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Un seul battlegroup début 2012. La transformation des armées en objectif

(BRUXELLES2) Faute de volontaires, les “27″ ont convenu de ne laisser qu’un seul groupement tactique (battlegroup) de permanence au premier semestre 2012. C’était dans l’air. C’est désormais officiellement inscrit, ainsi qu’en attestent les conclusions adoptées par les ministres des Affaires étrangères le 1er décembre. Les Français, Belges et Luxembourgeois de permanence durant les six prochains mois seront donc seuls…

L’objectif de transformation des armées à égalité avec l’objectif opérationnel

Les ministres de la Défense de l’Union européenne n’envisagent pas de revoir le « niveau d’ambition tel que défini dans le concept des battlegroups », qui prévoit notamment d’avoir deux groupes de permanence par semestre. Les groupements sont non seulement un élément opérationnel, ils contribuent « à l’interopérabilité entre Etats membres et reste un vecteur pour la transformation de nos forces armées vers des forces plus mobiles et plus rapidement déployables » est-il précision dans les conclusions adoptée le 1er décembre. On replace ainsi les battlegroups dans un concept plus d’entraînement des troupes et d’adaptation des armées que dans une perspective d’utilisation.

Un petit effort s’il vous plait

Les “27″ ont cependant entendu souligner l’importance de faciliter leur utilisation dans des opérations. Ils ont ainsi demandé à chacun de faire un « effort supplémentaire » pour remédier à de telles lacunes dans le futur. Et ils se sont fixés une date limite, à la fin de l’année pour tenter d’aboutir à un accord sur le mécanisme Athena, qui permet de prendre en charge certains frais générés par les battlegroups.

Interaction civile

Suivant quelques idées en cours – et notamment la proposition polonaise et les travaux entrepris au sein du service diplomatique européen – les 27 ont aussi acté de la nécessité de renforcer l’interaction entre les battlegroups au niveau européen et les possibilités d’interconnexion avec des acteurs civils. La Haute représentante devra ainsi fournir un rapport sur ces sujets au premier semestre 2012.

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Des battlegroups “civilisés”

(BRUXELLES2, exclusif) Un “papier” est actuellement à l’étude au niveau européen, notamment à l’Etat Major de l’UE, afin d’étudier la possibilité d’éléments civils en liaison avec les battlegroups militaires. Une notion qui n’est pas nouvelle. Les Suédois avaient travaillé sur cette question en leur temps. Et les Polonais, plus récemment, avaient remis à leurs homologues, ministres de la Défense, un “non paper” présentant quelques évolutions sur les battlegroups. Cette note pourrait être examinée en novembre par les ministres de la Défense, le 30 novembre qui devraient donner des indications précieuses sur la future orientation du document. Cette première discussion permettrait à la structure de planification du service diplomatique (CMPD) de préparer une série de recommandations aux Etats membres et d’étudier les meilleures voies de coopération entre moyens civils et moyens militaires.

Une nécessité pour assurer une bonne transition

Ce qui justifie cette évolution ? Selon ce que m’en a expliqué un responsable européen, « les retours d’expérience montrent bien combien il est nécessaire de préparer, le plus tôt possible, la transition dans une situation post-conflit ». La planification, anticipée, avec les civils de cette transition ; leur association aux battlegroups apparaît donc comme une nécessité.

L’Etat-Major veut ainsi examiner les moyens d’embarquer des éléments civils ou, au minimum, d’assurer une meilleure liaison entre les militaires du battlegroup et les civils. Elle entend initier la rédaction d’une ligne directrice aux Etats fournissant des Battlegroups sur les conditions et le rôle potentiel  de ces “composantes” civiles. Elle veut aussi démarrer le travail sur les formes possibles de coopération.

Trois possibilités principales

La note envisage plusieurs possibilités. Tout d’abord la création d’une petite équipe de conseillers civils au sein du battlegroup ; des experts en protection civile, en police, reconstruction développement, Etat de droit, réforme du secteur de sécurité (SSR)… Cette équipe pourrait être incorporée dans la planification du battlegroup au sein du FHQ (le quartier général déployé sur zone) ou localisée au FHQ mais de façon autonome.

Ensuite, l’adjonction au battlegroup d’une unité de police intégrée (FPU/IPU), permettant d’avoir des capacités supplémentaires en matière de maintien de l’ordre, de contrôle de la foule. Nb : ce type de solutions serait facilitée par l’existence dans plusieurs pays d’unités militarisées de maintien de l’ordre (gendarmerie, carabinieri, police militaire).

Enfin, des « efforts » pourraient être faits par les Etats membres pour analyser la meilleure coopération possible entre les battlegroups et des capacités civiles de l’UE – en incluant au besoin les pools d’experts, préconstitués, autour de la SSR.

Cette approche entend reprendre l’idée d’une extension des battlegroups vers les civils. Mais au lieu de plancher sur les utilisations possibles des groupements militaires dans des interventions mixtes (lors de catastrophes naturelles par exemple), il se penche sur les moyens de liaison civils qui pourraient être utiles au battlegroup. Ce qui, assurément, est plus facile à accepter et mettre en place par les différents Etats membres.

 

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La résolution 1973 sur la Libye met en avant la “protection des civils”.

Alain Juppé donnant la justification de vote jeudi soir au Conseil de sécurité (Crédit : ONU)

(BRUXELLES 2) Mission accomplie ! pourra dire Alain Juppé, le ministre français des Affaires étrangères, dont c’est en quelque sorte le premier test, réussi, à ce poste. Le texte de la résolution du Conseil de sécurité de l’ONU, qui porte le numéro 1973, imposant des mesures de force à la Libye a été voté vers 18h (heure New York, 24 heures Paris/Bruxelles) sans coup férir. Et il reprend l’essentiel des dispositions prévues dans le projet de résolution (dont j’avais donné les premiers éléments) : No Fly zone, protection des civils, interdiction des vols libyens, extension du gel à toutes les ressources économiques de la Libye, comité d’experts. Mieux, on pourrait dire qu’il les précise, et les durcit par endroits.

Un texte durci et précisé

Après une rapide comparaison (je viens d’avoir le texte final), quatre éléments sont ajoutés :

- un considérant soulignant que l’établissement de l’interdiction de tout avion dans l’espace aérien libyen “constitue un élément important pour la protection des civils aussi bien que la sécurité de la fourniture de l’assistance humanitaire et un pas décisif pour la cessation des hostilités en Libye“.

- un appel à un cessez-le-feu immédiat et la fin complète (et non plus seulement immédiate) de la violence et de toutes les attaques, et abus, contre les civils (mots en souligné = ajout)

- la nécessité d’intensifier les efforts pour trouver une solution à la crise (“en répondant aux demandes du peuple libyen”).

- le chapitre sur la protection des civils est remonté en avant et réécrit. Il continue d’autoriser les Etats membres – sous condition de l’avoir notifié au Secrétaire général (et non plus une simple information) – à “prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger les civils et les zones peuplées de civils sous la menace d’une attaque en Libye, y compris Benghazi” (cette ville est nommément citer). Ceciexclut une force d’occupation étrangère sous quelque forme ou partie du territoire libyen que ce soit“. C’est le point principal qui est nouveau et satisfait donc à la fois les pays arabes et la Russie. Il peut éviter aussi un scénario à l’afghane.

Le texte garde un rôle clé à la Ligue Arabe mais sous une forme différente : il reconnait un “important rôle dans les domaines relatifs au maintien de la paix internationale et de la sécurité de la région et demande aux pays de la Ligue arabe de coopérer avec les autres Etats membres” pour la mise en vigueur de cette protection des civils.

A noter que la résolution comprend désormais les cinq entités : Banque centrale de Libye, Libyan Investment Authority… déjà compris dans la liste établie par l’Union européenne.

Télécharger la résolution (anglais)

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