Dernières nouvelles des missions de maintien de la paix de l’UE – PSDC (février 2019)

(B2) Les gardes-côtes du Somaliland sont formés pour assurer la sécurité maritime. La mission de l’UE en Irak visite les territoires libérés de Daesh. En Cisjordanie, EUBAM Rafah soutient l’agence de gestion des frontières palestiniennes… les dernières nouvelles des missions et opérations de l’UE déployées au titre de la PSDC

Anbar et Basra (Irak). EUAM Iraq dans les régions libérées de Daesh

Plusieurs experts d’EUAM Iraq se sont rendus dans la province d’Anbar (ouest de l’Irak) puis à Basra (sud-est), fin janvier. Objectif : s’informer sur les méthodes d’enquête, la police de proximité, la planification, la gestion de la criminalité et les opérations conduites par les forces de l’ordre irakiennes. La mission affirme que la coopération sera renforcée, en particulier avec la région d’Anbar, pour couvrir certaines problématiques, comme la formation policière et le renseignement dans les territoires récemment libérés de Daesh.

(crédits: EUAM Iraq)

Jericho (Cisjordanie). Don de matériel pour le checkpoint de Rafah

Un accord a été signé entre le chef de la mission de l’UE EUBAM Rafah, Günther Freisleben et le directeur général de l’Administration générale des frontières et des points de passage (GABC) le 16 janvier dernier. Le don de matériel et le soutien au centre de formation visent à renforcer les capacités des agences de gestion des frontières à opérer le checkpoint de Rafah « selon les standards internationaux ». EUBAM soutient également la création d’une équipe de formateurs au sein de la GABC ainsi que la fourniture d’équipements nécessaires. NB : Ce don fait suite à la réhabilitation du centre de formation GABC en 2017.

(crédits: EUBAM Rafah)

Somaliland. Exercice de recherche et sauvetage en mer au large de Berbera

Sur base de cinq scénarios, les garde-côtes du Somaliland ont effectué leur premier exercice de recherche et sauvetage en mer. A bord de trois navires, ils se sont entraînés à chercher et à communiquer des positions, et à mener des opérations de recherche de survivants. Les exercices étaient coordonnés par la salle d’opération de Berbera et la majorité des échanges se sont faits en anglais. L’exercice, organisé et facilité par EUCAP Somalia, « démontre les progrès effectués par les gardes-côtes du Somaliland ».

(crédits: EUCAP Somalia)

Somaliland. Les marins espagnols à bord des garde-côtes du Somaliland

Le navire espagnol Relámpago a accueilli à son bord fin janvier des gardes-côtes du Somaliland et des représentants du ministère de l’Intérieur. Objectif : une présentation sur la sécurité maritime et sur les procédures de contre-piraterie, suivie d’un exercice pratique. Les marins espagnols sont ensuite montés à bord des bateaux des garde-côtes, précise l’opération anti-piraterie de l’UE EUNAFOR Atalanta.

(crédits: EUNAVFOR Somalia)

Bamako (Mali). Protection des VIP 

C’est vêtus de leurs costumes noirs de garde rapprochée et cachés derrière leurs lunettes de soleil, que les stagiaires maliens de la Brigade spéciale d’intervention ont effectué un exercice de mise en situation organisé par la mission EUCAP Sahel Mali. Objectif : assurer la sécurité d’une haute personnalité en visite au Mali. Pour l’occasion une dimension « grandeur nature » avait été donnée à l’exercice, avec location de véhicules particuliers et mise en pratique de toutes les techniques enseignées dans les cours théoriques.

(crédits: EUCAP Sahel Mali)

Sénou (Mali). Fin de la formation « fusiliers commandos »

Traiter un blessé en zone de combat, combattre en milieu urbain, ou bien sécuriser une base aérienne, sont autant d’activités auxquelles les « fusiliers commandos » maliens ont été formés par EUTM Mali. Cette formation, dispensée sur douze semaines, s’est clôturée par un exercice sur la base aérienne de Sénou, en présence du général de brigade (allemand) Peter Mirow, le chef d’EUTM Mali, et du chef de l’état-major de l’armée de l’air malienne, le général de brigade Bamba.

(crédits: EUTM Mali)

Lviv (Ukraine). La protection des lanceurs d’alerte

Un groupe de travail a été organisé par la mission de l’UE de conseil auprès des forces de sécurité intérieure (EUAM Ukraine), dans le but de faire un état des lieux de la protection des lanceurs d’alerte en Ukraine. Y participaient des représentants de l’administration régionale, de la mairie de Lviv, des forces de l’ordre, ainsi des ONGs luttant contre la corruption. Les expériences danoise et lituanienne ont été présentées, les participants ont débattu de la possibilité de faire de ces expériences des modèles à suivre pour l’Ukraine. NB : EUAM Ukraine avait déjà organisé deux conférences sur le sujet en février et novembre 2018 à Kiev.

(MHA)

Les 25 optent pour une politique d’asile commune

(archives B2 *) Réunis en sommet à Bruxelles, les chefs d’Etat et de gouvernement décident d’harmoniser leurs politiques intérieures, notamment en matière d’asile et de lutte contre l’immigration illégale, mais aussi de droit de la famille.

Créer en Europe un socle pour la sécurité et de justice n’est pas, de prime abord, évident. Ces politiques sont tellement chevillées au corps du pouvoir des Etats. Et cependant c’est un des domaines où l’Europe a le plus avancé ces cinq dernières années, depuis le sommet de Tampere en 1999.

L’asile à la majorité qualifiée

Sur les conditions de séjour des demandeurs d’asile, sur le regroupement familial, sur le mandat d’arrêt… il existe désormais une norme européenne minimale. Les 25 chefs d’Etat et de gouvernement, réunis hier à Bruxelles, ont décidé de passer la vitesse supérieure. En faisant une petite concession à leurs pouvoirs. Toutes les décisions ayant trait à l’asile et au contrôle des frontières se décideront désormais à la majorité qualifiée, c’est-à-dire sans possibilité pour un Etat de mettre son veto. Ce à compter du 1er avril prochain.

La règle de l’unanimité conservée pour l’immigration légale

L’immigration légale – avec la question délicate des quotas – reste en revanche soumise à la règle de l’unanimité. Une revendication allemande — l’accueil des immigrés, notamment au niveau social, étant en partie de la compétence des Länder — qui satisfait aussi en fait les Français qui craignent de devoir ainsi faire face à une politique de quotas, dont plusieurs Etats membres sont des tenants. Ce recul se double d’une belle avancée démocratique. Les députés européens, jusqu’à présents simplement consultés, auront donc désormais leur mot à dire. L’objectif à terme est de doter le continent d’une politique commune pour les réfugiés, avec une procédure uniforme de reconnaissance du droit d’asile, tout en renforçant la lutte contre l’immigration illégale.

Une agence européenne de contrôle aux frontières

Les 25 veulent ainsi mettre en place une « politique efficace de rapatriement » des clandestins. L’agence européenne de contrôle aux frontières devrait voir le jour le 1er mai prochain. Quant à l’idée d’un corps de garde-frontières européen, elle est toujours en l’air.

L’espace Schengen étendu en 2007

Les chefs d’Etat et de gouvernement ont également fixé à 2007 l’objectif de l’extension du système Shengen aux nouveaux Etats membres et la suppression des contrôles de passeport.

Des bureaux communs consulaires

Hors d’Europe, les consulats pourraient travailler davantage ensemble, des bureaux communs chargés de la délivrance des visas pourraient être créés à long terme. Une sacrée économie pour les budgets des affaires étrangères, sérieusement mis à l’épreuve.

Un droit de la famille harmonisé

L’Union a également décidé de progresser vers un droit de la famille commun. Ainsi, d’ici 2011, le règlement des litiges transfrontières en matière d’obligation alimentaire, de régime matrimonial ou de divorce devrait être facilité. Une harmonisation bien utile pour nombre de citoyens européens aux prises avec des problèmes insolubles…

Nicolas Gros-Verheyde)

(*) Article publié dans une première version dans Ouest-France