Corruption

La maire de Prizren accusé de corruption

(BRUXELLES2) Ce n’est pas une plaisanterie. C’est un procureur européen – membre de la mission “Etat de droit” (Eulex) – qui a déposé un acte d’accusation aujourd’hui (27 février) au tribunal de première instance de Prizren, un acte d’accusation pour corruption contre le maire de Prizren, Ramadan Muja et cinq autres fonctionnaires de la municipalité de Prizren. Le maire est accusé de quatre chefs d’abus de position ou de son autorité officielle, notamment en utilisant des terres appartenant à la municipalité et dans d’autres « actes qui résultent de violations sérieuses des droits de nombre de plaignants dans des litiges civils » précise le communiqué d’Eulex. La procédure va désormais suivre son cours…

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Deux officiers de police condamnés pour corruption (Mitrovica)

(BRUXELLES2) Un jury composé de trois juges européens (d’Eulex) du tribunal de Mitrovica a condamné, ce vendredi (15 février), deux officiers de police pour corruption, dans une affaire impliquant six officiers. Les accusés, tous les policiers, étaient soupçonnés et ont été inculpés par le procureur de l’office de poursuite spécial du Kosovo pour avoir transmis des informations sur la localisation des points de contrôle de police, et quel chemin prendre pour acheminer des marchandises en contrebande.

Le Tribunal a infligé une peine de cinq mois de prisons à Avni Shyti, pour abus de sa position officielle mais relaxé d’avoir accepté des pots de vins ; sa sentence a été suspendue pour une période probatoire de deux ans. Le second Nazmi Poterqoi a été condamné à un an et deux mois de prison pour abus de sa position officielle et acceptation de pots de vins ; sa sentence a été suspendue pour une période probatoire de deux ans et six mois. D’autres accusés (Naser Damati, Besim Smajli, Kemajl Hoti et Halit Fazliu) ont été reconnus non coupable et acquittés de leurs accusations.

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Classer le Hezbollah sur la liste anti-terroriste, une idée bien courte

Classer le Hezbollah sur la liste anti-terroriste, une idée bien courte

(BRUXELLES2) Le gouvernement bulgare en a la certitude, c’est le Hezbollah ou du moins sa branche militaire, qui serait à l’origine de l’attentat de Bourgas qui a visé le 18 juillet 2012 un bus avec des touristes israéliens (6 morts – 5 Israéliens et 1 Bulgare – et plusieurs blessés). Il en a ainsi informé les 27 lors de la dernière réunion du COPS – le Comité politique et de sécurité de l’Union – mercredi (6 février). Une information sans autre débat pour l’instant. L’agenda du COPS était d’ailleurs déjà bien chargé mercredi dernier. Les ambassadeurs du COPS pourraient en rediscuter prochainement de même que certains groupes de travail des “27″. Avant une discussion au niveau des ministres des Affaires étrangères le 18 février prochain.
Des preuves “béton”…

Le ministre de l’Intérieur, Tsvetan Tsvetanov, avait annoncé effectivement mardi (5 février) avoir « des preuves », après une réunion du conseil de sécurité national, que deux des auteurs de l’attaque, disposant l’un d’un passeport australien, l’autre canadien et ayant résidé au Liban, « appartenaient à la branche militaire du Hezbollah ». Le troisième acteur, qui portait la bombe et est décédé lors de l’attaque n’a pas encore été identifié.

Le lendemain (6 février), le ministre des Affaires étrangères, Nickolay Mladenov dans une interview à la télévision bulgare (retranscrite Sofia news agency) que l’attentat avait bien été « organisé et inspiré par des membres de la branche militaire du Hezbollah à ce stade de l’enquête ». Le ministre estimant que la Bulgarie se devait de « poursuivre les auteurs en justice, de coopérer avec les autorités au Liban et ailleurs (…) et qu’une action commune devrait être adoptée au niveau de l’Union ». Sur Al-Arabiya allait un peu plus loin, disant que l’implication du Hezbollah « ne serait pas sans conséquences » et que l’inscription sur une liste anti-terroristes du Hezbollah était « sur la table ». Une déclaration qui avait de quoi ravir Israël qui, depuis des années, veut une telle sanction. Mais il faut parfois se méfier des preuves “béton”.

Un doute, ou plutôt des doutes…

L’enquête est toujours en cours

Les preuves réelles de l’implication du mouvement libanais sont contestées en Bulgarie, du moins à ce stade de l’enquête. C’est, en effet, le Premier ministre Boiko Borissov qui a fait cette déclaration, grillant la politesse au procureur chargé de l’enquête dont c’est normalement le rôle. Le chef de l’opposition (socialiste) Sergei Stanishev (président du PSE), a très vite réagi déniant le sérieux de cette sortie médiatique. « L’enquête est toujours en cours. Et on ne peut pas parler d’une preuve décisive en ce qui concerne les auteurs directs, et encore moins en ce qui concerne l’organisation qui est derrière cet événement tragique » a-t-il ainsi déclaré selon SNA. La campagne électorale (élections en juillet) explique peut-être le comportement des uns et des autres. Mais cela ne suffit pas.

Même son de cloche au parquet général. Pour le procureur général Sotir Tsatsarov, le parquet ne dispose « pas de suffisamment de preuves pour soulever une accusation dans le cadre de l’affaire de l’attentat de l’aéroport de Bourgas ». Selon ses propos publiés dans le quotidien Sega, « l’enquête n’est pas close, elle continue car les réponses aux commissions rogatoires adressées au Maroc, à Israël, à l’Australie et au Liban n’ont pas été encore reçues ».

La méthode ne colle pas tout à fait

A Bruxelles, aussi on a des doutes. L’attentat n’est pas signé. Ce n’est « pas dans l’habitude du mouvement », commente un diplomate européen attentif du Moyen-Orient. De même il vise généralement « « des cibles plus militaires ou plus liées au pouvoir israélien » et souvent dans le Moyen-Orient, peu en Europe (du moins dans une période récente).

Une proximité très grande entre Sofia et Tel Aviv

Ces doutes sont accentués par le positionnement géopolitique de la Bulgarie tout comme sa situation interne. On sait combien Sofia est proche d’Israël et de Washington. Une série d’accords ont ainsi été signés en juillet 2011 entre la Bulgarie et Israël portant sur les questions économiques, d’énergie. L’un d’entre eux portait notamment sur la coopération militaire entre les deux pays avec entraînement, formation et mise à niveau à la clé. Plusieurs visites ministérielles ont eu lieu de part et d’autre. Pour Israël, la mise à l’index du Hezbollah est une vieille antienne. Immédiatement après l’attentat, Israël avait d’ailleurs commencé par pointer le doigt sur l’Iran. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu dénonçant « une offensive terroriste iranienne. Tous les signes mènent à l’Iran » estimait-il dans un communiqué repris par les agences de presse. Aujourd’hui naturellement Israël s’est bruyamment félicité de cette déclaration bulgare. Un peu “téléphoné” tout de même…

Un climat politique délétère

Même si cela ne devrait normalement pas jouer sur une affaire aussi grave, on ne peut s’empêcher néanmoins de faire état de certaines constantes locales. Le Premier ministre Borissov est, lui-même ou son entourage, objet de plusieurs accusations ou rumeurs de corruption. Et on sait aussi combien est important le poids de cette pratique en Bulgarie. Un ancien commissaire européen ne confiait-il pas avant de quitter son mandat qu’il n’y avait même pas de corruption au sens strict du terme, en Bulgarie, car celle-ci est au sein même de l’Etat « quand le corrupteur est lui-même le donneur d’ordres »…

Débat lancé au niveau européen

On comprend donc la prudence avec laquelle les autorités européennes ont pris la question.

Réaction très prudente de la Haute représentante

Réagissant mardi (5 février) la Haute représentante a simplement « note des résultats de l’enquête sur l’attentat terroriste du 18 Juillet à Bourgas. Les implications de l’enquête doivent être évalués avec sérieux car ils se rapportent à une attaque terroriste sur le sol de l’UE. (…). Les terroristes qui ont planifié et exécuté l’attaque Burgas doivent être traduits en justice. » La Haute représentante soulignant aussi « la nécessité d’une réflexion sur l’issue de l’enquête. L’UE et les États membres examineront la réponse appropriée en fonction de tous les éléments identifiés par les enquêteurs. »

Une des options mais pas la seule

Interrogée lors du briefing midi mercredi par un collègue italien, la porte-parole de la Haute représentante a ajouté que oui, l’inscription sur la liste des organisations terroristes est « une des options. Mais ce n’est pas la seule ». « Nous regardons et discutons la réponse appropriée. Il y a plusieurs options. » Parmi les autres options figure un « renforcement de l’action d’Europol et d’Eurojust, une action judiciaire ou l’option politique ».

Discussions tout azimut en marge du sommet européen

Selon nos informations, la Bulgarie n’a pas demandé l’inscription du Hezbollah sur les listes anti-terroristes. Jeudi soir, en marge du sommet européen, le ministère bulgare des Affaires étrangères, Mladenov, a ainsi rencontré Catherine Ashton. Rien n’a filtré de cette entrevue.  Et de même, Serguei Borissov devrait rencontrer son homologue britannique, David Cameron. Entre autre sujets, la question de l’attentat de Bourgas devrait être abordée. Mais au cabinet de Me Ashton, on se veut très très prudents. « Nous devons d’abord étudier les résultats de l’enquête » a confié à B2 un diplomate européen « et décider comment procéder. Nous ne sommes qu’au début du processus ».

Les sanctions : une question très délicate

Une décision prise à l’unanimité et pas automatique

La question des sanctions à l’encontre d’un mouvement “terroriste” n’est pas une mesure automatique. Elle ressort d’une décision prise à l’unanimité. La France est contre une telle décision (avec l’Italie et plusieurs pays méditerranéens). Les Pays-Bas (défenseur d’Israël) comme le Royaume-Uni sont pour. Donc le débat ne fait que commencer. Le point pourrait être mis à l’ordre du jour de la réunion des ministres des Affaires étrangères de l’UE, le 18 février.

Une question de preuves

C’est un processus mixte politique et juridique qui n’intervient normalement pas en préalable d’une enquête judiciaire mais plutôt dans sa conclusion (ou si celle-ci se révèle justement bloquée). La sanction des auteurs d’un attentat passe ainsi d’abord par leur arrestation ainsi que de celles de leurs instigateurs et commanditaires et leur mise en jugement. A ce jour, il n’y a pas eu encore de mandat d’arrêt ou d’inculpation délivré apparemment, ni encore de refus de livrer ses auteurs.

Un processus éminemment politique

C’est un processus éminemment politique, dont le fondement est d’ordre non judiciaire mais politique. Il s’agit – comme le rappellent les lignes directrices en matière de sanctions de « susciter un changement de politique ou d’activité de la part du pays, de la région, de l’administration, des entités ou des particuliers visés ». Or, à supposer que l’attaque lui soit imputable, s’attaquer à un mouvement qui est au pouvoir de façon légitime dans un pays comme le Liban, placé au coeur de la tourmente syrienne, ne se prend pas à la légère. Le risque de fragilisation du pays doit être bien évalué.

Une politique de sanctions à bout de souffle ?

La politique de sanctions européenne commence aujourd’hui à atteindre ses limites. L’Union européenne a mis sur la touche le Hamas, le FPLP… Sans grand résultat. Sinon celui de se priver d’interlocuteur dans la question palestinienne. L’Iran est sur la touche, pour cause de prolifération nucléaire, la Syrie également pour cause de guerre civile. A ce train-là, c’est tout le Moyen-Orient qui va bientôt être sur les listes anti-terroristes de l’Union. Ce dans un cadre plus que tourmenté. La situation en Irak n’est pas vraiment très stable. Idem en Egypte. Les tensions se font jour en Jordanie. Bref… ce n’est pas le moment de perdre le Liban qui est déjà dans une gestion délicate d’un conflit à ses frontières et de l’accueil de milliers de réfugiés.

(*) Par exception, on peut noter l’attentat en Argentine en 1994. La campagne d’attentats en France en 1985-1986 comme l’attentat contre le Drakkar et l’aéroport à Beyrouth en 1983 lui sont également attribués. Mais on était dans une autre époque

Lire aussi : Attentat en Bulgarie : Interpol diffuse un portrait-robot du kamikaze

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Trois cas supplémentaires sur le tableau de chasse d’EULEX

(B2) Les arrestations pour corruption continuent au Kosovo. Les policiers de EULEX — la mission européenne “Etat de droit” — ont arrêté, mercredi (12 septembre), trois Kosovars, dont un haut responsable municipal de Pristina. Une opération menée en coopération avec le système judiciaire local, un procureur de Pristina, précise t-on à EULEX. Les suspects sont poursuivis pour «extorsion de fonds et autres délits de corruption». « Plusieurs maisons, bâtiments commerciaux, et locaux municipaux ont également fait l’objet de perquisitions. » Rappelons que la présidente kosovare, Atifete Jahjaga, a demandé à Mme Ashton, dans une lettre datée du début du mois de septembre, de prolonger le mandat de la mission européenne jusqu’au 15 juin 2014.

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EULEX tape au coeur de l’appareil judiciaire kosovar

(BRUXELLES2) Dix personnes viennent d’être mises en examen dans une affaire de corruption au Kosovo. Le président de la cour municipale de Pristina, quatre anciens juges de cette même cour ainsi que trois anciens juges d’une cour de district, un avocat et un employé d’une entreprise collective (SOE) sont sous le coup de poursuites engagées par un un procureur d’EULEX du Bureau Spécial du Parquet du Kosovo (SPRK). Ce qui est leur est reproché est spécialement grave : abus de pouvoir et délivrance illégale de décision de justice dans 15 cas liés à la privatisation de compagnies publiques, sous la compétence de la Chambre Spéciale de la Cour Suprême du Kosovo, a indiqué la mission européenne. Les privatisations d’entreprises collectives ont pour l’instant rapporté une somme importante, de 600 millions d’euros au gouvernement. Dans un autre communiqué, EULEX a aussi annoncé que l’ancien procureur anti-corruption kosovar, Nazmi Mustafi ainsi que trois autres personnes ont été inculpés dans une affaire de corruption similaire. Nazmi Mustafi avait été arrêté en avril, soupçonné d’avoir perçu des pots-de-vin.

A noter que le Kosovo se classait en 2011 à la 112ème place sur 183 de l’index de corruption de l’organisation Transparency International.

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L’affaire des CASA sent le souffre

(BRUXELLES2) L’affaire de l’achat des Casa 295M commence à virer au cauchemar politique en république Tchèque. L’immunité de la vice-présidente de l’assemblée et ancienne ministre de la Défense, Vlasta Parkanová, a été levée mercredi dernier (11 juillet) par 177 voix pour et 45 contre. Elle est sous objet de deux chefs d’inculpation : abus de la fonction publique et abus de confiance, selon la presse tchèque. La police soupçonnant une surfacturation d’environ 25 millions d’euros du marché. Mais c’est un autre personnage public qui est aujourd’hui dans le collimateur des enquêteurs de la police tchèque. Chacun s’accordant que Parkonova n’a pas décidé toute seule de l’achat…

Miroslav Kalousek, aujourd’hui ministre des Finances, a été vice-ministre de la Défense, et était au gouvernement lors de l’achat des avions est ainsi dans l’oeil du cyclone. Soutenu par son Premier ministre, Petr Necas, il se défend comme un beau diable accusant la police de méthodes dignes de la police politique communiste, mettant en cause la compétence de l’ancien chef d’Etat-Major, Vlastimil Picek (*)… Le chef de la police Petr Lessy a d’ailleurs envoyé une lettre, dimanche (15 juillet), à tous les enquêteurs pour leur enjoindre de résister aux pressions politiques ; lui-même a affirmé avoir été contacté à plusieurs reprises par le ministre des Finances, Kalousek, tentant d’influencer l’enquête. Ce qui constituerait alors une violation de l’indépendance de la justice. Le président de la République, Vaclav Klaus, a dû monter au créneau pour calmer l’atmosphère, apportant officiellement son soutien au dirigeant policier, selon la radio tchèque.

Autre épisode. Un des pilotes tchèques, témoin-clé dans l’affaire – il affirme que le vice-ministre de la Défense Martin Bartak a fait pression pour l’achat des Casa -, a été, quelques temps, arrêté sur la foi d’une dénonciation pour abus sexuel. Affaire sérieuse car une mineur était en cause. L’affaire s’est vite dégonflée. La “victime” ayant reconnu avoir inventé toute l’histoire. L’opposition sociale-démocrate en a profité pour organiser un vote de défiance, vote rejeté mercredi (18 juillet) comme les trois précédents…

(*) Sur ce point, il s’est excusé depuis exprimant dans une lettre “des excuses sincères et profondes” à l’adresse du chef d’état-major…

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Liam Fox prend la porte victime d’un de ses proches

(BRUXELLES2) Le ministre de la Défense britannique, Liam Fox, aura résisté plusieurs jours à la tourmente. Mais David Cameron, le Premier ministre, s’est décidé à le lâcher devant l’ampleur du scandale en puissance. Cet Atlantiste, proche des néoconservateurs américains, eurosceptique, a dû présenté sa démission le 14 octobre, emporté par l’affairisme d’un de ses proches, Adam Werrity qui jouait un rôle plutôt trouble, à mi-chemin entre l’espionnage, les affaires et une diplomatie occulte.

Liam Fox en premier plan. A l'arrière à gauche Werrity et Jesme Fox (la femme du ministre) (crédit / Telegraph)

Le conseiller occulte du ministre

Très proche de Liam Fox – il était son témoin à son mariage et son colocataire -, Werrity a utilisé ses contacts pour poursuivre des intérêts commerciaux dans plusieurs pays africains, au Sud-Soudan également ou en Irak. On ne sait cependant pas dans quelle mesure le ministre était au courant de tout ou seulement d’une partie de ses agissements. Aux personnes, Werrity se présentait comme conseiller du ministre. Et tout pouvait l’accréditer. Il avait rencontré Liam Fox à 22 reprises au ministère et l’avait suivi dans 18 voyages à l’étranger, selon une enquête préliminaire du ministère britannique de la Défense. Il était présent ainsi à des discussions avec l’ambassadeur israélien, un diner avec le nouveau commandant Us en Afghanistan et une réunion avec les fournisseurs de défense à Dubai. Il avait eu des discussions avec les représentants du nouveau gouvernement libyen. A ses interlocuteurs, il laissait une carte de viste du ministère. Même le Mossad s’y est laissé prendre, pensant qu’il était le chef des services de Liam Fox tant ils avait été séduit par l’entregent du jeune homme prompt à organiser un dîner avec plusieurs personnalités.

Une politique étrangère en marge de l’officiel

Le gouvernement Cameron fait actuellement tout pour minimiser l’affaire et veut couper court à toute idée que l’homme menait une politique étrangère officieuse. Mais selon The Independant, l’homme au centre du scandale est impliqué dans un « complot audacieux visant à renverser du président iranien Mahmoud Ahmadinejad. Il s’est rendu en Iran à plusieurs reprises et a rencontré des groupes d’opposition iraniens à Washington et à Londres au cours des dernières années. » Il avait d’ailleurs été débriefé par le Mi6 après ses voyages – et ses informations étaient appréciées du Mossad, le service de renseignement israélien.

Une plainte pour fraude a été déposée à la police de Londres. Et plusieurs industriels qui ont financé Pargav un think tank officiellement consacré aux questions de sécurité – et qui payait en fait les déplacements de Werrity – ou le think-tank Atlantic Bridge, chargé de consolider les liens entre le Royaume-Uni et les USA, commencent à causer.

Le nouveau ministre de la Défense britannique

Le ministre de la défense britannique sera tenu par un novice en la matière. Il s’agit de Philip Hammond, jusqu’à là en charge des Transports. Elu en 1997 à la Chambre, il n’a pas vraiment été intéressé par les affaires de défense. Porte-parole de l’opposition pour les services sociaux et de santé de 1998 à 2001 pour l’industrie et le commerce de 2001 à 2002, il a été shadow ministre des collectivités locales de 2002 à 2005, shadow secrétaire d’Etat aux Travail et aux pensions de 2005 à 2007 puis shadow secrétaire au Trésor jusqu’en 2010

Démissions en série en Europe

Décidément, ministre de la Défense est un poste plutôt exposé. On assiste ainsi à une véritable épidémie de démissions parmi les ministres en poste dans l’UE pour des raisons très différentes. Ces derniers mois, on a assisté aux départs de l’Allemand Zu Gutenberg pour cause de plagiat de thèse, le Polonais Klich payant l’accident aérien de Smolensk, le Chypriote Costas Papacostas après l’explosion d’un dépôt de munitions. En 2008, le Slovaque Frantisek Kasicky avait démissionné après le scandale de la vente de casernes à un prix discutable. Et en 2006, le Roumain Teodor Atanasiu avait quitté son pose après la révélation de l’utilisation des services de renseignement pour espionner l’administration présidentielle.

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