Les 27 approuvent la participation du Canada à EULEX Kosovo

(B2) Le Canada devrait contribuer à la mission « Etat de droit » (Eulex) de l’Union européenne au Kosovo. Les 27 ambassadeurs du Comité de politique et de sécurité de l’UE approuvent, ce vendredi, un accord de coopération. Le Canada doit fournir, d’après les premières indications, cinq policiers qui doivent arriver, d’ici mars, à Pristina. C’est la deuxième contribution extérieure à l’Europe après les Etats-Unis. Mais ce n’est pas la première fois que les Canadiens participent à une opération civile de l’UE. Ils sont ainsi présents en Afghanistan, dans le cadre de l’opération de formation de la police (Eupol), à l’équipe de reconstruction provinciale de Kandahar. Ainsi que dans les territoires palestiniens (EUPOL Copps), avec deux hommes. Le renforcement des liens entre l’Union européennet et le Canada avait été évoqué lors du dernier sommet bilatéral en octobre

(NGV)

Escorte du PAM : Les Néerlandais prennent le relais des Canadiens

Crédit Photo : marine néerlandaise

(B2) La mission de la frégate néerlandaise « Hr Ms De Ruyter » a commencé au large de la Somalie, pour assurer la protection des Bateaux du Programme alimentaire mondial (PAM). Ils prennent ainsi le relais des Canadiens.

Une mission de deux mois

Le navire devrait rester deux mois dans la région pour assurer la jonction avec les bateaux de la mission « EuNav » de l’Union européenne. Le ministre de la Défense, Van Middelkoop a assuré que les marins seraient de retour à Noël chez eux. Cependant, si l’UE tardait à mettre en place son opération, certains députés n’excluent pas qu’elle puisse être prolongée de quelques jours ou semaines, le temps que le relais soit assuré avec les navires de la mission « EuNav » de l’Union européenne. Difficile de faire moins. En Somalie, plus de trois millions de personnes dépendent de l’aide humanitaire. Et le PAM avait – à plusieurs reprises – attiré l’attention internationale sur la nécessité de faire escorter ses bateaux (1).

Pêche illégale : Des faits à vérifier

La deuxième chambre du Parlement néerlandais avait autorisé, mercredi, cette contribution – qui est la deuxième des Pays-Bas. Avec une nuance : Ewout Irrgang (SP, gauche) a estimé – selon la presse néerlandaise – qu’il fallait que la mission devait lutter contre tous les actes de piraterie y compris « ceux des bateaux occidentaux« . En effet, explique-t-il, des bateaux « activement les navires de pêche illégale et de déchets toxiques« . Une information de source somalienne, jugée « peu fiable » par le ministre néerlandais du développement, Koenders, et qui nécessite d’être vérifiée, par « une enquête« .

Un retour. C’est un retour dans la région. Puisque les navires de la marine néerlandaise avaient assuré la protection des bateaux du PAM, de mars à juin 2008 (avec la frégate Hr.Ms. Evertsen).

Un moyen d’action juridique. A noter que les Pays-Bas (avec la Suède) sont un des seuls Etats européens à disposer d’une législation permettant la traduction des pirates devant leurs juridictions nationales.

(NGV)

(1) Lire : P.Goossens (PAM): nous n’avons toujours pas d’escorte pour nos bateaux

P.Goossens (PAM): nous n’avons toujours pas d’escorte pour nos bateaux

Peter Goossens est coordinateur du Programme alimentaire mondial (PAM) pour la Somalie.

Vous venez de rencontrer plusieurs responsables européens de la Commission, du Parlement à Bruxelles quel est votre message ?
Premièrement, nous faisons face à une extension de la crise alimentaire dans la Corne de l’Afrique. Nous avons de la nourriture pour les 3-4 mois. Mais ce qu’il faut préparer ce sont les mois suivants. Il nous faut donc 35 millions de $ par mois. Deuxièmement, vous pouvez nous donner tout l’argent et la nourriture nécessaire. Si je ne peux pas l’acheminer sur place, c’est perdu.

Il vous faut donc une escorte maritime ?
Oui. Toute la nourriture vient de la mer. Il n’y a pas d’autres possibilités pour de telles quantités. Je peux trouver facilement les cinq à quinze bateaux nécessaires pour acheminer l’aide alimentaire nécessaire. Mais aucun armateur, aucun capitaine ne veut s’aventurer près des côtes somaliennes, où les pirates font la loi, sans de sérieuses garanties de sécurité. Donc sans une escorte militaire solide.

Vous en avez une actuellement ?
Oui ce sont les Canadiens depuis la mi-août. Mais leur mission s’arrête fin septembre. Et, après, je n’ai plus personne. Les Etats européens ont été parmi les plus actifs. C’est à l’initiative de la France que les escortes ont démarré, en octobre dernier. Les Danois les ont relayé ; puis les Néerlandais jusqu’à fin juin. Sérieusement, j’espère qu’ils trouveront une solution.

Personne ne s’est proposé ?
Non. Les Allemands ou les Espagnols, Italiens, Sud-Africains, Indiens y pensent, apparemment. Mais je n’ai reçu aucune offre précise et concrète. Et la fin septembre se rapproche. je dis donc que « c’est bien de penser à nous et de vouloir nous aider. Mais c’est mieux de passer à l’acte, de vraiment nous aider ». Je sais que c’est difficile, que cela coûte aux Etats. Mais je sais aussi que c’est la seule solution.

Vous n’avez pas des stocks suffisants sur place pour faire face ?
Pour quelques jours, oui. Mais si ca dure, non. Nous n’avons plus assez de nourriture sur place. Entre la mission des Danois et des Canadiens, nous avons eu six semaines d’intervalle, sans escorte. Nous avons pu trouver deux petits navires qui ont accepté de nous acheminer 9 000 tonnes. Mais ce n’était pas suffisant (et loin des 35 000 nécessaires par mois). Les stocks qui nous ont permis de tenir dans cet intervalle sont désormais presque épuisés. Et si un tel intervalle se renouvelle, nous n’avons pas vraiment moyen de faire face.

La situation alimentaire en Somalie est si grave ?
Tout dépendra en fait des pluies de l’automne (en octobre – novembre). Combien de temps cette pluie va durer et combien d’eau va-t-elle amener ? Les pluies du printemps (avril – juin) n’ont en effet pas été suffisantes. Et la situation est mauvaise depuis trois années consécutives. Si cette pluie d’automne est mauvaise encore, on aura vraiment des problèmes. Si elle sera bonne ou tout simplement normale, on pourra stabiliser la situation.

Sinon…
Ce sera la famine. Une famine comme on n’en a pas vu depuis 25 ans. On reverra les images des années 1980. Et on pourra compter les morts en milliers, voire plus. La crise est vraiment sérieuse. Il faut prendre la situation vraiment au sérieux. Et nous assurer cette escorte navale militaire dont nous avons besoin.

Vous venez de rencontrer la nouvelle cellule de coordination « piraterie » pour la Somalie (Eu Navco). Qu’est-ce qu’il en ressort ?
Nous avons discuté en termes très opérationnels et concrets du type et du nombre de bateaux dont nous avions besoin, et des différentes modalités de protection. Par exemple, des patrouilles ou des escortes navales …

Entre les deux, vous préférez ?
Nous n’avons pas besoin de patrouilles mais surtout d’escortes (1). Nous voulons être sûr que nos bateaux arrivent. Et non d’une probabilité. Avec l’organisation et la vitesse d’intervention des pirates, le temps que le bateau patrouilleur arrive sur la zone, les pirates seront déjà passés à l’attaque. Seule l’escorte assure cette sécurité et une dissuasion suffisante. Sans elle, il n’y a aucune possibilité d’affréter des bateaux.

N’y a-t-il pas une autre alternative aux bateaux des Etats, les sociétés privées ?
Si on ne trouve pas d’autre moyen, il faudra bien y réfléchir. Mais je ne préfère pas utiliser cette solution. Je ne suis pas sûr que ce soit la solution la plus efficace. Et aussi pour des questions plus éthiques, on ne sait pas vraiment ce que ces sociétés font en dehors. Et on préfère ne pas avoir affaire à eux.

A plus long terme, quelle solution vous paraît envisageable envers les pirates ?
Je ne vois que deux solutions. Soit on attaque les bases terrestres des pirates (et tout le monde sait où elles sont). Soit on arrive à un accord global de paix en Somalie. Je ne sais pas ce qui est le plus difficile. (…) Si vous demandez mon avis personnel, je ne suis pas un expert militaire, mais l’attaque terrestre me paraît plus facile qu’un accord de paix !

Cela nécessite un accord aux Nations-Unies ?
Oui. Car la résolution du Conseil de sécurité 1816 qui permet l’emploi de la force, permet une action maritime mais pas terrestre.

(1) Une patrouille évolue dans une zone plus ou moins large, aux fins de la sécuriser et se tient prêt à intervenir dans un délai plus ou moins variable (heures ou journées). Une escorte accompagne les bateaux à protéger (par air et/ou mer), voire en plaçant des commandos d’intervention à bord des navires et a donc un délai d’intervention très court.

(NGV)

(article paru dans Europolitique le 22 septembre)

Somalie, la première opération maritime pour l’Europe de la Défense?

Aviso Commandant Birot (Marine française)

(B2) Ce pourrait être la première mission maritime pour l’Union européenne. Mais ca patauge un peu…

La résolution 1816, votée le 2 juin au Conseil de sécurité de l’Onu (pv de la réunion), sur la piraterie a certes permis aux États d’utiliser la force contre les pirates qui sévissent dans la région (en informant le Gouvernement fédéral de transition et le secrétariat général de l’Onu). Les eaux territoriales de la Somalie continuent en effet d’être considérées comme les plus dangereuses du globe (1). Mais le mandat prévu par la résolution est court, six mois. Et, il faut donc faire vite pour mettre en place une mission avant le terme (début novembre si mes calculs sont exacts).

Le Conseil des Ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne devait se pencher sur la question, le 22 juillet. Mais il a convenu que le dossier n’était pas mur. Le Conseil a « marqué son intérêt pour que le travail en cours sur les options en vue d’une contribution de l’Union européenne à la mise en oeuvre de la résolution 1816 du Conseil de sécurité des Nations unies aboutisse le plus tôt possible. » On ne peut pas dire que cela participe d’un enthousiasme délirant !

 

Hervé Morin et Carme Chacon (Ministère de la défense Espagnol)

Onze Etats membres – selon mes informations – ont finalement manifesté un intérêt pour participer, d’une manière ou d’une autre, à cette opération – dont la France, l’Espagne, le Royaume-Uni, l’Allemagne, les Pays-Bas ou l’Estonie. Le 30 juillet dernier, les ministres espagnols et français de la Défense, Hervé Morin et Carme Chacon, ont lancé à Madrid un appel à leurs collègues pour un engagement un peu plus ferme. Ce sujet devrait donc être évoqué lors du « Gymnich » – la réunion informelle des Ministres des Affaires étrangères, les 5 et 6 septembre à Avignon (qui risque d’être donc fort chargé avec la Géorgie, le Kosovo et le Tchad).

Quelques questions en suspens

« exercice de fouille » (Marine Française)

Il reste, en effet, un certain nombre de questions en suspens à l’opération. D’ailleurs pour éviter de froisser quiconque, on parle davantage de « coordination des moyens » que « d’opération » en tant que telle:
– Cette « coordination » sera-t-elle légère ou lourde ?
– Sera-t-elle sous couvert de l’UE directement ou d’un autre organisme ?
– Quid du financement de la coordination ? Sous le mécanisme Athena (qui répartit à hauteur du PIB la charge pour chaque Etat) ?
– Où sera situé le quartier général ? A défaut d’être situé à Bruxelles, le quartier général de la « coordination » pourrait être situé dans un Etat, à forte tradition maritime (mais pas en France, qui a déjà fort à faire avec le Tchad), suivez mon regard…
– Qui dirigera la mission ? Un appel à candidature a été lancé pour un coordonnateur en chef qui pourrait être un capitaine de vaisseau (colonel) et non un amiral. Là encore pour éviter de briser toute susceptibilité.

Une task force internationale, la CTF150, est déjà présente au large des cotes de Somalie – au titre de la coalition antiterroriste Enduring Freedom. Elle est commandée actuellement par les Canadiens qui y ont dépêché une flotte de quatre navires – deux frégates porte-hélicoptères Calgary et Ville de Québec, un destroyer porte-hélicoptères Iroquois et le pétrolier ravitailleur Protecteur – le tout commandé par le Commodore Bob Davidson. La France (l’aviso Cdt Birot), l’Allemagne, le Pakistan, les Pays-Bas, le Royaume-Uni et les États-Unis participent également.

Trois pays européens – le Danemark, la France et les Pays-Bas – ont assuré en 2007 et 2008 pour les Nations-Unies une escorte militaire aux navires qui acheminent l’aide du Programme alimentaire mondial vers la Somalie. Les Néerlandais ont terminé leur mission fin juin. Le NCSM Ville De Québec, une frégate canadienne de 440 tonneaux pouvant se déplacer à 27 noeuds et accueillir un hélicoptère SeaKing, de lutte anti sous-marine, a pris le relais, le 6 août.

(NGV)

(1) Trois cargos européens ont été détournés en juin, s’ajoutant aux 24 autres attaques répertoriées au deuxième trimestre 2008, par le Bureau maritime international qui signale également aux capitaines tous les navires suspects. En dernier lieu, mardi 12 août, c’est un bateau thaïlandais – le MV Thor Star – qui a été dérouté, avec 28 marins à bord. La semaine précédente, le 8 août, un navire singapourien avait été victime d’une attaque au lance-roquette et ce n’est que par l’intervention d’un des bateaux de la coalition présent dans la zone (l’USS Peleliu) et de trois hélicoptères qu’il avait pu de s’en sortir.