La fin sans gloire d’une opération

(BRUXELLES2) L’opération EUFOR Libya prendra fin jeudi (10 novembre). Suivant la proposition du commandant d’opération, les ambassadeurs du COPS ont agréé cette date qui signe la fin d’une « non-opération ». EUFOR Libya n’a jamais été déployée, sauf en théorie, par la mise en place d’un quartier opérationnel de commandement (OHQ) à Rome et la planification de possibles, éventuels, potentiels, déploiements, en soutien à une mission humanitaire de l’UE. Au final, les humanitaires se sont débrouillé autrement. Et cette opération a sombré corps et bien.

Quelques leçons à en tirer

Cette mise en place signe la démonstration, par l’absurde, de la situation dans laquelle est aujourd’hui la politique européenne de défense. La combinaison des faiblesses ne conduit pas à une grande ambition, au contraire. Seule une volonté politique, un peu audacieuse, qui se dégage des « petites ambitions » de chaque capitale peut servir l’Europe.

Pour mettre en place une planification opérationnelle, on en est en fait réduit à monter en puissance un quartier général dans une capitale ; quitte à ce que cette opération ne voit pas le jour. Avec un quartier général opérationnel au sein du service diplomatique, on aurait évité ce qui apparait aujourd’hui comme une capitulation en rase-campagne du rôle de force de l’Union européenne…, sans doute économisé quelques forces, et finalement bénéficié d’un retour d’expérience non négligeable. Car la planification d’une opération, même non lancée, peut bénéficier à la suivante.

Il faudra sans doute éviter à l’avenir de lier une opération militaire de soutien à la décision d’un bureau de l’ONU qui ne dépende pas du département des opérations de maintien de la paix. Les objectifs et les moyens sont différents. Et normalement l’Union européenne a les moyens politiques et juridiques de lancer, de manière autonome, une opération elle-même qui réponde aux objectifs d’une résolution des Nations-Unies, sans nécessiter un accord de plus.

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(BRUXELLES2) Les ambassadeurs à l’OTAN se pencheront demain (vendredi) sur l’avenir de l’opération « Unified Protector » au-dessus de la Libye. Sur la table : continue-t-on, ou non, l’opération ? Et comment la finir ?

Ne pas lever le pied trop tôt

La conquête de Syrte et la mort de Kadhafi ne signifient pas l’arrêt immédiat de la mission m’a affirmé un militaire d’un pays allié participant à la mission. « Il ne faut pas s’attendre à ce que l’on parte demain. Il faut attendre que les différents foyers (de violence) s’apaisent. » Chacun redoute en effet « quelques troubles » encore durant pendant quelque jours. La mission de l’OTAN ne sera donc pas formellement terminée, tant que l’ONU n’aura pas décidé en ce sens. Ce qui semble certain, c’est que les derniers évènements permettent une levée partielle du dispositif.

Fin de la mission OTAN le 31 octobre, force reste à la liberté

(Maj – ven 22h30) Le secrétaire général F.A. Rasmussen a confirmé vendredi à l’issue de la réunion avec les ambassadeurs que « la mission prendrait fin le 31 octobre ». « Cette décision sera formellement adoptée la semaine prochaine ». Cette sortie sera faite« de façon prudente et contrôlée. L’OTAN veut observer attentivement ce qui se passe et pouvoir réagir aussitôt en cas de problème. » Et d’ajouter : « Maintenant, c’est le moment pour le peuple libyen d’être fier et de construire le futur d’une nouvelle Libye libre, basée sur la démocratie, les droits de l’homme et les règles de droit. La liberté est la force la plus forte dans le monde. »

En attente d’une nouvelle résolution de l’ONU

Quant à l’avenir, tout dépendra du sens également de la nouvelle résolution au Conseil de sécurité de l’ONU. Il n’est pas question pour l’instant de forces de maintien de la paix. Et les missions à venir seront davantage « civiles » comme l’a confirmé Pieter de Crem, le ministre belge de la Défense.

L’UE prête à l’assistance du contrôle des frontières

L’Union européenne devrait répéter, dimanche, lors de son sommet, sa disposition à aider la Libye dans la situation post-conflit. Plus concrètement, l’UE pourrait apporter sa contribution sur un point concret : le « contrôle » des frontières et non la « gestion » des frontières. La différence n’est pas que terminologique : dans un premier cas, il s’agit d’aider les Libyens à contrôler leurs frontières (passages d’hommes, de clandestins, d’armes, de terrorisme…) ; dans le second, il s’agit d’améliorer le fonctionnement des douanes (comme l’UE le fait en Ukraine ou Moldavie).

EUFOR Libya fermée

Quant à la mission EUFOR Libya (d’assistance humanitaire), elle devrait fermer sans tambour ni trompette. Les militaires de l’UE viennent de recommander la fermeture du quartier général d’opérations (OHQ) mis en place à Rome, qui n’a servi à pas grand chose sinon à planifier une mission type « désert des tartares » et boire quelques expressos… Les ambassadeurs du COPS ont approuvé cette fermeture. Mais c’est au conseil des ministres de l’UE de formellement avaliser cette décision. Ce devrait être chose faite lors d’un prochain conseil (pas automatiquement les ministres des Affaires étrangères), en point A (sans discussion)

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Ana Gomes revient de Benghazi. Témoignage

(BRUXELLES2) L’eurodéputée socialiste – rapporteur sur l’accord Libye-UE – Ana Gomes était à Benghazi et alentours du 17 au 20 mai. Elle a rendu compte de sa visite à quelques journalistes (dont ‘B2’) et aux députés en leur faisant parvenir un rapport.

Précédant de peu la visite de la Haute représentante, l’eurodéputée était en fait la première représentante politique à rendre visite au CNT. Elle a ainsi pu rencontrer plusieurs responsables politiques de premier plan comme Jalili le président du CNT, F. M. Baja qui préside le comité politique et S. El Daghili, son homologue du comité humanitaire, ainsi que plusieurs des responsables des ONG, organisations internationales ou ECHO présents sur place.

Son « rapport » est intéressant car il sort des canons un peu policés des habituels rapports de mission. Elle n’hésite pas ainsi à mêler ce qu’elle a vu sur place, son propre commentaire et ses impressions personnelles, à des relations de discussions obtenues sur place.L’eurodéputée en est convaincue. L’Europe doit s’impliquer pleinement dans la Libye nouvelle. « C’est dans le propre intérêt de l’Europe que ses valeurs,ses intérêts soient défendus… la fin de l’oppression, le soutien à la démocratie à l’Etat de droit et aux droits de l’homme ».

Le long de la Route

(crédit : Ana Gomes)

De la frontière égyptienne à Benghazi, l’atmosphère reste « calme », écrit-elle. Les gens sont au travail, les marchés sont fournis en légumes et fruits, les pompes à essence sont approvisionnées. « Même les feux rouges sont respectés ».

La première trace du côté exceptionnel de la situation sont « ces checks points improvisés, placés sur toutes les routes et les entrées de villes. (Mais) on peut s’interroger sur leur efficacité, car ils sont tenus par des volontaires pas entraînés, peu équipés et un peu casse-cous ».

Ce qui ne fonctionne pas, c’est la police et le système judiciaire. « Beaucoup de tribunaux et de stations de police ont été brûlés », symboles du système Kadhafi. Malgré cela « la criminalité a diminué ». Autre service qui ne fonctionne pas les écoles. Il y a un débat sur leur réouverture ou non. Pour l’instant, c’est cette dernière option qui prévaut motivée par la nécessité de revoir d’abord le curricula et sur la situation de guerre.

Merci l’Europe. We love Sarkozy !

Le besoin de reconnaissance internationale est exprimé partout, des drapeaux de ceux qui les soutiennent (américain, français, britannique, y compris ceux de l’UE et de l’OTAN). L’eurodéputé, socialiste, a reconnu être surprise mais assez fière de se voir saluer par des cris « We love Sarkozy ». « Et je ne partage pas ses idées loin de là » a-t-elle expliqué (lors d’un petit point de presse au Parlement à son retour).

L’ouverture d’une délégation de l’UE est ainsi perçue comme un grand encouragement. Et l’eurodéputée recommande aux Etats membres de garder ou d’envoyer une présence régulière à Benghazi, notamment le personnel accrédité à Tripoli (qui a quitté le pays).

Sur la ligne de front

(crédit : Ana Gomes)

Mais l’eurodéputée ne s’est pas contentée de rester dans la ville, elle est allée sur la « ligne de front », dans les plaines de désert à l’ouest d’Adjabia. Les deux forces en présence peuvent se voir. Confirmant les autres témoignages, les rebelles sont jeunes, équipés de façon assez pauvre (j’ai vu des combattants avec sandales et armes artisanales) mais hautement motivés. Le matin même des combats avaient eu lieu. Et 10 prisonniers ont été faits, plusieurs d’entre eux étant des étrangers.

Pour l’eurodéputée, les règles du droit international sont respectés. « Le CNT a donné des instructions pour que les règles du droit international soient respectées. » Et cela semble être le cas. Le CICR a « confirmé avoir pleinement accès aux prisonniers de guerre – contrairement à Tripoli, où le pouvoir refuse de donner les conditions basiques d’entretien avec les prisonniers » (entretien seul à seul, régulier). A Adjabia (qui est maintenant aux mains des rebelles), « il y a beaucoup de bâtiments détruits. Malgré tout, quelques habitants reviennent. Et le problème des munitions non explosées est un problème crucial. »

La situation ailleurs, floue ou difficile

Sans aller sur place, l’eurodéputée a recueilli certains éléments sur la situation ailleurs. A Tripoli, elle est de plus en plus difficile. Des jeunes manifesteraient la nuit, prenant de grands risques d’être tué par les loyalistes. Dans le sud-est, près du Soudan, « ce n’est pas très clair qui contrôle Koufra, ville clé placée sur la route de la frontière ». Des incidents impliquant le JEM soudanais (rebelles du Dargour) opérant pour le compte des forces de Kadhafi est relaté. Enfin, pour la députée, le soutien procuré au régime à travers la frontière algérienne est « inquiétant ».

Evaluation de la situation politique

Pour la députée, il n’y a pas trace à Benghazi d’un fondamentalisme religieux. Au contraire. Ils récusent également toute collusion avec Al Qaeda, estimant que « plus longue sera la sortie de Kadhafi, plus cela donnera de chances aux organisations terroristes d’infiltrer le pays, particulièrement par les frontières sud (NB : Tchad ou Niger) ou algérienne ». Même chose pour l’immigration.

Le rapport décrit aussi les faux semblants de certains pays : le double jeu mené par le Turquie, l’intermédiaire de la Russie tentant de négocier une extraction de Kadhafi à des conditions d’échapper à un procès en Libye (acceptable puisque maintenant il y a les poursuites internationales) et de garder sa fortune (condition rejetée par les rebelles).

Ce que demandent les Libyens, ce que peut faire l’Europe

Outre ce besoin de reconnaissance internationale, ce qu’ont demandé plusieurs interlocuteurs à l’eurodéputée, « ce n’est pas une assistance économique, uniquement l’accès ‘à la richesse qui appartient à leur nation ».

L’eurodéputée estime qu’EUFOR devrait être déployée pour assurer la sécurité aux frontières et veiller sur terre comme sur mer au maintien de l’embargo. Une coopération en matière de réforme de la sécurité et de désarmement, démobilisation, réintégration (DDR) est également une priorité d’autant que de très jeunes ont été impliquées dans des tâches de sécurités improvisées.

Enfin, une assistance doit aussi être fourni en matière de soutien politique, de partage d’expériences des Etats membres en ce qui concerne les lois électorales, la réforme constitutionnelle, la construction d’institutions démocratiques, y compris la réorganisation des tribunaux et de la police, et la formation de ses personnels.

Vous pouvez le télécharger dans la section « les docs de B2 ».

La situation humanitaire en Libye : « difficile mais pas désespérée »

(BRUXELLES2) + 20 millions d’euros. La Commission européenne a décidé d’augmenter son aide humanitaire à la Libye. Ce qui porte le total de l’aide européenne à 125 millions d’euros (dont plus de la moitié – 70 millions – est assuré sur le budget communautaire) a confirmé Kristalina Georgieva à quelques journalistes (dont ‘B2’) en marge du conseil des Affaires étrangères, lundi. Elle est très préoccupée de la situation dans les zones contrôlées par Kadhafi, notamment pour l’accès des travailleurs humanitaires. « Il faut trouver une solution, une solution politique, avoir une négociation sur les questions de l’accès humanitaire » plaide-t-elle. « La présence de travailleurs humanitaires, ce n’est pas juste de l’assistance, c’est un symbole pour les parties en conflit qu’on peut négocier. »

Problème dans les montagnes berbères, et dans le désert libyen. amélioration à Misrata

La situation est « particulièrement critique dans les montagnes berbères de Nafusa, les villes de Yafran et Al Qalaa sous assiégées et des besoins urgents de produits médicaux et de nourriture sont rapportées » selon un rapport de synthèse de la situation humanitaire sur place. Quelques ONG arrivent à passer. Mais « l’assistance par les organisations internationales reste rare, erratique et non coordonnée. »  « Nous menons également des négociations pour ouvrir un corridor d’accès humanitaire vers Nafusa » explique la commissaire. Mais « ce n’est pas nécessaire qu’il soit sécurisé par les militaires, c’est l’option préférée actuellement. »

Autre préoccupation pour les responsables humanitaires — une situation peu couverte médiatiquement —, celle du sort des populations tchadiennes bloquées à Koufra, Sabbah et dans d’autres villes du désert.

En revanche, à Misrata, le déblocage du port permet d’améliorer peu à peu l’approvisionnement humanitaire. Un bateau de l’Organisation internationale des migrations est parti de Benghazi le 20 mai, transportant 150 tonnes de nourriture, un hôpital de campagne et différents équipes d’ONG ; il a évacué 600 personnes. Un autre navire du CICR est parti le 22 mai de la ville tenue par l’opposition libyenne et restera 10 jours au port pour servir de base pour les opérations à Misrata.

EUFOR : pas nécessaire, pas souhaitable

Malgré tout, la commissaire ne pense pas que l’intervention d’Eufor Libya soit nécessaire « Pas pour l’instant » souligne la commissaire. L’utilisation de moyens militaires pour le soutien humanitaire n’est concevable « seulement s’il n’y a pas d’autre moyen.. » explique-t-elle. « Or, actuellement, si l’accès est difficile il n’est pas impossible ». La commissaire est, sur ce point, sur la même ligne que l’OCHA dont elle partage le point de vue.« C’est une boite (de Pandore). Si vous commencez à l’ouvrir, vous ne savez pas quand vous la refermerez. Cela crée un précédent qui sera applicable non seulement à cette crise, mais à d’autres. Elle sera revendiquée par d’autres personnes qui ne seront pas animées des mêmes bonnes intentions que l’Union européenne. (…) Plusieurs Etats membres partagent ce point de vue, de prudence. » a-t-elle expliqué.

850.000 de personnes ont fui la Libye dont 2/3 de Libyens

Au total, selon les dernières chiffres d’OCHA (en date du 23 mai) près de 850.000 personnes ont fui la Libye dont environ 332.000 Libyens (*) et 275.000 ressortissants des pays tiers. Mais cette situation est très mouvante. Il y a aussi des mouvements dans l’autre sens. « Nous assistons à certains retours. Des personnes qui avaient fui en Egypte reviennent vers Benghazi. Etc… » explique la commissaire.

File de Bangali au camp de Ras Jedir en Tunisie, mars 2011 (crédit : CICR)

Le mécanisme de protection civile toujours activé

11 pays de l’Union européenne (Belgique, Bulgarie, Allemagne, Espagne, France, Hongrie, Grèce, Italie, Malte, Suède, Royaume-Uni) ont offert des capacités aériennes pour aider au rapatriement des étrangers ayant fui la Libye. 157 vols avaient été organisés permettant le retour dans leur pays de près de 32.000 personnes, selon des sources européennes. Le mécanisme de protection civile, activé pour l’opération « Pegasus », d’évacuation des citoyens européens, reste en fonction. Et 8 Etats membres ont bénéficié d’un cofinancement européen dans ces opérations de transport à hauteur de 10,5 millions d’euros. Précisons que si certains vols sont civils, d’autres ont été organisés avec des moyens militaires…

Mais ce n’est pas suffisant ! La situation dans les camps notamment en Tunisie reste cependant tendue. « Il reste des problèmes de sécurité dans les camps de transit. Et les autorités tunisiennes appellent la communauté internationale à accélérer l’évacuation des migrants de ces camps » explique le dernier rapport de situation. Et un certain nombre de personnes restent bloqués en Tunisie, essentiellement des personnes qui craignent de retourner dans leur pays ou sont réellement « réfugiés » : 30% de Somali, 22% de Soudanais, 16% d’Erythréens et 5% d’Irakiens.

Les pays voisins supportent le maximum du poids des réfugiés, l’Europe un minimum

Au total (*), la Tunisie a accueilli depuis le début des évènements plus de 425.000 personnes déplacées (dont seulement 46.000 nationaux), l’Egypte près de 300.000 (dont 96.000 nationaux), le Niger 67.000 (nationaux essentiellement), le Tchad 25.000 (idem), l’Algérie 19.000 (dont 1.000 nationaux)… L’Italie et Malte 12.000 seulement !

(*) Mise à jour des chiffres, petite confusion sur le chiffre des Libyens. Et détails des nationaux reçus par chaque Etat.

EUFOR Libya : la 1ère conférence de génération de force échoue

(BRUXELLES2) Malgré les difficultés, la planification de l’opération européenne de soutien humanitaire en Libye (EUFOR Libya) continue. Une conférence de génération de force — destinée à comptabiliser les offres de contribution des Etats membres — a ainsi eu lieu récemment. Mais, de l’aveu même d’un haut diplomate européen, elle n’a « pas suscité un énorme enthousiasme ». Peu d’Etats membres ont été prêts à contribuer pour une opération qui apparaît morte-née. « C’est un peu l’histoire de l’œuf et de la poule. Il y a le sentiment que personne ne fera appel à cette force européenne. Maintenant si les événements prennent un tour dramatique en Libye, il n’est pas exclu que cette position change un peu ».

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Destination Benghazi pour Ana Gomes

(BRUXELLES2) Ana Gomes, l’eurodéputée socialiste portugaise, membre de la sous-commission Défense du Parlement, est à Benghazi (Libye) aujourd’hui et jusqu’au 19 mai. C’est le premier déplacement d’un membre du Parlement européen en Libye depuis le début des évènements. Un voyage organisé – comme elle précise – « de sa propre initiative » et qui a pour objectif tant de « recueillir des informations, d’établir des contacts avec le conseil national de transition (CNT) que démontrer son soutien aux forces démocratiques de la société civile« . Ana Gomes devrait aussi avoir des entretiens avec les responsables de l’UE présents sur place pour l’action humanitaire (ECHO), et leurs homologues des Nations-Unies (HCR, OCHA), et les responsables des organisations internationales comme la Croix-Rouge ou l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).

Pour l’eurodéputée, qui est aussi le rapporteur de l’accord UE-Libye : « la décision d’ouvrir un bureau technique de l’Union européenne à Benghazi, récemment annoncée par la Haute représentante, devrait être mis en œuvre avec l’urgence. L’UE ne devrait pas non plus laisser EUFOR Libya à l’état de papier. Cette opération aurait dû être envoyé à terre, pour permettre l’aide humanitaire aux citoyens qui sont sous les attaques des forces de Kadhafi, comme pour assurer la mise en œuvre de l’embargo sur les armes. Pour cela, on n’a pas besoin d’une autre résolution du Conseil de sécurité de l’ONU ou d’une demande auprès de l’OCHA, nous avons besoin c’est la volonté politique des États membres », a ajouté l’eurodéputée.

Si le Conseil de sécurité le souhaite, EUFOR Libya peut démarrer

(BRUXELLES2) Dans un entretien à notre confrère Euractiv, l’ambassadeur russe auprès de l’UE, Vladimir Chizhov, s’est montré dubitatif sur la mission de l’UE de soutien humanitaire (EUFOR Libya) estimant que celle-ci ne peut dépendre d’un feu vert du bureau des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA) mais du Conseil de sécurité. « Je veux préciser une chose de façon claire : une demande par l’ONU ne devrait pas être une demande de certains fonctionnaires du secrétariat de l’ONU ou même une demande de l’OCHA. Une ‘demande de l’ONU’, à proprement parler, est une demande du Conseil de sécurité. Nous ne pouvons pas exclure que le cours des événements puisse nécessiter une telle opération. Mais dans ce cas, l’UE devrait passer par ses Etats membres, aller au Conseil de sécurité, et demander une nouvelle résolution, parce que ce serait aller bien au-delà de ce que le Conseil de sécurité a déjà approuvé jusqu’ici. »

Si le Conseil de sécurité le demande …

Interrogée au briefing de midi par des journalistes (dont B2), la porte-parole de la Haute représentante n’a pas voulu commenter directement cette déclaration et démenti tout ralentissement de l’opération. « Eufor Libya sera lancée quand nous recevrons la demande de OCHA. » Et d’ajouter : « Pour nous, l’ONU et l’OCHA c’est la même chose, l’un est le bureau chargé des affaires humanitaires de l’autre. (…) Si le Conseil de sécurité décide de demander l’aide de notre opération, je ne vois pas pourquoi on ne pourrait pas la lancer. Pour nous, c’est une demande de l’ONU. »

En Libye, la situation est difficile mais pas désespérée

En l’état cependant, la situation humanitaire en Libye ne semble pas nécessiter un soutien militaire, a expliqué le porte-parole de la commissaire européenne chargée de l’aide humanitaire, K. Georgieva. « Ce qui peut justifier une activation d’EUFOR, c’est quand plus aucun accès humanitaire aux civils à l’intérieur de la Libye n’est possible. Aujourd’hui la situation est difficile. Mais on n’en est pas encore là. »

EUFOR Libya, la première mission virtuelle de l’UE…

Un Transall, bien réel, sur la base aérienne de Faya Largeau au Tchad, au sud de la Libye (Crédit : DICOD / Ministère français de la Défense)

(BRUXELLES2) Approuvée le 1er avril, la mission européenne de soutien humanitaire « EUFOR Libya » est née sous de mauvais auspices. Et elle commence à ressembler à un, très mauvais, poisson d’avril ! En littérature, on appelle cela un exercice de style. A l’université, un examen blanc… En termes politiques, cela s’appelle un raté…

Depuis la décision de principe, l’opération est, en effet, à quai et pourrait le rester encore longtemps. Car les conditions qui la président n’ont pas changé. Ce n’est pas faute des militaires. Comme le général Hakan Syren – qui présidait la réunion du comité militaire mardi au niveau des CHOD (les chefs d’Etat-major) – l’a rappelé. Il s’est notamment félicité, lors d’une rencontre avec la presse à la suite de la réunion, que la planification de l’opération était en bonne voie. Le plan d’opération (OpPlan) est presque prêt et doit encore être approuvé. Puis « on va commencer la conférence de génération de force » a-t-il expliqué. Le groupe politico-militaire doit approuver les « messages principaux » de cette mission. Mais la réalité est là. Cette opération reste, toujours et encore, suspendue à un accord du bureau des affaires humanitaires de l’ONU (BCAH/OCHA), bureau qui n’a aucunement l’intention de faire cette demande. « Il y a une condition politique qui n’est pas encore réalisée » a commenté laconiquement le général, refusant de « spéculer » (alors que je lui demandais comment lui voyait la situation sur place) « On doit avoir une demande ou on doit avoir une nouvelle résolution » a-t-il juste tenu à ajouter.

Le signe d’une faiblesse congénitale

Cette décision, non suivie d’effet, virtuelle en quelque sorte, est une première dans l’Europe de la Défense. Parfois, l’Union européenne décidait de ne pas intervenir, pour diverses raisons (cf. en ex-Yougoslavie dans les années 1990 ou plus récemment au Congo en 2009) ou elle mettait un peu du temps à déployer (EUNavfor Atalanta). Parfois, aussi, elle se décidait et se déployait en un temps record (EUMM Géorgie). Cette fois, pour la Libye, l’opération a bien été conçue en un temps record. Puis… plus rien ! Car on a bien pris soin de mettre la condition qui rendait l’opération quasi-impossible à démarrer : l’accord de l’OCHA, le bureau des Affaires humanitaires de l’ONU.

Il faut aussi souligner combien cette condition est extraordinaire, à plusieurs points de vue. D’ordinaire, l’UE – organisation politique – lie son intervention à la demande soit d’un Etat membre soit de l’ONU – le secrétariat général – autre organisation politique. C’est la première fois qu’elle conditionne son intervention à une demande d’une seule agence de l’ONU qui, d’une part, n’est pas vraiment la seule à intervenir dans un conflit ni la plus à même à apprécier la situation. Car OCHA  est une organisation qui n’est pas avare de contradiction, qui a mis du temps à être présente sur le terrain, et qui, surtout, au premier coup de feu un peu intempestif (les manifestations à Tripoli), a pris la poudre d’escampette pour se réfugier à Tunis. Elle n’a donc plus qualité ainsi à refuser une intervention de l’UE.

Contrairement à ce que dit OCHA, les ONG et les agences de l’ONU ne sont pas en effet capables toutes seules, sans aide et protection militaire d’arriver à bon port, notamment à Misrata. On ne peut nier aujourd’hui que le ravitaillement à Misrata est ainsi bloqué à la fois par le minage du port et les bombardements des troupes de Kadhafi et qu’il pèse d’éventuels risques (l’opposition parle de menaces chimiques). On ne peut nier également les débordements sur la frontière tunisienne, sur laquelle il est important d’être présent de manière préventive. Bref, il parait urgent de changer… son fusil d’épaule.

A avoir habilement conditionnée cette mission EUFOR à une condition impossible à réaliser, certains Européens se sont certes donné une bonne raison pour ne pas déclencher la mission. Mais ils ont surtout ridiculisé le rôle de l’Union européenne. Il semble aujourd’hui à la tournure des évènements, inquiétants, nécessaire de rebondir, autrement. Soit les 27 décident de revoir la décision de l’UE en enlevant les dispositions surannées (qui ne tiennent à aucune règle ni convention européenne ou internationale) à la lumière de l’évolution du terrain et . Soit ils mettent en place une autre mission plus conforme aux possibilités européennes, une mission civile d’observation ou aux frontières de la Libye type EUMM ou EUBAM. Il n’est pas trop tard. Mais il ne faut plus tarder.

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A défaut d’EUFOR, les pays européens feront de l’aide en bilatérale en Libye… (Maj)

La force Cougar de la Navy britannique a fait une halte à Gibraltar avant d'entrer en Méditerranée (crédit : UK Royal Navy)

(BRUXELLES2) Si l’opération EUFOR Libya ne se déclenche pas, un ou plusieurs Etats pouraient décider, de manière concertée, d’engager en solo une opération de soutien humanitaire plus intensif par exemple pour accélérer l’évacuation de Misrata des blessés, ressortissants de pays tiers, femmes et enfants (pont maritime et secours médicaux) ou, a minima, d’accompagnement des navires civils de l’OIM qui, actuellement, font la navette entre Misrata et Benghazi ou d’autres ports.

Cette éventualité avait été envisagée un moment (1). Mais elle pourrait revenir d’actualité, tout simplement pour des raisons financières. Si les bombardements sur Misrata continuent – la zone étant réputée dangereuse -, les tarifs d’assurance vont partir à la hausse. Et on pourrait ainsi se retrouver dans une situation analogue à celle de Mogadiscio, avec un accompagnement obligatoire de navires de ravitaillement ou d’évacuation par des navires militaires, à la fois pour des raisons de sécurité mais aussi tout simplement d’assurance.

Concrètement, il suffira de détacher un ou deux navires de la mission d’embargo maritime de l’OTAN pour assurer cette mission, en la menant sous pavillon national. Plusieurs Etats ont des moyens maritimes dans la zone et/ou ont déjà mené une telle opération lors des premiers évènements en Libye. La France, l’Italie, la Grèce, le Royaume-Uni notamment.

Un cadre légal existe déjà et permet cette action

Les conventions de Genève prévoient la protection des moyens militaires de secours aux blessés. Ici, le navire hopital Juan de la Cosa (crédit : marine espagnole)

D’un point de vue légal, il n’est pas alors nécessaire de passer par l’OCHA. Le corpus du droit international existant (résolutions du Conseil de sécurité ou/et Conventions de Genève) semble suffire.

Le Conseil de sécurité de l’ONU a, en effet, déjà non seulement autorisé ces actions mais les a même recommandées, demandant aux « États Membres, agissant de concert et en coopération avec le Secrétaire général, de faciliter et d’appuyer le retour des organismes humanitaires et de rendre accessible en Jamahiriya arabe libyenne une aide humanitaire et une aide connexe » (§ 26 résolution 1970). Il a autorisé l’usage de la force « pour protéger les populations et les zones civiles menacées d’attaque en Jamahiriya arabe libyenne, y compris Benghazi, tout en excluant le déploiement d’une force d’occupation étrangère sous quelque forme que ce soit et sur n’importe quelle partie du territoire libyen » (§ 4 résolution 1973). L’interdiction du déploiement d’une force d’occupation ne semble pas viser le déploiement de quelques militaires destinés. Pour la forme, il suffira d’une notification au secrétaire général de l’ONU l’informant des moyens employés.

Les guidelines (MCDA) – qui limitent l’utilisation de moyens militaires « en dernier recours » – auxquels se réfèrent l’OCHA, certains spécialistes et certaines ONG ne me semblent pas applicables en l’espèce. Soit elles concernent l’utilisation de moyens militaires ou de protection civile en cas de catastrophes (par exemple le séisme à Haïti ou la famine en Somalie). Soit elles s’appliquent à des situations complexes qui définissent assez strictement l’ultime recours (pas de moyens civils disponibles et besoins humanitaires). Toute la question est de savoir si à Misrata ces deux conditions sont remplies. Selon plusieurs diplomates, des responsables politiques locaux, elles sont remplies. Selon OCHA et des ONG comme Oxfam (qui ne sont pas sur place), non. L’histoire jugera… De toute façon, ce débat reste philosophique. Car, en aucun cas, les MCDA ne supplantent les autres instruments internationaux existants. Elles n’ont qu’une valeur indicative là où d’autres ont une force obligatoire (résolutions Conseil de sécurité ou conventions internationales). En l’espèce, ce sont donc les conventions de Genève – que la Libye a ratifiées, y compris les deux protocoles de 1997 – auxquelles ils vaut mieux se référer. (*) La vraie question est d’avoir une claire évaluation des besoins du terrain et de savoir comment l’emploi de moyens militaires ne nuiront ni d’un coté à l’action de force sous l’égide de l’ONU, ni aux opérations humanitaires menées par des organisations internationales et des ONG.

Les conventions de Genève prescrivent la protection des blessés ou des civils au conflit selon des procédures bien déterminées (impartialité de traitement, obligation de passage, possibilité de création de zones neutralisées pour les civils, siglage des équipes de secours,…). Si elles ne permettent pas l’escorte de navires humanitaires par les belligérants, elles n’interdisent en aucune façon aux parties au conflit d’intervenir de façon neutre pour prodiguer des soins ou assister la population civile. Au contraire, même, elles l’encouragent et le prévoient, interdisant notamment les tirs venant de terre sur un navire-hôpital, dûment signalé par la Croix-Rouge ou le Croissant rouge, et obligeant chacun des belligérants — d’une part, le gouvernement de Tripoli ; d’autre part, le CNT de Benghazi et les forces de l’OTAN — à oeuvrer pour la protection des civils et des blessés.

NB : les non belligérants (l’Union européenne) se sont ainsi posés des interdits qui n’existent nulle part dans le droit international et les mettent en situation de moins agir que des belligérants. C’est paradoxal, c’est européen… 🙂

Lire également : Italie et France assureront la sécurité des opérations humanitaires vers la Libye

(*) Mis à jour. Précision sur les MCDA et la valeur obligatoire de ces règles. Pour avoir la liste des textes signés par la Libye, voir ici

L’UE enverrait 1000 hommes sur le sol en Libye ? Ah bon !

Le navire d'assaut amphibie Uss Bataan (LHD 5), l'USS Mesa Verde (LPD 19) et le navire de débarquement USS Whidbey Island (LSD 41) franchissent l'Atlantique et se déploieront en Méditerannée, au large de la Libye. Mais il n'est pas encore question que les Marines se déploient à terre ! 🙂 (US Navy / Julio Rivera)

(BRUXELLES2) La rumeur se répand à une vitesse V. L’UE voudrait déployer 1.000 hommes sur le terrain en Libye (*). Est-ce vrai ? Est-ce faux ? … Ce qui semble sûr, c’est qu’il y a plusieurs options sur la table au niveau européen, et non une seule, selon ce que demandera l’ONU (et selon l’évaluation venant du terrain). Et, il semble y avoir eu joyeux mélange chez quelques confrères entre plusieurs options pour arriver à ce chiffre. Explications

Une opération d’évacuation maritime peut mobiliser environ 1.000 hommes. Mais pas automatiquement 1.000 hommes à terre ! La large majorité des militaires sera présente à bord des navires (une corvette ou une frégate, c’est entre 100 et 200 personnes) pour assurer le pont maritime (Misrata, voire Tripoli) ou des avions pour assurer le pont aérien (Benghazi ou autres villes). Il faudra simplement quelques dizaines d’hommes à terre : pour la partie logistique, voire pour sécuriser l’évacuation (éviter que les civils se fassent tirer dessus) ainsi que des équipes médicales (pour la mise en condition et le tri des blessés). Mais ce sera une présence très limitée, le temps des évacuations. Sauf à vouloir effectuer une évacuation totalement sécurisée de Misrata, type Côte d’Ivoire, avec véhicules blindés, extraction rue par rue. Ce qui ne semble pas actuellement très possible.

L’autre option sur la table consiste à établir des structures logistiques d’accueil des réfugiés et personnes déplacées. Mais pas en Libye. En Tunisie ou au Niger par exemple ! Autrement dit ce n’est pas tout à fait 1000 militaires déployés en Libye comme on le raconte. Du moins, en l’état des réflexions aujourd’hui. « Nous n’allons pas débarquer avec des milliers d’hommes. Ce n’est pas la guerre du Vietnam » réplique non sans humour un diplomate européen.

(*) Alimentée par une vidéo d’EUXTV enregistrée le 12 avril mais diffusée plusieurs jours après et contenant un titre qui ne reflète pas vraiment pas le contenu, et un article du The Guardian qui s’est fait l’écho sur la foi d’informations, puisées au cabinet de la Haute représentante, d’une possibilité de débarquement d’une force militaire de 1000 hommes à terre.

EUFOR Libya & l’OCHA : je t’aime, moi non plus !

(BRUXELLES2) Non « l’opération EUFOR libya ne se planifie pas à un rythme d’escargot » vient de m’indiquer un diplomate européen au fait du dossier. Mais, oui, avec l’OCHA nous nous sommes mis dans une véritable « usine à gaz », reconnait-il. Un propos qui semble approuvé par plusieurs diplomates de différents Etats membres (mais pas par d’autres). Tout cela mérite un peu  d’explications…

La planification est-elle bloquée ? D’un point de vue formel, la planification suit son cours, « à un rythme plutôt rapide et même accélérée« . L’équipe du rear-admiral Gaudiosi (commandant d’EUFOR Libya) planche, en fait, « non pas sur un plan d’opération mais sur plusieurs projets« , selon les options qui seront définitivement approuvées et la demande du Bureau de coordination des Affaires humanitaires (OCHA). Et plusieurs pays ont déjà indiqué leur disponibilité à participer à l’opération (France, Italie, Allemagne, Autriche, Finlande, Rép. Tchèque, Malte… d’après mes informations). « Mais ce n’est pas là où est le problème. Le problème c’est l’accord de l’OCHA ». L’OpPlan et la génération de forces ne pourront, en effet, être officiellement approuvé qu’après le feu vert de OCHA qui, apparemment, n’est toujours pas décidé à le donner (lire : EUFOR Libya : la réponse de Lady Amos (OCHA) à Lady Ashton (UE))

Pourquoi l’UE s’est lié à un aval de l’OCHA ? Cette disposition a surgi, en mars, sur une initiative de plusieurs pays (Allemagne, Irlande, Suède) et du Haut représentant comme une possibilité de compromis permettant d’approuver la décision EUFOR Libya. « Nous ne sommes pas vraiment rendu compte de l’usine à gaz dans lequel on se fourrait » avoue notre interlocuteur.

Comment juge-t-on l’attitude l’OCHA en interne ? « J’ai l’impression que tout ce dialogue est dominé par l’idéologie qui n’a aucun rapport avec ce qui se passe sur le terrain et dans la réalité. C’est du fondamentalisme. OCHA n’était d’ailleurs pas présente sur le terrain jusqu’à peu. » Il y a aujourd’hui au moins « 20.000 étrangers coincés à Misrata« , entre le port et dans la ville. » D’autres organisations comme le HCR (réfugiés) ou l’OIM (migrations) de la galaxie des Nations-Unies « ont une approche beaucoup moins dogmatique »…

NB : on peut préciser que Valérie Amos a failli intégrer l’Union européenne. Candidate au poste d’envoyé spécial auprès de l’Union africaine, elle avait été recalée faute de pratiquer la langue de Voltaire. Autant dire qu’elle a gardé une petite dent contre l’UE.

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