Energie

Hollande dit “oui mais” à Merkel. Son “Initiative européenne”. Nos commentaires (maj)

(BRUXELLES2) Le président français a présenté hier (16 mai) lors d’une conférence de presse formelle, à Paris, la volonté de passer à « l’offensive » notamment au niveau européen. Son « initiative européenne » a un objectif « sortir l’Europe de la langueur qui la saisit et de réduire la désaffection des peuples qui ne peut que compromettre l’avenir même de l’Union européenne ». Je ne suis pas sûr que ses propositions répondent à tous ces objectifs. Elles ne sont pas totalement originales et “décoiffantes”. Mais elles ont le mérite de remettre le couple franco-allemand au coeur du jeu de la négociation.

Le constat du cycliste

F. Hollande reprend ainsi le constat du cycliste cher à Jacques Delors – qui fut un de ses mentors en politique – et veut imprimer un nouveau mouvement. « L’idée européenne exige le mouvement. Si l’Europe n’avance pas, elle tombe ou plutôt elle s’efface ; elle s’efface de la carte du monde, elle s’efface même de l’imaginaire des peuples. Il est donc plus que temps de porter cette nouvelle ambition.»

Les éléments d’une nouvelle discussion intergouvernementale

Cette initiative repose sur 4 propositions : gouvernement économique et capacité budgétaire pour la Zone Euro, plan pour les jeunes et plan d’investissements, Communauté européenne pour l’énergie. 4 points qui ne sont pas automatiquement totalement novateurs dans la position française mais figurent un peu comme les conditions d’une nouvelle négociation européenne. Car, dans le même temps, le président français dit clairement “oui” à la proposition de la chancelière allemande “d’une Union politique”. Un ton nouveau qui peut donner, selon la stratégie classique européenne donnant-donnant (‘j’accepte ce que tu demandes, tu acceptes ce que je veux’), les éléments d’une nouvelle discussion intergouvernementale.

Une Union politique : une vieille demande allemande

L’Union politique, cette “nouvelle étape d’intégration“, Berlin l’a prôné de ses voeux. Depuis plusieurs mois (plusieurs années), les principaux dirigeants allemands le serinent sur tous les tons. La France réservait jusqu’ici sa réponse, se contentant de réponses dilatoires. François Hollande répond aujourd’hui : chiche ! Allons-y … “La France est disposée à donner un contenu à cette Union politique” se donnant “deux ans pour y parvenir“. Deux ans, “quels que soient les gouvernements qui seront en place” prend-il bien soin de préciser.

  • NB : Un petit point destiné à souligner que si ce n’est pas avec Merkel version CDU-FDP, que le président négociera, ce pourrait être avec Merkel dans une autre configuration (CDU-SPD ou CDU-SPD-VERTS) ou un autre chancelier (SPD-VERTS). A quelques jours de la venue du président français aux 150 ans du SPD à Lepizig, ce n’est pas tout à fait innocent… “Ce n’est plus une affaire de sensibilité politique, c’est une affaire d’urgence européenne.”  ajoute-t-il.

Un gouvernement économique pour la Zone Euro : une vieille demande française

Ce “gouvernement économique” se réunirait, “tous les mois“, autour d’un “véritable Président nommé pour une durée longue et qui serait affecté à cette seule tâche“.

  • NB : En octobre 2011, les “27″ avaient décidé de créer cette fonction mais en l’alignant sur celle du président du Conseil européen, même date de nomination, même durée de mandat… Sans aller jusqu’à indiquer que les personnes étaient les mêmes, c’était une incitation implicite à la fusion des deux postes. Le Traité “budgétaire” (sur la stabilité, la coordination et la gouvernance au sein de l’Union économique et monétaire) avait entériné cette création en indiquant un minimum de deux réunions par an. La proposition “Hollande” suppose donc que ce président soit différent du président du Conseil européen, ait un mandat de 5 ans (et non 2 ans et demi renouvelable une fois) et un rythme de réunions plus soutenu. Cette disjonction des deux postes aurait des avantages : éviter toute prééminence de la Zone euro sur le choix futur du président du Conseil européen ou, à l’inverse, que la Zone euro “subisse” un président “hors zone euro. Elle aurait un inconvénient : multiplier le nombre de postes. Ou alors il faudrait ce “président de la Zone euro” préside également les conseils des ministres de l’Eurogroupe.

Ce gouvernement économique aurait quatre fonctions :

- débattre « des principales décisions de politique économique à prendre par les États membres » ;
- « harmonise(r) la fiscalité » ;
- commencer à « faire acte de convergence sur le plan social par le haut » ;
- engager un plan de lutte contre la fraude fiscale”.

  • NB : le gouvernement économique pour la Zone euro est une antienne française. On se souvient de la volonté affichée par le président Sarkozy sous la présidence française de l’UE en 2008 et ensuite. Mais cette idée est présente dans le corpus politique français bien avant. Le président François Mitterand l’avait déjà exprimée très clairement lors de l’ouverture à Rome, en 1990, de la conférence intergouvernementale, qui devrait présider à la mise en place du Traité de Maastricht. « Si la CIG chargée de cette union économique et monétaire parvient à cette conclusion qu’il faut une monnaie (…) elle sera fatalement contrainte d’en conclure qu’il faut un gouvernement économique de l’Europe » disait-il.

Un budget pour la zone Euro

Une capacité budgétaire “serait attribuée à la zone euro” et la possibilité, “progressivement, de lever l’emprunt” demande F. Hollande. NB : Une proposition qu’il classe dans son discours en 4e position. Nous l’avons ramené dans la logique du gouvernement économique en 2e position. Le point est, en effet, très discuté et disputé. Berlin mais d’autres capitales n’étaient pas très chauds du tout sur cette proposition, voire hostiles.

Un plan pour l’insertion des jeunes

Le cadre financier européen, le budget européen a déjà prévu six milliards d’euros pour l’emploi des jeunes.” Pour le président il faut “mobiliser tout de suite, avant même que le cadre financier ne soit en place pour 2014, une partie de ces fonds pour que nous puissions venir en soutien de tous les jeunes d’Europe qui, aujourd’hui, peinent à trouver une formation ou un emploi“. En complément, l’Europe devrait définir “une stratégie d’investissements, notamment pour les nouvelles industries et pour les nouveaux systèmes de communication“.

  • NB : on est, ici, dans un schéma assez classique européen, le Fonds social européen comme la stratégie de Lisbonne avaient déjà indiqué comme priorité l’emploi des jeunes ou les nouveaux systèmes de communications. On attend simplement de voir ce que veut dire cette “nouvelle stratégie d’investissements”.

4° Une “Communauté européenne de l’énergie”

Cette “CEA” serait destinée à « coordonner tous les efforts pour les énergies renouvelables et réussir ensemble – alors que l’Europe a des pays qui n’ont pas les mêmes politiques énergétiques – à assurer la transition énergétique ».

  • NB : C’est une promesse de campagne du président Hollande. Mais il y a une division fondamentale, tue souvent à Bruxelles, sur le nucléaire. Un point qui oppose, là encore, Berlin et Paris. On ne peut aussi qu’être sévère. Que de temps perdu ! Il y a dix ans, on laissait s’enterrer la CECA, la Communauté européenne du Charbon et de l’Acier, au prétexte que le “charbon c’est le passé”. Et que les instruments communautaires existants suffisaient bien assez. La CECA avait cependant des instruments assez innovants (prélèvements sur les producteurs, réinjection dans les capacités et la formation) que n’avaient pas et n’ont toujours pas les instruments actuels européens.

(Maj) Ajout de complément d’informations sur la gouvernance économique. Et rappel du traité budgétaire.

Télécharger l’intervention du président Hollande

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La Jordanie prend le lead de l’UPM

(B2) La Jordanie prend la co-présidence “Sud” de l’Union pour la Méditerranée (UPM) en remplacement de l’Egypte. C’est l’Union européenne qui assure la coprésidence “nord” de l’UPM. Une réunion de travail devrait avoir lieu au niveau des hauts fonctionnaires, fin septembre à Bruxelles avec les 43 pays d’Europe et de Méditerranée qui composent l’UPM.

Une usine à projets

Les réunions au niveau ministériel ne devraient pas démarrer avant l’année prochaine. Il y a un « important travail technique » à assumer pour mettre au point les différents projets. L’UPM est, en effet, à la fois une instance de dialogue politique mais aussi une machine à approuver les projets (usine de dessalinisation d’eau à Gaza, université euro-méditerranéenne à Fès,…). Les différents projets en matière d’énergie ne devraient pas ainsi être prêts avant septembre 2013, selon nos informations.

Où les questions politiques se téléscopent

Ce délai tombe bien également … au plan politique. La Turquie – qui fait partie de l’UPM – refusera toute réunion présidée par un ministre chypriote. Le principe de présidence de l’Union européenne est, en effet, à géométrie variable selon les dossiers. Si la question ressort d’une compétence “exclusive” de l’UE, c’est son représentant qui préside : le commissaire De Gucht pour le Commerce par exemple, ou un membre de la DG Trade ; la Haute représentante de l’UE ou un membre du service diplomatique européen (SEAE), s’il s’agit d’une question de politique étrangère européenne, Etc. Mais s’il s’agit d’une compétence partagée, entre l’UE et les Etats membres, c’est un membre de la présidence tournante et un membre de la Commission qui préside. Par exemple en matière de transports.

Palestine présente en titre, Syrie aux abonnés absents

Il est intéressant de mentionner que l’UPM est une des seules organisations (avec l’Unesco), où la Palestine est représentée en tant que telle, avec voix au chapitre, sur tous les projets comme tous les autres Etats présents autour de la table (Israël notamment). On peut noter également que la Syrie fait partie intégrante de l’UPM. Mais le gouvernement de Bachar a choisi récemment de ne plus siéger et de jouer la politique de la “chaise vide”. Ce qui, accessoirement, a évité un débat sur l’exclusion de sa présence dans cette enceinte.

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Un cadeau de Noël iranien pour l’Arménie. Au programme la coopération énergétique

(BRUXELLES2) Alors que les Européens envisagent de renforcer les sanctions contre l’Iran, notamment sur le plan énergétique, à l’autre bout du continent, l’Arménie envisage plutôt le contraire.

Une série d’accords avec le soutien de l’Iran

Ainsi que le rapporte l’agence de presse nationale ARKA, les deux présidents, Sargsyan et Ahmadinejad ont décidé aujourd’hui (24 décembre) de renforcer leur coopération entre les deux pays dans le domaine de l’énergie et de développer les flux commerciaux. D’ores et déjà ils ont décidé mettre en place un programme de construction d’un oléoduc, d’une voie de chemin de mer et d’une usine hydroélectrique située sur l’Arax en 2012. Des projets réalisés avec le soutien financier de l’Iran. Plusieurs autres accord intergouvernementaux ont été signés à cette occasion notamment en matière sociale, de protection de la nature.

Aux deux rateliers

On peut souligner que, parallèlement, l’Union européenne a décidé engagé pour la période 2011-2013 un effort supplémentaire en faveur des pays du voisinage notamment de l’Arménie, à hauteur de 157 millions d’euros selon des sources au Service diplomatique européen. Ce qui constitue  un doublement de la somme mise à disposition si on le compare avec les 98 millions d’euros disponibles pour la période précédente 2007-2010 (soit environ 50 millions d’euros par an sur 3 ans, d’un coté ; contre 25 millions d’euros par an, sur 4 ans, de l’autre). Le 20 décembre dernier, les 27 ont accepté d’ouvrir officiellement des négociations avec l’Arménie pour un accord de simplification des visas ; et le début des négociations d’un accord de libre-échange est toujours espéré rapidement à Erevan, qui joue aisément sur les deux tableaux : UE et Iran.

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Syrie : une 10e vague de sanctions plus économique

(BRUXELLES2 – Conseil des ministres des Affaires étrangères) Les 27 ministres des Affaires étrangères, réunis à Bruxelles aujourd’hui (1er décembre), devraient approuver une dixième décision de sanctions contre le régime syrien. Une douzaine de noms, proches du pouvoir et militaires, devraient être ajoutée à la liste des personnes interdites d’entrée dans l’Union européenne et dont les avoirs sont gelés (la liste comporte déjà 74 noms). Et une dizaine d’entités verraient également leurs avoirs gelés (la liste comporte déjà 9 entités). Le plus importante n’est cependant pas dans cet allongement mais dans les mesures annexes qui vont être prises.

Limitation des relations commerciales

L’UE veut limiter ses relations commerciales avec la Syrie, selon un projet de décision que B2 a pu consulter. Elle va notamment interdire certaines opérations de soutien aux industries stratégiques (construction d’usines de production électrique ou pétrolière, équipements de ces ces centrales…). Elle veut aussi limiter les prêts et crédits à long terme consentis à l’autorité publique syrienne tout comme l’établissement de filiales par les banques syriennes en Europe. L’exportation de certains matériels dits sensibles soit pour la liberté d’expression (matériel ou logiciel de contrôle d’internet, des téléphones mobiles..), soit en matière économique (participation directe à la construction de centrales électriques ou d’équipements pétroliers et de gaz…) va aussi être interdit. Certaines de ces mesures sont la suite de la proposition mise sur la table du Conseil à l’été par le service diplomatique. mais elles vont plus loin. Le Coreper devrait ajuster la liste et les mesures ce jeudi, et la mesure entrer en vigueur dès vendredi avec la parution au JO.

La question des corridors humanitaires

La proposition de la France de mettre en place des corridors humanitaires devrait aussi être discutée mais assez rapidement. Cette idée est surtout travaillée aux Nations-Unies mais également au sein du service diplomatique européen (SEAE). Mais « c’est assez complexe à mettre en oeuvre » comme le précise un diplomate européen. « La France le reconnait elle-même. Il faut bien analyser la situation, le nombre de réfugiés. La Turquie avait ouvert des camps au début des événements. Nous avons vu arriver beaucoup de réfugiés tout d’abord puis cela s’est arrêté et le nombre a même baissé ensuite ».

Un invité arabe

Les sanctions prises par la Ligue arabe contre la Syrie seront également au menu du lunch que les 27 tiendront avec le secrétaire général de la Ligue arabe, Nabil El Araby, invité d’honneur de cette réunion. Un lunch consacré de façon plus générale au processus de paix au Moyen-Orient et au printemps arabe.

Des contacts avec l’opposition

Ces derniers jours, l’Union européenne a eu des contacts avec les opposants syriens. La Haute représentante les a reçu ainsi que les ambassadeurs du COPS. Des opposants syriens, « pas très organisés » de l’aveu même d’un diplomate européen. « Nous les avons encouragé à faire des efforts pour se doter d’une feuille de route ». A ceux qui doutent de l’efficacité des sanctions, ou des possibles conséquences sur la population civile, les opposants « nous ont incité à aller plus loin. La population est surtout touchée actuellement par la violence. »

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Le petit dictateur ouzbek reçu par une porte dérobée à l’Otan et la Commission européenne

La Commission européenne commence à être gênée de la visite du président ouzbek, Islam Karimov à Bruxelles. Le “petit dictateur” d’Asie centrale doit être reçu, lundi, à la Commission européenne par José-Manuel Barroso, le président, et Günther Oettinger, le commissaire à l’énergie, ainsi qu’à l’OTAN, par A.F. Rasmussen.

Une visite qui a des relents stratégiques et économiques

A l’OTAN, l’objectif est de s’assurer d’un allié qui participe au Partenariat pour la paix (PPP) et au processus de planification et d’examen du partenariat (PARP) dans la guerre en Afghanistan. A la Commission européenne, la question portera surtout sur « la sécurité régionale, les questions économiques, l’énergie » mais aussi les « droits de l’homme » se hâte-t-on de préciser quand j’ai posé la question au “briefing” de la Commission.

Un Memorandum of Understanding sera d’ailleurs signé par le commissaire à l’Energie, Gunther Oettinger et son homologue ouzbek. Cet accord porte plusieurs aspects énergetiques, dont les infrastructures et la coopération. « L’Ouzbekistan est le dernier pays de cette region avec lequel nous n’avions pas encore un tel accord » précise-t-on à la Commission.

Un dirigeant de la vieille école soviétique

Seulement voilà… Karimov n’est pas n’importe quel chef d’Etat. Ayant gravi tous les échelons du PC sous l’Union soviétique et au pouvoir sans discontinuer depuis 21 ans à Tachkent, il est notamment l’auteur d’une répression sauvage en 2005 d’une manifestation à Andijan faisant près de 1000 morts selon les ONG. Les défenseurs des droits de l’homme et les opposants sont régulièrement emprisonnés, quand ils ne sont pas torturés ou violés, les journalistes menacés et les ONG internationales souvent gênées dans leur travail, voire expulsées. Bref, ce ne n’est pas un paragon de vertu. Et on est plus proche de la “petite dictature” que de la “grande démocratie”. Mais les sanctions prises ont peu à peu été levées.

Une politique d’engagement critique et conditionnel

Mais le pays recèle de l’énergie. Et l’Allemagne, très présente dans le pays, pousse à une normalisation des relations européennes.  Alors les Européens ont desserré la vis. Selon une stratégie décidée en 2007 par les Etats membres, confirmée en octobre 2010, une « politique d’engagement critique et conditionnel » a été décidé. « L’UE a opté pour cette stratégie plutot que celle de l’isolement pour obtenir des progrès via le dialogue et les pressions constantes. » explique-t-on. Une politique qui a eu un certain succès selon la Commission. « Des progrès ont été observés et obtenus ces dernières années, notamment l’abolition de la peine de mort ». Il n’est ainsi pas anodin que le commissaire allemand soit présent à cette rencontre. Berlin pousse…

Le président Van Rompuy boude la rencontre

Mais le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, d’ordinaire associé aux visites de chefs d’Etat, n’a pas souhaité, cette fois, être présent. “Problème d’agenda” m’a précisé, fort diplomatiquement, son porte-parole, ne voulant sans doute pas embarrasser ses voisins de palier européen par des considérations plus politiques. On ne sera pas dupe. Van Rompuy ne tient pas à figurer sur une photo un peu compromettante.

Medias pas bienvenus

A propos de photo, les services de porte parole de la Commission sont largement embêtés. Interrogés par des confrères journalistiques, ce vendredi midi, il était précisé que la presse serait tenue informée. A 20h30, toujours rien. Je me suis enquis. Mais on se refusait toujours à indiquer quel dispositif (photo de famille, VIP corner, conférence de presse) était envisagé. La visite commence à sentir le souffre. Et on se passerait de cet exercice habituel en cas de visite de personnalité de premier plan. A l’OTAN, on n’a pas de ces pudeurs, et il vient d’être précisé qu’il y aura “no media opportunity“. Autrement dit : circulez il n’y rien à voir…

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Les sanctions renforcées contre l’Iran, le texte d’application

La compagnie maritime pourrait bien ne pas arriver à vendre certains de ses navires, elle figure sur la liste des "interdits" tant au niveau de son siège que de sa filiale "Benelux" établie à Anvers (crédit : Irisl)

Les 27 ministres des Affaires étrangères doivent adopter, lundi, le règlement d’application sur les sanctions renforcées contre l’Iran (*), dont le principe avait été décidé au sommet européen en juin dernier (1) et fixé dans un règlement adopté le 26 juillet dernier par le Conseil de l’UE.

Ce nouveau texte vient détailler la liste de sanctions décidées en juillet dernier qui concernent des secteurs économiques vitaux pour l’économie iranienne.

5 secteurs économiques concernés

  • les biens et technologies à double usage et sur des équipements susceptibles d’être utilisés à des fins de répression interne (NB : on parle là de renforcement des sanctions, la quasi-totalité des biens et technologies énumérés à l’annexe I du règlement 428/2009 figurent maintenant dans les interdictions) ;
  • les équipements et technologies clés qui pourraient être utilisés dans l’industrie iranienne du pétrole et du gaz, ainsi qu’aux investissements dans  ces secteurs ;
  • les investissements de l’Iran dans les activités liées à l’extraction d’uranium et à l’industrie nucléaire, des restrictions aux transferts de fonds à destination et en provenance de l’Iran ;
  • le secteur bancaire iranien, des restrictions à l’accès de l’Iran aux services d’assurance et aux marchés des obligations de l’Union ;
  • la fourniture de certains services à des navires et aéronefs de fret iraniens.

Renforcement des sanctions personnelles, également

Le tout accompagné d’un renforcement des sanctions personnelles, avec « des catégories supplémentaires de personnes soumises à un gel des fonds et des ressources économiques ». NB : Sur les 75 sociétés et 42 personnes physiques (les principaux chefs des forces armées et Pasdaran – dont le contre-amiral Morteza Safari – et responsables du programme nucléaire) concernées, les nouveaux inscrits sur cette liste sont essentiellement les entreprises.

Ils bénéficient des nouvelles procédures juridictionnelles mises en place pour toutes les personnes figurant sur des listes d’interdictions de l’UE : information nominative, droit à explication, rectification éventuelle voire recours devant la Cour de justice européenne (très sourcilleuse comme on le sait sur le respect des Droits fondamentaux (2)).

Le secteur énergétique touché mais pas coulé

Pour « être efficaces », les restrictions aux investissements dans le secteur iranien du pétrole et du gaz devraient, vont « couvrir certaines activités clés (comme) les services de transport du gaz en vrac par les réseaux nationaux et s’appliquer aux coentreprises ainsi qu’à d’autres formes d’association et de coopération avec l’Iran dans le secteur du transport du gaz naturel ». En revanche, les importations de pétrole et de gaz en provenance de l’Iran, ainsi que le paiement de ces transactions ne devrait pas etre touchées.

Une discussion sur les sanctions maritimes

La discussion a duré entre les experts diplomatiques européens. Et il fallu plusieurs réunions durant l’été et encore en septembre pour dégager un accord, en particulier sur les sanctions contre la compagnie maritime iranienne. Plusieurs pays, “particulièrement actifs” dans le domaine (la Grèce et Chypre notamment selon mes informations) se sont opposés à trop de sévérité.

Le règlement interdit ainsi, « de charger des cargaisons sur des navires détenus ou affrétés par l’IRISL » (la compagnie de transport maritime de la République islamique d’Iran) ou ses filiales, dans les ports des États membres, et « de décharger des cargaisons de tels navires ». Mais rien ne requiert « la saisie ou la rétention des navires détenus par ces entités ou des cargaisons qu’ils transportent dans la mesure où ces cargaisons appartiennent à des tiers, ni la rétention des membres d’équipage engagés par ces entités ».

(*) (en avant-première) Télécharger le Règlement sur les sanctions

Lire également :

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Ressources énergétiques et PSDC

« L’accès de l’Union européenne aux ressources énergétiques et matières premières : les enjeux pour la PESC/PSDC », c’est le thème du second séminaire que tient l’Institut français des Hautes études de la Défense nationale (IHEDN) à Bruxelles (après celui sur la sécurité maritime en juillet 2009). Un séminaire organisé en collaboration avec la Commission européenne.

Introduit par le vice-amiral d’escadre Richard Laborde, directeur de l’IHEDN, et Dominique Ristori, DG Adjoint de la DG Energie de la Commission européenne, on peut noter d’ores-et-déjà deux ateliers plus spécifiquement consacrés à la défense :

– le matin, sur “La diplomatie sur les ressources énergétiques et les défis identifiés de la PESC/PSDC” avec Sami Andoura (Notre Europe), Karel Kovanda (DG Relex) et Christophe-Alexandre Paillard (ancien conseiller technique sur ces questions de Pierre Lellouche au secrétariat d’Etat aux Affaires européennes).

- l’après-midi, sur les “Défis PESC/PSDC sur l’initiative “matières premières” de l’UE avec Bruno Martel-Jantin (du BRGM), Gwenole Cozigou (directeur à la DG Entreprise) et Julie Mercier (ministère français de la Défense).

Rv : le mercredi 22 septembre 2010 au Centre Albert Borschette.

Inscrivez-vous ! programme, informations pratiques, ici …

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La défense européenne, priorité n°1 de la présidence polonaise de l’UE… en 2011

M. Dowgielewicz sera un des organisateurs de la présidence polonaise. Ici (à droite), lors du sommet extraordinaire sur la Géorgie (crédit : présidence polonaise de l'UE)

(BRUXELLES2) Il reste encore 645 jours avant la prise de fonction de la présidence de l’Union européenne par les Polonais. La Pologne présidera aux destinées européennes au 2e semestre … 2011. Et ceux-ci ont déjà avancé quelques unes de leurs futures priorités. Le comité européen du Conseil des Ministres polonais vient de se réunir, et le Conseil des Ministres devrait adopter, d’ici quelques jours, les grandes lignes de ces priorités, selon notre confrère Jedrzej Bielecki du quotidien Dziennik Gazeta Prawna, qui en détaille le contenu.

Pourquoi cet empressement

Il faut dire que le poste de ministre des Affaires européennes est actuellement occupé par un des meilleurs connaisseurs du milieu européen qui soit. Mikolaj Dowgielewicz (qui a été attaché de presse du groupe libéral et démocrate au Parlement européen puis porte-parole à la Commission européenne pour Margot Wallström, l’actuelle vice-présidente sociale démocrate de la Commission, chargée des relations avec les citoyens). Et celui-ci comme le Premier ministre, Donald Tusk, le ministre des Affaires étrangères, R. Sikorski, le ministre de la Défense, B. Klich, sont de sérieux partisans de l’intégration européenne tout comme du désir de voir la Pologne retrouver une place de choix dans le concert européen.

Pami les priorités polonaises, au premier rang … le renforcement de la politique de défense
européenne

« Nous voulons obtenir pas moins que ce que la France a obtenu lors de sa présidence » explique Mikolaj Dowgielewicz. Selon Dziennik, “La Pologne veut (ainsi) convaincre ses partenaires de l’Union de renforcer l’Agence Européenne de Défense pour pouvoir acheter en commun les armements les couteux. Ce qui devrait inclure une flotte d’avions de transport stratégique“. Elle souhaite aussi créer un poste d’adjoint au Haut représentant, le chef de la diplomatie européenne, avec comme fonction spécifique de gérer “les capacités de défense européenne“. Un poste à haute visée industrielle.

Le Haut représentant siégerait à l’OTAN…

Les Polonais ne s’arrêtent pas là. Ils proposent même que le nouveau Haut représentant pour la politique étrangère de l’UE obtienne “le droit de siéger au Conseil de l’Atlantique Nord”. “De cette façon - expliquent-ils – l’Union européenne aurait davantage d’impact sur la politique de l’Otan”. Et ce devra être un poids lourd ! Concernant la personne du futur Haut représentant, les Polonais ont d’ailleurs des idées bien arrêtées. Dans une autre interview, à Gazeta Wyborcza, Mikolaj Dowgielewicz a souligné que, « Ce sera une position clé (de la future Commission). (…) Nous avons besoin d’un poids lourd. (…) Cette personne devrait donc être une personne proche de notre vision d’une politique étrangère européenne qui nous mette en partenariat avec les États-Unis, et qui prenne (également) en compte la vulnérabilité de notre région, tels que la question de la sécurité énergétique. »

La politique énergétique, priorité n°2

Autre priorité de la Présidence polonaise de l’UE qui a aussi un impact en matière de sécurité : la politique énergétique. La Pologne souhaite que l’Europe soit bien préparée à une éventuelle coupure de gaz russe. L’Union devrait construire un système d’interconnexions gazières, reliant les
réseaux de tous les pays de l’UE.

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