Le général Mingiardi avec le ministre de la Défense somalien (crédit : SEAE)

Le cri d’alarme du général Mingiardi : il faut plus de moyens en Somalie

Le général Mingiardi avec le ministre de la Défense somalien (crédit : SEAE)

Le général Mingiardi avec le ministre de la Défense somalien (crédit : SEAE)

(BRUXELLES2) Dans une interview donnée à  l’agence ADNkronos le général Mingiardi commandant la mission européenne de formation de l’armée somalienne (EUTM Somalia) lance un cri d’alarme.

Un appel aux Etats membres

« Il y a encore beaucoup à faire. La mission doit être renforcée. Il y a un besoin d’argent et d’hommes, j’ai demandé d’autres soldats, je suis toujours en attente des réponses des Etats membres ». C’est inquiétant ! Il y a presque un mois, à la réunion informelle des ministres de la Défense, à Milan, le général avait lancé le même appel (lire sur le Club : « Former une armée qui est en guerre, un vrai défi » (Mingiardi / EUTM Somalia). NB : Depuis il y a eu peu d’avancements, semble-t-il. Aucun Etat membre ne se bouscule au portillon.

Le problème d’équipement de l’armée somalienne

Mais le général met aussi le doigt sur un problème tout aussi important les conditions « de travail » de l’armée somalienne. « Les soldats qui suivent les cours n’ont pas d’uniformes. Il n’y a pas de caserne parce que les bâtiments ont été bombardés. Les soldats dorment actuellement sur le terrain. Et il n’y a pas d’eau potable… ». Au surplus, ils n’ont pas d’équipements. « La formation des hommes n’est pas la solution des problèmes, il y a besoin d’uniformes et d’équipements ». Et d’ajouter : « Je suis un peu leur commandant. Mais je n’ai pas le pouvoir d’intervenir » NB : Un projet est en cours de débat dans les instances européennes sur ce point. Mais aucune solution n’est encore en vue. Et les postulats posés semblent encore bien timides. Lire aussi (Club – exclusif) : Le concept « Train & Equip ». Les premiers principes sont posés

L’Europe aura-t-elle un peu de courage ?

« Nous avons gagné le respect et la considération des institutions du pays, à commencer par le ministre de la Défense. Mais nous devrions avoir plus de courage pour oser, profiter du moment favorable » explique Mingiardi. « Face à cette situation, il est nécessaire pour l’Europe d’intervenir. »

NB : un peu de courage sans doute mais aussi de prospective. La bataille menée par la communauté internationale contre les Shebabs islamistes en Somalie repose sur un équilibre. A l’avant, l’Union africaine (AMISOM) mène les combats à terre, avec des éléments de l’armée somalienne, et en l’air quelques drones américains (qui mènent un peu leur propre guerre). A l’arrière, les Européens structurent et finalisent la formation de l’armée somalienne. Les équipements sont le maillon faible du dispositif. S’il y a des éléments manquants, le succès de l’opération peut être remis en cause. Cette bataille, même si les éléments sont différents, doit être rapprochée de ce qui se passe dans le Golfe. Or, quand on regarde le coût d’une telle mission de formation, même en ajoutant les équipements nécessaires, cela reste modeste au regard de tout l’arsenal mobilisé en Irak contre l’état islamique (Daech). Une année de mission équivaut ainsi à quelques jours de frappes en Irak ou en Syrie !

ETUM Mali

Dernières nouvelles des missions de maintien de la paix de l’UE (PSDC) – été 2014

(B2) Durant l’été, les missions et opérations de maintien de la paix ou de consolidation de l’Etat de droit ont continué leurs activités, tour de piste…

ETUM Mali

( Crédit : EUTM Mali)

 Kalifabougou (Mali) – Formation aux  tirs d’artillerie du 5e bataillon « Debo »

Le 5e bataillon interarmes, formé à Koulikoro par la mission européenne EUTM Mali, a reçu officiellement son nom de baptême fin juillet. Il porte le nom de « Debo », le plus grand lac du Mali, situé au centre du pays dans le delta du Niger, aux environs de Mopti. Un symbole fédérateur pour les soldats du groupement tactique interarmes (GTIA) qui sont, dans leur majorité, originaires de régions riveraines de ce lac. C’est le même jour que la batterie d’artillerie du GTIA DEBO, instruite par les instructeurs espagnols de l’EUTM, a effectué une campagne de tirs sur le champ de tir de Kalifabougou. Après sept semaines d’instruction théorique et pratique, les artilleurs de DEBO ont pu mettre en œuvre leur savoir-faire : six roquettes de 122 mm  ont ainsi été tirées sur des objectifs à une distance de 5 à 6 kilomètres. Lire aussi : Français, Maliens et Néerlandais à la recherche du vol d’Air Algérie

Mogadiscio (Somalie). 250 militaires de l’armée nationale somalienne terminent le cursus de réintégration

Les soldats de l’armée nationale somalienne ont terminé le deuxième cours de réintégration organisé par la mission de formation de l’Union européenne en Somalie (EUTM Somalia). La cérémonie de fin de formation a eu lieu dans le camp d’entraînement Jazeera (JTC) à Mogadiscio, le 31 juillet, en présence du Commandant de la Force AMISOM, le lieutenant-général Silas Ntigurirwa, le directeur du personnel de l’armée nationale somalienne, le général de brigade Abdullahi Einte et le commandant de la mission EUTM Somalia, le général de brigade Massimo Mingiardi. Les 250 militaires de l’armée nationale somalienne ont été formés aux différentes compétences militaires générales : les techniques et les procédures de base de l’infanterie, y compris l’éthique militaire ainsi que le Basic Life Support (BLS). Un accent particulier a été mis sur « le droit international humanitaire, la protection des enfants et le Code de conduite » précise-t-on à la mission EUTM Somalia.

( Crédit EUFOR RCA)

( Crédit EUFOR RCA)

Bangui (République Centrafrique) – EUFOR RCA contribue au bon déroulement de la « marche de la paix »

La mission EUFOR RCA a fourni des troupes pour assurer la sécurité à Bangui, le 9 août lors d’un discours de la Présidente intérimaire Samba Panza. Environ 3000 personnes ont défilé dans la ville et écouté le discours de la Présidente. Les forces de sécurité supplémentaires, à la police de Bangui ont été déployées le long des itinéraires de la manifestation pour assurer la sécurité. La « Marche de la paix » est un événement organisé pour fêter la signature des accords de Brazzaville.

Lire aussi :

( Crédit EUBAM Moldova-Ukraine)

( Crédit EUBAM Moldova-Ukraine)

Tudora-Starokozache (Moldavie) – EUBAM Moldova-Ukraine soutient la police aux frontières dans le lancement d’un « code de conduite »

La police aux frontières moldave a lancé, le 7 août, un nouveau code de conduite à Tudora-Starokozache, point de passage entre l’Ukraine et la Moldavie. La mission EUBAM Moldova a soutenu et encouragé le projet en contribuant à la production de ce livret d’information pour le public sur les valeurs et les bonnes pratiques pour améliorer le service. Pour le chef de la mission EUBAM Moldova-Ukraine, l’Italien Francesco Bastagli, « Le code n’est pas seulement un livret à conserver dans votre poche. Il représente un ensemble de valeurs et de pratiques qui doivent être suivies efficacement et portées à l’attention de toutes les personnes impliquées. »

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( Crédit : EUFOR Althéa)

Tuzla (Bosnie-Herzégovine) – La reconstruction des ponts

Les soldats de l’opération européenne militaire EUFOR Althéa ont débuté, le 11 août, avec les forces armées de Bosnie-Herzégovine, la reconstruction de ponts, détruits lors des inondations de mai dernier, dans la municipalité de Tuzla. Cela devrait permettre à 350 ménages d’avoir un accès facile entre leurs propriétés et le reste de la commune, et aux agriculteurs ont d’avoir accès à leurs terres agricoles. « La construction  devrait être achevée au cours du mois prochain », indique-t-on à EUFOR Althéa.

Merdare (Kosovo). Le travail  d’identification des personnes disparues à Raska se poursuit

Le département de médecine légale de EULEX Kosovo a reçu, le vendredi 22 août, des autorités serbes un certain nombre de restes exhumés, rapatriés suites aux dernières exhumations de Raska. Les restes seront transportés au quartier général de Pristina, où le travail d’identification va continuer. Les restes seront ensuite remis aux familles, avec l’aide de la commission sur les personnes disparues du gouvernement kosovar, une fois le travail d’identification terminé. À ce jour, 456 opérations ont été menées sur le terrain, au cours desquelles les restes de 413 personnes ont été remis à leurs familles. Parmi celles-ci, 315 étaient répertoriés comme des personnes disparues.

Kaboul (Afghanistan). 34 enquêteurs formés à la gestion d’une scène de crime

Après cinq semaines d’études, 34 enquêteurs, dont une femme, ont obtenu leur diplôme d’investigateur lors du 7ème programme de formation de gestion de la criminalité (Crime Management College). L’objectif principal du programme de formation était ​​la gestion d’une scène de crime, la gestion des enquêtes, la collecte de preuves et d’informations pour les enquêteurs. L’enseignement a été basé sur les plans du ministère afghan de l’Intérieur (MoI) et organisés par CMC pour le renforcement des capacités des enquêteurs.

(Informations recueillies par Jérémy Cauderlier st.)

Sur l’opération anti-piraterie Eunavfor Atalanta, lire :

Les 138 somaliens du dernier groupe rentrent en somalie  (Crédits: EUTM Somalia)

Dernière formation en Ouganda pour EUTM Somalia

Les 138 somaliens du dernier groupe rentrent en somalie  (Crédits: EUTM Somalia)

Les 138 derniers soldats somaliens formés en Ouganda par l’EUTM Somalia sont rentrés en Somalie. (Crédits: EUTM Somalia)

(BRUXELLES2) La mission de formation européenne de l’armée somalienne (EUTM Somalia) va clore une partie de ses activités en Ouganda. Les derniers « stagiaires » somaliens ont, en effet, quitté le camp de Bihanga (à l’ouest de l’Ouganda), via l’aéroport de Entebbe, par avion loué à une compagnie sud-africaine (*). Direction : la Somalie où ils seront incorporés, de nouveau, dans les Forces armées nationales somaliennes.

Ce dernier groupe de 138 soldats a reçu une formation en commandement de compagnie, leadership, génie de combat, renseignement militaire et civil. En trois ans, 3600 militaires ont ainsi été formés par les instructeurs européens au camp d’entraînement Bihanga (ouest de l’Ouganda). Ces militaires participeront à l’amélioration de la situation sécuritaire dans la capitale Mogadiscio et ces régions environnantes.

À partir de 2014, le siège de la mission et des activités de formation devrait déménager à Mogadiscio.

(*) Un MacDonnell Douglas MD82 qui a fait ses premières armes à la TWA et American Airlines.

Lire aussi:

Les 5 militaires espagnols de la mission EUTM Somalie, déployés à Mogadiscio (Crédits: mde.es)

Les Espagnols prêts à assumer la relève à la tête d’EUTM Somalia

Les 5 militaires espagnols de la mission EUTM Somalie, déployés à Mogadiscio (Crédits: mde.es)

Les 5 militaires espagnols de la mission EUTM Somalie, déployés à Mogadiscio (Crédits: mde.es)

(BRUXELLES2) Les Espagnols sont prêts à assurer la relève du commandement à la tête de la mission de formation de l’armée somalienne (EUTM Somalia). L’actuel général en charge, l’irlandais Gerald Aherne, devrait être relevé en mars prochain par un général italien selon nos informations. Et les Espagnols prendraient le relais ensuite, comme le précisent nos confrères espagnols de El Pais. Il y a actuellement une quinzaine de militaires espagnols dans la mission dont cinq à Mogadiscio. Les effectifs pourraient atteindre 50 avec la prise du commandement dans un an.

Forte contribution espagnole depuis le début

Les Espagnols avaient assuré le commandement dès le début de la mission en avril 2010, avec le colonel Ricardo González Elul avant de passer le relais aux Irlandais ; l’Espagne avait alors donné un rôle d’impulsion à la mission, en envoyant 38 hommes sur environ 150 à l’époque.

Mogadiscio

La mission doit déménager d’ici la fin de l’année à Mogadiscio. Un contingent d’avant-garde est présent sur place, afin de préparer ce déplacement. Les travaux sont en cours dans le camp. Mais ceux-ci ont pris du retard. Et le déménagement pourrait être alors retardé de quelques semaines.

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Le nouveau camp d’EUTM Somalia à Mogadiscio se construit

(BRUXELLES2) A la veille de la conférence pour la Somalie « a new deal » pour la Somalie qui se tient lundi (16 septembre) à Bruxelles, le camp de formation des soldats somaliens à Mogadiscio où vont oeuvrer les militaires européens d’EUTM Somalia est en pleine construction ainsi que nous le montre des images que viennent de tourner, en toute discrétion, des équipes Tv du Conseil de l’Union européenne.

Assurer la sécurité des formateurs européens et des soldats somaliens

Première tâche : ériger un mur de sacs de sables afin de prévenir toute attaque terroriste. « Nous créons une zone sécurisée pour que nos personnels puissent travailler en toute sécurité » atteste un ingénieur participant à la force européenne. Une priorité. Cette sécurité est, en effet, une condition sine qua none, mise par plusieurs pays européens au transfert d’une partie des activités d’EUTM Somalia d’Ouganda (où elles sont toujours établies) vers la Somalie.

Un signe important d’un certain retour à la normale

« Nous sommes une partie du processus visant à rendre la stabilité et la démocratie à la Somalie » souligne ainsi le chef de mission, le général irlandais Gerard Aherne. « Les forces somaliennes sont en développement à ce stade. Il faut se rappeler que la Somalie était jusqu’à peu encore classée comme un Etat failli. C’est aujourd’hui un Etat en reconstruction. Il y a eu des progrès significatifs ». Et d’ajouter. « Il existe une opportunité, unique aujourd’hui d’établir un processus démocratique, l’Etat de droit et de soutenir le gouvernement fédéral, tout comme d’assurer la sécurité de la population somalienne ».

Situation « critique » à Mogadiscio. Le déploiement d’EUTM Somalia ralenti

(BRUXELLES2) Le niveau sécuritaire à Mogadiscio est passé au plus haut degré par les autorités européennes. Le niveau d’alerte a ainsi été relevé de « très haut » à « critique » au dernier comité militaire de l’UE, selon les informations parvenues à B2. Et le transfert envisagé de la mission de formation de l’armée somalienne (EUTM Somalia), d’Ouganda vers la Somalie, semble ralentie. Les dernières nouvelles provenant de la capitale somalienne ne sont en effet pas réjouissantes.

Dans la ligne de mire, l’Etat de droit

Ainsi une trentaine de civils avaient déjà été tués dans une attaque suicide menée par neuf personnes – tous décédées – contre le principal tribunal de Mogadiscio, dimanche 14 avril. Une soixantaine de personnes avaient été blessées. Le même jour, un attentat à la voiture piégée contre un convoi humanitaire turc près de la zone sécurisée de l’aéroport faisait 5 autres morts. Et l’assassinat, ce samedi (27 avril), du procureur en chef adjoint de la Somalie, Ahmed Sheikh Malim Nour, ne fait que confirmer cette crainte. Car les Shebab qui ont subi une défaite militaire semblent bien résolus à ne pas laisser le nouvel Etat somalien prendre ses marques. Tout ce qui peut ressembler à de l’Etat de droit ou la démocratie est une cible. La Haute représentante de l’UE ne s’y est pas trompé, « condamn(ant) fermement ces attaques, qui en aucun cas devrait diminuer les progrès remarquables dans le pays » a indiqué C. Ashton dans un communiqué diffusé à la presse aujourd’hui. « L’UE est pleinement engagée à travailler étroitement avec le gouvernement et plus largement la communauté internationale pour supporter le développement de la sécurité et l’Etat de droit en Somalie » a-t-elle ajouté (*).

Journalistes : métier dangereux

La chasse aux journalistes continue. Et porter un stylo à Mogadiscio devient on ne peut plus dangereux. Mohamed Ibrahim Rageh, journaliste pour la Télévision Nationale Somalienne et Radio Mogadiscio (médias publics), l’a payé de sa vie dans la soirée du 21 avril. Il a été poursuivi et tué par balles par deux hommes armés, près de son domicile. Fin mars, une journaliste somalienne travaillant pour une radio locale avait déjà été assassinée dans la ville, selon le même procédé (deux hommes qui avaient ouvert le feu sur elle). Depuis le début de l’année, 4 journalistes ont ainsi été tués selon le syndicat national des journalistes somaliens.

(*) Texte traduit par nos soins de l’anglais.

Quand EUTM Somalie déménagera à Mogadiscio

(BRUXELLES2 à Dublin) On ne le sait pas vraiment. Mais la formation des soldats somaliens par les forces de l’Union européenne est « un des grand succès de la politique européenne de défense » a tenu à souligner le général irlandais Gerald Aherne, qui a pris le commandement de cette mission EUTM Somalia. « Nous avons formé 3000 soldats qui constituent aujourd’hui le coeur des nouvelles forces nationales somaliennes » et ont pour tâche de « stabiliser la situation à Mogadiscio et aussi en dehors ». Ce qui a permis « d’augmenter de façon significative la zone d’action (footprint) du gouvernement somalien » a-t-il précisé lors d’un petit point de presse effectué à l’issue de la réunion informelle des ministres de la Défense ce mercredi (13 février). Pour le général, « il y a un lien direct entre la stabilisation de la Somalie et la formation de l’armée somalienne ».

Des formations spécialisées

L’effectif actuel est de 87 Européens de 13 pays différents, basés à Bihanga (Ouganda) avec des équipes en renfort pour les formations spécialisées : Civilo-Militaire (CIMIC), génie, détection d’engins explosifs (contre-IED), police militaire… « Chaque armée apporte ce qu’elle a le plus de forces, là où elle est le plus capable. C’est là, la  force européenne » a ajouté le général De Rousiers, conseiller militaire de la Haute représentante de l’UE.

Défi : gérer le déménagement

Tout le défi aujourd’hui pour l’équipe du général est de gérer le déménagement vers Mogadiscio. Une requête expresse du gouvernement somalien. Ceci ne pourra se faire a-t-il précisé que sous deux conditions : que la sécurité soit assurée sur place et que la génération de forces soit positive. Une conférence de génération de forces devrait avoir lieu d’ici la fin du mois pour identifier les apports des Etats membres.

… et compléter la génération de forces

Là encore, comme pour nombre de missions européennes, c’est la protection de la force (force protection) et le soutien médical qui manquent. « Nous travaillons avec nos partenaires de façon étroite pour que ces conditions soient remplies » a précisé Aherne. Avoir un Rôle 1 et Rôle 2 (infirmerie et hopital de campagne), c’est une obligation. Mais c’est comme « une police d’assurance, nous espérons ne jamais y recourir ».

Selon les informations recueillies par B2, plusieurs options sont sur la table, soit des contributions fournies par les Etats membres, soit des éléments « contractés » (contractors). Le déménagement complet ne pourrait pas se produire avant la fin de l’année.

La mission EUTM Somalia prolongée d’un mois en attendant plus…

(BRUXELLES2)  La redéfinition de la mission européenne de formation de l’armée somalienne (EUTM Somalia) va prendre un peu plus de temps que prévu, selon les informations reçues par B2. Sa reconduction ne suscite pas de problème, sur le principe. Nombre d’Etats membres, sceptiques à l’origine, ont jugé intéressant de poursuivre cette mission qui a prouvé son utilité en formant et entraînant près de 3000 soldats pour la nouvelle armée somalienne qui sont partis sécuriser le territoire nouvellement conquis par l’AMISOM (la force de l’Union africaine). Plusieurs questions fondamentales nécessitent une étude plus approfondie (notamment sur la sécurité et le Medevac) avant d’entamer le redéploiement de la mission à Mogadiscio . En attendant, les « 27 » ont décidé de prolonger d’un mois la mission actuelle, décision nécessaire puisque la fin de mission était programmée au 31 décembre. Cette prolongation a été actée  par la décision publiée au journal officiel aujourd’hui (28 décembre) ; le budget commun sera un budget d’attente de 50.000 euros.

A suivre sur le Club (site abonnés) : article détaillé sur la reconfiguration de la mission EUTM

Direction Mogadiscio pour EUTM Somalia

Un formateur finlandais en action dans le camp de Bihanga en Ouganda (crédit : EUTM Somalia /UE)

(BRUXELLES2, exclusif) Les « 27 » ministres des Affaires étrangères donnent leur feu vert, aujourd’hui, à la mise en chantier de la troisième phase de l’opération de formation des soldats somaliens (EUTM Somalia). Avec un tournant très net. Puisqu’il s’agit désormais – ainsi que nous l’avions déjà annoncé sur le Club de B2 – de ne plus se cantonner à de la formation « hors sol » mais bien sur place dans le pays. Selon le chef de mission, le Colonel irlandais Beary, la mission pourrait ainsi entamer sa troisième période, avec deux volets : des formations spécialisées assurées en Ouganda (à Bihanga, comme aujourd’hui) et une présence directe dans la capitale somalienne, Mogadiscio, au camp Al Jazeera, qui sert de camp à l’armée somalienne comme aux forces de l’AMISOM (ougandaises notamment), comme auprès des autorités politiques.

Un déménagement opérationnel mais aussi très politique

Ce transfert sera graduel. Mais il est justifié par l’amélioration de la situation dans la capitale somalienne. Mogadiscio n’est plus sous le feu direct des Al Shabab comme en 2011 même s’il reste encore des problèmes de sécurité. Et, surtout, il permet aussi d’être au plus proche des nouvelles structures politiques et de l’armée somalienne. C’est désormais à celle-ci que va reposer la sécurité à Mogadiscio. Et EUTM Somalia démarrée dans une grande discrétion et sous d’abondantes critiques apparait aujourd’hui comme un succès. L’impression qui ressort de la récente revue d’évaluation est positive. En trois ans, l’Union européenne aura ainsi formé – avec son partenaire ougandais – 3000 soldats. Soit un quart des forces somaliennes. L’Union européenne a assuré d’abord les formations spécialisées (télécommunications, santé, combat en zone urbaine,…) des fantassins de la nouvelle armée somalienne tandis que ses partenaires ougandais assuraient la formation de base et au combat. Puis, dans une seconde phase, elle s’est concentrée sur la formation des officiers, sous-officiers et de ce qu’on appelle le « Command and control », le C2. Même si l’apport des troupes africaines — d’Ouganda et du Burundi dans un premier temps, du Kenya et d’Ethiopie dans un second — est primordial, la nouvelle armée somalienne « s’est bien comportée » dans les différentes offensives.

Des pertes importantes pour l’Amisom

Si une partie de la Somalie a pu être reconquise sur les Al Shabab, cela n’a cependant pas été une partie de plaisir. Les combats ont été féroces. Et les pertes de l’AMISOM comme des forces somaliennes gouvernementales conséquentes. Au moins 500 soldats ougandais ont perdu la vie dans les cinq dernières années, les Kenyans au moins 25 des leurs. Sans compter les blessés. Et coté de la toute jeune armée somalienne, les pertes ne sont pas moins nombreuses. Selon un officier que B2 a contacté, « environ 10% des effectifs formés » sont déjà morts au combat. Soit environ 300 militaires. On peut leur rendre hommage…

Détails sur le Club de B2 (abonnés):

Lire également sur B2 :

Pour les Tchèques après l’Afghanistan et l’OTAN, l’UE ?

(BRUXELLES2) La présentation aujourd’hui (8 novembre) de la nouvelle politique de défense tchèque a donné lieu à des discours « constrastés » entre le chef d’Etat major de l’Armée, Petr Pavel, et le président de la République Vaclav Klaus. Pour ce dernier, l’Afghanistan signe un retour à la maison pour les militaires tchèques, la fin des engagements extérieurs (expéditionnaires) de grande envergure, et des activités menées dans le cadre de l’Alliance. « Les unités de l’armée auront besoin de mettre l’accent sur les activités des missions de formation, tant au niveau national ainsi qu’au sein de l’Alliance ». Le tempo de l’armée tchèque a, en effet, été « élevé ces quinze dernières années avec les Balkans, l’Irak et l’Afghanistan » a complété le ministre de la Défense, Alexandr Vondra, prônant un retour à des missions plus classiques, la défense du territoire. Une évolution de stratégie qui cache mal des raisons très économiques. L’armée tchèque est engagée dans une profonde restructuration avec un Livre blanc sur la défense (elle aussi !) et la perte de 1600 postes à l’horizon 2014 !

Le chef d’Etat Major Petr Pavel a donc apporté quelques « nuances » – disons-le comme çà – à ses autorités politiques. Pour lui, la réduction des engagements signifie une intensification des missions de formation qui devraient avoir lieu « non seulement dans le pays mais aussi à l’extérieur de celui-ci ». Et après l’Afghanistan, « nous allons chercher une compensation partielle à travers notre implication dans les opérations sous l’égide de l’UE » explique-t-il. On pense à Prague à une implication dans la mission EUTM Somalia – pour former les militaires somaliens – voire dans l’opération anti-piraterie Eunavfor Atalanta mais peut-être également (le chef d’Etat major ne l’a pas cité expressément) à la future mission EUTM Mali qui devrait recevoir le premier feu vert officiel le 19 novembre à la réunion des ministres de la Défense et des Affaires étrangères, le 19 novembre à Bruxelles (avec un inconvénient, il y a peu de francophones dans l’armée tchèque).

La transition politique doit se terminer en Somalie, ou alors on sanctionne, disent les 27

(BRUXELLES2) Trois mois avant la fin prévue du gouvernement transitoire en Somalie, les 27 ministres des affaires étrangères de l’UE appellent ce dernier à respecter ce délai (le 20 août pour être précis). Ils rejettent « toute nouvelle extension du mandat des Institutions Fédérales de Transition« .  En somme, ils ne veulent pas répéter ce qui s’est fait il y a un an, date initialement prévue pour la fin de la transition, quand le mandat du Gouvernement Fédéral de Transition (GFT) avait été prolongé d’un an, faute de pouvoir établir une assemblée constituante. Mais depuis, le GFT est de plus en plus critiqué (et de plus en plus difficile à soutenir pour la communauté internationale) en raison des divisions internes qui empêchent le dialogue avec les acteurs susceptibles de rejoindre le processus de construction étatique.

Sanctions contre ceux qui freinent la transition ?
Les 27 s’inquiètent « 
des retards dans l’implémentation des tâches prioritaires » prévues par la feuille de route adoptée le 6 juillet dernier. Il est « crucial » maintenant d’adopter une nouvelle constitution et d’établir de nouvelles institutions comme prévu. Par conséquent, les ministres lancent un avertissement « à ceux qui sont jugés responsables du blocage des progrès ». Et ils vont donc « considérer des actions appropriées contre eux ». Le genre de vocabulaire utilisé pour des sanctions…

Il faut transférer les compétences aux forces somaliennes

Les ministres soulignent en outre « l’importance de finalement transférer les responsabilités en termes de sécurité aux autorités somaliennes ». Pour cela, il faut les aider financièrement, et les 27 « encouragent les autres donneurs à rejoindre ce processus. » Ils rappellent aussi le rôle particulier de la mission européenne EUTM Somalia à cet égard, qui va se concentrer sur les structures de commandement. Par ailleurs, « la nouvelle mission de l’UE EUCAP NESTOR va assister les Etats de la Corne de l’Afrique et de l’Océan Indien, y compris la Somalie, à développer des capacités durables et autonomes pour renforcer leur sécurité maritime et leur gouvernance, dont les capacités judiciaires. »