(crédit : Eurogendfor)

Les experts européens ont prêté main forte après l’attaque du Blu Radisson à Bamako

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(BRUXELLES2) Une douzaine d’enquêteurs (gendarmes, policiers…) de la mission européenne de soutien aux forces de sécurité maliennes (EUCAP Sahel Mali) et de la composante « UNPOL » de la Minusma – ont prêté main forte à leurs collègues maliens de la Police Nationale (Brigade d’investigation judiciaire et Police technique et scientifique) après l’attentat terroriste à l’Hôtel Blu Radisson de Bamako, vendredi (20 novembre), apprend-on. Ils ont apporté un soutien technique, notamment, essentiel pour l’enquête. Celle-ci étant conduite par les juges et policiers maliens.

Ce sont eux notamment qui ont assuré le prélèvement des empreintes des deux suspects tués lors leur attaque, permettant leur identification. L’équipe malienne ne semblait pas disposer du matériel de police scientifique nécessaire. Les gendarmes ont également disséqué les armes utilisées pour tracer leur provenance et leur fabrication. Des éléments indispensables de l’enquête.

« C’est l’occasion de soutenir nos camarades maliens dans la mise en pratique de notre action de formation, dans les domaines de la Police judiciaire et du contre-terrorisme que nous leur enseignons », affirme le colonel John Veneau, chef des opérations de la mission. Depuis janvier 2015, la mission EUCAP Sahel Mali forme les forces maliennes sur la police judiciaire, la direction d’enquête, la police scientifique et technique, et les techniques de renseignement.

Les experts d’EUCAP avaient déjà soutenu les forces de sécurité intérieure du Mali après l’attaque contre La Terrasse, en mars 2015 (lire : Attentat à Bamako, plusieurs victimes européennes dont un agent de l’UE)

NB : Cet attentat comme le précédent de Bamako devrait remettre un focus plus déterminé de la mission EUCAP Sahel Mali sur le vecteur anti-terrorisme.

 

(Leonor Hubaut & Nicolas Gros-Verheyde)

La Belgique, base de recrutement et logistique pour le réseau Ben Laden ?

(archives B2 *) En Belgique, l’enquête continue de façon active. Le pays semble en effet avoir abrité une cellule de recrutement et logistique pour le réseau Ben Laden. Hier encore, plusieurs auditions étaient menées au cabinet du juge bruxellois Christian De Valkeneer. Six personnes sont actuellement sous mandat d’arrêt. « L’enquête se poursuit » précise-t-on côté judiciaire, où on nie que « la Belgique soit un centre nerveux. La justice y est peut-être plus active que dans d’autres pays… » nous confie une source proche de l’enquête.

Deux dossiers sont principalement ouverts

L’un concerne les passeports volés en 1999 dans les consulats belges à La Haye et à Strasbourg et dont deux ont été utilisés par les assassins du commandant Massoud. Fin novembre et courant décembre, une série de perquisitions avait été mené dans plusieurs endroits du pays (en région bruxelloise, à Mons et à Louvain), à l’issue duquel une dizaine de personnes avaient été arrêtées. Principalement dans les milieux tunisiens intégristes. Début janvier, les autorités néerlandaises ont livré à la Belgique un homme arrêté à Eindhoven (Pays-Bas).

Un deuxième dossier a été ouvert au parquet de Bruxelles sur la mouvance Takfir Wal Hijra, un mouvement d’origine égyptienne lié aux Moudjahidines arabes d’Afghanistan, groupe soupçonné d’avoir planifié des attentats en Europe contre des intérêts américains.

De nouveaux efforts prochainement

« Dans les prochaines semaines, nous allons déployer de nouvelles forces et d’autres efforts d’enquête pour connaître les islamistes actifs sur notre territoire », avait annoncé en décembre le directeur des services judiciaires, Glenn Audenaert. NB : Les deux personnes arrêtées en France l’ont été sur commission rogatoire délivrée par le juge d’instruction bruxellois.

Le réseau d’Ahmed Zaoui démantelé

Les recherches effectuées en Belgique sont le fruit d’efforts de recherches menées depuis le début des années 90′ en collaboration avec la Sûreté de l’Etat. Au cours de cette décennie, elles avaient déjà permis le démantèlement du réseau d’Ahmed Zaoui, de Farid Melouk et l’échange de renseignements lors de la campagne d’attentats islamistes lors de l’été 1995 en France.

C’est à cette époque que Tarek Maaroufi (1) avait été condamné à trois années de prison avec sursis, puis placé en résidence surveillée, dans le cadre d’un procès de membres d’un réseau lié au GIA algérien au cours duquel Ahmed Zaoui, un ancien parlementaire du FIS (Front islamique du Salut), un des leaders présumés du GIA en Europe, avait également comparu.

Un réseau de combattants belges pour Al Qaïda

Le quotidien francophone, La Libre Belgique, révèle aujourd’hui qu’une « petite dizaine » de ressortissants belges sont partis se battre en Afghanistan dans les rangs d’Al Qaïda. L’un d’entre eux serait Abd al Sattar, l’un des tueurs de Massoud. Selon notre confrère belge, « il faisait partie d’un groupe islamique radical tunisien très actif à Bruxelles. »

(Nicolas Gros-Verheyde)

(*) Notes rédigées pour France-Soir

(1) Tarek Maaroufi est décrit par la presse belge comme un « personnage influent au sein de sa communauté où il est volontiers considéré comme un philosophe »