Défense UE

Arnaud Danjean : l’Europe doit apprendre à s’assumer toute seule

Arnaud Danjean : l’Europe doit apprendre à s’assumer toute seule

(BRUXELLES2, bilan 2011, exclusif) Dans cette fin de l’année, B2 a pu s’entretenir avec Arnaud Danjean, le président de la sous-commission Défense du Parlement européen, pour dresser un panorama des enjeux en matière de défense après une année riche en “surprises stratégiques” et rebondissements. L’eurodéputé français estime que l’année finit mieux qu’elle a commencé pour la politique européenne de sécurité et de défense commune (PSDC). Mais qu’il reste encore beaucoup de travail. L’Europe doit aujourd’hui apprendre à s’assumer toute seule et à prendre leurs responsabilités. L’approche globale voulue par les rédacteurs du Traité de Lisbonne n’est pas encore pleinement d’application. Car il reste encore une timidité à aborder et développer le volet sécuritaire de l’action européenne.

• Comment voyez-vous cette année ?

Le processus de la PSDC est toujours vivant. C’est déjà un résultat. Le bilan est sans doute moins maigre qu’on aurait pu le penser en début de présidence. Nous avons eu le rapport de juillet (NB : un rapport qui doit beaucoup à Pierre Vimont, le directeur du Service diplomatique et de son conseiller, Yves de Kermabon qui ont poussé dans ce sens) ainsi qu’un débat lors du dernier conseil. Ce débat a prouvé qu’il y avait une réelle volonté politique – ce dont on pouvait douter encore il y a quelques mois. Des Ministres ont pris le relais, pas seulement Français mais aussi Polonais et Allemand. Le poids des contraintes budgétaire et stratégique reste là. La crise libyenne a préempté certains débats. Aujourd’hui on se réveille avec nos vraies contraintes : l’effort de rationalisation (avec le pooling and sharing) est inévitable et la donne stratégique. Les Etats-unis sont nos alliés. Mais ils ont le regard tourné ailleurs. Gates l’a dit, Panetta également, Obama était en Asie récemment. Aujourd’hui, la défense européenne doit s’assumer toute seule.

• Quand vous dites “s’assumer toute seule”, comment le voyez-vous ?

Les Etats-Unis sont notre ultime allié, à la fois l’allié avec lequel on va s’engager sur un conflit de haute intensité et de longue durée – comme en Afghanistan – et l’allié ultime pour la défense de notre territoire. On voit mal aujourd’hui un engagement massif extérieur ou une mobilisation maximale sur le territoire. Mais il y a des crises de moyenne intensité aux marges du continent européen (comme monde arabe…) ou sur le territoire européen ; et, là, la réponse ne peut qu’être qu’européenne. Aujourd’hui, les Etats-Unis nous disent clairement : « débrouillez-vous » ! Politiquement, diplomatiquement et, le cas échéant, militairement, les Européens doivent prendre leurs responsabilités.

• Les Américains estimant que le Moyen-Orient ou l’Asie requiert toute leur attention, il y aurait alors une certaine répartition des tâches ?

Dans l’arc de crise (qui court de l’Asie à l’Afrique), on peut en effet se dire que les Européens doivent prendre en charge le Sahel, l’Afrique, le monde arabe. Les Américains seront là, au besoin, mais en soutien, comme pour la formation des soldats somaliens. Ce sont les Européens qui forment. Et les Américains paient les salaires ou assurent certaines fonctions logistiques. La question, maintenant, est de savoir : est-ce que l’UE est prête à donner corps à la fameuse approche globale ?…

• Cette approche globale, c’était un des objectifs du Traité de Lisbonne. Cela n’est pas encore au point ?

Non. L’approche européenne ne paraît, pour l’instant, pas si globale. Les instruments communautaires “classiques” – le développement et instruments financiers – restent privilégiés. Dès qu’on aborde l’aspect sécuritaire, sans parler de l’aspect militaire, on voit tout de suite soulever certaines questions : faut-il utiliser la PSDC ou non ? Déployer quelques experts ou du matériel plus lourd, via des missions PSDC ou via l’instrument de stabilité ? Il y a un vrai débat qui n’est pas commencé, qu’il faut entamer. On le voit bien sur le Sahel, pour la Corne de l’Afrique…

• On a eu deux documents stratégiques du SEAE ?

Oui. Pour l’instant, il y a beaucoup de mots. Mais sur le volet sécuritaire, rien n’est tranché. C’est une très bonne chose que ces priorités soient inscrites sur le planning. Mais je suis un peu inquiet sur la mise en œuvre. Or, sans l’aspect sécuritaire surtout dans les zones comme la « Corne de l’Afrique » et le « Sahel », on ne pourra espérer avoir une approche globale.

(NDLR : Une question fondamentale. Lors de la dernière rencontre avec Catherine Ashton, les Nigériens et Mauritaniens ont réclamé en priorité à l’UE, des véhicules, des capacités de transmission, voire des armes, et n’étaient pas vraiment preneurs de la formation des juges que voulaient proposer les Européens).

• A vous entendre, l’UE est trop timide ?

Oui. L’important, maintenant, est d’agir. La balle est dans le camp de l’UE. La timidité de la Haute représentante sur les opérations n’est pas justifiée. Elle doit proposer des choses. Pour le Sahel, on peut avoir une mission PSDC, éventuellement avec une phase transitoire au début. Car une mission PSDC a une certaine lenteur de mise en œuvre et de génération de force. Catherine Ashton a raison sur ce point : trouver 50 personnes aujourd’hui de haute compétence n’est pas simple. Mais, spontanément, Me Ashton n’a pas pris la mesure de la dimension « sécurité et défense commune ». Elle insiste beaucoup sur la diplomatie préventive, la médiation…, moins sur les capacités de sécurité et de défense de l’UE. On l’a bien vu sur la Libye ; la planification n’a pas été vraiment engagée. Me Ashton nous a dit : les États membres n’étaient pas tous volontaires. Au Parlement européen, nous lui répondons : « Il ne faut pas prendre prétexte des hésitations des États membres pour ne pas faire ou faire a minima ; il ne faut pas sur-anticiper les réticences des États membres ».

• Il y a eu des évolutions entre les Conseils de juillet et de décembre ?

La petite « explication de texte » avec les Britanniques en juillet n’a pas été inutile. C’est ce qui a permis de déboucher, en décembre. A minima, sans doute, mais on a débouché. A Paris, il y avait certains doutes sur le fait de ne pas avoir le Royaume-Uni à bord, deux ans après Lisbonne. Mais une des bonnes surprises de la discussion a été de la voir se terminer à 26 (même si existaient des réticences parmi les États membres).

• Que retenez-vous de cette discussion ?

Il ne faut pas avoir peur de poser des questions de vérité à un moment du processus, on peut rechercher le compromis minimal à 27. Mais il y a un jour où il faut poser ses responsabilités. Si, demain, il y a une crise majeure, on risque de retrouver dans la même situation qu’en Yougoslavie, il y a 20 ans. On n’est vraiment pas passé loin dans le cas de la Libye. On ne peut pas faire comme si tout était réglable à 27. Il faut que chacun prendre ses responsabilités.

• L’Europe de la Défense – comme l’Europe économique – semble fonctionner davantage à plusieurs vitesses, n’est-ce pas dangereux ?

L’Europe à plusieurs vitesses existe depuis le début. Il existe plusieurs vitesses en matière migratoire, en matière de défense (avec l’opt-out du Danemark), en matière agricole — rééquilibrage —, régionale…). En matière de sécurité et de défense, on est à plusieurs vitesses, de façon objective. Ce n’est pas un argument pour empêcher ceux qui veulent avancer d’avancer. Ceux qui vont de l’avant vont permettre d’imprimer le tempo.

• Et le Royaume-Uni ?

Le Royaume-Uni est pragmatique. S’il y a des opérations qui marchent, si c’est pertinent, bien conduit, les Britanniques en seront. Ils nous rejoindront. Je crois beaucoup à la vertu des opérations menées en commun. Les Britanniques ont sans doute mal mesuré la portée du discours de Gates et du changement de cap américain – L’Europe n’est plus la préoccupation principale des Américains. Ce qui, combiné à la contrainte budgétaire, va peser énormément à l’avenir.

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Conflit gelé entre la Turquie, Chypre et la Grèce : et l’Europe ?

(BRUXELLES2) Il est remarquable de voir qu’aujourd’hui l’Union européenne ne s’implique pas davantage dans un des derniers conflits “gelés” qui concerne un de ses Etats membres, à savoir la situation en Grèce et à Chypre et leur relations respectives avec la Turquie. Sur le statut de Chypre et la réunification de l’ïle, on sait certes que des négociations sont en cours sous l’égide de l’ONU. Et il serait peut-être dommageable pour l’UE de jouer les troubles fêtes. En revanche, rien n’empêche l’UE de lier ses négociations d’élargissement avec la Turquie avec le règlement du conflit avec Chypre et de tensions larvées mais persistantes avec le voisin grec. Cela permettrait sans doute à la Grèce qui maintient une présence militaire hors du commun avec la taille du pays, de pouvoir souffler et réduire son effort militaire ; une nécessité aujourd’hui en pleines difficultés budgétaires.

Récemment, j’ai posé la question au commissaire chargé de l’Elargissement, Stefan Füle. Il a botté en touche estimant que … « vous savez le chapitre PESC (politique étrangère et de sécurité commune) n’est pas formellement ouvert. Et ce sujet est de la compétence du SEAE. Du côté, de la Commission européenne, on a un processus en cours, visant créer une meilleure atmosphère. (Sur les autres sujets), cela ressort de la compétence du Haut représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité commune, Catherine Ashton qui va vous donner une meilleure réponse. » C’est un peu court comme réponse. Mais en même temps assez symptomatique de la façon assez automatique dont est conduit le processus d’élargissement.

En la matière ne faudrait-il pas appliquer la “jurisprudence Merkel” sur la Serbie ? A savoir que tant que le pays n’a pas réglé ses problèmes avec ses voisins, tout processus nouveau d’élargissement est bloqué. En tout cas une réflexion est nécessaire sur les relations entre l’UE et la Turquie et son implication dans la stabilité des pays de la région.

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Quelques leçons du dernier sommet : boutons l’Anglais hors de l’UE ?

(BRUXELLES2)  L’isolement britannique tant redouté par les uns, ou espéré par les autres semble réel aujourd’hui. Mais ce n’est pas une surprise. Plutôt que d’isolement, on pourrait plutôt parler d’un lent détachement. Pour autant, on ne saurait crier victoire. Etre “débarassé” des réticences britanniques ne résout pas tout. L’accord obtenu le 9 décembre est conduit pas une logique par trop intergouvernementale pour être tout à fait “honnête”. Il repose sur des faiblesses juridiques qui pourraient être utilisées. Et il ne répond que très partiellement aux failles constatées lors de la mise en place du Traité de Maastricht et aux enjeux de la crise actuelle.

Des Britanniques incompris ou qui ne comprennent plus 

Les Britanniques qui avaient toujours réussi à glisser leur chaussure dans la porte de l’Europe, en bloquant certaines évolutions ou en accélérant certaines au contraire, semblent avoir perdu de leur magic touch. Il semble que le gouvernement de David Cameron ne comprenne plus vraiment l’évolution du continent. Evolution rapide, il est vrai. En quelques années, les esprits ont changé. Dans le début des années 2000 où les Britanniques arrivaient à entraîner derrière eux nombre de pays dans un esprit de faible intégration et d’élargissement continu ou  dans des opérations militaires délicates (l’Irak) semble révolu.

Aujourd’hui, il y a eu une nette évolution. D’abord l’élargissement à l’Est n’a pas amené de troupes supplémentaires au Royaume-Uni, comme l’avaient craint ou espéré certains. Au contraire. Peu à peu, chacun des pays concernés a retrouvé sa place continentale. La renégociation du cadre financier pour la période suivante (2014-2020) a montré aux nouveaux entrants que leur intérêt n’était pas toujours du côté britannique. La récente sortie de Radek Sikorski, le ministre polonais des affaires étrangères, est à cet égard significative. Elle consiste en une vibrante attaque de la position britannique. Pourtant l’homme n’est pas a priori hostile. Il a élevé au biberon londonien et est plutôt un “libéral” dans l’âme.

Cet isolement britannique n’est pas le premier non plus. Au mois de juillet, les Britanniques s’étaient ainsi retrouvés tout seuls, ou presque (avec la seule réserve lettonne), sur la création d’un QG européen de conduite des opérations militaires et avaient dû opposé un veto en bonne et due forme. Il y a 7 ans, c’étaient la France, l’Allemagne, avec la Belgique et le Luxembourg comme seuls soutiens qui s’étaient retrouvés ainsi isolés.

L’heure de vérité

(crédit : Parliament Tv)

A Londres a commencé une délicate partie d’explications pour le Premier ministre, David Cameron, qui va devoir démontrer qu’il a tout fait pour défendre les intérêts britanniques – le seul message qui trouve grâce outre-Manche – et qu’il n’a pas au contraire fait perdre de l’influence au drapeau de sa gracieuse majesté. Une heure de vérité qui a déjà commencé avec son allié de gouvernement les libéraux et démocrates de Nick Clegg. Devant la chambre des communes aujourd’hui (12 décembre), celui-ci avait tout simplement choisi de ne pas être présent sur les bancs du gouvernement.

Cette non-participation britannique lève le tabou sur une question centrale : la place du Royaume-Uni au sein de l’Union européenne, est-elle en dehors ou en dedans ? Cette question était déjà prégnante du débat politique britannique. Mais elle commence à faire son chemin au sein de certaines opinions publiques européennes. Plusieurs commentaires européens à l’image de mon confrère Jean Quatremer (Libération) ou du professeur Mario Telo (ULB) ne cachaient pas leur joie après le sommet. Le “Boutons l’anglais hors du continent” pourrait devenir un slogan sur le continent. Et l’exemple de l’accord du 9 décembre pourrait susciter une certaine émancipation…

Le travail et la place de la commissaire britannique, Catherine Ashton (par ailleurs Haute représentante de l’UE), ne va pas s’en trouver facilité. Personnellement plutôt pro-européenne, avec un chef de gouvernement enclin à donner aux eurosceptiques des gages, mais en désaccord avec un vice-Premier ministre, c’est plutôt le grand écart. Idem en matière de positionnement sur la suite à donner à l’accord. Va-t-elle défendre l’institution communautaire façon Londres (celle-ci doit être réservé aux projets à 27 et non pour la zone Euro) ou façon Bruxelles (trouver une voie pragmatique de progresser à 26) ? Au passage, il est remarquablement piquant de voir les rôles ainsi renversés : le gouvernement britannique se posant en grand défenseur des institutions communautaires. :-)

Une logique intergouvernementale

Pour autant, les Européens sans les Britanniques ne sont pas pour autant sauvés. L’accord conclu le 9 décembre va prendre la forme d’un accord intergouvernemental et non d’un accord communautaire. Une logique qui correspond très bien à l’esprit de Nicolas Sarkozy. C’est une constante chez le dirigeant français. Quand il était ministre de l’Intérieur, il était le spécialiste de ces réunions à quelques uns avant les réunions de l’UE (le “G5″ réunissant ses homologues allemand, espagnol, britannique et italien). Son discours de Toulon en atteste clairement. « L’Europe se refondera en tirant pragmatiquement les leçons de la crise. (…) C’est par l’intergouvernemental que passera l’intégration européenne parce que l’Europe va devoir faire des choix stratégiques, des choix politiques. »

La prochaine bataille sera juridique

L’accord approuvé au Conseil le 9 décembre recèle de nombreuses imperfections. Et les juristes vont pouvoir désormais « s’arracher les cheveux » – ainsi que me l’a confié un diplomate – pour traduire cela en termes juridiques. L’emploi des structures communautaires (Cour de justice européenne, Commission européenne) pour l’application d’un accord gouvernemental ainsi que le rôle du Parlement européen restent encore assez flous.

La menace d’une saisine par le Royaume-Uni de la Cour de justice pour faire annuler cet accord n’est pas exclue. Le premier ministre David Cameron l’a même évoqué publiquement devant son Parlement, lundi (12 décembre). Ce traité est hors de l’Union européenne, il ne peut traiter de sujets qui sont dans l’Union européenne (comme la régulation financière). Les Britanniques sont dotés de bons juristes ; ils l’ont montré par le passé notamment en faisant annuler plusieurs programmes sociaux européens. Une potentielle annulation d’une partie de l’accord n’est pas exclue. Ce qui mettrait par terre une partie de la construction du dernier sommet.

Les failles du Traité de Maastricht

L’accord montre également, 20 ans après, que le traité de Maastricht était vraiment incomplet. Ayant refusé d’aller jusqu’à l’Union politique, la monnaie unique n’a pas résisté à sa première “vraie” crise. Les traités suivants n’ont pas réussi à rattraper cette faille, se concentrant sur des sujets somme toute annexes – la réduction de la taille de la Commission, la répartition des votes au sein du Conseil -… plutôt que de s’attaquer au fond. On peut craindre qu’il en aille de même du “fiscal compact” adopté le 9 décembre. Celui-ci se concentre uniquement sur quelques critères budgétaires (règle d’or de 0,5% maximum de déficit par an, sanctions automatiques…). Il ne donne aucun élément pour la croissance, pour la relance économique, pour une “union économique plus forte” ainsi qu’énoncé dans les objectifs de ce nouveau Traité.

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Chypre en coprésidence de l’UE … dès le 1er janvier.

(BRUXELLES2) Chypre à la tête de certains groupes de travail “défense” dès le 1er janvier 2012. C’est une réalité. La petite ile de Méditerranée prendra en effet la présidence de l’UE le 1er juillet. Mais de manière anticipée, elle assurera la présidence de certains groupes de travail “défense” dès le 1er janvier. Le Danemark qui est à la manoeuvre à partir du 1er janvier bénéficiant d’un opt-out en matière de défense européenne. Chypre présidera ainsi notamment le groupe de travail Athena – qui s’occupe du financement des opérations militaires – ainsi que le groupe de travail sur les capacités militaires. Les principaux autres groupes de travail sont présidés par un représentant de Catherine Ashton ou du service européen d’action extérieure (SEAE).

Cela ne va pas arranger les affaires avec les Turcs qui avaient promis de ne pas entretenir de relations avec l’UE quand Chypre aura la présidence. La Turquie qui participe à une opération militaire de l’UE, particulièrement en Bosnie-Herzégovine où elle contribue de façon importante à l’opération Althea.

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Le fossé avec les Britanniques se creuse (Maj)

(BRUXELLES2) Il y avait eu le report du sommet franco-britannique entre Sarkozy et Cameron, prévu le 2 décembre. Il y a aujourd’hui – avec l’accord intervenu dans la nuit au sommet européen – la volonté franco-allemande d’avancer  dans l’intégration économique.

Le Royaume-Uni dans le corner

Un traité qui n’est pas à 17+ comme on l’a dit élégamment. Mais à 27 -. C’est, en effet, l’opposition résolue du Royaume-Uni qui a été l’élément de fracture. La Suède et la république Tchèque étaient réticents et voulaient consulter au préalable leur Parlement. Et la Hongrie semblait suivre, mais surtout pour des questions d’opportunité politique. Pour les deux pays d’Europe de l’Est, il est probable que cette “sortie” pourrait ne pas survivre plus de quelques années quand ces deux pays voudront frapper à la porte de l’euro ou tout simplement changeront de dirigeant.

(Maj 13h) Le premier hongrois Victor Orban a fait marche arrière ce matin, parlant d’un malentendu. La Hongrie n’est pas contre le Traité dans l’absolu mais doit “consulter le Parlement”. « J’avais mandat du Parlement pour deux aspects : résoudre la crise de l’euro à 27 ou s’il n’y avait pas d’accord à 27 laisser l’eurozone régler la question » a-t-il expliqué lors d’une conférence de presse. Or, ici, il s’agit de rejoindre les pays de l’eurozone. Il faut donc en discuter avec le Parlement. Ce sera « électrique » a-t-il promis. Car on touche à la « souveraineté » du pays. Il a tenu cependant à prendre ses distances avec le Royaume-Uni estimant que la Hongrie ne pouvait ranger de son coté. « Les Britanniques ont un opt-out refusent de rejoindre l’eurozone. Nous nous voulons rejoindre l’Euro, ce n’est pas une question de choix, c’est une obligation » a-t-il expliqué.

Un peu dedans, un peu dehors

Pour le Royaume-Uni, il s’agit pour l’instant d’une défaite personnelle pour D. Cameron. Il n’a pas pris pleinement conscience du changement d’état d’esprit parmi les Européens. D’ordinaire, ceux-ci faisaient tout pour garder à bord le Royaume-Uni, quitte à lui octroyer un ou deux opt-out, comme on l’a fait avec les traités précédents (de Maastricht à Lisbonne en passant par Amsterdam). Le Royaume-Uni est ainsi toujours un peu dedans, un peu dehors. L’exclusion du Royaume-Uni du protocole social répondait à un objectif très politique qui n’était pas défavorable aux intérêts britanniques ; de même pour la non-participation à l’accord de Schengen qui répondait à une notion beaucoup plus physique – le Royaume-Uni n’ayant pas de frontières terrestres n’a évidemment pas le même intérêt à partager le contrôle des frontières avec les pays continentaux. Cette fois-ci, les Européens semblaient décidés à passer “par-dessus bord” le Royaume-Uni et à ne pas céder à ses revendications de pouvoir bénéficier sans participer, la tactique britannique habituelle. Pour autant toute difficulté n’est pas résolue, car on touche ici au coeur du système communautaire, l’intégration économique, le fonctionnement institutionnel. Il n’est pas tout à fait évident que le Royaume-Uni ne cherche pas à revenir par la fenêtre, soit en négociant un accord ad hoc d’association, soit tout simplement en contestant cet accord devant la Cour de justice européenne. Les Britanniques ont, aussi, d’excellents juristes…

Texte approuvé au Sommet cette nuit : dans les docs de B2

Les projets “défense” patinent

En défense, on sait bien que les projets actuels patinent, du moins côté industriel. Mis à part la coopération nucléaire qui fait l’objet d’un traité inscrit dans le marbre, et correspond à une vraie convergence d’intérêt (Royaume-Uni et France sont les seuls pays européens à disposer de l’arme de dissuasion nucléaire), les autres projets sont toujours dans les cartons. Outre les difficultés habituelles de la coopération à plusieurs – plus lente à mettre en place qu’un projet en solo -, il y a des facteurs de divergence quasi-politique. Les deux gouvernements n’ont pas la même approche de la politique industrielle européenne de défense. Pour la France, cela passe par la protection de son champion national et éventuellement européen. Pour le Royaume-Uni, cela reste encore un adossement industriel aux industries américaines. En termes juridiques, cela se traduit, pour le premier, par la volonté d’un appel d’offres restreint au marché européen (NB : qui exclut les USA) – comme le permet la directive défense -, pour le second, par la volonté d’un appel d’offres ouvert (NB : aux Usa).

 

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Nouveau gouvernement en Belgique, une certaine continuité. Les détails

(BRUXELLES2, analyse) Il aura fallu 540 jours de tergiversation pour avoir un nouveau gouvernement et surtout fixer un nouvel accord de gouvernement. Mais le changement en matière de politique étrangère et de défense n’est pas vraiment énorme.

On peut parler d’un changement dans la continuité, particulièrement en matière de réforme de la défense. Ce n’était d’ailleurs pas un grand sujet de divergence entre les parties prenantes de de la nouvelle coalition gouvernementale (PS/SPA, CD&V/CDH, MR/VLD).  La faible place donnée à la politique étrangère dans la longue déclaration gouvernementale (177 pages) n’est donc pas le reflet d’un manque d’intérêt. Au contraire.

On peut ainsi plutôt parler davantage d’approfondissement de certains sujets comme pour la réforme de l’armée belge ou l’implication du parlement dans les opérations extérieures. De façon assez conforme à sa tradition pro européenne, la Belgique se prononce aussi pour un nouveau souffle européen et une nouvelle impulsion à la défense européenne tout comme la recherche accrue de coopérations militaires et de niches d’excellence qu’elle pourrait développer.

La continuité et un changement de casquette

Selon les dernières informations, le ministère de la Défense resterait géré par Pieter de Crem (chrétien-démocrate flamand), l’actuel titulaire du poste, tandis qu’aux Affaires étrangères et européennes arriverait un nouveau. Enfin pas tout à fait… Car Didier Reynders (libéral francophone) n’est pas vraiment le prototype d’un ‘petit nouveau’. C’est même plutôt un ancien, un poids lourd du gouvernement. Il est ainsi en poste depuis plus de 12 ans, à la tête du ministère des Finances, où il a imprimé sa marque. Il connait parfaitement nombre de ses homologues au niveau européen notamment. S’il serait bien resté là, les autres partenaires de la coalition ne le souhaitaient pas trop.

Né le le 6 août 1958, diplômé de l’université de Liège, Reynders débute en politique auprès de Jean Gol alors ministre de la Justice comme expert en droit constitutionnel. Il assure ensuite la présidence de la SNCB (1986-1991), de la Société Nationale des Voies aériennes (1991-1993), devient député (à partir de 1992), puis chef de groupe  du parti libéral à la Chambre (1995-1999) et enfin ministre des finances (1999-2011). L’intéressé, fier comme Artaban, “rêvait” d’un autre poste qui lui permet de continuer en beauté, alors que son action aux Finances pouvait prêter à discussion. Aux Affaires étrangères, il pourra s’épanouir. Il ne sera pas pour autant un “client” plus facile pour la Haute représentante que son prédécesseur, Steven Vanackere, qui n’avait pas ménagé ses critiques sur la Britannique.

Objectif : une armée de 30.000 hommes et poursuite de la réforme de défense

L’ambition globale de l’armée est de permettre « sa projection sur les théâtres d’opérations extérieures » tout en lui permettant de « continuer également d’assumer ses missions sur le territoire national, comme par exemple le démantèlement d’explosifs, le sauvetage en mer, l’aide à la population en cas de catastrophe,… ». Une contribution à la réduction des coûts est demandée à la Défense, avec un « remplacement partiel des départs au sein de la Défense dans la perspective d’une armée de 30.000 militaires à l’horizon 2015 (NB : auxquels il faut ajouter 2.000 civils), ainsi que diverses autres économies à la Défense, notamment dans les frais de fonctionnement ».

Restructuration poursuivie

La restructuration se poursuit. Un nouveau statut pour les militaires devra être élaboré pour permettre « de recruter des jeunes militaires pour une période limitée ». Les états majors et les cadres supérieurs seront « rationnalisés ». Les unités opérationnelles seront préservées. Même si ce n’est pas précisé, certains quartiers et casernes vont continuer d’être fermés, selon le plan déjà décidé.

Plan d’équipement à venir

Concernant les équipements, un engagement est pris : « équiper les unités et le personnel de façon adéquate pour l’exécution de leurs missions et assurer leur sécurité ». Les détails ne sont pas encore fixés. Ils figureront dans un plan d’investissement pour la Défense pour 2011-2014 qui sera présenté « dans les meilleurs délais ».

Niches d’excellence

Le Gouvernement entend aussi préciser les « niches d’excellence » dans lesquelles l’armée se spécialisera, en concertation avec nos partenaires européens et de l’OTAN. « Autant que faire se peut, un pooling et sharing maximum avec nos partenaires européens et de l’OTAN sera organisé. »

Association du Parlement aux décisions d’engagement

La Belgique est gouverné par un modèle où l’exécutif conduit les opérations militaires. Selon la Constitution, c’est le « Roi (qui) commande les forces armées, et constate l’état de guerre ainsi que la fin des hostilités ». Il n’est pas question de modifier ce texte ou de passer à un modèle d’armée parlementaire à l’allemande . Mais d’approfondir une pratique déjà engagée pour l’opération en Libye par exemple, en associant davantage le parlement. « Dans le cas d’opérations futures s’inscrivant sous mandat ONU, le Gouvernement s’engage à informer sans délai le Parlement et à l’associer dans le suivi de celles-ci. » « Pour le suivi des opérations en cours, leur modification éventuelle et les partenariats militaires, le Gouvernement recherchera avec le Parlement le mécanisme le plus adéquat afin de garantir la fluidité de l’information, tout en respectant le degré de confidentialité nécessaire. »

Définir une politique de sortie en Afghanistan

Les troupes belges vont se retirer à partir de l’année prochaine jusqu’à 2014, mais une présence ultérieure pourra y demeurer, est-il bien précisé. C’est une des seules opérations à être ainsi strictement inscrite dans le programme de gouvernement. Le Gouvernement veut définir, « en pleine collaboration avec ses partenaires OTAN, UE et ONU, une stratégie et un calendrier de retrait des troupes belges en Afghanistan dès 2012 pour un retrait définitif au plus tard en 2014 (décisions de Lisbonne de novembre 2010), sans exclure une présence sur place, avec d’autres pays partenaires, pour contribuer à la reconstruction du pays. » On remarque ainsi que la Belgique ne suit pas l’exemple de son voisin néerlandais en choisissant de rester militairement engagé jusqu’à la fin de l’engagement de l’OTAN.

Mandat de l’ONU obligatoire

Pour autant, aucune action militaire ne sera engagée par la Belgique sans mandat de l’ONU, là où le droit international l’exige.

Réforme de l’OTAN et défense du consensus

Dans la réforme du concept stratégique de l’OTAN, le nouveau gouvernement entend défendre deux principes auxquels la Belgique tient : « le maintien de la règle du consensus en matière de prise de décision et de prise en charge par chaque nation des coûts de son propre engagement ». Allant ainsi à l’encontre d’une certaine décision majoritaire prônée par certains pays.

Une nouvelle impulsion à la défense européenne

La Belgique veut « donner une nouvelle impulsion à une plus grande coopération militaire en Europe. » Le gouvernement veut ainsi travailler « activement à la mise en place et au renforcement d’une défense européenne, base essentielle d’une politique étrangère crédible pour l’UE. Cette défense conférera à l’Europe une capacité d’établir un partenariat plus équilibré et donc plus fiable avec nos alliés, notamment au sein de l’OTAN. » est-il précisé.

Pour un nouveau souffle européen

De façon plus générale, la Belgique veut continuer à jouer son rôle de « pionnier pour renforcer l’Union européenne ». Le Gouvernement veut ainsi continuer à soutenir « activement » la mise en place « harmonieuse » des institutions nées du Traité de Lisbonne et à « renforcer l’esprit communautaire » (elle avait déjà démontré cette volonté lors de sa présidence de l’UE). Dans la continuité du Traité de Lisbonne, le Gouvernement veut « plaider pour le renforcement de l’intégration européenne afin de donner un nouveau souffle à ce projet européen ».

Politique étrangère : une attention gardée sur les Grands lacs

Pour le gouvernement, la priorité reste, « au sein des instances européennes comme internationales », les questions relatives à la paix et la démocratie. « La région des Grands Lacs et le pourtour méditerranéen seront à cet égard prioritaires. »

 

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Des conclusions “défense” en forme de feuille de route. Au rapport !

(BRUXELLES2) Les conclusions des conseils des ministres sur la défense européenne sont souvent assez rituelles rappelant ce qui a été fait dans l’année et annonçant des décisions prochaines assez courantes : prolongation ou annonce d’opérations, lancement de projets… Un texte souvent administratif et quelque peu ennuyeux (il faut l’avouer). Celles qui viennent d’être adoptées (*) doivent cependant être regardées à la loupe. Car sous ces dehors rituels, se cache autre chose. Un peu comme une reprise en main de la lente dérive qui avait marqué ces derniers mois, vers une baisse continuelle des ambitions que ce soit en termes d’opérations ou d’outils de gestion de crise.

Du pain sur la planche pour six mois

Il y a d’abord la planification de plusieurs nouvelles opérations situées en Afrique : le renforcement des capacités maritimes dans la Corne de l’Afrique, l’étude d’éventuelles missions au Sahel ou en Libye, la prolongation de l’opération Atalanta, ainsi que le lancement de 11 projets capacitaires par l’Agence européenne de Défense. En reliant, tous les paragraphes, les uns aux autres, elles forment une véritable feuille de route que les Etats membres ont voulu tracer, donnant à la Haute représentante le mandat pour développer et renforcer l’Europe de la défense. Comme l’a expliqué cet après-midi, devant le Parlement européen, l’ambassadeure polonaise au COPS,  Beata Peksa-Krawiec, c’est une « politique de petits pas. Et nous avons du pain sur la planche pour six mois ».

Des rapports à la pelle jusqu’à une possible strategic review

Plusieurs rapports d’étape ou dates butoirs pour aboutir à des accords ont, en effet, été fixés : sur les nouvelles missions, les battlegroups, la refonte des procédures de gestion de crises, le mécanisme Athena, l’activation de l’Ops-center, les procédures de génération de force, le renforcement des capacités militaires …

De façon générale, les 27 ont surtout demandé à la Haute représentante de leur faire un “rapport de progrès” sur tous les aspects de la PSDC en général dans les six mois, « d’ici juin 2012 ». Une opportunité que pourrait saisir la Haute représentante pour faire un état des lieux ambitieux en traçant des perspectives, et des lignes de force, tel un “Livre blanc”. Même si le terme n’est pas prononcé, il n’est pas interdit. Et dans la version anglaise “reviewing progress made” on n’est pas loin de la “Strategic review” engagée par les Britanniques pour leurs propres forces.

Une demande croissante d’action européenne

Le contexte est parlant. Il y a une demande croissante pour que l’Union européenne devienne un « acteur stratégique mondial, plus capable et plus cohérent », précisent les conclusions. Les 27 soulignent l’importance de la PSDC « comme un élément essentiel de cette approche globale » et insistent sur les « nécessaires progrès » à accomplir. Ils réitèrent ainsi « le plein engagement pour maintenir les engagements actuels sur les missions en cours de la PSDC » alors qu’ils « envisagent de nouvelles actions de la PSDC ». Il faut utiliser « de manière efficace et activement toute la palette des instruments à disposition dans la prévention des conflits et la gestion de crises ».

Evaluation et valeur ajoutée nécessaires pour les missions de la PSDC

Les 27 endossent la nécessité d’améliorer la performance de la PSDC, notamment à travers l’évaluation des résultats, le ‘benchmarking’, l’étude d’impact, l’identification et l’application des retours d’expérience (lessons learned) tout comme le développement des meilleures pratiques. Ils fixent aussi ce qu’on peut retenir comme cinq critères à l’utilisation des missions de la PSDC : 1) la valeur ajoutée, 2) sur la base de besoins identifiés, 3) avec des objectifs clairs, 4) des stratégies de sorties, 5) pour aboutir à des résultats durables.

Nouvelles missions : décisions à prendre d’ici la fin de l’année ou début 2012

Les 27 ont demandé à la Haute représentante d’accélérer le travail préparatoire sur l’opération PSDC au Sahel dans l’objectif d’un nouveau rendez-vous fixé « d‘ici la fin de l’année (2011) » pour examiner les suites à donner.  Ils ont réaffirmé la disponibilité de l’UE à prêter assistance à la Libye, sur un nombre variable de secteurs, notamment la réforme du secteur de sécurité et la gestion des frontières. Des « options pour une possible action de la PSDC » devraient être élaborées début 2012 selon les deux conditions fixées par le SEAE : le principe de l’appropriation par les Libyens et la coopération avec l’ONU. Quant à l’opération anti-piraterie Eunavfor Atalatanta, n’ayant pu pour des raisons de procédure la prolonger jusqu’à 2014, ils ont convenu de revenir sur la question début 2012 en vue d’une décision. Quant à la mission de sécurité sur l’aéroport au Sud-Soudan, ils ont pris note du travail en cours.

Capacités civiles : un cadre réglementaire de génération de force

Faute d’avoir atteint les objectifs fixés dans les “Headline Goals 2010″, les 27 avaient l’année dernière, tout bonnement, décidé d’en repousser l’application. Ils rappellent aujourd’hui combien la « recherche de synergies entre le développement de capacités civiles et militaires » est nécessaire, pour la gestion de crises à l’Européenne, et répondre à la fois aux lacunes existant et à la demande grandissante dans ce domaine.

Ils fixent un délai : au 1er semestre 2012 à la Haute représentante et à la Commission pour ensemble réexaminer les moyens d’améliorer la génération de force « dans un cadre réglementaire solide ». Ils demandent aussi aux Etats membres d’avoir des stratégies plus efficaces permettant l’utilisation de personnels civils, en provenance de différents ministères (Affaires étrangères, Intérieur, Justice, Finances…). Cela passe aussi par « davantage de formations, des incitatifs de carrière… » pour permettre de disposer de personnels motivés et qualifiés pour les missions de la PSDC.

Les contours d’une politique industrielle de défense

La crise frappant, les 27 ont voulu intégrer ces nouvelles contraintes dans le travail capacitaire. Il ne s’agit plus seulement – comme auparavant – de résoudre les lacunes constatées mais de « développer la coopération en matière de capacités militaires sur des bases plus systématiques et à long terme ». Les Etats membres doivent indiquer sur quels projets ils prennent le “lead”. La situation sera examinée en avril 2012. Et les 27 rappellent l’engagement pris par les chefs de défense de l’UE d’établir ou d’élargir des projets de coopération d’ici la mi-2012.

Ils veulent ainsi examiner en détail « l’impact de la réduction des dépenses de défense sur les capacités, notamment l’impact possible sur les capacités technologiques et industriels à maintenir et développer en Europe ». L’agence européenne de défense (EDA) sera chargée de ce travail. Et demandent à la Commission comme à l’EDA d’accélérer la recherche de « synergies », notamment en intégrant ces préoccupations dans le futur programme cadre de recherche et technologies à l’horizon 2020.

Amélioration de la réaction de crise : au rapport.

Les 27 ont endossé la création d’un entrepôt permanent pour les équipements civils en 2012 et la rédéfinition des procédures. Mais ils aussi demandé à la Haute représentante de plancher sur différents sujets pour améliorer la réaction de crises. Il en sera ainsi sur les battlegroups et leur interaction avec des éléments civils (voir article séparé), rapport attendu au 1er semestre 2012.

Les procédures de gestion de crise, procédures qui datent un peu puisqu’elles remontent à 2003, doivent aussi être revues, estiment les 27 qui demandent à la Haute représentante de faire des propositions, en suivant quelques principes. Il faut avoir des “mandats clairs” et des “capacités renforcées” pour les structures de gestion de crises, notamment entre le CMPD et l’Etat-Major de l’UE (la CPCC n’est pas citée en tant que tel, mais on pense), pour « permettre une planification anticipée, et plus efficace, permettant une prise de décision plus rapide au niveau politique, l’amélioration des échanges d’informations, l’identification de synergies civilo-militaires et une étroite coopération avec les organisations internationales ». On peut préciser que ce travail a déjà été entamé au sein du SEAE. Le général de Kermabon étant spécialement chargé de faire une mission d’étude et de proposition.

Rapport sur la coopération avec l’ONU

La coopération internationale notamment avec les structures onusiennes de gestion de crises a aussi été examinée, les 27 demandant – là encore – à la Haute représentante de faire des propositions pour des actions concrètes qui devront être prises à la première moitié de 2012. Dans le même sens, ils l’encouragent à continuer ses efforts pour faciliter la coopération entre l’UE et l’OTAN, notamment sur les théâtres d’opérations, où les deux organisations travaillent côte à côté (Afghanistan, Kosovo…). Ils valident ainsi le processus de contacts, notamment entre les différents niveaux des deux administrations.

(*) Texte qui n’est disponible qu’en anglais, pour l’instant. Traduction personnelle.

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Pour les Pays-Bas, l’OTAN le recours, la coopération européenne une nécessité

(BRUXELLES) Hans Hillen, le ministre néerlandais de la Défense, l’a bien précisé devant la 2e chambre le 30 novembre lors de la discussion du budget 2012.

Briser les tabous

La coopération entre les marines belge et néerlandaise et la mise en place du commandement de transport aérien à Eindhoven (EATC, avec les Belges, Allemands et Français) est un « exemple ». Mais il faut faire plus. « Nous devons briser le tabou que chaque pays devrait être capable de tout et de lui-même doit avoir. » L’Europe doit « envisager des formes de coopération de défense qui, auparavant, semblaient impensables, que ce soit pour le soutien et la mise en œuvre » a expliqué le ministre.

Otan, la meilleure garantie

« Ce n’est que si les pays européens peuvent compter davantage sur leurs propres capacités qu’ils pourront rester totalement alliés à part entière des Etats-Unis. Il ne s’agit pas seulement de réduire les coûts, mais certainement aussi d’accroître la résilience ». Car l’OTAN reste pour le ministre néerlandais de la Défense, « la meilleure garantie de sécurité sur le continent européen. La dépendance européenne sur les ressources militaires américaines pour mener à bien, même de petites missions, est mauvaise pour l’OTAN comme pour l’Europe ».

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