Retour sur l’évacuation des gendarmes français et des experts d’EUBAM Libya vers la Tunisie

(B2) L’affaire de plusieurs personnes, travaillant pour l’Union européenne et la France, interceptées à la frontière tunisienne, a fait couler un peu d’encre et semé beaucoup de confusion. Tentons d’y voir un peu clair

En fait, il y a eu deux évacuations quasi-simultanées, l’une des Européens d’EUBAM Libya menée par voie de mer, l’autre menée par les Français par voie terrestre. Des évacuations plutôt confuses car l’Union européenne comme la France se sont bien gardées de communiquer clairement sur ces évacuations, laissant prospérer toutes les versions possibles.

Une décision d’évacuation

Au moment de l’offensive du maréchal Haftar sur Tripoli, les Européens prennent la décision d’évacuer le personnel d’EUBAM Libya, la mission de l’UE d’assistance aux frontières au gouvernement libyen (lire : Les équipes d’EUBAM Libya ont quitté la Libye). L’évacuation se fait le 10 avril vers l’ile de Djerba, par voie de mer, moyen le plus sûr et le plus rapide de locomotion et régulièrement utilisé par la mission pour ses transferts réguliers entre Tunis, où est basé son siège, et son point avancé à Tripoli, sur le site de Palm City.

Onze personnels d’EUBAM Libya revenus via Djerba

A bord de deux bateaux, Vincenzo Tagliaferi, le chef de mission EUBAM (un ancien carabinieri italien), des gardes de sécurité, de différentes nationalités, et différents personnels dont Bruxelles ne veut confirmer ni le profil ni la nature des fonctions. Il n’y a pas eu d’interception, de saisie ou d’arrestation, comme l’a mentionné le ministre de la défense relayé par certains médias (1). « Ce trajet était prévu et les autorités tunisiennes dûment averties comme le veut la procédure » a simplement confirmé à B2 un officiel européen. Comme le veut la règle, les armes et munitions dont disposaient les gardes sont « remises aux autorités tunisiennes » et contrôlées. A noter que tous les gardes n’ont pas été rapatriés en Tunisie, certains sont restés sur place pour empêcher que les locaux ne soient pillés.

Treize Français par voie terrestre

Quelques jours après, dimanche (14 avril), les Français ont assuré une évacuation similaire par voie terrestre, cette fois. Un convoi de six véhicules tous terrains franchit la frontière, au poste de Ras Jedir, en provenance de la Libye. A bord, 13 personnes. Des personnes (gendarmes) chargées de la sécurité de l’ambassade de France de Tripoli, assure-t-on côté français. Le passage semble être moins facile.

L’île de Djerba, point focal des agents de renseignement

Les personnels sont retenus durant plusieurs heures. Le ministère tunisien de la défense et des sources au sein de la présidence tunisienne citées par Radio France internationale parle même de la présence d’agents du renseignement parmi les gendarmes. « Il y a beaucoup de va-et-vient vers la Libye » indique une ‘gorge profonde’ de RFI. L’île de Djerba, dans le sud tunisien, « est devenue une base arrière » pour les services de renseignement étrangers. « Cette activité nous rend responsables de ce qui se passe en Libye et pourrait nous causer des ennuis… »

Tunis bien prévenu

Un propos qui sera démenti ensuite officiellement par la présidence tunisienne. Les ministères tunisiens des Affaires étrangères et de l’Intérieur avaient bien « été prévenus par la France de ce déplacement décidé moins de 48 heures auparavant » indique Rfi citant « une source proche du dossier ». Et si le stock d’armes saisi à bord des véhicules est conséquent — plusieurs centaines de grenades, des casques, des gilets pare-balles, des lance-missiles, lance-roquettes et du matériel de communication selon notre confrère —, il s’agissait de ne pas laisser à Tripoli un tel stock d’armes qui aurait pu être pris par des personnes de mauvais aloi.

Commentaire : la présence, au sein de la mission européenne en Libye comme de l’ambassade de France, de personnes chargées de faire du renseignement, de prendre des informations à la source et de les faire remonter à leur autorité hiérarchique ne serait pas surprenant. C’est même a priori une partie de leur rôle . Ce qui serait dommageable, ce serait qu’ils aient été plus loin que cela. Un peu de clarté sur le profil et les fonctions des personnes évacuées, du côté européen comme français, ne nuirait pas. Continuer d’entretenir le flou sur le sujet accrédite tous les fantasmes, réels ou supposés.

(Nicolas Gros-Verheyde)

Lire aussi : Renforcer l’état libyen : une tâche pas facile pour EUBAM Libya. Bilan d’un an d’avancées… et de blocages

  1. Dans une déclaration à Sun FM en marge de l’ouverture de la journée des médias sur la transparence et la bonne gouvernance, le ministre de la Défense nationale, Abdul Karim al-Zubaidi a déclaré que la marine tunisienne avait intercepté mercredi (17 avril) deux canots pneumatiques tentant de franchir la frontière maritime, avec à leur bord onze personnes de différentes nationalités européennes. La marine tunisienne a repéré les deux bateaux, a remis le groupe aux autorités concernées et a confisqué les armes et munitions dont ils disposaient, a déclaré le ministre.
  2.  Le porte-parole a ajouté que ce groupe était entré sous la couverture d’un diplomate et avait des armes et des munitions en sa possession, soulignant que toutes les armes et les munitions contenues dans ces groupes étaient entreposées à la caserne de Benkardan, dans l’état de Medenine.
Un Transall de la Luftwaffe - archives B2 (Crédit : Bundeswehr)

Au Sud Soudan, on évacue (Maj1)

Un Transall de la Luftwaffe - archives B2 (Crédit : Bundeswehr)

Un Transall de la Luftwaffe – archives B2 (Crédit : Bundeswehr)

(BRUXELLES2) Devant l’accroissement de l’insécurité à Juba, où de violents combats ont éclaté entre les forces armées régulières et l’opposition armée, l’évacuation des ressortissants étrangers (diplomates, coopérants, membres d’ONG a commencé.

154 étrangers déjà évacués

La Bundeswehr a dépêché, dans la capitale sud-soudanaise, plusieurs Transall permettant d’évacuer au total 154 personnes : 32 Allemands et 122 autres étrangers, de 31 nations différentes, selon le décompte fourni par le centre de crises fédéral allemand (l’opération d’évacuation a été coordonnée par la cellule de crise du ministère allemande des Affaires étrangères). Ils ont été rapatriés sur l’Ouganda tout proche (à Entebbe).

Trois Transall requis pour l’évacuation

Trois appareils de type Transall C-160 D — équipés d’une protection balistique contre les armes de petit calibre et une auto-protection étendue (ESS), de systèmes lance leurres à l’infrarouge — ont participé aux opérations d’évacuation.

Le premier Transall est venu du Mali, prélevé sur le contingent allemand de la MINUSMA. Il a atterri, mercredi à Juba, rapatriant 49 premières personnes (dont 19 Allemands). 4 casques bleus de l’ONU blessés ont également été rapatriés vers l’Ouganda avec une équipe médicale à bord.

Deux autres Transall venus d’Allemagne ont fait escale à Djibouti et sont arrivés le mercredi matin dans la capitale sud-soudanaise. Une seconde vague de ressortissants allemands, européens, d’Amérique du Nord, africains et asiatiques ont pu être rapatriés sur Entebbe. Un des Transall a fait une deuxième navette dans la journée pour rapatrier les derniers ressortissants.

L’ambassade d’Allemagne fermée

le personnel de l’ambassade d’Allemagne ont quitté le pays. Pour l’ambassadeur allemand à Juba, Johannes Lehne, il « n’y avait pas d’autre choix que d’évacuer. De féroces combats de rue se sont déroulés juste en face des maisons de nombreux employés et des travailleurs humanitaires. (…) Au bout de quatre jours et de nuits de combats intenses, la seule option était l’évacuation. »

Les Américains dépêchent des hommes en protection

Les 15 observateurs militaires allemands déployés dans le cadre de la mission MINUSS des Nations Unies « restent dans le pays et continuent leur activité » précise-t-on à Berlin. Le président américain a décidé d’envoyer des militaires protéger les installations diplomatiques (47 hommes sont déjà arrivés à Juba. Et 130 sont en alerte sur la base permanente de Djibouti, au camp Lemonnier).

(Nicolas Gros-Verheyde)

Un C-17 Globemaster du 99 Squadron, rapatrie les corps des victimes en Tunisie sur la base de Brize Norton (crédit : Royal Air Force)

Minute de silence pour les Britanniques décédés en Tunisie ce vendredi

Un C-17 Globemaster du 99 Squadron, rapatrie les corps des victimes en Tunisie sur la base de Brize Norton (crédit : Royal Air Force)

Un C-17 Globemaster du 99 Squadron, rapatrie les corps des victimes en Tunisie sur la base de Brize Norton (crédit : Royal Air Force)

(B2) Le traumatisme subi au Royaume-Uni lors de l’attentat en Tunisie avec plus de 30 victimes britanniques est passé relativement inaperçu en Europe. Une minute de silence sera célébrée dans tout le pays à midi ce vendredi (3 juillet). C’est le plus grave bilan pour des citoyens de la Couronne depuis l’attentat du 7 juillet 2005.

Les 4 derniers blessés, les plus gravement atteints ont été rapatriés mardi (30 juin) tandis que les premiers corps des personnes décédées ont commencé d’être rapatriées par les avions C-17 de la base de la RAF de Brize Norton mercredi (1er juillet)

(NGV)

Lire aussi : De nombreux Européens tués lors de l’attentat de Sousse en Tunisie (Maj4)

 

Libye : on évacue (Maj)

(BRUXELLES2) Plusieurs pays ont décidé à la suite des Etats-Unis samedi dernier, d’évacuer leurs ambassades de Tripoli : l’Allemagne et la France notamment. Paris avait donné l’ordre dimanche (27 juillet) à ses ressortissants de quitter le pays sans tarder, opération terminée mercredi (30 juillet). Deux frégates de la marine nationale – le FASM Montcalm et le FLF Courbet – ont été mobilisées.

Evacuation maritime pour les Français 

Le FASM Montcalm a appareillé de Toulon lundi (28 juillet) soir, emportant à son bord une équipe de la cellule de crise du ministère des Affaires étrangères (MINAEDI), chargée de la coordination des opérations en lien avec l’ambassade de France en Libye. Elle a été rejointe en mer par la FLF Courbet. Les deux frégates françaises « se sont placées à proximité du port de Tripoli dans la nuit du mardi 29 au mercredi 30 » précise-t-on à l’Etat-major des armées. Des « « éléments de sécurisation » ont été mis à terre pour sécuriser l’embarquement » (*). « Et les ressortissants embarqués à bord de RHIB », bateaux rapides. Direction : les navires. En tout, six rotations ont été effectuées pour évacuer l’ensemble des ressortissants : une cinquantaine de Français et quelques citoyens britanniques. La FASM Montcalm a ensuite mis le cap sur Toulon pour permettre à chacun de retrouver la terre ferme.

Une frégate grecque et un C-130 italien mobilisés 

La Grèce a aussi annoncé mercredi (30 juillet) de fermer temporairement son ambassade en Libye et d’évacuer son personnel diplomatique et les ressortissants grecs. Athènes a également dépêché une frégate (Salamis) pour évacuer ses ressortissants et ceux d’autres pays.  L’Italie et le Royaume-Uni ont, pour l’instant, décidé de garder ouverte leur ambassade.

Rome a mis cependant en place une cellule de crise pour évacuer ses ressortissants. Une série de transferts « avec quatre convois escortés par la route ont été organisés entre les 17 et 20 juillet » précise Federica Mogherini la ministre des Affaires étrangères. Et « deux vols spécifiques organisés les 24 et 27 juillet », notamment avec un Hercules C-130. « D’autres vols pourraient être organisés dans les prochains jours » précise la ministre. 120 Italiens ont ainsi été évacués ainsi que 30 ressortissants d’autres nationalités.

(NGV)

(Maj) La délégation de l’UE a également été fermée. Les personnels expatriés évacués. La délégation « continuera de fonctionner depuis les locaux de Tunis », a précisé à B2 un diplomate européen.

(*) L’extraction à terre a été menée par de éléments du GIGN (gendarmerie nationale) et les commandos marine « Hubert », ainsi que le détaille notre confrère du Mamouth

Sur la carte diffusée par le Foreign office, tout est en rouge (Ministère Uk pour les Affaires étrangères)

Transall + C130 européens mobilisés au Sud Soudan. Last call de Londres (Maj4)

Sur la carte diffusée par le Foreign office, tout est en rouge (Ministère Uk pour les Affaires étrangères)

Sur la carte diffusée par le Foreign office, tout le pays est en rouge (Ministère Uk pour les Affaires étrangères)

(BRUXELLES2) Après les Britanniques et les Américains, on apprend que des avions allemands et italiens ainsi que néerlandais ont mené des évacuations de plusieurs dizaines de ressortissants nationaux comme européens du Sud-Soudan, en proie à un conflit armé interne violent et généralisé, vraie guerre interne.

Plusieurs rotations de Transall allemands

Dans la matinée de samedi (21 décembre), un premier appareil Transall C-160 a atterri, avec plus de 55 Allemands et autres ressortissants à Entebbe (Ouganda). Tout au long de la journée, plusieurs vols ont ainsi été opérés. 98 autres personnes ont été évacuées. Dans l’après-midi, ainsi, l’avion a rapatrié à Entebbe 43 personnes de différentes nationalités ainsi que l’ambassadeur allemand à Juba.

Normalement affecté à la MINUSMA, et stationné à Dakar, au Sénégal, l’avion « va reprendre sa mission normale » dès les opérations terminées, précise-t-on à la Bundeswehr. Vendredi soir, un avion Bombardier BD-700 Global 5000 avait déjà rapatrié à Berlin le chef du Commandement des opérations interarmées, le général Hans-Werner Fritz, ses compagnons et cinq autres citoyens allemands.

Operation Ippocampo pour les Italiens

(MAJ) L’Italie a également mené une opération dénommée « Ippocampo » d’évacuation de ressortissants européens. Des militaires italiens ainsi que des fonctionnaires italiens du ministère des Affaires étrangères ont mené l’opération. Un avion italien C-130 de la « 46e brigade aérienne » de Pise les a d’abord évacués de la capitale, Juba, vers l’aéroport de Djibouti, à la base de la Forces armées italiennes (en voie d’achèvement). De là, un avion KC-767 de l’armée de l’air les a rapatriés, vendredi (20 décembre), sur l’aéroport militaire de Rome Ciampino. En tout,  63 différents ressortissants (dont 34 Italiens) ont ainsi pu regagner le continent.

Le ministère polonais des Affaires étrangères a remercié Allemands et Italiens qui ont permis de rapatrier 5 Polonais (3 par le Transall allemand, 2 par le C-130 italien) indiquant que 9 ressortissants restaient encore au Sud-Soudan.

Un KDC 10 néerlandais mobilisé

Un C-130 et un KDC-10 de la Koninklijke Luchtmacht (armée de l’air néerlandaise) ont également été mobilisés. Le C-130 s’est posé sur l’aéroport de Juba samedi matin pour évacuer les ressortissants vers Addis-Abeba en Ethiopie. Une équipe de sécurité de l’Armée de l’air était à bord pour veiller à ce que tout le monde soit en sécurité. De là, ils ont été rapatriés par un KDC-10 « Jan Scheffer » vers Eindhoven où il s’est posé dans la nuit de samedi à dimanche. A son bord, 40 Néerlandais et 16 personnes d’autres nationalités. « Je suis très soulagé que tout allait si bien et ces gens doivent quitter le pays en toute sécurité », a déclaré l’ambassadeur adjoint Paul Tholen, après avoir mis le pied sur le sol néerlandais. Une des personnes évacuées, Peter Buikema, a témoigné de la difficulté sur place : « La situation n’était pas très bonne. Dans la région où j’étais, il y a eu beaucoup de combats, nous avons donc dû nous réfugier dans le « compound » de l’ONU ». Mais même là tout n’était pas parfait. « Il y a même eu un tir de mortier à l’intérieur. (…) Je suis soulagé d’être de retour en toute sécurité ».

Le C-130 néerlandais sur l'aéroport de Juba pour une opération d'évacuation (Crédit : armée néerlandaise)

Le C-130 néerlandais sur l’aéroport de Juba pour une opération d’évacuation (Crédit : armée néerlandaise)

Last call des Britanniques

Quant au Foreign Office, il a lancé un ultime et dernier appel à ses concitoyens leur conseillant « fortement » de quitter le pays tout de suite. « Vous pourriez avoir des difficultés en restant en cas de nouvelle détérioration de la sécurité ». Un troisième et « dernier vol » va ainsi être organisé dans l’après-midi de lundi (23 décembre) à partir de Juba vers Dubaï. Rendez-vous fixé sur l’aéroport avant 12h, si possible sans bagages. « Ce sera le dernier vol prévu par le Foreign Office pour aider les ressortissants britanniques à quitter le Sud-Soudan » avertissent les diplomates de sa Majesté. « Vous devez être conscients que ce sera difficile pour le gouvernement britannique de fournir une assistance consulaire en cas de nouvelle détérioration de la situation sécuritaire ». Last call !

A noter qu’un avion turc C-130 a également été mobilisé, rapatriant 21 citoyens à partir de l’aéroport de Juba le 27 décembre.

(MAJ) article modifié dim 22 déc. à 11h00 et 12h avec les informations italienne, polonaise et britannique et lun. 23 déc. avec les Pays-bas – informations turques rajoutées début janvier

Lire aussi :

Embarquement de forces spéciales américai(U.S. Air Force photo by Tech. Sgt. Chad Thompson

4 soldats Us blessés lors d’une évacuation au Sud Soudan (MAJ2)

Embarquement de forces spéciales américai(U.S. Air Force photo by Tech. Sgt. Chad Thompson

Embarquement de militaires américains des forces spéciales basées à Djibouti pour le Sud Soudan (U.S. Air Force photo by Tech. Sgt. Chad Thompson)

(BRUXELLES2) Quatre soldats américains ont été blessés lors d’une « opération d’évacuation de citoyens américains » de la ville de Bor au Sud Soudan, a annoncé dans la journée le QG d’Africom à Stuttgart (commandement des forces américaines en Afrique). Alors que les trois CV-22 Ospreys étaient en approche de la ville, ils ont été « pris sous le feu d’armes légères provenant de forces inconnues ».

Tirs contre les hélicoptères américains

Ceux-ci ne semblaient pas tirer en l’air mais visaient bel et bien les appareils. Les trois Ospreys ont, en effet, été « atteints ». Et 4 militaires des forces spéciales qui se trouvaient à bord des appareils ont été blessés apparemment assez sérieusement. Les appareils endommagés ont été immédiatement « déroutés sur Entebbe en Angola puis les blessés transférés à bord d’un C-17 de l’U.S. Air Force qui les a transportés pour être hospitalisés au Kenya ». Tous quatre sont « en condition stable » précise le communiqué. Jeudi (19 décembre), un camp de l’ONU abritant des civils avait été attaqué à Akobo (Jonglei) provoquant la mort de trois casques bleus indiens de la MINUSS (ou UNMISS).

Mission africaine de bons offices

Ces  violences sont condamnées par la communauté internationale. John Kerry, le secrétaire d’Etat US, a appelé par téléphone, dans la nuit de vendredi à samedi le président du Sud Soudan pour l’engager sur la voie de la réconciliation et protéger les civils (lire le communiqué). L’Union européenne a peu réagi pour l’instant, si ce n’est pas un communiqué de la délégation locale demandant aux deux parties de s’engager dans un dialogue en accueillant la mission de bons offices de l’Union africaine et de l’IGAD (l’organisation régionale pour l’est de l’Afrique) et au président en exercice « de libérer – à titre de geste de bonne volonté – les politiciens arrêtés qui n’ont pas été impliqués dans les combats » (télécharger ici le communiqué). Le poste de représentant spécial de l’UE pour le Soudan et le Sud Soudan a été supprimé. Et la mission PSDC sur l’aéroport de Juba ferme ses portes.

Vaste offensive

Les forces gouvernementales fidèles au président Salva Kiir ont, en effet, entrepris une vaste contre-offensive contre les « rebelles » de l’ex-vice-président Machar (auteur d’un coup d’Etat). Et civils comme ressortissants étrangers sont pris entre deux feux dans plusieurs régions, cherchant à se réfugier dans les enceintes internationales. Le Sud Soudan dont l’indépendance avait été soutenue par la communauté internationale – et principalement Etats-Unis et Europe – échappe à ses commensaux et retombe dans le travers qui l’a marqué depuis des années : l’affrontement, les violences et les massacres. Dans une région qui ne manque pas d’instabilité – le Centrafrique est tout proche – c’est plus qu’inquiétant.

380 « officiels » et citoyens américains et environ 300 citoyens

(MAJ) Un porte-parole du Département d’Etat a annoncé, dimanche (22 décembre) qu’une seconde opération d’évacuation des ressortissants – américains et étrangers – coincés à Bor avait réussi le matin. Des hélicoptères de l’ONU et américains (civils) ont permis de rapatrier les ressortissants de Bor  à Juba. « Les USA – et les Nations-Unies qui sont chargées de sécuriser l’aéroport de Bor – ont pris les mesures pour s’assurer que les différents combattants soient bien au courant que ces vols avaient une mission humanitaire ». Apparemment la première intervention était un peu trop musclée et militaire. Selon un dernier bilan, « 380 « officiels » et citoyens américains ont ainsi été évacués tout comme environ 300 citoyens d’autres pays vers Nairobi à bord de 4 vols affrétés par le Département d’Etat et 5 appareils militaires » précise Jen Psaki du Département d’Etat. « D’autres citoyens US ont pu quitté le pays par d’autres voies ». Mais il reste encore des citoyens coincés dans certaines parties du pays. « Nous travaillons avec nos alliés pour entrer en contact et évacuer les citoyens US aussi vite et en aussi bonne sécurité que possible » assure-t-il, ajoutant. « Pour leur sécurité, nous ne communiquons pas les plans spécifiques d’évacuation qui seront pris ». Forces spéciales en route…

RAF aircraft provides South Sudan evacuation

Sud Soudan : on évacue

RAF aircraft provides South Sudan evacuation

un C-17 lors d’une autre opération internationale (crédit : ministère UK de la Défense)

(BRUXELLES2) Un avion C17 britannique de la Royal Air Force a évacué aujourd’hui de Juba au Sud Soudan 182 passagers (Britanniques, du Commonwealth et de l’UE), rapidement embarqués et dirigés vers Entebbe en Ouganda. Le vol – ou plutôt l’atterrissage a été assez mouvementé, comme l’indique un communiqué du ministère britannique.

Réquisitionné par le Foreign Office (FCO), l’avion militaire avait décollé dans la nuit (après 3 heures du matin de la base de la RAF de Brize Norton. Mais à l’arrivée, après un vol de 9 heures, sur l’aéroport de la capitale sud-soudanaise Juba,le pilote a été surpris. La piste était encombré par un avion civil de ligne, un Boeing 737 immobilisé aux 2/3 de la piste, le train avant affaissé. Le C-17 a cependant pu atterrir, sans dommage, après un atterrissage dit « de précision ». Comme l’a raconté, le commandant du 99e Squadron, le Commander Stuart Lindsell, « Nous pratiquons des atterrissages courts en formation. Mais arriver sur une piste avec un avion qui s’est écrasé et en occupe une grande partie oblige vraiment à se concentrer l’esprit un peu plus que ce qu’on attend normalement. Le commandant du C17 et son équipage ont eu une des journées les plus difficiles de tout l’escadron depuis que celui est en place, il ya 12 ans. »

Ordre d’évacuation à Londres et Berlin

Après les violences (qui ont fait au bas mot « 500 personnes et fait près de 800 blessés à Juba, dont de nombreux civils », selon le Quai d’Orsay) et le couvre-feu, plusieurs pays comme l’Allemagne ou le Royaume-Uni ont donné l’ordre à leurs ressortissants de quitter le pays. Un second vol a d’ailleurs été programmé par les Britanniques. Les ressortissants étant priés de se présenter à l’aéroport avec le moins de bagages possibles (voire sans aucune bagage). Côté français, le ministère des Affaires étrangères a « recommandé » aux ressortissants – une soixantaine actuellement – « d’emprunter les vols disponibles pour quitter temporairement le Soudan du Sud » (certains ont pris apparemment les vols de « nos amis » britanniques).

Pas d’opération française

Contacté par B2, l’Etat-Major des armées (français) dément certaines informations parues dans la presse, comme de planifier une opération d’évacuation des ressortissants, « n’ayant reçu pas de demande en ce sens du ministère des Affaires étrangères ». Et comme le précise un haut responsable français, de passage à Bruxelles, « on est déjà bien occupés ailleurs pour intervenir en plus au Sud Soudan. Vous n’y pensez pas ». Et d’ajouter « même si certains problèmes sont liés. On retrouve en Centrafrique et au Sud Soudan certains éléments communs. Comme il y a des éléments de Boko Haram. »

NB : l’Union européenne avait déployé sur l’aéroport de Juba une petite mission de conseil et d’expertise pour la sécurité aérienne de l’aéroport (EUAVSEC South Sudan). La décision de fermeture de cette mission avait déjà été prise avant les évènements, pour des raisons différentes. Lire : on ferme

30 blessés graves syriens rapatriés en Allemagne

Le Transall C160 qui doit transporter d’autres blessés (Crédit: Luftwaffe)

(BRUXELLES2) Un Airbus A310MRTT du ministère allemand de la Défense est revenu en Allemagne, lundi (15 avril) avec à son bord des blessés syriens. L’avion, équipé en Medevac (évacuation médicale), a transporté des blessés, issus de différents hôpitaux jordaniens, vers l’Allemagne pour qu’ils reçoivent les traitements nécessaires. L’appareil s’est ainsi posé à Stuttgart, Hambourg, Cologne et Berlin afin de répartir les patients entre les différents hôpitaux. Un autre C-160 devrait effectuer un vol supplémentaire depuis Cologne vers Wittmund, pour amener des patients à Westerstede.

Un geste d’humanité

  • Pour le ministre allemand des Affaires étrangères, Guido Westerwelle, il s’agit d’envoyer un « signal d’humanité ». « La guerre civile en Syrie a déjà fait bien trop de victimes. En accueillant ces Syriens très gravement blessés, nous souhaitons contribuer modestement à apaiser les effroyables souffrances du peuple syrien et montrer que l’Allemagne se tient à ses côtés face à sa détresse. »

Aie! Deux civils indiens tués par les forces françaises à Bangui

(BRUXELLES2) Deux civils indiens et six autres ont été blessés (certains grièvement) lors d’un incident qui s’est produit sur l’aéroport de Bangui, en Centrafrique, ce lundi (25 mars). Les véhicules (au nombre de trois) dans lesquels ils avaient pris place, avec des policiers tchadiens de la FOMAC (la force multinationale d’Afrique centrale), fonçaient rapidement vers la zone de l’aéroport, protégée par les troupes françaises. Malgré des tirs de sommation, les véhicules ne se sont pas arrêtés. « La situation était particulièrement confuse », précise le ministère de la Défense. Les militaires français étaient sous tension. Ils avaient été pris auparavant à partie par des tirs non identifiés, a expliqué le colonel Burkhard, porte-parole de l’Etat-major des armées, à l’AFP.  Une enquête a été diligentée pour déterminer « les circonstances exactes ». Les blessés ont été pris en charge et rapatriés par avion à l’hôpital militaire français de n’Djamena (Tchad). Le président François Hollande a immédiatement adressé une lettre de condoléances à son homologue indien, assurant de sa détermination à éclaircir les circonstances de l’incident. Il s’agit notamment d’éviter tout dérapage diplomatique à l’image de ce qui s’est passé avec les fusiliers marins italiens au large de l’Inde (lire : Volte-face italienne. Les Maro rentrent en Inde)

Centrafrique : déploiement d’urgence de renforts français

Arrivée des renforts français du Gabon par Transall et C-130 (crédit : DICOD)

(BRUXELLES2) Des militaires français (environ 300) français en provenance des Forces Françaises au Gabon (FFG) sont arrivés en renfort, à Bangui (Centrafrique) dans la nuit du 22 au 23 mars 2013 et dans la journée du 24 mars. Objectif : assurer si nécessaire la sécurité des ressortissants et des emprises diplomatiques françaises et compléter les effectifs déjà présents sur place dans le cadre de l’opération Boali. Les militaires français ont notamment sécurisé l’aéroport de Bangui afin de faciliter l’évacuation des ressortissants français et européens le cas échéant. Mais dimanche, aucun ordre d’évacuation n’avait été donné ; la consigne donnée aux habitants était de rester chez eux.

Environ 600 hommes sont ainsi à Bangui. Sur place on trouve, selon l’Etat-Major des armées, les militaires français de l’opération Boali, dont une compagnie du 1er  régiment d’infanterie (1er RI) stationnée sur l’aéroport de Bangui ; un état-major tactique du 6e bataillon d’infanterie de Marine (6e BIMa), une compagnie de marsouins du 8e régiment de parachutistes d’infanterie de Marine (8e RPIMa) et une compagnie du 3e RIMa, qui étaient de « mission de courte durée » au Gabon.

Pas de chance pour eux, la mission s’est transformée en alerte…

Le BPC un formidable « couteau suisse »

(BRUXELLES2 à Toulon) J’ai pu découvrir aujourd’hui le Dixmude, le troisième BPC (bâtiment de projection et de commandement) mis en service par la Marine nationale. Un « formidable couteau suisse » comme se plaisent à le souligner les marins fiers de leur bateau tout neuf. Et effectivement, il y a de quoi être séduit.

Imposant

Long de presque 200 mètres, large de 32 mètres, un BPC reste imposant à quai avec ses ponts superposés. Et son autonomie – 11.000 miles (20.000 km) – lui permet de parcourir différentes missions. La vitesse maximum 18 noeuds est plus que convenable.

Dans ses entrailles, peuvent se loger 16 hélicoptères. Et sur le pont, 6 emplacements sont réservés pour permettre l’atterrissage d’hélicoptères, d’attaque (Caracal, Tigre…) ou de transport (Puma, NH90…) et de 2 autres hélicoptères plus légers (type Gazelle). Un Etat-major de 150 personnes – voire plus – peut prendre place avec les différents standards de connectique en usage au niveau national comme de l’OTAN. Durant l’opération Harmattan en Libye, il a pouvait ainsi parcourir en une nuit une bonne partie de la côte libyenne.

Un hôpital de bord, avec 2 salles de chirurgie, radio de bord, voire scanner, et une soixantaine de lits. Au besoin il peut être complété par l’arrivée d’éléments chirurgicaux ou de modules médicaux supplémentaires. Un radier permettant l’accueil de plusieurs chalands de débarquement : — 4 s’il s’agit des anciens CTM (chalands de transport de matériel) ou 2 pour les plus modernes EDA-R (Engins de débarquement amphibies rapide) — qui assurent la capacité amphibie du navire. Cela peut paraître facile, a priori. Mais l’arrivée de ces navires dans le navire requiert un certain savoir-faire. Pour « garer » l’EDA-R il n’y a que 40 cms de chaque coté. Avec un peu de houle, et l’effet spécifique des vagues dans le radier, la dextérité et le sang-froid sont requis…

L’EDA-R a l’entrée dans le radier du Dixmude. Un système de balasts permet de vider l’eau ou de le remplir

Son principal atout reste cependant dans son hangar qui peut se prêter à différents emplois. Au gré des missions, il sert de parking pour le transport de véhicules (80 en tout) ; peut se transformer en hall d’accueil pour l’évacuation de ressortissants (1500 sur une courte durée, 500 si la traversée est plus longue qu’une ou deux journées) avec l’installation de lits picots au besoin ; voire permettre l’extension des salles d’Etat-Major ou de l’hopital de bord, etc. Les salles elles-mêmes sont reconfigurables au besoin à l’aide de cloisons amovibles. Bref le navire s’adapte au gré des circonstances et des missions. Ce qui le rend particulièrement adapté à toutes sortes de missions : évacuation de ressortissants (Liban 2006), secours en cas de catastrophes (Haiti), commandement d’une opération maritime, base d’hélicoptères (Harmattan), transport de troupes et moyens de débarquement, formation (mission Jeanne D’arc) etc.

Ses couloirs assez larges permettent à de nombreuses personnes de se croiser sans se gêner comme aux brancards de passer. Sa structure de vie est plutôt confortable, pour un navire de guerre. Il n’est pas trop étonnant que les Russes aient été séduits. La raison du succès de cette tient aussi à son mode de conception. Au niveau opérationnel, « il a été conçu par une équipe mixte de marins et de terriens » ; certains détails ont ainsi été étudiés pour permettre l’accueil des troupes, comme ces tiroirs sous les lits permettant d’accueillir les armes personnelles (type Famas).

Au niveau industriel, sa conception et sa construction ont été empruntées aux navires civils : notamment la construction par zones et l’assemblage. Ce qui a permis d’avoir un coût relativement modique pour ce type de navires : 400 millions d’euros environ pour les premiers (Mistral entré en service en 2006 et Tonnerre mis en service en 2007), 550 millions d’euros environ pour le Dixmude (entré en service en 2012, doté d’une autre motorisation et de différents aménagements supplémentaires). Revers de la médaille, il n’est pas autoprotégé. Et en zone de crise, a besoin d’être accompagné par des frégates (anti-aériennes ou/et anti-sous-marines…). Seuls deux canons de bord permettent de lutter contre des menaces asymétriques, pas de faire de la guerre navale. Ce n’est d’ailleurs pas son rôle.

Commentaire : Ce type d’équipements très modulaire, adapté à toute une série de conflits actuels ou de menaces futures paraît très bien adapté à la nouvelle donne stratégique. Sans doute mieux que certains autres équipements. On peut même se dire qu’à terme, ce type de bateau pourrait remplacer un porte-avions, si l’utilisation des drones continue à se développer et se perfectionner (nb : certains experts diront sans doute, à plus ou moins juste titre. Mais ce n’est pas du tout la même chose. Simplement, projetons-nous dans 10 ou 20 ans,… ).