La mission de l’UE à Kiev (EUAM) mise sur des élections libres et justes en Ukraine

(B2) A quelques jours du premier tour de l’élection présidentielle, prévu le 31 mars 2019, 250 officiers de police ont été formés à identifier et à réagir face aux violations de la loi électorale

(crédits: EUAM Ukraine)

La formation s’est déroulée en dix sessions, entamées au début du mois de mars. Elles ont été dispensées par l’ONG ukrainienne OPORA active dans le domaine de la supervision publique et de la transparence électorale. Une ONG soutenue par la mission de l’UE en Ukraine de conseil aux forces de sécurité intérieure (EUAM Ukraine).

Cette formation est en réalité la deuxième du genre pour la police en matière de législation électorale (voir : Dernières nouvelles des missions de maintien de la paix de l’UE – PSDC (janvier 2019)). Ce sont, au total, 625 policiers ukrainiens qui ont été formés avec l’appui d’EUAM Ukraine dans la région d’Odessa.

(MHA)

Dernières nouvelles des missions de maintien de la paix de l’UE – PSDC (janvier 2019)

(B2) Depuis janvier, l’hôpital de Zenica en Bosnie-Herzégovine peut apporter son soutien médical à EUFOR en cas de besoin. Dans le Golfe d’Aden, Chinois et Européens renforcent leur coopération dans la lutte contre la piraterie. En Irak, les forces de la coalition anti-Daesh s’accordent sur les principes de la réforme de sécurité. Au Sahel, les formateurs d’EUTM Mali dispensent des formations en management opérationnel à la gendarmerie 

Zenica (Bosnie-Herzégovine). Soutien médical

Un mémorandum d’accord a été signé entre l’hôpital cantonal de Zenica et la force européenne (EUFOR) en Bosnie-Herzégovine, mardi (22 janvier) annonce le QG. Il concerne les conditions dans lesquelles un soutien médical et d’évacuation médicale (MEDEVAC) sera fourni au personnel de l’EUFOR Althea en cas d’urgence, précise le QG de l’opération.

Lviv (Ukraine). EUAM Ukraine prépare la police locale en vue des élections

Les 375 agents de patrouille et de district de Lviv ont reçu, durant trois semaines, une formation à la législation électorale ukrainienne, comme à les préparer à faire face à toutes sortes de situations, jusqu’à des cas de violences, lors des prochaines élections présidentielles. Le premier tour doit se tenir le 31 mars ; un éventuel second tour est prévu, trois semaines plus tard, le 21 avril. Mise en place et financée par la mission européenne de conseil (EUAM Ukraine), la formation est délivrée par l’ONG ukrainienne OPORA.

(crédit: EUAM Ukraine)

Ukraine. Équipement informatique d’investigation remis à la police

Le mission EUAM Ukraine a commencé à équiper la police ukrainienne de matériel spécifique pour les aider à améliorer leurs capacités d’investigation, d’analyse et de formation. Début janvier ce sont ainsi 30 ordinateurs portables, 50 caméras de surveillance et 50 disques durs qui ont remis à plusieurs forces de police régionales, à Rivne, Volyn, Ternopil, Ivano-Frakivsk et Vinnytsa. Au total, 17 régions d’Ukraine devraient bénéficier de matériel offert par la mission, dans le cadre d’un projet de fusion des activités d’investigation et opérationnelles sous une seule chaîne de commandement.

Golfe d’Aden. Renforcement de la coopération avec la Chine

Le commandant d’opération de l’opération européenne anti-piraterie (EUNAVFOR Atalanta) et le conseiller de défense chinois auprès de l’UE se sont rencontrés à Bruxelles pour renforcer leur collaboration dans la lutte contre la piraterie dans l’océan indien et autour de la Somalie. En 2018, les navires de l’Armée de libération du peuple (Chine) et ceux d’EUNAVFOR ont effectué conjointement plusieurs exercices et opérations de contre-piraterie. Et cette ‘bonne’ collaboration devrait continuer dans les mois à venir.

(crédit: EUNAVFOR Somalie)

Bagdad. Mise à jour de la réforme de sécurité

La mission de l’UE en Irak (EUAM Iraq) a accueilli la rencontre bimensuelle entre le conseiller politico-militaire américain, le commandant adjoint du bureau pour la coopération sécuritaire américaine en Irak, et le directeur des équipes de liaison ministérielles de la coalition internationale contre Daesh. La rencontre a permis de mettre à jour les principes de la réforme de sécurité (RSS) sur trois sujets : le projet de gestion des ressources humaines ; la sécurité, la gestion et le contrôle des frontières, et les questions de genre et de droits de l’Homme.

(crédit: EUAM Irak)

Mali. Formation au management opérationnel à la gendarmerie

Vint commandants d’unités de la gendarmerie malienne ont participé à une formation sur le management opérationnel, indique la mission de l’UE de conseil aux forces de sécurité intérieure (EUCAP Sahel Mali). Au cœur des discussions entre les gendarmes maliens et leurs collègues européens : comment déléguer l’autorité ou comment mettre en place des dispositifs opérationnels spéciaux ?

(crédit: EUCAP Sahel Mali)

Amman (Jordanie). A la découverte de la police de proximité jordanienne pour quelques officiers palestiniens

Accompagnés de deux membres de la mission européenne de formation de la police palestinienne (EUPOL COPPS), huit officiers de police palestiniens se sont rendus à Amman. L’objectif de ce voyage découverte de quatre jours était de découvrir les méthodes jordaniennes en matière de police de proximité, pour pouvoir au besoin l’utiliser au retour en Cisjordanie. Les huit officiers ont pu ainsi découvrir, à l’université technique Khawarizsmi de Amman, la formation des volontaires d’organisations de la société civile à la police de proximité.

(crédit: EUPOL COPPS)

(MHA, avec NGV)

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La très discrète défaite française sur la Libye

(B2) Entre l’Italie et la France, sur la Libye, inutile de le préciser qu’il y a parfois de la friture sur la ligne. L’un des objectifs de la réunion des ministres des Affaires étrangères d’aujourd’hui à Luxembourg était surtout, sous couvert de répéter un message qui peut paraitre assez convenu — soutenir le processus de paix en Libye et l’envoyé spécial de l’ONU — de faire la ‘paix’ entre les frères ennemis européens. Un message prononcé en absence de tout représentant ministériel français (cf. encadré). Retour sur une ‘petite’ défaite de la diplomatie Macron.

Poignée de main bien serrée entre J.-Y. Le Drian et E. Moavero Milanesi et sourires un peu crispés entre les deux chefs de diplomatie français et italien – à New York en marge de la 73e assemblée générale de l’ONU (crédit : Diplomatie française, Martin Loper)

La tentative d’OPA sur la réconciliation libyenne de Paris

Paris, avec quelque talent, était parvenu en mai dernier à prendre une tête d’avance et ‘piquer’ le leadership historique de l’Italie sur le sujet. En organisant une conférence réunissant les quatre principaux acteurs libyens, en annonçant une date pour les élections générales avant la fin de l’année, l’Élysée avait marqué un coup (Lire : Des élections prévues le 10 décembre en Libye. Accord historique obtenu à Paris) et, au passage, provoqué une sérieuse ire du voisin italien, furieux qu’on marche sur ses platebandes libyennes. Les diplomates transalpins — et d’autres également — taxaient l’initiative française de contreproductive et surtout d’illusoire.

La victoire à la Pyrhus

Las… le temps a montré qu’ils n’avaient pas tout à fait tort. Le compromis décroché par le président Emmanuel Macron et son ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian s’est écroulé comme le château de sable sur lequel il était fondé. La proclamation des élections en décembre semble aux yeux de la plupart des experts  comme des diplomates européens inatteignables. « On en est loin », remarque l’un d’eux. Même les Français le reconnaissent, à mi-voix.

La défaite de la diplomatie ‘Macron’

La tentative française d’OPA sur le processus de la réconciliation libyenne a échoué. Chacun mise désormais sur la conférence organisée à Palerme par les Italiens en novembre pour remettre la Libye sur le droit chemin de la réconciliation. Les Européens ont ainsi tous aujourd’hui soutenu le processus de Palerme, avec Federica Mogherini a leur tête. Très peu ont parlé de la conférence de Paris. La France a subi une défaite qui, pour être, discrète est cuisante.

(Nicolas Gros-Verheyde)


Rome et Paris promettent de ‘travailler ensemble’

Le ministre français Jean-Yves Le Drian n’était pas présent à Luxembourg, au conseil des ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne, même s’il avait annoncé sa venue. D’autres occupations devaient sans doute le retenir à Paris. Mais dimanche à Rome, profitant du déplacement pour la canonisation du pape Paul VI, où il représentait le gouvernement d’Édouard Philippe, il a rencontré son homologue Enzo Moavero Milanesi, histoire de sceller un minimum de réconciliation. Les deux ministres ont tenu à « souligner l’interaction constante et fructueuse entre la France et l’Italie lors de la préparation de la conférence [de Palerme] et l’engagement de travailler ensemble afin de favoriser son issue constructive au service du processus de stabilisation de la Libye », selon le communiqué diffusé par la Farnesina.


 

En Belgique, la saga du Rafale pris entre deux feux

(B2) La décision du Premier ministre belge de remettre en course le Rafale a provoqué une sortie des responsables du N-VA, le parti nationalisme flamand. Mise au point à prendre au sérieux car ce parti domine la scène politique au nord du pays.

Faut-il participer à ‘l’aventure du Rafale’, les Belges hésitent mais pas beaucoup (crédit : DICOD / Etat major des armées)

Le Rafale : pas un bon plan ?

« L’avion de combat français Rafale n’est pas un bon plan, il n’est pas suffisamment performant pour notre défense. La prolongation des F-16 est exclue également », a lâché Bart De Wever sur la VRT (la chaîne flamande) lors d’un débat des présidents de partis, dimanche (24 juin), comme le rapporte la RTBF. Et d’enfoncer le clou « 3,4 milliards pour un appareil qui permet de ne rien faire, cela n’a aucun sens ».

Une discipline de gouvernement difficile à tenir

Interrogé par l’agence de presse Belga, le cabinet du Premier ministre Charles Michel a répété la position officielle : « la procédure décidée au gouvernement sera respectée et les décisions seront prises au gouvernement sur la base d’informations objectives et nulle part ailleurs ». Déjà vendredi (22 juin), le Premier ministre en personne avait dû sortir de sa discrétion pour rappeler officiellement à l’ordre son ministre de la Défense Steven Vandeput. Le ministre N-VA avait rappelé, dans un entretien au quotidien flamand De Morgen, que « l‘offre française s’était exclue d’elle-même ».

Un ministre droit dans ses bottes

Une position constante qu’il a toujours tenu contre vents et marées. J’ai pu en être le témoin, des premières annonces françaises à Tallinn aux dernières évolutions (lire : F-16 Belges. La France fait une autre proposition. Un vrai coup de poker). Fâché ou souriant, Steven Vandeput n’a toujours tenu qu’un seul langage : l’appel d’offres, rien que l’appel d’offres. Si les Français n’ont pas voulu répondre, libres à eux, ils se sont exclus tout seuls. Le ministre entend rester droit dans les bottes (lire : Remplacement du F-16. Rafale a tenté le drop. Hors jeu a sifflé le ministre Vandeput).

 

 

La France n’a pas fourni d’informations

Devant la Chambre des députés, le 27 juin dernier, le ministre enfonce le clou et met en cause Paris pour ne pas avoir bien collaboré : « La proposition française a été analysée d’après les données en notre possession : la lettre de la ministre [Florence] Parly et la présentation de la délégation de son cabinet. J’ai transmis à plusieurs reprises à la France la demande du gouvernement d’informations supplémentaires, sans résultat. »

Un peu de temps au temps

Vu l’importance de la décision, le gouvernement prendra le temps qu’il faut pour décider. « La compétition débouchera sur une solution équilibrée du point de vue du matériel, du partenariat et de l’économie. Nous cherchons un partenariat stratégique pour la capacité de combat aérien. 20% de la pondération sont liés à ce partenariat et 10% aux intérêts essentiels de sécurité. »

La prolongation du F-16 pas en piste

Aucune nouvelle étude consacrée à une éventuelle prolongation de la durée de vie des F-16 ne sera initiée. Les différents constats établis au cours des derniers mois seront regroupés et soumis de manière structurée au gouvernement dans la perspective de la prise de décision final.

Une intervention de B. De Wever qui n’est pas anodine

L’intervention du leader de la N-VA dans ce débat n’est pas anodine. Tout d’abord la N-VA domine la scène politique flamande, caracolant bon gré mal gré dans les sondages. Les espoirs d’un tassement dans les sondages s’évanouissent régulièrement. La N-VA reste dominante car réussissant à synthétiser à la fois un certain libéralisme d’entreprise très présent au nord, le conservatisme chrétien et le nationalisme identitaire flamand. Ensuite, Bart de Wever a un certain charisme. Inutile de le nier. Même s’il n’est pas présent dans le gouvernement, celui qui n’est qu’officiellement bourgmestre d’Anvers (une des principales villes du pays tout de même et son poumon économique) fait la pluie et le beau temps. Et quand il enfonce un clou sur une position politique, difficile de le décrocher ensuite… sauf à lui faire une concession.

La campagne électorale en cours

Le Rafale ne serait ainsi peut-être qu’un ‘jouet’ otage des négociations à la Belge dans un futur gouvernement. Il ne faut pas oublier en effet que la campagne électorale est commencée, avec les élections communales le 14 octobre. Un élément fondamental dans la politique belge, les communes étant le berceau de nombre de personnalités politiques et le vecteur de la puissance réelle au plan politique (vu l’étendue de leurs compétences, largement plus développées qu’en France). Elles sonnent aussi la première séquence d’une bataille, avant les élections générales (parlementaires et européennes) en mai 2019.

Une possibilité de tir par ricochet

Les escarmouches, publiques et privées, sur ce dossier sont nombreuses. Le renouvellement du F-16 offre aux différents partis politiques de tester leurs arguments et de montrer, sans grand risque, leurs oppositions. On assiste ainsi à des duels classiques entre l’opposition et le gouvernement (le parti socialiste flamand plutôt partisan du F-16 et le parti socialiste francophone plutôt partisan du Rafale contre la N-VA ou le MR au choix), entre les francophones et flamands (les premiers partisans d’une solution française plutôt que d’une solution américain ou britannique), mais aussi à l’intérieur du gouvernement (entre les libéraux du MR et les flamands du N-VA).

Que faut-il en penser ?

Les Français ont-ils eu raison de sortir de cet appel d’offres ?

On peut se dire que oui. Les Américains de Boeing et les Suédois de Saab qui avaient fait une première offre s’en sont aussi retirés.

La façon de faire pression est-elle la bonne ?

Le voisin français est à la fois admiré et craint. La morgue ou l’arrogance de certains responsables français les dessert. D’autant que Dassault a un certain passif dans le plat pays, comme me l’a rappelé un excellent confrère : c’est l’affaire Agusta et l’accusation de corruption qui a enfoncé le PS wallon dans les années 1980. Ce passif est un peu un non-dit, mais il reste dans tous les esprits (au moins chez les responsables politiques).

En quoi la solution française est-elle meilleure ?

Ce n’est pas être chauvin que de l’affirmer. Ce n’est pas seulement une question d’avion. C’est une question d’engagement politique et d’efficacité industrielle. La Belgique avec la proposition française peut se retrouver impliquée depuis le début dans un programme industriel de plusieurs dizaines d’années. Elle se retrouve ainsi placée aux côtés de Paris et de Berlin sur le futur programme de système aérien, pion nécessaire pour prétendre aux financements européens, à même de pouvoir négocier des retombées économiques et industrielles. Bref, de refaire le coup du F-16 qui a été si profitable pour l’industrie aéronautique belge. Seul inconvénient : il y a un risque à s’engager dans un nouveau projet industriel.

En quoi la solution du F-35 (ou de l’Eurofighter) est-elle meilleure ?

Pour le F-35 et l’Eurofighter, elle se retrouve à acheter sur étagères, devant subir les conséquences de programmes développés ailleurs, et ne pouvoir bénéficier que de ‘miettes’ (entretien et maintenance). Avec le F-35 la facture risque d’être plus salée que prévue. Le dernier rapport du GAO parle déjà d’un avion à 140 millions de $ pièces (soit le double prévu à l’origine, 69 millions $ en 2001). Avantages : l’achat est, d’une certaine façon, moins engageant. Et avec le F-35 Bruxelles donne un sérieux gage aux Américains de l’engagement belge, la Belgique se retrouve ainsi membre du club F-35 qui rassemble déjà Britanniques, Néerlandais, Norvégiens, Danois et Italiens. Autrement plus intéressant pour que d’avoir un strapontin dans le couple franco-allemand, du moins c’est ce que pensent une certaine majorité des politiques belges (notamment flamands).

(Nicolas Gros-Verheyde)

Jonathan Hill - à son arrivée à la réunion du collège le 6 avril 2016 (crédit : Commission européenne, archives B2)

Le commissaire britannique Lord Hill démissionne. Un geste élégant

Jonathan Hill - à son arrivée à la réunion du collège le 6 avril 2016 (crédit : Commission européenne, archives B2)

Jonathan Hill – à son arrivée à la réunion du collège le 6 avril 2016 (crédit : Commission européenne, archives B2)

(BRUXELLES2) Lord Jonathan Hill, le Britannique de la Commission européenne, vient d’annoncer sa démission. Un contre-coup du référendum négatif comme le commissaire européen chargé des marchés financiers l’explique lui-même (*).

« Comme beaucoup de gens, ici et au Royaume-Uni, je suis évidemment très déçu par le résultat du référendum. J’aurai voulu que cela se termine différemment et j’avais espéré que la Grande-Bretagne voudrait jouer un rôle en plaidant pour une Europe, flexible, compétitive, de libre-échange, et tournée vers l’extérieur. Mais les Britanniques ont pris une décision différente et c’est ainsi que fonctionne la démocratie. »

Une décision prise il y a quelques semaines

« Nous entrons dans une nouvelle phase. Je ne crois pas qu’il soit juste de continuer comme commissaire britannique comme si rien ne s’était passé. J’en ai discuté avec le Président de la Commission il y a quelques semaines, je lui ai donc dit que j’allais démissionner. Dans le même temps, il doit y avoir une transition ordonnée. Aussi je lui ai (proposé) de continuer travailler avec lui dans les semaines à venir. (…)

Un eurosceptique converti

Et le commissaire d’avouer qu’il n’était pas (au départ) un enthousiaste de l’Europe mais qu’il l’est devenu. « Je suis venu à Bruxelles comme quelqu’un qui avait fait campagne contre l’adoption de la Grande-Bretagne de l’euro et qui était sceptique sur l’Europe. Je vais laisser certain que, en dépit de ses frustrations, notre participation était bien pour notre place dans le monde et bien pour notre économie. »

Une nouvelle relation avec l’Europe à définir

Ce qui est fait ne peut être défait et nous devons maintenant passer à faire de notre nouvelle relation avec l’Europe qui fonctionne aussi bien que possible.

NB : c’est le commissaire en charge de l’Euro, le Lituanien Valdis Dombrovskis, qui va reprendre en charge le dossier des services financiers qu’avait en charge Jonathan Hill, en attendant qu’un nouveau commissaire soit désigné par le gouvernement britannique. Mais celui-ci devra repasser devant le parlement européen pour être auditionné. Il n’est pas acquis que la nomination soit automatique. Car parmi les critères d’éligibilité d’un futur commissaire figure non seulement la « compétence générale » mais aussi « l’engagement européen ».

Commentaire : un geste élégant et responsable

C’est la première conséquence au plan européen du Brexit, mais peut-être pas la dernière. En tout cas, on peut saluer le geste élégant de Lord Hill. Jusqu’à présent, au niveau européen, quels que soient les évènements politiques, peu de dirigeants européens ont su et voulu assumer les conséquences de leurs décisions politiques ou de leurs actes.

Une conséquence à tirer des dernières réformes entreprises

Si les dirigeants politiques européens (président du Conseil européen et président de la Commission européenne) vont jusqu’au bout de la réforme introduite par le Traité de Lisbonne, et des élections de 2014 avec les têtes de liste, et de leur engagement profond dans la campagne contre le Brexit, c’est la conséquence qu’ils devraient tirer. Il est difficile de prétendre, d’un côté, avoir une légitimité populaire et démocratique (ce qui est la réalité via les instances élues – Parlement européen et Conseil de l’UE) et, de l’autre, ne pas en tirer les conséquences en cas de revers politique grave.

La campagne sur le Brexit n’est pas qu’un revers britannique

Là, il s’agit d’un revers politique grave pour l’Europe, et pas uniquement pour le Royaume-uni. On ne peut accuser les Britanniques seuls. Certes c’est David Cameron, tout seul, qui a déclenché ce référendum, sans aucune obligation. Mais le résultat est clair. Avec une aussi forte participation dans les urnes, c’est une défaite aussi pour l’Europe qui n’a pas su démontrer son intérêt pour un peuple et un Etat important. Tout autre comportement ne pourrait qu’entraîner un désenchantement supplémentaire et une perte de popularité de l’esprit européen.

Un dirigeant européen doit être responsable devant ses électeurs

Cette « irresponsabilité » au plan politique des dirigeants européens ne peut plus durer. Comme au niveau national, quand un dirigeant s’engage et défend une politique précise, qu’il estime vitale et intrinsèquement liée à son profil politique, et qu’il est défait, directement ou indirectement, par le suffrage populaire, il devrait en tirer une conséquence : remettre son mandat à disposition (du Conseil et du Parlement européen qui l’a consacré) quitte à être reconfirmé ensuite si celui-ci estime que cette « démission politique » n’a pas lieu d’être. Si on veut refonder l’Europe, il faut en refonder aussi son fonctionnement politique.


(*) Texte original en anglais ici, ou ci-dessous – traduction par les soins de B2

Like many people here and in the UK, I am obviously very disappointed about the result of the referendum. I wanted it to end differently and had hoped that Britain would want to play a role in arguing for an outward-looking, flexible, competitive, free trade Europe. But the British people took a different decision, and that is the way that democracy works.

As we move to a new phase, I don’t believe it is right that I should carry on as the British Commissioner as though nothing had happened. In line with what I discussed with the President of the Commission some weeks ago, I have therefore told him that I shall stand down. At the same time, there needs to be an orderly handover, so I have said that I will work with him to make sure that happens in the weeks ahead.

I am very grateful to Jean-Claude Juncker for giving me the chance to work on financial services and for the opportunity to help support jobs and growth in Europe. I was also glad to have worked with other Commissioners in trying to take forward our programme of reform, and to have had the chance to work with excellent officials at DG FISMA and in my own team.

I came to Brussels as someone who had campaigned against Britain joining the euro and who was sceptical about Europe. I will leave it

certain that, despite its frustrations, our membership was good for our place in the world and good for our economy. But what is done cannot be undone and now we have to get on with making our new relationship with Europe work as well as possible.

NouvelAn2016LacSautet

2016, un monde entre deux phases. Et l’Europe : repliée sur elle même ?

NouvelAn2016LacSautet

(B2) L’année nouvelle qui s’ouvre ne semble pas moins surprenante (et dangereuse) que l’année 2015. Mais j’oserai cependant une note un peu plus optimiste. Contrairement aux apparences, et à ce que disent certains commentateurs, l’année 2015 n’a pas été une année totalement noire ou morose. Elle a même été parfois positive, j’oserai même dire avec un peu d’espérance… Plusieurs accords de paix ont ainsi été engrangés dans de nombreuses zones de crise et dans d’autres des processus de négociation, plus ou moins solides ou fragiles (selon l’état d’esprit), ont été engagés, surtout en fin d’année. Tous ces projets présentent certes une particularité : ils demandent à être consolidés, nécessitent encore beaucoup de travail et ne sont pas tous complètement appliqués (parfois très peu appliqués). Mais ce sont des accords.

Une série d’accords intéressants

Avec l’Iran, un accord global a été obtenu en juillet pour démanteler une partie du nucléaire iranien après un premier accord cadre en avril (lire : Un accord historique avec l’Iran sur la question nucléaire. Les principaux termes de l’accord).

Au Mali, un accord a été signé en juin à Alger, entre différentes parties au nord du Mali. Et même si plusieurs attentats émaillent l’année, tant au nord du pays qu’à Bamako (ce qui est une nouveauté), le pays maintient sa stabilité.

Des élections générales ont eu lieu en Centrafrique, à la fin décembre, avec quelques jours de retard sur le calendrier mais elles se sont tenues dans une certaine sérénité, contrairement à toutes les inquiétudes.

En Colombie, la négociation historique entre le mouvement rebelle des FARC et le gouvernement a pris un tournant décisif, en juillet avec un cessez-le-feu général, en septembre et décembre avec l’accord sur la justice transitionnelle, point clé d’un accord de paix qui devrait être signé en mars 2016 et viendrait clore ainsi une guerre sanglante (plus de 200.000 morts) de presque 50 ans.

Même au Cachemire, entre Pakistan et Inde, semble souffler un vent nouveau, avec la visite surprise du dirigeant indien Narendra Modi à son homologue pakistanais, Nawaz Sharif, le jour de Noël.

Deux autres accords incroyables

En Libye, un gouvernement d’unité nationale a pu voir le jour, après l’accord de Skhirat, ratifié sous l’égide de la communauté internationale en décembre, après des mois de négociation. Reste à savoir s’il arrivera à faire entendre son autorité.

Et en Syrie, on voit une évolution, inespérée. Les accords de Vienne et New-York conclus entre tous les pays de la région et les membres du Conseil de sécurité permettent de définir un calendrier de transition menant à un changement de Constitution et de nouvelles élections, le tout sous l’égide de l’ONU. Calendrier très optimiste, semé d’embûches et d’inconnues (lire aussi : Le dialogue intersyrien engagé. Une résolution de l’ONU à l’unanimité. Ce qui reste à régler en 2016 ? Tout !). Mais qui aurait parié sur un tel accord il y a quelques mois ?… Ces deux accords s’ils tiennent et se concrétisent suffiront (peut-être) à dire que la bascule de 2016 sera réussie.

Des conflits en train de se résorber ?

En Ukraine, les accords de Minsk II, conclus en février, tiennent, à peu près, même si l’échéancier (trop optimiste) a été repoussé de six mois. Le cessez-le-feu est écorné régulièrement. Mais le nombre de victimes par jour a chuté de façon notable, avec des périodes plutôt calmes. Le conflit s’est gelé en quelque sorte. L’accord de libre échange entre Kiev et l’Union européenne est entré en vigueur début 2016 sans susciter d’autres réactions que des mesures de rétorsion économique.

Enfin, à Chypre, les négociations entre Chypriotes Grecs et Turcs semblent bien engagées. Et chacun espère un accord d’ici le printemps qui pourrait changer la donne au niveau européen. C’est le dernier conflit (gelé) qui subsiste au sein des pays membres de l’UE (après les accords de paix en Irlande et au pays basque).

Une prise de conscience européenne

Au niveau de l’UE, la question du maintien de la Grèce dans la Zone Euro a pu être évitée. Le dossier grec a ainsi, pour l’instant, été évacué des priorités des Chefs d’Etat et de gouvernement. Si la gestion du flux de réfugiés et de migrants occupe désormais largement les esprits, avec un retard problématique, les européens semblent, enfin, avoir pris conscience de la difficulté de la question et des réformes ont été engagées, dont la moindre n’est pas la transformation de Frontex en une agence de garde-frontières et garde-côtes. Après plus d’une année de tergiversation, les Etats ont aussi décidé d’accélérer la mise en place d’un nouveau paquet de mesures en matière de lutte anti-terrorisme. La Commission Juncker prouve qu’elle a un certain ressort que n’avait pas la précédente. Il y aurait ainsi de quoi se réjouir…

Une menace noire

Mais cet horizon est terni par la menace terroriste qui refait irruption en Europe. Un terrorisme qui n’est pas nouveau en soi mais ne ressemble cependant pas vraiment au terrorisme des années passées. Ni totalement politique, ni totalement géographique, il est à la fois intérieur et extérieur, et semble sans réelle revendication politique, sinon celle de semer la terreur pour la terreur, pour détruire un modèle de société. Il surfe sur une vague identitaire, avec des relents sectaires, et séduit de nombreux jeunes, alors que les gouvernements semblent désemparés. Le renforcement de l’intervention militaire au Moyen-Orient — à supposer qu’elle réussisse à éradiquer, réellement, l’organisation de l’état islamique, ne résoudra pas le problème.

La crise de l’Homo Europeus

C’est le moment où dans plusieurs Etats européens (Hongrie, Pologne, Finlande, Danemark, Royaume-Uni et France…) ressurgit un certain nationalisme qui emprunte des voies différentes ; populistes ou patriotiques. À cela s’ajoutent dans plusieurs de ces pays, une sorte de coup d’Etat constitutionnel, visant à remettre en cause les acquis passés. Les situations sont très différentes et ne peuvent être confondues. Mais les relents sont très inquiétants. Ils révèlent aujourd’hui le désir de ne plus vivre ensemble mais côte à côte (dans le meilleur des cas), voire les uns contres les autres, de ne plus vraiment avoir de solidarité mais uniquement un marché (ce qui n’a jamais fonctionné longtemps). L’Union européenne semble donc aujourd’hui se questionner profondément sur son avenir, sa raison d’être et son ambition d’une communauté intégrée. Ce ne sont pas vraiment ses opposants qui progressent. Elle a perdu au fil des années certains de ses soutiens, déçus, fatigués, exaspérés par une structure qui semble s’être perdue dans un idéologisme qui n’a plus rien à voir avec les projets de ses fondateurs : être une communauté humaine de progrès. En un mot : l’Europe ne fait plus rêver… ni se mobiliser. La crise financière de 2007-2008 et même de la Zone Euro est passée par là. Mais pas seulement. C’est la crise de l’homo Europeus qui est en route. Et elle devrait encore faire ses effets en 2016, aboutissant à un repli sur soi d’autant plus dramatique qu’il dure depuis presque 10 ans. Et que le monde continue de s’ébrécher.

Des guerres civiles aux portes de l’Europe

Au large, la guerre civile continue, de façon inexorable, à trancher des vies, particulièrement au Moyen-Orient, en Syrie et en Irak, mais aussi au Yemen. Et ce ne sont pas vraiment des interventions militaires hétéroclites — allant de l’Iran et la Russie aux Etats-Unis et l’Arabie Saoudite, en passant par la France, le Royaume-Uni et quelques autres —, qui pourront ramener vraiment la paix dans une région. Il n’y a pas vraiment d’objectif politique commun ni de porte de sortie envisagée (négocier avec l’organisation de l’état islamique apparait aujourd’hui comme une hérésie). Ces interventions recèlent plus d’une contradiction en leur sein. Le PKK des Kurdes, le Hezbollah libanais, les Gardiens de la révolution iraniens… sont ainsi tous qualifiés de mouvements terroristes par l’Union européenne. Ce qui n’empêche sur le terrain de les soutenir ou au moins de réclamer leur soutien pour combattre Daech ou l’Etat islamique. Entre l’Arabie saoudite, la Turquie et l’Iran, on ne peut pas dire que l’ambiance soit à l’entente cordiale. La signature de l’accord avec l’Iran a relancé la course au leadership régional. Et tous les coups sont permis…

Un continent africain sous tension

En Afrique, tout danger n’est pas écarté. Les élections, qui sont un moment à risque, de déflagration, sur le continent pourraient ramener dans les pays des Grands lacs, une résurgence de conflits civils. Tandis que les tensions au Sud Soudan comme dans la corne de l’Afrique ou dans la zone nord du Sahel semblent bien tenaces. Sans compter des incertitudes possibles au Maghreb. Là encore, c’est la donne libyenne qui pourrait donner le ‘la’ dans toute la région. En Méditerranée, les européens sont devenus cependant beaucoup plus réalistes. Entre une parfaite démocratie et la stabilité, ils ont choisi, c’est désormais la stabilité qui prime quitte à avoir une démocratie imparfaite, au contraire… Un soudain réalisme, cynique parfois, qui prévaut ainsi dans les différents pays du pourtour conduisant à assourdir certaines critiques possibles, par exemple en Turquie ou en Egypte, voire au Maroc ou en Algérie.

Une excellente année 2016 à tous nos lecteurs, avec une certitude : la ‘surprise stratégique’ sera au rendez-vous.

(Nicolas Gros-Verheyde)

Lire : 2014, année de crises … Et ce c’est pas fini en 2015 !

DrapeauBurundi

L’UE condamne l’assassinat d’un chef d’opposition au Burundi et demande aux autorités d’agir

DrapeauBurundi(B2) L’Union européenne a tenu à condamner, par la voix d’un porte-parole de la Haute représentante « avec force l’attentat meurtrier d’hier contre un membre de l’opposition ainsi que l’attentat au marché central de la veille. La prolifération de la violence des derniers jours risque de mener le pays à la violence généralisée. » Un message qui traduit, de façon diplomatique, une certaine défiance envers le gouvernement au pouvoir.

Traduction en justice des coupables

C’est « aux autorités burundaises de traduire en justice les acteurs de ces crimes et de prendre les mesures nécessaires pour empêcher la violence politique de se propager. Cela doit se faire dans le respect des droits de l’homme de tous les Burundais, y compris la liberté de réunion, d’association et d’expression ».

Pas d’élections précipitées

Et l’Union européenne « appelle à la retenue et exhorte tous les acteurs à s’engager de bonne foi dans le dialogue politique engagé depuis quelques jours. Nous ne pouvons laisser le pays être pris en otage par ceux qui veulent aller précipitamment vers des élections sans mettre en place les conditions nécessaires pour des élections pacifiques, crédibles et inclusives au Burundi.

Tout faire pour désamorcer la crise

« Nous encourageons la région, l’Union africaine, la Communauté de l’Afrique de l’est, et la Conférence internationale de la région des Grands lacs à ne ménager aucun effort pour désamorcer la crise » conclut le message européen. L’UE soutient d’ailleurs « pleinement » les efforts de l’Envoyé spécial du secrétaire général de l’ONU, Said Djinnit.

Que retenir de Bangui et de l’opération EUFOR RCA à Bangui ?

(BRUXELLES2) En allant à Bangui fin octobre et au fil des discussions avec les différents membres et responsables de l’opération de maintien de la paix de l’Union européenne (EUFOR Rca) déployée dans la capitale centrafricaine, j’ai pu mesurer certaines réalités. Les quelques termes, qui servent parfois à caractériser la situation sur le terrain, ne sont pas juste des mots. L’Etat centrafricain reste à construire. La tâche n’est pas minime.

1° La « volatilité du terrain » n’est pas un vain mot. Ayant patrouillé avec les équipes du général Lion durant 3 jours durant, j’ai vu en 72 heures la situation s’améliorer largement dans les mêmes rues qu’on avait parcouru quelques heures auparavant.

2° L’amélioration de la situation à Bangui est visible. Mais tout n’est pas gagné. Un cran a été franchi. Mais un cran réversible. Et il importe de la consolider, et de le faire rapidement.

3° La sécurité assurée par les multinationaux n’est pas tout. Les seules patrouilles multinationales de sécurité ne suffiront pas à maintenir la sécurité, même si elles sont plus efficaces. Le relais doit être assuré par les Centrafricains. La plus grande douleur que j’ai perçues chez les habitants de Bangui, ce n’était pas seulement l’insécurité. Mais qu’aucun policier, militaire, centrafricain – des gens de chez eux – ne répondait à leurs appels.

Un besoin de justice. Ce n’est pas seulement d’élections, ou de démocratie, dont le pays a urgemment besoin. C’est de justice au sens général du terme, d’équité, de prise en compte des besoins de la population qu’il y a besoin. L’impunité est la pire des insécurités.

Poser un édifice pour l’avenir importe de prendre en compte d’abord les urgences. Vouloir faire selon des normes pensées, réfléchies sur le mode européen où le temps est possible, le consensus démocratique acquis et où une motion de censure est de l’ordre de l’ordinaire démocratique est illusoire. La volonté de rebâtir un Etat en partant de A à Z semble une théorie. Des lois d’urgence doivent être établies rapidement, par décret éventuellement, pour permettre aux juges de faire leur travail. Il n’y a rien de pire que d’avoir plusieurs dizaines de jeunes en prison avec, au fond d’eux-mêmes, un profond sentiment d’injustice, de ne pas être écoutés. Quand ils vont sortir, je crains le pire.

6° L’écusson, le drapeau européen apporte incontestablement un + dans ce pays. Même si la mission est limitée à Bangui, on ne peut nier l’impact des hommes du général Lion. Les sections française, géorgienne, lettone, polonaise, espagnole et italienne tout comme la Cimic finlandaise qui patrouillent dans les rues apportent incontestablement une certaine fraîcheur, une notion du maintien de l’ordre, impartiale, qui ne peut être pris à partie par l’accusation de néocolonialisme.

(Nicolas Gros-Verheyde)

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Dernières nouvelles des missions de maintien de la paix de l’UE (PSDC) – juin 2014

(B2)

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(Crédit : EUPOL RD Congo)

Kinshasa (RD Congo) Contrôle des connaissances pour la police nationale Congolaise.

La mission de police de l’Union européenne, EUPOL RD Congo, a organisé – en collaboration avec la Police Nationale Congolaise (PNC) – une session d’évaluation et de remise à niveau sur le maintien et rétablissement de l’ordre public. Près de 60 formateurs de la Légion nationale d’intervention (LNI) et des Groupes Mobiles d’interventions (GMIs) « Est » et « Ouest » Kinshasa de la PNC ont bénéficié, du 19 mai au 14 juin 2014, de cette formation. Cette session a eu pour objectif de procéder au contrôle des enseignements préalablement dispensés par les experts de la mission EUPOL sur le maintien de la paix afin de s’assurer que ces fonctions sont véritablement assimilées par les formateurs de la Police Nationale Congolaise. Ce « monitoring » – assuré par trois formateurs français des CRS (Compagnies Républicaines de Sécurité) – a également permis de contribuer à l’uniformisation des techniques d’interventions et des méthodes de travail entre les unités nationales et territoriales de la PNC spécialisées dans le domaine du maintien de l’ordre.

(Crédit EUPOL Afghanistan)

(Crédit EUPOL Afghanistan)

Kaboul (Afghanistan) « L’intérieur » du Centre national de coordination de la police

Au ministère afghan de l’Intérieur, toutes les forces de sécurité afghanes aidées par des membres d’EUPOL contrôlaient la sécurité pour le jour de l’élection (14 juin). Le général et ministre délégué à la sécurité, Mohammad Ayoub Salangi, et le chef de la mission EUPOL, Karl Ake Roghe, étaient – le jour des élections – à l’intérieur du centre de commandement – gardant un œil sur tout. Sous le commandement du général Salangi, des dizaines de personnes de la police, l’armée, des membres de la mission étaient présentes pour s’assurer que le jour de l’élection se déroule sans incident. Pour Karl Ake Roghe, a été « impressionné par la gestion professionnelle (des Afghans). Ils étaient en plein contrôle de la situation, ils ont montré un véritable leadership ».

(Crédit EUCAP Nestor ) Remise de médaille EUCAP Nestor

(Crédit EUCAP Nestor ) Remise de médaille EUCAP Nestor

Djibouti (Djibouti). Remise de médailles pour EUCAP Nestor

18 membres du personnel d’EUCAP Nestor ont reçu la médaille du service de la politique européenne de sécurité et de défense pour leurs services lors d’une cérémonie qui s’est tenue au siège d’EUCAP Nestor à Djibouti le mercredi 11 Juin. Les récompenses ont été remises par le chef de la mission EUCAP Nestor. « Avec cette cérémonie, nous voulons également hommage à nos trois collègues, blessés dans l’attaque terroriste à Djibouti le 24 mai, Ils auraient dû être avec nous aujourd’hui et auraient dû être debout dans les rangs », a déclaré le chef de la mission, Etienne de Poncins, lors d’un discours prononcé en présence de l’amiral Bob Tarrant, commandant de l’opération anti-piraterie de l’UE EUNAVFOR Atalanta en visite à Djibouti et de l’ambassadeur de la délégation de l’UE à Djibouti, Joseph Silva. Cette médaille est une décoration militaire internationale décernée à des individus, à la fois militaires et civils, qui ont servi lors des missions de politique de sécurité et défense commune (PSDC) pendant plus de 30 jours. La tradition a été établie par le Haut Représentant de l’UE pour les affaires étrangères et la politique de défense en 2003.

(Crédit EUBAM Libye)

(Crédit EUBAM Libye) Entrainement des gardes côtes libyens.

Malte. Formation pour les gardes côtes libyens

La Mission d’assistance frontalière de l’Union européennes en Libye – EUBAM Libya – assure une formation de 4 semaines à la recherche et sauvetage (SAR) pour 11 marins et gardes côtes libyens jusqu’au 28 Juin 2014. Celle-ci fait suite, à une formation d’un mois de la brigade maritime des forces armées maltaises soutenue par EUBAM Libya. Basée à Malte, les gardes côtes libyens ont effectué une série d’entraînement sur la sécurité et la sûreté maritime durant le mois de mai. Objectif : pour mettre en place des procédures pour mener un arraisonnement conforme et être en mesure de se défendre si la situation dégénère. Cet entraînement fait partie d’une formation globale dispensée par l’EUBAM Libya à ses homologues libyens.

A voir : Vidéo de formation des gardes côtes libyens (Crédit EUBAM Libye).

Sarajevo (Bosnie-Herzégovine). Don du sang pour EUFOR

Les membres de la mission EUFOR Althea ont participé à un don du sang –  dans le camp de Butmir – à l’occasion de la Journée mondiale du don de sang (organisée par l’Organisation mondiale de la santé le samedi 14 juin). Le conseiller médical de l’EUFOR, le major Radoslav Ivanov, a permis d’organiser le don avec le personnel médical disponible et rappelle que « tous les donateurs devaient passer un examen médical préliminaire pour s’assurer de leur sang était approprié avant de commencer ».

(Informations recueillies par Jérémy Cauderlier st.)

Forces de sécurité Eulex (Crédit : Eulex)

EULEX satisfait du « climat paisible » des élections de Mitrovica-Nord

Forces de sécurité Eulex (Crédit : Eulex)

Forces de sécurité Eulex (Crédit : Eulex)

(BRUXELLES2) La mission européenne d’Etat de droit au Kosovo, Eulex, a exprimé sa satisfaction quant au climat « paisible » des élections municipales de Mitrovica-Nord, organisée ce dimanche (23 février). 
« Je suis très heureuse que les élections se soit passées de manière ordonnée et sans incidents »  a déclaré Joelle Vachter, chef de la mission EULEX par intérim, dans un communiqué parvenu à B2. Elle a également tenu « à souligner l’attitude professionnelle de la police kosovare (KP), et a rappelé l’excellente coordination entre EULEX, la KP, la KFOR et l’OSCE ».

Organisée suite à la démission du maire fraichement élu de Mitrovica, ces élections étaient sous haute surveillance européenne. Tout avait été soigneusement planifié pour éviter le bis repetita. La police kosovare, accompagnée des forces d’Eulex devait être visible devant les bureaux de vote. Quant à la KFOR, elle avait sa place à côté de ces bureaux de vote, « prête à agir si nécessaire » indiquait la mission européenne, vendredi (21 février). Les incidents survenus lors des dernières élections en novembre 2013 faisait en effet figure d’épouvantail. Car la municipalité à majorité serbe de Mitrovica-Nord constitue toujours un des points clefs et des défis majeurs du dialogue Pristina-Belgrade, facilité par l’Union européenne.

(Loreline Merelle)

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(Crédit : Belgrade Security forum)

Un Kosovar serbe « modéré » arrêté par les forces EULEX. Dossier (très) sensible (MAJ)

(Crédit : Belgrade Security forum)

(Crédit : Belgrade Security forum)

(BRUXELLES2) L’arrestation de Oliver Ivanovic pour crimes de guerre par le bureau des procureurs européens du SPRK, annoncée par la mission EULEX Kosovo ce lundi (27 janvier), a retenti comme un coup de tonnerre à Belgrade, comme à Pristina ou Bruxelles.

Oliver Ivanovic est suspecté « dans le cadre d’une enquête en cours sur les crimes de guerre et sur des allégations d’assassinat aggravées après le conflit », selon la mission EULEX. Les faits se seraient produits entre 1999 et 2000. Ivanovic faisait alors partie des « gardiens du pont » de Mitrovica qui bloquait la ville en deux. Il est notamment accusé d’être impliqué dans le meurtre de dix kosovars albanais à Mitrovica Nord en 2000. L’arrestation a été sans trouble. L’accusé s’est « présenté volontairement » lundi matin (28 janvier), vers 11h, au poste de police de Mitrovica Nord, « suite à un arrangement entre son avocat et le procureur spécial du Kosovo », précise-t-on à la mission Eulex. Après plusieurs heures d’interrogatoires, un mandat d’arrêt a été émis par le procureur vers 19h. Mardi (28 janvier) au matin, un juge européen d’Eulex a ordonné « un mois de détention provisoire » pour l’ancien secrétaire d’Etat serbe.

Mais Ivanovic, ingénieur de formation et ancien député du parti de l’ancien président Boris Tadic, est aussi le leader du parti local serbe  “ Initiative civique SDP (Liberté, démocratie, justice’), un parti plutôt modéré qui prône la réconciliation entre Serbes et Kosovars. Et sa mise en détention, alors que se tend la situation sur le terrain, comme dans les couloirs diplomatiques à Bruxelles, ne fait rien pour apaiser la tension.

La goutte de trop !

Depuis le mandat d’arrêt émis contre lui à 19h, les réactions se multiplient : manifestations à Mitrovica-Nord, réaction du Premier-ministre serbe, menace de démission des membres des assemblées locales… La vice-présidente du Parti Initiative civique, Ksenija Bozovic, dénonce une arrestation « sur fond politique ». « Si quelque chose qui s’est produit il y a 14 ans, et qu’on convoque un homme seulement maintenant, c’est un peu contestable » fait-elle remarquer. Candidat malheureux des élections municipales de novembre, Olivier Ivanovic avait, selon elle, l’intention de se porter candidat de nouveau aux prochaines élections… Et la date limite de candidature est fixée à mercredi (29 janvier). Pour Bozovic, ce n’est pas une coïncidence. Une délégation composée des représentants serbes du Nord du Kosovo est venue d’ailleurs demander à 20h, à EULEX, la libération du politicien. Des manifestations se sont improvisées pour, finalement, se disperser vers 22h. Mais de nouvelles actions sont prévues dans les prochains jours. A la télévision publique serbe, TPC, on s’en prend à EULEX, accusé de tous les maux.

Des négociations toujours difficiles à Bruxelles

Du côté du gouvernement serbe, c’est l’incompréhension qui domine également. Le Premier ministre serbe s’est dit  « surpris » de cette arrestation, alors qu’il siégeait à Bruxelles pour le 21e round du dialogue Pristina-Belgrade. « Le mouvement est plutôt négatif »  a t-il affirmé « Nous espérons que cela n’affectera pas les prochaines élections dans la partie nord de Mitrovica, le 23 Février » a t-il ajouté. Les récents troubles dans la ville et la mort d’un élu local serbe, il y a une semaine, avaient déjà fait monté la pression d’un cran. Ce qui ne va pas faciliter le dialogue Pristina Belgrade, placé sous la houlette de la Haute Représentante de l’UE, Catherine Ahston, qui achoppe toujours sur la question des municipalités et notamment de Mitrovica-Nord.

(MAJ 5.2.2013) Un panel de juges de la Cour d’appel de Pristina a confirmé la décision du tribunal de première instance de Mitrovica, de le garder en détention un mois de plus, et refusé la demande de remise en liberté de Oliver Ivanovic. Les juges estiment qu’il y a un « risque substantiel que l’accusé puisse fuir » ou « puisse intimider des témoins ».

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