Croatie

La Croatie est prête selon la Commission

Stefan Füle à Zagreb le 26 mars 2013 (crédit: DG élargissement)

(BRUXELLES2) Bienvenue dans l’UE ! C’est un peu le sens du rapport de suivi que vient de publier la Commission européenne aujourd’hui (26 mars). La Croatie — écrit-elle — est « prête à rejoindre l’UE le 1er juillet 2013 ». La Croatie a « travaillé dur et continué l’allure des réformes » notamment sur les 10 priorités définies dans le rapport précédent d’octobre 2012 : réforme et efficacité de la justice, lutte contre la corruption, droits de l’Homme, coopération avec la justice internationale sur les dossiers de crimes de guerre… Ces avancées permettent d’apporter un « bénéfice direct aux citoyens croates » précise-t-elle.

Le commissaire à l’élargissement Štefan Füle en déplacement à Zagreb en a profité pour présenter cette adhésion de la Croatie, comme « une preuve de la crédibilité de la politique d’élargissement ». « C’est un bon exemple pour le reste de la région qui se rapproche de l’UE » a-t-il ajouté. Un message adressé en quelque sorte aux autres candidats reconnus ou potentiels de la région : Montenegro et Serbie notamment mais aussi Fyrom, Albanie et Bosnie-Herzégovine

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L’embargo sur les armes contre la Syrie ? La Croatie a pris son temps

Un Illyouchine de la compagnie JIAC a été reperé à l’aéroport de Pleso-Zagreb début janvier (crédit : JIAC – archives)

(BRUXELLES2) Ce n’est que le 21 février – selon les informations recueillies par B2 – que la Croatie a décidé de suivre les sanctions adoptées par l’Union européenne en novembre contre la Syrie. Une adoption bien tardive pour un pays qui n’est pas seulement adhérent mais déjà présent – en tant qu’observateur – dans toutes les structures européennes. Ses représentants participent ainsi à toutes les prises de décision – que ce soit au niveau des ministres (Conseil de l’UE), des ambassadeurs (Coreper et Cops) ou des experts (groupes de travail).

Un temps mis à profit

Techniquement, la Croatie n’était donc pas tenue jusqu’au 22 février (date où la décision a été publiée au Journal officiel) de respecter l’embargo sur les armes. Ce qui lui a permis – si les informations de plusieurs bloggers relayées par le New York Times sont exactes – de livrer sans coup férir des lots d’armes en stock dans plusieurs régions de Syrie à la fin de l’année et début janvier des stocks d’armes. Selon les journaux croates, comme Jutarnji list, plusieurs avions cargo jordaniens ont ainsi été aperçus sur l’aéroport croate de Pleso (Zaghreb), début janvier. Ces armes n’avaient pas auparavant été observées dans le conflit : des fusils sans recul M60, lance-roquettes anti-char Osa M79 (fabriqué dans l’ex-Yougoslavie), des RPG-22, des lance-grenades Milkor MGL/RBG-6. Et elles ont été utilisées par des forces rebelles, laïques ou modérés religieux (sauf ceux de Jabhat al-Nusra), pour reprendre certains quartiers.

Juste retour à l’envoyeur ?

Ces armes proviendraient de stocks détenus en Croatie, datant de la guerre d’ex-Yougoslavie. Mais non déclarés. Et pour cause ! Ces armes avaient finalement atterries, à l’époque, en Croatie pour se défendre contre les Serbes et assurer la reconquête de certains territoires. Et, déjà, pour les livrer l’embargo sur les armes (imposé là encore fois par Européens) avait été contourné. Au moins, ici, formellement, la règle aura été tenue, même si c’est au prix d’un artifice juridique… subtil.

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Des VPD croates dans Eunavfor en 2013

(BRUXELLES2) La Croatie devrait accroitre sa participation à l’opération anti-pirates de l’Union européenne (Eunavfor Atalanta) en 2013. Un détachement de 20 hommes (au maximum) pourrait ainsi embarquer au titre des VPD (détachement de protection des navires). Le Parlement croate a approuvé cette disposition qui figure dans une décision sur la participation des forces armées aux missions de paix. 25 militaires croates devraient ainsi participer à l’opération de stabilisation de l’OTAN au Kosovo (KFOR).

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Et de 28 ! Croatie c’est oui, Serbie p’t'être ben qu’oui !

Signature du traité d'adhésion de la Croatie (crédit : Commission européenne)

(BRUXELLES2) La Croatie a gagné, aujourd’hui, en marge du sommet européen, ses galons de 28e État membre de l’Union européenne. Le traité d’adhésion doit maintenant être ratifié dans les 28 pays.

A deux doigt du statut

La Serbie n’a, en revanche, pas obtenu son statut de pays candidat à l’UE. Mais les 27 n’ont pas osé lui infliger le camouflet d’un refus du statut du pays candidat. La Serbie a, en effet, rempli toutes les conditions qu’on exigeait d’elle, notamment la livraison des suspects de crimes de guerre réclamés par le tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie et l’ouverture d’un dialogue avec Pristina.

Mais les tensions persistantes, voire croissantes, dans le nord du Kosovo ont pesé sur les dernières semaines. Les dernières échauffourées qui ont fait plusieurs blessés parmi les troupes allemandes n’ont fait qu’encourager Angela Merkel, la chancelière allemande, à durcir sa position. Elle exigeait de la Serbie. Mais plusieurs pays, notamment la France ou les pays voisins comme la Hongrie, militaient pour la reconnaissance du statut du pays candidat.

A l’approche des élections (prévues en mai de l’année prochaine), le risque d’une radicalisation est réel. Et la récente conclusion d’un accord sur les postes frontières entre Belgrade et Pristina incite à un relatif optimisme. Les 27 ont donc bricolé une nouvelle procédure.

Une évaluation en forme de pression

Une évaluation va être réalisée. Elle sera conduite sous l’egide des ministres des Affaires européennes. Les critères de cette évaluation sont deux ordres. L’un est d’ordre politique et juridique : il s’agit de la poursuite du dialogue entre les deux voisins balkaniques, le règlement de la question de la présence du Kosovo dans les enceintes régionales ou internationales ainsi que la bonne application des mesures déjà prises (postes frontières…). L’autre est plus physique et délicat. Il s’agit d’obtenir la levée des barrages dans le nord du Kosovo et le respect de la libre circulation dans cette partie contestée. Le travail des policiers, juges et douaniers d’Eulex devra aussi être rendu possible. Cette méthode a l’avantage « de renforcer la pression sur Belgrade », a expliqué à B2 un diplomate européen. « Il ne s’agit pas d’avoir des mesures dans 1 ou 2 ans. Mais rapidement. Février est très proche. Et le dialogue entamé doit se poursuivre. Les deux parties, Serbes comme Kosovars, doivent aussi mettre en oeuvre ce qu’ils ont convenu. C’est important »

Le pouvoir de dire oui

La décision sera prise en février, au conseil des ministres des Affaires générales. Ce seront les ministres qui auront tout le pouvoir, d’accepter le statut de pays candidat pour la Serbie. Et ce résultat sera endossé ensuite par le Conseil européen dès le mois de mars. « Cette décision sera automatique » a précisé Viktor Orban, le Premier ministre hongrois, qui aurait préféré pouvoir « dire welcome à la Croatie et, le même jour, dire welcome au statut de pays candidat Serbie. C’est important pour la stabilité de la Serbie, de la région et de l’Europe toute entière » a-t-il expliqué.

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La Croatie en route de décrocher la 28e étoile

Hélicoptère croate membre du Nordic battlegroup (crédit photo : Ministère suédois de la Défense)

(BRUXELLES2 *) « Je suis heureux de pouvoir accueillir bientôt le 28e État membre de l’Union européenne ». C’est en ces termes que Stefan Füle, le commissaire à l’Elargissement, a annoncé hier, avoir bouclé les négociations d’adhésion de la Croatie à l’Union européenne. En six ans, pas moins de 35 chapitres, couvrant toutes les compétences européennes, de l’agriculture aux droits fondamentaux en passant par les affaires étrangères ou la politique régionale, ont ainsi été négociés et approuvés. Mais c’est le chapitre de la justice, avec la lutte contre la corruption et les criminels de guerre, qui a suscité le plus de difficultés.

Les ministres des Affaires européennes des 27 doivent encore donner leur quitus, le 21 juin, suivi des chefs d’État, le 24 juin. Et le Traité d’adhésion pourra être signé à l’automne. Restera enfin à engranger les 28 ratifications du Traité. Si la Croatie a choisi un référendum, chaque État reste libre de choisir son mode de ratification. En France, c’est le Parlement qui est compétent.

Un nouvel élan pour l’élargissement

Cette décision marque un grand jour, « historique » pour la Croatie qui pourrait adhérer le 1er juillet 2013. Mais elle pourrait aussi donner, souligne le commissaire Füle, un « nouvel élan à l’élargissement aux pays des Balkans ». La Commission espère démarrer, cette année, les négociations d’adhésion notamment avec l’ex-république yougoslave de Macédoine si « Athènes et Skopje règlent leurs difficultés », voire avec la Serbie.

(*) Cet article est paru dans l’édition de samedi de Ouest-France

NB : Coté défense, on peut remarquer que la Croatie participe déjà à plusieurs opérations de l’Europe de la défense, comme l’opération anti-pirates d’Atalanta ou le nordic Battlegroup (de permanence ce semestre), et qu’il a déjà signé l’accord-cadre de participation aux opérations de maintien de la paix de l’UE. Coté affaires étrangères, la Croatie s’aligne régulièrement sur les déclarations et mesures de sanction prises par l’Union européenne à l’égard des pays tiers.

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Le chapitre 31 est clos pour l’adhésion de la Croatie

forces croates dans Eufor Tchad/RCA (crédit : armée croate)

Les négociateurs européens et croate ont clos, mercredi 22, le “chapitre 31″ du processus d’adhésion de la Croatie. Chapitre consacré à la politique de sécurité et de défense commune.

La Croatie devra néanmoins continuer à renforcer la mise en oeuvre et la disponibilité de ses capacités (civils et militaires de gestion de crises), ainsi que continuer à appliquer la stratégie européenne pour combattre l’accumulation illicite et le trafic des armes légères, souligne-t-on du coté européen. La question des bonnes relations de voisinage est aussi fondamentale. Et l’UE invite la Croatie à trouver des solutions définitives et acceptables sur toutes les questions en suspens. On vise ici notamment le litige frontalier avec la Slovénie et le processus de réconciliation en cours (sur le retour des réfugiés serbes notamment).

La Croatie espère clore tous ses chapitres d’adhésion cette année 2011, voir le traité d’adhésion ratifié et signé en 2012 pour une adhésion en 2013. (État des lieux des négociations d’adhésion)

Coopération politique et suivi des exportations/importations d’armes

Dans la coopération politique, on ne note pas de difficultés particulières. Au contraire, depuis mai 2008, la Croatie a répondu à toutes les invitations. De même pour la coopération avec les organisations internationales. L’Union européenne apprécie ainsi l’engagement de la Croatie de soutenir la Cour pénale internationale et de ne pas signer de traité d’exemption avec les Etats-unis ou tout autre pays.

Concernant le contrôle de l’exportation d’armes, la Croatie s’est mise aux normes européennes. Elle a adopté en juillet 2008, une loi sur l’exportation et l’importation d’équipements à usage militaires ou à usage non-militaire, compléter par un règlement du ministère des Finances en janvier 2009, doté de sanctions plus rigoureuses, en ligne avec la position commune de juin 2003 et décembre 2008. Un système électronique, Tracker, a été ainsi mis en place pour tracer l’importation et l’exportation des marchandises soumis au régime de licence.

Implication dans les missions de défense de l’UE

Enfin, la Croatie est un “bon” élève des missions européennes de maintien de la paix. Elle a ainsi participé à la mission Eufor Tchad (en 2008-2009) et participe toujours aux missions au Kosovo (4 officiers et 3 agents administratifs et judiciaires Eulex), en Afghanistan (2 officiers à Eupol) et dans l’Océan indien (5 officiers à Eunavfor Atalanta). Elle fournit surtout un soutien logistique et technique à la mission de police (Eupm) et la mission militaire (Eufor Althea) en Bosnie-Herzégovine en mettant à disposition ses aéroports, ports et services et services de contrôle aérien.

La Croatie participe également à la force de réaction rapide de l’ue : en fournissant une équipe d’évacuation médicale (Medevac) formée de 21 personnes et 2 hélicoptères Mi171Sh pour le battlegroups nordique qui sera d’astreinte au 1er semestre 2011. Elle participera également au battlegroup sous commandement allemand au 2e semestre 2012

Enfin elle est également présente dans la mission de l’Otan au Kosovo (Kfor) avec 2 hélicoptères et une vingtaine d’hommes

La Croatie participe également aux différences instances de la politique de défense commune en tant qu’invité au Comité militaire de l’UE ou à la conférence sur les battlegroups, ainsi qu’au Comité politique et de sécurité (2 réunions par an).

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1990, en Yougoslavie, le feu couve sous la cendre

La ville de Jajce en Bosnie centrale a perdu la moitié de sa population en 20 ans (© NGV / Bruxelles2)

(Dossier) Dans un coin d’Europe, quelques dirigeants politiques sont cependant bien décidés à ne pas laisser faire la paix. La Yougoslavie, pourtant promise à un resserrement des liens avec l’Europe (avec en vue un accord d’association), le feu couve sous la cendre…

Le soulèvement serbe commence en Croatie, le 17 août 1990, après une attaque des forces spéciales de la police croate sur le poste de police de Benkovac contrôlé par les Serbes, ces derniers saisissent des armes des policiers de réserve et élèvent des barricades sur les routes. Les Serbes se prononcent, peu après, à 99 o/o des voix ( !) pour leur séparation de la Croatie. Quelques semaines auparavant, le 13 mai 1990, au stade de Zagreb, des incidents violents ont éclaté entre supporters du Dynamo de Zagreb et de l’Etoile Rouge de Belgrade. Incidents sciemment provoqués (1).

Le 3 septembre 1990, au Kosovo, c’est la grève générale et le début du renvoi de la plupart des Albanais des postes de l’administration (75.000 personnes seront chassées en un an de leur poste après cette grève). Le 7 septembre, après un référendum clandestin, le Kosovo promulgue adopte, dans le cadre yougoslave, la Constitution de « sa République » promis à devenir la 7e république fédérative socialiste de Yougoslavie (non reconnue par les Serbes). Une proclamation symbolique, le 28 septembre, la Serbie abolit le statut d’autonomie de sa province du Kosovo. Le parlement de la province avait déjà été dissous début juillet (2) après le placement sous état d’urgence en mars.

Le 11-12 septembre 1990, en Bosnie-Herzégovine, commencent des troubles interethniques. L’état d’urgence est proclamé.

Le 5 octobre 1990, l’armée fédérale yougoslave investit le quartier général de la défense territoriale de Slovènie, dans le centre de Ljubljana. Conséquence du refus du gouvernement slovène de placer sa défense sous le commandement de l’armée yougoslave.

(1) Les récents incidents à Rome lors du match Italie – Serbie à Gênes, le 12 octobre 2010, sont là pour rappeler que les “hooligans” de l’Etoile rouge de Belgrade ne sont pas vraiment des voyous ordinaires mais plutôt une organisation structurée qui nourrira tout au long de la guerre les groupes paramilitaires.
(2) A l’été 1990 (nous étions une équipe de 3 journalistes partis en reportage dans la région), le leader du principal parti autonomiste du Kosovo, Ibrahim Rugova, élu “président” lors des élections en septembre, avait confié à l’un d’entre nous, avoir demandé à Jacques Delors une implication plus forte de l’Europe dans la région, et de placer le Kosovo sous protection européenne. Il ne recevra aucune réponse…
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Les Russes entérinent leur participation à la mission européenne Eufor Tchad

(BRUXELLES2) La mission militaire européenne au Tchad et en république Centrafricaine (Eufor) pourra bien bénéficier du renfort russe. Le président russe Medvedev a signé, le 1er septembre, le décret confirmant l’envoi d’un contingent d’au maximum 200 hommes et 4 hélicoptères. Cette décision intervient après l’approbation de la mission par le Conseil de la fédération (chambre haute du Parlement russe), dans une séance à huis clos le 25 juillet. Les hélicoptères devraient être du type Mi-8MT, la version la plus récente de l’hélicoptère russe, connue pour sa robustesse et son endurance, qui peut servir indifféremment au transport (20 à 30 personnes) ou d’hélicoptère d’assaut. L’essentiel du personnel est celui nécessaire à l’entretien des appareils, les Russes ayant l’habitude de faire toute la maintenance sur place.

Avec les 60 Albanais arrivés à la mi-juillet, Eufor Tchad/RCA comptait – au dernier bilan dressé cet été – 3250 hommes (y compris les 300 Polonais déjà présents sur le terrain). Elle avait à sa disposition également une douzaine d’hélicoptères, nécessaires à la saison des pluies: 8 Français (4 Puma et 4 Gazelle) basés à Abéché et N’Djamena, 3 hélicoptères Mi-17 polonais au bataillon Nord (Iriba) et 2 hélicoptères Mi-8 irlandais au bataillon sud (Goz Beida).

Par ailleurs, le Comité politique et de sécurité (COPS) a approuvé, le 2 septembre, la participation de la Croatie à l’opération, le comité des pays contributeurs a été modifié en conséquence. Une quinzaine de Croates devraient rejoindre le Tchad d’ici octobre.

Ces arrivées sont bienvenues après la décision de la Roumanie de ne pas envoyer de troupes, pour raison budgétaire.

(paru dans Europolitique, septembre 2008)

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