la menace, de maintenir un niveau des effectifs, qui soit conforme à ce que je pense l’intérêt du pays. »

Le plan Vigipirate renforcé, aussi longtemps que nécessaire

« Nous avons pu mobiliser plus de 10 000 soldats pour assurer la sécurité d’un certain nombre de lieux (…) et nous maintiendrons le dispositif, aussi longtemps que nécessaire, même si nous pouvons l’adapter. »

La paix menacée en Ukraine

« La paix est menacée aux frontières de l’Europe, en Ukraine. Oui, en Ukraine, c’est la guerre. (…) On croit toujours que la guerre c’est pour les autres, on pense toujours que la guerre c’est loin, que la guerre ce n’est pas pour notre génération – c’était pour les temps de nos parents, de nos grands-parents  – on n’imagine pas que la guerre puisse être une réalité et, pourtant, à quelques heures d’avion à l’Est de l’Europe, à ses frontières, il y a des femmes, des hommes, des civils qui meurent chaque jour ; il y a des armes lourdes qui sont disposées ; il y a des tirs d’artillerie ; il y a des hôpitaux qui sont visés ; il y a des tranchées qui sont creusées et on est donc passés en quelques mois insensiblement de ce qui était un différend à un conflit et du conflit à la guerre. »

Les sanctions marchent mais n’ont pas fait cesser les hostilités

« Depuis le 6 juin 2014, la France est à l’initiative avec l’Allemagne. Avec Angela Merkel, nous avons beaucoup travaillé ces derniers mois, multiplié les appels, parlé avec les uns et avec les autres. Nous avons pu faire accomplir des progrès ; ils n’ont pas résisté aux tenants de l’épreuve de force. Des sanctions ont été prononcées, nombreuses ; elles ont eu leur effet, mais elles n’ont pas fait cesser les hostilités. »

Une nouvelle initiative pour la paix en Ukraine

L’Allemagne et la France vont faire de concert « une nouvelle proposition de règlement sur le conflit lui-même. (Elle) sera fondée sur l’intégrité territoriale de l’Ukraine ». Proposition présentée au président ukrainien Porochenko, jeudi (5 février) et au Président russe, V. Poutine, vendredi (6 février). « Il ne sera pas dit que la France et l’Allemagne, ensemble, n’auront pas tout tenté, tout entrepris, pour préserver la paix. »

Deux options : armer ou négocier

Il y a deux options : soit on rentre dans une logique qui consiste à armer les protagonistes, puisque les uns le font – les Russes – par rapport aux séparatistes – alors faisons-le pour les Ukrainiens pour leur permettre de se défendre. » Le président français ne voit d’ailleurs la différenciation (fait notamment par les Américains) « entre une arme défensive et une arme offensive. (…) C’est une précaution de langage pour dire qu’on pourrait  être prêts à armer les Ukrainiens ». « Et il y a une autre option, elle n’est pas sûre de réussir, mais si elle n’est pas tentée nous ne le serons jamais, c’est l’option de la diplomatie, de la négociation, elle ne peut pas être prolongée indéfiniment. »

Pas de livraison d’armes à l’Ukraine, pas d’intégration à l’OTAN

« La France n’est pas en guerre en Ukraine – et elle ne veut pas être en guerre en Ukraine – elle veut éviter la guerre. Et elle n’en sera pas ! La France ne peut pas rentrer dans cette logique e, pour le moment, nous devons tout faire pour que ce soit la diplomatie et la politique qui reprennent leurs droits ; La France ne rentre pas dans le débat de la fourniture des armes à l’Ukraine. (…) la France n’est pas favorable à ce que l’Ukraine rentre dans l’Alliance Atlantique. »

Le rôle de la France contre Boko Haram

Face à Boko Haram, « l’Union africaine vient de décider de mettre en place (une) force africaine. (En attendant), le Tchad, le Cameroun, le Nigéria coordonnent leurs forces pour agir contre Boko Haram. (Et) la France soutient de façon logistique, de façon opérationnelle, y compris en fournissant carburants et parfois munitions. Elle soutient ces forces africaines qui luttent contre le terrorisme. »

Un président pour le Liban, parler avec tous y compris l’Iran

Il y a depuis plusieurs mois un vide au sommet de l’Etat puisqu’il n’y a pas eu l’élection d’un président de la République. Nous travaillons avec d’autres (…) pour que cette élection puisse avoir lieu dans les meilleurs délais. Quand je dis “d’autresˮ (…) c’est y compris l’Iran qui est une des solutions aussi pour la résolution de ce problème.

Un appel au partage des tâches

Aucun pays n’a été désigné dans ce partage. Mais il vise, sans conteste, les Européens. « La France ne peut pas être la seule puissance du monde à agir avec des moyens militaires et financiers qui ont été rappelés. Donc il y a un message que je veux adresser à la communauté internationale, et aux plus grands pays, faites votre travail, ne faites pas la leçon, faites l’action. Ce n’est pas pareil, la leçon et l’action. Faites votre devoir, personne ne le fera à votre place. (…) Nous devons aider les Africains, beaucoup plus pour agir contre le terrorisme. Et si nous ne le faisons pas, il y aura de nouveau des Etats qui seront déstabilisés. »

Le couple franco-allemand

(C’est) « une vieille histoire, je ne sais pas s’il y a un couple, je ne sais pas s’il y a un moteur, mais il y a un lien fort entre la France et l’Allemagne, parce que quand la France et l’Allemagne sont unies ça pèse non seulement en Europe, ça pèse partout dans le monde. »

Etre Européen, ce n’est pas être de gauche ou de droite, c’est uni

« Je suis Européen. Je ne fais pas une Europe de gauche. Si je faisais une Europe de gauche, ce serait une petite Europe en ce moment, mais je ne fais pas une Europe de droite parce que ce n’est pas la conception que j’ai de l’Europe, ni ce qu’elle doit représenter pour les peuples. (…) Ce qui fait peut-être la caractéristique de la France, c’est qu’elle est capable de parler et aux uns et aux autres, et de les unir. Se retrouver sur l’essentiel même quand il y a des clivages, même quand il y a des sensibilités mais l’Union européenne, ça doit être un projet européen. »

Un service civique universel

« Ce que je propose aujourd’hui est un service civique universel. Nous savons qu’il y a aujourd’hui quatre fois plus de demandes qu’il n’y a de service civique proposé. Toute personne, tout jeune de moins de 25 ans (…) qui se présentera à partir du 1er juin de cette année pourra faire un service civique (…) de huit mois. Ce qui va supposer de mettre toutes les collectivités, toutes les associations, tous les ministères, en capacité de proposer 150 000 ou 160 000 missions dans un délai particulièrement court, mais enfin qui peut s’étaler sur plusieurs mois. L’agence de service civique sera renforcée. »

(NGV)

Le clin d'oeil de Charline Vanhoenacker lors de la venue de Fr. Hollande à France inter

Une Europe (= Allemagne) plus audacieuse plaide François Hollande

Le clin d'oeil de Charline Vanhoenacker lors de la venue de Fr. Hollande à France inter

Le clin d’oeil de Charline Vanhoenacker lors de la venue de Fr. Hollande à France inter

(BRUXELLES2) Effectuant sa rentrée politique sur France-Inter ce lundi matin (5 janvier), dans une séquence spéciale de la tranche info matinale de la radio publique, le président français a consacré de longues minutes à l’actualité européenne plaidant pour plus d’audace et de solidarité en Europe que ce soit au plan économique, de la Zone euro, de la politique aux frontières ou au niveau international…

Votez comme bon vous semble !

« Les Grecs sont libres de choisir leur destin »

Le président français a voulu d’abord prendre à rebours les points de vue exprimés par plusieurs responsables européens à Bruxelles (la Commission européenne, avant Noël) ou à Berlin (selon les « révélations » du Spiegel citant des « sources » proches de la Chancellerie) voulant influencer le choix des Grecs lors des élections à venir, notamment pour éviter la venue de Syriza au pouvoir. « Les Grecs sont libres de décider souverainement de leurs gouvernants. (Ses) citoyens doivent se prononcer comme ils l’entendent ».

… Mais ils doivent respecter leurs engagements

Une limite cependant existe dans ce choix. Le nouveau gouvernement issu des urnes devrait « respecter les engagements pris par leurs pays » (Nb en matière de dette notamment) tout « comme les responsables européens » devront assumer leurs engagements « quel que soit leur gouvernement ». Et d’ajouter : « Je me suis bien fait comprendre. Les Grecs sont libres de choisir leur destin. Mais en même temps il y a des engagements qui ont été pris, des obligations qui ont été posées. Tout cela devra être forcément respecté ».

La Grèce dans la Zone Euro

Sur l’appartenance de la Grèce à la zone euro, « c’est à la Grèce seule d’en décider ». « Il n’y a pas aujourd’hui à émettre je ne sais quelle considération qui voudrait selon le vote des Grecs ils ne seraient plus ou seraient dans la Zone Euro ».

La zone Euro : ce n’est pas l’austérité

« Les pays comme l’Espagne et la Grèce ont payé un très lourd tribut pour que la zone Euro soit préservée et que leurs pays puissent y demeurer. (…) L’Europe ne peut plus être identifiée à de l’austérité d’autant que la Zone euro a été stabilisée, que l’Union bancaire a été créée et installée et que nous avons des taux d’intérêts particulièrement bas. D’où la priorité donnée par la France à la croissance » Et de rappeler que « Si nous voulons que ces forces (NB : Syriza en Grèce, Podemos en Espagne) soient utiles, il faut leur parler. Et de rappeler : « la Zone euro, ce sont des règles, des disciplines qu’il faut respecter … avec la flexibilité. »

Un couple franco-allemand qui se soude… grâce à la crise ukrainienne

Que voulons-nous faire de l’Europe ?

Au-delà de cette discussion sur la zone Euro, ou sur les questions économiques « il y a un enjeu qui nous dépasse tous : savoir que voulons-nous faire de l’Europe ?  » François Hollande donne sa définition : « L’Europe, cela doit être notre protection, à condition que nous puissions lui donner la force qui est attendue d’elle à la fois pour être présente sur la scène internationale, davantage qu’elle n’est, et pour porter une politique de croissance. »

Davantage d’audace

« Nous devons faire que l’Europe puisse prendre davantage de risques, soit plus audacieuse » a plaidé François Hollande, dans une phrase où on sentait bien que le mot « Europe » pouvait aussi être remplacée par le mot « Allemagne ». Celui-ci voit trois terrains pour cette « audace » renouvelée : « comme médiatrice dans un conflit, comme en Ukraine ; sur le plan international — il y a suffisamment de sujets — et pour la Zone Euro. Il ne faut pas faire simplement que des disciplines s’ajoutent à des disciplines mais avoir un espace économique commun avec des harmonisations fiscales, sociales » a-t-il souligné, prenant en exemple la mise en place d’un Salaire minimum outre-rhin comme une bonne nouvelle.

Un couple franco-allemand « franc » et « sincère »

« J’ai des relations depuis 2 ans 1/2 avec Me Merkel de la sincérité, de la franchise et du travail commun. Nous nous disons les choses (…). Nous avons le même enjeu et le même intérêt : faire que l’Europe puisse être plus forte, plus solidaire dans ses choix, plus active dans ses politiques de croissance ». Ce que Angela « attend, c’est que la France puisse être plus compétitive. Ce que nous attendons de l’Allemagne, c’est qu'(elle) puisse être davantage dans la relance de la croissance »

Une rencontre dimanche prochain

« Je vais rencontrer Angela Merkel encore dimanche (11 janvier) à l’initiative à l’initiative du président du parlement européen Martin Schulz qui est allemand mais aussi francophone et francophile. Et nous allons parler de l’avenir de l’Europe, de la relation franco-allemande ». Et d’ajouter, en guise de confidence : Avec Angela, « on s’est beaucoup rapproché depuis la crise ukrainienne ».

L’Europe doit avoir une politique d’asile…

Face aux derniers évènements de cargos « trafic » chargés d’immigrés venant vers l’Italie, François Hollande souligne les trois tâches de l’Europe.

1° « L’Europe doit surveiller ses frontières extérieures — c’est le système Frontex — et mettre davantage de moyens ».

« L’Europe doit faire face et organiser une politique d’asile par rapport aux Syriens, répondre rapidement aux demandes d’asile, les accepter lorsqu’elles sont légitimes, les refuser lorsqu’elles ne sont pas. » Rappelant, au passage, une vérité : « qui fait le plus d’efforts pour les Syriens ? Ce n’est pas France, c’est l’Allemagne et la Suède. C’est la même chose pour les Irakiens. »

… et résoudre les crises

Enfin, « l’Europe doit régler les crises. Si on ne crée pas de situation permettant qu’en Syrie, en Irak, en Libye, il y ait un ordre public et une transition politique, nous aurons toujours des populations qui voudront venir en Europe. (…) Ces populations, on ne peut pas les laisser dans cette situation. Et, en même temps, ces populations doivent vivre là où elles ont eu toujours leur vie et leur destin ».

(Nicolas Gros-Verheyde)

Lire aussi sur le Club : les positions géopolitiques de Fr. Hollande Ukraine et Russie, Syrie, Iran et Libye

Pour réécouter l’intervention de François Hollande sur France-Inter, c’est ici. Pour écouter la séquence (humour) de Charline V., c’est