Formation

Dernières nouvelles des missions de maintien de la paix de l’UE (PSDC) – été 2014

(BRUXELLES2) Durant l’été, les missions et opérations de maintien de la paix ou de consolidation de l’Etat de droit ont continué leurs activités, tour de piste…

ETUM Mali

( Crédit : EUTM Mali)

 Kalifabougou (Mali) – Formation aux  tirs d’artillerie du 5e bataillon « Debo »

Le 5e bataillon interarmes, formé à Koulikoro par la mission européenne EUTM Mali, a reçu officiellement son nom de baptême fin juillet. Il porte le nom de « Debo », le plus grand lac du Mali, situé au centre du pays dans le delta du Niger, aux environs de Mopti. Un symbole fédérateur pour les soldats du groupement tactique interarmes (GTIA) qui sont, dans leur majorité, originaires de régions riveraines de ce lac. C’est le même jour que la batterie d’artillerie du GTIA DEBO, instruite par les instructeurs espagnols de l’EUTM, a effectué une campagne de tirs sur le champ de tir de Kalifabougou. Après sept semaines d’instruction théorique et pratique, les artilleurs de DEBO ont pu mettre en œuvre leur savoir-faire : six roquettes de 122 mm  ont ainsi été tirées sur des objectifs à une distance de 5 à 6 kilomètres. Lire aussi : Français, Maliens et Néerlandais à la recherche du vol d’Air Algérie

Mogadiscio (Somalie). 250 militaires de l’armée nationale somalienne terminent le cursus de réintégration

Les soldats de l’armée nationale somalienne ont terminé le deuxième cours de réintégration organisé par la mission de formation de l’Union européenne en Somalie (EUTM Somalia). La cérémonie de fin de formation a eu lieu dans le camp d’entraînement Jazeera (JTC) à Mogadiscio, le 31 juillet, en présence du Commandant de la Force AMISOM, le lieutenant-général Silas Ntigurirwa, le directeur du personnel de l’armée nationale somalienne, le général de brigade Abdullahi Einte et le commandant de la mission EUTM Somalia, le général de brigade Massimo Mingiardi. Les 250 militaires de l’armée nationale somalienne ont été formés aux différentes compétences militaires générales : les techniques et les procédures de base de l’infanterie, y compris l’éthique militaire ainsi que le Basic Life Support (BLS). Un accent particulier a été mis sur « le droit international humanitaire, la protection des enfants et le Code de conduite » précise-t-on à la mission EUTM Somalia.

( Crédit EUFOR RCA)

( Crédit EUFOR RCA)

Bangui (République Centrafrique) – EUFOR RCA contribue au bon déroulement de la « marche de la paix »

La mission EUFOR RCA a fourni des troupes pour assurer la sécurité à Bangui, le 9 août lors d’un discours de la Présidente intérimaire Samba Panza. Environ 3000 personnes ont défilé dans la ville et écouté le discours de la Présidente. Les forces de sécurité supplémentaires, à la police de Bangui ont été déployées le long des itinéraires de la manifestation pour assurer la sécurité. La « Marche de la paix » est un événement organisé pour fêter la signature des accords de Brazzaville.

Lire aussi :

( Crédit EUBAM Moldova-Ukraine)

( Crédit EUBAM Moldova-Ukraine)

Tudora-Starokozache (Moldavie) – EUBAM Moldova-Ukraine soutient la police aux frontières dans le lancement d’un « code de conduite »

La police aux frontières moldave a lancé, le 7 août, un nouveau code de conduite à Tudora-Starokozache, point de passage entre l’Ukraine et la Moldavie. La mission EUBAM Moldova a soutenu et encouragé le projet en contribuant à la production de ce livret d’information pour le public sur les valeurs et les bonnes pratiques pour améliorer le service. Pour le chef de la mission EUBAM Moldova-Ukraine, l’Italien Francesco Bastagli, « Le code n’est pas seulement un livret à conserver dans votre poche. Il représente un ensemble de valeurs et de pratiques qui doivent être suivies efficacement et portées à l’attention de toutes les personnes impliquées. »

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( Crédit : EUFOR Althéa)

Tuzla (Bosnie-Herzégovine) – La reconstruction des ponts

Les soldats de l’opération européenne militaire EUFOR Althéa ont débuté, le 11 août, avec les forces armées de Bosnie-Herzégovine, la reconstruction de ponts, détruits lors des inondations de mai dernier, dans la municipalité de Tuzla. Cela devrait permettre à 350 ménages d’avoir un accès facile entre leurs propriétés et le reste de la commune, et aux agriculteurs ont d’avoir accès à leurs terres agricoles. « La construction  devrait être achevée au cours du mois prochain », indique-t-on à EUFOR Althéa.

Merdare (Kosovo). Le travail  d’identification des personnes disparues à Raska se poursuit

Le département de médecine légale de EULEX Kosovo a reçu, le vendredi 22 août, des autorités serbes un certain nombre de restes exhumés, rapatriés suites aux dernières exhumations de Raska. Les restes seront transportés au quartier général de Pristina, où le travail d’identification va continuer. Les restes seront ensuite remis aux familles, avec l’aide de la commission sur les personnes disparues du gouvernement kosovar, une fois le travail d’identification terminé. À ce jour, 456 opérations ont été menées sur le terrain, au cours desquelles les restes de 413 personnes ont été remis à leurs familles. Parmi celles-ci, 315 étaient répertoriés comme des personnes disparues.

Kaboul (Afghanistan). 34 enquêteurs formés à la gestion d’une scène de crime

Après cinq semaines d’études, 34 enquêteurs, dont une femme, ont obtenu leur diplôme d’investigateur lors du 7ème programme de formation de gestion de la criminalité (Crime Management College). L’objectif principal du programme de formation était ​​la gestion d’une scène de crime, la gestion des enquêtes, la collecte de preuves et d’informations pour les enquêteurs. L’enseignement a été basé sur les plans du ministère afghan de l’Intérieur (MoI) et organisés par CMC pour le renforcement des capacités des enquêteurs.

(Informations recueillies par Jérémy Cauderlier)

Sur l’opération anti-piraterie Eunavfor Atalanta, lire :

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Crash de deux tornados italiens en formation. Equipage perdu

la zone boisée où a eu lieu l'accident - crédit : @oiramdivito

la zone boisée où a eu lieu l’accident – crédit : @oiramdivito

(BRUXELLES2) L’armée de l’air italienne a perdu deux avions Tornado, qui se sont écrasés mardi après-midi (19 août), dans les Marches, près de Ascoli Piceno, après être entré en collision. Les recherches ont continué toute la journée sans espoir de retrouver des survivants.

Recherches rendues difficiles

Dès les premières heures de l’aube, ce mercredi matin, les hélicoptères de sauvetage de l’armée de l’air ont ainsi décollé de la base aérienne d’Amendola (Foggia), précise-t-on du côté de l’Etat-major des armées italiennes. Ils se sont joints au drone Predator,pour participer aux actions de reconnaissance de la zone du sinistre, alors que les recherches sont menées à terre par les équipes du secours alpin du Corps forestier. Les recherches ne sont pas facilitées par l’incendie qui s’est déclenché dans la zone boisée où le crash s’est produit.

Peu d’espoirs

Mais les espoirs de retrouver un survivant sont très faibles voire quasi nulles. « Nous excluons que les pilotes portés disparus soient encore en vie » a expliqué un officier des carabinieri, interrogé par nos confrères du quotidien régional Resto del Carlino. Deux corps avaient déjà été retrouvés ou du moins localisés dans la journée. A bord des deux avions, se trouvaient – selon le communiqué des armées – les capitaines pilotes Mariangela Valentini et Alessandro Dotto, et les capitaines navigateurs Giuseppe Palminteri et Piero Paolo Franzese. C’est la « première fois qu’une femme militaire est tuée en service » a précisé la ministre de la Défense, Roberta Pinotti, visiblement émue d’après nos confrères italiens, devant les commissions des Affaires étrangères et de la Défense de la Chambre et du Sénat aujourd’hui (lire la Repubblica).

Une mission de formation

Les deux Tornado avait décollé mardi de la base de Ghedi, dans la province de Brescia, pour une mission de formation, en vue d’un exercice de l’OTAN prévu pour l’automne prochain. Ils sont entrés en collision pour une raison encore inconnue. Des débris ont atteint des maisons et détruit une voiture selon les premiers éléments de l’enquête. D’ores et déjà le procureur en chef a ouvert une information judiciaire pour homicide involontaire. Et le substitut du procureur Umberto Monti est descendu sur les lieux. De son côté, le procureur militaire de Vérone (dont dépend la base de Ghedi) a également entamé une procédure identique. Une commission d’enquête a été mise en place pour faire la lumière sur cet incident.

(Nicolas Gros-Verheyde)

Dernières nouvelles des missions de maintien de la paix de l’UE dans le monde (PSDC) – juin 2014

(BRUXELLES2)

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(Crédit : EUPOL RD Congo)

Kinshasa (RD Congo) Contrôle des connaissances pour la police nationale Congolaise.

La mission de police de l’Union européenne, EUPOL RD Congo, a organisé – en collaboration avec la Police Nationale Congolaise (PNC) – une session d’évaluation et de remise à niveau sur le maintien et rétablissement de l’ordre public. Près de 60 formateurs de la Légion nationale d’intervention (LNI) et des Groupes Mobiles d’interventions (GMIs) « Est » et « Ouest » Kinshasa de la PNC ont bénéficié, du 19 mai au 14 juin 2014, de cette formation. Cette session a eu pour objectif de procéder au contrôle des enseignements préalablement dispensés par les experts de la mission EUPOL sur le maintien de la paix afin de s’assurer que ces fonctions sont véritablement assimilées par les formateurs de la Police Nationale Congolaise. Ce « monitoring » – assuré par trois formateurs français des CRS (Compagnies Républicaines de Sécurité) – a également permis de contribuer à l’uniformisation des techniques d’interventions et des méthodes de travail entre les unités nationales et territoriales de la PNC spécialisées dans le domaine du maintien de l’ordre.

(Crédit EUPOL Afghanistan)

(Crédit EUPOL Afghanistan)

Kaboul (Afghanistan) « L’intérieur » du Centre national de coordination de la police

Au ministère afghan de l’Intérieur, toutes les forces de sécurité afghanes aidées par des membres d’EUPOL contrôlaient la sécurité pour le jour de l’élection (14 juin). Le général et ministre délégué à la sécurité, Mohammad Ayoub Salangi, et le chef de la mission EUPOL, Karl Ake Roghe, étaient – le jour des élections – à l’intérieur du centre de commandement – gardant un œil sur tout. Sous le commandement du général Salangi, des dizaines de personnes de la police, l’armée, des membres de la mission étaient présentes pour s’assurer que le jour de l’élection se déroule sans incident. Pour Karl Ake Roghe, a été « impressionné par la gestion professionnelle (des Afghans). Ils étaient en plein contrôle de la situation, ils ont montré un véritable leadership ».

(Crédit EUCAP Nestor ) Remise de médaille EUCAP Nestor

(Crédit EUCAP Nestor ) Remise de médaille EUCAP Nestor

Djibouti (Djibouti). Remise de médailles pour EUCAP Nestor

18 membres du personnel d’EUCAP Nestor ont reçu la médaille du service de la politique européenne de sécurité et de défense pour leurs services lors d’une cérémonie qui s’est tenue au siège d’EUCAP Nestor à Djibouti le mercredi 11 Juin. Les récompenses ont été remises par le chef de la mission EUCAP Nestor. « Avec cette cérémonie, nous voulons également hommage à nos trois collègues, blessés dans l’attaque terroriste à Djibouti le 24 mai, Ils auraient dû être avec nous aujourd’hui et auraient dû être debout dans les rangs », a déclaré le chef de la mission, Etienne de Poncins, lors d’un discours prononcé en présence de l’amiral Bob Tarrant, commandant de l’opération anti-piraterie de l’UE EUNAVFOR Atalanta en visite à Djibouti et de l’ambassadeur de la délégation de l’UE à Djibouti, Joseph Silva. Cette médaille est une décoration militaire internationale décernée à des individus, à la fois militaires et civils, qui ont servi lors des missions de politique de sécurité et défense commune (PSDC) pendant plus de 30 jours. La tradition a été établie par le Haut Représentant de l’UE pour les affaires étrangères et la politique de défense en 2003.

(Crédit EUBAM Libye)

(Crédit EUBAM Libye) Entrainement des gardes côtes libyens.

Malte. Formation pour les gardes côtes libyens

La Mission d’assistance frontalière de l’Union européennes en Libye – EUBAM Libya – assure une formation de 4 semaines à la recherche et sauvetage (SAR) pour 11 marins et gardes côtes libyens jusqu’au 28 Juin 2014. Celle-ci fait suite, à une formation d’un mois de la brigade maritime des forces armées maltaises soutenue par EUBAM Libya. Basée à Malte, les gardes côtes libyens ont effectué une série d’entraînement sur la sécurité et la sûreté maritime durant le mois de mai. Objectif : pour mettre en place des procédures pour mener un arraisonnement conforme et être en mesure de se défendre si la situation dégénère. Cet entraînement fait partie d’une formation globale dispensée par l’EUBAM Libya à ses homologues libyens.

A voir : Vidéo de formation des gardes côtes libyens (Crédit EUBAM Libye).

Sarajevo (Bosnie-Herzégovine). Don du sang pour EUFOR

Les membres de la mission EUFOR Althea ont participé à un don du sang –  dans le camp de Butmir – à l’occasion de la Journée mondiale du don de sang (organisée par l’Organisation mondiale de la santé le samedi 14 juin). Le conseiller médical de l’EUFOR, le major Radoslav Ivanov, a permis d’organiser le don avec le personnel médical disponible et rappelle que « tous les donateurs devaient passer un examen médical préliminaire pour s’assurer de leur sang était approprié avant de commencer ».

(Informations recueillies par Jérémy Cauderlier).

Dernières nouvelles des missions de maintien de la paix de l’UE dans le monde (PSDC) – mai 2014

(BRUXELLES2)

©EUPOL Afghanistan Kaboul (Afghanistan). Du matériel pour la police afghane.

La police nationale afghane a reçu près de 600 gilets pares-balles et casques, de la part de la mission EUPOL Afghanistan et de l’organisation allemande « Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit» (GIZ). C’est le premier don, après la signature, en juillet 2013, de l’accord de coopération entre EUPOL Afghanistan et le GIZ, visant à soutenir le développement de la police afghane.

Pour David Oram, chef du projet pour la mission européenne, ces équipements ont un aspect « vital » pour la police nationale dans leur « lutte contre le terrorisme et la criminalité ». Le Général Zaher a, quant à lui, fait part de sa « gratitude » et promis que le matériel serait « rapidement » mis à disposition des unités de police.

© EUPOL RD CongoKinshasa (RD Congo). Police judiciaire au menu de la formation

La mission de soutien à la police congolaise (EUPOL RD Congo) a organisé une formation sur la « méthodologie de création des bases des données ». L’objectif de cet atelier, qui s’est tenu du 20 au 22 mai à Kinshasa, était de faire un état des lieux des besoins de la police nationale congolaise (PNC) dans le but d’établir une base de données criminelles.

EUPOL a également renforcé ses experts de la cellule d’appropriation et de mise en oeuvre (CAMO PJ) en faisant appel à l’expertise de la police fédérale belge durant les trois jours. Cette activité a bénéficié du soutien de la la police des Nations Unies (UNPOL), du consortium allemand pour le développement GIZ et du projet ALCOTT (appui à la lutte contre la criminalité organisée et le trafic transfrontalier) de l’ambassade de France.

©EUBAM Ukraine-Moldavie.Frontière Ukraine/Moldavie. Saisie de cigarettes

La police roumaine a fait une importante saisie de cigarettes à la frontière entre la Moldavie et la Roumanie, fin avril. Basées sur des informations provenant des douanes moldaves, EUBAM a suivi l’expédition suspecte de 12.400.000 pièces de cigarettes illégales et alerté l’Office européen de lutte antifraude et Europol. Le tabac été destiné à la Grèce. Si la cargaison avait atteint sa destination, l’Union européenne aurait perdu près de « 400.000 euros de droits de douane et de taxes », affirme un diplomate européen, membre de la mission EUBAM.

La contrebande de cigarettes est actuellement évaluée comme l’un des « risques les plus graves » pour la sécurité des frontières et la lutte contre ce phénomène est une priorité pour les services de gestion des frontières en Moldavie et en Ukraine. EUBAM mène la « Task Force Tabac » qui prévoit le contrôle des transits, des exportations, de l’information analytique et opérationnel, ainsi que des enquêtes et opérations communes. © EUPOL Copps

Ramallah (Cisjordanie). Formation pour les juges palestiniens

La mission de police de l’union européenne en Palestine (EUPOL Copps) a organisé, à Ramallah, une série d’ateliers pour les juges palestiniens du Conseil supérieur de la magistrature. Deux anciens juges britanniques – Sir Henry Brooke et Sir David Latham – ont dirigé ces échanges sur les bonnes relations entre le pouvoir judiciaire et le pouvoir exécutif. Farid al-Jallad, juge suprême, – accompagné de six autres juges – se félicite de « l’expérience » apportés par les juges britanniques et des « suggestions » données aux juges palestiniens.

Koulikoro et Bamako (Mali). Formation du cinquième bataillon

La formation de deux semaines de l’encadrement du cinquième bataillon a commencé à Koulikoro pour les instructeurs maliens. Le commissaire chargé du développement, Andris Piebalgs, était d’ailleurs à Bamako pour rencontrer les dirigeants de la mission qui a entamé depuis le 18 mai son second mandat.

(Informations recueillies par Jérémy Cauderlier).

L’Europe va former policiers et gendarmes maliens

(BRUXELLES2 à Luxembourg) Les 28 ont approuvé le cadre d’une nouvelle mission destinée à renforcer l’Etat de droit au Mali. La mission EUCAP Sahel Mali aura pour rôle de former et d’assurer la restructuration des forces de sécurité — police, gendarmerie, garde nationale — maliennes. Cette mission constitue le pendant « civil » de la mission de formation de l’armée malienne (EUTM Mali).

La mission comprendra un volet de conseil stratégique – au plus haut niveau y compris des ministères – ainsi que des formations à l’intention des trois forces de sécurité intérieure du Mali. Un complément « important à l’effort de l’Union européenne pour la stabilité, les réformes institutionnelles et le plein rétablissement de l’autorité de l’Etat malien dans l’ensemble du pays » souligné-t-on au service diplomatique européen (SEAE).

L’état-major de la mission sera installé à Bamako, la capitale du Mali. Le mandat de la mission aura une durée initiale de deux ans à partir de son lancement. Un budget de 5,5 millions d’euros a été alloué pour la phase de démarrage, qui durera neuf mois et s’achèvera le 14 janvier 2015.

Commentaire : cette mission aurait dû être lancée il y a presque deux ans. Mais le coup d’Etat puis l’offensive des mouvements rebelles avaient renversé la donne et mis la priorité sur le rétablissement de l’armée malienne avant le renforcement des forces de sécurité intérieur. La stabilisation relative du Mali, comme le bon déroulement des élections et la constitution d’un gouvernement élu, ont rendu possible cette mission. Les premiers recrutements ont commencé pour constituer le premier noyau dur de EUCAP Mali mais la mission ne devrait pas être lancée avant plusieurs semaines, une fois le chef de la mission recruté. Le déploiement et la montée en puissance se feront progressivement d’ici la fin de l’année.

Lir aussi (sur le Club) – le contenu détaillé des décisions :

EUTM Mali : un an après (reportage)

EUTM Mali : un an après (reportage)

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A Koulikoro (© Leonor Hubaut / B2)

(BRUXELLES2 – au Camp de Koulikoro) Il y a un an, peu croyaient au succès d’une mission européenne pour l’armée malienne. Alors que l’opération Serval battait son plein dans le nord du Mali, installer, à l’arrière, à Koulikoro, une mission de formation paraissait un peu « décalé ». D’autant que la mission EUTM Mali affichait un objectif audacieux : reconstruire l’armée malienne.

A l’époque, B2 avait été un des premiers à être sur le terrain pour voir le travail qui commençait à être effectué auprès du premier bataillon. Aujourd’hui, pour son premier anniversaire, nous avons pu y retourner, rencontrer formateurs et élèves, … du 4e bataillon, « Balanzan » de son petit nom. Même les sceptiques ou railleurs de la première heure sont aujourd’hui forcés de le reconnaître, cette mission a tenu ses promesses.

Formation et expérience

Tirant partie de l’expérience d’EUTM Somalia, cette mission a tout de suite été dotée d’un double rôle. D’une part, donner une première formation aux soldats et officiers de l’armée malienne, reconstruire une hiérarchie et un sens de la discipline, et finalement redonner de la confiance aux cadres comme aux soldats ; d’autre part,  servir de conseil et d’expertise au niveau stratégique (Etat-major et ministère) pour remettre à plat tous les instruments législatifs et politiques de l’armée (plan stratégique, loi de finances, etc.). Ambitieux ! De bas en haut et du haut en bas ou, comme aiment à le dire les amateurs de formules anglo-saxonnes, une double approche « bottom-up » et « up-bottom ».

Faire travailler 22 nationalités : un vrai défi

C’est le Colonel Uhrich, du 68e régiment d’artillerie d’Afrique (RAA) qui commande aujourd’hui le camp d’entrainement de Koulikoro. A l’ombre des arbres (indispensable sous ces 55 degrés), c’est l’heure d’un briefing rapide. « Nous avons 190 militaires de 18 pays qui participent directement à la formation des Maliens et, en tout, 430 militaires venus de 22 pays» Faire travailler ensemble autant de nationalités est un véritable « défi ». Mais cela « fonctionne entre Européens », assure Alexis Uhrich. La relation entre les Européens se base sur « l’esprit de frères d’armes ». C‘est aussi « vrai pour la relation entre Européens et Maliens » précise-t-il.

Un impératif : être exemplaires, un résultat : la légitimité

« Nous devons être exemplaires » affirme Alexis Uhricht qui n’est pas peu fier d’affirmer que la mission a gagné en légitimité : aux yeux de leurs élèves — la formation ne peut se faire que sur une base de « respect » — comme de la population locale. Les équipes chargées de la protection des formateurs et des élèves impressionnent, hors du campement. Le Colonel met un point d’honneur également à rencontrer régulièrement les autorités traditionnelles de Koulikoro ainsi que les autorités politiques et religieuses. Aucun incident n’a eu lieu. Les Européens d’EUTM Mali se sont gagné la population.

Pour communiquer : le français 

Tous mes interlocuteurs européens parlent aisément anglais et dominent un français fluide. Entre eux, ils jonglent d’une langue à l’autre. Avec les Maliens, aussi, la communication ne pose pas de difficultés. Sourires aux lèvres,  ils se montrent patients et répondent à toutes les questions, en français. Seuls quelques uns ne parlent pas le français. « Mais ils le comprennent… quand ils veulent » assure le capitaine espagnol Barrera, provoquant un éclat de rire de l’unité qu’il a formé. Une relation de confiance, parfois de complicité, s’est établie entre Européen et Maliens. Dans chaque unité, le détenteur de tous les secrets est probablement le discret traducteur (bambara/français/anglais) qui accompagne les formateurs européens.

Redonner confiance

L’objectif de la formation est « de donner à un bataillon malien une structure robuste » et « une capacité de concevoir et de mener une mission ». Tout aussi important : le moral. Et il faut le faire en 10 semaines. Le Colonel Uhrich n’y va pas par quatre chemin. « Ils ont pris une raclée (NDLR : en janvier 2012 face aux rebelles venus du nord). Ils avaient besoin de se reconstruire. Et nous sommes là pour redonner confiance au soldat, en lui même et en ses chefs ». La tâche est ardue. Les recrues de l’unité de topographie savaient à peine additionner et soustraire à leur arrivée. Le programme est chargé : enseignement individuel basique du combattant, spécialisation et apprentissage du travail en compagnie. Le tout conclu par un exercice final de 4 jours qui sonne aussi comme l’heure de la dernière évaluation et des dernières recommandations.

Donner des limites à la guerre

Tout n’est cependant pas permis. Et, les Européens insistent bien sur les limites à l’action armée. Chaque formation comprend ainsi toujours un aspect « Droit international humanitaire » théorique et pratique. « Je donne des limites et des règles » explique Cynthia Petrigh. « Je leur explique comment réagir face aux combattants et aux non-combattants, lors de la prise de prisonniers…». Cynthia travaille ainsi main dans la main avec les militaires pour mettre en pratique les cours lors des exercices militaires. Cette formation est une innovation dans une instruction militaire. Et a son utilité. « Il y a un traumatisme des populations du nord, en souvenir des exactions commises par les Forces armées maliennes dans le passé, mais maintenant la confiance se rétablit ». Les trois premiers bataillons formés ont su mettre en oeuvre ces apprentissages sur le terrain et leurs cadres ont exprimé « être fiers de la gestion des tensions et de ne pas s’abaisser aux exactions ».

Prêts à 200% à aller dans le nord

Ouf… Le 4e bataillon a passé l’épreuve. Les Maliens, cadres comme soldats, sont enthousiastes et fiers de cette formation. « Nous sommes prêts à 200% pour aller au Nord » explique le jeune capitaine de l’unité « logistique ». Il n’y a pourtant jamais été. Mais nombre de ses compagnons y ont lutté en 2011. C’est le cas de Boubacar Sermé, qui se montre déterminé mai plus prudent. Fier commandant du bataillon Balanzan, la quarantaine, il refuse le titre de « bataillon d’élite ». C’est surtout une question de respect face au reste des Formes armées maliennes. Il semble indéniable que les Groupements tactiques inter-armes (GTIA), formés par les Européens, ont une place a part dans l’armée malienne. « Cela a créé un élan positif et a redonné le moral à l’armée malienne qui est, à nouveau, bien vue dans tout le pays. »

L’équipement reste encore un point d’interrogation

Au fil des conversations, il reste tout de même des doutes, des inquiétudes. La principale est l’équipement. Il doit être fourni par le ministère de la Défense malien. « Ils n’ont pas la capacité pour partir maintenant » reconnaît un officier. « Il manque des véhicules, des armes… » Même pour l’exercice final d’entrainement, les balles à blanc manquent et les soldats simulent les bruits des tirs. Le Colonel Uhrich, commandant du camp d’entraînement de Koulikoro se veut rassurant. « Le ministère  nous a donné l’assurance qu’ils auront les véhicules et autres éléments nécessaires. »

L’heure du thé

Autre problème, la communication entre les cadres des différentes unités et entre les soldats. Le résultat de la rigueur extrême de la hiérarchie malienne comme du manque d’expérience de certains éléments. Heureusement, il reste le thé. Peu importe la formation reçue, les habitudes culturelles s’imposent… Lorsque les soldats arrivent sur une position, la première préoccupation est de faire du feu pour le thé ou le riz du repas. Cela peut faire sourire un occidental. Pas ici. « La préocupation quotidienne des maliens  est de savoir ce qu’il vont manger. Il faut survivre à chaque jour. Dans l’armée, c’est la même chose. Manger est essentiel. »

Pour pouvoir partir, on forme des formateurs

«  Nous ne sommes pas destinés à rester ici pour toujours » explique le col. Uhrich. Mais pour partir, les forces armées maliennes doivent être autonomes.  Cet aspect de la mission a été lancé avec le bataillon Walanzan. Quatorze cadres, venus de Bamako, ont suivi une formation initiale de 15 jours. Ils ont ensuite été intégrés au bataillon où ils sont passés d’aides instructeurs à de plus en plus d’autonomie. « Ils sont maintenant capables de préparer une séance, la conduire et la débriefer ». Après le départ du bataillon, « ils resteront 15 jours de plus pour les évaluer ». Côté européen, l’accent est mis sur l’importance de donner « une bonne image à l’armée malienne des possibilités que ces gens ont pour leur propre futur ». 

(Leonor Hubaut)

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