Qui a intérêt à en finir avec la mission EULEX Kosovo ?

(BRUXELLES2) La mission EULEX est mal vue par certains au Kosovo (*). Il y a bien sûr les Serbes du Kosovo, défenseurs de l’identité nationale serbe, qui voient d’un mauvais oeil cette présence occidentale qui vise à pacifier la situation sur le terrain. Mais ce sentiment est aussi partagé, coté albanais. Dans certains cercles du pouvoir à Pristina, on aimerait bien que les Européens « dégagent ». Le Premier ministre Hashim Thaçi ne s’en est pas caché à plusieurs reprises. Enfin, et surtout, la mission européenne EULEX dérange aussi par son existence même, et l’efficacité qu’elle commence à avoir dans le fonctionnement de la justice kosovare. Le travail mené par le procureur spécial, les juges, les policiers d’EULEX, les perquisitions, les enquêtes, les arrestations de personnes corrompues, de trafiquants en tous genres perturbent un petit monde bien établi, mafieux de tous bords, qui aimeraient trafiquer en toute tranquillité. Tout cela fait un ensemble de pistes pas négligeables qui avaient intérêt à un geste fort comme l’assassinat d’un douanier membre d’Eulex.

NB : pour percevoir une certaine pensée, on peut regarder ce clip de rap local intitulé « fuck Eulex »

Lire aussi :

(*) Pour s’en convaincre, regarder cette video « Fuck Eulex« 

VehiculeAttaqué@Koha130919

Tir contre EULEX au nord du Kosovo : un mort (maj5)

VehiculeAttaqué@Koha130919

(crédit : Koha Ditore)

(BRUXELLES2) Un coup de feu a atteint mortellement un agent de la mission européenne EULEX aujourd’hui (19 septembre) dans le nord du Kosovo. Il était « environ 7h30 ce matin. Et les deux véhicules d’Eulex avec à bord 6 personnes – agents d’Eulex – étaient en circulation, venant d’effectuer une rotation au point frontière « Gate 1 » (avec la Serbie), quand ils ont été pris sous des coups de feu, d’origine inconnue, tirés à proximité de Zveçan/Zvečan » (commune qui jouxte Mitrovica nord). L’agent d’EULEX a alors été mortellement atteint par un tir à la tête.

Un Lituanien tué, un Tchèque blessé

Selon nos informations, il s’agit d’un douanier lituanien. « Un jeune homme qui laisse derrière lui une femme et sa famille » a précisé Bernd Borchardt, le chef de mission d’EULEX (*). « Je suis choqué, très choqué, et triste » a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse. Les secours et médecins ont tout « tenté pour le sauver ». Mais le pronostic était déjà engagé. Les véhicules européens étaient – semble-t-il – délibérément visés avec plusieurs tirs, selon les premiers éléments de l’enquête. Un autre agent (tchèque) a été évacué sur l’hôpital, blessé ou peut-être simplement commotionné si l’on en croit les premières déclarations du chef de mission EULEX. Ses jours ne sont pas en danger, selon la mission. Outre le Lituanien et le Tchèque, un Grec, un Danois, un Bulgare et un Croate étaient à bord des véhicules.

Secteur bouclé, enquête en cours

La Task Force de Mitrovica a été immédiatement activée et une enquête pour meurtre ouverte. C’est le procureur spécial (SPRK) qui est saisi. La zone a été bouclée. Des unités spéciales d’Eulex et de la KFOR ont été déployés.« Aucun effort ne sera épargné pour amener l’auteur à la justice. » précise un communiqué d’EULEX qui « condamne dans les termes les plus forts possibles cette acte marquée par une violence lâche à l’égard de ses équipes. » Un appel a témoins a été lancé suite à cet incident. Les personnes ayant des personnes à donner étant invitées à donner leur témoignage par téléphone au +381 38 78 5555 ou 5556.

Des incidents très politisés

La situation était épisodiquement tendue dans cette région du Kosovo. La mission avait déjà la cible de tireurs isolés l’année dernière (lire : Fusillade contre un véhicule EULEX à un moment-clé pour le Kosovo) Des incidents qui ne sont pas totalement dénués de sens politique : ils sont ainsi plus fréquents à l’approche des moments-clés de négociation et de rapprochement serbe-kosovar. La période actuelle, avec les élections municipales et les derniers accords entre Belgrade et Pristina se discutent, est particulièrement tendue au niveau politique. « L’enquête nous indiquera qui est derrière cette attaque. (Mais) nous avons le sentiment que cette attaque est directement dirigée contre le processus de normalisation en cours que nous essayons de faciliter avec le dialogue engagé, pour le Kosovo en général et le nord en particulier » a indiqué très vite Samuel Žbogar, le représentant spécial de l’UE au Kosovo.

38e décès

C’est le 38e décès à déplorer dans les équipes de gestion de crise européennes depuis 1990 (selon notre base de données). Mais le premier au Kosovo, et même dans les Balkans, commis de façon intentionnelle à l’encontre des équipes européennes (hormis accidents et mines) depuis les années 1990 et le tir contre un hélicoptère des observateurs européens. Lire : *In Memoriam. Diplomates et militaires morts en mission CE / UE

(maj) Réactions au Kosovo… et au niveau européen

Le président du Kosovo Atifete Jahjaga ainsi que le Premier ministre Hashim Thaci ont condamné l’attaque. Selon le quotidien Koha Ditore, le président a aussi lancé un appel au « calme », à la veille des élections municipales, « afin de permettre un vote libre et dans la dignité pour tous les citoyens dans toutes les régions du Kosovo ». NB : Le Premier ministre kosovar était, plus ou moins, partisan d’un départ rapide de la mission européenne EULEX du Kosovo.

Le représentant spécial de l’ONU, Farid Zarif, a également condamné (à 11h), cette attaque. « Cet acte de violence est une attaque directe contre les principes de paix, de justice et de civisme que les missions internationales présentes au Kosovo servent. Tout attaque contre un des représentants de la communauté internationale est une attaque contre la communauté internationale dans son entier » a-t-il affirmé. Il a aussi appelé « d’urgence chacun à éviter toute spéculation sur les motifs et identités de ceux qui sont responsables (et de) laisser aux enquêteurs le soin de faire leur travail ».

Quant à la Haute représentante, Cathy Ashton, elle a exprimé sa « profonde tristesse », exprimant ses condoléances à la famille et amis de la victime ». Elle a condamné cette attaque — « les auteurs doivent être traduits en justice » — et affirmé la « détermination de l’Union européenne à continuer ses engagements au Kosovo et ses efforts dans le contexte du dialogue » entamé entre Pristina et Belgrade (EU-facilitated dialogue). Elle a aussi appelé « toutes les parties à redoubler leurs efforts pour mettre en oeuvre les accords déjà entérinés, à normaliser les relations et améliorer les vies de la population sur le terrain dans le nord du Kosovo » (**).

(Nicolas Gros-Verheyde)

(*) L’identité du Lituanien décédé a, entretemps, été révélée par la mission. Il s’agit de Audrius Šenavičius, âgé de 35 ans

(**) Texte original (anglais) : “I was deeply saddened by the death of the Lithuanian member of EULEX staff in northern Kosovo this morning. I extend my deepest condolences to the family and friends of the victim. I condemn in the strongest possible terms the attack that led to the death of the staff member. The perpetrators must be brought to justice. The European Union is determined to continue its engagement and commitment in Kosovo and will press on with its work in the context of the EU-facilitated dialogue. I appeal to all parties to redouble their efforts to implement the agreements reached, to normalise relations and to improve the lives of the people on the ground in northern Kosovo.”

Interception mouvementée à Mitrovica

(B2) Alors que les forces européennes d’Eulex étaient en opération dans le cadre d’une enquête criminelle, lundi (29 juillet), pour intercepter et examiner une voiture suspectée d’être associée à un triple meurtre à Mitrovica l’année dernière, un des témoins a sorti son arme et tenté de fuir. Ce qui a suscité quelques remous. Le commandement d’EULEX a donc préféré souligné — dans un communiqué — que cette action était liée à une « enquête criminelle, basée sur de sérieuses présomptions et non dirigées contre un groupe ethnique ».

 

Kosovo. Bllaca, homme du SHIK, condamné

(B2) Le tribunal de Pristina a jugé coupable de meutre aggravé Nazim Bllaca et l’a condamné à 4 ans et demi de prison (lire aussi : Bllaca plaide coupable). Agent du service « action » de l’UCK (le SHIK), bras armé du parti de l’actuel Premier ministre, H. Thaci (PDK), Bllaca a reconnu dans des confessions qui ont secoué le petit monde du Kosovo, de plusieurs meurtres, notamment de responsables du parti concurrent du PDK, le LDK de Ibrahim Rugova. La prise de pouvoirs du PDK s’est, en effet, avérée plus que sanglante, en 1999, durant et après l’intervention de l’OTAN.

Il a été placé immédiatement en détention au prononcé de la peine. Mais, ayant passé déjà 1 an en détention entre novembre 2009 et novembre 2010, ce temps sera décompté.

Les juges européens et du Kosovo ont appliqué le code pénal en vigueur au moment des faits, c’est-à-dire celui de la province autonome socialiste du Kosovo et de la république fédérale socialiste de Yougoslavie, aujourd’hui repris aux articles 31 et 179 du code pénal du Kosovo.

(Nicolas Gros-Verheyde)

Bllaca plaide coupable

(B2) Nazim Bllaca, accusé d’assassinats, a plaidé coupable lors de l’audience initiale qui s’est tenue à la Cour d’appel de Pristina ce mercredi (3 juillet). Nazim Bllaca avait déclaré publiquement dans les médias avoir fait partie, de 1999 à 2003, d’une unité chargé des « exécutions » du SHIK le service de renseignement du Kosovo. Il avait ainsi reconnu avoir participé à 17 actions criminelles (meurtres ou tentatives de meurtres). Le magistrat européen, président la Cour, a rendu une décision d’accepter le plaidoyer de culpabilité fait par le défendeur. L’audience pour déterminer la peine est prévue le 15 Juillet 2013. L’accusé était poursuivi par un procureur d’EULEX de l’Office du procureur spécial du Kosovo (SPRK).

Logo EulexKosovo

Quand le juge et l’avocat s’entendent sur le dos de l’assurance…

Logo EulexKosovo(BRUXELLES2) Le tribunal de première instance de Pejë / Peć — présidé par un juge européen de la mission EULEX * – a reconnu coupable et condamné, vendredi (14 juin), l’ancien magistrat Kolë Puka et l’ancien avocat Avdullah Robaj pour abus de position officielle ou d’autorité. Le jury mixte — composé deux juges européens de EULEX et un juge du Kosovo a reconnu qu’il y avait suffisamment de preuves.

Corruption en bande organisée

Les accusés avaient participé à une procédure illégale au tribunal municipal de Klina en Juin 2005, avec à la clé une perte de près de 71.300 € pour l’unité d’assurance obligatoire de Pristina (Association d’assurance du Kosovo). A ce moment-là, Kolë Puka était juge et Avdullah Robaj était l’avocat représentant l’Association d’assurance du Kosovo. Le premier a plaidé coupable et a été condamné à un an et six mois d’emprisonnement. Il a également été interdit d’exercer, d’occuper une position officielle ou de pratiquer comme avocat pour une période de trois ans chacun suivant sa libération. Le second a plaidé « non coupable » et a été condamné à la même période d’emprisonnement (un an et six mois).

Les deux inculpés ont été déclarés solidairement responsables et tenus de rembourser à l’Association d’assurance du Kosovo la somme du préjudice. NB : Toutes les parties ont le droit de faire appel.

* La mission « Etat de droit » de l’Union européenne (EULEX) est déployée au Kosovo depuis 2008 avec mission d’assister en matière de justice, de police et de douanes le nouvel Etat.

Arrestation d’un individu suspecté de viol de guerre

(BRUXELLES2) Un individu recherché « pour crime de guerre contre des populations civiles » a été arrêté au Kosovo. L’homme est accusé d’avoir violé une kosovare albanaise durant le conflit qui a secoué le pays entre 1998 et 1999, comme le précise un communiqué d’EULEX, la mission européenne « Etat de droit » déployée dans le pays.

L’arrestation a été menée par l’Unité d’investigation sur les crimes de guerre (WICIU) de la police EULEX sur demande formulée par un juge européen du tribunal de Mitrovica (Nord du Kosovo). L’enquête est menée par une procureur spécial de la mission EULEX issu du Bureau spécial d’investigation pour le Kosovo (SPRK).

5 personnes arrêtées pour crime de guerre au Kosovo

(BRUXELLES2) 5 personnes ont été arrêtées au Kosovo. Elles sont « suspectées de crimes de guerre contre la population civile », a annoncé un communiqué de la mission européenne « Etat de droit » (EULEX Kosovo). Des accusations lourdes car elles portent sur les sévices et les conditions de d’emprisonnement dans un centre de détention de l’Armée de libération du Kosovo (KLA, organisation paramilitaire) situé dans la municipalité de Skenderaj. L’une des personnes interpellées est de plus accusée du meurtre d’un civil. Cette arrestation s’est déroulée conjointement entre les forces de police EULEX et l’Unité des opérations spéciales de la police du Kosovo sur un mandat fourni par un juge du tribunal de Mitrovica. L’enquête est portée par le procureur spécial européen.

Un boss de la mafia balkanique arrêté

(BRUXELLES2) L’unité d’enquête pour le crime organisé d’EULEX au Kosovo a arrêté mardi (7 mai), le trafiquant Naser Kelmendi à Pristina (Kosovo). Cette arrestation a eu lieu sur la base d’un mandat d’arrêt émis par le procureur spécial EULEX et en se fondant sur une enquête du Bureau pour les enquêtes spéciales de la mission européenne. L’opération « a été conduite en coordination avec les procureurs locaux », précise-t-on à Eulex.

Naser Kelmendi est accusé de crime organisé et notamment de trafic de drogue. Il avait été arrêté dimanche (5 mai) avant d’être relâché puis de nouveau arrêté, moins de 48 heures après (mardi 7 mai). Il est considéré comme l’un des « boss » de la mafia locale et était notamment inscrit sur la liste des criminels internationaux les plus dangereux selon les États-Unis depuis 2012.

5 personnes condamnées pour trafic d’organes au Kosovo

Le tribunal rend son verdict dans l’affaire Medicus (crédit : EULEX Kosovo)

(BRUXELLES2) L’affaire du trafic d’organes au Kosovo (affaire Medicus) semble aboutir puisqu’un panel formé de 2 juges européens et d’un juge local du tribunal de Pristina ont condamné ce lundi (29 avril) cinq personnes à des peines allant d’un à huit ans d’emprisonnement, précise un communiqué d’Eulex, la mission européenne « Etat de droit » déployée au Kosovo.

Lutfi Dervishi et Arban Dervishi ont été reconnus coupable de crime organisé et de trafic d’êtres humains et condamnés à des peines de 8 et 7 ans de prison. Sokol Hadjini, Sulejman Dulla et Islam Bytyqi ont quant à eux été condamnés pour blessures graves à des peines allant de 1 à 3 ans de prison. Deux accusés, Driton Jilta et Ilir Rrecaj (un ancien haut responsable du ministère de la Santé), ont été acquittés des charges d’abus de pouvoir et d’autorité. Mais le procureur spécial de la mission EULEX (SPRK) qui instruisait l’affaire a annoncé qu’il ferait appel. Le premier acquitté avait pourtant annoncé qu’il plaiderait coupable.

L’aboutissement d’un enquête longue

Le trafic d’organes au Kosovo jusqu’ici non sanctionné était un des points « noirs » de la justice du tout jeune Etat. Mis en évidence en décembre 2010 dans un rapport pour le Conseil de l’Europe rédigé par le député suisse Dick Marty, celui-ci fustigeait l’inaction des européens face à ce trafic et dénonçait l’implication d’une partie de la classe politique kosovare. Une Task Force européenne spéciale a été mise en place en juin 2011 pour enquêter sur ces crimes dans le cadre de la mission EULEX.

Lire aussi :

Massacre au Kosovo en 1999 : Eulex ouvre l’enquête

(BRUXELLES2) Les procureurs spéciaux de la mission EULEX Kosovo ont mercredi (24 avril) « formellement ouvert une enquête sur les crimes de guerres » commis les 27 et 28 avril 1999 dans la municipalité de Djakovica et notamment dans les villages de Meja, Oriza et ceux de la vallée de Caragoj. Selon la mission européenne, ce massacre est le plus important commis pendant le conflit qui a ravagé la région en 1999.

Des crimes de grande ampleur

La plupart des 372 victimes albanaises ont été retrouvées dans une fosse commune à Batajnica, en Serbie. Les procureurs auraient identifié une vingtaine de personnes qui pourraient être inculpés pour crimes de guerre, la liste des exactions étant particulièrement longue puisque les procureurs font état « de tortures, traitement inhumains, immenses souffrances, dislocation et déplacement, confiscation de biens, pillages qui n’étaient pas justifiés par des besoins militaires ».