Indonésie. Bruxelles déclenche le plan ‘bleu’

(B2) Le mécanisme de protection civile a été activé mercredi (3 octobre) face à la situation dans la province de Sulawesi centrale en Indonésie.

Le tsunami (une vague de 3 mètres) et le séisme (de magnitude 7,5) subi vendredi (28 septembre) ont fait près de 1400 morts et 2500 blessés, selon un bilan encore provisoire.

(Crédit : Fédération internationale de la Croix Rouge)

Finances, cartographie et experts

La Commission européenne a déjà débloqué 1,5 million euros pour l’aide humanitaire d’urgence lundi (1er octobre). Le service de cartographie d’urgence du satellite européen Copernicus a également été activé. Il a ainsi pu fournir des cartes satellites pour évaluer les dégâts et aider les autorités nationales et services d’aide sur le terrain. La Commission a également envoyé un expert humanitaire sur le terrain pour coordonner les efforts de l’Union européenne. Une aide complétée par celle des États membres : le Danemark et Belgique ont déjà annoncé débloquer des fonds, ainsi que le Royaume-Uni, puis l’Allemagne, la France et l’Espagne également.

Un A400M britannique sur place

Un avion «Atlas» A400M de la Royal Air Force britannique, qui se trouvait au Moyen-Orient, a été dépêché sur place, pour assurer l’approvisionnement dans les zones qui en ont le plus besoin. Une petite équipe d’experts militaires britanniques s’est aussi déployée en complétement d’une équipe d’experts et une aide de 2 millions de £ du DFID, le département ‘Développement’ du Royaume-Uni. « Cela montre une fois de plus que la Grande-Bretagne et ses alliés du monde entier peuvent compter sur nous pour leur apporter soutien et assistance, peu importe l’heure, le lieu et le problème » a souligné le ministre britannique de la Défense, Gavin Williamson.

(Aurélie Pugnet st. & Nicolas Gros-Verheyde)

Face au séisme sur l’île de Lombok, l’UE mobilise satellites et diplomates

(B2) Les Européens se mobilisent face aux séismes qui ont touché fin juillet début août l’île de Lombok, en Indonésie, à la fois pour venir en aide aux citoyens européens retenus dans l’île.

Assistance consulaire

Un groupe, composé de diplomates de la délégation de l’Union européenne et des principales ambassades concernées (Espagne, France, Irlande, Italie, Pays-Bas, Suède et Royaume-Uni), s’est mis en place pour aider les citoyens européens se trouvant dans l’île. Environ 1000 citoyens européens ont ainsi pu « obtenir des informations, sur la disponibilité de vols, une assistance pour la réservation de vols et l’accès à des listes d’attente, voire une assistance pour les personnes blessées » indique la Commission européenne.

L’aide satellitaire

L’Union européenne a mobilisé son système de cartographie satellitaire d’urgence Copernicus pour aider les autorités indonésiennes de protection civile. Des premières cartes ont pu ainsi être livrées.

Aide financière

Enfin, la Commission a débloqué une première aide d’urgence de 150.000 euros aux communautés les plus touchées. L’aide va bénéficier aux 4.000 personnes dans les districts les plus touchés de Lombok East et de Lombok North, via la Croix-Rouge indonésienne. Celle-ci va fournir une aide vitale aux plus vulnérables en distribuant du matériel de refuge et des articles de secours tels que des bâches, des couvertures, des matelas, des kits familiaux et des articles d’hygiène. L’assistance assure également l’accès à de l’eau potable, des services d’hygiène, des soins de santé de base, ainsi qu’un soutien psychologique aux familles touchées.

(NGV / ES)

L’Europe un géant spatial qui s’ignore

Lancement du Sentinel 3 pour Copernicus (crédit : ESA)

(B2) Il y a des révolutions parfois silencieuses… L’espace est de celle-là. Dans ce domaine, l’Europe n’est pas un nain, comme l’a rappelé la Haute représentante de l’Union lors des journées européennes de l’Espace qui viennent de se dérouler cette semaine à Bruxelles.

Le deuxième plus gros budget pour l’espace dans le monde

L’Europe n’est pas « une puissance spatiale en devenir », elle l’est déjà en quelque sorte avec le « deuxième plus gros budget pour l’espace dans le monde », comme a voulu le rappeler, à juste titre,  Federica Mogherini lors des journées spatiales à Bruxelles. « Notre technologie et notre expertise font de nous un poids lourd sur les marchés spatiaux mondiaux. » Et « nous devrons continuer à investir et à investir mieux – si nous voulons être la puissance spatiale autonome et coopérative que nous devons être pour nos citoyens, mais aussi que le monde a besoin de nous ».

Des satellites pour suivre les mouvements migratoires et des terroristes de Daech

Les images européennes de l’espace sont souvent appelés à la rescousse suite à des catastrophes naturelles, pour détecter les déversements d’hydrocarbures dans l’océan, observer les mouvements des passeurs d’êtres humains et bien d’autres choses … « Ce n’est pas un jouet de luxe. C’est essentiel à notre propre sécurité et à notre politique, pour nous Européens et pour nos partenaires » souligne la chef de la diplomatie européenne. « Lorsque les terroristes de Daech ont attaqué des sites historiques en Syrie et en Irak, les satellites ont contribué non seulement à l’évaluation des dommages, mais aussi à la planification de la reconstruction. » Et d’ajouter : « Et nous partageons ce travail en tant que superpuissance mondiale, comme l’Union européenne, avec nos partenaires dans la région et dans le monde. »

NB : la Haute représentante ne l’a pas précisé, mais elle aurait pu ajouter que les satellites européens ont aussi des images très précises (à la demande de quelques États membres) des forces en présence dans l’Est de l’Ukraine, ainsi que des passages des convois de véhicules. Ils ont aussi été utilisés pour localiser et repérer des emplacements d’armes chimiques, à la demande de l’OIAC, l’organisation internationale des armes chimiques.

Un outil de cartographie en cas de catastrophe naturelle

L’un des outils les plus intéressants est Copernicus, « probablement le meilleur système de cartographie rapide au monde. » « Lorsque l’ouragan Irma a frappé les Caraïbes, nous avons immédiatement mobilisé Copernicus pour soutenir toutes les personnes dans le besoin ». Copernicus a ainsi permis « en quelques heures » de produire des cartes précises pour évaluer les dégâts et, surtout, planifier les opérations de sauvetage, aux Antilles françaises et aux îles Vierges britanniques mais aussi  pour Haïti, la République Dominicaine, et même la Floride. « Nous l’avons fait gratuitement, parce que nous considérons qu’il est de notre devoir et de notre responsabilité en tant que puissance mondiale responsable d’aider nos amis dans le besoin. Et parce que l’espace n’appartient à aucun pays, mais à l’ensemble de nous, en tant qu’humanité. »

(Nicolas Gros-Verheyde)


Les moyens spatiaux des Européens

Les Européens disposent tout d’abord d’une Agence spatiale européenne (mis en place au niveau intergouvernemental et qui regroupe une vingtaine de pays), qui gère notamment le lancement des satellites, du système Galileo en cours de mise en place (1), qui permettra d’avoir l’équivalent du GPS, mais européen et plus performant, ainsi que de systèmes de cartographies ou d’analyses comme Copernicus (ex GMES) et le Centre satellitaire de l’Union européenne (SatCen), établi près de Madrid.

(1) Vingt-deux satellites Galileo ont déjà été lancés – quatre l’année dernière, et quatre autres sont à venir cette année.

(discours)

Un second satellite pour Copernicus

(B2) Le programme européen d’observation de la Terre (Copernicus) vient de franchir un nouveau pas. Un an après le lancement du premier satellite « Sentinel 1 », un deuxième satellite « Sentinel 2 » a été placé avec succès en orbite à 3h52 CET mardi (23 juin), depuis le Centre spatial européen de Kourou en Guyane française. L’ajout d’un deuxième satellite permettra à Copernicus de « fournir des images de l’évolution de la terre avec un haut niveau de détail et de précision » souligne-t-on à la Commission. Le flux d’informations fourni sera « gratuit et ouvert » et il pourra être utilisé en matière de lutte contre les catastrophes écologiques, d’amélioration de l’utilisation des sols pour l’agriculture et la sylviculture et de réponse aux situations d’urgence.