Chypre

Quand la démocratie devient un détail gênant. Une prime au populisme et aux extrêmes ?

Quand la démocratie devient un détail gênant. Une prime au populisme et aux extrêmes ?

(BRUXELLES2) Semaine après semaine, l’Europe n’en finit pas de resserrer la vis. Avec des mesures propres qui s’auto-détruisent aussi rapidement qu’elles ont été mises en place. Nombre de mesures d’austérité mises en place ne dégagent pas les ressources attendues, la baisse de la consommation et donc de la croissance annihilant les gains espérés. En revanche, elles provoquent incompréhensions, exaspérations voire hostilités. L’Europe est en train de tuer à petit feu l’idée européenne et de s’affaiblir au plan mondial. La mise en place d’une taxation sur les dépôts d’épargne à Chypre est le dernier avatar d’une politique qui n’a que peu faire des principes démocratiques et économiques. Si on voulait faire peur à tous les épargnants non seulement à Chypre mais dans toute l’Europe, on ne pouvait pas s’y prendre mieux…

Le populisme extrême gagne du terrain

Les gouvernements chutent comme des mouches face à la crise. Grèce, Italie, Bulgarie, Chypre… la liste est déjà longue. Et cela devrait continuer. Au plan social, le phénomène des immolations des exclus se poursuit en Bulgarie. Et il serait erroné de n’y voir qu’une scorie d’un malaise. Au plan politique, la constitution de grandes coalitions n’est qu’un pis aller qui laisse une marge de croissance aux oppositions les plus extrêmes. Le danger ne semble pas venir de l’extrême gauche aujourd’hui, malgré toutes les prévisions (ou les craintes). Elle vient d’un populisme, plus ou moins teinté d’extrémisme, voire carrément extrême. Aube dorée, Vrais Finlandais, Jobbik, Ukip… Ces mouvements semblent avoir le vent en poupe. Que ce soit au sud, à l’est ou au nord de l’Europe, quelles que soient les bonnes ou mauvaises raisons, le signe du repli sur soi a sonné. La victoire du populiste gentillet de Beppe Grillo en Italie – tant cité en exemple – n’est qu’un épiphénomène. Au train où vont les réformes, il n’est pas évident que ses électeurs retournent gaiement vers les partis traditionnels une fois la déception dans leur leader acquise.

Le critère d’acceptation par la population et le respect des règles démocratiques deviennent un détail

De la même manière qu’en 2008, l’exécutif européen avait tardé à prendre la mesure de l’ampleur de la crise financière ; il semble aujourd’hui ne pas mesurer l’ampleur de la crise politique et sociale qui sourd. Ce n’est pas faute de l’analyser. Je me souviens d’une conversation avec José-Manuel Barroso il y a déjà plus d’un an qui anticipait des difficultés politiques. Le commissaire au Marché intérieur Michel Barnier disait encore récemment redouter une succession de crises. Et Jean-Claude Juncker, le Premier ministre luxembourgeois, a tiré à plusieurs reprises la sonnette d’alarme. On ne peut pas qualifier ces trois personnalités de dangereux illuminés. Mais c’est comme si les dirigeants européens n’osaient pas tirer les conséquences de leur analyse, enfermés dans une analyse juridique du Traité. « On ne peut pas », « Ce n’est pas prévu », « pas autorisé » reviennent comme des leitmotiv. La « base légale » dicte une loi d’airain. Et les décisions se succèdent toutes aussi justifiées les unes que les autres mais hallucinantes en termes politiques. Car injustifiables pour une population. Le critère « d’acceptabilité » par la population des mesures prises est tenu pour portion négligeable. Quant au respect des règles démocratiques, il devient un « détail », gênant, dans la procédure européenne.

Un nécessaire changement de paradigme

La situation est grave. Et, cette fois, l’Europe ne peut en rejeter la faute sur les autres. Ce sont ses propres décisions, son propre système de gouvernement qui sont en cause. Et la colère pourrait se retourner contre elle… Si la crise financière avait ses origines dans une certaine aberration financière et une dérégulation à outrance, cette crise là ne peut chercher ses origines à l’extérieur. Elle provient, pour une bonne partie, des décisions prises par les dirigeants européens. Et elle constitue un très mauvais signal dans les autres pays. Face au danger, il faut arrêter certaines politiques suicidaires, sans doute mettre de côté certains critères du pacte : fixer la réduction de la dette comme de l’inflation comme un objectif de moyen terme mais non un impératif de court terme (la Bulgarie et la Roumanie sont aujourd’hui des Etats modèles si on regarde uniquement cet indicateur !). Et jeter toutes les forces dans la bataille pour remettre en place une certaine croissance et jeter les bases non pas d’un pacte budgétaire mais d’un pacte fiscal et social (avec taux minimal et maximal pour l’impôt sur les sociétés, pour les cotisations sociales, pour l’impôt sur les plus values…) afin d’éviter des effets de dumping social/fiscal mais aussi des pertes de ressources pour les Etats.

Si les Européens n’agissent pas, de façon rapide, énergétique et innovante, mais aussi compréhensible pour ses citoyens, ils auront réussi cette gageure : sauver l’Euro mais perdre l’Europe…

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Chypre offre près de 2400 fusils d’assaut à l’armée malienne

(BRUXELLES2, exclusif) Le pays est petit mais pas désarmé. La république de Chypre devrait fournir des fusils d’assaut à l’armée malienne. C’est désormais confirmé. L’offre a été faite dans les groupes de travail de l’UE. Les Chypriotes vont ainsi donner environ 2400 Zastava 7.62mm, la kalachnikov de fabrication yougoslave qui équipe l’armée chypriote que l’armée malienne. C’est une des premières contributions faites directement pour équiper la nouvelle armée malienne. Ce besoin en armes est un de ceux identifiés par les Forces armées du Mali qui ont adressé une liste à l’Union européenne et aux Etats-membres. Il a ensuite été validée par la mission d’évaluation française, selon nos informations.

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L’Otan déserte l’UE

(BRUXELLES2) Invitée à Nicosie, comme à chaque réunion informelle des ministres de la Défense de l’Union européenne, l’OTAN a – encore une fois – été aux abonnés absents. Il est, cependant, d’usage qu’un représentant de l’Alliance atlantique – le secrétaire général ou un de ses adjoints – participe à toutes les réunions « Défense » de l’Union européenne (et vice-versa). Un principe entériné notamment à l’informelle de Palma de Majorque et qui répondait à un souhait de renforcer les liens entre les deux organisations, d’éviter toute duplication ou incompréhension. Cela figurait parmi la « démarche en trois temps » rappelée à plusieurs reprises par Anders-Fogh Rasmussen. Cette règle a été rompue lors de la réunion de mercredi et jeudi. Même si aucune explication officielle valable n’a été donnée, tout le monde en connait la raison. C’est le fait que la réunion se déroule à Nicosie et sous présidence chypriote qui a valu ce courroux. Les Turcs ayant annoncé mordicus leur désir de ne pas avoir de relation avec l’Union européenne. L’absence n’est cependant pas passée inaperçue. Et plusieurs ministres ont été de leur commentaire sur ce qui parait avant tout comme une entorse à un principe de réciprocité et une gifle à l’Union européenne. Elle pourrait laisser ouverte désormais la porte à ce que ce rapprochement ne soit pas aussi intense que celui souhaité. Quant à la Turquie, manifestement, elle ne sort pas grandie de cette épreuve qui aurait pu être une opportunité d’une détente entre les deux pays. Et son chantage, ouvert, rend plus que difficile la poursuite de négociations d’élargissement qui sont de toute façon au point mort.

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La Haute représentante se défend (un peu) de vouloir écarter la presse des réunions

Le centre de conférence et de presse destiné à accueillir les réunions informelles sous la présidence chypriote à Nicosie (© NGV / B2)

(BRUXELLES2) Interrogé par les journalistes, lors du briefing quotidien, le porte-parole de Catherine Ashton s’est défendu aujourd’hui de vouloir écarter la presse de la réunion informelle des ministres des Affaires étrangères à Paphos (Chypre), début septembre, préférant la responsabilité du choix du lieu de la réunion comme les conditions de travail de la presse sur la présidence chypriote.

NB : Pour ceux qui n’ont pas suivi les épisodes précédents, la réunion informelle se déroule à Paphos à l’autre bout de l’île alors que toutes les autres réunions informelles d’importance et le centre de presse ont été situés dans un lieu unique, à Nicosie, très bien équipé et facile d’accès.

Si « l’agenda de la réunion est élaboré par la Haute représentante et le Service européen d’action extérieure (…), la logistique et l ‘organisation de la réunion sont assurés par la présidente chypriote » a-t-il souligné, se dédouanant de vouloir « entraver le droit à l’information et le travail des correspondants européens » ainsi que s’est plainte officiellement l’association de la presse internationale (API) qui représente les journalistes auprès des institutions européennes (*).

« Les ministres et la Haute représentante seront disponibles au début de la réunion », a-t-il assuré, lors des « doorsteps » (ainsi qu’on les appelle en bon jargon européen). Et « une conférence de presse suivra après la réunion. (Tandis que) les portes-paroles disponibles durant la réunion. » Habilement, il a cependant esquivé la question de l’organisation loin de certains lieux, rappelant tout de même qu’un des objectifs de « ce gymnich est d’avoir une discussion à fond, informelle, entre les Ministres » des Affaires étrangères. Un demi-aveu… Pour écouter l’échange (il dure 5 mns), c’est ici

(*) L’API a passé un accord avec les services du Conseil – après une certaine présidence un peu chaotique (la française…) et le déplacement, un peu impromptu, pour ne pas dire cavalier, :-) de certaines sommets bilatéraux et réunions informelles. Ainsi il est prévu que les journalistes aient accès aux entrées des réunions informelles et disposent sur place (ou à proximité) d’une salle de travail, afin de faciliter l’envoi vers les rédactions (montage pour les médias audiovisuels, internet pour tous).

(maj 30 août) Finalement la presse a obtenu au dernier moment le respect de cet accord. La Haute représentante devra donc composer avec la presse. Le risque était qu’elle se retrouve à Nicosie, avec uniquement la presse chypriote sous un feu roulants de questions qui auraient sans doute porté essentiellement sur les relations avec la Turquie.

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Au menu du Gymnich, une discussion « smart casual » (maj)

La réunion des ministres des Affaires étrangères a été déplacée à Paphos, loin de toute présence turque sur l'île (© NGV / B2)

(BRUXELLES2) Les ministres des Affaires étrangères se retrouvent à Chypre, les 7 et 8 septembre, à un moment qui n’est pas au beau fixe au niveau international. Il n’y a pas que la température qui sera chaude à Chypre… et la presse a été soigneusement tenue à l’écart de la réunion. Les ministres ont été avertis de prévoir la tenue d’été. Le « smart casual » sera ainsi de rigueur durant la réunion, qui se veut totalement informelle, à l’écart de la presse. Les participants pourront adopter une tenue un peu plus chic, pour le diner du soir. Et une visite de la vieille ville de Limassol – située près de la base de souveraineté britannique d’Akrotiri, est également à l’ordre du jour.

Deux sujets de fond

Le programme défini prévoit d’ailleurs deux discussions intemporelles. L’une sur l’eau, une question stratégique et un problème essentiel dans plusieurs endroits du monde (le Bassin du Nil par exemple, mais aussi au Yemen ou dans le Moyen-Orient) souligne un diplomate européen ; l’autre sur l’éducation. La jeunesse a été un des moteurs actifs du printemps arabe. Les 27 devraient aussi se pencher sur la stratégie européenne de sécurité – avec le suivi des questions de Copenhague. Gageons que d’autres questions devraient surgir sur l’agenda : la Syrie et le Liban – car la situation se détériore dans les pays voisins – ou le Congo (Didier Reynders, le ministre belge est ainsi de retour d’une tournée dans la région).

Loin des yeux

A l’origine prévue à Nicosie, cette réunion informelle a été déplacée à Paphos, à la demande des services de la Haute représentante, précisent les autorités chypriotes. Une mesure que l’on peut voir comme la volonté de réinstaurer la réalité informelle de la réunion, loin de la presse, et dans un environnement idyllique. Mais qui tient également à l’environnement particulier de l’ile. A Paphos, au sud de l’ile, on est plus loin de la ligne verte qui coupe l’ile en deux et donc à l’abri de toute visite intempestive qu’aurait pu entreprendre un diplomate ou un ministre européen amateur de voir le dernier « mur » en Europe. Ici, contrairement à Nicosie, on est loin d’un quelconque drapeau turc ou d’une bannière des Nations-Unies rappelant qu’un pays membre de l’OTAN proche de l’Union européenne en occupe une partie d’un autre pays européen…

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L’OTAN boude les réunions de l’Union européenne… sous présidence chypriote ?

(BRUXELLES2) Invitée à la réunion des directeurs politiques de Défense, à Nicosie, cette semaine, l’OTAN n’a pas répondu présent. A vrai dire, elle n’a pas dit qu’elle ne viendrait pas ; elle a simplement observé un mutisme total. Sans doute une erreur d’adresse…

Cependant… Un responsable de l’OTAN est toujours présent aux réunions de travail de l’Union européenne. C’est d’ailleurs un moyen pratique qu’ont trouvé les responsables des deux organisations (A.F. Rasmussen et C. Ashton) pour renforcer les liens entre les deux organisations. Aux dernières réunions, c’était ainsi le secrétaire général adjoint de l’OTAN, Hüseyin Diriöz (de nationalité turque), qui venait.

Est-ce du fait que la réunion se déroulait sous la présidence chypriote et à Nicosie, que l’Alliance atlantique n’a pas voulu répondre à l’invitation ? Il y a de grandes chances. La Turquie avait annoncé qu’elle boycotterait les réunions de l’UE durant la présidence chypriote. Ce boycott semble aujourd’hui s’étendre aux relations entre les deux organisations. Ce n’est pas un très bon signe ni très sérieux d’ailleurs…

 

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La présidence tournante, très utile ma foi

Cérémonie d'inauguration de la présidence chypriote sur le site archéologique de Kourion

(BRUXELLES2 à Nicosie, opinion) Elle a été critiquée, huée, et encore aujourd’hui elle a souvent mauvaise presse parmi certains spécialistes et responsables politiques européens. Il est de bon ton d’ailleurs quand on défend une « certaine » idée de l’Europe de souhaiter la fin des présidences tournantes. J’ai entendu ainsi quelques eurodéputés répéter cette antienne encore dernièrement. Par esprit de répétition tout autant que de conviction, et au nom de l’efficacité ! Cette position me semble une vue dépassée, totalement incohérente d’ailleurs avec les nouvelles institutions mises en place par le Traité de Lisbonne, et allant plutôt à l’inverse du but recherché : l’efficacité.

Un peu de dynamisme

La présidence tournante a un gros avantage. Elle insuffle un peu de dynamisme dans une mécanique qui, parfois, tourne en rond. Le président « tournant » a le « feu aux fesses ». Il a à coeur de montrer aux yeux de tous – et de son peuple – qu’il peut – lui aussi – obtenir deux ou trois succès. Il tente ainsi au finish d’obtenir des résultats sur quelques dossiers ou de donner une impulsion que d’autres présidences se chargeront de poursuivre. Cela ressort tout autant de la psychologie humaine, d’un peu d’orgueil personnel que de la constance politique. Six mois c’est court ! Certes cela peut amener à une conduite en zig-zag. Mais l’efficacité ne signifie pas une continuité parfaite sur une ligne droite. Et mieux vaut avancer par à coups, éventuellement avec des coups de gueule, qu’à un train de sénateur monotone…

Une équipe politique

La présidence tournante a un bénéfice à son compte : mettre le focus sur une équipe politique et un système constitutionnel, montrer aux yeux de tous la diversité que représente l’Europe, que ce soit au niveau politique et géographique. Qu’il y a-t-il de commun entre le nationaliste hongrois un peu rugueux Orban, le libéral polonais Donald Tusk, la sociale-démocrate danoise élégante Helle Thorning-Schmidt et le communiste levantin Demetris Christofias ? Rien, sinon qu’ils ont exercé à tour de rôle cette présidence… Et qu’ils ont été élus démocratiquement, au suffrage universel direct. Chacun(e) à leur manière, ils représentent un petit morceau d’Europe, telle qu’elle existe, aujourd’hui, dans toute sa diversité. Nous avons ainsi un peu de foi politique, même si on peut ne pas en partager tous les contours.

Une vision géopolitique

La présidence tournante permet aussi de découvrir un pays, une histoire particulière, un positionnement géographique, une vision géopolitique, difficile à percevoir ou comprendre vu de Bruxelles ou de Strasbourg. Avec Chypre, à vrai dire, on est servi. Nous avons ici bien souvent la démonstration d’un langage plus byzantin, ou il faut distinguer derrière l’intensité des mots ou la rondeur des phrases où est la réalité. D’une certaine façon, on est plus proche – géographiquement et politiquement – de Beyrouth ou d’Istanbul que de Stockholm ou Berlin. Avec une petite touche britannique indélébile… Ce momentum est essentiel à la construction européenne !

Un regard sur des problèmes nationaux

Chypre c’est aussi le dernier territoire européen vivant sous la présence d’une armée « étrangère » à ses portes. On peut avoir tendance à l’oublier quand on est loin de l’ile. Mais les Chypriotes (grecs) ont vite fait de nous le rappeler. La réunification de l’Allemagne, la fin du conflit civil en Irlande du Nord ont ainsi laissé à ce petit bout de territoire aux confins de l’Europe un privilège. Quand le président chypriote Christophias salue à la cérémonie d’ouverture de la présidence de l’UE – sur le site archéologique de Kourion, situé sur une base de souveraineté britannique ! – la présence de chypriotes turcs et qu’il souhaite très bientôt pouvoir les compter dans un Etat réconcilié, ce n’est pas un vain mot. C’est une réalité bien présente sur le terrain. Et la présidence de l’Union européenne revêt, ici, une dimension symbolique importante, largement supérieure à celle d’autres pays.

Une présidence fixe pour quoi faire ?

Il y a aujourd’hui un certain nombre de structures fixes au plan européen : une Commission nommée pour 5 ans – avec certains commissaires qui en sont à leur deuxième (Barroso, Barnier…) voire un troisième mandat (V. Reding) -, un Parlement européen composée de représentants élus au suffrage universel pour 5 ans, sans oublier la Banque centrale européenne qui acquiert un pouvoir notable aujourd’hui dans la crise de la dette et encore plus demain avec « l’union bancaire ». Une seule a une légitimité démocratique consacrée par le suffrage universel : le Parlement européen.

La seule institution qui représente un peu la vivacité politique et la diversité des Etats, avec une légitimité démocratique, est le Conseil. Et encore certaines de ces formations sont présidées par un représentant fixe (Conseil européen par H. Van Rompuy, Affaires étrangères par C. Ashton, Eurogroupe par JC Junckeer). Je ne suis pas sûr que la suppression de cette présidence tournante soit un gage supplémentaire d’efficacité et de dynamisme. Au contraire…

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La présidence chypriote veut pousser la réflexion sur la défense européenne. Son agenda

(BRUXELLES2 à Nicosie) Bien que « petit » pays, Chypre participe à la plupart des missions de l’Union européenne. Et durant sa présidence, il entend pousser la politique européenne de défense et sécurité commune (PeSDC). Une série de conférences et séminaires vont ainsi rythmer les prochains mois.

Pousser la réflexion sur la Défense européennes, stratégie et capacités

Les chypriotes veulent mettre autant le focus sur la politique de défense comme sur les capacités. Un séminaire est ainsi organisé le 30 octobre à Bruxelles intitulé « sur la route avec la PSDC. Planification et conduite (des opérations), capacités, stratégie ».

Deux autres séminaires seront centrés plus spécifiquement sur les capacités. L’un à Bruxelles, le 19 septembre, en coopération avec l’agence européenne de défense et l’Institut d’Egmont autour de la coopération « innovante » en matière de défense « Pooling and consolidating demand ». L’autre à Paphos, les 18 et 19 octobre, sur la manière d’améliorer le processus du développement des capacités militaires. Un atelier de travail de la Headline task force se tiendra à ce moment là également.

Deux séminaires sur la sécurité maritime sont organisés : l’un à Paris le 6 septembre, l’autre à Larnaca (l’un des principaux ports de l’ile) les 8 et 9 novembre.

Des olympiades

Point original, Chypre a entamé des « olympiades » de la PeSDC. Réunissant les « cadets » des différentes armées européennes, il commence d’abord par une série d’apprentissage à distance, par internet. A la fin de cette formation, les étudiants devront plancher sur une étude en lien avec les sujets de la PSDC. Et le tout se clôturera à Paphos, les 4 et 5 octobre, au bord de la mer (un très bel endroit, je recommande :-) ), avec la présentation des essais par les étudiants et la remise des prix pour les meilleurs d’entre eux par l’UE et le ministère chypriote de la Défense. Les essais seront ensuite réunis sous forme d’ouvrage.

Battlegroups et comité Athena

Les réunions plus classiques se dérouleront également. Après la réunion informelle des directeurs de la défense (à Nicosie qui vient de s’achever les 4 et 5 juillet), ce sera au tour des experts (financiers) du comité Athena de se réunir à Larnaca les 20 et 21 septembre. Les membres du comité militaire de l’UE sont, eux, attendus, les 11 et 12 octobre, à Larnaca. Tandis que la conférence de coordination des battlegroups aura lieu le 19 septembre… à Bruxelles et les directeurs du renseignement seront en « conclave » le 13 novembre, également à Bruxelles !

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