La désignation des députés supplémentaires conforme à la Charte des Droits ?

(ANALYSE) Fait relativement inaperçu, le dernier Conseil européen, les 10 et 11 décembre, a lancé une nouvelle CIG (conférence intergouvernementale). Rien n’est mentionné dans les conclusions. Mais Sarkozy l’a confirmé lors de sa conférence de presse « Le Conseil européen a décidé de lancer la procédure qui permettra d’aboutir sous présidence espagnole ». En l’occurrence, c’est, en effet, l’Espagne qui a déclenché la procédure en présentant une proposition de modification du Traité de Lisbonne à ses collègues du Conseil européen. Cette modification est troublante car à coté de dispositions anodines, elle prévoit un mode de désignation des députés européens qui tranche par rapport aux règles existantes…

Un bug du Traité

Avec l’entrée en vigueur du Traité de Lisbonne, le Parlement européen avait vu son nombre d’eurodéputés passer de 736 (chiffre fixé par le Traité de Nice) à 751 (750 + le président, très exactement). Malheureusement, aucune disposition n’a été inclue dans le Traité (ni n’existe dans l’acte prévoyant l’élection au suffrage universel des députés européens, annexé à la décision de 1976) pour appliquer cette mesure entre deux législatures. Ce qui coince n’est pas tant le chiffre de députés supplémentaires que la durée du mandat « de 5 ans » des eurodéputés. Aucune mention n’existe pour une arrivée en cours de législature. Un oubli ! (le Traité de Nice avait prévu de telles mesures temporaires pour les nouveaux pays arrivants).

Pourquoi modifier le Traité ?

La modification de cette règle qui est du « droit primaire » nécessite une modification par un Traité. Deux options étaient possibles : 1° un protocole ad hoc, solution assez lourde puisqu’elle nécessite une ratification par les 27 Etats membres. 2° un protocole introduit dans le prochain Traité d’adhésion – celui sur la Croatie par exemple – mais cette option présente une difficulté, le traité ne devrait être rédigé qu’en 2010 et ratifié dans la foulée (en 2011) donc avec une entrée en vigueur pas avant 2012 (au plus tôt). Apparemment, les 27 ont choisi d’utiliser la première solution pour ajuster le nombre d’eurodéputés, la ratification dans les 27 Etats membres pourrait être obtenue en effet assez rapidement par voie parlementaire et non par référendum, ce qui simplifiera les choses. Tandis que l’adhésion d’un nouvel Etat membre obligerait sans doute à la tenue de référendum au moins dans un pays. NB : la modification du Traité prévue en juin 2008 pour favoriser la tenue d’un 2e référendum en Irlande (le protocole « irlandais ») devrait, en revanche, être réalisée avec la deuxième option.

Modalités de révision du Traité

Trois possibilités de révision sont prévues par le Traité de Lisbonne : 1. la procédure de révision ordinaire avec Convention ou 2. par simple CIG et convocation des représentants des Etats membres, 3. la procédure de révision simplifiée (qui n’est possible que pour les « politiques internes »). Les 27 ont choisi la deuxième solution : une révision par une simple conférence des représentants des Etats membres (en pratique cela peut se faire rapidement, sans solennité par un simple Coreper). Trois formalités doivent encore être respectées, qui ont chacune des implications juridiques très différentes : la « notification » de la modification aux Parlements nationaux (information), la « consultation » de la Commission européenne (information avec possibilité d’amendement et de remarques) et « l’approbation » par le Parlement européen (information avec possibilité d’amendement, de remarques et de blocage). Concernant celle-ci, malgré les protestations de quelques députés (Modem, Verts notamment), le président Sarkozy n’a eu aucun doute : « le président du Parlement européen, Jerzy Buzek, ne s’est pas fait l’écho de cette question. (…) Il y avait trois possibilités (de révision), on en a choisi une, on aurait pu choisir une des deux autres. »

La moitié des Etats directement concernés

13 Etats sont directement concernés par cette modification. Le grand gagnant de cet ajout de parlementaires est justement l’Espagne (+ 4), suivie de la France, de la Suède et de l’Autriche (+2 chacun). La Bulgarie, l’Italie, la Lettonie, Malte, les Pays-Bas, la Pologne, le Royaume-Uni et la Slovénie obtiennent un siège supplémentaire chacun. L’Allemagne perd 3 sièges. Mais ceux-ci resteront en poste jusqu’à la prochaine élection, en juin 2014. Il ne pouvait être question de faire leur poste à des députés élus au suffrage universel. Une question à la fois de principe (on ne peut défaire le suffrage universel par une décision ultérieure) et de pratique politique (très délicat pour l’Allemagne de « virer » trois députés : qui choisir ?…).

Modalités d’élection

La modification consiste à modifier le protocole (n°36) sur les dispositions transitoires en fixant le nombre de députés supplémentaires, en permettant un dépassement temporaire du chiffre de 751 députés à 754, de façon temporaire pour cette législature (2009-2014), et à prévoir les modalités pour « désigner » ces députés supplémentaires.
Il y a trois modalités:
– soit une élection au suffrage universel direct ad hoc (ce qui est relativement lourd)
– soit par référence aux résultats des élections européennes de juin 2009
– soit par désignation par le parlement national de l’Etat membre concerné
Dans chaque cas, la procédure exacte d’élection, de référence, de désignation ressortent de chaque Etat membre concerné mais à condition que l’élu ainsi désigné ait été élu au suffrage universel direct (*).

Position du Parlement européen

Il faut signaler cependant que le service juridique du Parlement européen n’avait envisagé, dans une note interne, que deux possibilités pour l’élection de ces députés supplémentaires. Soit une nouvelle élection, soit un recours aux listes des élections de juin (en prenant les suivants de liste). Cette solution semble d’ailleurs la solution primée par la plupart des pays. Selon un juriste du Parlement européen, six pays ont ainsi anticipé en précisant dans leur loi électorale la désignation de leurs députés sur la base des résultats du scrutin de juin 2009 (Espagne, Autriche, Lettonie, Suède, Malte, Bulgarie), tandis que deux autres ont annoncé qu’ils tiendraient simplement compte du scrutin de juin pour la désignation des « supplémentaires » (Slovénie, Pays-Bas). Quatre Etats n’avaient pas pris, avant les élections européennes, de position (France, Pologne, Italie, Royaume-Uni). La désignation par le parlement national n’était pas du tout envisagée.

Date d’application

Les 27 se sont donné 11 mois pour faire ratifier par leur parlement national cette modification. L’entrée en vigueur du nouveau protocole est prévue au 1er décembre 2010, au plus tôt (le 1er jour du mois suivant le dernier dépôt de l’instrument de ratification si les 27 ratifications sont déposées à temps). Les députés désignés pourront cependant arriver avant et siéger en tant qu’observateurs – comme pour les formules des nouveaux Etats membres – dans les commissions parlementaires et en plénière. Mais ils ne pourront pas avoir le droit de vote, ni participer aux amendements et rapports, tant que le nouveau protocole ne sera pas en vigueur.

Une modification contraire à la Charte des droits fondamentaux ?

Une violation claire

Si toute la procédure suivie (convocation d’une CIG, mise en place de députés supplémentaires…) est incontestable, il est un point qui est choquant : la possibilité pour un Etat de remplacer l’élection par la désignation par le Parlement national. On passe ainsi d’un suffrage universel direct à un suffrage universel indirect. Or le Traité est formel: si les modalités d’élection des députés européens ressortent de dispositions nationales (tant qu’il n’y a pas de statut commun), il est un principe général consacré par le Traité « Les membres du Parlement européen sont élus au suffrage universel direct, libre et secret. » Ce principe est repris intégralement dans la Charte des Droits fondamentaux (article 39).

Confusion de concepts pourtant simples

Certains officiels estiment qu’il y a bien élection puisque les parlementaires sont eux-mêmes élus. L’argument est assez spécieux (et eux-mêmes n’y croient pas vraiment). C’est oublier la mention d’un suffrage « direct ». Les parlementaires nationaux n’ont pas été élus pour siéger au Parlement européen mais pour siéger le parlement national. Il est évident que la désignation par un Parlement national est donc un mode d’élection « indirect ». Prétendre le contraire serait mettre à bas les principes généraux du droit électoral et les équilibres politiques. NB: Une notion qui ressort du niveau du cours d’éducation civique de l’école primaire (CM1 -:) ) Prudemment, Nicolas Sarkozy a été plus politique dans sa justification : « On désigne un de droite ou un de gauche, on ne va quand même pas faire une élection pour deux députés. »

Premier cas d’application de la Charte ?

Remplacer l’élection par une désignation par une autre instance élue revient donc à violer la Charte des droits fondamentaux. Dont la valeur juridique est maintenant établie et dont tout citoyen peut réclamer une application devant les tribunaux (sauf, peut-être, au Royaume-Uni et en Pologne). C’est intéressant ! Ce serait la première fois que cette Charte serait appliquée… dans une hypothèse sans doute pas prévue par ses concepteurs. On se demandait souvent dans les cercles des juristes et experts européens à quoi pouvait bien servir cette Charte (qui n’ajoute pas grand chose au Traité de façon formelle), si elle servirait même un jour autrement que de façon symbolique et comment… En voici la démonstration, et beaucoup plus rapidement qu’on ne le pensait…

(*) Lapsus révélateur: le secrétariat général du Conseil s’est senti obligé de faire un premier rectificatif à cette décision, en venant préciser que les personnes ainsi désignées devaient avoir été élues, à un moment donné, au suffrage universel direct.

Nicolas Gros-Verheyde

(crédit photo : Conseil de l’Union européenne. Sur cette photo, vous ne verrez ni Sarkozy, ni Merkel, ni Brown… Normal ils étaient en réunion ensemble!).

La nouvelle Commission 2010: noms, portfolios, biographies (V3)

(B2) La liste des commissaires a été confirmée par José-Manuel Barroso, mercredi 25 novembre. Elle est conforme à ce qu’on annonçait sur ce site ces jours-ci. Pas de grosse surprise. Les Pays-Bas ayant longtemps tergiversé avant de se décider à reconduire Neelie Kroes (contre la promesse d’un gros portefeuille). Avant le sommet européen, il ne restait selon un officiel de la Commission européenne que 5 pays à ne pas l’avoir fait (Danemark, Grèce, Malte, Pays-Bas, Royaume-Uni). Mais les noms étaient souvent connus à défaut d’être confirmés officiellement. Et l’inconnue du Haut représentant levée, cela a permis de placer les autres noms. NB : si on veut se souvenir des premiers noms évoqués, voir mon pointage en juillet, on constatera de nombreux changements entre les pressentis et les nommés.

Calendrier

Si normalement il fallait attendre l’entrée en vigueur officielle du Traité de Lisbonne (le 1er décembre) pour avoir la nouvelle Commission, les 27 Chefs d’Etat et/ou de gouvernement avaient pris les devants. Et tous, peu ou prou, avaient, aux alentours des 19-20 novembre, fait connaître leur choix. Le président de la Commission européenne a donc pu annoncé la liste des noms qui composait le commissaire le 25 novembre et la répartition des portfolios le 27 novembre. Le Parlement européen peut alors commencer son travail d’audition – les auditions sont prévues du 11 au 19 janvier et le vote en plénière le 26 janvier. Des premiers « échanges de vues » – sortes d’audition tests – sont prévues pour certains Commissaires, notamment celle aux Relations extérieures (le 2 décembre). La nouvelle Commission prendrait alors ses fonctions début février (si tout va bien, ensuite si un ou deux commissaires sont « recalés »). Jusqu’à là l’actuelle Commission sera prolongée.


Allemagne. L’actuel commissaire Günther Verheugen (SPD/social-démocrate) s’en va. Pour le remplacer, la coalition au pouvoir a choisi un « poids lourd politique » selon les termes même, non ironiques, d’Angela Merkel : Günther Oettinger (CDU/PPE), jusqu’à présent président du Land de Baden-Württemberg. C’est la première depuis dix ans que la CDU envoie un des siens à la Commission (Schröder avait choisi comme deuxième commissaire une Verte, un affront qu’il fallait réparer).

• Oettinger connait un peu certains dossiers européens, comme le détaille Handelsblatt. Il a notamment approuvé la Commission dans sa volonté de supprimer la loi « Volkswagen » (voix de blocage au Conseil d’administration) et est un des plus fervents soutiens des réseaux trans-européens avec la ligne « est » Paris-Stuttgart-Bratislava-Budapest. Il est contre l’adhésion de la Turquie et a soutenu l’industrie automobile allemande dans sa lutte contre les quotas CO2. Il défend la langue allemande pour qu’elle retrouve son statut à part entière de langue de travail comme le Français et l’Anglais.

• Postes visés : Transport, Industrie, Energie. Portefeuille attribué : Energie

Autriche. De par l’accord de la coalition au pouvoir – socialiste/chrétienne démocrate (SPO/OVP) – le poste est normalement dédié aux conservateurs (OVP/PPE). Mais ceux-ci ont été divisés et les couteaux tirés. Wilhelm Molterer, porte-parole constitutionnel de l’OVP au parlement national, avait été le candidat préféré puis oublié, les socio-démocrates notamment s’opposant à sa nomination. Le nom d’Ursula Plassnik (ÖVP) a aussi été avancé mais jamais confirmé, elle bénéficiait de solides… inimitiés dans son parti. La commissaire actuelle Benita Ferrero-Waldner (OVP) voulait bien rester mais n’était pas soutenue à Vienne.

• Finalement le choix s’est fait sur Johannes Hahn (PPE), l’actuel ministre de la Recherche et des Sciences (depuis 2007) et chef du parti OVP à Wien, il a également été au cabinet de Fayman (l’actuel chef de l’OVP). Détails dans Der Standard. Portefeuille attribué : Politique régionale.

Belgique. Karel de Gucht (VLD/ADLE) qui a remplacé son compatriote Louis Michel élu au Parlement européen, au poste de commissaire au Développement et à l’Aide humanitaire, reste dans la Commission 2009. Agé de 58 ans, cet avocat de formation a été Ministre des Affaires étrangères en Belgique. Il y a exercé avec talent son franc-parler, provoquant même une rupture des relations diplomatiques entre le plat pays et le Congo, pour avoir exprimé tout haut ce que tout le monde dit tout bas : le haut niveau de corruption de l’ancienne colonie belge (ex-Zaïre). Lire son portrait tiré dans Le Soir

• Postes visés : le même, Energie, économique.

Portefeuille attribué : Commerce (OMC)

  Bulgarie. Le renouvellement de l’actuelle commissaire à la Consommation, Meglena Kuneva (MSNE Mouvement Siméon II/ADLE) n’a pas été souhaité par le gouvernement. Elle pourrait devenir une des candidates à la présidence de la république. Le nouveau Premier ministre Boiko Borisov a toujours indiqué qu’il souhaitait un nouveau nom. Ce sera donc Roumiana Jeleva qui a l’avantage d’être membre de son parti (GERB/PPE).

• Eurodéputée puis ministre des Affaires étrangères.

Portefeuille attribué : Aide humanitaire (et Protection civile)

Chypre. L’actuelle commissaire à la Santé, Androulla Vassiliou (Libéral/ADLE), est renouvelée.

Portefeuille attribué : Education et culture (multilinguisme, traduction).

Danemark. La commissaire actuelle à l’agriculture, Mariann Fischer-Boel (Venstre/ADLE), part. Les laitiers ne pleureront pas son départ (d’ailleurs les agriculteurs pleurent rarement leur commissaire à l’Agriculture). Pour la remplacer, le gouvernement danois a hésité entre Eva Kjer Hansen (Venstre/ADLE), l’actuelle ministre de l’Agriculture, de l’Alimentation et de la Pêche, ou Ulla Tørnæs, actuelle ministre de la Coopération. Mais finalement c’est Connie Hedegaard (Conservative/PPE), l’actuelle ministre du climat qui était la candidate souhaitée par José-Manuel Barroso. C’est, d’une certaine façon, rendre hommage au pays qui aura accueilli la conférence internationale sur le climat en décembre 2009 mais aussi permettre d’avoir quelqu’un immédiatement opérationnelle.

Avant d’être ministre, elle a été journaliste, au quotidien Berlingske Tidende et comme présentatrice Tv à DR2.

• Poste visé et attribué : Action climatique – un poste « transversal » où elle devra partager son « pouvoir » avec les commissaires à l’Environnement, à l’Energie ou au Tranport

 Espagne. Le commissaire actuel, Joaquim Almunia (S&D), chargé de l’Economie, est candidat au renouvellement et a été confirmé par son gouvernement.

Portefeuille visé et attribué : Concurrence (vice-président). A noter que les aides d’Etat traditionnellement rattachées au portefeuille du Transport élisent domicile à la Concurrence.

 Estonie. Le commissaire actuel à l’Administration, Siim Kallas (passé du PC au Parti de la Réforme/ADLE) reste.

• Poste visé : le même (l’administration). Portefeuille attribué : Transport

Finlande. L’ actuel commissaire à l’élargissement, Olli Rehn (Parti du centre/ADLE), a été désigné officiellement par le gouvernement finlandais, début octobre. Il était candidat pour le poste de Haut représentant. Poste visé : tout sauf l’élargissement. portefeuille attribué : Affaires économiques et monétaires.

France. Le candidat « naturel » est, depuis le début, Michel Barnier (UMP/PPE). Nicolas Sarkozy, le président de la République, qui a la haute main sur la nomination du commissaire, l’a confirmé publiquement, au sommet européen, le 30 octobre.

• Aujourd’hui député européen, Barnier a été ancien ministre de l’Agriculture (Sarkozy), des Affaires étrangères (Chirac/De Villepin) et ancien commissaire européen à la politique régionale ainsi qu’aux affaires constitutionnelles (1999/2004). Membre de la Convention européenne, il avait notamment été chargé du rapport sur la défense européenne.

• Poste visé et attribué : Marché intérieur.

Grèce. L’arrivée d’un nouveau gouvernement socialiste a changé la donne à Athènes. Exit les deux candidats potentiels – le commissaire actuel, Stavros Dimas (Nouvelle Démocratie/PPE) chargé de l’environnement, et l’ancienne ministre des Affaires étrangères de Caramanlis, Dora Bakouyanis, pressentie pour prendre la tête de l’opposition. Après avoir envisagé de nommer la députée européenne du Pasok, Marilena Koppa, spécialiste des Balkans, le gouvernement a nommé Maria Damanaki (Pasok, S&D).

• Née en 1953, Maria a commencé sa carrière politique à l’université, dans les jeunesses communistes. C’était encore au temps de la junte. Et elle a pris part aux manifestations à l’école Polytechnique en 1973. En 1989, elle devient ensuite leader de la coalition de partis de gauche, Synaspismos, mais démissionne à la suite de la défaite électorale en 1993. En 2003, élue au Parlement elle démissionne et rejoint le Pasok où elle intègre rapidement les structures dirigeantes. Rééelue au Parlement sous l’étiquette Pasok, elle siège aux commissions « Culture » et « Europe ». Au Pasok, elle a d’abord eu en charge les affaires sociales et l’éducation. Elle était en dernier lieu chargée de coordonner la culture. Elle a écrit deux ouvrages : « Les femmes face au pouvoir » en 1995, « le retour du politique » en 2001 et mère de trois enfants.

• Postes visés : pêche et les affaires maritimes ou éducation et culture. Portefeuille attribué : Pêche et affaires maritimes

Hongrie. De nombreux noms avaient été avancés pour remplacer László Kovacs, y compris son éventuelle prolongation. On a parlé de László Balazs, le ministre des Affaires étrangères, puis du Premier ministre lui-même, Gordon Bajnai (MSzP/S&D), du ministre des Finances, János Veres, de l’ancienne ministre des Finances (aujourd’hui députée européenne), Edit Herczog, et même de la vice-ministre de la Défense, Agnes Vadai.

• Finalement ce sera László Andor (proche du MSzP, S&D), un professeur d’économie, actuellement membre de la Banque européenne de reconstruction et de développement, sans attache politique mais proche du MSzP. Il est auteur de plusieurs ouvrages notamment : « Hungary on the road of European Union : transition in blue » (Greenwood Press, 2000), « Market Failure: A Guide to the East European Economic Miracle » (Pluto Press 1998). Dans ce dernier ouvrage, il explique notamment que la course de vitesse, inspirée par l’Occident pour, après 1989, démanteler les économies sous contrôle de l’Etat avait délibérément pour objectif prévenir la montée de la sociale-démocratie. En 2008, il signait un papier dans The Guardian plaidant pour un changement de la stratégie d’élargissement de l’eurozone des critères de Maastricht : « The Maastricht criteria have to be shelved in order to maintain stability not just in Hungary, but in Europe as a whole, where major banks are exposed to serious risks in new member states. In other words, the collapse of emerging economies could trigger, as Susan George put it once, a boomerang effect. ». Il y a rappelait notamment le trajet particulier de la Hongrie dans les réformes économiques. Dès 1982, elle adhérait au FMI (quand les autres pays de l’Est le feront après la chute du mur en 1989). Le pays était particulièrement sensible aux crises économiques. Mais un impact de la crise ne pouvait être disjoint de ses conséquences au plan européen (lire). De façon plus anecdotique, il a également signé un hommage à Puskas, le footballeur hongrois décédé en 2006 (lire). Voir son portrait dans le journal francophone de Budapest.

• Poste éventuel : la politique régionale.  Portefeuille attribué : Emploi, affaires sociales et inclusion

Irlande. Pour remplacer le contesté Charlie McCreevy, actuel commissaire au Marché intérieur, une femme, Maire Geoghegan-Quinn (FionnaFail/ADLE) a été choisie.

• Née en septembre 1950, agée de 59 ans, ancienne ministre de l’Education puis de la Justice, Geoghegan-Quinnest une forte personnalité. Elle a introduit la loi prohibant les discriminations sur les homosexuels, elle siège actuellement à la Cour des Comptes européenne. Lire sa bio dans l’Irish Times.

• Poste visé : le budget, l’innovation, les affaires administratives… ou la Justice. Portefeuille attribué : Recherche et innovation

   Italie. L’actuel commissaire aux Transports, Antonio Tajani (PDL/PPE) est renouvelé. Il avait été question un moment du poste de Haut Représentant pour Massimo d’Alema (S&D), mais son nom a été retiré.

Portefeuille attribué : Entreprise et industrie

 Lettonie. Andris Piebalgs (Latvijas Cels « la voie lettone »/PPE), le commissaire actuel, est renouvelé. Il n’y a pas vraiment d’autre candidat dans son pays. Propulsé par défaut en 2004, il n’a pas fait un si mauvais parcours au poste de commissaire à l’Energie malgré des débuts balbutiants.

Portefeuille attribué : Développement

Lituanie. Algirdas Gediminas Semeta (-), le commissaire nommé en remplacement de Dalia Grybauskaité, devenue Présidente de Lituanie en mai 2009, reste dans la Commission 2010.

Portefeuille attribué : fiscalité et douanes

     Luxembourg. La commissaire chargée de la société de l’information, Viviane Reding (CSV/PPE), a été désignée pour rester à la Commission. C’est son troisième mandat qui en fait la vétérante de l’institution. Elle compte en profiter pour demander un poste plus important, en matière économique par exemple. Un autre a été obtenu important et visible.

Portefeuille attribué : justice, citoyenneté et droits fondamentaux

      Malte. Le commissaire chargé de la Pêche, Joe Borg (Parti national/PPE) était candidat à la reconduction. Mais le gouvernement a préféré un autre candidat: John Dalli (parti national/PPE), l’actuel ministre de la politique sociale, qui a occupé divers postes ministériels depuis 1987.

Poste envisagé : affaires sociales. Portefeuille attribué : Santé et consommateurs

Pays-Bas. L’actuelle commissaire à la concurrence, Neelie Kroes (VVD/ADLE), avec son bon parcours, et son désir de rester à Bruxelles, a finalement été reconduite. Plusieurs candidats avaient cependant été cités durant ces derniers mois : coté CDA/PPE (Chrétien-démocrate), Piet-Hein Donner (ministre des Affaires sociales) ou Cees Veerman (ancien ministre de l’agriculture, déjà candidat en 2004), et même Jaap de Hoop Scheffer (ancien secrétaire général de l’OTAN) pour le poste de Haut représentant ; coté PVDA/S&D (social-démocrate), Frans Timmermans (Affaires européennes) ou son prédécesseur Dick Benschop. NB: Le Premier ministre J.P. Balkenende qui visait plutôt la présidence du Conseil européen a été « barré » assez rapidement par plusieurs pays, notamment les Allemands qui ne voulaient pas de lui. Même si Neelie Kroes a le grand tort de n’être pas du même bord que la coalition au pouvoir, une forte pression s’est fait jour pour qu’elle puisse rester à la Commission. Les Pays-Bas craignaient d’être relégués dans un portefeuille moindre.

• Portefeuille envisagé : nouvelles technologies et telecoms, ou Commerce. Portefeuille attribué : nouvelles technologies (vice-présidente) Nb : sans le secteur « médias ».

Pologne. Malgré la désignation d’un autre commissaire, Pawel Samecki, pour remplacer Danuta Hübner au portefeuille de la Politique régionale dans l’actuelle Commission, c’est Jacek Lewandowski (PO-PPE), qui est le candidat de Varsovie pour être le nouveau commissaire.

• Ancien de Solidarnosc, il est député européen et vice-président de la Commission du budget au Parlement européen.

• Postes visé et attribué : budget et programmation financière.

Portugal. José-Manuel Barroso (PPE), actuel président de la Commission, a été confirmé à la tête de la présidence de la Commission. Ce sera son deuxième mandat (de cinq ans). Il a été Premier ministre du Portugal jusqu’à 2004. Portefeuille : président (secrétariat général, service juridique, service du porte-parole)

Roumanie. Le ministre de l’Agriculture, Dacian Ciolos (-), avait été confirmé officiellement par le gouvernement, avec le soutien des deux principaux partis (socialiste du PSD et libéral du PDL). Mais le gouvernement est tombé le lendemain de sa nomination. Après quelques tergiversations, et hésitations, le gouvernement a finalement décidé de maintenir ce choix. Dacian Ciolos a fait ses études en France, à Rennes, et a travaillé dans l’agriculture biologique.

• Du coup le poste visé et le portefeuille attribué : Agriculture et développement rural.

 Royaume-Uni: l’actuelle commissaire (Commerce) Catherine Ashton (Labour/PSE), nommée en octobre 2008, en remplacement de Mandelson reparti à Londres, souhaite être renouvelée. Le poste de Haut représentant avait été proposé à David Miliband (Labour/PSE). Mais il l’a refusé (partir à Bruxelles était un enterrement). Et Gordon Brown ne voulait pas se défaire de lui. L’hypothèse Geoff Hoon a été testée, trop risquée. Finalement donc, Ashton est restée. Et les Britanniques ont emporté le poste de Haut représentant tout de même. Un beau coup de poker.

• Catherine Ashton n’a pas d’expérience de la diplomatie en tant que telle et a davantage occupé des postes dans le domaine social et d’éducation. Après des études d’économie à l’Université de Londres, elle est secrétaire administrative du CND la campagne pour le désarmement nucléaire (1977-79) puis en devient vice-présidente, elle le quitte en 1983, directeur de Business in the Community (une association d’employeurs qui met la responsabilité sociale au cœur de ses responsabilités et est soutenue par le Prince Charles) et met en place le forum des Employeurs sur le handicap. Elle préside ensuite l’autorité de santé dans le Hertfordshire (1998 – 2001) et devient Vice-Président du Conseil national des familles monoparentales (One Parent Families). Elle est faite paire du royaume en 1999 (life peer) comme Baroness of Upholland. Sous-secrétaire parlementaire au Département (ministère) de l’Education en 2001, elle est même quelques jours ministre de l’Agriculture sous Tony Blair avant de rester sous-secrétaire parlementaire au Département des affaires constitutionnelles en 2004, puis sous-secrétaire d’Etat parlementaire au ministère de la Justice en mai 2007. Peu après, elle est nommée au cabinet de Gordon Brown comme leader de la Chambre des Lords et de lord président du Conseil. Mais elle surtout un haut fait d’armes à son actif : avoir en tant que leader de la chambre des Lords réussi à faire passer la ratification du traité de Lisbonne.

• Portefeuille attribué : Haut représentant à la politique étrangère, vice-président de la Commission chargée des relations extérieures.

 Slovaquie. Le commissaire à l’Éducation, Jan Figel (KDH/PPE), revenu à la politique nationale comme leader du parti, a été remplacé, en octobre 2009, par Maros Sefcovic (-). (NB : le nom du ministre des Affaires étrangères, Miroslav Lajcak, avait aussi été avancé un moment).

• Né à Bratislava en 1966, lui aussi (comme Füle) est passé par l’école des Relations internationales de Moscou, il a servi dans le ministère tchécoslovaque des Affaires étrangères à partir de 1990. Après le partage du pays en 1993, Sefcovic a continué au sein de la diplomatie slovaque et a notamment été ambassadeur à Tel-Aviv en Israël de 1999 à 2002. A l’adhésion, en 2004, il passe à Bruxelles comme représentant permanent auprès de l’UE, poste qu’il a occupé jusqu’à 2009.

Portefeuille attribué : relations inter-institutionelles et administration

  Slovénie. Le commissaire actuel à la Recherche, Janez Potocnik (LDS/ADLE) est reconduit par le gouvernement de coalition de centre-gauche.

• Poste visé : le même (Recherche). Ou un poste à valeur économique.

Portefeuille attribué : environnement

Suède. A Stockholm, après l’hypothèse « Carl Bildt » (Modérés/PPE), pour le poste de Haut représentant, et celle de l’actuelle ministre du Développement, Gunilla Carlsson, qui a siégé au Parlement européen de 1999 à 2002, à la commission des affaires étrangères et défense, c’est finalement Cecilia Malmström (Parti libéral/ALDE) qui a été retenue.

• Ministre des Affaires européennes depuis 2006,  elle a siégé auparavant au Parlement européen (depuis 1999) à la commission des Affaires étrangères (et comme suppléant à la commission du marché intérieur). Elle s’y est distinguée en animant la campagne pour le siège unique du Parlement européen (à Bruxelles) et donc son départ de Strasbourg. Son Cv indique des expériences diverses : assistant technique à SKF à Paris, infirmière psychiatrique, enseignante en sciences sociales pour adultes (jusqu’à 1992), chercheuse à l’université de Göteborg (1992-1999) avant d’entrer en politique : elle est membre de l’exécutif du parti libéral du Peuple en 1997, du Conseil régional de Västra Götaland en 1998. Née à Stockholm en 1968 (le 15 mai), elle a fait ses études en France (à Sorbonne, littérature en 1987) et à Göteborg (doctorat de sciences politiques). Elle a deux enfants.

Portefeuille attribué : affaires intérieures

 Rép. Tchèque. Le capharnaüm a longtemps régné. Chaque parti a proposé un candidat. L’actuel commissaire européen à l’Emploi, Vladimir Spidla (CSSD/PSE), pour les socio-démocrates ; l’ancien ministre des Affaires étrangères, Alexandr Vondra (ODS/PPE) pour le parti chrétien-démocrate, voire l’ancien Premier ministre Mirek Topolanek (ODS / PPE). Devant l’impasse politique, plusieurs autres noms ont été cités, chaque semaine amenant une nouvelle hypothèse, citons : Marek Mora, l’actuel vice-Ministre des Affaires européennes; Jan Svejnar, le candidat défait à la présidentielle ; Jan Kohout, l’actuel ministre des Affaires étrangères ; ou Vladimir Douhy (ODS), membre du PC jusqu’à 1989 puis de l’ODA ensuite, ancien ministre de l’Industrie et du Commerce, de 1992 à 1997, grand artisan des privatisations, banquier chez Goldman Sachs ; l’actuel gouverneur de la Banque nationale tchèque, Zden?k T?ma. Le nom de Jan Fischer (-), l’actuel Premier ministre du gouvernement technique, ancien directeur de l’Office des Statistiques, a même été cité, mais l’intéressé s’est ravisé et a dénié le poste.

• Finalement c’est Stefan Füle, l’actuel ministre des Affaires européennes (proche du CSSD/S&D) formé à l’école des relations internationales de Moscou, ancien ambassadeur de son pays à l’OTAN, et en tant que tel farouche partisan du bouclier anti-missiles, qui revient à Bruxelles, cette fois comme commissaire européen.

Portefeuille attribué : élargissement


Première analyse

Au premier bilan on peut faire quelques constats :

• Politiquement, il y a une nette prédominance de la droite – les chrétiens-démocrates du PPE (11, contre 9 aujourd’hui) et les libéraux de l’ADLE (8 contre 10 aujourd’hui) – tandis que les sociaux démocrates S&D plafonnent (4 contre 6 aujourd’hui), et 4 « techniciens ». Si on rattache les « techniciens » au parti politique dont ils sont proches, l’équilibre global ne change pas beaucoup. On arrive à 12 Chrétiens-Démocrates, 9 libéraux et 6 socialistes. Cela est en ligne logique avec la couleur politique des chefs de gouvernement mais n’est pas en relation avec la composition de la majorité des gouvernements européens, où les coalitions gauche-droite sont nombreuses. Et l’équilibre général entre la Gauche-Droite en Europe (qui oscille souvent entre 40-60%) est  rompu. Cela constitue donc un risque pour une institution dont la fonction est normalement de représenter l’intérêt général européen. D’autant qu’en cinq ans, la tendance peut s’inverser dans les Etats membres. A cela il faut ajouter un certain manque d’homogéité des partis politiques : un social-démocrate tchèque ou britannique est plus proche d’un libéral néerlandais tandis qu’un libéral belge ou un UMP français est plus proche d’un socialiste espagnol…

• Le nombre de femmes a progressé depuis les premiers comptages. Début septembre, il y avait seulement 4 femmes nominées. Début novembre, on en avait 7 ou 8. Il y en a désormais 9 (contre 10 au début de la Commission 2004 mais 8 seulement aujourd’hui). Ce qui est déjà plus acceptable mais pas encore suffisant pour atteindre la parité. Aucun commissaire, en revanche, n’est issu d’une minorité. C’est d’ailleurs un problème général de la haute fonction publique européenne qui ne compte quasiment pas de membres issus de communautés immigrées hors d’Europe.

• La moitié du collège reste en poste : 15 sont des anciens (12 si on décompte ceux qui n’ont pas été nommés cette année : Belgique, Lituanie, Slovaquie). Et 6 sont vraiment nouveaux. 4 ne sont pas vraiment en terrain inconnu à Bruxelles : ils reviennent à la Commission après un détour dans un gouvernement national (France) ou étaient précédemment au Parlement européen (Pologne), après un détour national (Suède, Bulgarie).

Nb : Cette Commission devrait s’enrichir, en cours de mandat, de plusieurs noms supplémentaires, au fil des adhésions : un commissaire islandais voire un commissaire croate, si les processus d’adhésion se déroulent sans accroc.

(Nicolas Gros-Verheyde)

(dernière mise à jour : 27 novembre 2009)

Le Polonais Jerzy Buzek élu président du Parlement européen

Au Parlement européen, le 14 juillet n’est pas vraiment férié. Au contraire, hier, c’était l’effervescence des grands jours. Un peu, comme à l’école, cartable sous le
bras, recommandations pratiques des anciens dans la poche ou à l’esprit, les quelque 370 « petits nouveaux » eurodéputés ont fait leur rentrée.

Une élection sans suspens

À l’image de la Finlandaise Riikka Manner, 27 ans, un peu « stressée » par cette nouvelle vie de cinq ans qui s’ouvre, chacun a signé, pour la première fois, la feuille de présence, effectué les
dernières formalités et reçu les clés de son bureau avant de pénétrer dans l’Hémicycle. Cette première journée a été consacrée à la mise en marche des structures du Parlement. À commencer par la
nomination de son président.

Le suspens n’était pas de mise. Les principaux partis – chrétiens-démocrates du PPE, socialistes et libéraux – avaient conclu un « accord technique » pour soutenir la candidature du Polonais Jerzy
Buzek de la Plate-forme civique (PO/PPE), pour les deux premières années et demie de mandat. Avec 555 voix sur 713 votants, il a obtenu sans coup férir une large majorité absolue. Ne lui ont manqué
que les voix des communistes qui avaient présenté leur candidat, de certains Verts européens et… des socialistes français qui ont choisi ainsi de manifester leur mauvaise humeur contre un accord
qualifié de contre-nature.

« C’est un grand jour symbolique pour nos dix pays de l’Est de l’Europe, a expliqué Jerzy Buzek juste après sa nomination. Il n’y a plus de vous et nous, mais une Europe partagée ». Et de citer le
triptyque français « Liberté, égalité, fraternité: des mots qui résonnent au coeur des Européens également ». Très prudent, trop même, l’ancien militant de Solidarnosc a cependant déçu, lors de sa
première conférence de presse, éludant toutes les questions difficiles, comme l’élargissement, le siège de Strasbourg… Dommage.

Les Français devraient obtenir la présidence de trois ou quatre commissions parlementaires: Pervenche Bérès (PS), une proche de Fabius à l’Emploi et aux Affaires sociales; Alain Lamassoure (UMP) au
Budget; l’élue verte Eva Joly, à la tête de la Commission « Développement » et Arnaud Danjean (UMP), un ancien du renseignement, à la sous-commission « Défense et sécurité ».

(paru dans Ouest-France, 15 juillet 2009)

Les eurodéputés face au cas Barroso

Ouest-France – édition du 16/07/2009

La reconduction du président de la Commission européenne est soumise à de nombreuses conditions : il y répondra en septembre.

(Strasbourg) Même si les 27 chefs d’État et de gouvernement ont proposé de renouveler le chrétien-démocrate José-Manuel Barroso à la tête de la Commission européenne, cette nomination ne paraît plus aussi assurée que début juillet. Plusieurs groupes politiques ont profité de la session plénière du Parlement européen à Strasbourg pour planter des banderilles dans cette candidature. Chacun dans son style !

Liste de candidats « valables »

Le président des Verts, Daniel Cohn-Bendit, habitué à tirer en premier, a commencé par citer une liste de candidats « tout aussi valables ». Par exemple, le conservateur britannique, Chris Patten, ou l’ancienne présidente irlandaise, Mary Robinson. Comme lot de consolation, il a proposé que Barroso prenne le poste, créé par le Traité de Lisbonne, de premier président du Conseil européen. Plus brutal, Martin Schulz, le leader des socialistes, a attaqué bille en tête. « Son comportement est partisan et opportuniste. Cela ne correspond à l’image que je me fais d’un président de la Commission » a-t-il expliqué, exigeant un « programme d’action » plus précis.

Le chef du groupe libéral, Guy Verhofstadt, a refusé de s’en prendre à l’homme. Mais lui a demandé aussi plus d’ambition et d’audace. Il veut ainsi que la Commission mette en place un vaste plan de relance européen, avec un grand emprunt à la clé, des ressources budgétaires nouvelles, la création d’un poste de superviseur financier européen et la nomination d’un commissaire européen sur les droits de l’homme et les libertés publiques. En gros, tout l’inverse de la politique suivie depuis cinq ans par Barroso.

Des attaques si vives que le président du PPE, Joseph Daul, ainsi que Michel Barnier, sont montés au créneau pour défendre leur poulain. Le résultat sera connu à l’automne. José-Manuel Barroso, qui doit venir présenter son programme en septembre, a de quoi plancher pendant les vacances. Avec un risque réel, désormais, de ne pas réussir l’examen de passage.

Nicolas GROS-VERHEYDE.

Le Parlement donne à Barroso ses devoirs de vacances

Même si les 27 chefs d’État et de gouvernement ont proposé de renouveler le chrétien-démocrate José-Manuel Barroso à la tête de la Commission européenne, cette nomination ne paraît plus aussi assurée que début juillet. Plusieurs groupes politiques ont profité de la session plénière du Parlement européen à Strasbourg pour planter des banderilles dans cette candidature. Chacun dans son style !

D’autres candidats

Le président des Verts, Daniel Cohn-Bendit, habitué à tirer en premier, a commencé par citer une liste de candidats « tout aussi valables ». Par exemple, le conservateur britannique, Chris Patten, ou l’ancienne présidente irlandaise, Mary Robinson. Comme lot de consolation, il a proposé que Barroso prenne le poste, créé par le Traité de Lisbonne, de premier président du Conseil européen.

Plus brutal, Martin Schulz, le leader des Socialistes, a attaqué bille en tête. « Son comportement est partisan et opportuniste. Cela ne correspond pas à l’image que je me fais d’un président de la Commission » a-t-il expliqué, exigeant un « programme d’action » plus précis.

Le chef du groupe libéral, Guy Verhofstadt, a refusé de s’en prendre à l’homme. Mais lui a demandé aussi plus d’ambition et d’audace. Il veut ainsi que la Commission mette en place d’un vaste plan de relance européen, avec un grand emprunt à la clé, des ressources budgétaires nouvelles, la création d’un poste de superviseur financier européen et la nomination d’un commissaire européen sur les droits de l’homme et les libertés publiques. En gros, tout l’inverse de la politique suivie depuis 5 ans par Barroso.

Des attaques si vives que le président du PPE Joseph Daul, ainsi que Michel Barnier, sont montés au créneau pour défendre leur poulain. Le résultat sera connu à l’automne. José-Manuel Barroso, qui doit venir présenter son programme en septembre, a de quoi plancher pendant les vacances. Avec un risque réel, désormais, de ne pas réussir l’examen de passage.

(Nicolas GROS-VERHEYDE) – Paru dans Ouest-France, juillet 2009

 

Gabriele Albertini serait le président de la commission des affaires étrangères du PE


(BRUXELLES2) C’est l’ancien maire de Milan, devenu député européen en 2006, Gabriele Albertini, qui devrait finalement être le président de la commission parlementaire chargée des affaires étrangères au Parlement européen. Une commission importante pour la définition de la politique étrangère de l’UE. Même si le Parlement européen n’a, en effet, pas vraiment beaucoup de pouvoirs dans ce  domaine (contrairement à l’aide au développement), cette commission a un certain prestige et, surtout, devrait accroître son pouvoir avec la montée en puissance du Haut représentant à la politique étrangère versus Traité de Lisbonne.

Né en 1950, Albertini n’est pas vraiment un spécialiste né des affaires étrangères. De par son passé personnel (il dirige l’entreprise familiale spécialisée dans la métallurgie aluminium de 1974 à 1997, et participe aux travaux d’organisations patronales comme Confindustria), il était plutôt tourné vers l’industrie et l’économie. Au Parlement européen, il était d’ailleurs membre des commissions Transports et Industrie.

Mais sa nomination tient un peu au hasard de la politique italienne. La commission « affaires étrangères » du parlement européen était dévolue à l’origine à Mario Mauro, candidat malheureux à la présidence du Parlement européen, qui a dû s’effacer pour laisser le polonais Jerzy Buzek. Un peu comme un cadeau de consolation. Mais celui-ci préfère se réserver pour un destin national voire européen. Il pourrait être ainsi le commissaire italien dans la future Commission européenne entrant en fonction d’ici la fin de l’année. Albertini
a été grandement décoré à l’étranger notamment en France (officier de la Légion d’honneur), en Russie (Ordre de l’amitié) ou au Royaume-Uni (commandeur honoraire de l’Ordre de l’Empire britannique).

La grande rentrée du Parlement européen

Au Parlement européen, le 14 juillet n’est pas vraiment férié. Au contraire, c’est l’effervescence des grands jours. Un peu, comme à l’école, cartable sous le bras, recommandations pratiques des anciens dans la poche ou à l’esprit, les quelque 370 « petits nouveaux » eurodéputés ont fait leur rentrée. A l’image de la jeune finlandaise Riikka Manner, 27 ans, qui a confié être un peu « stressée » par cette nouvelle vie de cinq ans qui s’ouvre chacun a signé, pour la première fois, la feuille de présence, effectué les dernières formalités et reçu les clés de son bureau, avant de pénétrer dans l’hémicycle. Cette première journée a été consacrée à la mise en marche des structures du Parlement. A commencer par la nomination de son président.

Le suspens n’était pas de mise. Les principaux partis – chrétiens-démocrates du PPE, socialistes et libéraux – avaient conclu un « accord technique » pour soutenir la candidature du Polonais Jerzy Buzek de la Plate-forme civique (PO/PPE), pour les deux premières années et demie de mandat. Avec 555 voix sur 713 votants, il a obtenu sans coup férir une large majorité absolue. Ne lui ont manqué que les voix des communistes qui avaient présenté leur candidat, de certains Verts européens et … des Socialistes français qui ont choisi ainsi de manifester leur mauvaise humeur contre un accord qualifié de contre-nature.

« C’est un grand jour symbolique pour nos dix pays de l’Est de l’Europe » a expliqué Jerzy Buzek juste après sa nomination. « Il n’y a plus de vous et nous mais une Europe partagée ». Et d’ajouter citant le triptyque français « Liberté égalité fraternité, des mots qui résonnent au coeur des Européens également ». Très prudent, trop même, l’ancien militant de Solidarnosc a cependant déçu, lors de sa première conférence de presse, éludant toutes les questions difficiles, comme l’élargissement, le siège de Strasbourg … Dommage.

(Nicolas GROS-VERHEYDE) Paru dans Ouest-France, juillet 2009

• Les Français devraient obtenir la présidence de trois ou quatre commissions parlementaires. Pervenche Bérès (PS), une proche de Fabius à l’Emploi et aux affaires sociales, Alain Lamassoure (UMP) au au Budget, l’élue verte Eva Joly, à la tête de la Commission « Développement », et Arnaud Danjean (UMP), un ancien du renseignement à la sous-commission « Défense et sécurité ».

Qui dirigera l’Europe en 2009 (Maj2) : les 27 Commissaires

(BRUXELLES2) Depuis mon premier pointage, il y a eu quelques évolutions. Des pays ont désigné leur représentant à la Commission (en général à la faveur des élections au Parlement européen ou d’élections nationales). Mais dans nombre de pays, la situation reste encore incertaine, soit du fait d’élections nationales en cours (Allemagne, Rép. Tchèque…), soit par stratégie (beaucoup de pays brouillent les pistes tant des candidats que des postes pressentis, pour pouvoir obtenir mieux que ce qui leur est proposé).

Une Commission qui penche (logiquement) à droite. Ce qui est certain, c’est que la plupart des candidatures actuelles reflètent l’évolution des Etats membres de l’UE vers la droite : la plupart des candidats sont ainsi logiquement chrétien-démocrate ou libéral. Ce qui n’est pas sans poser de problème pour la légitimité de la Commission européenne qui se doit de respecter un certain équilibre des familles politiques, et de réprésenter toute la population, au-delà des élections du moment (qui sait dans 3 ou 4 ans, si cette mono-couleur politique sera encore
d’actualité).

Cherche femme désespérement. Quant à la répartition hommes-femmes, elle est franchement inégalitaire. Le nombre de femmes déjà désigné ou susceptible de l’être est très faible : seules trois femmes sont sûres de figurer dans la prochaine Commission (Bulgarie, Danemark, Luxembourg). De fait, quand plusieurs candidats sont en balance, même s’il n’est pas le favori, le nom féminin a une chance de plus dans son escarcelle (Autriche, Irlande…). Mais même avec cette « discrimination positive », on paraît encore loin du seuil « minimal psychologique » de 8-9 commissaires (c’est le tiers de la Commission). Dans les pays qui n’ont pas encore de favori désigné, un candidat féminin pourrait donc d’autant plus facilement surgir, qu’en présentant une femme, le pays concerné est davantage en position de force pour tenter d’obtenir le poste visé.

Allemagne. Rien n’est sûr. Seul acquis : l’actuel commissaire Günther Verheugen (SPD/social-démocrate) s’en va. Les élections générales ont lieu en septembre. Et tout dépendra de la coalition qui sortira des urnes : la grande réunissant (comme aujourd’hui) CDU-CSU et SPD ou une coalition CDU-FDP voire CDU-FDP-Grüne. Chaque parti a donc un ou plusieurs candidats. Coté SPD (Social-démocrate), c’est simple : Martin Schulz, leader du PSE au Parlement européen a été désigné comme le candidat. Coté CDU (PPE), c’est plus confus. Un candidat idéal aurait été Wolfgang Schaüble (ancien leader de la CDU/PPE, actuel ministre de l’Intérieur). Mais il a été le concurrent d’A. Merkel. Interrogé officiellement Angela Merkel a refusé d’indiquer qu’il pourrait être son candidat, ce qui est une sorte de démenti tacite. Un des candidats préférés de la Chancelière était au départ, Peter Hintze (secretaire d’Etat à l’Economie). Mais on mentionne également le nom de l’expert économique, Friedrich Merz, voire du spécialiste de la politique étrangère, l’eurodéputé Elmar Brok. En cas d’alliance, avec les Verts ou les libéraux, il parait difficile que les Unions chrétiennes (CDU, CSU) acceptent un candidat qui ne soient pas des leurs (on se souvient du parcours calvaire de Schreyer attaqué sans cesse durant son mandat). Dommage car le nom de Joshka Fischer, parfois cité, aurait fait un bon candidat. Côté portefeuille, l’Allemagne pourrait viser la Concurrence ou l’Economie/Finances. Point important : lors de leur rencontre à Paris en juin, Angela Merkel et surtout Nicolas Sarkozy ont affirmé qu’ils avaient un accord réciproque pour soutenir les prétentions et candidats respectifs de leurs deux pays à la Commission.

Autriche. La commissaire aux Relations extérieures Benita Ferrero-Waldner (OVP/PPE) aurait bien voulu rester. Mais la coalition au pouvoir socialiste/chrétienne démocrate (SPO/OVP) ne l’entend pas de cette oreille. Wilhelm Molterer, porte-parole constitutionnel de l’OVP au parlement national est le candidat le plus récemment cité. Mais l’intéressé, interrogé par la presse, a encore refusé de répondre qu’il était candidat. Autre candidat possible pour le poste de Haut représentant à la politique extérieure, Ursula Plassnik (ÖVP), la Ministre des Affaires étrangères.
Poste possible : l’élargissement.

Belgique. Avec le départ de Louis Michel (MR/Libéral), au Parlement européen, le renouvellement du poste Belge est déjà acquis. Le Ministre des Affaires étrangères Karel de Gucht (VLD/Libéral) prend le poste de commissaire au Développement dans la Commission actuelle. Selon le principe de rotation linguistique propre au pays, le francophone doit céder la place à un Flamand, plus précisément, un libéral flamand, selon la répartition actuelle de la coalition au gouvernement fédéral.  Et il devrait le rester dans la future Commission. Mais à un autre poste. Il vise un poste plus prestigieux comme celui de Haut Représentant pour la politique étrangère.

Bulgarie. L’actuelle commissaire à la Consommation, Meglena Kuneva (MSNE Mouvement Siméon II/Libéral) a été élue au Parlement européen. Mais ne veut pas y siéger. Son renouvellement à la Commission en 2009 n’est cependant pas acquis. Le nouveau Premier Ministre Boiko Borisov ayant toujours indiqué qu’il souhaitait un nouveau nom, proche ou membre de son parti. Le nom de Roumiana
Jeleva (GERB / PPE), sociologue de renommée, actuellement eurodéputée est souvent citée.

(à confirmer) Chypre. L’actuelle commissaire à la Santé, Androulla Vassiliou (Libéral), veut être renouvelée. Mais le gouvernement (gauche) pourrait lui préférer un autre candidat.

Danemark. La commissaire actuelle à l’agriculture, Mariann Fischer-Boel (Venstre/Libéral), a fait un bon travail, assure-t-on à Copenhague, et pourrait être renouvelée. Le Danemark vise à garder le même poste : Agriculture. Ce qui lui est contesté par les Etats « agricoles » (France, Roumanie…).

Espagne. Le commissaire actuel à l’Economie, Joaquim Almunia (PSE), est candidat au renouvellement et son gouvernement est prêt à l’appuyer. Javier Solana, vient d’indiquer qu’il abandonnerait le poste de Haut représentant à la Politique étrangère, à la fin de son mandat (octobre).

Estonie. Le commissaire actuel à l’Administration, Siim Kallas (passé du PC au Parti de la Réforme/Libéral) devrait rester. Il est candidat au renouvellement et son gouvernement l’appuie.

Finlande. L’actuel commissaire à l’élargissement, Olli Rehn (Parti du centre/Libéral), est bien parti pour être renouvellé. Il visait un poste « Affaires étrangères », ce qui paraît exclu. Mais les questions énergétiques ou la coopération au développement auraient également sa préférence.

France. Le candidat « naturel » pourrait être Michel Barnier (UMP/PPE, actuel ministre de l’agriculture et ancien ministre des Affaires étrangères et ancien commissaire à la politique régionale – tête de liste aux élections européennes). La France vise un poste économique d’importance (Marché intérieur ou Concurrence) voire le poste de Haut représentant.

Grèce. Le commissaire actuel à l’environnement, Stavros Dimas (Nouvelle Démocratie/PPE) est candidat au renouvellement. C’est une vraie réussite (une des seules !) de cette Commission. On ne le repétera jamais assez.

Hongrie. Le commissaire actuel à la fiscalité, Laszlo Kovacs (ex PC devenu social-démocrate au MZSP/PSE), ne serait pas renouvelable. Il pourrait être remplacé par l’actuel Ministre des Affaires étrangères, Péter Balázs (affilié PSE), brièvement commissaire en 2004.

Irlande. A la place du commissaire au marché intérieur, Charlie McCreevy (Fianna Fail/Libéral), qui devrait quitter son poste, le nom de;. Au sein de celui-ci, trois noms sont cités: Mary Harney, la ministre de la Santé, Mary Coughlan, ministre des Entreprises, du Commerce et de l’Emploi, ou Noël Dempsey, le ministre du Transport. Si l’Irlande veut viser un poste plus important elle pourrait envoyer deux personnalités en cote à Bruxelles : Pat Cox, l’ancien président du Parlement européen (Libéral), ou John Brutton, actuel chef de la  délégation de la CE aux Etats-Unis et ancien Premier ministre (Fine Gael/PPE). Seuls hics, ce deux hommes n’appartiennent pas à un parti au pouvoir. Mais des arguments plaident en leur faveur, y compris au plan de la politique interne.
Lire l’excellent commentaire de Jamie Smith du quotidien « Independant ».

Italie. Le commissaire actuel au Transport, Antonio Tajani (Forza Italia/PPE), nommé récemment par Berlusconi, devait être reconduit. Mais récemment, Berlusconi a évoqué la revendication du poste de Haut Représentant pour Franco Frattini qui repartirait ainsi à Bruxelles (il était commissaire à la Justice et aux Affaires intérieures de novembre 2004 à mai 2008).

(à confirmer) • Lettonie. Le commissaire actuel à l’Energie, Andris Piebalgs (Latvijas Cels « la voie lettone »/PPE), propulsé par défaut (la candidate Ingrida Udre avait alors été recalée par le Parlement) n’a pas fait un si mauvais parcours malgré des débuts balbutiants. C’est un des rares à ne pas vouloir vraiment rempiler mais dont le gouvernement a bien du mal à remplacer.

Lituanie. La commissaire chargée du budget, Dalia Grybauskaité, étant devenue Présidente de Lituanie après une élection triomphale le 17 mai 2009, elle a déjà été remplacée par Algirdas Gediminas, qui a été ministre des Finances à plusieurs reprises en Lituanie. Celui-ci pourrait rester dans la Commission 2009.

Luxembourg. La commissaire chargée de la société de l’information, Viviane Reding (CSV/PPE), a été désigné par le son pays pour rester à la Commission. Le Premier ministre luxembourgeois, Jean-Claude Juncker, qui a longtemps été le « meilleur candidat entre tous » à la tête de la Commission européenne, n’est pas du tout cité dans cette perspective. Il exerce actuellement la présidence de l’Eurogroupe – la réunion des Ministres des Finances de la zone Euro .

(à confirmer)Malte. Le commissaire chargé de la Pêche, Joe Borg (Parti national/PPE) est candidat à la reconduction.

Pays-Bas. L’actuelle commissaire à la concurrence, Neelie Kroes (VVD/Libéral), malgré son bon parcours, pourrait ne pas être reconduite. Elle a le tort de n’être du même bord que la coalition au pouvoir (même si elle est soutenue également par les Verts et D66). Le problème est de trouver un commissaire qui fasse le consensus entre les deux partis de la coalition. Au CDA/PPE (Chrétien-démocrate), on estime qu’après deux libéraux (Bolkestein, Kroes), il est temps d’avoir un commissaire chrétien-démocrate. Peuvent être candidats Piet-Hein Donner (ministre des Affaires sociales) ou Cees Veerman (ancien ministre de l’agriculture, déjà candidat en 2004) mais un outsider de poids pourrait être Jaap de Hoop Scheffer qui termine son mandat à l’OTAN si le poste de Haut Représentant à la politique étrangère lui est offert (lire ici). Du coté du PVDA/PSE (social-démocrate), l’autre partenaire de la coalition, sont en lice Frans Timmermans (Affaires européennes) ou son prédécesseur Dick Benschop.

Pologne. Malgré la désignation d’un autre commissaire, Pawel Samecki, pour remplacer Danuta Hübner au portefeuille de la Politique régionale dans l’actuelle Commission, c’est Jacek Lewandowski (PO-PPE, député européen) qui tient toujours la corde à Varsovie pour être le nouveau commissaire. Ancien de Solidarnosc, vice-président de la Commission budget au Parlement européen. Porfeuilles convoités : un poste « économique » important (dixit le Premier ministre Tusk). Ce pourrait être en fait : l’industrie – PME, voire l’énergie qui a également été évoqué.

Portugal. C’est simple. José-Manuel Barroso (PPE), président de la Commission, est candidat au renouvellement. Et le gouvernement (social-démocrate) de Socrates le soutient. Au nom de la solidarité nationale mais aussi car il est toujours préférable de laisser un potentiel concurrent loin de Lisbonne. Si par un singulier hasard, il échoue à être désigné comme président, la question reste alors ouverte. Et on pourrait entendre reparler d’Antonio Vitorino qui a laissé un excellent souvenir comme commissaire Affaires intérieures et Justice, et avait été débarqué pour faire la place à J.-M. Barroso.

Roumanie : l’actuel commissaire au Multilinguisme, Leonard Orban (PNL/Libéral) serait remplacé. Même si Lazar Comanescu, l’ancien représentant auprès de l’UE et ministre des Affaires étrangères, a été souvent cité, c’est davantage le ministre de l’Agriculture, Davian Ciolos, qui a la cote à Bucarest. Il a le soutien des deux principaux partis (socialiste du PSD et libéral du PDL). Et la Roumanie qui veut un autre poste qu’un strapontin, vise le poste de commissaire à l’Agriculture (une revendication soutenue par la France).

(à confirmer) • Royaume-Uni. L’actuelle commissaire (Commerce), Catherine Ashton (Labour/PSE), nommée il y a peu en remplacement de Mandelson reparti à Londres, voudrait bien être renouvelée. Mais son parti a dû mal à suivre. Et le gouvernement Brown a, pour l’instant, d’autres chats à fouetter que de nommer un représentant à Bruxelles. En cas de pression accrue pour le gouvernement, ou de nouveau départ de ministre, le poste de Commissaire pourrait être une porte de sortie.

Slovaquie. Le commissaire à l’Education, Jan Figel (KDH/PPE) s’en va. Même si le nom de Milan Urbani, député du LS-HZDS, est souvent cité, le commissaire devrait être désigné par le parti majoritaire au gouvernement (SMER/PSE) qui a gagné les élections européennes. Deux candidats : l’ancien Ministre des affaires étrangères, Jan Kubis (SMER/PSE), ou l’actuel, Miroslav Lajcak, qui était il y encore peu haut représentant de l’UE en Bosnie-Herzégovine.

Slovénie. Le commissaire actuel à la Recherche, Janez Potocnik (LDS/Libéral) qui était donné un moment partant de la Commission se verrait bien reconduit. Il semble avoir le soutien du gouvernement actuel (coalition gauche et petits partis du centre). La seule alternative sérieuse pourrait être l’ancien Premier ministre, Anton Rop (aujourd’hui social-démocrate/PSE).

Suède. Pour remplacer Margot Wallström (PSE), le gouvernement suédois de centre-droit a la tâche délicate de désigner son candidat alors qu’il préside l’Union européenne au 2e semestre 2009. Un candidat possible pourrait être l’ancienne députée européenne, passée ministre, Cécilia Malmström (PPE). Mais cela l’obligerait à abandonner son poste avant la fin de la présidence (à moins que Wallström accepte de pousser les feux d’un mois ou deux). Quant à l’actuel ministre des Affaires étrangères, Carl Bildt (Modérés/PPE), il a récemment déclaré forfait ; sa candidature au poste de Haut Représentant étant apparemment refusée par plusieurs pays.

Rép. Tchèque. Tout dépend du résultat des élections législatives anticipées. Les partis s’étant mis d’accord pour ne pas révéler le nom de leur candidat qu’après les élections d’octobre. Parmi les candidats potentiels, l’actuel commissaire européen à l’Emploi, Vladimir Spidla (CSSD / PSE) qui souhaiterait rester à Bruxelles. L’ancien Premier ministre Mirek Topolanek (ODS / ECR) se verrait bien revenir sur le devant de la scène ; ce qui serait une consolation pour celui qui a été défait en plein milieu de la présidence tchèque de l’UE et ce qui serait une sorte de continuité (Spidla également avait été Premier ministre). Ce d’autant qu’un accord entre les deux principaux partis – cités par les médias tchèques – mentionne que le poste irait au leader du parti qui n’obtiendrait pas le poste de Premier ministre. Selon cet accord, si les socio-démocrates ne l’emportent pas, ce serait Jiri Paroubek (CSSD/PSE). D’autres noms ont également été cités comme Jan Fischer, l’actuel Premier Ministre du gouvernement technique (sans étiquette), voire le candidat défait à la présidentielle, Jan Svejnar (proche PSE ou Verts) ou Jan Kohout, l’actuel ministre des Affaires étrangères (affilié PSE). Parmi les portefeuilles visés : l’énergie, la science et la recherche, ou les affaires sociales.

Quels commissaires dans la Commission 2009-2014 pour quels postes …

Depuis mon premier pointage, il y a eu quelques évolutions. Des pays ont désigné leur représentant (en général à la faveur des élections au Parlement européen ou d’élections nationales). Mais dans nombre de pays, la situation reste encore incertaine, soit du fait d’élections nationales en cours (Allemagne, Rép. Tchèque…), soit par stratégie (beaucoup de pays brouillent les pistes tant des candidats que des postes pressentis, pour pouvoir obtenir mieux que ce qui leur est proposé).

Une commission qui penche (logiquement) à droite. Ce qui est certain, c’est que la plupart des candidatures actuelles reflètent l’évolution des Etats membres de l’UE vers la droite : la plupart des candidats sont ainsi logiquement chrétien-démocrate ou libéral. Ce qui n’est pas sans poser de problème pour la légitimité de la Commission européenne qui se doit de respecter un certain équilibre des familles politiques, et de réprésenter toute la population, au-delà des élections du moment (qui sait dans 3 ou 4 ans, si cette mono-couleur politique sera encore d’actualité).

Cherche femme désespérement. Quant à la répartition hommes-femmes, elle est franchement inégalitaire. Le nombre de femmes déjà désigné ou susceptible de l’être est très faible : seules trois femmes sont sûres de figurer dans la prochaine Commission (Bulgarie, Danemark, Luxembourg). De fait, quand plusieurs candidats sont en balance, même s’il n’est pas le favori, le nom féminin a une chance de plus dans son escarcelle (Autriche, Irlande…). Mais même avec cette « discrimination positive », on paraît encore loin du seuil « minimal psychologique » de 8-9 commissaires (c’est le tiers de la Commission). Dans les pays qui n’ont pas encore de favori désigné, un candidat féminin pourrait donc d’autant plus facilement surgir, qu’en présentant une femme, le pays concerné est davantage en position de force pour tenter d’obtenir le poste visé.

Allemagne. Rien n’est sûr. Seul acquis : l’actuel commissaire Günther Verheugen (SPD/social-démocrate) s’en va. Les élections générales ont lieu en septembre. Et tout dépendra de la coalition qui sortira des urnes : la grande réunissant (comme aujourd’hui) CDU-CSU et SPD ou une coalition CDU-FDP voire CDU-FDP-Grüne. Chaque parti a donc un ou plusieurs candidats. Coté SPD (Social-démocrate), c’est simple : Martin Schulz, leader du PSE au Parlement européen a été désigné comme le candidat. Coté CDU (PPE), c’est plus confus. Un candidat idéal aurait été Wolfgang
Schaüble (ancien leader de la CDU/PPE, actuel ministre de l’Intérieur). Mais il a été le concurrent d’A. Merkel. Interrogé officiellement Angela Merkel a refusé d’indiquer qu’il pourrait être son candidat, ce qui est une sorte de démenti tacite. Un des candidats préférés de la Chancelière était au départ, Peter Hintze (secretaire d’Etat à l’Economie). Mais on mentionne également le nom de l’expert économique, Friedrich Merz, voire du spécialiste de la politique étrangère, l’eurodéputé Elmar Brok. En cas d’alliance, avec les Verts ou les libéraux, il parait difficile que les Unions
chrétiennes (CDU, CSU) acceptent un candidat qui ne soient pas des leurs (on se souvient du parcours calvaire de Schreyer attaqué sans cesse durant son mandat). Dommage car le nom de Joshka Fischer, parfois cité, aurait fait un bon candidat. Côté portefeuille, l’Allemagne pourrait viser la Concurrence ou l’Economie/Finances. Point important : lors de leur rencontre à Paris en juin, Angela Merkel et surtout Nicolas Sarkozy ont affirmé qu’ils avaient un accord réciproque pour soutenir les prétentions et candidats respectifs de leurs deux pays à la Commission.

Autriche. La commissaire aux Relations extérieures Benita Ferrero-Waldner (OVP/PPE) aurait bien voulu rester. Mais la coalition au pouvoir socialiste/chrétienne démocrate (SPO/OVP) ne l’entend pas de cette oreille. Wilhelm Molterer, porte-parole constitutionnel de l’OVP au parlement national est le candidat le plus récemment cité. Mais l’intéressé, interrogé par la presse, a encore refusé de répondre qu’il était candidat. Autre candidat possible pour le poste de Haut représentant à la politique extérieure, Ursula Plassnik (ÖVP), la Ministre des Affaires étrangères.
Poste possible : l’élargissement.

Belgique. Avec le départ de Louis Michel (MR/Libéral), au Parlement européen, le renouvellement du poste Belge est déjà acquis. Le Ministre des Affaires étrangères Karel de Gucht (VLD/Libéral) prend le poste de commissaire au Développement dans la Commission actuelle. Selon le principe de rotation linguistique propre au pays, le francophone doit céder la place à un Flamand, précisément, un libéral flamand, selon la répartition actuelle de la coalition au gouvernement fédéral.  Et il devrait le rester dans la future Commission. Mais à un autre poste. Il vise un poste plus prestigieux comme celui de Haut Représentant pour la politique étrangère.

Bulgarie. L’actuelle commissaire à la Consommation, Meglena Kuneva (MSNE Mouvement Siméon II/Libéral) a été élue au Parlement européen. Mais ne veut pas y siéger. Son renouvellement à la Commission en 2009 n’est cependant pas acquis. Le nouveau Premier Ministre Boiko Borisov ayant toujours indiqué qu’il souhaitait un nouveau nom, proche ou membre de son parti. Le nom de Roumiana Jeleva (GERB / PPE), sociologue de renommée, actuellement eurodéputée est souvent citée.

(à confirmer) Chypre. L’actuelle commissaire à la Santé, Androulla Vassiliou (Libéral), veut être renouvelée. Mais le gouvernement (gauche) pourrait lui préférer un autre candidat.

Danemark. La commissaire actuelle à l’agriculture, Mariann Fischer-Boel (Venstre/Libéral), a fait un bon travail, assure-t-on à Copenhague, et pourrait être renouvelée. Le Danemark vise à garder le même poste : Agriculture. Ce qui lui est contesté par les Etats « agricoles » (France, Roumanie…).

Espagne. Le commissaire actuel à l’Economie, Joaquim Almunia (PSE), est candidat au renouvellement et son gouvernement est prêt à l’appuyer. Javier Solana, vient d’indiquer qu’il abandonnerait le poste de Haut représentant à la Politique étrangère, à la fin de son mandat (octobre).

Estonie. Le commissaire actuel à l’Administration, Siim Kallas (passé du PC au Parti de la Réforme/Libéral) devrait rester. Il est candidat au renouvellement et son gouvernement l’appuie.

Finlande. L’actuel commissaire à l’élargissement, Olli Rehn (Parti du centre/Libéral), est bien parti pour être renouvellé. Il visait un poste « Affaires étrangères », ce qui paraît exclu. Mais les questions énergétiques ou la coopération au développement auraient également sa préférence.

France. Le candidat « naturel » pourrait être Michel Barnier (UMP/PPE, actuel ministre de l’agriculture et ancien ministre des Affaires étrangères et ancien commissaire à la politique régionale – tête de liste aux élections européennes). La France vise un poste économique d’importance (Marché intérieur ou Concurrence) voire le poste de Haut représentant.

Grèce. Le commissaire actuel à l’environnement, Stavros Dimas (Nouvelle Démocratie/PPE) est candidat au renouvellement. C’est une vraie réussite (une des seules !) de cette Commission. On ne le repétera jamais assez.

Hongrie. Le commissaire actuel à la fiscalité, Laszlo Kovacs (ex PC devenu social-démocrate au MZSP/PSE), ne serait pas renouvelable. Il pourrait être remplacé par l’actuel Ministre des Affaires étrangères, Péter Balázs (affilié PSE), brièvement commissaire en 2004.

Irlande. A la place du commissaire au marché intérieur, Charlie McCreevy (Fianna Fail/Libéral), qui devrait quitter son poste, le nom de;. Au sein de celui-ci, trois noms sont cités: Mary Harney, la ministre de la Santé, Mary Coughlan, ministre des Entreprises, du Commerce et de l’Emploi, ou Noël Dempsey, le ministre du Transport. Si l’Irlande veut viser un poste plus important elle pourrait envoyer deux personnalités en cote à Bruxelles : Pat Cox, l’ancien président du Parlement européen (Libéral), ou John Brutton, actuel chef de la délégation de la CE aux Etats-Unis et ancien Premier ministre (Fine Gael/PPE). Seuls hics, ce deux hommes n’appartiennent pas à un parti au pouvoir. Mais des arguments plaident en leur faveur, y compris au plan de la politique interne.
Lire l’excellent commentaire de Jamie Smith du quotidien « Independant ».

Italie. Le commissaire actuel au Transport, Antonio Tajani (Forza Italia/PPE), nommé récemment par Berlusconi, devait être reconduit. Mais récemment, Berlusconi a évoqué la revendication du poste de Haut Représentant pour Franco Frattini qui repartirait ainsi à Bruxelles (il était commissaire à la Justice et aux Affaires intérieures de novembre 2004 à mai 2008).

– (à confirmer) Lettonie. Le commissaire actuel à l’Energie, Andris Piebalgs (Latvijas Cels « la voie lettone »/PPE), propulsé par défaut (la candidate Ingrida Udre avait alors été recalée par le Parlement) n’a pas fait un si mauvais parcours malgré des débuts balbutiants. C’est un des rares à ne pas vouloir vraiment rempiler mais dont le gouvernement a bien du mal à remplacer.

Lituanie. La commissaire chargée du budget, Dalia Grybauskaité, étant devenue Présidente de Lituanie après une élection triomphale le 17 mai 2009, elle a déjà été remplacée par Algirdas Gediminas, qui a été ministre des Finances à plusieurs reprises en Lituanie. Celui-ci pourrait rester dans la Commission 2009.

Luxembourg. La commissaire chargée de la société de l’information, Viviane Reding (CSV/PPE), a été désigné par le son pays pour rester à la Commission. Le Premier ministre luxembourgeois, Jean-Claude Juncker, qui a longtemps été le « meilleur candidat entre tous » à la tête de la Commission européenne, n’est pas du tout cité dans cette perspective. Il exerce actuellement la présidence de l’Eurogroupe – la réunion des Ministres des Finances de la zone Euro .

Malte. Le commissaire chargé de la Pêche, Joe Borg (Parti national/PPE) est candidat à la reconduction (il n’a pas d’autre rival sérieux à Malte pour l’instant).

Pays-Bas. L’actuelle commissaire à la concurrence, Neelie Kroes (VVD/Libéral), malgré son bon parcours, pourrait ne pas être reconduite. Elle a le grand tort de n’être du même bord que la coalition au pouvoir (même si elle est soutenue également par les Verts et D66). Le problème est de trouver un commissaire qui fasse le consensus entre les deux partis de la coalition. Coté CDA/PPE (Chrétien-démocrate), sont candidats Piet-Hein Donner (ministre des Affaires sociales) ou Cees Veerman (ancien ministre de l’agriculture, déjà candidat en 2004). Coté PVDA/PSE (social démocrate), sont en lice Frans Timmermans (Affaires européennes) ou son prédécesseur Dick Benschop.

Pologne. Malgré la désignation d’un autre commissaire, Pawel Samecki, pour remplacer Danuta Hübner au portefeuille de la Politique régionale dans l’actuelle Commission, c’est Jacek Lewandowski (PO-PPE, député européen) qui tient toujours la corde à Varsovie pour être le nouveau commissaire. Ancien de Solidarnosc, vice-président de la Commission budget au Parlement européen. Porfeuilles convoités : un poste « économique » important (dixit le Premier ministre Tusk). Ce pourrait être en fait : l’industrie – PME, voire l’énergie qui a également été évoqué.

Portugal. C’est simple. José-Manuel Barroso (PPE), président de la Commission, est candidat au renouvellement. Et le gouvernement (social-démocrate) de Socrates le soutient. Au nom de la solidarité nationale mais aussi car il est toujours préférable de laisser un potentiel concurrent loin de Lisbonne. Si par un singulier hasard, il échoue à être désigné comme président, la question reste alors ouverte. Et on pourrait entendre reparler d’Antonio Vitorino qui a laissé un excellent souvenir comme commissaire Affaires intérieures et Justice, et avait été débarqué pour faire la place à J.-M. Barroso.

Roumanie : l’actuel commissaire au Multilinguisme, Leonard Orban (PNL/Libéral) serait remplacé. Même si Lazar Comanescu, l’ancien représentant auprès de l’UE et ministre des Affaires étrangères, a été souvent cité, c’est davantage le ministre de l’Agriculture, Davian Ciolos, qui a la cote à Bucarest. Il a le soutien des deux principaux partis (socialiste du PSD et libéral du
PDL). Et la Roumanie qui veut un autre poste qu’un strapontin, vise le poste de commissaire à l’Agriculture (une revendication soutenue par la France).

(à confirmer) Royaume-Uni. L’actuelle commissaire (Commerce), Catherine Ashton (Labour/PSE), nommée il y a peu en remplacement de Mandelson reparti à Londres, voudrait bien être renouvelée. Mais son parti a dû mal à suivre. Et le gouvernement Brown a, pour l’instant, d’autres chats à fouetter que de nommer un représentant à Bruxelles. En cas de pression accrue pour le gouvernement, ou de nouveau départ de ministre, le poste de Commissaire pourrait être une porte de sortie.

Slovaquie. Le commissaire à l’Education, Jan Figel (KDH/PPE) s’en va. Même si le nom de Milan Urbani, député du LS-HZDS, est souvent cité, le commissaire devrait être désigné par le parti majoritaire au gouvernement (SMER/PSE) qui a gagné les élections européennes. Deux candidats : l’ancien Ministre des affaires étrangères, Jan Kubis (SMER/PSE), ou l’actuel, Miroslav Lajcak, qui était il y encore peu haut représentant de l’UE en Bosnie-Herzégovine.

Slovénie. Le commissaire actuel à la Recherche, Janez Potocnik (LDS/Libéral) qui était donné un moment partant de la Commission se verrait bien reconduit. Il semble avoir le soutien du gouvernement actuel (coalition gauche et petits partis du centre). La seule alternative sérieuse pourrait être l’ancien Premier ministre, Anton Rop (aujourd’hui social-démocrate/PSE).

Suède. Pour remplacer Margot Wallström (PSE), le gouvernement suédois de centre-droit a la tâche délicate de désigner son candidat alors qu’il préside l’Union européenne au 2e semestre 2009. Un candidat possible pourrait être l’ancienne députée européenne, passée ministre, Cécilia Malmström (PPE). Mais cela l’obligerait à abandonner son poste avant la fin de la présidence (à moins que Wallström accepte de pousser les feux d’un mois ou deux). Quant à l’actuel ministre des Affaires étrangères, Carl Bildt (Modérés/PPE), il a récemment déclaré forfait ; sa candidature au
poste de Haut Représentant étant apparemment refusée par plusieurs pays.

Rép. Tchèque. Tout dépend du résultat des élections législatives anticipées. Les partis s’étant mis d’accord pour ne pas révéler le nom de leur candidat qu’après les élections d’octobre. Parmi les candidats potentiels, l’actuel commissaire européen à l’Emploi, Vladimir Spidla (CSSD / PSE) qui souhaiterait rester à Bruxelles. L’ancien Premier ministre Mirek Topolanek (ODS / ECR) se verrait bien revenir sur le devant de la scène ; ce qui serait une consolation pour celui qui a été défait en plein milieu de la présidence tchèque de l’UE et ce qui serait une sorte de continuité
(Spidla également avait été Premier ministre). Ce d’autant qu’un accord entre les deux principaux partis – cités par les médias tchèques – mentionne que le poste irait au leader du parti qui n’obtiendrait pas le poste de Premier ministre. Selon cet accord, si les socio-démocrates ne l’emportent pas, ce serait Jiri Paroubek (CSSD/PSE). D’autres noms ont également été cités comme Jan Fischer, l’actuel Premier Ministre du gouvernement technique (sans étiquette), voire le candidat défait à la présidentielle, Jan Svejnar (proche PSE ou Verts) ou Jan Kohout, l’actuel ministre des Affaires étrangères (affilié PSE). Parmi les portefeuilles visés : l’énergie, la science et la recherche, ou les affaires sociales.

Europe : Émilie, benjamine du Parlement

À 25 ans, la Danoise Emilie Turunen n’est pas une noviceen politique. Elle intègre le groupe des Verts européens.

Juste 25 ans et déjà rodée à convaincre. Si la Danoise Émilie Turunen est la benjamine du nouveau Parlement européen, elle n’est pas la moins compétente. Au contraire ! Celle qui était encore, il y
a quelque temps, étudiante en sciences sociales, a la tête bien faite… et les pieds sur terre.

Née le 13 mai 1984, Émilie aurait pu devenir handballeuse professionnelle. Une blessure au genou, à 17 ans, en a décidé autrement. « Je me suis alors tournée vers la politique », plaisante-t-elle.
Ce qui ne tient pas tout à fait au hasard. Très tôt, « ma mère m’a parlé de justice sociale ».

« Je rêve de changerle monde »

Du Cambodge, où elle part avec une ONG danoise aider les femmes victimes de la prostitution, elle revient déterminée. « Je devais faire quelque chose. » Présidente des jeunes du SF, le parti
populaire socialiste, elle se reconnaît dans les valeurs de ce parti fait de valeurs écologistes, pacifiques et de gauche qui a troqué un euroscepticisme enraciné pour un soutien européen critique.
Appartenant au groupe des Verts européens, elle est « ravie » de son premier contact avec le Parlement européen. « Ici, tout le monde est très ouvert, prêt à t’aider. » Ça change. « Au Danemark,
les gens sont plus fermés. »

Émilie a choisi d’exercer ses talents au sein de la très sérieuse commission du Marché intérieur. « Parce que c’est là qu’y a le plus de pouvoir sur notre vie de tous les jours ». La jeune Danoise
a tout compris… Avec cet enthousiasme, le leader des Verts, Dany Cohn-Bendit, peut être rassuré… La relève est assurée.

(paru dans Ouest-France, 30 juin 2009)

Franco Frattini candidat comme Haut représentant avec Carl, Jaap et les autres

(BRUXELLES2) Le jeu des candidatures et des chaises tournantes est commencé. Comme la présidence du Parlement européen – dévolue à un membre du parti majoritaire, le PPE – risque d’échapper aux Italiens et pourrait profiter au Polonais Jerzy Buzek – soutenu à la fois par plusieurs pays d’Europe centrale, la France et l’Allemagne… (ce qui fait beaucoup) ; l’Italien pourrait retirer sa candidature (C’est plus élégant que de subir une défaite).

Quel rapport avec le poste de Haut représentant ? Tout simplement car, en échange, le président du Conseil italien, Silvio Berlusconi revendique ce poste pour son ministre des Affaires étrangères, Franco Frattini, ancien commissaire européen à la Justice et l’Intérieur, voire d’ici un an la présidence de l’Eurogroupe pour son ministre des Finances, Giulio Tremonti. Les Polonais sont tout disposés à soutenir cette candidature italienne (au poste de Haut représentant) qui dégage la voie pour leur poulain. De même, qu’ils sont disposés à ne plus prétendre au poste de commissaire au Marché intérieur, pour obtenir le soutien de la France (qui guigne ce poste officiellement). Vous suivez ?

Pour autant, la candidature de l’Italien au poste de Haut représentant n’est pas acquise. Car le poste de Haut Représentant est aussi convoité par des (non)candidats tout aussi sérieux (j’oserai dire plus sérieux) :

  • – par les Suédois, Carl Bildt, actuel ministre des Affaires étrangères (conservateur) : sa candidature a été un peu « plombée » par de récentes prises de position, peu « diplomatiques », notamment en faveur de l’élargissement à la Turquie, peu appréciées dans plusieurs capitales, notamment à Paris et La Haye. L’intéressé a confirmé qu’il n’était pas candidat : « trop occupé« .
  • – les Néerlandais, Jaap De Hoop Scheffer, ancien secrétaire général de l’OTAN, ancien ministre des Affaires étrangères CDA (chrétien-démocrate) : « pas du tout candidat » mais disponible.
  • – voire les Français, Michel Barnier ou Bernard Kouchner… : « il est trop tôt » ou « enfin, quelle idée« .

Et d’autres encore à venir ! Les Belges, par exemple, candidats à rien, mais toujours prêts à rendre service « s’il le faut », ont un ou deux « bons » candidats en réserve: Louis Michel ou Guy Verhofstadt, par exemple (dans la logique politique belge, ce serait davantage le Flamand que le Wallon d’ailleurs qui pourrait emporter la mise). A noter que les Finlandais, un moment tentés par le poste, ont raccroché le tablier. Olli Rehn viserait plutôt un poste de commissaire « développement », selon Helsinki.

Un Espagnol à la tête de l’Europe ?

Du coté de la future présidence du Conseil européen, nouveau poste créé par le Traité de Lisbonne, Silvio Berlusconi – jamais avare de déclarations, même contradictoires – a annoncé soutenir la candidature de Tony Blair (l’ancien Premier ministre Britannique) à la présidence de l’UE, afin de se garantir le soutien britannique en retour de ses prétentions. Mais, au cas où…, il a gardé une poire pour la soif avec une candidature italienne pour le poste de président du Conseil de l’UE, en la personne de Giuliano d’Amato, ancien président du Conseil (socialiste). Vous suivez toujours ? …

La candidature qui a la cote en ce moment serait cependant plutôt à chercher du coté du socialiste espagnol Felipe Gonzalez. Son compatriote, Javier Solana, l’actuel Haut représentant, s’est départi, lundi devant quelques journalistes, de sa traditionnelle réserve, pour estimer que Gonzalez avait « l’énergie et la capacité pour faire ça« . Une déclaration qui va dans le sens du momentum politique. Au dernier sommet européen, vendredi à Bruxelles, le président français Nicolas Sarkozy a refusé de confirmer son soutien à la candidature de Tony Blair.

Un silence surprenant quand on sait qu’il n’hésitait pas auparavant à citer cette candidature comme « le meilleur » pour le poste. Et la définition qu’il a fait du poste ne milite pas vraiment en faveur du Britannique. « Si nous avons Lisbonne, le premier président stable pour deux ans et demi de l’Europe, c’est un choix qui parlera extrêmement fort. Sa nationalité, sera-t-il d’un petit ou d’un grand pays, son expérience, son engagement européen, sa famille politique ? » a expliqué Sarkozy.

Est-ce la dérouillée qu’ont subie les travaillistes, ou la crise financière, qui ne militent plus vraiment pour la candidature britannique ; en tout cas, celle de l’Espagnol a une logique propre. L’Espagne sera le premier pays, après l’entrée en vigueur (présumée) du Traité de Lisbonne, à devoir renoncer à présider le Conseil de l’Union européenne. Il serait juste que le premier Président soit Espagnol. Au moins pour les deux années et demi du premier mandat. Pour le mandat suivant, rien n’interdit un autre candidat, y compris Tony Blair…

Un équilibre à rechercher entre grands et petits pays

Détaillons les critères qu’a donné Sarkozy de la prochaine répartition :  « Tout ceci devra se construire dans le cadre d’un équilibre : Président de Commission – si c’est M. Barroso, plutôt petit pays, sans porter atteinte au Portugal – le Haut représentant, Vice-président de la Commission et le Président du Conseil. Tout ceci se
discute. (…) Ce que je souhaite, c’est qu’il y ait à ce moment-là un accord d’ensemble, vous voyez, un équilibre. Une famille politique ne pourra pas avoir tous les postes, ce n’est pas possible, ce n’est pas raisonnable
. »

Dans cet esprit, les postes de Haut représentant et de Président du Conseil européen se répartiraient entre les familles politiques « libérale » et « socialiste », et l’un au moins de ces postes proviendrait d’un grand pays. C’est notamment avec, à l’esprit, ces critères qu’il faut relire la liste des candidats au poste de Haut représentant.