Formation

L’Europe va former policiers et gendarmes maliens

(BRUXELLES2 à Luxembourg) Les 28 ont approuvé le cadre d’une nouvelle mission destinée à renforcer l’Etat de droit au Mali. La mission EUCAP Sahel Mali aura pour rôle de former et d’assurer la restructuration des forces de sécurité — police, gendarmerie, garde nationale — maliennes. Cette mission constitue le pendant « civil » de la mission de formation de l’armée malienne (EUTM Mali).

La mission comprendra un volet de conseil stratégique – au plus haut niveau y compris des ministères – ainsi que des formations à l’intention des trois forces de sécurité intérieure du Mali. Un complément « important à l’effort de l’Union européenne pour la stabilité, les réformes institutionnelles et le plein rétablissement de l’autorité de l’Etat malien dans l’ensemble du pays » souligné-t-on au service diplomatique européen (SEAE).

L’état-major de la mission sera installé à Bamako, la capitale du Mali. Le mandat de la mission aura une durée initiale de deux ans à partir de son lancement. Un budget de 5,5 millions d’euros a été alloué pour la phase de démarrage, qui durera neuf mois et s’achèvera le 14 janvier 2015.

Commentaire : cette mission aurait dû être lancée il y a presque deux ans. Mais le coup d’Etat puis l’offensive des mouvements rebelles avaient renversé la donne et mis la priorité sur le rétablissement de l’armée malienne avant le renforcement des forces de sécurité intérieur. La stabilisation relative du Mali, comme le bon déroulement des élections et la constitution d’un gouvernement élu, ont rendu possible cette mission. Les premiers recrutements ont commencé pour constituer le premier noyau dur de EUCAP Mali mais la mission ne devrait pas être lancée avant plusieurs semaines, une fois le chef de la mission recruté. Le déploiement et la montée en puissance se feront progressivement d’ici la fin de l’année.

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EUTM Mali : un an après (reportage)

EUTM Mali : un an après (reportage)

Koulikoro ©LH IMG_8491

A Koulikoro (© Leonor Hubaut / B2)

(BRUXELLES2 – au Camp de Koulikoro) Il y a un an, peu croyaient au succès d’une mission européenne pour l’armée malienne. Alors que l’opération Serval battait son plein dans le nord du Mali, installer, à l’arrière, à Koulikoro, une mission de formation paraissait un peu « décalé ». D’autant que la mission EUTM Mali affichait un objectif audacieux : reconstruire l’armée malienne.

A l’époque, B2 avait été un des premiers à être sur le terrain pour voir le travail qui commençait à être effectué auprès du premier bataillon. Aujourd’hui, pour son premier anniversaire, nous avons pu y retourner, rencontrer formateurs et élèves, … du 4e bataillon, « Balanzan » de son petit nom. Même les sceptiques ou railleurs de la première heure sont aujourd’hui forcés de le reconnaître, cette mission a tenu ses promesses.

Formation et expérience

Tirant partie de l’expérience d’EUTM Somalia, cette mission a tout de suite été dotée d’un double rôle. D’une part, donner une première formation aux soldats et officiers de l’armée malienne, reconstruire une hiérarchie et un sens de la discipline, et finalement redonner de la confiance aux cadres comme aux soldats ; d’autre part,  servir de conseil et d’expertise au niveau stratégique (Etat-major et ministère) pour remettre à plat tous les instruments législatifs et politiques de l’armée (plan stratégique, loi de finances, etc.). Ambitieux ! De bas en haut et du haut en bas ou, comme aiment à le dire les amateurs de formules anglo-saxonnes, une double approche « bottom-up » et « up-bottom ».

Faire travailler 22 nationalités : un vrai défi

C’est le Colonel Uhrich, du 68e régiment d’artillerie d’Afrique (RAA) qui commande aujourd’hui le camp d’entrainement de Koulikoro. A l’ombre des arbres (indispensable sous ces 55 degrés), c’est l’heure d’un briefing rapide. « Nous avons 190 militaires de 18 pays qui participent directement à la formation des Maliens et, en tout, 430 militaires venus de 22 pays» Faire travailler ensemble autant de nationalités est un véritable « défi ». Mais cela « fonctionne entre Européens », assure Alexis Uhrich. La relation entre les Européens se base sur « l’esprit de frères d’armes ». C‘est aussi « vrai pour la relation entre Européens et Maliens » précise-t-il.

Un impératif : être exemplaires, un résultat : la légitimité

« Nous devons être exemplaires » affirme Alexis Uhricht qui n’est pas peu fier d’affirmer que la mission a gagné en légitimité : aux yeux de leurs élèves — la formation ne peut se faire que sur une base de « respect » — comme de la population locale. Les équipes chargées de la protection des formateurs et des élèves impressionnent, hors du campement. Le Colonel met un point d’honneur également à rencontrer régulièrement les autorités traditionnelles de Koulikoro ainsi que les autorités politiques et religieuses. Aucun incident n’a eu lieu. Les Européens d’EUTM Mali se sont gagné la population.

Pour communiquer : le français 

Tous mes interlocuteurs européens parlent aisément anglais et dominent un français fluide. Entre eux, ils jonglent d’une langue à l’autre. Avec les Maliens, aussi, la communication ne pose pas de difficultés. Sourires aux lèvres,  ils se montrent patients et répondent à toutes les questions, en français. Seuls quelques uns ne parlent pas le français. « Mais ils le comprennent… quand ils veulent » assure le capitaine espagnol Barrera, provoquant un éclat de rire de l’unité qu’il a formé. Une relation de confiance, parfois de complicité, s’est établie entre Européen et Maliens. Dans chaque unité, le détenteur de tous les secrets est probablement le discret traducteur (bambara/français/anglais) qui accompagne les formateurs européens.

Redonner confiance

L’objectif de la formation est « de donner à un bataillon malien une structure robuste » et « une capacité de concevoir et de mener une mission ». Tout aussi important : le moral. Et il faut le faire en 10 semaines. Le Colonel Uhrich n’y va pas par quatre chemin. « Ils ont pris une raclée (NDLR : en janvier 2012 face aux rebelles venus du nord). Ils avaient besoin de se reconstruire. Et nous sommes là pour redonner confiance au soldat, en lui même et en ses chefs ». La tâche est ardue. Les recrues de l’unité de topographie savaient à peine additionner et soustraire à leur arrivée. Le programme est chargé : enseignement individuel basique du combattant, spécialisation et apprentissage du travail en compagnie. Le tout conclu par un exercice final de 4 jours qui sonne aussi comme l’heure de la dernière évaluation et des dernières recommandations.

Donner des limites à la guerre

Tout n’est cependant pas permis. Et, les Européens insistent bien sur les limites à l’action armée. Chaque formation comprend ainsi toujours un aspect « Droit international humanitaire » théorique et pratique. « Je donne des limites et des règles » explique Cynthia Petrigh. « Je leur explique comment réagir face aux combattants et aux non-combattants, lors de la prise de prisonniers…». Cynthia travaille ainsi main dans la main avec les militaires pour mettre en pratique les cours lors des exercices militaires. Cette formation est une innovation dans une instruction militaire. Et a son utilité. « Il y a un traumatisme des populations du nord, en souvenir des exactions commises par les Forces armées maliennes dans le passé, mais maintenant la confiance se rétablit ». Les trois premiers bataillons formés ont su mettre en oeuvre ces apprentissages sur le terrain et leurs cadres ont exprimé « être fiers de la gestion des tensions et de ne pas s’abaisser aux exactions ».

Prêts à 200% à aller dans le nord

Ouf… Le 4e bataillon a passé l’épreuve. Les Maliens, cadres comme soldats, sont enthousiastes et fiers de cette formation. « Nous sommes prêts à 200% pour aller au Nord » explique le jeune capitaine de l’unité « logistique ». Il n’y a pourtant jamais été. Mais nombre de ses compagnons y ont lutté en 2011. C’est le cas de Boubacar Sermé, qui se montre déterminé mai plus prudent. Fier commandant du bataillon Balanzan, la quarantaine, il refuse le titre de « bataillon d’élite ». C’est surtout une question de respect face au reste des Formes armées maliennes. Il semble indéniable que les Groupements tactiques inter-armes (GTIA), formés par les Européens, ont une place a part dans l’armée malienne. « Cela a créé un élan positif et a redonné le moral à l’armée malienne qui est, à nouveau, bien vue dans tout le pays. »

L’équipement reste encore un point d’interrogation

Au fil des conversations, il reste tout de même des doutes, des inquiétudes. La principale est l’équipement. Il doit être fourni par le ministère de la Défense malien. « Ils n’ont pas la capacité pour partir maintenant » reconnaît un officier. « Il manque des véhicules, des armes… » Même pour l’exercice final d’entrainement, les balles à blanc manquent et les soldats simulent les bruits des tirs. Le Colonel Uhrich, commandant du camp d’entraînement de Koulikoro se veut rassurant. « Le ministère  nous a donné l’assurance qu’ils auront les véhicules et autres éléments nécessaires. »

L’heure du thé

Autre problème, la communication entre les cadres des différentes unités et entre les soldats. Le résultat de la rigueur extrême de la hiérarchie malienne comme du manque d’expérience de certains éléments. Heureusement, il reste le thé. Peu importe la formation reçue, les habitudes culturelles s’imposent… Lorsque les soldats arrivent sur une position, la première préoccupation est de faire du feu pour le thé ou le riz du repas. Cela peut faire sourire un occidental. Pas ici. « La préocupation quotidienne des maliens  est de savoir ce qu’il vont manger. Il faut survivre à chaque jour. Dans l’armée, c’est la même chose. Manger est essentiel. »

Pour pouvoir partir, on forme des formateurs

«  Nous ne sommes pas destinés à rester ici pour toujours » explique le col. Uhrich. Mais pour partir, les forces armées maliennes doivent être autonomes.  Cet aspect de la mission a été lancé avec le bataillon Walanzan. Quatorze cadres, venus de Bamako, ont suivi une formation initiale de 15 jours. Ils ont ensuite été intégrés au bataillon où ils sont passés d’aides instructeurs à de plus en plus d’autonomie. « Ils sont maintenant capables de préparer une séance, la conduire et la débriefer ». Après le départ du bataillon, « ils resteront 15 jours de plus pour les évaluer ». Côté européen, l’accent est mis sur l’importance de donner « une bonne image à l’armée malienne des possibilités que ces gens ont pour leur propre futur ». 

(Leonor Hubaut)

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Direction Golfe de Guinée pour le Godetia

EntrainZodiac@BE14

(crédit : ministère belge de la Défense)

(BRUXELLES2) Le navire de commandement et de soutien logistique Godetia a mis le cap sur le Golfe de Guinée, ce dimanche (23 mars). Objectif : donner des formations pour la lutte contre la piraterie, le trafic de drogue et la pêche illégale aux marins et garde-côtes de six pays d’Afrique de l’Ouest (Maroc, Gabon, Bénin, Togo, RD Congo et Congo Brazaville). « Nous donnerons des cours théoriques ayant toujours un aspect pratique » explique le capitaine de corvette Luc Desanghere. L’équipage comprend 90 marins et une quinzaine d’instructeurs. Une campagne de formation nommée « Maritime Capacity Building 2014″ menée dans le cadre de l’Africa Partnership Station, une initiative américaine pour renforcer la sécurité maritime autour de l’Afrique. Retour prévu à Zeebruges le 20 juin prochain. A noter : le Godetia achemine également 250 mètres cubes de biens de première nécessité dont du matériel médical pour des hôpitaux situés en Gambie, au Gabon, au Bénin et sur les deux territoires congolais.

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Petites nouvelles des missions de maintien de la paix de l’UE (PSDC)

(B2)

Koulikoro (Mali). Le bataillon Balazan à pied d’oeuvre

(Crédit : EUTM Mali)

(Crédit : EUTM Mali)

Le bataillon Balanzan a débuté sa huitième semaine d’entrainement au camp de Koulikoro (au nord de Bamako) et passe ainsi des niveaux individuels et d’équipes aux exercices au niveau de la compagnie. Les formateurs européens préparent les soldats maliens à faire face à des situations qu’ils pourront potentiellement rencontrer lors de leur déploiement opérationnel au nord du pays. Parmi ces exercices : des patrouilles à pieds et en véhicules, des points de contrôle, des reconnaissances de bâtiments, des escortes de convois etc. Des incidents en lien avec des situations  humanitaires ont également été insérés par les formateurs. Objectif : permettre aux soldats d’adopter des comportements adaptés. Car le droit humanitaire et la prévention des violences sexuelles « est un aspect important de la formation délivrée par la mission EUTM » insistent les formateurs.

Tanzanie. Formation en investigation des scènes de crime par EUCAP Nestor 

La mission civile européenne EUCAP Nestor a organisé la formation de seize membres de la Marine et la Police tanzaniennes. Les 2 formateurs européens ont, pendant deux semaines, formés les élèves sur la gestion d’une scène de crime et la manipulation des évidences et de la documentation. L’ambassadeur de l’Union européenne, Filiberto Sebregondi, présidait le 28 février une cérémonie de remise des certificats.

Géorgie. Le Représentant spécial de l’OSCE au « Field office » de Gori

(Crédit : EUMM Georgie)

(Crédit : EUMM Georgie)

Le Représentant spécial de l’OSCE pour le Caucase du Sud, Angelo Gnaedinger, a visité vendredi 28 Février, le bureau régional de la mission européenne d’observation pour la Géorgie (EUMM Georgia), de Gori (qui a pour compétence l’Ossétie du Sud). Au programme : un briefing avec notamment le chef-adjoint de l’EUMM, Ryan Grist, et la visite d’une patrouille à la frontière administrative entre l’Ossétie et la Géorgie « afin de disposer d’informations de première main ». Pendant sa visite, l’ambassadeur a accentué le rôle et la coopération entre l’OSCE et  l’UE « pour faciliter le dialogue entre les parties  et salué les réunions « dans le cadre du Mécanisme de prévention d’incidents et de réponse (MPIR) » ainsi que le déroulement « des discussions internationales de Genève  ». Cette rencontre suivait de près la 42ème réunion du MPIR, organisée la veille à Ergneti et co-présidée par l’OSCE et EUMM.

Mogadiscio. EUTM Somalia commence son premier cours au camp Jazeera

La mission de formation militaire de l’UE pour la Somalie (EUTM Somalia) a commencé son premier cours de « formation des formateurs » mardi 25 février au camp d’entraînement Jazeera à Mogadiscio.  La formation est assurée par 16 formateurs – 8 à partir de l’Italie, de la Suède, 6 et 2 de la Hongrie, a affirmé la mission EUTM. Ils sont 60 militaires-stagiaires de l’armée nationale somalienne, préalablement formés par l’EUTM en Ouganda. Le cours dure quatre semaines et est centré sur les techniques et les procédures d’infanterie, avec aussi des éléments du droit international humanitaire et de l’éthique militaire.

Tripoli. 1000 recrues reçoivent leurs diplômes assisté par d’EUBAM Libya

(Crédit : EUBAM Lybie)

(Crédit : EUBAM Lybie)

Plus de 1000 recrues ont reçu leurs diplômes mercredi 19 février au Centre de formation des douanes à Tripoli, en présence de représentants d’EUBAM Lybia (*). Pour le chef adjoint de la Mission, Peter Rundell, « les douanes ont un rôle central, en aidant à promouvoir ce qui est bien – le commerce légitime, et les revenus qu’il apporte au gouvernement – et en empêchant ce qui est mal – la contrefaçon et la contrebande ». Après la cérémonie de remise des diplômes, EUBAM Libye a aussi reçu un prix par les autorités libyennes pour son soutien au développement de la douane libyenne. La création d’un groupe mixte EUBAM Libya sur les douanes et la structure du tarif douanier libyen avait été accepté au cours du mois par les autorités libyennes.

(*) NB: Selon nos informations, les Européens n’ont cependant pas formé et entrainé ces nouvelles recrues, contrairement à ce qui se passe dans les missions de formation type EUTM Somalia ou EUTM Mali. Simplement le centre de formation est soutenu financièrement par l’UE. La présence est donc plus symbolique de ce soutien financier.

(Loreline Merelle, Leonor Hubaut, Claire Saignol et Nicolas Gros-Verheyde)

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Un exercice « Hot Blade » très portugais

LogoHep(BRUXELLES2) Le prochain exercice d’entraînement des pilotes d’hélicoptères européens « Hot Blade » aura lieu cet été au Portugal sur la base de Ovar. C’est le troisième exercice du Programme européen d’exercices héliportés (HEP), de la série, destiné à s’entraîner dans une de courants d’airs chauds. Au total, plusieurs centaines de sorties et près de 1000 heures de vol sont prévues, permettant la poursuite de cette formation multinationale.

30 hélicoptères et 4 avions

La Conférence de planification principale qui s’est tenue à la mi-janvier a montré « un intérêt accru des Etats membres » explique-t-on à l’Agence européenne de défense qui gère ces exercices. Ainsi un total de « 30 hélicoptères, quatre avions de combat, trois avions de transport et un de renseignement », seront engagés. Sept pays participent à l’exercice : l’Autriche, la Belgique, l’Allemagne, les Pays-Bas, le Portugal, la Suède et le Royaume-Uni.

L’imbrication terre – air

Fait nouveau : la participation des forces terrestres en nombre. Aux côtés des Portugais, les Allemands, Néerlandais et Britanniques ont fait part de leur intention d’envoyer plus de 450 soldats pour effectuer des missions conjointes. Soit un nombre assez élevé. Un processus de planification intégrée des missions va donc être présenté, pour la première fois, afin d’assurer la coordination Terre – Air et l’intégration des forces terrestres dans les différents scénarios.

L’encadrement de l’exercice sera assuré par les « mentors » expérimentés – qui auront suivi le Cours européen d’instructeur de tactique d’hélicoptères, qui se tiendra en mars et mai, de cette année, pour la deuxième fois.

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Dernières nouvelles de la piraterie (29 déc. 2013)

(BRUXELLES2) Toujours près de 50 marins otages des pirates somaliens ! • Visite du Premier ministre espagnol à Djibouti • Procès reporté à l’ile Maurice • Formation pour la marine tanzanienne • Drone britannique à l’assaut des pirates • Un plan d’action pour le Somaliland

Toujours près de 50 marins otages des pirates somaliens !

Avec la diminution de la menace de la piraterie et la libération de presque tous les marins otages des pirates somaliens, on pourrait les oublier. Mais, au dernier bilan, il reste toujours 49 marins otages aux mains des pirates fin 2013 ! La plupart sont retenus prisonniers depuis de longs mois déjà, voire de longues années, et viennent du continent asiatique. Leurs pays et leurs armateurs semblent les avoir un peu abandonnés à leur sort. Citons-les : 4 marins thaïlandais du FV Prantalay (un navire de pêche thaïlandais), qui sont retenus depuis avril 2010 (3 ans 1/2 !) ; 11 marins du MV Albedo (7 Bangali, 2 Sri Lankais, 1 Indien et 1 Iranien, retenus prisonniers depuis novembre 2010), leur navire a coulé cet été  ; 7 marins indiens du navire norvégien MT Asphalt Venture ; et les 27 marins taïwanais, philippins, indonésiens, chinois et vietnamiens du FV Naham 3 (un navire thaïlandais).

Le Premier ministre M. Rajoy se rend à bord de la frégate espagnole (crédit : marine espagnole)

Le Premier ministre M. Rajoy se rend à bord de la frégate espagnole (crédit : marine espagnole)

Visite du Premier ministre espagnol à Djibouti

Mariano Rajoy, le Premier ministre espagnol a rendu visite à Djibouti, le 22 décembre, aux militaires espagnols engagés dans la lutte anti-piraterie tant au sein de l’OTAN que de l’Union européenne. Cette présence « est essentielle pour la protection des navires marchands qui transitent dans la zone, les pêcheurs comme les navires du Programme alimentaire mondial de l’ONU » a-t-il déclaré selon le communiqué diffusé par la Moncloa. Le Premier ministre est ainsi monté à bord de la frégate Alvaro de Bazan qui commande la mission Ocean Shield (OTAN) et a rendu visite au détachement de l’avion de patrouille maritime P3 Orion (EUNAVFOR Atalanta) qui est situé sur la base aérienne de Djibouti. Il a également rencontré le président djiboutien, Ismail Omar Guelleh.

Procès reporté à l’île Maurice

Le procès des 12 présumés pirates arrêtés par la frégate française Surcouf après l’attaque du MSC Jasmine se poursuit à l’Île Maurice mais à vitesse lente. Des officiers américains devraient être entendus en janvier et des officiers français à la mi-février. Transférés sur l’île en janvier, leur procès a d’abord pris comme du retard. Un prisonnier, malade, est toujours hospitalisé. Et certains d’entre eux se plaignent d’avoir été battus par leurs gardiens (les gardes-chiourmes), comme le souligne le quotidien de l’île, le Mauricien. Les arguties de procédure se multiplient. Les avocats de la défense contestent notamment chacune des preuves présentées, notamment le fait que les suspects ont été photographiés. Ils estiment aussi que les preuves, ramenées par un policier mauricien de Djibouti et fournies par la marine française n’ont pas été suffisamment sécurisées pour être valables. Lire aussi : Un groupe pirates déjoué près des côtes somaliennes. 12 suspects arrêtés

(crédit : marine espagnole)

(crédit : marine espagnole)

Formation pour la marine tanzanienne

Lors de leur escale au port de Dar Es Salaam, les marins espagnols du patrouilleur ESPS Tornado ont organisé, à la mi-décembre, une formation pour la marine tanzanienne. 19 membres de la marine tanzanienne ont ainsi reçu un briefing sur les opérations d’embarquement, suivi par un exercice d’embarquement.

Drone britannique à l’assaut des pirates

Le premier drone Scan Eagle de la Royal Navy a effectué son premier vol opérationnel à la mi-décembre. Lancé par une catapulte du pont du RFA Cardigan Bay, il a ensuite été récupéré  par un filin sur le côté du navire. Il sera utilisé dans « peu de temps », a précisé le ministre britannique de la Défense, Philip Hammond, à la presse lors d’une visite sur la base aérienne de  Waddington, « pour repérer les pirates » dans l’océan Indien. C’est la première fois que cette base secrète de la RAF, située dans le Lincolnshire, utilisée pour piloter les drones Reaper en Afghanistan, est ouverte à la presse (lire reportage dans le Daily Express et dans le Telegraph avec une video de ITN). Ce ScanEagle est un des deux drones acquis en juin dernier par la Royal Navy auprès de Boeing, pour un coût de 30 millions £ les deux. A noter que la marine néerlandaise utilise déjà ce type de drones, dont l’un s’est écrasé en mer. Lire : Un drone néerlandais s’écrase en merDe l’utilité des drones dans la lutte anti-pirates

(crédit : Eunavfor Atalanta / Eucap Nestor)

(crédit : Eunavfor Atalanta / Eucap Nestor)

Un plan d’action pour le Somaliland

Un plan conjoint, listant les programmes et activités futurs, de la mission européenne EUCAP Nestor au Somaliland a été adopté, dimanche (15 décembre). Une « étape capitale » pour la coopération technique entre les deux missions européennes (EUCAP Nestor et Atalanta) et le gouvernement de la province autonome, comme l’ont rappelé les responsables de missions européennes Etienne de Poncins (EUCAP Nestor) et le contre-amiral Hervé Bléjean (Eunavfor) qui recevaient au large de Berbera, à bord du FS Siroco, le navire-amiral de la force européenne anti-piraterie (Eunavfor), plusieurs responsables politiques du Somaliland, dont le vice-président du Somaliland, Abdirahman Abdallahi Ismail Saylici.

Suspects somaliens rapatriés

7 pirates somaliens, condamnés au Kenya, ont été rapatriés fin novembre vers Galkayo en Somalie pour achever leur peine. C’est l’UNODC qui a pris en charge leur rapatriement dans le cadre d’un accord Kenya-Somalie. De la même façon, 14 Somaliens qui avaient été arrêtés aux Maldives ont été rapatriés. Mais eux sont libres, les Maldives ont refusé de les juger, estimant leur législation pas adéquate aux questions de piraterie. Ils ont, en fait, été expulsés comme immigrants clandestins.

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Et de Trois !

(Crédits: EUTM Mali)

Le bataillon « Sigui » (buffle en Bambara) est le troisième bataillon malien formé par la mission européenne. Le buffle est l’animal tutélaire du Mali. (Crédits: EUTM Mali)

(BRUXELLES2) La formation du troisième bataillon malien par la mission européenne (EUTM Mali) a officiellement pris fin ce samedi 7 décembre. Durant dix semaines d’entrainement, le bataillon « Sigui » a « amélioré ses savoir-faire de combat de même que sa capacité à planifier et conduire des opérations dans un cadre tactique réaliste, auquel ils pourront être confrontés après leur déploiement », annonce un communiqué de presse.  Le dernier exercice de formation a eu lieu du 2 au 4 décembre, dans la région du nord de Koulikoro « où des forces ennemies s’étaient emparées de la ville de Banamba, à partir de laquelle ils étaient en mesure  de lancer des  raids, menaçant ainsi la ville de Koulikoro ». Deux Mirage 2000, avions de chasse de la force française Serval, ont pris part à l’exercice, dans le cadre de l’évaluation des équipes TACP du bataillon (patrouille de contrôle aérien tactique). L’exercice a été un succès. Le bataillon Sigui a prouvé sa capacité à conduire une manœuvre coordonnée autonome de niveau de groupe tactique interarmes (GTIA), dans le cadre d’une offensive menée par des éléments armés.

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Un nouveau contrat de « paix et de sécurité » avec l’Afrique

Un nouveau contrat de « paix et de sécurité » avec l’Afrique

(crédit : Elysée)

François Hollande à la séance d’ouverture du sommet Paix et Sécurité en Afrique (crédit : Elysée/B2)

(BRUXELLES2 – à l’Elysée) C’est à l’ombre du portrait de Nelson Mandela que le président français, devant plus de 40 dignitaires africains réunis à l’Elysée, a délivré un discours qui se veut comme une refondation des liens entre la France et l’Afrique pour maintenir la paix et la sécurité sur le continent, appelant à une « alliance exceptionnelle » entre l’Afrique et l’Europe « au service de la paix, du développement, et de l’avenir de la planète ».

De « gendarme » à « pompier » 

Les interventions françaises au Mali il y a un an et maintenant en République centrafricaine sont « lourdes financièrement » et démontrent la nécessité que les Africains se dotent d’une capacité de défense commune. « L’Afrique doit maîtriser pleinement son destin et pour y parvenir assurer pleinement par elle-même sa sécurité » a affirmé le président français dans son discours d’ouverture. Un avis partagé par le président guinéen Alpha Condé, pour qui il n’est « pas normal » que « la France soit obligée d’intervenir en pompier pour nous sauver ».

Une nécessité : préparer les forces africaines

François Hollande appelle chacun à « regarder (la vérité) en face ». « Chacun sait qu’il y a des insuffisances, des manquements, des fragilités et qu’il y a une nécessité de préparer les forces africaines à répondre à toutes les menaces et à pouvoir se doter, dans leurs organisations régionales ou au niveau de l’Union africaine, des moyens indispensables pour assurer la sécurité des Africains. »

Faire face au terrorisme

Face au terrorisme qui se fait jour de la Somalie au Sahel, le président français  appelle à « un nouveau partenariat sur le plan de la coopération militaire », avec plusieurs priorités : « le conseil, la formation, l’équipement, le renseignement ». « Ces groupes disposent désormais de moyens considérables, venus de tous les trafics, ont accès à des armes de grande sophistication, que même des Etats souverains ne parviennent pas à acquérir. » L’objectif est que « les armées africaines puissent être dotées de tous les moyens leur permettant de faire face » au terrorisme.

Un engagement : 20.000 militaires formés par an

Un point clé de la proposition française est la création d’une « force de réaction rapide sous l’égide de l’Union africaine ». Ce qui « exige des moyens de commandement et de renseignement ». « C’est la responsabilité des Africains » a précisé Fr. Hollande. Mais la France est prête « à apporter tout son concours à cette force ». 1°) « par la mise à disposition de cadres militaires, auprès de ses états-majors » ; 2°) « par les actions de formation. La France peut entraîner chaque année, si vous en décidez, 20 000 soldats africains. »

Face à la piraterie : une structure commune

Dernier aspect sécuritaire du discours : la piraterie. La France est « prête » à soutenir la stratégie maritime intégrée définie par l’Union africaine. Elle est prête à constituer « une structure commune pour coordonner vos actions en mer ».

Commentaire (NGV) : une Europe en pointillé ?

On voit ainsi renaître le projet Recamp – comme Renforcement des Capacités Africaines de Maintien de la Paix – qui avait été transféré au niveau européen sous le nom de EuroRecamp et dont la dynamique a été un peu perdue, il faut le reconnaître, à la création du SEAE, le service diplomatique européen, malgré le louable effort de quelques-uns. Une Europe qui reste assez absente du discours présidentiel français, malgré la présence lors de ce sommet de Herman Van Rompuy (pour le Conseil européen) et José-Manuel Barroso (pour la Commission européenne). Pas un mot prononcé sur les missions EUTM Somalia et EUTM Mali qui répondent justement à cet objectif de formation et de structuration des armées africaines. Ce n’est que par le détour d’une phrase, plutôt sybilline que l’UE retrouve sa marque à propos d’une « Europe, (qui) je le sais, sera au rendez-vous » « pour montrer, non seulement sa solidarité à l’égard du continent ami, mais également une responsabilité dans la mise en commun de moyens et de forces ».

(Leonor Hubaut à l’Elysée & Nicolas Gros-Verheyde à Bruxelles)

Télécharger l’allocution d’ouverture

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Des gardes privés à bord des navires français et belges (Maj)

La formation des gardes privés par les militaires espagnols (crédit : B2 / Ministère espagnol de la Défense - sept. 2011)

La formation des gardes privés par les militaires espagnols (crédit : B2 / Ministère espagnol de la Défense – sept. 2011)

(BRUXELLES2) Tour à tour, la Belgique et la France ont confirmé leur intention d’autoriser la présence ds gardes armés privés à bord des navires battant leur pavillon. Objectif : lutter contre la piraterie et les attaques de bandes armées, particulièrement propices dans l’ouest africain.

Une demande des armateurs

Du coté français, le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, l’a confirmé – dans une interview publiée aujourd’hui par mes collègues du Marin Ouest-France. « Nous allons autoriser le recours à des équipes privées capables de compléter les missions assurées par la Marine nationale. (…) C’est une demande forte de nos armateurs et nous l’avons entendue. » Mais a-t-il précisé « Ce recours sera encadré. Des autorisations et agréments professionnels seront délivrés pour attester du professionnalisme des entreprises et du respect de règles minimales fixées par décret. »

Double objectif

L’objectif est double : 1) « donner aux armateurs une garantie de sécurisation de leurs équipages et de leurs cargaisons ». 2) « se positionner sur le marché à armes égales avec leurs homologues européens qui bénéficient de ce type de dispositifs ». L’absence de dispositif français obligeait, en effet, les navires à utiliser des compagnies privées anglo-saxonnes. Le marché étant largement dominé par les entreprises britanniques, sud-africaines ou américaines.

La Belgique est plus avancée

Une loi prévoyant diverses mesures pour lutter contre la piraterie maritime a été adoptée en janvier dernier. Plusieurs arrêtés royaux définissant les modalités ont été publiés début septembre. Le dernier (sur la formation) vient de recevoir la signature du Roi et devrait être publié dans les prochains jours. Mais – comme l’a confié à B2 un expert du dossier – le système est déjà « tout à fait opérationnel. En attendant que tous les arrêtés soient publiés, des autorisations provisoires d’entreprises de sécurité maritime (ont été octroyés) pour une période limitée ». Le gouvernement belge avait bien proposé aux armateurs d’embarquer des équipes militaires. Mais le coût de ces VPD reposant entièrement sur les armateurs, et son coût prohibitif (2 à 3 fois le prix d’une équipe privée selon nos informations) leur a fait renoncer à cette solution.

Une norme qui devient européenne

Au niveau européen, la plupart des pays ont déjà autorisé l’embarquement de gardes privés armés pour protéger les navires. Plusieurs pays ont adopté une loi en ce sens encadrant, plus ou moins, l’utilisation de sociétés privées : le Royaume-Uni et le Danemark mais aussi l’Espagne, la Grèce, Chypre, l’Allemagne ou l’Italie, etc. En fait, seuls les Pays-Bas se refusent pour l’instant à cet usage privé, mettant à disposition des navires qui le souhaitent des équipes militaires VPD. Ceux-ci se relaient pour assurer la sécurité des navires dans les zones dangereuses.

NB : Même le Japon, pourtant très réticent, a également autorisé des gardes privés mais uniquement sur ses tankers, traversant des zones à risque (comme l’Océan indien et le Golfe d’Aden). Une disposition entrée en vigueur fin novembre.

(Maj) avec précisions sur l’application provisoire du dispositif réglementaire belge.

Commentaire : on ne peut que regretter que face à une menace commune identique (la piraterie dans l’Océan indien ou l’Afrique de l’Ouest), la Commission européenne n’ait pas jugé bon de proposer une législation commune, fixant au moins des standards communs a minima (nombre de personnes, formation…), les modalités d’agrément (et de retrait) des sociétés privées, … On est là face à un défaut de régulation qui peut se révéler problématique dans un secteur (le transport maritime), hautement concurrentiel, et régi déjà par un ensemble de règles européennes et internationales.

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