financement

Pour un fonds européen de sécurité ou de gestion de crises ?

(BRUXELLES2, opinion) Les difficultés budgétaires, lacunes capacitaires, problèmes de financement ne cesseront pas demain comme par miracle. En Europe, il va falloir s’habituer à avoir des budgets de défense européen en rythme annuel autour de 1% du PIB plutôt qu’aux alentours de 2% (comme est l’objectif fixé par l’OTAN). Ce qui va obliger à des changements d’attitude et la mise en place d’instruments nouveaux. Il faut innover. Pourquoi par exemple ne pas réfléchir à mettre en place un fonds européen pour la sécurité (FES) et la défense (FESED) ou pour la gestion de crises (FEGEC). L’objectif serait de disposer ainsi d’une facilité permanente de financement pour les opérations militaires d’urgence, les battlegroups, les lacunes capacitaires…

Des précédents ?

Innover ce n’est pas nécessairement créer à partir de rien. Quelques dispositifs existent déjà et le nouvel instrument pourrait s’en inspirer, au moins pour les ressources. Le Fonds européen pour le développement (FED), est hors budget communautaire et alimenté par une clé de répartition des Etats membres, définis lors d’un sommet européen. Le budget est défini pour 5 ans, 22,7 milliards d’euros pour la période 2008-2013. Il est le principal instrument pour la politique de coopération et de développement. Le Fonds européen pour la mondialisation (FEM), qui est inséré dans le budget communautaire à partir des fonds inutilisés dans une limite maximale de 1/2 milliard d’euros par an, pour financer des actions dans le cadre de plans sociaux causés par la mondialisation. En matière d’organisation, il existe déjà un mécanisme de gestion des ressources pour les opérations militaires, le mécanisme Athena, qui finance les coûts communs des 4 opérations militaires en cours (environ 45 millions d’euros pour 2013).

D’où proviendraient les ressources ?

Ce nouvel instrument pourrait être placé hors budget communautaire. En cela, le modèle du FED est intéressant. Sa programmation multi-annuelle aussi est intéressante. Mais on pourrait y ajouter une dimension contenue du FEM, qui consiste à utiliser les ressources non dépensées. La clé de répartition pourrait être celle utilisée pour le mécanisme Athena (voire celle utilisée par le Fonds de développement). On peut également considérer qu’il pourrait y avoir une contribution du budget communautaire, par exemple, sur le budget des actions préparatoires.

Qui participerait à ce Fonds ?

Pour contourner un possible veto (suivez mon regard… :-) , il faudra peut-être se résoudre au volontariat. Ce peut être en adoptant une mécanique souple de coopération ad hoc, de coopération renforcée, voire le dispositif de la coopération structurée permanente. Dispositif qui a l’avantage d’être déjà prévu dans le Traité de Lisbonne et permet des décisions à la majorité qualifiée, une fois la création opérée. Le principe de In ou Out (comme pour le Mécanisme européen de stabilité) : qui ne finance pas ne peut pas en bénéficier…

La participation des pays de Weimar+, du Benelux, des pays d’Europe de l’Est et des pays nordiques pourrait offrir la surface nécessaire. La participation du Royaume-Uni pourrait davantage compliquer la donne et être exclue. Celle des pays neutres mérite une introspection intérieure mais elle parait souhaitable ; car la plupart de ces pays apportent des contributions intéressantes à la PeSDC. Il pourrait être aussi utile d’y associer les pays candidats ou en cours de candidature (Albanie, Serbie…) car ils sont susceptibles de davantage participer aux missions PeSDC. La mise en place pourrait être progressive : à 8-10 pays au départ, avant de s’étendre.

Comment seraient décidées les dépenses ?

Le mode de décision ne devrait pas être selon le principe d’un Etat, une voix. Ce qui aurait un effet destructeur avec un effet dépensier des pays qui ne contribuent que très peu aux dépens des plus gros contributeurs. Entre le dispositif de vote à l’unanimité qui soumet chaque dépense au bon vouloir d’un Etat et la majorité qualifiée qui pourrait permettre de passer outre à la volonté d’une minorité non négligeable, il y a toute une palette de solutions pour concilier la rapidité des décisions et le respect des souverainetés, efficacité et responsabilité.

Un principe pourrait être d’avoir une approche distincte selon les montants engagés : pour certains montants (moins d’un million d’euros ou moins de 500.000 euros), la majorité pourrait être simplement qualifiée ; être surqualifiée pour des montants plus importants ; voire l’unanimité pour certaines décisions. Un Etat devrait avoir la capacité de “sortie” d’une décision (vote à la carte) s’il estime que l’engagement dans une région ou pour une action précise ne répond pas à certains de ses engagements constitutionnels ou impératifs de sécurité nationale (par exemple pour les pays neutres).

Que financerait ce fonds ?

On peut penser que ce fonds permettrait de financer :

  • Certaines capacités communes dans les missions – le commandement, les communications… – un peu comme le fait le mécanisme Athena aujourd’hui.
  • Les lacunes récurrentes dans les opérations – comme le soutien médical, la force protection.
  • Une partie de l’entraînement ou des capacités de projection (transport…) des battlegroups. On sait en effet que lors des opérations, la barrière financière empêche des pays qui ont des capacités de les proposer car ils ne disposent pas d’un kopeck pour l’envoi des militaires par exemple.
  • Le développement de certains projets industrio-opérationnels développés par l’Agence européenne de défense (comme l’a été le labo anti-IED engins explosifs artisanaux par exemple ou l’hôpital de campagne). Ce qui serait un sérieux incitant pour les pays à prendre en charge ces projets.
  • Les besoins d’urgence. La liste des actions finançables devrait être suffisamment souple pour s’adapter à de nouvelles donnes ou menaces. On pourrait ainsi avoir besoin en urgence de drones ou de capacités de lutte cyber sur une mission européenne. Et il faut alors aller très vite.
  • Enfin, il n’est pas interdit de penser que ce fonds pourrait aussi financer l’envoi d’experts militaires ou de planificateurs ad hoc, en préalable d’une mission, par exemple pour renforcer les structures européennes de gestion de crises, de façon temporaire…

Combien serait doté ce fonds ?

J’ai testé le montant disponible auprès de plusieurs personnes. En incluant que ce fonds reprendrait en compte les budgets communs, on peut considérer qu’un montant compris entre 300 à 500 millions d’euros par an. Cela représente environ de 0,1 à 0,2 % du budget de défense des Etats membres.

La période de programmation ne devrait pas être annuelle mais pluriannuelle, de 3 à 5 ans. La période de 5 ans correspond à la période de rotation des institutions européennes. Mais elle parait trop longue pour faire des réajustements nécessaires. Une période de trois ans (ou de 2 x 3 ans) peut être préférable. Ce qui donnerait un budget de 1 milliard à 1,5 milliard, sur montant disponible.

Que faire des dépenses inutilisées ?

La règle de réemploi du Fonds de mondialisation pourrait être utilisé : tout budget non utilisé dans l’année pourrait être reporté à l’année suivante. Au terme de la période de programmation, il pourrait au choix être reversé aux Etats membres ou pour certaines actions de l’Union européenne (équipements, …), voire avec un panachage.

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148 millions d’euros supplémentaires pour la Palestine

L’UE, premier bailleur de fonds dans les Territoires palestiniens occupés (crédits: Commission européenne)

(BRUXELLES2) 148 millions d’euros vont être débloqués afin de soutenir l’Autorité Palestinienne et l’ Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA) a annoncé la Commission mercredi (27 mars). Ces fonds viendront de l’Instrument européen de voisinage et de partenariat (IEVP) et du Programme d’action annuel (PAA).

Cette aide se répartira en deux composantes :

- 108 millions seront alloués au mécanisme PEGASE (Mécanisme Palestino-Européen de Gestion de l’Aide Socio-Économique) qui gère l’aide européenne et internationale en Palestine. Ce mécanisme a pour but de soutenir le Plan national palestinien de développement en apportant une aide financière à l’Autorité Palestinienne afin que celle-ci puisse poursuivre la construction d’un Etat, combler ses déficits et garantir ses obligations (éducation, santé…) envers la population.

- 40 millions seront apportés au budget 2013 de l’UNRWA afin que l’office puisse poursuivre ses projets auprès des populations réfugiées à l’étranger (éducation, santé, services sociaux).

L’Union européenne reste le principal bailleur de fonds en Palestine. En 2013, une première aide de 100 millions d’euros avait été débloquée afin de répondre aux besoins urgents du peuple palestinien.

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Les soldats maliens logés à la belle étoile à Koulikoro ? Londres préfère…

(BRUXELLES2) Les 650 soldats maliens qui vont arriver en formation début avril au camp de Koulikoro n’ont, pour l’instant, pas encore de logement sur place. Une dotation en tentes, climatiseurs, matériel de couchage, tables etc. devait bien être achetée au niveau européen, financée sur les coûts communs sous le mécanisme Athena. Mais, apparemment, la question est pour l’instant suspendu au veto d’un Etat membre.

Lors de la dernière réunion du comité Athena, un grand pays qui se trouve au nord de l’Europe — le Royaume-Uni pour ne pas le nommer — a décidé de temporiser, soulignant qu’il fallait encore réfléchir, voir s’il n’y avait pas d’autres solutions possibles. Une interrogation soudaine apparemment qui n’avait pas été posée auparavant, selon nos informations. Le budget à dégager n’est cependant pas monstrueux. On parle d’environ 600.000 euros tout compris (transport inclus, moitié fournitures, moitié transport). Pour une mission qui va durer plusieurs années, ce n’est pas énorme. Mais, apparemment, Londres a exprimé ses réticences.

Résultat, pour l’instant, c’est la belle étoile et “à la dure” pour les militaires maliens. Mais rassurez-vous ! Les militaires britanniques, présents sur place, seront, eux, bien logés, dans des bâtiments en dur ! Il y a des limites tout de même aux interrogations…

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Les 27 soutiennent l’opération française et africaine au Mali

Les 27 soutiennent l’opération française et africaine au Mali

Tieman Coulibaly, Catherine Ashton et Pierre Vimont (secrétaire général du service diplomatique européen) à la table des ministres jeudi (© T. Monasse)

(BRUXELLES2) Les 27 ministres des Affaires étrangères de l’Union, réunis ce jeudi (17 janvier) à Bruxelles, ont voulu poser un acte important : marquer la préoccupation des 27 face à la situation au Mali et montrer leur solidarité avec les opérations en cours particulièrement l’opération française (lire aussi : L’Europe sans réaction, la France toute seule… mmm). Ils ont ainsi « salué la réponse rapide de la France, soutenue par d’autres Etats membres de l’UE », à la demande d’assistance militaire du Mali.

La France n’est pas seule

« La France n’est pas seule » a ainsi tenu à souligner Catherine Ashton lors de sa conférence de presse (répondant à une question de B2). « Elle a joué un rôle clé dans le pilotage de la stratégie Sahel depuis des mois, avec d’autres pays européens ». C’est « une pièce essentielle (key part) de l’Union européenne, elle a agit dans la bonne direction (right way). Elle a apporté une contribution extraordinaire. Nous voyons comment cette action militaire est nécessaire. » Quant à l’action européenne, elle a « un rôle de soutien, de logistique, de réunir tout le monde ensemble pour travailler ensemble, et prévoir les solutions à court, moyen et long terme ». Nombre de pays européens ont d’ailleurs profité de leur présence à Bruxelles pour confirmer leur engagement soit dans la mission européenne, soit en soutien de la mission française.

Soutien à la mission africaine

Les 27 ont aussi (et surtout) d’accompagner la montée en puissance de la MISMA (la mission de stabilisation sous conduite africaine). L’UE va ainsi dégager une aide financière par la Facilité de paix pour l’Afrique (comme elle fait pour l’Amisom). Le montant devrait être de 50 millions d’euros (dans un premier temps). La Haute représentante a ainsi reçu le “mandat” d’accélérer les préparatifs de cet appui qui ne sera pas que financier d’ailleurs mais devrait aussi être “logistique”. L’ensemble des avions de transport que les Européens mettent à disposition, aujourd’hui, de l’opération Serval pourrait aussi servir à acheminer les soldats africains. Et une “clearing house” (salle d’échange) pourrait être mise en place pour gérer tous les transports. En termes logistiques, les troupes africaines manquent aussi de moyens de communications ou satellites, que les Européens pourraient fournir.

Lire aussi : L’Europe sans réaction, la France toute seule… mmm. Faut pas exagérer

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Mali. Un certain échec du concept des battlegroups (Maj)

Mali. Un certain échec du concept des battlegroups (Maj)

(crédit : ministère irlandais de la Défense)

(BRUXELLES2) Si la réaction européenne peut être saluée, l’opération française “Serval” aura fait une victime indirecte… les battlegroups européens. Sur le papier, tout désignait en effet un “battlegroup” européen pour pouvoir intervenir, au moins en second temps.

Tous les éléments juridiques et politiques étaient réunis – un cadre international, un certain consensus européen, une demande de l’Etat légitime, … -. La plupart des éléments doctrinaux sont également présents : crise, hors d’un territoire européen, à moins de 6000 km de Bruxelles, où une intervention rapide est nécessaire avant le relais à une autre force…

Enfin le concept opérationnel prévoit ce type de missions. « Les groupements tactiques peuvent être employés pour l’éventail complet des tâches énumérées à l’article 43, paragraphe 1, du traité sur l’Union européenne et pour celles qui sont énoncées dans la Stratégie européenne de sécurité. » Citons parmi ces actions : « les missions de forces de combat pour la gestion des crises, y compris les missions de rétablissement de la paix … » comme l’objectif de « contribuer à la lutte contre le terrorisme, y compris par le soutien apporté à des pays tiers pour combattre le terrorisme sur leur territoire ». On comprend donc qu’on est “pile” dans une opération type “Serval” ou plutôt EUFOR Mali.

Ajoutons que les militaires composant ces battlegroups sont formés et entraînés pour cela. Selon un expert du sérail européen, consulté par B2, qui nous décrit la doctrine officielle du Battlegroup : « Ils sont formés au combat et le meilleur moyen de tirer profit de toute l’étendue de leurs capacités serait de les utiliser pour des missions de forces de combat dans la gestion de crises, compte tenu de leur taille limitée. »

In fine, on peut ajouter que le battlegroup de permanence les six mois à venir est formé par trois pays qui sont au coeur de l’Europe de la défense, et disposent de forces armées bien aguerries : la Pologne qui est nation-cadre, l’Allemagne et la France en soutien. Trois pays qui ont écrit ensemble une lettre pour justement utiliser les battlegroups… Le doigt est posé sur la plaie du problème : pourquoi rien aujourd’hui au Mali ?

Un manque d’appétence

On peut accuser qui on veut à Bruxelles. Le problème n’est pas là aujourd’hui. Il est dans les capitales. Varsovie comme Berlin n’ont ni l’impétuosité de la France, ni la même rapidité pour agir, ni la même volonté. il faut être clair. Et le manque de volonté s’évanouit plus on va vers l’Est… Les Polonais ne sont pas “chauds” du tout pour aller au Mali ! C’est clair et net.

Les deux ministres T. Siemoniak et R Sikorski nous l’avaient confirmé directement (à B2) lors de la réunion des “Weimar” à Paris. Et aucun signe ne vient démentir ce manque d’appétence. A Varsovie, on voit encore le Mali comme une affaire un peu française. Et surtout on n’a pas envie pour l’instant – alors qu’une profonde restructuration de l’armée est en cours (professionnalisation, réduction du format, fermetures des casernes) – de s’engager trop avant outre-mer. Ce d’autant que les soldats polonais commencent à rentrer d’Afghanistan ; ce qui clot là un cycle de 10 années (avec l’Irak) de fort engagement au-delà des frontières, que n’a jamais connu la Pologne dans son histoire (Vienne ce n’est pas Bamako).

Une erreur de conception ?

Ne nous cachons pas derrière un concept. Ils ne sont pas utilisables au Mali. Mais ils ne l’étaient pas hier au Congo et avant-hier au Tchad. Le seul endroit où ils seraient utilisables… serait dans les Balkans (région pour laquelle ils ont réfléchi et conçu). Il y donc bien une erreur de concept dans ces battlegroups ou, plutôt, la donne internationale, européenne et économique a évolué qui oblige aujourd’hui à réfléchir à un nouveau positionnement. Ils sont soit trop lourds (pour une petite opération de formation type EUTM Mali), soit trop légers (pour une opération type “Serval”), soit trop militaires (pour une opération d’observation type EUMM Georgia), soit pas assez. Etc… Ils ne sont donc pas assez modulaires. Même si on a cherché à gagner en souplesse ces derniers temps. Ils sont surtout trop dépendants de calendriers totalement divergents dans les capitales et qui ne convergeront pas de sitôt. Si l’Allemagne est d’accord pour apporter un soutien discret à l’opération française “Serval”, elle refuserait peut-être de le faire de manière plus visible avec un battlegroup. Et vice-versa. Enfin, il n’y a pas convergence sur l’utilisation de ces groupements. Pour certains, l’effet essentiel est l’entraînement. Mais pas question de les engager. Cela couterait trop cher ou romprait le cycle engagement – repos – entraînement.

Le délai de déploiement selon le concept des battlegroups

Un nouveau positionnement

Ce concept pourrait donc être revu utilement sur plusieurs plans. Quelques pistes…

1° Il faut trouver un moyen pour le dégager de contingences politiques nationales. Pour les pays où une autorisation est nécessaire, cela supposerait un vote du Parlement national autorisant leur emploi par une autorité européenne en déléguant en fait une partie du contrôle des hommes (quitte à dresser quelques restrictions ou caveat). Avec une simple information lors de l’utilisation réelle.

2° Il faut dégager un budget, d’attente, permettant non seulement de financer les premières semaines de l’action (*) mais une partie d’engagement. Comme on le fait pour les missions civiles de l’UE.

3° Il faut avoir la capacité et la possibilité d’avoir un engagement modulaire du battlegroup. Si pour l’opération française “Serval” on avait pu détacher les capacités “transport”, “médical”, “renseignement”, par exemple… le débat dans les pays concernés (Allemagne, Pologne) serait plus facile que l’engagement de troupes de combat.

4° Il faut avoir une approche totalement civilo-militaire des engagements. L’Union européenne s’engage sur des terrains parfois militaires, mais souvent mixtes. L’Europe devrait ainsi être capable d’envoyer très rapidement sur le terrain policiers comme gendarmes ou juges. Même au Mali. Car le problème qui va se poser demain : ce sont les prisonniers. Comme le souligne Gilles de Kerchove récemment lors d’une séance questions réponses avec les eurodéputés, « on va arrêter tout un tas de personnes, terroristes ou non. Il va falloir gérer ces arrestations en nombre. Il n’est pas certain que les autorités au Mali soient aujourd’hui capables de gérer un paquet de détenus pour terrorisme. Il faut donc remuscler la justice. » Et rapidement…

Lire aussi :

(*) Maj. Précision : il existe déjà un préfinancement possible pour les opérations de réaction rapide de l’UE, avec des fonds disponibles européens pour la financer des le premier moment). Mais celui-ci ne me semble pas suffisant pour permettre à un Etat avec la volonté et des moyens, mais sans moyen budgétaire important de s’engager.

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“Crimgo” se lance à l’assaut des pirates de l’ouest-africain

Une équipe de la marine nigériane, formée par les Britanniques (crédit : ministère britannique de la Défense)

(BRUXELLES2) Face à la persistance d’une piraterie maritime dans le Golfe de Guinée, l’Union européenne a décidé d’enclencher un nouveau projet pour renforcer « la sûreté et la sécurité des routes maritimes » entre les pays africains du Golfe. Le commissaire Andris Piebalgs, chargé du Développement, vient de l’annoncer, jeudi (10 janvier). La région souffre, en effet, actuellement d’un « manque de coordination entre les gardes-côtes et entre les différentes régions » estime-t-on coté européen. De plus il n’existe pas « encore de norme commune de formation maritime et le partage d’informations entre les pays concernés est insuffisant ». Un constat partagé par la plupart des experts du sujet, selon nos informations.

Un risque de piraterie persistant

Alors que la piraterie maritime tend à se tarir dans l’est de l’Afrique, elle continue d’exister et même de croitre dans l’ouest. Le dernier incident n’est pas lointain. Fin décembre, 3 marins italiens du MV Asso Ventuno avaient été pris en otages au large du Nigeria, ils viennent juste d’être libérés mercredi (9 janvier), officiellement “sans verser de rançon” (? :-) . Rien qu’au Nigéria, quelque 98 actes de piraterie, de vols à main armée commis en mer et de pollution maritime ont été enregistrés entre 2008 et 2012. Le tout dans une région qui a un intérêt stratégique pour les Européens. Selon les données économiques, le Golfe de Guinée « représente actuellement 13 % des importations de pétrole et 6 % importations de gaz dans l’UE ».

Formation et réseau d’information

Le programme CRIMGO – tel est son nom – comme “routes maritimes critiques du Golfe de Guinée” – aura deux pistes d’action principales : 1) la formation des gardes-côtes, 2) la mise en place d’un réseau permettant l’échange d’informations entre les pays et les agences de la région. Il devrait être mis en oeuvre dans sept États de l’Ouest africain (Bénin, Cameroun, Guinée équatoriale, Gabon, Nigéria, Sâo Tomé-et‑Principe et Togo). Et il va être mené essentiellement par les services ministériels de plusieurs pays (France, Portugal, Espagne, Royaume-Uni) et des universités (Finlande, Italie, Pologne) (*). Le budget dégagé au niveau européen est de 4,5 millions d’Euros. Démarrage : dès ce mois-ci annonce la DG Développement.

Pas une mission PeSDC

Commentaire : Il ne s’agit pas ici d’une mission PeSDC (des structures de gestion de crise) – comme dans l’Est de l’Afrique (EUCAP Nestor). Mais bel et bien, du déblocage d’un financement, au titre du programme “routes critiques” (**), dans le cadre de l’Instrument de stabilité, conduit par la DG Développement et non par le Service diplomatique européen (SEAE). Ce qui pose quelques problèmes de coordination. Et mérite une interrogation sur la cohérence de l’action européenne en la matière comme sur leur complémentarité ou leur concomitance, ou leur… concurrence. J’y reviendrai !

(*) Parmi les partenaires du projet figurent en effet France Expertise International (un établissement public dépendant du Quai d’Orsay) ainsi que la Direction de la coopération de sécurité et de défense du Quai, la Direção-Geral de Política do Mar (portugaise), la Fundación Internacional y paralberoamérica de Administración y Políticas Públicas (espagnole), le Foreign Office (britannique) ainsi que la Satakunta University of Applied Sciences (Finlande), l’International Maritime Safety Security Environment Academy (Italie) et la Szczecin Maritime University (Pologne).

(**) Le programme “routes maritimes critiques” a vu le jour en 2009 et a concentré ses activités sur l’Asie du Sud-Est, l’ouest de l’océan Indien et le Golfe de Guinée. Il a pour objectif d’améliorer la sécurité et la sûreté en mer et d’aider ainsi à rendre plus sûres les voies de navigation et de transport marchand.  A long terme, il vise à améliorer la gouvernance maritime. Son budget reste modeste. Depuis son lancement, 16 millions € ont été alloués à ces activités.

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Accord cadre sur la PSDC avec la Bosnie et la Macédoine (Fyrom)

(BRUXELLES2) Deux nouveaux pays vont venir rejoindre le petit club des pays tiers, ayant signé un accord-cadre de participation aux missions de la politique européenne de sécurité et de défense (PSDC). Les 27 ont autorisé aujourd’hui (9 mars), la signature d’un tel accord avec deux pays des Balkans : la Bosnie-Herzégovine et la Macédoine (Fyrom). Après la Croatie, l’Albanie, le Monténégro, la Serbie, ce sont quasiment tous les Etats de la région qui ont signé un tel accord, des pays qui ont souvent accueilli des missions de la PESD, ou en accueillent encore. Il ne manque en fait que le Kosovo.

Chaîne de commandement

Le contenu de cet accord est assez semblable aux autres. Pour les missions civiles, les personnels de chaque Etat sont intégrés dans la chaîne de commandement. « Le personnel de?tache? s’acquitte de ses fonctions et re?gle sa conduite en ayant uniquement en vue les inte?re?ts de l’ope?ration civile de gestion de crise mene?e par l’UE. Tous les membres du personnel restent entie?rement sous le commandement de leurs autorite?s nationales. Les autorite?s nationales transfe?rent le contro?le ope?rationnel a? l’Union europe?enne. » Même principe pour les opérations militaires, mais avec une nuance cependant. « Tous les membres des forces et du personnel participant a? l’ope?ration militaire de gestion de crise mene?e par l’UE restent entie?rement sous le commandement de leurs autorite?s nationales. Les autorite?s nationales transfe?rent le commandement et/ou le contro?le ope?rationnel et tactique de leurs forces et de leur personnel au commandant de l’ope?ration de l’UE, qui est habilite? a? de?le?guer son autorite?. » Chacun de ces pays reste libre, ou non, de proposer une contribution.

Financement et contribution

Les règles de financement et de responsabilité sont celles habituellement utilisées dans ce type d’accord. Ainsi, le pays « assume tous les cou?ts lie?s a? sa participation a? l’ope?ration, a? l’exception des frais de fonctionnement, tel qu’ils sont pre?vus par le budget ope?rationnel de l’ope?ration » (pour les opérations civiles). Il « assume tous les cou?ts lie?s a? sa participation a? l’ope?ration, a? moins que les cou?ts ne fassent l’objet d’un financement commun » (pour les opérations militaires). Et il contribue normalement aux coûts communs, contribution dont il peut être dispensé si sa contribution en hommes et/ou matériel est jugée importante ou si il n’en a pas les moyens (RNB par habitant ne dépassant aucun des autres Etats membres).

Télécharger l’accord cadre (avec Fyrom) dans les Docs de B2

Lire également : Les accords cadres PSDC passés par l’UE avec des pays tiers ?

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Eupol en Afghanistan jusqu’en 2014 voire ad vitam aeternam. Un accord de coopération à négocier

entraînement de la police afghane (crédit : ministère polonais de la Défense)

(BRUXELLES2) Les “27″ se sont entendus aujourd’hui (lundi 14 novembre) pour prolonger le mandat de la mission européenne de police en Afghanistan « jusqu’à la fin de 2014 ». Il s’agit d’un « accord de principe » ; il faudra ensuite le formaliser et définir éventuellement la modification du format de la mission. Les 27 ont également indiqué que l’UE avait la volonté de coopérer avec l’Afghanistan « au-delà de 2014 afin de soutenir les efforts déployés par ce pays pour renforcer le maintien de l’ordre et l’État de droit». Mais les 27 ont aussi mis une condition, demandant au gouvernement afghan « d’assurer à la présence de l’UE (y compris EUPOL) en Afghanistan des conditions adéquates de sécurité ».

Une feuille de route pour la conférence de Bonn

Outre la mission EUPOL, l’UE mettra sur la table de la conférence de Bonn, le 5 décembre, une série de propositions et est prête à s’engager sur différents projets, « le cas échéant en coordination et en coopération avec les Nations unies et l’OTAN et d’autres enceintes internationales concernées », pour assurer « le renforcement des institutions de gouvernance afghanes » :

  • favoriser une meilleure surveillance de la part des organismes élus au niveau tant national qu’infranational, notamment en ce qui concerne les flux et l’utilisation des fonds publics;
  • aider l’Afghanistan à faire en sorte que les institutions au niveau provincial et national travaillent de concert, de manière efficace et transparente;
  • renforcer le rôle du parlement, du système judiciaire et des autorités chargées du contrôle des comptes;
  • œuvrer en faveur du respect des droits de l’Homme et des libertés fondamentales, une attention particulière étant accordée aux femmes;
  • accroître l’aide qu’elle apporte au renforcement des capacités, entres autres dans les domaines de la gouvernance au niveau infranational, de la formation de fonctionnaires et de forces civiles de maintien de l’ordre, de la réforme du secteur de la justice et de la réforme électorale;
  • poursuivre la coopération au développement menée avec l’Afghanistan, en vue de favoriser le développement économique et social et de lutter contre la pauvreté.

Il s’agit aussi « d’améliorer le cadre légal régissant les activités du secteur privé et notamment les investissements directs, en vue d’améliorer le climat général des investissements et, partant, de réduire autant que faire se peut les risques politiques ».

Un accord de partenariat

Les 27 ont marqué leur accord pour préparer un accord de coopération « en matière de partenariat et de développement » avec l’Afghanistan. La Haute représentante, Catherine Ashton, a été mandatée pour ce faire. Le mandat qui lui est confié mentionne spécifiquement plusieurs secteurs : la coopération dans les domaines déjà évoqués (pour la conférence de Bonn) et une série d’autres domaines : le développement, la lutte contre le terrorisme, le trafic de drogue et la criminalité internationale, la migration, les échanges, l’environnement y compris le changement climatique et la coopération sur le plan économique et culturel.

« L’accord mettra en place, pour la première fois, un cadre global cohérent et juridiquement contraignant pour les relations entre l’UE et l’Afghanistan — indiquent les 27 —, dans lequel seront énoncées les valeurs communes ainsi que les droits et obligations réciproques des parties, concrétisant ainsi un engagement à long terme en faveur de la coopération avec l’Afghanistan à l’horizon 2014 et au-delà. »

Enveloppe financière intangible

L’UE s’engage « à ce que le financement de ses programmes de coopération et d’assistance en faveur de l’Afghanistan et de la région – tant sur le plan bilatéral qu’au titre du budget de l’UE – soit maintenu, dans les années à venir, à un niveau au moins équivalent au niveau actuel ».

Télécharger les conclusions (en français) : docs de B2

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