Un Suédois commandera la Minurcat II. Premiers effectifs

(BRUXELLES2) C’est un Suédois qui devrait diriger la Minurcat II – la force de l’Onu au Tchad et en Centrafrique – qui doit prendre le relais de la mission militaire européenne EUFOR Tchad RCA au printemps.

Le lieutenant-colonel Jonny Börjesson devrait prendre ses fonctions dès la mi-février pour assurer la transition entre les deux forces. Il devrait travailler en « étroite collaboration » avec les Irlandais qui commandent actuellement l’opération et conserveront un rôle important dans la mission de l’ONU. Une coopération facilitée car les deux armées collaborent régulièrement, notamment au sein du battlegroup nordique de l’UE (auquel participe l’Irlande) et par l’expérience dans les Balkans.

Pour l’instant une quinzaine de pays ont indiqué soutenir  la force et y participer d’une manière ou d’une autre. Mais soyons clairs : l’essentiel des effectifs proviendra – au moins dans un premier temps de pays participant déjà à l’EUFOR. Français, Polonais et Irlandais notamment. Mais aussi Finlandais, Néerlandais et Russes.

• La Pologne va maintenir des troupes autour d’Iriba, sa base actuelle. Mais de façon réduite. 300 à 400 hommes contre 515 actuellement. Les hélicoptères polonais devraient aussi rentrer au pays.

• La Finlande devrait augmenter légèrement ses effectifs, les portant de 60 actuellement à 100 (voire 200).

• La Russie maintient ses hélicoptères. La durée prévue de l’engagement étant d’un an (2009). Les derniers effectifs d’hélicoptères sont arrivés le 24 décembre. Et l’ensemble de la force héliportée russe est pleinement opérationnelle depuis début janvier.

• Nouveau venu, la Norvège fournira un hopital de Campagne, avec un effectif de 150 personnes (dont 90 dédiés à l’hôpital). Ce qui va tirer une singulière épine du pied du chef d’opération. L’hopital de rôle II étant primordial au lancement de toute opération de maintien de paix. Les Italiens – qui disposent d’un superbe hôpital déployable – ne semblaient en effet pas disposés à y rester (rationalisation bugétaire et engagement en Afghanistan obligent). La Ministre de la défense norvégien, Anne-Grete Strom-Erichsen, que la Norvège ne participerait cependant pas au renfort de la Monuc au Congo.

• Parmi les pays non européens, le Togo a annoncé fournir un contingent de 300 hommes. Le chef d’Etat major togolais – le général Zakari Nandja – s’en est entretenu à la mi-décembre avec le général Chikadibia Obiakor, conseiller militaire des Nations Unies.

(NGV)

Tchad: le relais se prépare entre l’EUFOR et la Minurcat II

(BRUXELLES2) Pour la mission militaire de l’UE (Eufor) au Tchad et en république centrafricaine, les prochains mois seront rythmés par le passage de témoin à la force de l’ONU (Minurcat II). Du personnel est en cours de recrutement à l’ONU et pourrait commencer à être déployé début février (un chef vient d’être nommé). L’objectif est d’assurer une transition « douce » avec l’EUFOR et de préparer l’accueil des troupes supplémentaires.

Cette transition ne sera pas aussi facile qu’espéré. Car, pour l’instant, peu de pays – mis à part ceux participant à l’Eufor – se sont empressés de faire des offres. Et la situation humanitaire comme sécuritaire reste précaire. Tandis que les relations avec le Soudan demeurent instables. Deux véhicules de l’Eufor ont ainsi été détruits par les Soudanais. Dans la zone de Birak, deux hélicoptères soudanais Mi24 ont ouvert le feu, le 15 novembre, sur une patrouille de l’Eufor, sans faire de victimes. A noter qu’une conférence des donateurs aura lieu début 2009 à Bruxelles pour doter le fonds d’affectation spéciale, permettant notamment de former la nouvelle force de sécurité tchadienne – le Détachement intégré de sécurité (DIS) – dont le gouvernement entend doubler l’effectif.

La situation humanitaire et sécuritaire précaire

Dissuation militaire nécessaire face au banditisme. « Les vols de voitures occupées, vols à main armée et crimes visant le personnel humanitaire et les citoyens et réfugiés tchadiens se sont poursuivis. Les attaques menées par des bandits lourdement armés constituent la menace la plus immédiate et la plus constante pesant sur la population civile et les opérations humanitaires » explique le rapport de Ban Ki Moon publié début décembre. « Il s’agit d’une menace de nature criminelle, qui se manifeste essentiellement par l’utilisation d’armements militaires, y compris des armes lourdes. Contrer cette menace exige davantage que des activités de police : la dissuasion militaire s’impose. Lorsqu’elle ne suffit pas, l’intervention militaire est nécessaire. ». Attaques répétées. Le camp de réfugiés de Sam Oundja qui abrite 3 000 réfugiés du Darfour a été attaqué par un groupe armé non identifié le 8 novembre. À la suite de cette attaque, l’EUFOR a évacué neuf travailleurs humanitaires vers Birao. La zone de Birak est aussi tendue. Des villages autour de la ville ont été attaqués début novembre faisant 8 tués et 240 maisons détruites (sur 300). Assistance durable. On estime qu’environ 500 000 personnes reçoivent actuellement une assistance. «Faute de conditions de sécurité suffisantes, il est peu probable que les réfugiés retournent dans leurs lieux d’origine. Ils continueront donc à dépendre dans une large mesure de l’assistance extérieure.»

Concept de la force de l’Onu

Zone d’opérations plus vaste.

La force de l’ONU reprendrait les missions de l’Eufor — prévenir les hostilités, rassurer la population civile, améliorer l’acheminement de l’assistance humanitaire, assurer la protection du personnel et des installations des Nations-Unies — mais sur une zone d’opérations plus vaste, et avec des responsabilités supplémentaires, consistant notamment à assurer des conditions de sécurité propices au déploiement récemment engagé d’un détachement intégré de sécurité (DIS) légèrement armé.

L’effectif sera donc supérieur à celui de l’Eufor

4900 hommes a demandé le secrétaire général. En-dessous du premier chiffre de 6000 annoncé par l’ONU. Mais au-dessus de ce que voulaient les autorités tchadiennes. Celles-ci ont refusé en effet un déploiement d’une force trop importante, acceptant d’abord 3000 puis 3500 hommes, 4500 et enfin 4900 hommes, après négociation entre Déby et le secrétaire général de l’ONU à Doha. (la force de l’UE compte environ 3700 hommes). Six sites au Tchad, la force de l’ONU sera répartie sur six sites (à raison d’un demi-bataillon d’environ 400 hommes par site), initialement Iriba, Guéréda, Farchana et Goz Beida (sites de l’Eufor), et par la suite Bahai et Koukou-Goz Amer (deux sites à créer), et devrait être capable d’effectuer « 24 patrouilles de sécurité quotidiennement ». Un mémorandum d’accord doit officialiser l’accord entre l’ONU et le Gouvernement tchadien sur le transfert à la MINURCAT de l’utilisation de tous les sites de l’EUFOR, ainsi que les infrastructures connexes et, surtout, les droits relatifs au forage et à l’usage de puits d’eau.

Réserve mobile.

Une réserve mobile, de la taille d’un bataillon (800 hommes), devra assurer une capacité de montée en puissance en cas de menace nouvelle. Le tout appuyé par 18 hélicoptères. Détachement léger en Centrafrique. La présence de la Minurcat II sera réduite dans le pays. Un petit détachement militaire d’une quinzaine d’officiers pourrait suffire, chargé « d’assurer la liaison avec les autorités locales et les principaux acteurs, de maintenir une connaissance circonscrite de la situation, et d’évaluer l’état de l’aérodrome de Birao et de déterminer les travaux d’entretien nécessaires ». En effet, tant du côté de l’Eufor que de l’Onu , on estime qu’il n’existe pas de menace durable et majeure dans cette région. Les principaux risques se situant au nord-ouest et au sud-est du pays (ce qui supposerait à la fois un changement de mandat pour laMinurcat II et des forces plus conséquentes entre 500 et 1000 hommes).

Lente montée en puissance.

Les bataillons de secteur, la force de réserve, ainsi que l’appui logistique, la force de transport (route et air), la capacité médicale sera basée à Abéché durant la première phase de transition. Les déploiements de troupes et de matériel seront extrêmement limités durant la saison des pluies. Le plein effectif ne sera atteint qu’en octobre 2009. Soit le même délai qu’a mis Eufor à monter en puissance (on peut s’interroger pourquoi tant de temps, alors que l’Onu a eu plus d’un an pour se préparer). Appui logistique français ? Un « appui in extremis » pourra être demandé à certains Etats membres de l’ONU « pour assurer la sûreté et la sécurité du personnel et des installations des Nations Unies », ainsi que la logistique, « dans l’éventualité où la force des Nations Unies ne serait pas en mesure de faire face à la situation » (on pense bien sûr à la France et son opération Epervier qui seront, dans ce cas, le plus à même de fournir ce soutien).

Une force installée dans la durée.

Six critères ont été fixés par l’ONU pour mettre fin à la Minurcat II. Des critères, logiques, mais qui, vu la situation sur place, laissent augurer d’une présence longue de la force de l’ONU :

  • a) Retour volontaire et réinstallation dans des conditions sûres d’une masse critique de personnes déplacées;
  • b) Démilitarisation des camps de réfugiés et de personnes déplacées, attestée par une diminution de la présence d’armes, de la violence et des violations des droits de l’homme;
  • c) Capacité des autorités locales de protéger comme il se doit les réfugiés, les personnes déplacées, les civils et les humanitaires;
  • d) Capacité des organes nationaux de police de maintenir l’ordre public en faisant respecter les normes internationales relatives aux droits de l’homme;
  • e) Instauration progressive d’un pouvoir judiciaire indépendant et efficace dans l’est du Tchad, contribuant à mettre fin à l’impunité, attestée par une augmentation sensible des moyens et de l’indépendance du secteur de la justice, et du respect manifesté à son égard;
  • f) Système pénitentiaire renforcé dans l’est du Tchad, fondé sur une administration pénitentiaire respectueuse des droits de l’homme.

A noter qu’en complément de la force de l’ONU, une force de paix et de sécurité (FPS) – tchado-soudanaise – serait déployée le long de la frontière entre le Tchad et le Soudan, avec la mise en place de postes d’observation, le Tchad et le Soudan devraient chacun déployer un millier de soldats à leurs frontières respectives.

Lire aussi :

Une tente, ça brûle vite! Eufor Tchad vient d’en faire l’expérience

(crédit Photo: Puolustusvoimat)

(B2) Eufor vient d’être victime d’une attaque soudaine… le feu, apprend-on de source finlandaise et irlandaise. Le feu a pris dans une tente samedi dernier (13 décembre) et s’est rapidement propagée aux autres dans le camp d’Abéché (à l’est du Tchad) qui sert de quartier général aux forces européennes d’Eufor Tchad. Quatre tentes sont détruites. Ce sont essentiellement les soldats finlandais et irlandais qui ont été touchés (1). Selon les premiers éléments d’enquête, l’incendie résulte de la « manipulation des fusées éclairantes » assure-ton coté finlandais. Le feu, en tout cas, s’est propagé très vite, aidé par le vent fort (qui souffle bien sur cette plaine où est situé Abéché). Et les explosions des cartouches des fusils mitrailleurs ont gêné la lutte contre le feu. Aucun dommage grave. Deux soldats finlandais qui tentaient d’éteindre le feu ont été légèrement brulés. Mais tout l’équipement personnel des soldats a été perdu.

(NGV)

(1) Basés normalement à Goz Beida, dans le sud du pays, les soldats irlandais assurent une partie de la garde du camp d’Abéché.

Les Russes débarquent au Tchad…

(BRUXELLES2) Un Illiouchine-76 militaire russe vient de terminer sa troisième rotation, en amenant dans la nuit de mardi à mercredi, cinq nouveaux soldats du groupe d’hélicoptères russes au Tchad et du matériel, après une escale de ravitaillement en fuel, à Sebkha, en Turquie, selon le lieutenant-colonel Vladimir Drik, officier de presse du commandant de l’Armée de l’air russe, cité par nos collègues de Ria Novosti.

L’avion cargo a notamment acheminé un véhicule sanitaire AS-43501 monté sur la base d’un camion tous-terrains. Mercredi soir, l’avion effectuera une nouvelle rotation pour amener de nouveaux militaires et un véhicule de transport d’eau à Ndjamena.

La première rotation avait été entamée le 14 novembre, à partir de l’aéroport militaire de Tver (nord de Moscou), emmenant 10 hommes et 10 tonnes de matériel. Une deuxième avait eu lieu quelques jours plus tard, emmenant notamment des habitations modulaires. Une dizaine devrait être nécessaire afin d’acheminer, tous les hommes et matériels. Les Russes se déplaçant, en effet, avec les équipements complets, et autonomes totalement…

Stationné à Abéché, avec les autres hélicoptères (français et polonais), le contingent russe sera chargé de transporter des cargaisons et des agents l’ONU et d’effectuer des opérations d’évacuation, de recherche, de sauvetage et de patrouille. Il devrait comprendre un peu plus de 100 hommes et quatre hélicoptères Mi-8MT équipés des armements et des munitions nécessaires au Tchad pour 12 mois si l’on en croit, le décret signé par le président russe Dmitri Medvedev.

Les hélicoptères russes pourraient ainsi continuer leur mission au-delà de la mission de l’UE et passer alors sous la bannière de l’ONU à partir de mars prochain.

(NGV)

Troupes présentes à Eufor Tchad

(BRUXELLES2) Eufor Tchad et RCA, ce sont sur le terrain : 3348 hommes (et femmes) fournis par 25 pays (23 Etats membres de l’UE et 2 non membres de l’UE. Répartis comme suit :

Etats-membres de l’UE

  • AUSTRIA : 175
  • BELGIUM : 69
  • BULGARIA : 2
  • CYPRUS : 2
  • CZECH REPUBLIC : 2
  • EUROPEAN UNION : 1
  • FINLAND : 61
  • FRANCE : 1711
  • GERMANY : 4
  • HELLENE : 15
  • HUNGARY : 3
  • IRELAND : 445
  • ITALY : 99
  • LITHUANIA : 2
  • LUXEMBOURG : 2
  • NETHERLANDS : 90
  • POLAND : 404
  • PORTUGAL : 2
  • ROMANIA : 2
  • SLOVAKIA : 1
  • SLOVENIA : 15
  • SPAIN : 80
  • SWEDEN : 79
  • UNITED KINGDOM : 4

Non membres de l’UE

  • ALBANIA : 63
  • CROATIA : 15

A cela il faut ajouter 160 hommes à l’Etat major d’opération (OHQ) au Mont-Valérien

(NGV)

(Bilan présenté par Eufor Tchad/RCA au Parlement européen, novembre 2008)

L’Onu prépare son engagement au Tchad…

(BRUXELLES2) Le  général de corps d’armée, Chikadibia Isaac Obiakor, conseiller militaire du Département des opérations de maintien de la paix des aNations Unies était mercredi au Tchad pour discuter du possible déploiement d’une force de l’ONU qui devrait relayer la force européenne EUFOR en mars 2009. Durant sa visite de trois jours, le général Obiakor devait discuter de cette question avec le représentant spécial du Président de la République tchadien, ainsi qu’avec les ministres des Relations extérieures et de la Défense.

Il doit également se rendre à Abéché et Farchana, dans l’est du Tchad, pour rencontrer la Mission des Nations Unies en République centrafricaine et au Tchad (MINURCAT) déployée dans cette région et les installations de l’EUFOR. Nigérian, il a commencé sa carrière en 1973. A servi comme commandant d’une brigade d’articllerie au Liberia en 1996 et 1997 dans le cadre de l’ECOMOG – le groupe de surveillance des Etats d’Afrique de l’Ouest), puis comme chef de la mission Unmil au Liberia. Il est à ce poste, à l’ONU, depuis le 1er janvier 2006.

(NGV)

Hélicoptères russes au Tchad: accord signé

(BRUXELLES2) Aujourd’hui quelques minutes après 15h, l’ambassadeur russe auprès de l’Union européenne, Vladimir Tchijov et le Haut représentant de l’UE pour la Politique étrangère et de sécurité commune, Javier Solana, ont signé l’accord sur la participation de la Russie à l’opération militaire de l’Union au Tchad et en Centrafrique.

Les Russes enverront quatre hélicoptères de transport Mi-8MT, munis d’armements et de munitions nécessaires, pour 12 mois au maximum. Les hélicoptères pourraient ainsi passer de l’Eufor sous mandat de l’Onu.

« Le premier hélicoptère devrait arriver (sans doute au Cameroun) à bord d’un Rouslan (cargo géant russe) le 14 novembre » m’ont indiqué mes collègues russes. Les autres suivront dans les jours suivants. Le contingent russe sera basé à Abéché.

« C’est notre première expérience de coopération avec l’UE dans une opération militaire de l’UE » a précisé le diplomate. Peut-être pas la dernière ? aurait-il pu ajouter.

(NGV)

(Photo : Conseil de l’UE)

Lire aussi : (exclusif) L’accord Russe-UE pour les hélicoptères au Tchad (octobre 2008)

Les quatre défis pour l’avenir d’EUFOR Tchad et le « voeu » du général Leakey

© NGV / B2 (pas de copie sans autorisation)

(BRUXELLES2) Venu rendre compte devant la sous-commission défense du Parlement européen, le général David Leakey, chef de l’Etat major de l’Union européenne, a usé de tout son sens politique, pour répondre aussi franchement que possible tout en restant diplomatiquement correct. Mais – et c’est tout le talent de ce général britannique – à travers les incises de son raisonnement, on peut découvrir certains « éléments de langage » plus directs. Quand il a tracé les défis auxquels avait été – ou est encore confronté – l’opération militaire de l’Union européenne au Tchad et république Centrafricaine, Eufor Tchad RCA.

EUFOR Tchad : un succès opérationnel

Dans un milieu hostile. Le général a mis en avant la réussite de l’opération, particulièrement d’un point de vue de l’intégration de troupes venus de divers horizons de l’UE. Ce qui n’était pas évident pour une telle mission en Afrique. « Au début de cette opération, le pessimisme régnait. On croyait ne pas pouvoir déployer ces forces dans l’environnement le plus hostile du monde, à des milliers de kilomètres des ports et aéroports. Les sceptiques se retrouvaient même au sein même des plus grands contingents qui craignaient de devoir soutenir les petits Etats membres qui n’avaient pas leur expérience, comme eux, de l’Afrique (le général ne cite pas les Français mais il y pense très fort…) ». Mais le résultat a été bon.

Equipement adéquat et troupes aguerries.

« Le Général Ganascia (commandant de la force sur le terrain) m’a dit lui même être très surpris des capacités déployées par les contingents polonais, irlandais, suédois par exemple… qui sont arrivés avec les équipements qui convenaient idéalement au terrain ». Elément supplémentaire «les soldats sont arrivés avec un état d’esprit positif. Ils n’ont pas été épouvantés de la situation. Alors que le contexte est réellement difficile, hostile. Car sur place, il n’y a rien, rigoureusement rien, même l’approvisionnement en eau pose un problème». Conclusion : « cela traduit l’évolution des armées de plusieurs Etats membres, qui sont passés d’une défense territoriale à une défense qui se projette ».

Les principaux défis pour l’avenir

1° Rebelles et armée gouvernementale se préparent à la confrontation.

La situation reste « calme dans toutes les régions où agit l’opération ». Mais le général est bien conscient que la climatologie joue son rôle. « La saison des pluies s’est prolongée. Les pistes qui devaient avoir retrouvé leur état sont encore difficilement trafiquables (dans le sud surtout)». La situation devrait changer d’ici 2 ou 3 semaines. «Et qui dit facilité de circulation, dit menace de confrontation. » La situation est complexe. Il n’y a pas qu’une lutte frontale entre rebelles contre forces gouvernementales. « Il y a aussi des rivalités, pas vraiment ethniques, mais aussi de compétences territoriales. » Concernant plus particulièrement les rebelles, il est difficile « d’affirmer qu’ils se sont réarmés. Il faut maintenant savoir quand ils vont attaquer et avec quelle détermination, et aussi avec quelles ambitions. Les attaques précédentes ont été repoussées ». La confrontation est proche. En tout cas, l’armée gouvernementale s’est préparée et renforcée. « Le président (tchadien) Deby s’est réarmé. Il est plus fort et a déployé plus de forces que d’habitude dans l’Est. Et on peut dire qu’il attend des incursions de rebelles. Il dispose désormais d’un potentiel (notable) : des bombardiers d’origine russe, des hélicoptères de combat. On sait que ce sont des capacités décisives en cas d’attaque. »

2° La sécurité de la population et des humanitaires.

Cela demeure encore un problème. Le général Leakey le reconnaît à mi-mot. Dépendant des forces de sécurité tchadiennes, le bilan est « assez mitigé ». « Les forces tchadiennes préfèrent combattre les rebelles que lutter contre l’insécurité » remarque-t-il. Ensuite, « certaines milices, aux côtés des armées, se sont mal comportées, la fidélité de ces milices est très fluctuante ». Les gens n’ont donc pas confiance en l’Etat. Mais le général européen se veut néanmoins optimiste grâce au déploiement du DIS – le détachement intégré de sécurité – un corps de policiers et de gendarmes tchadiens formés par l’Onu. « 800 personnes du DIS ont été formés, dont une partie se déploie dans les camp de réfugiés et déplacés. Et 400 sont en formation. C’est un progrès, un jalon essentiel dans la sécurité. Et j’espère qu’avec ce déploiement, de personnes formés et sous autorité Minurcat, cela va s’améliorer».

3° Le retour des personnes déplacées.

« Un grand nombre de villageois sont revenus dans leur village, avec pour objectif de moissonner. Mais il faut voir maintenant si ces personnes déplacées vont rester ». « Je pense qu’ils ne seront pas très nombreux à rester sur place » ajoute le général. Cela ne tient pas seulement aux conditions de vie, « un peu meilleures dans les camps de déplacés mais qui restent tout de même rudimentaires (…) cela tient aussi aussi aux conditions de sécurité ». Au passage, le général note une nette différence entre les camps réfugiés très structurés et les camps de déplacés qui le sont un peu moins ; une volonté claire pour les humanitaires qui souhaitent que les déplacés rentrent chez eux. Mais sans exercer trop de pression.

4° Une transition douce entre l’EUFOR et l’Onu.

Une équipe d’experts européens de la logistique et financiers travaillent en ce moment à New-York, « sur les modalités de la transition, ainsi que sur les aspects financiers » (NB : le mandat d’Eufor va jusqu’en mars 2009). Un rapport du Secrétaire général de l’ONU sur le suivi est attendu. A l’étude également, la « phase critique» opérationnelle, c’est-à-dire la transition « sans heurt » entre l’EUFOR et l’ONU. Les Nations-Unies espèrent qu’elle sera « souple ». C’est-à-dire que la plupart des Etats membres qui participent actuellement pourront rester sous mandat de l’ONU et faire passer leurs troupes comme les Casques bleus.

Le vœu du général

« Si j’avais un vœu, un seul : ce seraient des hélicoptères. Car cela permet de mieux utiliser les moyens. Si j’avais droit à deux vœux : ce serait un bataillon en plus. »

(NGV)

Sur les hélicoptères russes, voir Hélicoptères russes au Tchad: l’accord bientot signé

Deux hélicoptères irlandais interdits de mission ?

(BRUXELLES2) Les hélicoptères loués par le ministère de la Défense irlandais pour les besoins de l’opération Eufor au Tchad – deux hélicoptères Mi-8T – ne peuvent emporter des passagers, même le personnel militaire. (du moins normalement) L’interdiction émane du secrétaire général du ministère irlandais de la Défense, Michael Howart. Loués pour 2,5 millions € sur les dix mois de la mission à une société privée britannique, Air Partner Commercial Jets, ces appareils n’étaient, en effet, pas homologués aux normes européennes pour prendre des passagers. Les seules missons qu’ils peuvent faire sont le transport de fret et des évacuations médicales, rapporte la presse irlandaise (Irish independant, Irish Times).

Cette décision suscite quelque émoi en Irlande. Et une enquête interne est en cours au Ministère de la défense pour savoir comment on a pu en arriver à cette « absurdité ». Bernard Allen, président du Comité des comptes publics, et membre du Fine Gael, ne comprend d’ailleurs toujours pas comment « personne dans le Département de la défense n’a pu vérifié que les deux hélicoptères Mi-8Ts, ne sont pas autorisés à transporter des passagers. Seán Fleming (du Fianna Fáil, parti au pouvoir) ne dit pas mieux. il s’agit d’un manque de capacité de négociation commerciale au sein de la fonction publique. « Au fil du temps, nous avons assisté à de mauvais contrats entre les irlandais de service public et les opérateurs commerciaux privés ».

Le même type d’hélicoptère avait été utilisé dans de précédentes missions des Irlandais, au Liberia par exemple, sans susciter de problème, se défend le ministère de la Défense. Mais il s’agissait à l’époque d’hélicoptères militaires. Cette fois, les hélicoptères sont civils, loués à une société commerciale, et leur configuration dans une opération européenne doit être conforme aux règlements de l’UE.

NB : de façon générale, la question des différences de normes d’emploi des appareils est un véritable casse tête pour les responsables « transport » d’Eufor au Tchad. Ainsi ils ont (enfin) obtenu que les Casa 295 espagnols puissent se poser sur les pistes plus sommaires de Forchana, Goz Beida ou Iriba. Ce qui n’était pas prévu au départ. L’Espagne a ainsi accepté « de faire preuve de souplesse par rapport aux règles d’atterrissage » (ce qui n’est pas sans danger pour les avions) et « la formation des pilotes a été renforcée » a confirmé, récemment, le général Leakey, chef de l’Etat-Major de l’UE.

(NGV)

Hélicoptères russes au Tchad: l’accord bientôt signé

(BRUXELLES2) La Russie et l’Union européenne devraient signer l’accord sur la participation de la Russie à Eufor Tchad, le 5 novembre, a précisé un diplomate russe, selon l’agence Novosti. 4 hélicoptères russes Mi8 et un contingent de plus de 100 hommes sont prévus. Ils devraient rester pour le temps de la mission Eufor. Mais la Russie devrait aussi continuer cette contribution sous le drapeau de l’Onu.

Répondant à une question d’un parlementaire, le général Leakey, chef d’Etat-Major de l’UE a précisé que la signature prévue à St Petersbourg avait « dû être reportée » et que « la capacité pourra être disponible au mois de décembre ». Concernant le commandement de la force (voir l’accord avec les Russes), le général a rappelé qu’ils « seront sous la chaîne de commandement de l’UE, à disposition du commandant en chef ». Bien entendu, « il existe des spécificités nationales – mais comme il en existe même pour les Etats membres – : le nombre d’heures de vol, par exemple…» a-t-il précisé.

(NGV)

Lire aussi : (exclusif) L’accord Russe-UE pour les hélicoptères au Tchad (octobre 2008)