Le nouveau top chef européen : un choix ambitieux et une victoire de la french team (V2)

(B2) Les discussions de ces derniers jours pour choisir les prochains dirigeants de l’Europe ont été si chaotiques, si difficiles qu’elles laissaient poindre un compromis au rabais, avec des personnalités faibles. C’est tout le contraire qui s’est produit

D. Tusk, E. Macron et A. Merkel en consultation (crédit : Conseil européen)

L’ambition est au rendez-vous

Les quatre personnalités trouvées — l’Allemande Ursula von der Leyen à la Commission européenne, la Française Christine Lagarde à la Banque centrale européenne, l’Espagnol Josep Borrell à la diplomatie européenne et le Belge Charles Michel en ‘chairman’ du Conseil européen — ont toutes en commun d’être expérimentées et de vouloir pousser l’Europe dans ses retranchements. Non seulement elles portent l’intégration européenne dans leurs discours, mais elles l’ont chacune prouvé dans des actes et des projets dans le passé. Elles se complémentent. C’est plutôt rare au plan européen.

Une solution équilibrée

L’équilibre recherché est quasi-parfait : une parité hommes – femmes tenue (les femmes occupant des postes plus décisionnels que les hommes), la présence de petits et grands pays, du sud et du nord de l’Europe. Le quatuor de tête est complété par deux ou trois vice-présidents (F. Timmermans, M. Vestager et éventuellement M. Sefkovic), ce qui permet d’ajuster l’équilibre. Il y a d’ailleurs eu peu de critiques une fois l’accord scellé au sommet alors que la ‘bubble’ européenne est toujours prompte à râler.

Un couple franco-allemand à la manœuvre…

Ce choix est une victoire assez nette du couple franco-allemand qui a réussi à faire valoir ses vues, sans l’imposer par la force. Il a fallu pour cela un cataclysme : un sommet raté, lundi, sonnant comme un échec avec un zeste d’amertume. Ce sentiment d’échec sera analysé plus tard. Mais on peut d’ores-et-déjà estimer, quelques heures après que la poussière soit retombée, qu’il a été quelque peu peu exagéré, voire attisé. La sensation de désordre a permis d’éliminer en douceur les Spitzenkandidat et les ambitions personnelles.

… + des alliances qui rendent l’accord invincibles

L’alliance un peu contre nature, mais très réelle, entre les Visegrad et les partisans de l’intégration européenne. On est alors revenu aux trois principes de base de la politique européenne. Premièrement, ce sont les Chefs d’État et de gouvernement des ’28’ qui rythment les décisions. Deuxièmement, quand le couple franco-allemand est uni, il a un vrai pouvoir d’impulsion. Troisièmement, quand il sait créer autour de lui des alliances, il est quasi-invincible… Et, au final, c’est l’Europe qui gagne ! Il suffit de regarder le quatuor de direction européen obtenu — Allemagne, France, Espagne, Belgique —. Quatre des principaux pays qui, aujourd’hui, affichent sans ambiguïté une réelle ambition européenne (et en ont les moyens).

Le sens de la tactique française

Il faut aussi remarquer le travail particulier de l’équipe d’Emmanuel Macron. On peut aimer, ou ne pas aimer, le style du président de la République. Mais sa réussite est incontestable. La France obtient un poste stratégique, celui de la Banque centrale européenne, où elle pourra imprimer ou accentuer des réformes notables pour la politique monétaire européenne. La présidence de la Commission européenne, comme le poste de chef de la diplomatie européenne, sont confiés à des francophiles invétérés. Idem pour la présidence du Conseil européen confiée à un homme qui, au surplus, est proche du président français. Aux autres postes clés, on retrouve des francophones et francophiles. Et Paris garde encore un atout dans sa manche, celui du commissaire français qui n’est pas encore désigné.

Gardons cependant la tête froide

Convaincus de la nécessité de l’Europe, amis de la France, les personnes nommées sont néanmoins des personnalités à part entière, avec leur caractère, bien forgé par leur expérience. Elles ne se laisseront peut-être pas conter leur position aussi facilement qu’on pourrait l’espérer à Paris ou Berlin… « On verra » comme nous disait Josep Borrell 😉

(Nicolas Gros-Verheyde)

Un Conseil européen fractionné en quatre minorités de blocage

(B2) Les dernières évolutions au sein du Conseil européen démontrent une évolution intéressante. Il n’y a plus de majorité très nette. Ce qui peut expliquer certains blocages actuels

Les dernières élections au Danemark et en Finlande ont vu une victoire des socio-démocrates, aux dépens des Libéraux, tandis que les chrétiens-démocrates (PPE) de Sebastian Kurz ont dû céder le pouvoir en Autriche à un gouvernement technique (indépendant). La Lettonie a fait le chemin inverse basculant du centre gauche vers le PPE. Et cette évolution n’est pas près de s’arrêter.

Au final, il n’y a plus de parti réellement dominant, mais un rééquilibrage quasi parfait entre les trois forces principales… et donc minoritaires. Le parti populaire européen (PPE) détient neuf sièges (avec l’indépendante lituanienne D. Grybauskaite), les socio-démocrates huit sièges, les centristes libéraux sept sièges, et l’Autriche est représentée par un gouvernement technique (indépendant). Aucun de ces partis, même en alliance avec un autre, n’a la majorité. Les trois groupes sont condamnés à s’entendre, d’autant qu’ils comptent chacun un grand pays leader (Espagne pour les socialistes, France pour le centre libéral, Allemagne pour les chrétiens-démocrates).

La donne se complique encore par la présence de conservateurs eurosceptiques dans trois pays (et trois ‘grands pays’) et l’unité réaffirmée des Visegrad. Les quatre pays de l’Est (Hongrie, Pologne, Tchéquie, Slovaquie), malgré des appartenances à des partis politiques différents, n’entendent plus se laisser dicter un consensus décidé par d’autres. Alliés aux conservateurs, ils détiennent une minorité de blocage. La Britannique Theresa May a ainsi affirmé récemment ne pas vouloir interférer dans le choix des 27, mais ne pas pouvoir non plus approuver un candidat qui ne serait pas dans les intérêts du Royaume-Uni.

(Nicolas Gros-Verheyde)

La nouvelle donne nationaliste au Parlement européen. La vision du groupe I&D

(B2) La création du nouveau groupe ‘nationaliste’ situé à l’extrême droite de l’échiquier européen constitue, même si d’aucuns le minimisent, un évènement dans le cercle ouaté du Parlement européen

Marine Le Pen (RN), Marco Zannni (Lega Nord) et Jörg Meuthen (AFD) lors de la conférence de presse (crédit : Parlement européen – sélection B2)

Avec ses 73 députés, le groupe dénommé ‘Identité et Démocratie’ (I&D) (cf. encadré) est le cinquième de l’hémicycle (1), juste derrière les Verts. A défaut d’obtenir des postes-clés dans la direction du Parlement — vice-présidence ou de présidence de commission parlementaire notamment — il pourrait peser sur les débats.

Lors de leur première conférence de presse, mouvementée (lire : Face à certaines dérives, notre devoir : rappeler la règle démocratique), le 13 juin dernier, les dirigeants du nouveau groupe nationaliste ont donné quelques indications sur leur politique, la cohérence du groupe, le Brexit, le sens de l’Union européenne, leur implication dans les instances de direction du Parlement, etc.

La maturité gouvernementale

C’est un «  groupe légèrement différent car la participation de plusieurs d’entre nous à des gouvernements nous donne une maturité différente » insiste Marine Le Pen, chef du Rassemblement national (RN). « Il y a un bloc souverainiste d’environ 200 voix. Cela va s’amplifier et recomposera l’offre politique au sein de ce Parlement. C’est une perspective enthousiasmante. » Et d’ajouter : « Toutes ces forces vont converger pour faire des propositions, donner une nouvelle coloration politique » aux discussions de l’assemblée européenne.

La répartition des postes

« Le Parlement européen respectera-t-il la démocratie, le poids que nous représentons ? Ou offriront-ils les responsabilités à laquelle on a droit ? » s’interroge la Française. Et d’ajouter : « Les choses doivent changer, car les citoyens l’exigent ».

Une vision cohérente

« Notre groupe est peut-être le plus cohérent de tous les groupes qui vont voir le jour au Parlement européen » a réagi Marine Le Pen, face aux questions des journalistes sur la cohérence du groupe. « Nous ne sommes pas des enfants, nous sommes des responsables politiques. Nous avons beaucoup travaillé en amont. Nous savons pertinemment que nous sommes des nations différentes, nous avons des différences, mais nous avons une vision commune. »

La volonté de changer l’Union européenne pas de la détruire

« Personne ne souhaite la destruction de l’Union européenne. Ce que nous souhaitons c’est un changement radical » a précisé l’eurodéputé italien de la Ligue du Nord, Marco Zanni, président du groupe. Un point qui semble intéressant dans le discours et s’inscrit ainsi en faux contre une vision nihiliste des Brexiteurs de Nigel Farage.

L’axe central : le respect des identités nationales, y compris britanniques

« Nous respectons les identités nationales et les choix nationaux… » a ajouté l’Italien interrogé sur le départ du Royaume-Uni de l’UE : c’est « le choix des Britanniques. Nous devons le respecter. »

Des négociations avortées avec Brexit et Vox

Il a donné aussi quelques explications sur les négociations avortées avec certains autres groupes (comme Brexit ou Vox). « La porte reste ouverte à tous ceux qui veulent coopérer avec nous. Ceux qui partagent notre ligne politique peuvent discuter avec nous. Mais tous ceux qui veulent adhérer à ce groupe doivent adhérer à notre déclaration » a commenté Marco Zanni faisant référence à Nigel Farage (Brexit) qui ne semble pas avoir voulu signer cette déclaration. Avec Vox « il y a eu des discussions, on a dit qu’ils étaient toujours prêts à coopérer, il se pourrait qu’ils rejoignent l’ECR [le groupe conservateur]. »

Supprimer les sanctions sur la Russie

« Clairement, nous ne sommes pas pour une prolongation des sanctions sur la Russie » assure Jörg Meuthen (AfD). « Elles n’ont rien changé. Il faut trouver une voie pragmatique avec la Russie. »

(Nicolas Gros-Verheyde)


Le groupe I & D : un pied de nez à Nigel Farage

Le nom du nouveau groupe nationaliste ‘Identité et Démocratie’ dira quelque chose aux habitués des travées européennes. J’ai recherché dans mes archives. Ses initiales (I&D) ont déjà été utilisées dans le passé pour désigner le groupe eurosceptique, dirigé par le Danois Jens-Peter Bonde et le Britannique Nigel Farage dans la 6e législature, de 2004 à 2009 : « Indépendance et Démocratie » !

Formé en juillet 2004, sur les décombres de l’ancien groupe Europe des démocraties et des diversités (EDD), ‘Indépendance et Démocratie‘ était formé 24 députés de 9 pays. Mais c’étaient les députés britanniques de UKIP qui en formaient l’ossature principale (avec 10 députés). Leur motif : l’opposition à la Constitution européenne et la résistance contre la « centralisation et la bureaucratisation de l’Europe ».


(1) Et non le quatrième comme l’a indiqué Marco Zanni. Lire aussi : Elections 2019. Les groupes politiques au Parlement européen se constituent peu à peu

NB : ce papier avait été préparé dans la foulée de la conférence de presse du groupe, mais je l’ai temporisé dans sa publication, le temps que les comportements pour le moins difficilement qualifiables de certains eurodéputés RN et administrateurs du groupe s’estompent pour avoir toute la sérénité nécessaire à un article aussi objectif que possible.

Au Welcome village, l’accueil des nouveaux députés

(B2) Comment se passe l’arrivée des nouveaux députés ? Ce sujet a fait polémique récemment avec l’arrivée-exclusion des députés élus catalans.* Nous avons refait le parcours

Après le parcours dans les sept stands, liberté de se promener pour les nouveaux eurodéputés (© NGV / B2)

Les députés se présentent d’abord à un premier stand situé dans le bâtiment Altiero-Spinelli, où deux huissiers les accueillent au-dessous d’une bannière “Welcome Village 2019-2024” qui montre le chemin. Ils les aiguillent vers le bâtiment József Antall. Commence alors un parcours en sept stands, assez classique en soi. Un peu comme quand vous arrivez dans une nouvelle entreprise.

Avant tout, c’est l’étape fondamentale, il faut décliner son nom à un huissier — ce jour-là, c’est une huissière — pour qu’il vérifie qu’ils ont bien été élus, et sont bien sur la liste du Parlement européen. Une étiquette phosphorescente (qui se colorie une fois le jour passé) est alors accolée sur leur veste. Elle va leur permettre de circuler dans le parlement pour la journée, en attendant le badge provisoire.

En route alors pour une succession de stands où le b.a.-ba du futur député européen va leur être expliqué. Durée prévue : 2 heures… Voire moins pour les habitués ou les pressés. Précisons que ce processus est à compléter pour les députés nouvellement élus comme les anciens qui sont réélus et connaissent les lieux.

Premier stand : le parcours. Un employé du parlement explique rapidement tout le processus qu’ils vont suivre et répond aux premières questions le cas échéant.

Deuxième stand : la photo. Indispensable pour confectionner le badge provisoire (en dur, sécurisé), mais aussi pour la documentation du parlement (who’s who, site internet, etc).

Troisième stand : un formulaire pour toutes les informations personnelles, l’état civil, l’adresse, les coordonnées tél., leurs coordonnées bancaires, etc.

Quatrième stand : l’IT (autrement dit l’internet, l’informatique). Ils reçoivent une adresse mail provisoire du parlement, se voient expliquer le système intranet… et gagnent au passage un iPad.

Cinquième stand : les finances. Point primordial. Quelle sera leur indemnité, comment embaucher des assistants… Et surtout la fameuse déclaration d’intérêts financiers à remplir de façon aussi détaillée que possible.

Sixième stand : la sécurité. C’est l’obtention du précieux sésame, le badge provisoire de député. Plastifié, sécurisé, il permettra aux futurs députés de circuler en attendant le badge définitif qui leur sera remis une fois tous les pouvoirs vérifiés (1), à priori à partir du début juillet.

Septième stand : la mobilité et les transports, avec les conseils pour se loger à Bruxelles ou se rendre à Strasbourg, déplacements des plénières obligent.

Et c’est parti pour cinq années de législature…

(Coline Traverson, st, et NGV)

(1) Avant d’occuper leur siège, les nouveaux députés au Parlement européen devront déclarer par écrit qu’ils n’occupent pas de fonction incompatible avec celle de député européen. Une déclaration devant être faite, selon la note du Parlement européen, « au plus tard six jours avant la première séance constitutive » du 2 juillet prochain. Plusieurs fonctions sont réputées incompatibles avec celle de député européen : ministre ou chef d’un gouvernement national, élu d’un parlement d’un État membre de l’Union, commissaire européen, juge à la Cour de justice, membre du directoire de la Banque centrale européenne, de la Cour des comptes ou de la Banque européenne d’investissement, etc. Les fonctionnaires européens ou membres des organes instaurés par les traités de l’Union pour gérer les fonds communautaires ne peuvent pas non plus être députés.

* Lire : Les indépendantistes catalans pas tout à fait bienvenus au Parlement européen (V2)

Les indépendantistes catalans pas tout à fait bienvenus au Parlement européen (V2)

(B2) Les eurodéputés indépendantistes catalans n’ont pas pu procéder à leur enregistrement comme nouveaux députés aujourd’hui

Ils ont été refoulés à leur arrivée au ‘Welcome village’ — où se présentent tous les nouveaux députés débarquant au Parlement européen à Bruxelles —. Motif : leurs noms ne figurent pas sur la liste transmise par le gouvernement espagnol, car ils n’ont pas prêté serment à la constitution espagnole comme l’exige la loi espagnole.

Seul hic, selon Europapress, la liste officielle des 54 députés élus en Espagne n’a pas encore été communiquée au Parlement européen, en attendant qu’ils se rendent au conseil électoral central de Madrid pour se conformer à la Constitution. Et plusieurs députés espagnols —  tels José Ramón Bauzá (Ciudadanos, ex Parti populaire), Diana Riba (ERC) et Pernando Barrena (EH Bildu) — ont pu franchir le cap du ‘Welcome village’ et obtenir leur badge provisoire, alors qu’ils n’ont pas rempli cette formalité.

L’explication se trouve ailleurs selon les Catalans. « Le secrétaire général du Parlement européen (1) a donné des instructions pour que ni ni moi, ni Oriol Junqueras ne puissent faire les formalités nécessaires en tant que députés européens. Il n’y a aucune raison légale. C’est de la pure discrimination. Tous les autres élus ont pu remplir les papiers qui nous ont été refusés » s’est indigné Carlos Puigdemont, le leader indépendantiste catalan. Comin et Puigdemont ont fui la justice espagnole depuis la tenue du référendum interdit par la Cour constitutionnelle sur l’indépendance du Parlement catalan.

Les nouveaux députés espagnols n’auraient pas dû recevoir un badge provisoire

Du coté de la direction du Parlement, on admet une erreur… mais pas celle à laquelle on pense.« Je comprends que cette pratique administrative puisse entraîner des troubles politiques en Espagne, où les résultats des élections ne sont pas définitifs et où le décompte est toujours en cours » écrit le président du Parlement Antonio Tajani dans un mail adressé à plusieurs eurodéputés dont Esteban Gonzales Pons (Parti populaire / PPE), Iratxe García-Pérez (PSOE / S&D), Javier Nart (Ciudadanos), et parvenu à B2. « Par conséquent, afin d’éviter toute ingérence dans une procédure nationale, j’ai chargé le Secrétaire général de suspendre l’accréditation de tous les nouveaux membres espagnols jusqu’à ce que le Parlement reçoive une notification officielle des autorités espagnoles. » Et le président sortant du Parlement européen d’assumer sa nouvelle politique : « Afin de garantir un traitement égal et équitable, j’ai également chargé le Secrétaire général de suspendre l’accréditation provisoire qui a peut-être déjà été accordée à d’autres nouveaux membres espagnols. »

(Nicolas Gros-Verheyde)


NB : L’article 224 du code électoral prévoit que « dans les cinq jours suivant sa proclamation, les candidats élus jurent ou s’engagent à respecter la Constitution devant le Conseil électoral central. Après ce délai, le Conseil électoral central libérera les sièges correspondant aux membres du Parlement européen qui ne se sont pas conformés à la Constitution et suspendra toutes les prérogatives qui pourraient leur correspondre en raison de leur position, jusqu’à ce que cette formalité soit remplie.»


(1) Klaus Welle, membre de la CDU

Mis à jour avec la réponse du parlement

Elections 2019 : pays par pays

(B2) Voici les résultats pays par pays des élections européennes  (selon les premiers résultats définitifs et certains encore provisoires – mise à jour mardi 28 mai 15h)

Allemagne : 96 députés (résultats définitifs)

La CDU/CSU est en recul par rapport à 2014 avec 29 sièges. Elle perd donc 5 sièges, en faisant un peu moins que les prévisions (28,9% au lieu de 30%). Les Verts font eux une vraie percée et accèdent à la deuxième place en doublant quasiment leur score de 2014 (20,50%). Ils passeront de 11 à 21 sièges. C’est la surprise de la soirée. Pour les socialistes du SPD, la chute est au rendez-vous. Avec seulement 15,8% des voix, ils passent de 27 à 16 sièges, conformément aux sondages. L’extrême droite de l’AfD (membre du EFDD) n’obtient pas la montée pronostiquée mais atteint un important 11%, soit 3 points de mieux qu’en 2014. Ils passent de 7 à 11 élus. Les Libéraux du FDP (ALDE) ne décollent pas, et stagnent à 5,4%, au même niveau que Die Linke (GUE) à 5,5%.

France : 74 députés (résultats définitifs)

Le scrutin français est marqué par une forte mobilisation des électeurs. Le Rassemblement national (ex Front national) se place en tête, avec 23,41% des voix (22 élus ENL). Notons que ce score est plus bas que celui de 2014. La République en marche, qui a officiellement rejoint l’ALDE, obtient 22,41% des voix et 21 élus. Les Verts de Yannick Jadot, comme leurs collègues allemands, font la surprise en atteignant un score de 13,47%, soit près de quatre points de plus que prévu (12 sièges). Pour les Républicains (PPE), la chute est encore plus violente que prévu. Ils passent en dessous de la barre des 10%, se limitant à un faible 8,48%… Alors que l’UMP faisait 20,81% en 2014. Du côté socialiste, la liste Place Publique/Socialistes parvient difficilement à franchir la barre des 5%, avec un 6,19%. S’ils parviennent à envoyer des représentants au Parlement, la chute est importante par rapport aux 13,83% de 2014. Du côté de la France insoumise (GUE), c’est également un échec, avec un faible 6,3%.

Italie : 73 députés (résultats provisoires)

La Lega de M. Salvini sort grand vainqueur avec 34,33% des voix et 28 sièges dans le nouveau Parlement. Elle n’avait réalisé que 6% en 2014 et ne comptait que 5 députés. Le parti démocrate ravit la deuxième place au Mouvement 5 Etoiles avec 22,69%, mais il perd 13 sièges sur les 31 sortants. Le M5S avec 17,07% enverra 14 élus, soit trois de moins qu’en 2014, dans le groupe EFDD. La chute est sévère pour Forza Italia (PPE) qui passe sous la barre des 9% et perd 5 députés sur les 13 du précédent mandat. Les frères d’Italie réussit à avoir 5 élus avec 6,46% mais ce n’est pas le cas de la liste Piu Europe (ALDE) dirigée par Emma Bonino qui dépasse à peine 3%.

Royaume-Uni : 73 députés (résultats définitifs)

Le ‘Brexit Party’ de Nigel Farage remporte haut la main le scrutin, avec 31,69% des voix. Le groupe EFDD peut donc compter sur ces 29 élus britanniques, soit près de la moitié de ses effectifs (59). Les libéraux démocrates (ALDE) font une percée à 18,53% (16 sièges), quand les sondages ne les créditaient que d’à peine 10%. La différence de points se reporte au détriment du Labour (S&D), qui rétrograde en troisième place à 14,08%, soit 10 sièges, devant les Verts du Green party qui font 11,10% (7 élus) et le parti Conservateur et unioniste à 8,68% (4 sièges). L’UKIP (ex parti de Nigel Farage) ne réalise que 3,56% (aucun élu).

Espagne : 54 députés (résultats provisoires)

Le chef du gouvernement socialiste espagnol Pedro Sanchez est sorti grand vainqueur de ces élections. Avec 32,84% des voix et 20 sièges sur 54, le Parti socialiste (PSOE) devance largement le Parti Populaire, son adversaire conservateur, qui a obtenu 20,13% des voix (12 sièges). Les libéraux de Ciudadanos obtiennent 12% des voix et 8 sièges. L’extrême droite de Vox (6,2%) rentrera au Parlement européen avec 3 sièges, mais est bien loin des 10% prévus dans les sondages. A l’autre extrême de l’échiquier, Podemos et sa coalition est en chute par rapport à 2014 et n’obtient que 10,5% des votes, apportant 5 députés à la GUE et 1 aux Verts. Quant aux nationalistes et indépendantistes, ils obtiennent 5 sièges : 2 pour la liste « Libres pour l’Europe » de Carles Puigdemont et 3 pour la liste d’Oriol Junqueras comprenant aussi des indépendantistes basques et des nationalistes de Galice.

Pologne : 51 députés (résultats définitifs)

La Droite unie – PIS et ses partenaires – devance à 45,38%, la coalition européenne (KE) à 38,47%. Pour les autres partis, on retrouve le Wiosna (S&D) de R. Biedroń, loin derrière à 6,06%, et la Konfederacja nationaliste de KorwinMikke et consorts à 4,55%. Cela donne 26 députés pour le groupe ECR, 16 pour le PPE, 5 S&D et 4 Autres.

Roumanie : 32 députés (résultats provisoires)

Le parti national libéral (membre du PPE) obtient 26,99% des voix. La minorité hongroise de l’UDMR et l’Union démocrate magyare (PMP) enverront, respectivement, 2 et 1 élus au groupe PPE, soit 14 sièges en tout. Le Parti social démocrate au pouvoir, PSD, 22,56%. Mais le S&D recevra aussi l’élu du parti Pro Romania, dont le parti obtient 5,7% des voix. Soit un total de 9 sièges. L’Alliance 2020 (membre de l’ALDE) s’impose à la troisième place, avec 22,28% des voix, ce qui leur donneraient 8 élus.

Pays-Bas : 26 députés (résultats provisoires)

Le Parti travailliste PvdA (membre du S&D) de Frans Timmermans arrive en tête avec 18,90% des voix (deux fois plus qu’en 2014) et remporte 6 sièges, confirmant ainsi sa remontée surprise dans la dernière ligne droite de la campagne. Le Parti populaire pour la liberté et la démocratie VVD (membre de ALDE) prend la deuxième position du scrutin avec 14,6% des voix (4 sièges), suivi par l’Appel chrétien démocrate CDA (membre du PPE) qui obtient 12,1% (4 sièges). Le nouveau Forum pour la démocratie FvD (membre du ECR) n’est qu’à 10,9% et obtient 3 sièges. Idem pour la gauche verte GroenLinks (membre des Verts) fait mieux qu’en 2014, et obtient 3 sièges. Democrate 66 (membre de ALDE), qui avait terminé en tête en 2014, n’obtient que 7% des voix (deux fois moins qu’en 2014), soit 2 sièges. Le Parti des animaux PVdD (GUE) gagne un siège comme le mouvement de défense des retraités 50+ (Autres).

Portugal : 21 députés (résultats provisoires)

Comme prévu, le Parti socialiste l’emporte avec 33,38% des voix, ce qui lui permettra d’envoyer 9 représentants à Bruxelles. Le Parti social démocrate PSD (PPE) est relégué à la seconde place, avec 21,94% des voix, soit 6 députés. Le septième député qui devrait rejoindre le groupe du PPE viendra du centre démocrate et social / parti populaire CDS/PP, qui obtient 6,19%. Le bloc de gauche BE, membre de la Gauche européenne (GUE) obtient 9,82% des voix soit 2 députés, contre 4,25% en 2014. La coalition démocrate unitaire (CDU-PCP), également membre de la GUE n’obtient qu’un petit 6,88% mais enverra également 2 députés à Bruxelles. Finalement, les verts du parti PAN obtiennent un siège, grâce à leur 5,08% des voix.

Hongrie : 21 députés (résultats provisoires)

La coalition FIDESZ – parti du Premier ministre Viktor Orban + KDNP caracole en tête avec 52,33% des suffrages. Elle décroche 13 sièges pour le PPE soit 2 de plus qu’en 2014. La Coalition démocratique DK (S&D) fait bien mieux que ne prédisaient les sondages. Elle se place en deuxième avec 16,19% et obtient 4 élus. Avec 9,89% (2 élus), les centristes du Mouvement Momentum MM (ALDE) font également mieux que prévu et devancent la  coalition du Parti socialiste magyar MSZP (S&D) à 6,66% (1 élu). Les ultranationalistes du Jobbik (Non inscrits) font les frais et terminent à 6,41%, soit autre points de moins que les sondages, ne sauvant qu’un siège sur les trois du précédant mandat.

Grèce : 21 députés (résultats provisoires)

La Nouvelle Démocratie (ND/PPE) décroche 33,27% des voix, devant le parti au gouvernement, SYRIZA (GUE), qui reste à 23,74%, un peu moins que son score de 2014. La coalition KINAL (S&D) est reléguée à 7,50%. Devant l’extrême droite Aube dorée XA qui retombe à 4,86% (contre 9,39 en 2014), en deçà du seuil de 5% nécessaire pour avoir des élus. Le PPE peut compter sur 7 sièges, la GUE 6, S&D 2, s’ajoutent 4 non inscrits et 2 ‘autres’.

Belgique : 21 députés (résultats provisoires)

Les nationalistes flamands de la N-VA (ECR) terminent en tête (13,47%) devant l’extrême droite Vlaams Belang, à 11,45% (ENL) et remporte trois sièges chacun. Le parti socialiste (S&D) se range immédiatement à 10,50%, à un point des libéraux d’Open VLD (ALDE), à 9,58%. Suivent les chrétiens démocrates du CD&V (PPE) à 8,73%, les ECOLO à 7,83%, le Mouvement réformateur MR (ALDE) à 7,59%, Groen (Verts) à 7,43. CdH et CSP (PPE) malgré de très faibles scores assurent un député chacun au groupe PPE, qui totalise 4 élus, à égalité avec les libéraux démocrates d’ALDE. La répartition des autres sièges se fait entre S&D et les Verts, chacun avec trois sièges. Et un dernier siège pour la gauche radicale (GUE) avec le PTB-PVDA.

Rép. Tchèque : 21 députés (résultats définitifs)

La liste du parti ANO de Andrej Babiš (ALDE) termine bien en tête (21,18%) et obtient 6 sièges, ce qui reste en-dessous des prévisions. Le parti chrétien-démocrate ODS (ECR) décroche la deuxième place avec 14,54% (4 élus). La liste des Pirates (Autres) n’obtient que 13,95% et 3 élus. TOP09 (PPE), pourtant crédité d’à peine 4% dans les sondages, se hisse à 11,65% et obtient 3 élus. Tandis que le parti chrétien-démocrate KDU/ČSL (PPE) obtient 7,24 % (2 élus). Le SPD à 9,14% (ENF) gagne 2 élus. Ne reste plus qu’un élu (sur les 3 de 2014) pour le parti des communistes du KSČM (GUE). Les socio-démocrates du ČSSD (S&D) à 3,95%, ne peuvent plus prétendre à un élu.

Suède : 20 députés (résultats provisoires)

Les socio-démocrates finissent en tête (S&D) à 23,6% (5 élus), suivis des modérés M (PPE) à 16,8% (4 élus). Les nationalistes du SD ‘Démocrates de Suède’ (ECR) se rangent à la troisième place à 15,4% (3 élus). Les chrétiens-démocrates du KD (PPE), le parti du centre C (ALDE) et le parti Miljöpartiet de Gröna (Verts) gagnent chacun 2 sièges, les Verts ayant fortement remonté en comparaison des sondages. Le parti de gauche V (GUE) sauve un siège avec 6,7%, comme les libéraux L, à 4,1%.

Autriche : 18 députés (résultats définitifs)

Pas de surprise du côté autrichien, le Parti populaire ÖVP (PPE) sort gagnant du scrutin avec 34,6% (7 sièges). Il se place donc largement devant le SPÖ (S&D) qui enregistre 23,9% des votes (5 élus), un score décevant par rapport aux prévisions des sondages. Mais c’est le parti nationaliste de la liberté d’Autriche FPÖ, partenaire gouvernemental de l’ÖVP avant « l’Ibizagate », qui obtient le résultat le plus décevant avec 17,2% (3 élus). Il était crédité de 23% dans les derniers sondages. Les Verts obtiennent 14,1% (2 élus), un bon score, bien qu’un peu inférieur à leurs résultats de 2014. Les libéraux de NEOS (ALDE) obtiennent 8,7% et un élu.

Bulgarie : 17 députés (résultats provisoires)

Le parti chrétien GERB (PPE) à 30,94 % s’impose en vainqueur en Bulgarie, et obtient 6 sièges. Derrière, les socialistes du BSP (S&D) progressent légèrement par rapport à 2014, avec 24,24% des voix et 5 élus. Le mouvement des droits et libertés du DPS, membre de l’ALDE, est crédité de 16,36 %. Malgré cette baisse par rapport à 2014, ils maintiennent leur 3 sièges. Les conservateurs VMRO sont rétrogradés à 7,2% (2 élus) et Demokratichna Bulgaria (PPE) à 6,42% (1 élu). Les nationalistes de Volya tombent à 3,6% et l’extrême droite ATAKA à 1,08%, n’obtenant donc pas de représentation à Bruxelles.

Danemark : 13 députés (résultats définitifs)

Les libéraux de Venstre (ALDE) remportent finalement l’élection avec 23,5 % (3 élus) devant les sociaux-démocrates (S&D) à 21,5%, qui obtiennent également 3 élus. Les nationalistes du Parti populaire danois – Dansk Folkeparti O DF (ECR) sont relégués à la cinquième place avec 10,7% (1 élu), alors qu’ils avaient fait la course en tête en 2014. Le parti socialiste SF (Verts) arrive à 13,2% (2 élus). Le Parti social libéral Radikale Venstre (ALDE), auquel appartient la commissaire européenne et tête de liste ALDE Margrethe Vestager, atteint 10,1% (2 élus). Suivi du Parti populaire conservateur (PPE) à 6,2% (1 élu) et de la liste de l’Unité regroupant la gauche radicale Ø (GUE), à 5,5% (1 élu).

Slovaquie : 13 députés (résultats définitifs)

L’alliance pro-européenne PS Progresívne Slovensko + Spolu občianska demokracia (démocratie civique) obtient 20,11% des suffrages, soit deux sièges pour l’ALDE et deux pour l’EPP. Le parti social-démocrate (Smer-S&D) au pouvoir se place en deuxième position à 15,72% et trois sièges. Derrière lui, le parti d’extrême droite ĽSNS ‘Notre slovaquie’ de Marian Kotleba (NI) à 12%. Le parti chrétien démocrate KDH (PPE) à 9,69% fait quasi jeu égal avec le parti conservateur euro sceptique Sloboda a Solidarita SaS (liberté et solidarité) de Richard Sulik (ECR) à 9,62%. Le parti anti-corruption OĽaNO – Obyčajní Ľudia (peuple ordinaire) (affilié à ECR) passe tout juste la barre des 5% nécessaires pour avoir un élu. En revanche, le Parti de la communauté hongroise SMK (PPE) reste en dessous du seuil, comme le Parti national slovaque SNS (ENF). Soit 3 sièges PPE, 3 S&D, 3 ECR, 2 ALDE et 2 Autres.

Finlande : 13 députés (résultats définitifs)

La coalition nationale Kansallinen Kokoomus (PPE), avec 20,8% (3 élus), prend finalement la tête devant la ligue Verte VIHR qui décroche la deuxième place avec 16% (contre 9,3% en 2014) et 2 élus. Le SDP est relégué à la troisième place à 14,6% (2 élus), devançant de peu les Vrais Finlandais PS (ECR) à la quatrième place, à 13,8% (2 élus). Le parti du centre finlandais (ALDE) suit de près à 13,5 % (2 élus) mais chute de 5 points par rapport à 2014. L’Alliance des gauches VAS (GUE) redescend à 6,9% (1 élu). Le Parti populaire suédois RKP (ALDE) perce à 6,3 % (1 élu), les Chrétiens-démocrates KD (PPE) tombent à 4,9 % et n’obtiennent pas d’élu.

Irlande : 11 députés (estimations)

Le parti Fine Gael (membre du PPE) obtient 29% des voix, soit 7 points de plus qu’en 2014, ce qui lui permet d’envoyer 4 députés au Parlement européen. La surprise vient du score du Fianna Fail (membre de ALDE) avec 15% (2 élus), score deux fois moins élevé que ce que les sondages prévoyaient, et inférieur de 7 points à 2014. Autre surprise, le bond des Verts à 15%, tout comme les Indépendants. Ils auront chacun 2 sièges au Parlement. Sinn Fein (membre de la GUE/NGL) obtient 13% (2 sièges) et le parti travailliste du Labour (membre du S&D) s’effondre à 3,5%, n’obtenant ainsi aucun siège.

Croatie : 11 députés (résultats définitifs)

Le parti gouvernemental HDZ (PPE) fait moins bien que prévu, avec seulement 22,72% des voix. Il enverra donc seulement quatre députés à Bruxelles, un de moins que pour la législature qui prend fin. Le SDP grignote quelques voix pour atteindre 18,71% et 3 sièges (+1 par rapport à 2014). Le reste des votes est très fragmenté, avec une pléthore de voix (plus de 26%) éparpillées entre des petits partis. Le parti eurosceptique Živi zid (EFDD) à 5,66% n’obtient pas les résultats espérés, réalisant un score deux fois moins élevé que les sondages prédisaient. La coalition des conservateurs Hrv. Suverenisti (ECR) obtient 8,52%, soit 1 siège. La coalition des libéraux démocrates Coal AMS (ALDE) tombe à 5,19%, et n’obtient qu’un seul siège (contre 2 en 2014).

Lituanie : 11 députés (résultats provisoires)

Les démocrates chrétiens de l’Union de la Patrie TS/LKD (PPE) terminent la course en tête (19,67%), mais avec une avance réduite sur les socialistes du LSDP (S&D) à 15,93% et les Verts et paysans du LVŽS  qui finissent à 12,6%. Chacun obtient 2 sièges. Les cinq autres sièges se répartissent un par un, entre le parti du travail DP (9%), le centre droit du Mouvement libéral LRLS (6,55%), tous deux ALDE, et le VKM-AMT (6,45%) (Autre) et la minorité polonaise de Lituanie du LLRA-KŠS (ECR) (5,54%).

Lettonie : 8 députés (résultats provisoires)

Les socio-démocrates de Saskana terminent finalement deuxième à 17,45% (2 élus), derrière le centre droit Jaunā Vienotība (PPE) à 26,24% (2 élus). La droite conservatrice de Nacionālā Apvienība (ECR) est troisième à 16,40% (2 élus). La coalition d’Attistibai Par (Autres), 12,42% (1 élu) et LKS 6,24% (1 élu).

Slovénie : 8 députés (résultats provisoires)

La coalition SDS-SLS (PPE) des chrétiens démocrates termine au final en tête et récupère 3 députés. Les socio-démocrates du Socialni Demokrati (SD/S&D) font une très forte remontée à la deuxième place, à 18,65% (2 élus). Passant devant les libéraux de Lista Marjana Šarca (ALDE), à 15;58% (2 élus). Le centre droit NSi (PPE) à 11,06% obtient le dernier siège. Laissant la Gauche Levica (L/GUE) pourtant remontée à 6,34%  sans élu.

Chypre : 6 députés (résultats définitifs)

Le parti du rassemblement démocratique DISY (PPE) est en tête à 29,2% (2 sièges), devant la gauche avec le aprti progressif des travailleurs AKEL (GUE) à 27,49% (2 sièges). Les socio-démocrates DIKO (11,90%) et EDEK (10,58%), membres du S&D, obtiennent chacun un siège. Les nationalistes d’ELAM poussent à 8,25% mais cela ne leur suffit pas pour décrocher un siège.

Malte : 6 députés (résultats provisoires)

Les socialistes du Parti travailliste (PL) obtiennent 54,29% des voix et font mieux qu’en 2014. Ils reprendraient un siège (pour un total de quatre) aux chrétiens démocrates du Parti nationaliste (PPE), qui fait lui moins bien qu’en 2014, avec 37,90% des voix et obtient les 2 autres élus.

Estonie : 6 députés (résultats définitifs)

Les deux partis du centre (ALDE) font recette : le parti de la réforme RE termine premier à 26,2 % (2 élus), et le parti du centre KE du Premier ministre sortant Juri Ratas finit troisième, à 14,4% (1 élu). Entre les deux, le parti social-démocrate (S&D) termine à 23,3% (2 élus). Le dernier élu provient des eurosceptiques du parti populaire conservateur EKRE (Autres) à 12,7%, qui ne confirment donc pas leur position de second parti conquis lors des dernières élections générales.

Luxembourg : 6 députés (résultats provisoires)

Le Parti démocratique (ALDE) termine premier d’une courte tête, à 21,44%, devant le Parti populaire chrétien-social CSV/PCS (PPE) à 21,1%. Chacun récupère 2 députés. Un de moins pour le PPE, un de plus pour ALDE par rapport à 2014. Les deux autres sièges se répartissent entre les Verts (18,91%) et le Parti ouvrier socialiste luxembourgeois (S&D) qui obtient 12,19%. Comme lors du précédent mandat.

(Emmanuelle Stroesser)

NB : la répartition des élus selon les groupes est susceptible d’évoluer car les partis ont été reclassés dans les groupes auxquels ils appartenaient dans l’ancien Parlement.

Libéraux, démocrates, et autres ‘Renaissance’, le groupe charnière

(B2) Au centre de l’hémicycle européen, les libéraux et démocrates veulent jouer le rôle principal pour forger de nouvelles majorités dans la future assemblée. Le pari suppose de réussir à élargir la famille au-delà de la seule République en marche côté français. Quitte à laisser tomber la pastille libérale pour insister sur les tendances progressistes et démocrates

La cohésion du parti se mesure au nombre de têtes de liste pour les Européennes. Pas moins de sept candidats principaux composent la ‘Team Europe’, dont la Danoise Margrethe Vestager, actuelle commissaire à la concurrence, qui se verrait bien première femme à présider la Commission européenne, ou l’Italienne Emma Bonino, une vraie passionnée de l’Europe, revenue en politique après un cancer qui a failli l’emporter.

Des bases (plus ou moins) solides

Au Danemark, les assises sont relativement stables. A peine bousculés par les socio-démocrates, les libéraux de Venstre (V/ALDE), membres de la coalition au pouvoir, assurent une deuxième position (autour de 18 % des intentions de vote). Le Parti social libéral Radikale Venstre (B/ALDE), plutôt centre gauche, auquel appartient Margrethe Vestager, reste à un à score très modeste (6%), mais équivalent à 2014. Les deux partis devraient donc au moins conserver respectivement deux sièges et un siège.

Des hauts…

« A strong C’s is a strong ALDE ! » proclamait le président du Parti de l’Alliance des Libéraux et des Démocrates pour l’Europe (ALDE), Hans van Baalen, fin avril, ravi de saluer la progression de Ciudadanos aux législatives anticipées en Espagne. Le parti centriste espagnol pourrait multiplier par cinq son nombre d’élus, passant de deux à la dizaine. Et ainsi contribuer à gonfler les effectifs du groupe des libéraux démocrates. Sourires également de rigueur en Allemagne. Le parti libéral allemand (FDP) remporterait entre 7 à 8% des voix selon les sondages. Relativement faible mais constant depuis le début de la campagne. C’est surtout deux fois mieux qu’en 2014. Les libéraux autrichiens de NEOS devraient également dépasser leur score de 2014.

Mais aussi des bas

En Italie, c’est l’ancienne commissaire à l’aide humanitaire Emma Bonino (parti Radical) qui tient la tête de liste de Più Europa, une coalition de centre gauche de plusieurs partis dont le parti socialiste et le parti républicain. Mais, selon les sondages, elle frôle le seuil de 4% et risque donc de ne pas envoyer d’élus.

En Belgique, les libéraux flamands d’Open VLD, et son médiatique leader, Guy Verhofstadt, président sortant du groupe au Parlement européen, semblent en recul par rapport à 2014, victimes de la poussée de l’extrême droite comme des Verts en Flandre. Tandis qu’en Wallonie, l’alter ego libéral Mouvement réformateur tient sa ligne.

Le parti du centre moderne SMC, en Slovénie, avec la commissaire (au transport) Violeta Bulc tête de liste de la « Team Europe », n’est lui pas crédité d’assez de voix pour espérer un élu. En Finlande, le centre (KESK) perdrait des voix et un député. En Hongrie, le parti Momentum Mozgalom frôle la barre de seuil des 5%.

L’émergence d’un nouveau groupe

Tous les regards sont donc tournés vers la France et la liste ‘Renaissance’ portée par La République en marche (LREM), le parti du président français Emmanuel Macron. Son appel à l’émergence d’un nouveau groupe au centre de l’échiquier, pro européen bien sûr, pour succéder au groupe ALDE actuel a été reçu avec espérance. Mais cela suppose d’aller piocher à gauche et à droite. La moisson est pour l’instant faible si ce n’est quelques ralliements individuels que n’ont pas encore confirmés les partis.

Un élargissement à gauche : des tentatives bien floues

Certes le premier ministre socialiste, Antonio Costa, a apporté son soutien, le 11 mai, dans un tweet, au président français et à une Europe progressiste, appelant le 20 mai, sur le perron de l’Elysée, « à une grande coalition des démocrates et progressistes » au niveau européen. Mais une alliance ne signifie pas une fusion. Et rien ne dit encore que les huit députés socialistes portugais (selon les sondages) quitteront le groupe S&D. Loin de là. De même, l’ancien chef de gouvernement italien Matteo Renzi a apporté son soutien « à son ami Macron ». Mais cela signifie-t-il que son parti démocrate ralliera le nouveau groupe ? Ce n’est pas impossible. Le parti démocrate a toujours hésité entre le groupe des socialistes et celui des libéraux et démocrates. Mais tous les députés italiens, notamment ceux issus de la gauche, franchiront-ils le pas ? Là encore les pistes sont brouillées.

(Emmanuelle Stroesser)

Lire notre dossier sur les élections : N°67. Élections européennes 2019 (V6)

Retrouvez nos analyses des groupes politiques :

Les socialistes européens en quête d’un sursaut salvateur

(B2)  Les élections européennes vont être une étape douloureuse pour les socialistes européens, dont le nombre de députés au Parlement européen va chuter. Mais du fait des nouvelles distributions des groupes, les élus de la rose rêvent toujours d’isoler le parti populaire européen (PPE) et de s’imposer comme la première force dans l’hémicycle

Pedro Sanchez au soir de la victoire du PSOE espagnol aux élections législatives (28 avril). Victoire socialiste qui pourrait bien ne pas se reproduire au niveau européen (Crédit : AFP)

Les socialistes en perte d’influence en Europe

Si le groupe remonte dans les sondages depuis deux semaines, cela ne doit pas cacher une tendance de fond en Europe : le déclin des partis sociaux-démocrates et socialistes. Le groupe va perdre du poids, passant de 185 députés actuels à 150 maximum, selon les dernières prévisions. L’effondrement du Pasok grec, tombé sous la barre des 5% en 2015, n’était qu’un tir de semonce. Depuis, le recul s’est généralisé : aux Pays-Bas, en France, et dimanche dernier encore en Italie. Au sein de l’Union européenne, la famille socialiste ne participe plus au pouvoir que dans dix États membres.

Chute du noyau dur : Italie, Allemagne et Royaume-Uni

Aujourd’hui, trois pays dominent le groupe : l’Italie avec 31 députés, l’Allemagne avec 27 députés et le Royaume-Uni avec 18 députés. Cet équilibre va évoluer, avec une chute conséquente des partis socialistes dans ces trois pays. Si les Italiens devraient rester la première nationalité dans le groupe, ils n’obtiendraient que 18 sièges, selon les meilleurs pronostiques. Même constat chez les Allemands. Le SPD, jusqu’ici maillon structurant de la famille socialiste européenne, devrait perdre plus de 10 sièges. Pour le Parti travailliste britannique, la chute devrait être plus réduite, avec une délégation pouvant aller jusqu’à 15 députés.

Les Espagnols en position de force ?

Selon les derniers sondages, les socialistes espagnols pourraient obtenir jusqu’à 18 sièges, soit cinq de plus qu’actuellement. Fort de cette probable victoire, le PSOE se place en leader de la social-démocratie européenne. Après des présidences italiennes et allemandes, un Espagnol pourrait prendre la tête du groupe politique. La liste menée par le ministre Josep Borrell travaille déjà à Bruxelles pour tenter une telle ascension.

Les socialistes français, futurs grands absents ?

Pour les socialistes français, mai 2019 pourrait être une véritable hécatombe. En mars 2019, le Parti socialiste a choisi de se ranger derrière Place Publique pour les Européennes, renonçant ainsi à présenter son propre candidat comme il le faisait pourtant depuis 1979. Malgré cette union, les sondages créditent la liste PS-Place publique d’à peine plus de 5% des voix, passant ainsi à la limite le seuil pour envoyer des députés à Strasbourg. Plusieurs anciennes figures socialistes, telles que François Hollande ou Lionel Jospin ont, depuis, exprimé ouvertement leur soutien au parti du poing et de la rose, tentant d’assurer une présence socialiste au Parlement. Même s’ils parviennent à être représentés, les socialistes perdrons vraisemblablement leur influence. Les Irlandais pourraient également ne pas atteindre la barre des 5%.

L’inconnue roumaine

Les socialistes roumains passeraient de 13 à moins de 10 sièges, selon les sondages. Mais les relations avec Liviu Dragnea, le dirigeant controversé du parti socialiste au pouvoir en Roumanie, sont particulièrement tendues. Celui-ci pourrait mener son parti, le PSD, au sein de l’alliance d’extrême droite. De son côté, l’ancien Premier ministre roumain Victor Ponta, qui a quitté le PSD pour former son propre parti pro-roumain, devrait intégrer les conservateurs de l’ECR.

Pologne, Tchéquie, Portugal, Belgique, … en chute également

La tendance à la chute des socialistes se confirme aussi dans les pays de l’Est. En Hongrie, MSZP perd plus de quatre points dans les sondages, et devrait donc n’avoir que deux sièges, contre quatre actuellement. En République tchèque, le ČSSD n’obtiendrait que 7% des votes et un seul député (contre quatre pour la période antérieure). Pour le Parti socialiste belge, la chute devrait être moins forte, passant de quatre à trois députés.

Des hausses dans certains pays

Les tendances ne sont pas à la baisse dans tous les pays. Le groupe profite de la poussée de certains de ses membres. Les socialistes bulgares pourraient obtenir jusqu’à six sièges (+2), les Lettons deux sièges (+1), les Maltais quatre sièges (+1), les Slovènes deux (+1) et les Finlandais trois (+1). Dans plusieurs cas, c’est le statut quo qui est prévu : Danemark (trois députés), Estonie (un député), Irlande (un député), Lituanie (deux députés), Autriche (cinq députés).

Rester un partenaire incontournable … pour une nouvelle alliance avec les libéraux ?

Le groupe socialiste pourrait tout de même avoir entre 140 et 150 députés, se maintenant donc comme la seconde force dans l’hémicycle, à seulement une vingtaine de sièges du PPE. Et restant ainsi un partenaire incontournable pour une coalition. C’est d’ailleurs vers de nouveaux alliés que les socialistes se tournent, sachant que l’accord de 2014, entre S&D et PPE, ne pourra être renouvelé. Le chef de file des socialistes, le néerlandais Frans Timmermans, a tendu la main à la gauche européenne, aux Verts et aux Libéraux.

En marge de leur réunion de Sibiu, le 9 mai dernier, les socialistes Pedro Sanchez (Espagne) et Pedro Costa (Portugal) ont rencontré les libéraux belge et néerlandais Charles Michel et Mark Rutte pour tenter de créer une alliance et renverser les espoirs du PPE pour prendre le contrôle de la Commission européenne (lire : Les 27 ouvrent le bal des prétendants à la présidence de la Commission européenne (V2)).

Ce processus a été prolongé avec les appels de plusieurs responsables socio-démocrates à faire front commun contre les nationalistes et les conservateurs du PPE. Le dernier en date étant le Premier ministre portugais, António Costa. Venant de l’un des rares dirigeants d’un PS en bonne santé, cette complicité affichée est un précieux argument à la possible future coalition. Autre soutien, celui de l’ex-chef du gouvernement italien, Matteo Renzi. Celui-ci est plus symbolique, puisque Matteo Renzi n’a plus aucun poste politique, pas même au sein de son parti, et n’est plus vraiment en odeur de sainteté parmi ses camarades.

(Leonor Hubaut)

Lire aussi :

Elections 2019. Objectif pour la Gauche Unitaire Européenne (GUE), sauver les meubles

(B2) Face à l’émiettement des forces des deux gros groupes, chrétiens démocrates et socio-démocrates, du côté gauche de l’hémicycle, c’est plutôt la stabilité. Mais tout n’est peut-être qu’apparence

(crédit : guengl.eu)

Si le groupe de la Gauche unitaire européenne (GUE) en lui même devrait conserver sa physionomie actuelle dans cette 9e législature, d’une cinquantaine de sièges, l’équilibre interne risque d’être bousculé. De plus, la montée de l’extrême-droite, voire des Verts, pourrait faire perdre à la GUE sa cinquième position actuelle.

Stabilité voire progression en Grèce et en Allemagne

La gauche alternative et radicale, comme elle se définit, devrait profiter de certaines poussées : au sud essentiellement en Grèce, et en Allemagne. Le parti Syriza grec, au pouvoir, malgré la crise, relève la tête et pourrait obtenir à un score au moins similaire à celui des Européennes de 2014, qui lui avait valu six sièges. Le Parti communiste grec (KKE) conserverait au moins deux sièges. En Allemagne, Die Linke devrait elle aussi conserver ses sept sièges et peut être même en gagner un de plus. Au Portugal, la Coalition Parti communiste et Verts (CDU) et le Bloc des gauches (CDE) résisterait, avec quatre sièges.

Reculs en Espagne ou en Italie

Un des bastions forts du groupe jusqu’à présent, l’Espagne, devrait perdre du poids. La liste commune de gauche autour de Podemos (Unidas Polemos) n’est créditée que de 12 à 14% des voix. Soit moins qu’en 2014. La coalition a déjà marqué le coup aux législatives espagnoles d’avril. L’Italie, pourtant membre fondateur du groupe dans les années 90, n’est elle plus qu’un fantôme avec ses trois sièges.

… parfois irréversibles comme (en partie) en France

Autre recul historique, le Parti communiste français, qui pour l’heure, n’aurait plus aucun élu. Cela n’empêchera pas la délégation française d’être plus importante qu’aujourd’hui (cinq sièges), grâce à La France Insoumise, qui pourrait gagner deux ou trois sièges à la faveur du mouvement de mécontentement initié par les ‘Gilets jaunes’.

Petits contingents et nouvelles forces…

L’Irlande (avec le Sinn Fein), la Finlande, Chypre, les Pays-Bas (avec le parti socialiste) devraient apporter chacun au moins un siège au groupe. La Suède pourrait envoyer deux députés (au lieu de un) et la Rép. Tchèque (avec le parti communiste historique) pourrait en envoyer trois.

La faille de l’Est … pourtant nouvelle figure de tête

Hormis ces Tchèques, le groupe n’a plus de poids dans les anciens pays de l’Est. L’espoir d’une poussée en Pologne ne semble pas se confirmer. En revanche, tous les regards sont tournés vers la Slovénie qui pourrait offrir son premier siège à Violeta Tomic, tête de liste de La Gauche. Le Parti de la Gauche Européenne lui a confié la tête de liste pour la campagne en tandem avec l’ancien leader syndical des métallos belges, Nico Cué.

(Emmanuelle Stroesser)

Lire notre dossier sur les élections : N°67. Élections européennes 2019 (V6)

Retrouvez nos analyses des groupes politiques :

Brexit, Luxleak : les mea culpa de Jean-Claude Juncker

(B2) A six mois de son départ, l’actuel président de la Commission européenne a reconnu mardi (7 mai), deux grandes « erreurs » durant son mandat. Un mea culpa tardif

Jean-Claude Juncker était devant la presse pour présenter le bilan de ses cinq années de mandat et ses propositions pour le sommet de Sibiu (Crédit : Commission européenne)

La réaction tardive sur les Luxleaks : une « grave erreur »

Sur les mécanismes d’évasion fiscale révélés par les Luxleaks en 2014, « j‘ai attendu trop longtemps avant de réagir, ce fut une grave erreur. Il m’a fallu deux semaines pour réagir. J’aurais du le faire immédiatement », reconnait l’ancien Premier ministre luxembourgeois. NB : à l’époque, la Commission européenne avait nié en bloc tout problème préférant ne pas communiquer sur le sujet (lire : Luxleaks ! Une formidable opportunité d’agir… un peu gâchée).

Brexit : un silence coupable 

« Ma seconde erreur a été d’écouter le gouvernement britannique, d’écouter Monsieur Cameron (1) qui m’a demandé de ne pas intervenir dans la campagne du Brexit. C‘était une erreur de ne pas intervenir et de ne pas interférer dans la campagne du référendum. Nous aurions été les seuls à pouvoir démonter tous les mensonges qui circulaient à l’époque. » Pour le président de l’exécutif européen, « rester silencieux à un moment aussi important a été une erreur »…

Elections : inquiétude

Malgré un optimisme de bon aloi, Jean-Claude Juncker n’a pas caché cependant son inquiétude à moins de trois semaines des élections européennes. « Tout le monde doit aller voter! […] Si tout le monde vote pour les extrêmes, à quoi ressemblera l’Europe de demain ? » 

(Leonor Hubaut)

(1) David Cameron était alors le Premier ministre conservateur britannique