La France crée un grand commandement de l’espace

(B2) Lors des cérémonies du 14 juillet, le président français Emmanuel Macron a annoncé une nouveauté en matière organisationnelle : la création d’un grand commandement de l’espace. Ce dès septembre. L’espace ne sera pas une arme autonome. Ce sera l’armée de l’air qui endossera « à terme » cette responsabilité, devenant « alors « l’armée de l’air et de l’espace » (1)

Protéger les satellites y compris de manière active

Le président endosse ainsi « la nouvelle doctrine spatiale militaire » présentée par sa ministre Florence Parly quelques semaines plus tôt. Cela « permettra d’assurer notre défense de l’espace et par l’espace ». Deux objectifs sont fixés à ce commandement : « renforcer notre connaissance de l’activité spatiale » et « protéger mieux nos satellites y compris de manière active ». Une nécessité pour être présent dans les « nouvelles zones de confrontations » que sont devenus le cyber et l’exo-atmosphérique. Et le président français de promettre de nouveaux investissements « indispensables ».

(NGV, à Paris)

  1. Ce qui a une certaine logique et représente aussi une économie de moyens.

Les rencontres de l’IHEDN c’est le 26 mai

(B2) Les Rencontres de l’IHEDN, l’institut des Hautes études de la défense nationale, sont devenues un rendez-vous incontournable de la pensée stratégique. « La défense comme vous ne l’avez jamais abordée et comme on ne vous en a jamais parlé ! »

Cette année, pour sa quatrième édition, l’institut des Hautes études de la défense nationale a un peu changé sa formule en revisitant l’histoire et se projetant sur l’avenir… Au menu : Tirs d’ailleurs : Spahis, Zouaves et autres soldats des troupes coloniales. Münich 1938 : Paix des braves ou paix des lâches ? Intox et propagande en temps de guerre ? L’antimilitarisme en France depuis les années 1970 ? Le monde sera-t-il un jour dénucléarisé ? Comment faire la paix avec son ennemi héréditaire ? La guerre de l’espace a-t-elle déjà commencé ? etc.

Dix tables rondes pour satisfaire votre curiosité. Des militaires débattront avec des militants et des experts des grandes problématiques de sécurité et de défense qui sont autant d’enjeux de société. Et si vous n’êtes pas mort de rire dans le grand amphi, confié à Plantu, vous pourrez bivouaquer avec les Poilus de 14 et les Feldgrauen d’en face, avant d’être juré au tribunal interactif de l’Histoire…

C’est samedi 26 mai à l’École militaire. B2 y sera…. Ce sera l’occasion de nous rencontrer, d’échanger. Pour s’inscrire, c’est ici

Télécharger le programme

Un second satellite pour Copernicus

(B2) Le programme européen d’observation de la Terre (Copernicus) vient de franchir un nouveau pas. Un an après le lancement du premier satellite « Sentinel 1 », un deuxième satellite « Sentinel 2 » a été placé avec succès en orbite à 3h52 CET mardi (23 juin), depuis le Centre spatial européen de Kourou en Guyane française. L’ajout d’un deuxième satellite permettra à Copernicus de « fournir des images de l’évolution de la terre avec un haut niveau de détail et de précision » souligne-t-on à la Commission. Le flux d’informations fourni sera « gratuit et ouvert » et il pourra être utilisé en matière de lutte contre les catastrophes écologiques, d’amélioration de l’utilisation des sols pour l’agriculture et la sylviculture et de réponse aux situations d’urgence.

Allemands et Français déterminés à renforcer l’Europe de la Défense

G. Longuet et T. de Maiziere (crédit : OTAN)

(BRUXELLES2, analyse) « Nous y croyons ». C’est un peu le sens de la déclaration sur la politique européenne de sécurité et de défense signée lors du dernier sommet franco-allemand, le 6 février dernier, par les ministres des Affaires étrangères et de la Défense des deux pays, Alain Juppé et Guido Westerwelle, Gérard Longuet et Thomas de Maizière. Une déclaration passée un peu inaperçue et qui mérite une lecture un peu plus attentive.

L’affichage d’une convergence politique

Ce texte de 4 pages (version française) ou 7 pages (version anglaise) se veut un tour d’horizon complet de ce qui est possible en matière de défense européenne, que ce soit « en termes de structures, de capacités et opérations », de dialogue stratégique et de coopération en matière d’armement. Quelques projets concrets sont esquissés (transport médical, surveillance de l’espace). Mais plus encore c’est une convergence politique qui est recherchée. On trouve là effectivement davantage de points d’accord qu’entre Français et Britanniques. Une date butoir est cependant fixée : 2013, avec la célébration des 50 ans du Traité de l’Elysée, et l’ambition affichée de « donner une nouvelle impulsion à leur politique de sécurité et de défense commune ».

La PeSDC crédible et efficace : opérations au Sahel et dans la Corne de l’Afrique

« « Nous partageons depuis longtemps l’objectif d’une défense européenne plus forte. (…) Nous croyons que la politique de défense et sécurité commune est un instrument crédible et efficace pour la gestion de crises » écrivent les auteurs, exemple à l’appui. Le couple franco-allemand se veut ainsi déterminé à assurer le lancement du travail préparatoire à un engagement au Sahel, à continuer le travail en cours sur la mission de reinforcement des capacités maritimes dans la Corne de l’Afrique. Il réaffirme son intention de soutenir l’opération anti-piraterie Atalanta et celle de formation des soldats somaliens (EUTM Somalia) comme une « contribution importante de la PSDC aux efforts de stabiliser la Somalie ».

Un dialogue stratégique préalable sur les crises

Les différences d’approches existent entre  Français et Allemands, c’est un fait. Mais les deux partenaires entendent mieux surmonter, à l’avenir, leurs divergences. « Pour les crises à venir, la France et l’Allemagne se consulteront étroitement avant les décisions concernant l’engagement des forces militaires (NB : une concertation qui a, peu, fait défait lors de l’opération en Libye). Ils veulent aussi faire de la brigade franco allemande, le coeur de la réponse des deux pays. « A partir d’une évaluation commune des crises, devrait correspondre des réponses franco-allemandes, et si possible l’engagement de la Brigade franco-allemande. Cela suppose d’harmoniser les différences entre les procédures administratives nationales et de les réduire autant que possible. » Ce dialogue stratégique – qui passera également par une intensification du dialogue entre les deux parlements – « devra aussi inclure des réflexions sur des scénarios de crises, en se concentrant sur le Moyen-Orient et l’Afrique ».

Projets communs pour le transport médical et dans la surveillance de l’espace

Coté des capacités, les deux partenaires veulent aller plus loin qu’un soutien général aux initiatives en cours de pooling and sharing à l’agence européenne de défense et à l’OTAN. Ils veulent ainsi renforcer le Commandement européen du transport aérien (EATC), mis en place à Eindhoven, et « examiner les possibilités d’élargir ses moyens et capacités ». Un projet de coopération en matière de soutien médical va être lancé avec des soutiens réciproques : l’Allemagne va mettre à disposition de la France ses hélicoptères CH-53 et  la France soutiendra l’Allemagne dans le domaine du CSAR – recherche et sauvetage au combat. Les deux pays veulent également favoriser le développement d’un « noyau d’une capacité européenne en matière de surveillance de l’espace », ils veulent ainsi « développer une capacité commune » ; une coopération qui pourrait « également s’étendre aux hélicoptères, aux systèmes terrestres et aux activités dans le domaine de la défense antimissile ».

Convergences dans la préparation et la conduite des programmes d’armements

De façon plus générale, d’ailleurs, pour « favoriser la convergence dans les différentes phases (préparatoires et actives) des programmes communs d’armements », France et Allemagne vont intensifier les réflexions en « équipes intégrées » et le « processus capacitaire conjoint » rassemblant l’expertise militaire ainsi que les entités en charge de la conception et des acquisitions des deux pays. Ils veulent ainsi parvenir « à une meilleure convergence dans la définition des besoins militaires et opérationnels, à une harmonisation des procédures de certification des armes et systèmes d’armement (reconnaissance mutuelle des méthodes d’essai) et de garantir davantage de continuité dans les échanges entre utilisateurs et fournisseurs ». Et vouloir chercher des « propositions industrielles communes répondant à des projets franco-allemands ».

Pouvoir contrôler l’industrie européenne

La « régulation de l’industrie et du marché » constitue une autre thématique commune, notamment « sur la sécurité des approvisionnements et le contrôle des investissements étrangers ». NB : Un point clé pour éviter que l’industrie européenne d’armement ne s’en aille en lambeaux ou ne parte dans les mains d’investisseurs étrangers, comme les chantiers navals grecs récemment qui sont passés aux mains d’industriels chinois. Au final, « Nos efforts communs en faveur d’une défense européenne plus performante contribueront au renforcement de l’intégration européenne et du partenariat atlantique, piliers de la politique de sécurité en Europe. »

Télécharger la déclaration adoptée , en français anglais  (je vous conseille cette dernière version, la version française me semblant approximative)

Claude-France Arnould : « Un labo de recherche souple aux possibilités insoupçonnées »

(Entretien exclusif) Claude-France Arnould a pris la tête de l’Agence européenne de défense, en janvier. Elle a confié à Bruxelles2 ses premières impressions en arrivant, les qualités d’une Agence (qui a parfois été décriée) et les priorités d’avenir. La nouvelle directrice croit à au potentiel de cette agence, surtout dans cette période de crise économique. Et elle l’illustre avec des exemples précis et chiffrés. Pour ceux qui sont intéressés, Claude-France Arnould sera l’invitée, le 22 février, des « mardis de l’IFRI« , l’Institut français des relations extérieures (à Bruxelles). Et je ne peux que conseiller d’y assister car l’échange promet d’être intéressant.

Vous êtes arrivée début janvier, quelle est votre première impression ?

J’ai été impressionnée par la qualité des gens et le travail qu’ils font. C’est exactement dans la ligne de ce qu’on attend de nous. Une structure compacte, ramassée, efficace, de 120 personnes, qui fonctionne de manière totalement décloisonnée, pas du tout administrative. On est ici plus proche d’un labo de recherche dans l’esprit et la manière de fonctionner. C’est très frappant. Nous avons différents corps de métiers : des militaires, des ingénieurs mais aussi des juristes et financiers. Des spécialités dont on a besoin aujourd’hui pour aider les Etats membres ; l’analyse financière aujourd’hui est tout aussi importante, pour le pooling and sharing.

Quel est le principal défi qui se pose ?

En voyant fonctionner cette Agence depuis l’intérieur, et ses possibilités insoupçonnées, je pense qu’il suffit d’expliquer ce qu’elle fait et ce qu’elle peut faire. Il y a là un potentiel dont disposent les Etats membres et dans lequel il suffit de puiser.

C’est le principal atout de l’Agence, selon vous ?

Oui. Incontestablement, sa souplesse et sa disponibilité. Nous avons la possibilité de mener des programmes à la carte qui peuvent satisfaire les plus exigeants des Etats membres. C’est absolument libre : un Etat membre peut prendre les projets qu’il veut, y participer ou non, inviter d’autres à venir y participer (ou de ne pas les inviter). Le tout, pour un coût minime, marginal. Nous n’imposons rien. Notre rôle est de proposer. Si les Etats membres ne veulent pas participer, on laisse cela de coté.

L’autre particularité de l’Agence est d’avoir une approche « bottom up » (du bas en haut). Nous passons beaucoup de temps à travailler avec les spécialistes des capacités des Etats membres. C’est de là qu’émergent des capacités communes. Un travail invisible, difficile à illustrer mais essentiel. Nous offrons ainsi un réseau informel de discussion entre les ministères de la Défense. Reste que cette approche doit être complétée par une impulsion au niveau politique (ce qu’on appelle l’approche « top down »). C’est cela qui fait le succès d’initiatives comme celle prise récemment par la France et le Royaume-Uni.

L’agence a fait du « pooling and sharing » avant la lettre.
On doit le développer faire des propositions pour aller plus loin

Comment appréhendez-vous justement les relations avec les Etats membres ?

Ils ne vont pas s’engager sur 80 projets identifiés par l’Agence. La question est plutôt de savoir sur quoi sont-ils prêts à s’engager en commun. Il faut les écouter. J’entame une tournée des capitales. Après La Haye, je serai à Londres le 28 février, puis Paris et Varsovie. Sans oublier la réunion informelle des ministres de la Défense (le 24 février, à Budapest-Gödöllo).

Vous comptez donc investir le « Pooling & sharing » qui devient la priorité des priorités en matière de défense ?

On le fait déjà. C‘est comme M. Jourdain (qui faisait de la prose sans le savoir). Les formations de pilotes d’hélicoptères, le laboratoire de contre IED, le déminage maritime… Tout cela c’est déjà du « pooling and sharing » avant la lettre. Maintenant on doit le développer, accélérer le mouvement, il faut faire des propositions pour aller plus loin.

Si vous aviez un projet concret à mettre en avant ?

J’en ai plusieurs. Prenez la formation des pilotes d’hélicoptères. Ce projet fonctionne. Nous avons formé jusqu’ici 114 équipages (dont 63 sont déployés en Afghanistan) et 1300 personnels (pilotes…). Le prochain exercice aura lieu en juin en Italie. Nous sommes là en plein cœur du travail de l’Agence : coordonner une montée en puissance des capacités pour les Etats membres, qu’ils peuvent déployer là où ils l’estiment le plus utile et comme ils le veulent.

Ces équipages sont déployés surtout en Afghanistan aujourd’hui. Peut-on imaginer d’autres lieux ?

Oui bien sûr. La formation a été calée sur le besoin de déploiement en Afghanistan car c’était une demande des Etats membres : avec des vols de nuits, en hauteur, dans des lieux à forte chaleur (avec une formation en désert) et froids (avec une formation en montagne). Toutes formations qui manquaient à certains équipages. On peut fort bien imaginer que cette formation sera utile dans d’autres missions. Les Etats restent totalement libres de déployer leurs équipages formés.

Les priorités seront au bout du compte celles
sur lesquelles les Etats membres seront prêts à s’engager

D’autres priorités  ?

Les priorités seront au bout du compte celles sur lesquelles les Etats membres seront prêts à s’engager. Elles peuvent aller du projet d’EATF – European Air Transport Fleet (NB : la lettre d’intention a été signée par les Etats membres en novembre 2009) et autour de l’arrivée de l’Airbus A400M dans les flottes, en examinant comment la formation et la maintenance peuvent être mises en commun, aux drones (UAV), aux satellites d’observation (MUSIS), et de communication (SATCOM) en passant par un projet d’« hélicoptères wing » (Nb : un projet qui démarre tout juste, les premières réunions viennent d’avoir lieu).

L’Agence a aussi un rôle en matière de recherche & technologie ?

Oui. Je veux identifier les besoins et les solutions. C’est un bon levier d’action. Notre budget opérationnel est de moins de €9 millions. Mais au final c’est entre 100 et 200 millions d’euros que les Etats membres mettent en commun, une grande partie pour la recherche et la technologie. Nous pouvons aussi aider les Ministères de la défense à s’insérer dans des initiatives comme le Ciel unique et Sesar, le spectre radio, l’espace… En fait, notre vocation est de travailler sur le versant militaire et de sécurité de projets initiés par la Commission européenne.

On a évoqué un groupe de sages (Wise Pen) sur le « Pooling and Sharing ». Que vont-ils apporter ?

Je crois que, derrière l’idée de « Sages », il y a le besoin de créer une relation de confiance non bureaucratique, informelle. Ce besoin est essentiel. Plusieurs de nos Etats sont actuellement engagés dans un processus douloureux de réformes. Et il n’est pas toujours facile de dégager publiquement certaines priorités. Ce pourrait être plus aisé, de manière informelle, en toute confidence, pour des « pairs » d’identifier dans quelles conditions on peut coopérer. Ce qui compte, c’est que des initiatives concrètes soient rapidement mises en place. L’accord franco-britannique est, ici, un bon modèle : des domaines cernés, un engagement précis.

Les Américains semblent très intéressés
par ce que peut faire l’UE. Les Russes aussi !

La Turquie frappe à la porte de l’Agence. Comment comptez-vous régler cette question ?

Je ne voudrais pas aborder tout de suite des questions très institutionnelles. Ce n’est pas vraiment à l’Agence de régler ces questions politiques gérées au plus haut niveau. En revanche, nous voyons avec nos homologues de l’OTAN, notamment de l’ACT, ce qu’on peut faire, de façon utile, pragmatique.

Le numéro 2 du Pentagone, William J. Lynn, était récemment à l’Agence. Un signe d’intérêt ?

Oui, certainement. Lynn venait à Bruxelles parler de cyber-défense. Mais il voulait aussi comprendre le rôle de l’Agence. Les Américains semblent très intéressés par ce que peut faire l’UE, en matière d’opérations comme de développement des capacités de défense. Il a notamment proposé d’avoir une discussion sur la réforme du régime d’exportation de biens de défense (NB : une simplification de ce régime est en cours aux Etats-Unis). J’ai l’impression qu’ils veulent investir dans l’Agence. Ils ne sont pas les seuls. Dans les premières lettres de félicitation après ma nomination que j’ai reçues, il y avait celle de V. Chizov (ambassadeur russe auprès de l’UE), qui proposait d’identifier les possibilités de travail en commun.

Lire également :

Un nouveau groupe de travail sur l’Espace

(BRUXELLES2) Les ambassadeurs des 27 doivent entériner, ce mercredi, la création d’un groupe de travail sur l’espace. C’est la conséquence des nouvelles dispositions du Traité de Lisbonne (article 189) qui font de l’Espace une politique européenne spécifique. Ce groupe réunira les experts du sujet dans les 27 Etats membres en vue de faire des propositions et initiatives, et d’assister les ambassadeurs adjoints (Coreper 1) sur ces sujets spécifiques. Au besoin, des représentants de l’agence spatiale européenne seront invités à y assister.

(Nicolas Gros-Verheyde)

Galileo: le dernier satellite test lancé

(BRUXELLES2 à Fucino – Italie) Lancé sur le cosmodrome de Baïkonour (Kazakhstan), le dernier satellite test pour le GPS européen – Galileo – a surtout été piloté au centre de Fucino (Italie) par l’Agence spatiale européenne, depuis une petite salle aux allures ordinaires, avec téléphone et écran de contrôle.

 Malgré la distance, l’allumage de la fusée a quelque chose d’extraordinaire. Et pour être dans la salle de visionnage avec tous ceux qui ont participé à la mise en place de Galileo — les opérateurs comme l’Agence spatiale européenne ou Arianespace, les industriels comme Thales ou Astrium, les responsables politiques, comme la rapportrice du Parlement européen, Etelka Barsi Pataky ou le commissaire européen aux Transports, Jacques Barrot —, on retrouve incontestablement nos souvenirs d’enfants, quand la fusée s’allume, que le décompte ne laisse finalement que d’ultimes secondes — 5-4-3-2-1…  Au décollage, immédiatement, on ne perçoit qu’une boule de feu et une trace comme une apocalypse finale. Il faut un moment, qui parait durer longtemps, mais n’est en fait qu’une fraction de seconde, pour saisir que « non la fusée n’a pas explosé ». Et qu’elle a tout simplement décollé… Il est 0h16.

Pour revenir sur terre, ce lancement — après l’acceptation par les Etats membres et le Parlement  européen d’un financement public (= 3,4 milliards d’euros) pour la mise en place des 30 satellites —, signe le démarrage de l’Europe spatiale. La réussite de ce « test technique permet à l’Europe spatiale de franchir un pas » comme l’a déclaré le commissaire Barrot.

Il ne faut pas s’y tromper ! Au delà des aspects techniques, des enjeux industriels et des déclarations politiques, il y a pour l’Europe un véritable intérêt stratégique : l’Europe gagne ainsi son indépendance pour le futur. Etre en mesure de maitriser toute la chaine : du lancement du satellite à la reconnaissance finale du signal, éventuellement utilisable sur le terrain, par les militaires.

 (Nicolas gros-Verheyde)