Dernière prolongation avant fermeture

 (BRUXELLES2) Les deux missions européennes d’assistance à la gestion de crises en RD Congo sont prolongées d’un an. EUPOL (mission de police) et de EUSEC (réforme du secteur de la sécurité) voient ainsi leur mandat prolongé jusqu’au 30 septembre 2014. Le Conseil des ministres de l’UE a approuvé cette mesure par voie de procédure écrite le 23 septembre. Le budget prévu pour cette année supplémentaire est de 6,3 millions d’euros pour EUPOL et de 8,5 millions d’euros pour EUSEC, entièrement supporté par le budget de l’Union européenne (comme toutes les missiosn civiles). Précisons que cette prolongation est normalement la dernière avant fermeture des deux missions.

Lire aussi :

(crédit : Eusec Congo / SEAE)

La réforme de l’armée au Congo : bancarisation, réintégration, formation…

(crédit : Eusec Congo / SEAE)

(crédit : Eusec Congo / SEAE)

(BRUXELLES2) La réforme de l’armée au Congo — soutenue par la mission européenne EUSEC RD Congo — est entamée… Avec la mise en place d’un des principaux points : le paiement des militaires par virement bancaire. Cela peut paraitre un détail. Mais c’est loin d’en être un. Cela suppose à la fois une réforme culturelle et d’organisation plus large.

La bancarisation : un véritable inventaire

Ce procédé dit de « bancarisation » « oblige vraiment à faire un inventaire des effectifs » explique J.-L. Nuremberg, le chef de la mission européenne d’assistance à la réforme de sécurité (EUSEC RD Congo). « Il faut enregistrer les actifs mais aussi les inactifs : les blessés, les tuteurs de la famille qui reçoivent l’argent en cas de personne décédée. Il a fallu refaire les cartes d’identité, également pour les vétérans. » Le procédé comptable entraîne, en effet, un aspect radical. Auparavant, si un commandant de compagnie déclarait par exemple 150 personnes, on lui donnait la paie pour 150…. Et il se débrouillait. « Si on envoie par virement bancaire, cela demande une identification précise de tous les destinataires ». Et cela permet un tri. « Si la personne ne vient pas retirer l’argent dans les trois mois, on sait qu’il n’existe pas… ».

Une réforme en forme de big bang

Les Européens avaient préconisé de passer à la « bancarisation » de façon progressive au rythme d’une région par mois. Les Congolais ont trouvé les financements nécessaires et décidé de procéder à la réforme sur dix régions en même temps. Une réforme qui passe bien. Certains pouvaient ainsi avoir la crainte d’une mauvaise application par les militaires. « Mais dans cette opération de bancarisation qui concerne de façon générale l’ensemble des fonctionnaires publics, ils sont les plus disciplinés… ». Les militaires à Kinshasa sont ainsi, depuis octobre, payés par ce procédé : sur 130.000 militaires, 70.000 ont ainsi été bancarisés. L’avantage est d’éviter d’avoir des soldats en armes qui se présentent tous à la banque… avec leur arme. « Avoir des soldats avec des Kalachnikov dans la banque, cela fait désordre » témoigne un officier. « Et les banquiers n’aimaient pas trop ». On les comprend !

Pas une simple réforme

Cette réforme présente aussi des revers et des inconvénients. Certains chefs avaient tendance à utiliser des soldats fictifs par intérêt personnel. Mais d’autres le faisaient juste pour avoir le nécessaire au fonctionnement quotidien. La bancarisation peut présenter aussi l’inconvénient de ressentir pour les soldats moins d’obligation de présence et d’amoindrir l’autorité du chef direct. Dans un pays où la culture de la « facture » n’est pas très développée, cela peut poser quelques soucis au quotidien. La bancarisation ne concerne pas en effet seulement les traitements mais aussi le fonds de ménage, dont le commandant de compagnie a libre usage notamment pour subvenir aux besoins de la troupe (nourriture) ou les achats… Dernière difficulté : entre le début de la réforme et son application, l’unité a pu bougé, et ses effectifs modifiés ; ce qui entraîne quelques problèmes administratifs.

Certains ratés dans la réintégration des ex-rebelles

L’intégration des ex-rebelles dans l’armée, sur recommandation des Européens et de la communauté internationale représente un autre défi majeur. Même si personne ne veut le reconnaître, c’est un problème récurrent. Certains préceptes internationaux semblent avoir été erronés ou pas adaptés à la situation locale, notamment le fait d’intégrer en bloc certains groupes. « Il y a tellement de manque de contrôle à l’Est du pays qu’un groupe rebelle se crée chaque semaine » témoigne un officier européen.

La réintégration est très « compliquée. (…) On ne peut pas jeter ces militaires dans le civil sans accompagnement ». La formule employée à la mi-2000 semble avoir fait long feu, n’ayant pas fourni toutes les preuves d’efficacité. « En 2006, on donnait 100 $ pour chaque démobilisé et un kit de cuisine. Mais ça ne suffisait pas. » L’idée est désormais plutôt « de les garder les plus longtemps possible dans l’armée ». Quelques milliers vont être mis à la retraite, de façon honorable. Et d’accompagner les rebelles vers la vie civile, en les mettant dans les fermes agricoles ou l’école de génie, pour apprendre un militaire un métier.

La question est aussi psychologique. « Certains sont partis très jeunes de leur famille. Ils n’ont vécu qu’une chose : tirer et se faire tirer dessus. Ils ont vécu dans la brousse et n’ont jamais reçu d’éducation, en quelque sorte.  (…) Cela pose beaucoup de questions » La Croix-Rouge a mis au point un programme de psychanalyse pour déformater les militaires. Et dans l’équipe européenne figurent deux experts Droits de l’homme (une Belge/Un Italien).

Le défi de la formation

Les Congolais ont de grandes ambitions pour leur armée : ils veulent former en dix ans autant de militaires, représentant le double que celles des pays voisins. « Pendant 20 ans, il n’y a pas eu d’école d’officiers. Il y a ainsi toute une génération qui n’a pas vraiment été formée. Si elle connait le terrain, elle ne connait pas les règles tactiques ou de doctrine. » Ils sont guidés par une « philosophie de guerre froide ». Ce qui représente un certain « danger » intérieur comme extérieur. Il est vrai…. que la communauté internationale ne les appuie pas beaucoup face au Rwanda et à l’Ouganda. Il y a ainsi un hiatus entre la formation à long terme que les Européens veulent privilégier et la formation court terme qu’ils veulent ».

Plusieurs écoles sont en cours de restructuration : l’académie militaire pour les officiers, l’école des sous-officiers, l’école d’infanterie à Kitona, l’école de logistique est en train d’être construite à Kinshasa tandis que l’école d’administration fonctionne à Kananga… « Cela fonctionne car EUSEC paie les professeurs, les syllabus, tout le recrutement. Si on arrête de payer, ils auront de grandes difficultés. » Les Européens sensibilisent les Congolais pour qu’ils prennent le relais. Le coût des écoles représente environ 750.000 $ ; ce qui n’est « pas grand chose »… même pour le Congo, qui reste un pays riche.

Lire aussi (Congo) :

EUSECRDCONGOLogo

Quelques options pour le renouvellement de la mission EUSEC (maj)

EUSECRDCONGOLogo(BRUXELLES2) La réflexion sur la fermeture de la mission européenne d’assistance à la sécurité au Congo (EUSEC RDC Congo) a commencé. Le groupe polito-militaire a ainsi lors une de ses prochaines réunions (le 24 juin) ce sujet sur la table.

Si on supprime par quoi remplacer ?

De nombreux Etats membres — comme l’Allemagne — sont partisans de la fermeture, estimant que le temps de cette mission (depuis presque dix ans) est passé, que les priorités sont ailleurs, et qu’il faut savoir mettre fin à une mission. D’autres (comme la Belgique) estime qu’il est important de maintenir une présence européenne. Dans tous les cas la question est posée : Si on supprime, par quoi remplace-t-on ? Si on maintient, quel est le format de la nouvelle mission ? Car il est un point qui semble faire l’unanimité, la mission dans son format actuel doit fermer. B2 a fait le point avec le colonel luxembourgeois, J.-L. Nuremberg, qui dirige cette mission. Un vieux routier des missions de l’UE puisqu’il a été représentant militaire du Grand-Duché pendant plusieurs années avant de partir au Congo en 2012 (lire : Un nouveau chef pour Eusec Congo).

Les trois ou quatre options possibles

Pour Jean-Louis Nuremberg, il serait bon sur place de maintenir un petit effectif « d’une dizaine de conseillers » ce qui représente selon des caculs un budget d’environ 1,5 millions d’euros. Trois ou quatre options sont possibles : 1) une mini-EUSEC, composé de personnel détaché et rattaché à Délégation ; 2) une nouvelle mini-mission PSDC ; 3) une mission commune avec la mission de police (EUPOL RD Congo) dans une nouvelle mission de renforcement des capacités (EUCAP) d’une vingtaine de personnes.

Cette dernière option parait intéressante car elle regrouperait tous les savoirs-faire. Elle permet de faire le lien avec les autres missions EUCAP déployés sur le continent africain (Corne de l’Afrique, Niger…) en évitant l’écueil de la lenteur de déploiement. Et elle illustre aussi l’idée de l’Union européenne de se positionner à la jonction du civil et du militaire. Ce qu’il faudrait éviter, en revanche, c’est le recours aux contractants extérieurs — vieille habitude de la Commission — qui n’assure pas les mêmes résultats qu’une mission directe.

Faire la jonction entre les projets

Dans tous les cas, l’idée est de « faire la jonction entre la mission et les projets mis en place par les Européens » au titre du FED (Fonds européen de développement) ou d’autres instruments (Instrument de stabilité). Car « il y a encore beaucoup à faire dans l’armée congolaise ». On ne réforme, on ne restructure pas une armée en quelques années, avec quelques conseillers (voir papier à suivre)

Eupol et Eusec Congo prolongés

(BRUXELLES2) Les « 27 » ont approuvé, aujourd’hui (24 septembre), la prolongation pour 12 mois (jusqu’au 30 Septembre 2013) des deux missions civiles déployées en République démocratique du Congo. La décision a été adoptée en « point A » (sans discussions) au Conseil des Affaires générales. Les ministres ont dans le même temps décidé du budget alloué à chacune des deux missions La mission de police de l’UE (EUPOL RDC) — chargée d’assister et conseiller les autorités congolaises sur la réforme du secteur de la sécurité dans le domaine de la police et son interface avec le système de justice — sera dotée d’un budget de 6,75 millions d’euros. Tandis que la mission EUSEC RD Congo — chargée de fournir des conseils et une assistance pour la réforme du secteur de la sécurité — aura un budget de 11 millions d’euros.

Sur la reconfiguration de la mission Eusec, lire : La mission Eusec RDC recrute ses experts

La mission Eusec RDC recrute ses experts

(BRUXELLES2) Dernier jour (presque) pour candidater à la mission de l’Union européenne déployée au Congo pour le soutien à la réforme de sécurité (EUSEC Rdc Congo), qui recherche une trentaine de personnes, en détachement d’Etats membres. Un renouvellement de cadre justifié également par une réorientation de la mission.

Une mission réorientée

L’objectif de la mission a, en effet, été réorienté vers un « transfert progressif de compétences » et une « appropriation accrue par les partenaires congolais« . Cet « appui » se fera selon quatre axes :

– conseil au niveau stratégique à Kinshasa et dans les Régions militaires ;
– consolidation de l’administration et la mise en place d’un système de gestion des ressources humaines ;
– modernisation de la logistique ;
– relance du système de formation, particulièrement des cadres, avec notamment le soutien au projet d’Ecole d’administration et d’Académie militaire à Kananga et d’Ecole de la logistique à Kinshasa.

Une trentaine de profils recherchés

La mission recherche surtout des « conseillers » qui auront vocation à assister leurs  homologues congolais : conseiller MDNAC, Inspectorat, Droits de l’homme/Genre, Droits de l’homme/Affaires Civiles, Chef Assistance RM, Conseiller RM Conseiller Equipe Mobile, Conseiller à Bukavu et Goma, Conseiller ADM/RH, Conseiller Budget, Conseiller Ressources humaines, Chef Formation, Conseiller Formation, Conseiller Logistique, … Un Assistant du chef de mission ainsi qu’un Chef de l’administration / Ressources humaines, Chef Informatique, Gestionnaire Logistique, un Logisticien Acheteur, un Intendant sont également recherchés. Pour en savoir plus, télécharger ici la liste des postes et les profils requis.

Les contrats sont de un an en général à compter du 1er octobre pour une localisation à Goma ou Bukavu selon la fiche de poste. La plupart des postes se font en détachement des Etats membres. C’est-à-dire qu’il faut s’adresser – par la voie hiérarchique ou autre… – aux responsables de son Etat membre, en dernier lieu la représentation permanente à Bruxelles. Un seul poste peut être pourvu en contractuel (celui du Chef de l’administration).

Dernier délai pour envoyer les candidatures : 21 septembre 2012. A adresser au CMPD à l’adresse suivante: recrutement@eusec-rdc.eu, copie : cmpd.strat-plan@eeas.europa.eu.

Les missions PeSDC en cours

(BRUXELLES2) L’Union européenne a actuellement une douzaine de missions européennes de gestion de crises (PSDC), civiles et militaires, déjà déployées sur le continent européen, au Moyen-Orient et en Afrique. D’autres sont en cours de déploiement (lire : Trois missions en cours de déploiement). Le point…

Europe – Caucase

EUFOR Althéa – Bosnie-Herzégovine

Mission militaire de maintien de la paix, lancée le 2 décembre 2004. Elle prend le relais de la mission SFOR qui assurait depuis décembre 1996 le maintien de la paix entre les forces armées bosniaques/croates et serbes. EUFOR Althéa, tout comme SFOR auparavant, bénéficie d’un mandat de l’ONU (résolution 1575) et vise à garantir l’application des accords de Dayton (négociés en 1995). La mission s’inscrit dans le cadre des accords « Berlin Plus », ce qui permet à l’opération d’avoir recours aux moyens et capacités de l’OTAN. Depuis 2007, les tâches d’EUFOR Althéa ont évolué, l’opération poursuivant désormais essentiellement un objectif d’appui et de soutien aux autorités bosniaques, que ce soit au niveau opérationnel ou au niveau du renforcement des capacités et de la formation.

  • Budget : 23 millions d’euros (mécanisme Athéna) + contributions des pays participants
  • Personnel : moins de 800 soldats sont sur place (7500 au début de l’opération, 1200 il y a quelques mois encore).
  • Quartier général : OHQ = Shape (Mons/Otan) – FHQ = Sarajevo (Bosnie).
  • Chef de mission : général Richard Shirreff (Royaume-Uni DSaceur de l’OTAN) – commandant d’opération ; Robert Brieger (Autriche) – commandant de la force

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MPUE  Bosnie Herzégovine

Mission civile de police, lancée le 1er janvier 2003 et qui sera terminée le 30 juin 2012. Elle a pris le relais de la Police Task Force de l’ONU. L’objectif principal est de supporter les institutions policières et judiciaires de Bosnie afin de lutter contre le crime organisé et la corruption.

  • Budget : 5,25 millions € pour 2012 – budget UE
  • Personnel : 34 experts internationaux et 47 locaux sur place (en 2012).
  • Quartier général : Sarajevo (Bosnie-Herzégovine).
  • Chef de mission : Brigadier Général Stefan Feller (Allemagne).

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EULEX Kosovo

La plus importante mission civile de l’UE. Mission d’Etat de droit, lancée en décembre 2008, elle intègre des composantes judiciaires, policières et douanières. L’objectif principal est d’assister les institutions du Kosovo afin d’établir un Etat de droit grâce à des institutions multiethniques indépendantes, libres de toute influence politique et selon les normes internationales et les bonnes pratiques européennes. Elle assure ainsi le suivi, l’encadrement et le conseil des autorités locales, tout en exerçant des responsabilités exécutives dans des domaines spécifiques: les crimes de guerre, la criminalité organisée, la corruption, le terrorisme ou encore les infractions financières graves.

  • Budget : 72 millions d’euros (période 15 décembre 2011 au 14 juin 2012) – budget UE
  • Personnel : 1 359 membres internationaux et 1 148 membres locaux, essentiellement composé de policiers, juges, procureurs et agents des douanes.
  • Quartier général : Pristina (Kosovo).
  • Chef de mission : Xavier Bout de Marnhac (France).

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EUBAM Moldavie / Ukraine

Mission civile d’assistance à la surveillance des frontières, lancée le 30 novembre 2005. Même si elle n’est pas formellement une mission de la PeSDC, pour des raisons historiques et institutionnelles, elle s’en rattache par les différents objectifs et moyens mis en oeuvre. L’objectif est d’aider les autorités des deux pays à contrôler leur frontière commune (longue de 1222 km) afin de lutter contre le crime organisé et d’éviter des pertes de revenu liées à des activités transfrontalières illicites telles que le trafic d’êtres humains, de drogues ou la contrebande.

  • Budget : 21 millions d’euros (pour la période 2011-2013) – budget UE
  • Personnel : environ 100 experts internationaux et 120 agents nationaux (moldaves et ukrainiens).
  • Quartier général : Odessa (Ukraine).
  • Chef de mission : Udo Burkholder (Allemagne).

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EUMM Géorgie

Mission civile d’observation, lancée le 1er octobre 2008 dans le cadre des accords en six points (des 12 août et 8 septembre 2008) pour observer la cessation du conflit entre la Russie et la Georgie. Il s’agit notamment de surveiller le retrait des troupes russes, de superviser le déploiement de la police et des forces armées géorgiennes dans la zone touchée par le conflit, et d’assurer l’observation du respect, par toutes les parties, des droits de l’homme et du droit humanitaire. Par ailleurs, la mission procède à des activités de prévention et de règlement des contentieux.

  • Budget : 23,9 millions d’euros – budget UE
  • Personnel : 396 agents (300 européens et 100 locaux environ).
  • Quartier général : Tbilissi (Géorgie).
  • Chef de mission : Andrzej Tyszkiewicz (Pologne).

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Afrique

EUSEC RD Congo

Mission civile de conseil et de soutien à la réforme du secteur de la sécurité en RDC en ce qui concerne l’armée, lancée le 8 juin 2005. L’objectif principal de la mission est de soutenir le gouvernement congolais dans la réforme de son armée afin de garantir la sécurité sur tout son territoire et ainsi de créer les conditions favorables à un développement social et économique du pays. Les principales tâches du personnel de la mission sont la formation des militaires congolais, l’assistance stratégique et la reconstruction de capacités logistiques.

  • Budget : 13,6 millions d’euros pour la période 2011-2012 – budget UE
  • Personnel : 96 personnes, militaires et civils
  • Quartier général : Kinshasa (RDC Congo).
  • Chef de mission : Général António Martins (Portugal).

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EUPOL RD Congo

Mission civile de conseil et de soutien à la réforme du secteur de la sécurité en RDC en ce qui concerne la police et la justice, lancée le 1er juillet 2007. Elle succède à la mission EUPOL Kinshasa en place depuis février 2005 pour s’appliquer à tout le territoire congolais. L’objectif principal de la mission est la restructuration de la Police Nationale Congolaise (PNC) pour en faire une police civile, apolitique, professionnelle et respectueuse des droits humains. Il s’agit également d’améliorer l’interaction avec le système judiciaire pour lutter contre l’impunité (notamment en termes de violences sexuelles et de violations des droits de l’homme) et la corruption. Les principales activités sont la formation, le conseil stratégique et l’appui institutionnel.

  • Budget : 6,02 millions d’euros (chiffres de 2009) – budget UE.
  • Personnel : 63 personnes (dont une cinquantaine d’experts internationaux) spécialisées dans la police, la justice pénale et le secteur de la sécurité plus globalement.
  • Quartier général : Kinshasa (RDC Congo).
  • Chef de mission : Commissaire divisionnaire Jean-Paul Rikir (Belgique).

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EUNAVFOR Atalanta

Mission militaire aéronavale de lutte contre la piraterie au large de la Somalie, lancée le 8 décembre 2008. La mission vise à assurer la protection des navires du Programme Alimentaire Mondial (PAM), lutter contre les actes de piraterie, sécuriser l’espace maritime en protégeant les navires internationaux au cas par cas ainsi que surveiller les activités de pêche illégale dans cette zone. Celle-ci comprend le sud de la Mer Rouge, le golfe d’Aden et la partie occidentale de l’Océan Indien, y compris les Seychelles. L’opération concerne également, depuis mars 2012, la côté somalienne et ses eaux territoriales. La zone couverte représente environ 4 millions de km².

  • Budget : 8,05 millions d’euros (pour 2011) – Etats membres réparti au titre du mécanisme de financement commun Athéna (coûts liés au Quartier Général, au commandement sur zone, ainsi que les services médicaux et le transport). Chaque Etat est ensuite responsable individuellement des coûts liés aux capacités et personnel qu’il déploie.
  • Forces : 4 à 7 navires, 2 à 4 avions de reconnaissance et patrouille maritime et environ 1400 soldats (ces chiffres varient en fonction des saisons pluviales notamment, qui ont un impact considérable sur la piraterie).
  • Quartier général : OHQ = Northwood (Royaume-Uni), FHQ = sur mer, FHQ logistique = Djibouti.
  • Chef de mission : (opération) Rear-Admiral Duncan L. Potts (Royaume Uni). (force) Contre-Amiral Jean-Baptiste Dupuis (France).

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EUTM Somalia

Mission militaire de formation de l’armée somalienne, lancée le 7 avril 2010. L’objectif principal de la mission est d’apporter un soutien au Gouvernement Fédéral de Transition somalien (GFT) afin de bâtir une armée professionnelle en mesure d’assurer, à terme, la sécurité du pays. La formation s’effectue en Ouganda (camp d’entraînement à Bihanga). Le mandat en cours est orienté vers les capacités de commandement et d’autoformation des forces de sécurité somaliennes.

  • Budget : 4,8 millions d’euros (pour 15 mois, d’août 2011 au 31 octobre 2012) – budget UE
  • Personnel : 124 militaires (maximum autorisé).
  • Quartier général : Kampala (Ouganda).
  • Chef de mission : colonel Michael Beary (Irlande).

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 Asie – Moyen Orient

EUPOL Afghanistan

Mission civile de police, lancée le 15 juin 2007, pour aider les autorités afghanes à développer une police civile durable et efficace et agir en bonne interaction avec le système judiciaire pénal. Plus particulièrement, il s’agit de conseiller le personnel du ministère de l’intérieur, du ministère de la justice et du bureau du procureur dans l’élaboration et la mise en œuvre de nouvelles politiques. Par ailleurs, la mission comprend également un volet formation des policiers, juges et autres fonctionnaires afghans. Enfin, EUPOL encadre des enquêtes menées par les afghans. La mission se déroule à Kaboul et dans d’autres provinces.

  • Budget : 60,5 millions EUR (pour la période 1er août 2011 – 31 juillet 2012) – budget UE
  • Personnel : 350 membres internationaux
  • Quartier général : Kaboul (Afghanistan).
  • Chef de mission : général de brigade Jukka Petri Savolainen (Finlande).

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EUJUST LEX Irak

Mission civile d’Etat de droit, lancée le 1er juillet 2005. Elle vise de manière générale à renforcer le système judiciaire pénal afin d’améliorer la sécurité en Irak. C’est plus précisément par la formation des fonctionnaires de haut et moyen niveau travaillant dans le système judiciaire pénal du pays que EUJUST LEX entend renforcer l’Etat de droit et promouvoir une culture professionnelle de respect des droits de l’homme. Initialement, la formation était effectuée à Bruxelles, mais depuis le printemps 2011 elle est intégralement déployée en Irak.

  • Budget : 27 millions d’euros (du 1 juillet 2011 au 30 juin 2012) – budget UE
  • Personnel : 56 experts internationaux (situation en janvier 2012).
  • Quartier général : Bagdad (Irak).
  • Chef de mission : général de brigade László Huszár (Hongrie).

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EUBAM Rafah (Palestine)

Mission civile d’assistance à la surveillance des frontières entre la bande de Gaza en Palestine et l’Egypte, lancé le 24 novembre 2005. L’objectif est d’assurer l’ouverture du point de passage de Rafah grâce à la présence d’une tierce partie, assumée par l’UE, conformément à l’accord sur les déplacements et les accès (Agreement on Movement and Access) conclu en 2005 par Israel et l’Autorité palestinienne. Le point de passage a été fermé suite à la prise de contrôle de la bande de Gaza par le Hamas en juin 2007. Depuis, EUBAM Rafah n’a pas reçu de demande de la part des parties prenantes pour la réactivation de la mission. Le point de passage de Rafah a été ouvert unilatéralement par l’Égypte le 28 mai 2011 et a depuis fonctionné hors du champ d’application de l’AMA.

  • Budget : 970 000 euros (jusqu’au 30 juin 2012) – budget UE
  • Personnel : 9 experts européens et 8 membres locaux (situation en mars 2012).
  • Quartier général : Ashkelon (Israel), au nord de la bande de Gaza
  • Chef de mission : colonel Alain Faugeras (France).

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EUPOL COPPS (Palestine)

Mission de police et d’Etat de droit pour les territoires palestiniens occupés. L’objectif principal de la mission est d’aider l’Autorité palestinienne à renforcer les institutions d’un futur État de Palestine dans les domaines du maintien de l’ordre et de la justice pénale. Le personnel d’EUPOL COPPS conseille et encadre la police civile palestinienne dans l’optique de faire de celle-ci  la principale instance de maintien de l’ordre en Palestine. La mission consiste également à soutenir l’établissement d’un système judiciaire pénal complet (« de la police à la prison »). Elle opère en Cisjordanie.

  • Budget : 4,75 millions d’euros (pour la période allant du 1er janvier au 30 juin 2012) – budget UE
  • Personnel : de 70 membres internationaux et 41 membres locaux (situation en mars 2012).
  • Quartier général : Ramallah (Territoires palestiniens).
  • Chef de mission : Henrik Malmquist (Suède).

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Congo : priorité à la réforme de sécurité, pour les ONG

Le rapport adresse un certain satisfecit à la mission EUSEC - Ici les nouveaux diplômés de l'Ecole d’Administration de Forces Armées à, Kananga (crédit: SEAE, janvier 2012)

(BRUXELLES2) Il est urgent de réformer le secteur de la sécurité au Congo RDC pour ne pas continuer à gaspiller une aide internationale qui représente pourtant la moitié du budget du pays. C’est l’appel lancé par plusieurs ONG internationales et congolaises (*), qui publient un rapport. Une lecture intéressante qui dresse un tableau sans compromis sans pour autant sombrer dans le fatalisme.

En cause: la corruption endémique

Selon ce rapport, « l’investissement de milliards de dollars a eu peu d’impact sur la vie des Congolais ». En cause: la corruption des autorités locales et notamment les militaires, « accusés de s’être largement impliqués dans les plus graves atteintes aux droits humains ». Des personnes haut-placées dans la hiérarchie qui se servent dans les salaires des troupes, des pots-de-vins, la participation à des exploitations illégales, ou encore le racket contre une protection armée: autant de pratiques qui minent le développement du pays. L’armée n’est pas la seule responsable: « La corruption de la police est endémique et quasiment toute forme de protection judiciaire demeure inaccessible à une vaste majorité de la population. » Un secteur de la sécurité efficace, c’est-à-dire « organisé, doté de ressources adéquates, formé et soumis à des contrôles » est indispensable si l’on veut un développement à long terme, estiment les ONG. Une sorte de socle nécessaire pour toute le reste en quelque sorte.

Double responsabilité: congolaise et internationale

Le rapport pointe aussi l’action internationale. « Les partenaires internationaux de la RDC ont fait preuve d’incohérence politique et d’une coordination déficiente ». Des fonds « minimes » ont été consacrés à la réforme du secteur de la sécurité. En effet, sur les 14 milliards de $ investis au titre de l’aide internationale, seulement un peu plus de 1% l’ont été à la réforme du secteur de la sécurité. « L’inade?quation de la coordination s’est solde?e par des interventions mene?es au coup par coup et s’appuyant sur des impe?ratifs contradictoires a? court terme. »

Malgré tout, quelques succès, comme la mission Eusec

Malgré tout, certains progrès ont été réalisés, note le rapport ; ce qui montre qu’il y a un « espoir ». « La hausse du nombre de poursuites en justice pour violence sexuelle – dont celle d’un officier supe?rieur – et la re?inte?gration d’enfants soldats de?montrent que justice peut e?tre faite. Les unite?s des FARDC forme?es par les Etats-unis, l’Afrique du Sud et la Belgique ont obtenu de bons re?sultats lors d’interventions mene?es dans des environnements nationaux de?licats. un recensement des effectifs militaires est presque termine?. »

Le rapport remarque aussi les bons résultats de la mission européenne EUSEC, a connu un certain succe?s avec son projet de « chai?ne de paiement » – en veillant a? ce que tous les soldats touchent leur salaire -, l’exercice de recensement du personnel des FARDC, le de?veloppement d’une « doctrine logistique » et la formation administrative. Ce projet « montre qu’une re?forme structurelle ne doit pas force?ment e?tre one?reuse si le soutien est correctement cible? ».

Quelques recommandations à l’UE, à l’ONU et au Congo

Le rapport engage l’Union européenne à « renouveler les mandats » de l’EUSEC et de l’EUPOL, à insister sur la ne?cessite? de re?aliser des progre?s dans le domaine de la RSS lors de la revue de programme pre?vu pour 2012, à se tenir « pre?te a? offrir une assistance technique a? la RDC pour l’aider a? e?laborer un plan de re?forme strate?gique pour l’arme?e ». Elle lui demande également « e?tendre les sanctions cible?es aux individus (personnalités militaires et politiques) qui entravent le bon de?roulement de la RSS ».

Elle propose également d’étendre le Groupe de contact sur les Grands Lacs (États-Unis, Royaume-Uni, Union européenne , ONU, France, Belgique et Pays-Bas) à des partenaires clés comme l’Angola, l’Afrique du Sud, mais aussi la Chine. Le mandat de la MONUSCO (mission de maintien de la paix de l’ONU) devait être modifié afin « d’inclure le soutien au gouvernement de RDC en matière de réforme du secteur de la sécurité ». Enfin il souhaite un « engagement politique fort de la part des autorités congolaises, notamment en excluant des postes à responsabilité les personnes qui entravent la réforme de la sécurité ».

Une aide importante de la communauté internationale

Le Congo bénéficie d’une aide internationale non négligeable. Le seul coût de la mission MONUC / MONUSCO atteint environ 1,36 milliards $ en 2010-2011 (un coût en légère augmentation par rapport à la période 2006-2008 où on atteignait 1,1 milliard $ en rythme annuel), soit un montant de 6 milliards $ sur cinq ans (2006/2007 à 2010/2011). Des frais couverts essentiellement par les pays les plus développés : 1,47 milliard $ par les Etats-Unis (294 millions $ annuel), 499 millions $ par le Royaume-Uni (100 millions annuel), 464 millions $ par la France, etc. Un chiffre à mettre en relation avec… le coût de la mission Eusec au Congo : 13,6 millions d’euros pour la période 2011-2012 !  supporté par le budget de l’Union européenne.

A cela, il faut ajouter les dépenses que les Etats engagent de manière bilatérale (non compris les remboursements de dette) qui se montaient en 2010 (chiffres OCDE) : USA (277 millions $), Royaume-Uni (188 millions), Belgique (165 millions), Allemagne (77 millions), Suède (71 millions), Espagne (32 millions), Pays-Bas (20 millions)…

Télécharger l’étude dans les Docs de B2

(*) Organisations internationales : Eastern Congo Initiative (ECI), Fédération Internationale des Droits de l’Homme (FIDH), Groupe des parlementaires britanniques sur la région des Grands Lacs en Afrique (UK APPG), Open Society Initiative for Southern Africa (OSISA), Réseau européen pour l’Afrique centrale (EURAC), Réseau œcuménique  pour l’Afrique centrale (OENZ), Refugees International, The Enough Project.  Organisations congolaises : Association Africaine de Défense des Droits de l’Homme (ASADHO), Groupe Lotus, Ligue des Electeurs, Pole Institute, Réseau pour la Réforme du Secteur de la Sécurité et de la Justice (réseau de 289 ONG congolaises visant à contribuer à la réforme du secteur de la sécurité)

Congo : Les experts sont de l’autre coté du fleuve

Dépot d'armes au Camp Kokolo de Kinshasa (crédit: EUSEC/Union européenne)

(BRUXELLES2) Face à l’explosion d’un dépôt de munitions au Congo (Brazzaville), l’Europe a une certaine expérience de la sécurisation d’armements. Inutile de chercher loin… Il suffit de traverser le fleuve, à Kinshasa, en République démocratique du Congo. La mission déployée par l’Union européenne, d’assistance à la sécurité (EUSEC) a entamé un travail en 2011-2012 de sécurisation des armements. « Nous avons cerné deux problématiques : la circulation d’armes. Mais aussi un problème très concret de stockage des armements. Nous avons un réel risque d’explosion » me confiait il y a peu un expert du dossier.à la mission Eusec.

NB : si un tel programme avait été mené au Congo Brazzaville, de l’autre coté du fleuve, peut-être aurait-on pu éviter le pire… Il est remarquable de voir qu’au niveau européen, un cloisonnement continue d’exister entre les missions de défense PeSDC et les autres pans de l’action européenne (développement, protection civile…) malgré l’existence des nouvelles structures mises en place par le Traité de Lisbonne.

Une sécurisation peu couteuse

Ainsi un dispositif de stockage des armements a été mis en place au camp de Kokolo, avec la création de salles de stockage bien séparées, aux accès limitées (avec des portes blindées) et temperées. Coût pour les deux dépôts : 10.000 euros. Ce qui est somme toute minime. Un tel équipement se veut un modèle. « Il ne s’agit pas de faire de la haute technologie. Mais d’avoir des dispositifs facilement reproduisibles ailleurs. » L’accent logistique est d’ailleurs une des priorités définies par les forces armées congolaises, pour l’année 2012, avec l’appui de la mission européenne.

La formation, clé de voûte de la mission EUSEC

Un petit mot supplémentaire sur cette mission qui effectue un travail discret dans un contexte difficile. Le travail important consiste à remettre sur pied les institutions de formation des armées, à tous les niveaux. le projet a démarré en janvier 2010. L’Ecole d’Administration de Kananga a été réhabilitée, comme les locaux destinés à accueillir les stagiaires, les formateurs et leurs familles.

L’Académie Militaire a recommencé à fonctionner, après une fermeture de plus de 15 ans…. Elle devrait former simultanément jusqu’à environ 400 élèves, une situation qui sera normalement atteinte en 2013 quand l’Académie Militaire aura terminé la formation de la 26e promotion et recruté trois contingents de stagiaires. Une partie de l’aide a consisté à assurer la réhabilitation des bâtiments et infrastructures, ainsi que la mise en place de matériel, financées par la Commission Européenne. Mais le gros du travail des Européens a été d’aider à établir le contenu des cursus de formation des élèves officiers, de déterminer le processus de sélection des stagiaires … et des enseignants et de préparer les manuels d’instruction (une mission opérée également avec l’aide d’un programme de partenariat militaire belge pour former les formateurs). Il a fallut démarrer de 0 : du matériel scolaire de base (cahiers, stylos) jusqu’aux manuels.

La formation s’adresse à des sous officiers (sous lieutenant, lieutenant…) qui ont parfois déjà le grade dans l’armée mais n’ont jamais reçu de formation. La moindre des difficultés n’a pas été de parvenir à mêler les différentes origines des stagiaires, a raconté un officier européen à B2 : « Il a fallu trouver un équilibre entre les différentes régions », notamment des provinces de Kasai, de Bandundu et Maniema.

Lire aussi : La MIC déclenchée après les explosions à Brazzaville

La mission Eusec Congo recrute 4 spécialistes

(BRUXELLES2) Le chef de mission « assistance à la sécurité » au Congo (Eusec RDC)  a lancé, lundi (19 décembre), un nouvel appel pour le recrutement de 4 spécialistes au Congo.

Un Analyste – Informaticien est ainsi recherché en contrat ou détachement. 3 autres profils sont recrutés en détachement : 1 expert Budget, 1 chef Logistique, 1 expert Génie. Pour ces trois derniers, une expérience en Etat-Major, ainsi que lors d’opérations extérieures (de préférence en Afrique) est vivement recommandée.

Attention : pour les candidatures de personnes détachées, « seules les propositions reçues via les canaux officiels des EM seront prises en considérations ». Les Etats membres continuent à supporter alors les coûts liés à leur personnel (sauf les per diem). Pour les contractuels, c’est le chef de mission qui a pouvoir de recrutement. Précision : la langue de travail de la mission est le français. Date limite pour poser candidature : 15 janvier 2012.

Des entretiens de recrutement pourront avoir lieu à Bruxelles ou par téléphone.

Télécharger : renseignements généraux et fiches de postes

Nouveaux chefs à EUPOL et EUSEC RD Congo

(BRUXELLES2) Deux nouveaux chefs vont être nommés dans les missions européennes déployées en république démocratique du Congo (RDC). Ces nominations doivent être avalisés, ce vendredi au COPS, le comité politique et de sécurité de l’UE. Le général portugais Antonio Martins dirigera la mission EUSEC (assistance à la réforme de sécurité) tandis que le commissaire divisionnaire belge Jean-Paul Rikir dirigera la mission EUPOL (assistance à la réforme des forces de police).

Crédit : ministère portugais de la Défense

Un para portugais à la tête d’EUSEC Congo

Habitué des missions internationales, Antonio Martins est aujourd’hui le commandant de la Zone Militaire des Açores‏ (depuis 2008). Né en 1953, il a commencé sa carrière militaire en 1974 au Régiment de Chasseurs Parachutistes, année historique de la révolution des Oeillets. Il a ensuite suivi les cours de l’Académie Militaire de Lisbonne et l’Institut d´Etudes Supérieures Militaires à Lisbonne. Instructeur parachutiste à l’Ecole des Troupes Aéroportées, commandant de Compagnie de Parachutistes et commandant de la compagnie d´Appui et Services au 31e Bataillon de Parachutistes de Tancos, c’est un parachutiste chevronné avec plus de 1000 sauts certifiés. Il a aussi occupé plusieurs postes d’Etat-Major : chef du G1 de la Brigade Indépendante Aéroportée et Chef du G3 des Troupes Aéroportées de Tancos. Au chapitre des missions internationales, notons qu’il a été chef d’équipe de la première mission « Défense » qui soit, la Mission d’Observation de la Communauté Européenne en Yougoslavie (1991). Il retourne dans les Balkans ensuite, avec avec son bataillon en Bosnie Herzegovine pour une mission de l’OTAN-SFOR, dans les années 1999-2000. Il a été un des premiers officiers de la mission EUSEC Congo, en juin 2005, comme conseiller au général chef des Forces Armées de la RD Congo pour le processus de réforme de secteur de la défense.

 

Un « gendarme » belge à la tête d’EUPOL

Pour Jean-Paul Rikir, la mission EUPOL au Congo n’a vraiment rien de nouveau. Il en est l’actuel chef adjoint depuis novembre 2008, plus particulièrement chargé de la réforme de la Police nationale congolaise (PNC) et de son interface avec la justice (police judiciaire).

Né à Welkenraedt (est de la Belgique) en 1959, c’est un ancien gendarme, formé à l’école des officiers de la gendarmerie en 1981 et à l’université de Liège en criminologie, il sert d’abord à l’escadron d’infanterie des 4e et 5e groupes de gendarmerie mobile (1983 à 1986) avant de diriger le peloton du POSA (les unités anti-criminalité de la gendarmerie) de Liège – Luxembourg (1986 à 1993). Il devient alors chef du service achats de la gendarmerie puis directeur de ce service au sein de la Police fédérale, après la fusion police gendarmerie (1993 à 2008).

Fonction interrompue une première fois par une mission sur le terrain international, en novembre 2005 (jusqu’en mars 2007), au sein de la mission européenne de police en Palestine (EUPOL COPPS), comme responsable de l’administration et des finances. Tâche peu facile dans le contexte de soupçon de corruption ambiant comme de la victoire du Hamas aux élections en janvier 2006.

(Nicolas Gros-Verheyde)

Nouvelle orientation pour la mission Eusec au Congo

(BRUXELLES2) Le comité politique et de sécurité (COPS) a approuvé une nouvelle orientation pour la mission européenne d’assistance pour la réforme du secteur de la sécurité (EUSEC) au Congo. Mission qui est prolongée jusqu’au 30 septembre 2012. A sa création, en mai 2005, cette mission était conçue essentiellement pour supporter le processus d’intégration des ex-combattants dans une seule force, les Forces Armées de la République démocratique du Congo (FARDC), dans un contexte difficile la pacification de l’est du Congo et soutenir le processus de réforme en cours dans l’armée. Ces objectifs ne sont pas encore tout à fait atteints mais engagés. Entretemps un nouveau plan de réforme des FARDC a été proposé, s’étalant de 2009 à 2025. C’est ce processus que la nouvelle mission EUSEC devra accompagner avec de nouveaux objectifs : la modernisation de la logistique, la relance du système de formation, et la lutte contre les violences sexuelles (1).

Dans cette première phase, EUSEC a mené un travail, discret mais nécessaire, de recensement et d’identification des membres des forces armées (avec distribution de cartes d’identité), de remise en place de la chaîne de paiement (nécessaire pour s’assurer que chacun reçoit bien sa paie) et de différents appuis, notamment en matière de réseau (informatique…). Un volet important a été consacré à soutenir la remise en place du circuit de formation avec la réhabilitation et la remise en route de certains locaux de l’école d’application du Centre supérieur militaire (CSM) de Kinshasa – un projet essentiellement soutenu par les Britanniques – et d’une école de sous-officiers à Kitona. L’objectif est maintenant de recréer une école d’administration / logistique et l’académie militaire pour officiers, à Kananga dans la province du Kasaï occidental.

Réduction de la voilure

Général Padiri et Général Michel à l’ouverture à Lubumbashi (crédit : Conseil de l’UE / EUSEC T.Slätis)

Au niveau de la structure de la mission, celle-ci reste sensiblement identique avec une direction, un département soutien administratif et logistique, un département d’experts, un département de conseil et d’assistance. La cellule projets – déjà mise en place – a été entérinée et surtout renforcée. La plupart du personnel sera basé à Kinshasa, mais le déploiement à l’est de la RDC de certains experts est également prévu.

Le nombre de personnes affectées à la mission pourrait diminuer passant de 60 experts internationaux (dont 50 détachés par les Etats membres) et 55 employés locaux à 50 experts internationaux (dont 40 détachés par les Etats membres) et 36 employés locaux.

Le budget de la mission est de 12,6 millions d’euros sur la première année (jusqu’à septembre 2011).

Pas de fusion des deux missions de l’UE

L’Union européenne voulait aller plus loin et fusionner ses deux missions EUSEC et EUPOL (police) mais les autorités congolaises s’y sont opposées, préférant avoir 2 profils différents pour répondre aux interlocuteurs congolais. Coté européen, on est cependant tout disposé à mettre en commun certaines expertises, « mutualiser certaines fonctions » (comme il est mentionné dans le projet de décision) pour éviter les redondances. Il s’agit également de mettre en application le nouveau dispositif issu du Traité de Lisbonne, en travaillant plus étroitement avec l’ambassadeur de l’UE sur place. Ainsi le chef de la mission EUSEC agira comme « conseiller défense » de l’ambassadeur.

(1) Selon le projet de décision, la mission a 5 objectifs :

  • le maintien de l’appui au niveau stratégique;
  • l’appui à la consolidation de l’administration et à la mise en place d’un système de gestion des ressources humaines s’appuyant sur les travaux en cours;
  • l’appui à la modernisation de la logistique;
  • l’appui à la relance du système de formation, particulièrement des cadres, avec notamment le soutien au projet d’École d’administration et d’Académie militaire à Kananga et aux études pour l’École de la logistique à Kinshasa;
  • la poursuite à leur mesure des activités liées à la lutte contre l’impunité dans les domaines du respect des droits de l’homme y inclus les violences sexuelles.

(Nicolas Gros-Verheyde)