Juncker « bien élu »

(BRUXELLES2) Le président du Parlement européen, Martin Schulz, vient de l’annoncer, ce mardi (15 juillet), à Strasbourg, un peu moins avant 14h. Jean-Claude Juncker est élu comme président de la Commission européenne « avec 422 votes « Pour », 250 voix « Contre », 47 « Blancs et nuls » ainsi que 10 votes « non valables ». 729 eurodéputés ont pris part au vote. »

Il fallait à Jean-Claude Juncker 376 voix. Il obtient un score plus qu’honorable, avec un peu plus de 56 % des voix du Parlement soit presque aussi bien que Barroso I en 2004 et largement plus que Barroso II en 2009.

Après les élections européennes et la constitution du Parlement européen, la désignation et élection du président de la Commission européenne, commence maintenant la 3e phase du processus électoral – la désignation des différents commissaires et autres postes. Lire en détail sur le Club, nos 28 visages – Commission 2014. Portraits des futurs ou éventuels commissaires ? III

(Nicolas Gros-Verheyde)

NB : Ce nombre de voix correspond à peu de chose près à notre prévision du matin (420 voix), lire : Jean-Claude Juncker sera-t-il « bien élu » président de la Commission ?

Jean-Claude Juncker sera-t-il, bien, élu président de la Commission ?

(BRUXELLES2) C’est aujourd’hui le grand examen oral pour Jean-Claude Juncker au Parlement européen à Strasbourg. L’ancien Premier ministre luxembourgeois, désigné pour prendre la tête de la Commission européenne, doit recueillir la majorité absolue parmi les eurodéputés, soit 376 voix.

Un enjeu pour Juncker, pour le Parlement européen

Combien de voix obtiendra Juncker ? C’est la question qui hante les couloirs à Strasbourg. Sera-t-il au ras de la majorité nécessaire ? Ce qui ne serait pas de bon augure. Fera-t-il plus ou moins que Martin Schulz, le président du Parlement européen qui avait obtenu 409 voix. Fera-t-il mieux que José-Manuel Barroso lors de son premier mandat ou de son deuxième mandat (voir encadré). Ce qui est un des paramètres de l’élection. L’enjeu pour Jean-Claude Juncker, n’est, en effet, pas seulement d’être élu mais… « bien » élu ! Un enjeu de pouvoir pour le Parlement européen, tout entier, dans le combat permanent qui l’oppose au Conseil européen, aux chefs d’Etat et de gouvernement.

Inquiétudes de dernière minute

Certes les deux plus grands groupes politiques au Parlement – qui sont en « grande coalition » – ont promis leur appui, soit 411 voix sur le papier. Pour les Chrétiens-démocrates, le parti de Juncker, c’est naturel. Mais pour les Sociaux et démocrates, cela l’est moins. Dans ce vote à bulletin secret, chaque voix compte. Juncker a fait le tour de tous les groupes, la semaine dernière, pour convaincre réticents et indécis. Et, en dernière minute, rappels au téléphone ont été nombreux ces dernières heures. Le président du Parlement européen, le socialiste Martin Schulz, est aussi descendu dans l’arène, faisant la tournée de ses « camarades » hier soir pour rappeler à chacun les devoirs d’être dans une « coalition ».

Socialistes grognons

Nombre d’élus socialistes ont, en effet, annoncé vouloir s’abstenir ou voter contre. La « grogne » est particulièrement vive chez les socialistes français, qui critiquent le manque d’appétit du Luxembourgeois contre l’évasion fiscale, et voulaient encore jusqu’à hier soir s’abstenir. Les Espagnols, quelques Italiens, les Maltais, les Suédois manqueraient aussi à l’appel, voulant protester contre les politiques d’austérité. Quant aux travaillistes britanniques, c’est une question de principe : ils sont opposés – comme tous les partis outre-manche – au principe des Spitzenkandidats (candidats têtes de liste).

Libéraux et Verts à la rescousse

Les libéraux et démocrates, forts de leurs quelque 68 eurodéputés, ont été appelés à la rescousse, en rejoignant fin juin, la « grande coalition » au Parlement. Ils pourraient, quasiment comme un seul homme (excepté un LibDem britannique) apporter leurs voix à l’ancien Premier ministre luxembourgeois.

Quant aux Verts, ils sont divisés. Un dernier décompte, fait hier, donnait – selon nos informations – un petit tiers du groupe en faveur du candidat luxembourgeois (15 voix environ) et deux tiers contre ou en abstention. La plupart des députés francophones Ecolo votera contre ou s’abstiendra à une exception notable : celle de José Bové qui se distingue (dans la lignée digne de Dany Cohn-Bendit). « Je vote pour Juncker au nom du processus SpitzenKandidat– auquel j’ai participé – et des avancées qu’il a faite sur le gaz de schiste comme sur les Ogm. Voter oui aujourd’hui ne veut pas dire qu’on votera toutes les politiques » a déclaré l’ancien démonteur de MacDo ce matin face à quelques journalistes (dont B2). « La division se fait chez nous entre Nord / Sud, ceux qui ont subi des politiques d’austérité ne sont pas très enclins à voter pour Juncker » résume Michèle Rivasi.

Du côté de Juncker, on se veut cependant rassurant, et rasséréné par les derniers échos. Un de ses proches prend le pari avec les journalistes que le « futur président » fera « au moins 400 voix »… Notre dernier décompte donne environ 420 voix. A vérifier dans quelques minutes…

Nicolas Gros-Verheyde (à Strasbourg)
version longue d’un papier paru dans Ouest-France ce matin

Lire sur le Club : quelques détails supplémentaires. Le tour des popotes de Juncker pour convaincre


(*) Retour sur l’élection de José-Manuel Barroso :

  • En juillet 2004, pour son premier mandat, José-Manuel Barroso avait été élu à une large majorité : 413 voix pour, 251 contre et 44 abstentions (sur une assemblée de 732 eurodéputés), soit 56,4 %
  • En septembre 2009, pour son second mandat, cela avait été plus juste. L’ancien Premier ministre portugais n’avait été élu qu’avec 382 voix pour, 219 contre et 117 abstentions (sur un total de 736 eurodéputés). Soit un petit 51,9%.

Lire aussi (archives 2009) :

L’Union Européenne ne reconnaît pas les élections au Haut Karabagh

(B2) Le président sortant du Haut Karabagh Bako Sahakian devrait en toute logique être réélu à l’issue du scrutin qui se tenait vendredi (20 Juillet). Ses adversaires, le général à la retraite, Vitali Balassanian, et Arkady Sogomonyan, professeur d’université ne devraient donc pas lui poser de sérieux problèmes. Une élection que ne reconnait aucunement l’Union européenne, comme l’a rappelé la Haute représentante aux affaires étrangères, Catherine Ashton. L’UE «ne reconnaît pas le cadre constitutionnel et légal au sein duquel les élections se sont tenues. Ces élections ne devraient pas porter préjudice à la détermination du statut futur du Haut Karabagh dans le cadre négocié du règlement pacifique du conflit ». Et l’UE reste prête à soutenir les négociations jusqu’à présent assuré au sein du groupe de Minsk composé de la Russie, la France et des Etats-Unis. La Haute représentante a appelé « les parties à redoubler d’efforts pour trouver une solution négociée sur la base des principes de Madrid qui permettraient d’aller au-delà du statu quo

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