Commission européenne

Comité d’éthique : la Commission ne renonce pas à Michel Petite

(BRUXELLES2) Le renouvellement de Michel Petite au comité d’éthique de la Commission européenne, en décembre dernier, avait interpellé. La présence de cet ancien directeur juridique (brillant) de la Commission devenu avocat d’affaires dans une enceinte appelée à se prononcer sur l’avenir professionnel des commissaires après leur mandat, notamment au regard de possibles conflits d’intérêt, était-elle justifiée ? pouvait-on se demander. Sa proximité avec certains milieux industriels, du tabac, avait été évoquée. Mais la Commission avait tué toute vélléïté d’introspection en entérinant ce choix. « Il est avocat, pas lobbyiste. (D’ailleurs) le mot lobbyiste, n’est pas un mot sale, c’est une part essentielle du débat démocratique. Ce qui est essentiel est ne pas avoir de conflit d’intérêt. (Et là) Il n’y a aucun conflit d’intérêt. » avait répondu devant la presse le porte-parole du président de la Commission.

Or, l’enquête de l’OLAF, sur l’affaire Dalli, a révélé une facette plus troublante. Selon la version officielle donnée par Swedish Match, l’industriel suédois du Snus aurait contacté son avocat… Michel Petite afin d’avoir un conseil. Et celui-ci aurait alerté la secrétaire générale, Catherine Day. Ce qui aurait entraîné la saisine de l’OLAF. Version confirmée, début mai, par la Commission. « La toute première notification des faits vient effectivement de Michel Petite auprès de notre secrétaire générale » affirme le porte-parole. Cela montre que l’avocat était bien très proche des industriels du tabac et que l’ancien directeur juridique de la Commission avait toujours ses entrées directes à la Commission. Comment en serait-il d’ailleurs autrement ?

J’ai interrogé le porte-parole du président Barroso pour savoir si cette position avait évolué à la lueur de ces derniers évènements. Pas de changement m’a-t-on répondu. La Commission persiste et signe et veut garder Michel Petite à bord du comité d’éthique :

« La situation est en effet inchangée. Il n'y a pas de nouveaux éléments
donnant lieu à réévaluer cette position au sein du Comité Ethique Ad-hoc,
qui a une mission précise sans aucun rapport avec l'affaire Dalli. »

Et de préciser sur la question du rôle de M. Petite dans l’affaire Dalli :

 « M. Petite n'a joué aucun rôle dans l'enquête Dalli, ni dans l'ouverture de
l'enquête indépendante de l'OLAF, ni dans la conduite de cette enquête.
Son rôle s'est limité à alerter la Secrétaire Générale de la Commission
d'éléments qui lui avaient été communiqués pas Swedish Match et qui
semblaient préoccupants pour la réputation de la Commission. En tant
qu'ancien Directeur Général de la Commission cette démarche était
parfaitement correcte et nullement en conflit avec son rôle au sein du
Comité Ethique Ad Hoc. C'est ensuite Swedish Match qui a dénoncé à la
Commission les éléments, faits dont cette entreprise avait connaissance et
la Commission les a transmis à l'OLAF. »

Commentaire. On peut être interloqué tout de même. Les qualités de Michel Petite ne sont pas en cause. Mais il apparait aujourd’hui qu’il a été et est conseil d’une entreprise de tabac qui, tout d’abord, a fait du lobbying auprès d’un commissaire puis a saisi l’OLAF se voyant l’objet (selon ses dires) d’une tentative de corruption. Cette saisine a provoqué à la fois le départ (éviction) du commissaire de la Commission comme d’une succession de litiges : poursuite de l’OLAF contre les “complices” du commissaire devant les autorités maltaises, réplique de l’ex-commissaire pour diffamation devant la justice belge contre Swedish Match et devant le Tribunal de première instance de l’Union européenne pour contester les conditions de son éviction par la Commission, etc. De son coté, la Commission européenne est impliquée à au moins un titre, comme déclencheur des poursuites contre le commissaire, et comme partie prenante devant le TPIUE.

Bref, il y a clairement un doute voire un conflit d’intérêt clair entre la fonction de conseil d’une entreprise et le fait d’être membre du comité d’éthique de la Commission… S’entêter à ne pas le voir de la part d’un homme roué à la chose politique comme JM Barroso est assez étonnant ! Ou alors est-ce que l’affaire Dalli n’a pas encore dévoilé toutes ses facettes. Dans tous les cas effectivement, une explication “de texte” du président de la Commission devant une enceinte démocratique, comme le Parlement européen, s’avère aujourd’hui nécessaire.

Lire aussi : Un problème éthique…

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L’UE va débloquer 37 millions d’euros contre la piraterie dans l’Océan indien (maj)

La visite d’un bateau de pêche par la frégate roumaine Regele Ferdinand (crédit : Eunavfor)

(BRUXELLES2) L’Union européenne va apporter 37 millions € pour renforcer la lutte contre la piraterie dans plusieurs pays d’Afrique orientale et australe, a annoncé la Commission européenne aujourd’hui (21 mai). Ce financement s’intègre dans le Programme de promotion de la sécurité maritime régionale (MASE) mené par la Commission européenne.

« Ce nouveau soutien européen marque un pas en avant dans la lutte contre la piraterie car elle démontre l’engagement continu de l’UE à combattre ce problème complexe » a expliqué le commissaire au Développement, Andris Piebalgs dans un communiqué (*). « Renforcer la sécurité sur les routes maritimes est crucial pour nous car il aidera à stimuler le commerce et la croissance dans la région, ce qui devrait considérablement améliorer la vie de la population ». « Nous avons fait d’énormes progrès au cours des dernières années. Ce nouveau financement fait partie de notre approche globale de l’aide aux pays de la région. Il signifie que nous traitons les causes ainsi que les symptômes de la piraterie. » a ajouté de son coté, la Haute représentante de l’UE pour les Affaires étrangères, Catherine Ashton.

Ce programme vise plusieurs types d’actions :

  • développer les systèmes légaux et judiciaires, afin qu’ils soient mieux armés pour l’arrestation et le transfert des pirates ;
  • renforcer les contrôles financiers, en donnant une formation aux autorités pour contrôler les mouvements de fonds qui contribuent ou résultent de la piraterie ;
  • renforcer les capacités (par exemple, le partage d’expertise et la mise en œuvre de formation), et fournir un soutien logistique important qui aideront à la sécurité, la surveillance et les patrouilles le long de la côte ;
  • mener des campagnes de sensibilisation anti-piraterie dans les zones “où la piraterie est répandue” (= en Somalie) ;
  • fournir aux jeunes hommes, particulièrement visés par la piraterie, des formations pour trouver des alternatives à la piraterie (= en Somalie). 

Commentaire : on peut être assez étonné de ne voir citer la mission “Eucap Nestor” au fin fond de la note “background” du communiqué. Alors que la mission EUCAP Nestor et le programme MASE auraient normalement vocation à se compléter parfaitement. L’un fournissant une expertise directe, l’autre des moyens financiers et matériels. Quant à la mission Marsic pourtant financé par la Commission européenne au titre de l’instrument de stabilité, il n’est même mentionné ! L’ “approche globale”, pourtant vantée systématiquement par les institutions européennes, en prend un coup. Ce n’est pas très sérieux !

(*) communiqué publié uniquement en anglais. Traduction par nos soins.

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La salle de danse devient … un PC 24/24 pour la protection civile européenne

La salle de danse devient … un PC 24/24 pour la protection civile européenne

(BRUXELLES2) La salle est flambant neuve. Et Claus Sorensen, le directeur général de la DG Echo (Aide humanitaire) et Protection civile, n’est pas peu fier. Dans quelques jours, la trentaine de permanenciers et experts de la MIC – la cellule de protection civile de la Commission européenne – prendront leurs fonctions ici. Dans ce qui était un espace inutilisé au 1er étage dans l’immeuble de la DG Pêche et Taxud et était même à l’origine… une salle de danse tombée en désuétude, cela deviendra le centre européen de réponse d’urgence (CERU).

L’endroit est spacieux, fonctionnel. Ecrans au mur – pouvant afficher cartes, schémas, timing… – ordinateurs, téléphones… tout ce qui est nécessaire pour une salle de crise s’y trouve. Il est prévu pour fonctionner 24 heures / 24, 7 jours / 7. L’astreinte de nuit et de week-end étant assurée sur place par 2 personnes. Il est effectivement le loin le temps où dans un petit bureau de la DG Environnement, quelques personnes géraient le dispositif MIC voire l’ancienne salle de crise à Beaulieu qui était vraiment un peu à l’étroit. Pour pouvoir observer et suivre la situation, les spécialistes disposent des données satellites des dispositifs européens de veille sur les catastrophes naturelles Copernicus et GMES.

Salle principale, backup et salle “secret”

Outre la grande salle, deux autres petites salles – backup – permettent soit de suivre la “crise principale”, soit de gérer deux mini-crises. Une hypothèse qui n’est pas d’école comme le précise, Peter Billing, le chef d’unité adjoint à la réponse urgente de crises de la DG ECHO. « En 2011, nous avons dû gérer simultanément une grande crise en Libye, et deux autres le séisme-tsunami au Japon et le séisme à Van en Turquie ».

A l’arrière se trouvent d’autres salles, plus calmes, prévues pour les réunions, pour la gestion logistique – transport, les formations. Une salle de réunion a été prévue pour pouvoir accueillir les experts des Etats membres au besoin ainsi qu’une grande salle de briefing pouvant accueillir médias et télévisions. Enfin, une cuisine et même un divan pour pouvoir se reposer…

Au fond du dispositif, une salle apparemment anodine… Des murs à peine peints, bruts, comme une salle de stockage. C’est en fait une salle type cage faraday, répondant aux normes “top secret”, avec porte blindée, permettant à des personnels de pouvoir entrer en communication avec les dispositifs “protégés”. Utile en cas d’alerte terroriste.

Coordination avec les salles spécialisées

Le dispositif sera servi en temps ordinaire par le personnel de la MIC auxquels pourront s’adjoindre au besoin des personnels spécialisés de la DG Sanco (en cas d’épidémie ou de risque particulier d’épidémie), de la DG Energie (en cas de risque radiologique ou sur les réseaux électriques), de la DG Move (en cas de problème de transport routier, ferroviaire ou aérien), voire des personnels du SEAE comme les personnels de l’Etat-Major de l’UE pour la partie “transport”. Des accords ont été passés en ce sens avec à peu près toutes les DG (Sanco, Home, Move, Recherche…) ou sont en passe de l’être.

Avec le SEAE, « des pourparlers sont en cours » explique fort diplomatiquement Sorensen. D’après nos informations, le “cours” est lent… Et le fait que la cellule de crise de la Protection civile soit « le réceptacle de toutes les crises » comme l’ambitionnent ses promoteurs et ce qui est inscrit dans le projet de décision sur la “clause de la solidarité”

Un exercice aujourd’hui

Aujourd’hui, un exercice grandeur nature a lieu, mettant en oeuvre une inondation en Moldavie, aux frontières de la Roumanie. 2400 personnes évacués, 1 mort, environ 5000 personnes affectées, 778 maisons inondées dont 106 détruites. 2 ponts sous l’eau comme certaines routes Un village et la moitié d’un autre entièrement dévastés et qui seront à reconstruire…

Un test grandeur réelle demain ?

Mais demain (16 mai), ce pourrait être une catastrophe naturelle, concrète qui sera à gérer. Les spécialistes de la Protection civile suivent avec attention ainsi le cyclone tropical Mahasen 13 qui se rapproche du Golfe de Bengale à une vitesse d’environ 100 km/h et pourrait causer de gros dégâts. 7,2 millions de personnes pourraient être concernées dont certaines en Birmanie, sont très vulnérables, car vivant déjà sous des abris précaires, ayant déjà été “déplacés”, des réfugiés de l’intérieur. Le gouvernement de Rangoon a conseillé à chacun de fuir la région et même utilisé la menace d’utiliser la force pour les récalcitrants. 160.000 personnes sont ainsi concernées particulièrement.

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Elections au Mali : on maintient … un peu, on reporte le reste ?

(Crédit: Commission européenne)

(BRUXELLES2) C’est au détour d’une phrase que le président par intérim Dioncounda Traoré arrivé àa officialisé un assouplissement du calendrier électorale. Lors de sa conférence de presse à la Commission européenne, ce mardi (14 mai), en prélude à la conférence internationale sur le Mali, il a indiqué être « décidé à organiser ces élections, en tout cas l’élection présidentielle avant la fin du mois de juillet, c’est un pari que nous allons tenir, que nous sommes obligés de gagner ». Interrogé sur la fiabilité de la date du 28 juillet, le président a expliqué « à notre avis elle sera maintenue. Nous ferons tout pour que le 28 juillet l’élection présidentielle commence ».

Premier report et premier abandon

Cette déclaration a deux conséquences. Tout d’abord, le calendrier est, une première fois, retardé par rapport à la date initiale et malgré le discours volontariste des autorités maliennes mais aussi des acteurs internationaux comme celles de l’envoyé spécial de l’ONU, Romano Prodi, on ne peut que douter du respect de cette date du 28 juillet. De plus, Traoré n’a parlé que de l’élection présidentielle, l’idée d’organiser le scrutin législatif au même moment semble donc prendre du plomb dans l’aile. Et l’idée d’un découplage semble avoir la faveur de certains experts au niveau européen. Ce qui confirme l’impression que B2 avait eu en se rendant sur place (lire sur le Club de B2 : Les élections en juillet au Mali : des obstacles et des risques)

La réconciliation par la décentralisation?

Le président malien s’est expliqué sur le processus de réconciliation qui doit être lancé. Un élément important serait la décentralisation et le président veut « faire en sorte que cette décentralisation devienne effective » mais que cela n’entraine « pas de discrimination particulière entre Nord et Sud. « Nous pensons que les problèmes peuvent trouver une solution dans la décentralisation. Elle n’a pas toujours été mise en œuvre comme nous le souhaitions et elle n’a donc pas fonctionné comme on le voulait » a-t-il affirmé. Il pose cependant des limites « nous sommes prêts à discuter de tout sauf de l’intégrité du Mali et de la laïcité » tout en faisant une distinction implicite entre les populations du Nord et les populations Touaregs au détour d’une phrase.

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L’Europe entérine le Traité sur le commerce des armes

L’Assemblée générale des Nations-Unies au moment de l’adoption du TCA (Crédit: UNODA)

(BRUXELLES2) La date est symbolique. Mais la procédure était nécessaire La Commission européenne a présenté ce mercredi (8 mai) une proposition de décision au Conseil donnant l’autorisation aux 27 Etats-membres de « signer le Traité sur le commerce international des armes conventionnelles (TCA) ».

Un passage obligatoire par la case européenne

Cette procédure est nécessaire explique-t-on à la Commission. Car le traité touche à des domaines qui sont la compétence exclusive de l’Union européenne, exportation/importation/concurrence. Il revient donc à la Commission européenne de faire une proposition de décision. La signature du Traité doit être faite le 3 juin prochain. Et la décision devrait être entérinée rapidement au prochain Conseil des ministres de l’UE.

Un traité historique

Le Traité adopté à l’Assemblée générale des Nations-Unies le 2 avril dernier, après d’intenses tractations (*), tend à encadrer le commerce « licite des armes conventionnelles en établissement des normes internationales communes strictes pour l’importation, l’exportation et le transfert ». Il impose aussi aux Etats de « tenir des registres et de faire rapport au Secrétariat et aux autres Etats parties ». Une meilleure transparence devrait se mettre en place quant au commerce des chars, véhicules, navires, avions, missiles, armes légères, munitions… Un texte « primordial » pour Antonio Tajani, le commissaire européen à l’Industrie. Car il permet « de combler le vide que constitue la non-réglementation du commerce des armes conventionnelles au niveau international ».

(*) 154 Etats ont voté en faveur du texte, 23 se sont abstenus (dont la Chine, l’Inde et la Russie) et 3 ont voté contre (l’Iran, la Corée du Nord et la Syrie).

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La Croatie est prête selon la Commission

Stefan Füle à Zagreb le 26 mars 2013 (crédit: DG élargissement)

(BRUXELLES2) Bienvenue dans l’UE ! C’est un peu le sens du rapport de suivi que vient de publier la Commission européenne aujourd’hui (26 mars). La Croatie — écrit-elle — est « prête à rejoindre l’UE le 1er juillet 2013 ». La Croatie a « travaillé dur et continué l’allure des réformes » notamment sur les 10 priorités définies dans le rapport précédent d’octobre 2012 : réforme et efficacité de la justice, lutte contre la corruption, droits de l’Homme, coopération avec la justice internationale sur les dossiers de crimes de guerre… Ces avancées permettent d’apporter un « bénéfice direct aux citoyens croates » précise-t-elle.

Le commissaire à l’élargissement Štefan Füle en déplacement à Zagreb en a profité pour présenter cette adhésion de la Croatie, comme « une preuve de la crédibilité de la politique d’élargissement ». « C’est un bon exemple pour le reste de la région qui se rapproche de l’UE » a-t-il ajouté. Un message adressé en quelque sorte aux autres candidats reconnus ou potentiels de la région : Montenegro et Serbie notamment mais aussi Fyrom, Albanie et Bosnie-Herzégovine

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33 millions d’euros supplémentaires pour l’AMISOM

AU-UN IST PHOTO / STUART PRICE

(BRUXELLES2) La Commission européenne a annoncé aujourd’hui, (mardi 19 mars), qu’elle allait accorder 33 millions d’euros supplémentaires à la Mission de l’Union africaine en Somalie (AMISOM). Cette somme permettra à la mission de continuer sa mission et d’atteindre le total des 17.731 militaires autorisés par l’ONU. La subvention européenne permet de couvrir les coûts opérationnels du quartier général situé à Nairobi, les salaires des militaires et les frais des composantes policière et civil de la mission. Depuis 2007, l’Union européenne a accordé 477 millions d’euros à l’AMISOM.

Une mission essentielle pour la stabilité du pays

La Commission insiste sur les progrès enregistrés en Somalie depuis la mise en place de l’AMISOM, celle-ci ayant permis « au gouvernement somalien de regagner le contrôle d’une grande partie de Mogadiscio et d’autres parties du pays ». Tâche nécessaire pour Andris Piebalgs, le commissaire au Développement. Car l’AMISOM continue « à jouer un rôle critique afin d’établir un environnement plus sûr pour la population somalienne ». L’Union européenne restera « engagée pour soutenir les futurs développements en Somalie » a ajouté de son côté Catherine Ashton, la Haute représentante de l’UE.

Lire aussi :

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Quand la démocratie devient un détail gênant. Une prime au populisme et aux extrêmes ?

Quand la démocratie devient un détail gênant. Une prime au populisme et aux extrêmes ?

(BRUXELLES2) Semaine après semaine, l’Europe n’en finit pas de resserrer la vis. Avec des mesures propres qui s’auto-détruisent aussi rapidement qu’elles ont été mises en place. Nombre de mesures d’austérité mises en place ne dégagent pas les ressources attendues, la baisse de la consommation et donc de la croissance annihilant les gains espérés. En revanche, elles provoquent incompréhensions, exaspérations voire hostilités. L’Europe est en train de tuer à petit feu l’idée européenne et de s’affaiblir au plan mondial. La mise en place d’une taxation sur les dépôts d’épargne à Chypre est le dernier avatar d’une politique qui n’a que peu faire des principes démocratiques et économiques. Si on voulait faire peur à tous les épargnants non seulement à Chypre mais dans toute l’Europe, on ne pouvait pas s’y prendre mieux…

Le populisme extrême gagne du terrain

Les gouvernements chutent comme des mouches face à la crise. Grèce, Italie, Bulgarie, Chypre… la liste est déjà longue. Et cela devrait continuer. Au plan social, le phénomène des immolations des exclus se poursuit en Bulgarie. Et il serait erroné de n’y voir qu’une scorie d’un malaise. Au plan politique, la constitution de grandes coalitions n’est qu’un pis aller qui laisse une marge de croissance aux oppositions les plus extrêmes. Le danger ne semble pas venir de l’extrême gauche aujourd’hui, malgré toutes les prévisions (ou les craintes). Elle vient d’un populisme, plus ou moins teinté d’extrémisme, voire carrément extrême. Aube dorée, Vrais Finlandais, Jobbik, Ukip… Ces mouvements semblent avoir le vent en poupe. Que ce soit au sud, à l’est ou au nord de l’Europe, quelles que soient les bonnes ou mauvaises raisons, le signe du repli sur soi a sonné. La victoire du populiste gentillet de Beppe Grillo en Italie – tant cité en exemple – n’est qu’un épiphénomène. Au train où vont les réformes, il n’est pas évident que ses électeurs retournent gaiement vers les partis traditionnels une fois la déception dans leur leader acquise.

Le critère d’acceptation par la population et le respect des règles démocratiques deviennent un détail

De la même manière qu’en 2008, l’exécutif européen avait tardé à prendre la mesure de l’ampleur de la crise financière ; il semble aujourd’hui ne pas mesurer l’ampleur de la crise politique et sociale qui sourd. Ce n’est pas faute de l’analyser. Je me souviens d’une conversation avec José-Manuel Barroso il y a déjà plus d’un an qui anticipait des difficultés politiques. Le commissaire au Marché intérieur Michel Barnier disait encore récemment redouter une succession de crises. Et Jean-Claude Juncker, le Premier ministre luxembourgeois, a tiré à plusieurs reprises la sonnette d’alarme. On ne peut pas qualifier ces trois personnalités de dangereux illuminés. Mais c’est comme si les dirigeants européens n’osaient pas tirer les conséquences de leur analyse, enfermés dans une analyse juridique du Traité. “On ne peut pas”, “Ce n’est pas prévu”, “pas autorisé” reviennent comme des leitmotiv. La “base légale” dicte une loi d’airain. Et les décisions se succèdent toutes aussi justifiées les unes que les autres mais hallucinantes en termes politiques. Car injustifiables pour une population. Le critère “d’acceptabilité” par la population des mesures prises est tenu pour portion négligeable. Quant au respect des règles démocratiques, il devient un “détail”, gênant, dans la procédure européenne.

Un nécessaire changement de paradigme

La situation est grave. Et, cette fois, l’Europe ne peut en rejeter la faute sur les autres. Ce sont ses propres décisions, son propre système de gouvernement qui sont en cause. Et la colère pourrait se retourner contre elle… Si la crise financière avait ses origines dans une certaine aberration financière et une dérégulation à outrance, cette crise là ne peut chercher ses origines à l’extérieur. Elle provient, pour une bonne partie, des décisions prises par les dirigeants européens. Et elle constitue un très mauvais signal dans les autres pays. Face au danger, il faut arrêter certaines politiques suicidaires, sans doute mettre de côté certains critères du pacte : fixer la réduction de la dette comme de l’inflation comme un objectif de moyen terme mais non un impératif de court terme (la Bulgarie et la Roumanie sont aujourd’hui des Etats modèles si on regarde uniquement cet indicateur !). Et jeter toutes les forces dans la bataille pour remettre en place une certaine croissance et jeter les bases non pas d’un pacte budgétaire mais d’un pacte fiscal et social (avec taux minimal et maximal pour l’impôt sur les sociétés, pour les cotisations sociales, pour l’impôt sur les plus values…) afin d’éviter des effets de dumping social/fiscal mais aussi des pertes de ressources pour les Etats.

Si les Européens n’agissent pas, de façon rapide, énergétique et innovante, mais aussi compréhensible pour ses citoyens, ils auront réussi cette gageure : sauver l’Euro mais perdre l’Europe…

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