Etat-Major

Le COS alias Centrum Operacji Specjalnych est né

(crédit : Ministère polonais de la Défense, archives Wojsk Specjalnych / forces spéciales)

(crédit : Ministère polonais de la Défense, archives Wojsk Specjalnych / forces spéciales)

(BRUXELLES2) Non, le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian n’a pas décidé de délocaliser le COS, (le commandement des opérations spéciales) en Pologne. Simplement, cette abréviation bien connue des Français pour être le commandement des opérations spéciales, en gros les James Bond tricolores, a été adoptée à Varsovie. Le ministère polonais de la Défense vient de l’annoncer.

Dans le cadre de la réforme des différentes structures de l’armée polonaise, un COS va être créé. Mêmes initiales, même intitulé. Et inutile d’être un fin linguiste des Langues orientales pour comprendre à quoi sert le Centrum Operacji Specjalnych ! Ce COS commencera à fonctionner dès le le 10 Janvier sur la base du commandement provisoire des forces spéciales. Il sera d’ailleurs basé à Cracovie. Ce qui « permettra de bénéficier des installations des connaissances et compétences du personnel qui servait dans le commandement des forces spéciales » précise-t-on au Ministère polonais de la défense. Et il sera placé sous le commandement du général Jerzy Gut (qui a déjà dirigé les GROM). Un des anciens responsables du GROM, le général Piotr Patalong, restera en tant que chef de l’Inspection des forces spéciales.

La french touch n’est pas tout à fait absente de ce COS. Les deux pays ont, en effet, convenu – dans la foulée de l’exercice Steadfast Jazz (lire : La NRF fait son jazz) certains aspects de leur coopération notamment en matière d’entrainement et formation des forces spéciales (avec des exercices communs ou des échanges sur l’emploi d’hélico dans le Search and Rescue, la recherche et sauvetage).

Ces forces spéciales sont une des fiertés de l’armée polonaise : en 2003, lors de l’opération américano-britannique en Irak, les Polonais étaient parmi les premiers (avec les deux autres pays cités et les Australiens) à pénétrer en Irak (lors de l’opération Iraqi Freedom). Les Grom (commandos des forces spéciales) avaient notamment sécurisé certains ports et servi d’éléments précurseurs avant l’entrée proprement dite des troupes.

Article à suivre sur le Club : les différents vecteurs de la coopération franco-polonaise

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Un nouveau contrat de « paix et de sécurité » avec l’Afrique

Un nouveau contrat de « paix et de sécurité » avec l’Afrique

(crédit : Elysée)

François Hollande à la séance d’ouverture du sommet Paix et Sécurité en Afrique (crédit : Elysée/B2)

(BRUXELLES2 – à l’Elysée) C’est à l’ombre du portrait de Nelson Mandela que le président français, devant plus de 40 dignitaires africains réunis à l’Elysée, a délivré un discours qui se veut comme une refondation des liens entre la France et l’Afrique pour maintenir la paix et la sécurité sur le continent, appelant à une « alliance exceptionnelle » entre l’Afrique et l’Europe « au service de la paix, du développement, et de l’avenir de la planète ».

De « gendarme » à « pompier » 

Les interventions françaises au Mali il y a un an et maintenant en République centrafricaine sont « lourdes financièrement » et démontrent la nécessité que les Africains se dotent d’une capacité de défense commune. « L’Afrique doit maîtriser pleinement son destin et pour y parvenir assurer pleinement par elle-même sa sécurité » a affirmé le président français dans son discours d’ouverture. Un avis partagé par le président guinéen Alpha Condé, pour qui il n’est « pas normal » que « la France soit obligée d’intervenir en pompier pour nous sauver ».

Une nécessité : préparer les forces africaines

François Hollande appelle chacun à « regarder (la vérité) en face ». « Chacun sait qu’il y a des insuffisances, des manquements, des fragilités et qu’il y a une nécessité de préparer les forces africaines à répondre à toutes les menaces et à pouvoir se doter, dans leurs organisations régionales ou au niveau de l’Union africaine, des moyens indispensables pour assurer la sécurité des Africains. »

Faire face au terrorisme

Face au terrorisme qui se fait jour de la Somalie au Sahel, le président français  appelle à « un nouveau partenariat sur le plan de la coopération militaire », avec plusieurs priorités : « le conseil, la formation, l’équipement, le renseignement ». « Ces groupes disposent désormais de moyens considérables, venus de tous les trafics, ont accès à des armes de grande sophistication, que même des Etats souverains ne parviennent pas à acquérir. » L’objectif est que « les armées africaines puissent être dotées de tous les moyens leur permettant de faire face » au terrorisme.

Un engagement : 20.000 militaires formés par an

Un point clé de la proposition française est la création d’une « force de réaction rapide sous l’égide de l’Union africaine ». Ce qui « exige des moyens de commandement et de renseignement ». « C’est la responsabilité des Africains » a précisé Fr. Hollande. Mais la France est prête « à apporter tout son concours à cette force ». 1°) « par la mise à disposition de cadres militaires, auprès de ses états-majors » ; 2°) « par les actions de formation. La France peut entraîner chaque année, si vous en décidez, 20 000 soldats africains. »

Face à la piraterie : une structure commune

Dernier aspect sécuritaire du discours : la piraterie. La France est « prête » à soutenir la stratégie maritime intégrée définie par l’Union africaine. Elle est prête à constituer « une structure commune pour coordonner vos actions en mer ».

Commentaire (NGV) : une Europe en pointillé ?

On voit ainsi renaître le projet Recamp – comme Renforcement des Capacités Africaines de Maintien de la Paix – qui avait été transféré au niveau européen sous le nom de EuroRecamp et dont la dynamique a été un peu perdue, il faut le reconnaître, à la création du SEAE, le service diplomatique européen, malgré le louable effort de quelques-uns. Une Europe qui reste assez absente du discours présidentiel français, malgré la présence lors de ce sommet de Herman Van Rompuy (pour le Conseil européen) et José-Manuel Barroso (pour la Commission européenne). Pas un mot prononcé sur les missions EUTM Somalia et EUTM Mali qui répondent justement à cet objectif de formation et de structuration des armées africaines. Ce n’est que par le détour d’une phrase, plutôt sybilline que l’UE retrouve sa marque à propos d’une « Europe, (qui) je le sais, sera au rendez-vous » « pour montrer, non seulement sa solidarité à l’égard du continent ami, mais également une responsabilité dans la mise en commun de moyens et de forces ».

(Leonor Hubaut à l’Elysée & Nicolas Gros-Verheyde à Bruxelles)

Télécharger l’allocution d’ouverture

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Le nouveau chef de l’Etat-Major adoubé (maj)

Le nouveau chef de l’Etat-Major adoubé (maj)

Le patio du service diplomatique lors de la passation des commandements (© NGV / Bruxelles2)

(BRUXELLES2) Le nouveau chef de l’Etat-Major de l’UE, le général autrichien Wolfgang Wosolsobe, est en place. Et personne… au sein du Service diplomatique européen (SEAE) ne peut plus l’ignorer. Et pour cause.

La cérémonie de passation des pouvoirs avec son prédécesseur, le général néerlandais Ton van Osch, organisée ce mardi (28 mai), s’est déroulée au vu et au su de tous. Le patio du SEAE – qui borde une bonne partie des bureaux du SEAE – n’avait d’ailleurs jamais connu une telle affluence… d’uniformes. Il ne manquait presque qu’un cheval blanc ou noir et l’adoubement par l’épée :-)

Tout un symbole…

Pour le service diplomatique européen, dont la grande majorité est du personnel civil, sans nécessairement d’ailleurs une tradition militaire, cette présence était une nouveauté (*). Et l’occasion de voir qu’il y a bien au sein du SEAE, aussi, des militaires (même s’ils ne sont pas dans le même bâtiment). Pour avoir parlé à plusieurs d’entre eux, les militaires n’étaient pas peu fiers de cette reconnaissance. Et pour ceux qui l’auraient oublié, la fanfare militaire belge (la Musique royale des Guides) a rappelé à chacun leur existence. Une fanfare, assez douée, il faut le dire, qui a interprété de manière enjouée, rendant au quatrième mouvement de la 9e Symphonie de Beethoven, son cachet dynamique et joyeux (par rapport aux interprétations souvent mollassonnes et un peu compassées), lui donnant presque un caractère de marche.

Un adoubement

Dans ce cérémonial, bien rôdé, la Haute représentante de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité est arrivée en présence des deux chefs, l’ancien et le nouveau. Dire qu’elle était enthousiaste serait un vain mot. Mais elle a fait le job. C. Ashton a reçu ainsi élégamment le discours d’adieu de l’un, le discours de bienvenue de l’autre. L’ensemble du « board » du SEAE, les différents directeurs et adjoints des structures de gestion de crises de l’UE (CPCC, CMPD, Crioc), les représentants militaires de toute l’UE et de l’OTAN étaient présents, ainsi que les chefs de mission/opération militaires de l’UE, étaient là. Voire même quelques « extérieurs »… On pouvait ainsi croiser des militaires chinois en grand uniforme.

La bonne place des militaires

En marge de l’évènement, le général a donné à quelques journalistes (dont B2), sa vision pour l’Etat-major européen. « Les grandes lignes vont rester les mêmes » a-t-il tenu à avertir. Pas de grand changement donc à attendre. Mais des inflexions tout de même. Car le général semble avoir des idées bien arrêtées sur certains sujets. Et son expérience antérieure – au sein de la représentation autrichienne à Bruxelles (lire aussi : Un Autrichien va prendre la tête de l’Etat-major UE en 2013) – fait qu’il a une bonne expérience à la fois des sujets mais aussi de la difficulté de la tâche. Wosolsobe a ainsi insisté sur deux points principaux. D’une part, il faut « trouver la bonne place des militaires » dans ce « service encore jeune » au sein de l’UE. Le général veut ainsi étendre l’expertise que l’EMUE fournit à un « spectre » plus large « de la prévention des conflits, la gestion de crise au state building et la gestion post-conflit ».

L’importance du dialogue avec les Etats

D’autre part, il faut bien garder à l’esprit « l‘importance » du dialogue avec les Etats-membres. « Nous sommes dans le SEAE et en même temps, nous aidons le Comité militaire en tant que point de dialogue avec les Etats-membres ». Cette place est « particulièrement importante dans le domaine militaire ». Car l’UE n’a pas de forces en propre, celles-ci dépendent de la bonne volonté et des capacités des Etats membres. « Peu importe ce que l’on envisage de faire comme actions, nous aurons besoin de puiser dans les capacités des Etats ». Il en va de même pour l’expertise. « Mon équipe est suffisante pour consolider un système d’expertise mais quand on approfondira on aura besoin des Etats.»

Voir jusqu’où avancer et avec quelle intensité

Le général a, enfin, insisté sur la nécessité d’avancer dans le pooling and sharing afin de « renforcer la culture commune », pas seulement pour faire des économies mais pour renforcer la « compréhension mutuelle ». Le Conseil européen sera le moment pour améliorer ces points et savoir « jusqu’où on peut aller et l’intensité avec lequel on peut avancer ». Concernant l’OTAN, « nous devons coopérer dans les domaines d’opérations à travers une approche globale.»

(Nicolas Gros-Verheyde avec Th. Le Bihan)

(*) C’est la première fois qu’une cérémonie avait été organisée, pour illustrer la passation de commandement de l’Etat-major de l’UE. Avant la création du SEAE, cette cérémonie était organisée, fort logiquement, au Justus Lipsius, le bâtiment du Conseil de l’UE.

 

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Au coeur de la clearing house. L’Etat-Major de l’UE à l’échelle euro-africaine

Au coeur de la clearing house. L’Etat-Major de l’UE à l’échelle euro-africaine

Arrivée de véhicules à Bamako par un avion de la Luftwaffe (©Bundeswehr/PIZ Eins FüKdo)

(BRUXELLES2, reportage) Cela fait bientôt un mois qu’une petite cellule fonctionne au sein de l’Etat-Major de l’Union européenne, avenue Cortenbergh. B2 a pu s’y rendre pour observer le travail de ces militaires. A priori, rien d’exaltant. Ordinateurs, écrans, emails et téléphones… et des cartes. Les principaux instruments de ces spécialistes logistiques. Leur mission est, en effet, simple en apparence : centraliser toutes les demandes que peuvent rencontrer les troupes africaines qui servent ou vont servir dans la MISMA, la mission internationale sous conduite africaine de soutien au Mali. Et les répercuter sur les Etats membres de l’Union pour voir s’il y a une offre. Voire vice-versa, si un Etat offre un soutien particulier. « Nous nous coordonnons également avec les autres acteurs qui ne sont pas membres de l’Union (USA, Canada…) » signale-t-on à l’Etat-Major de l’UE.

Une structure de facilitation

« C’est une structure de facilitation » explique le chef d’Etat-Major de l’UE, le général (néerlandais) Ton Van Osch. « Elle sert à échanger des informations entre ce que veulent les Africains et ce que peuvent apporter les Européens. Il ne s’agit pas de contrôle opérationnel. » La structure a été mise en place plutôt rapidement. Alors que les Européens décident – lors d’un conseil des Affaires étrangères convoqué de manière exceptionnelle le 17 janvier – d’exprimer leur soutien à l’intervention française au Mali, le week-end est consacré aux derniers préparatifs. Et la structure est opérationnelle dès le lundi suivant, le 21 janvier. Elle devrait fonctionner « tant que l’AFISMA aura besoin de soutien » ajoute un officier. L’avantage de ce dispositif est de ne pas coûter vraiment. Puisqu’il repose pour l’essentiel sur l’effectif de l’Etat-Major de l’Union européenne. « Ce n’est pas une nouvelle structure, c’est un mécanisme » ajoute-t-il.

Les demandes sont très variées

La « définition du soutien logistique est très large » précise un officier. Cela peut aller du transport aérien aux tentes en passant par des véhicules (poids lourds), des armes, des moyens de transmission. « Toutes sortes d’équipement dont on peut avoir besoin en opération ou pour assurer un C2 (contrôle et commandement) ». Les demandes sont centralisées à Abuja, la capitale nigériane, où siège la CEDEAO, par un officier de liaison européen (de nationalité belge) et adressées à Bruxelles, au siège de l’Etat-Major. Là elles sont évaluées, au besoin par un expert de l’Etat-Major. Plusieurs spécialistes peuvent ainsi intervenir sur une demande : transport, logistique, douanes… « Nous nous coordonnons également avec les autres acteurs qui ne sont pas membres de l’Union (USA, Canada…). » Car il ne s’agit pas tant de trouver le matériel demandé mais aussi de l’acheminer. Inutile d’aller trop loin. Il suffit de pousser quelques bureaux plus loin. Ici se trouve la « planning cell », chargé des mouvements aériens. Ils pourront faire appel à leurs homologues d’Eindhoven du MCCE. 

Le Movement Coordination Centre Europe centralise les disponibilités et demandes de transport aérien. « C’est un très bon outil – précise le général Van Osch – un très bon exemple de pooling and sharing. Une initiative européenne qui peut être utilisée tant pour l’OTAN que pour l’Union européenne ou pour un intérêt national. » L’intérêt du dispositif est qu’un pays ne peut pas bloquer une demande. « Si un pays ne veut pas participer, il ne participe pas. Mais il ne bloque pas la machine. »

Un précédent : la Libye

La méthode n’est pas nouvelle. Elle a déjà été utilisée pour l’évacuation des Européens et autres étrangers lors de la guerre civile en Libye. A l’époque, 4400 personnes avaient ainsi été évacuées. c’était « d’une certaine façon plus simple à organiser en terme logistique », témoigne un officier. Puisqu’il n’y avait qu’un flux d’avion dans une direction. En revanche, c’était plus complexe à gérer, puisqu’il y avait plusieurs nationalités ; et il « fallait vérifier que les listes consulaires dont nous disposions concordaient avec les personnes sur place » a précisé à B2 une personne ayant participé à ces opérations. Car il fallait vérifier les noms Mais les détails sont arrangés directement entre l’Etat membre concerné et le demandeur.

(*) A Bamako, un autre officier de liaison (français) peut aussi centraliser certaines demandes de l’armée malienne ou des troupes africaines déjà présentes dans la capitale malienne.

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Le central d’appui logistique européen pour la Misma a ouvert

(BRUXELLES2) Coordonner les avions disponibles – au plan européen comme de pays tiers – et les demandes des pays africains qui veulent envoyer des troupes au Mali. C’est l’objectif de la petite structure dite « Clearing house » (central d’appel) mise en place au sein de l’Etat-Major de l’UE rue Cortenbergh à Bruxelles.

L’objectif est d’aider la MISMA - la Mission africaine de soutien au Mali – « à atteindre la force opérationnelle nécessaire pour le transport immédiat des contingents », mais aussi « à plus long terme de fournir un soutien logistique dans les mois à venir » à l’engagement de la MISMA, « y compris pour le transport du matériel, du personnel et des munitions ».  Ce mécanisme avait été décidé au conseil exceptionnel des ministres des Affaires étrangères, consacré au Mali, le 17 janvier.

Point d’entrée unique

La Clearing House est « un point d’entrée unique pour l’enregistrement des demandes de la CEDEAO », comme pour l’enregistrement de tout soutien offert par les États membres ou de pays tiers. Les demandes des pays africains sont transmises à Bruxelles par l’un des officiers de liaison de l’UE, soit celui basé à Abuja au Nigeria (CEDEAO), soit celui basé à Bamako au Mali. Le soutien logistique de l’Union européenne à la MISMA ne se limite cependant pas à un cahier d’enregistrement des offres et des demandes pour le transport des transports de troupes ou de matériels. Il pourra aussi comprendre un soutien technique, matériel ou de conseil — par exemple, des pièces détachées pour les matériels, de l’essence… —. Il pourrait comprendre également une aide à la planification ou de la formation (ceci étant différent de la mission EUTM Somalia).

Un dispositif semblable (mais uniquement limité au transport aérien) avait été mis en place, en mars 2011, pour l’évacuation des ressortissants européens ou étrangers de Libye, dans le cadre de la cellule « Air Movement planning » de l’Etat-Major (lire : La cellule de crises “Evacuations” de l’UE, sur le pont)

 

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Un Autrichien va prendre la tête de l’Etat-major UE en 2013

(crédit : Conseil de l'UE)

(BRUXELLES2) C’est finalement un général autrichien qui devrait prendre la tête de l’Etat-Major militaire de l’Union européenne l’année prochaine (en mai 2013) pour remplacer le général néerlandais Van Osch. Le nom de Wolfgang Wosolsobe a été approuvé hier par le comité militaire après un vote par bulletin secret…

Selon nos informations, il a fallu cependant plusieurs tours pour arriver à ce résultat. Plusieurs Etats membres avaient présenté des candidats : certains ont été éliminés au premier tour (italien, allemand…) ou au second tour (espagnol). Finalement, il restait le candidat suédois et l’autrichien. Les responsables militaires européens se sont finalement décidés pour ce dernier. Un choix qui correspond aussi à celui d’un pays typiquement engagé dans l’Union européenne. Neutre, non membre de l’OTAN, il a assuré plusieurs missions européennes de défense dans le passé – pas seulement dans les Balkans, mais aussi lors de l’opération Eufor Tchad (avec l’envoi de forces spéciales).

Né en 1955 à Vienne, formé à l’Académie militaire Marie-Thérèse, Wolfgang Wosolsobe complète cet enseignement en suivant le collège de Défense autrichien (1982-1985à puis en suivant le cours supérieur interarmées de l’Ecole de Guerre (1987-1988). En tant que capitaine, il occupe un poste de « planner » – planification à long terme et budgétaire – au sein du ministère de la défense (1986-1987), est attaché militaire auprès de la mission autrichienne à Genève (1991-1992) puis à l’ambassade à Paris. En 1997, revenu à Vienne, il prend la tête du centre d’entraînement des forces spéciales autrichiennes. Puis devient en 1998 d’abord directeur adjoint puis directeur du Département de politique militaire au ministère de la défense. En février 2006, il prend la tête de la Direction de la politique de sécurité. Ce qui lui conduit à gérer de près les affaires européennes, pendant la présidence autrichienne de l’Union européenne (premier semestre 2006). Bruxelles lui avait apparemment plu puisqu’il est nommé en 2007, chef de la représentation militaire autrichienne à Bruxelles. W. Wosolsobe est marié, à Laurence (une Française. Personne n’est parfait :-)) et a quatre enfants.

Précisons que cette nomination n’est pas officielle. Car il ne s’agit que d’une recommandation à la Haute représentante, C. Ashton. Mais il n’est pas d’usage que cette recommandation ne soit pas suivie. Et cette nomination a été déjà commentée à Vienne, où le ministre de la Défense, Darabos, s’est chaleureusement et publiquement « félicité » de cette bonne nouvelle pour l’Autriche. L’équipe civilo-militaire pour 2013 est ainsi quasiment au complet avec un Allemand à la tête du Commandement civil des opérations (CPCC) et un Français à la tête du Comité militaire (le général de Rousiers), soit deux pays pleinement engagées dans la PeSDC puisqu’ils ont signé la déclaration de Weimar.

Lire également : Un Français à la tête du comité militaire de l’UE en 2012

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Le chef d’Etat major belge claque la porte

Le général Delcour en visite aux pilotes des F-16 déployés en Grèce sur la base d'Araxos pour l'opération Unified Protector de l'OTAN en Libye (Crédit : armée belge)

(BRUXELLES2) C’est désormais officiel. Le général Charles-Henri Delcour claque la porte comme chef d’Etat-Major des forces belges et a remis très officiellement sa démission au Premier ministre, Elio Di Rupo, comme le relate le quotidien flamand De Morgen.

Une démission « retenue » jusqu’à là

Ce n’est pas une totale surprise pour ceux qui suivent de près la Défense belge. Entre le ministre et son chef d’Etat-Major, l’entente était loin d’être parfaite. Selon nos informations, le chef d’Etat-Major avait déjà proposé, il y a quelques mois, sa démission – ou du moins en avait parlé de façon suffisamment précise pour qu’elle soit prise très au sérieux. Mais l’état politique du pays – avec un gouvernement provisoire – avait repoussé cette décision. Les divergences ne manquaient pas. Les coupes budgétaires successives comme l’équipement de l’armée et un engagement toujours plus soutenu au niveau international avaient été autant d’occasion d’afficher, plus ou moins discrètement, il y avait nombre de sujets de friction. La politique de nominations des officiers généraux a été la goutte d’eau qui a fait déborder un vase déjà bien plein.

Equipements, engagements à l’étranger, les motifs de dissension ne manquaient pas

Il y a un an, on se rappelle également de coups de sang de Delcour protestant contre les décisions qui ne permettaient plus à l’armée de maintenir son haut niveau opérationnel, selon lui. Plusieurs notes « fuient » alors dans la presse. Le quotidien flamand De Standaard s’en fait l’écho notamment. La faiblesse des investissements et du budget belge est évoquée sans ménagement. De même que certains choix. L’équipement d’un chasseur de mines aux dépens des véhicules de l’armée de terre est critiqué.

Le déploiement de troupes à l’étranger, qui ne peut être soutenu à un rythme aussi soutenu, est aussi dans la loupe du patron des armées qui a, apparemment, pas vraiment digéré d’être mis devant le fait accompli de l’engagement en Libye. Dans la foulée, le chef d’Etat-Major propose de mettre fin à l’engagement au Liban (Finul II) et au Congo (avec la mise à disposition d’un C-130 de la Monusco). Cette dernière décision sera « retoquée » par le Conseil des ministres ; de même que sa proposition sur le Liban, les Belges retirant une partie de leurs forces et se recentrant sur le déminage.

NB : comme tout est politique en Belgique surtout à un haut niveau de nomination, à l’opposé de l’échiquier politique du ministre CD&V (chrétien démocrate flamand), le PS francophone ne portait pas non plus en odeur de sainteté le chef d’Etat-Major qui portait tout le poids d’une restructuration – suppression de bases, diminution des effectifs, recentrage des missions.

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L’OpsCenter sur les rails: les grands principes adoptés lundi. Et quelques détails…

L’OpsCenter sur les rails: les grands principes adoptés lundi. Et quelques détails…

(BRUXELLES2, exclusif) Le centre opérationnel de l’UE (OpsCenter) n’est pas encore… opérationnel. Mais, histoire de faire avancer le « schmilblick », les ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne adoptent ce lundi (23 janvier) les grands principes qui régiront le fonctionnement de l’OpsCenter. B2 a pu lire ses conclusions en avant-première. Et obtenir également d’autres détails sur la mise en place de ce premier centre de commandement des opérations militaires établi à Bruxelles. L’appel à candidature pour le chef de cet OpsCenter vient ainsi d’être lancé aujourd’hui vendredi (20 janvier), traduisant la volonté de la plupart des Etats membres d’aller assez vite sur ce dossier.

Coordination de trois opérations

Le centre aura pour vocation de coordonner toutes les opérations de la Corne de l’Afrique. Il s’agira donc non seulement de coordonner l’opération militaire de formation des soldats somaliens en Ouganda (EUTM Somalia) et la future opération de renforcement des capacités maritimes des pays de la région de l’Océan indien et de l’Afrique de l’Est (EUCAP Corne de l’Afrique) mais aussi de s’occuper de l’opération de lutte anti-piraterie (EUNavfor Atalanta). La conduite simultanée de trois opérations requiert un « niveau renforcé de la coordination et l’interaction, notamment entre acteurs civils et militaires » précisent les conclusions du Conseil.

Un rôle variable selon les opérations

C’est pour EuCap où l’OpsCenter jouera le rôle principal : il fournira un « soutien direct » au commandant des opérations civiles pour la « planification opérationnelle comme pour la conduite de la mission ». Pour EUTM Somalia, il fournira un soutien au commandant de mission et renforcera la « coordination stratégique entre la mission et les autres actions » ; son rôle pourra aussi augmenter dans le cadre de la 3e phase d’EUTM (EUTM3) qui ne devrait pas commencer avant la fin de l’année. Pour l’opération Atalanta, l’Ops Center aura surtout comme mission de faciliter l’interaction ; il aura ainsi une fonction de super officier liaison.L’OpsCenter aura aussi des fonctions transversales : « renforcer les synergies civiles et militaires », assurer la liaison « entre les différentes missions/opérations et les structures (politico-diplomatiques) de Bruxelles ».

Dans ces différents rôles, le commandant du Centre aura un rattachement hiérarchique variable : il sera ainsi placé sous la responsabilité du commandant d’opération concerné : selon le cas, le chef d’EUTM Somalia (le colonel irlandais Michael Beary), le commandant d’Atalanta (le contre-amiral britannique Duncan L. Potts) ou le commandant des opérations civiles de l’UE (ou CPCC, le diplomate allemand Hansjörg Haber) pour la mission EUCAP.

Une décision encore « à écrire »

La décision fixant le fonctionnement, la chaîne hiérarchique et le commandant de l’OpsCenter doit encore être écrite. Elle n’a pas pu être préparée à temps pour le Conseil des Affaires étrangères pour différentes raisons, à la fois pratiques et de fond. Le fait que le conseil des Ministres ait été avancé d’une semaine et la monopolisation des diplomates « affaires extérieures » des 27 (groupe Relex) par le dossier iranien (voir ) a empêché d’avoir le texte prêt à temps. Il faut aussi remarquer que la première décision sur l’OpsCenter datait… Elle n’avait pas été mise à jour depuis la création de la CPCC – l’Etat-Major des opérations civiles de l’UE – et du SEAE – le service diplomatique européen. Un certain travail préparatoire, « plus complexe qu’il n’y parait de prime abord » comme le rapporte à B2 un expert des opérations de défense de l’UE, est donc nécessaire. Cette décision devrait être approuvée ultérieurement, au besoin par procédure écrite.

Le recrutement du commandant est lancé 

Les « 27″ (*) ont lancé aujourd’hui l’appel à candidature pour le chef de l’OpsCenter. La proposition initiale de voir le centre placé sous le commandement du chef d’Etat-Major de l’UE (actuellement le général Van Osch) a été refusée par la plupart des Etats membres qui préféraient désigner un commandant en leur sein. Les différentes candidatures seront examinées au sein du comité militaire de l’UE qui émettra ensuite une recommandation. Ce recrutement pourrait s’opérer rapidement ; l’avis du comité militaire est attendu pour début février.

Personnel mixte

L’OpsCenter devrait compter environ une trentaine de personnes selon nos informations. Certains agents proviendront de l’Etat-Major militaire de l’UE ou des Etats membres. Ceux-ci se sont engagés à mettre à disposition le personnel nécessaire pour cet OpsCenter, un peu comme ils le font pour la mise en place d’un quartier général d’opérations (OHQ). L’organisation de l’OpsCenter devrait d’ailleurs être similaire à un mini-OHQ, avec une répartition des postes en J1, J2, J3… Une fois proposé par leurs Etats membres, le personnel sera ensuite sélectionné par la voie des panels.

Localisé au sein de l’Etat-Major de l’UE

L’OpsCenter devrait être localisé au sein des structures de gestion de crise de l’UE, « au Cortenberg », colocalisé ainsi avec l’Etat-Major militaire et l’Etat-major civil (CPCC) de l’Union européenne. Le problème est de lui trouver « un peu de place » rapporte un expert du dossier. « La place dévolue à l’OpsCenter » – qui n’a pas été occupée durant des années de manière opérationnelle – est « aujourd’hui occupée par la Situation Room » du service diplomatique européen. Il faudra peut-être se serrer un peu…

(*) Précisons que le terme de 27 est choisi par commodité. Le Danemark ne participe pas à la planification et conduite des opérations militaires.  

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Un nouveau chef d’Etat major en Espagne

(B2). C’est un marin, l’amiral Fernando García Sánchez, qui a été nommé chef d’Etat-Major des forces espagnoles. Il était jusqu’à présent chef adjoint d’état-major de la Marine. Né à Grenade en septembre 1953, il est entré à l’Académie navale en août 1971, et a une spécialité : les sous-marins. Il a aussi commandé le patrouilleur « Villamil », la corvette « Infante Elena » et le navire ravitailleur « Marqués de la Ensenada ». Il a pris ses fonctions le 1er janvier. (source : Défense espagnole).

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