Lettre à nos amis américains : n’abandonnez pas l’accord sur le nucléaire iranien !

(B2) Dans une démarche assez inédite, environ 500 parlementaires (1) de trois pays européens (Assemblée nationale française, Bundestag allemand et Commons britannique), de tous bords politiques, viennent d’adresser une lettre commune à leurs homologues membres du Congrès américain, les abjurant de ne pas rompre l’accord international conclu avec l’Iran sur la non prolifération nucléaire.

Une ultime tentative venant des trois pays européens qui ont signé l’accord (le ‘E3’), pour essayer de faire fléchir les parlementaires américains alors que le 12 mai, le président américain Donald Trump pourrait refuser de certifier la bonne tenue de l’accord et donner une nouvelle dispense des sanctions. La main reviendra alors au Congrès qui devra décider de rétablir l’ensemble des sanctions, ou non (2). Cette procédure de certification est régulière, tous les trois mois. Et l’administration Trump n’a pas fait mystère de sa vision négative de l’accord du 14 juillet 2015 entre l’Iran et les six pays représentants la communauté internationale (les membres du Conseil de sécurité + l’Allemagne).

(1) La liste des signataires. Ce chiffre n’est pas choisi tout à fait au hasard, le Congrès US (Chambre des représentants et Sénat) comptant 535 membres.

(2) Selon la loi américaine (l’Iran Nuclear Agreement Review Act), en cas de non certification de l’accord par le président, le Congrès (Chambre des représentants et Sénat) ont 60 jours pour décider du rétablissement des sanctions. S’ils ne décident rien durant ce délai, les sanctions ne sont pas rétablies. C’est ce qui s’était déjà passé en décembre 2017.

La lettre en anglais et en français

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To the members of the United States Congress :

For more than a decade, we – Europeans, Americans, and the international community – have feared the imminent threat of a nuclear-armed Iran. To counter this threat and make the Middle-East a safer place, the international community came together, using the might of diplomatic negotiations and the force of sanctions, agreed upon by most of the major economic powers.

Then, after 13 years of joint diplomatic efforts, we reached a major breakthrough and signed the JCPOA. With that, we were able to impose unprecedented scrutiny on the Iranian nuclear program, dismantle most of their nuclear enrichment facilities, and drastically diminish the danger of a nuclear arms race. Not a drop of blood was spilt. Furthermore, these controls will not cease after the ten years of the JCPOA: Iran will continue to be subject to the strict controls prescribed by the Nuclear Non-Proliferation Treaty, which will continue to limit enrichment.

The only reason why we were able to achieve this breakthrough is that we stood together. Together, Europeans and Americans, we have proven that a strong and united transatlantic partnership can bring about a coalition extending to Russia and China, endorsed by the international community.

This coalition is now at risk, as the US government moves towards abandoning the JCPOA without any evidence of Iran not fulfilling its obligations. The short term effect of this abandonment would be the end of controls on Iran‘s nuclear program, resulting in another source of devastating conflict in the Middle East and beyond. The long-term risk is even more serious: lasting damage to our credibility as international partners in negotiation, and more generally, to diplomacy as a tool to achieve peace and ensure security. Abandoning the deal would diminish the value of any promises or threats made by our countries.

Our credibility is all the more urgently needed when we look at the instability in many parts of the world today. With regards to Iran it is an essential ingredient in our much-needed efforts to curb the country’s aggressive regional and domestic policy. As much as we share the concerns expressed by many vis-à-vis this Iranian behavior, we are deeply convinced that these issues must be treated separately (as we are doing already) – and not within the context of the JCPOA.

It is the US’s and Europe’s interest to prevent nuclear proliferation in a volatile region and to maintain the transatlantic partnership as a reliable and credible driving force of world politics. We are open to dialogue on the best ways to tackle these challenges together. But let us be clear: if the deal breaks down, it will be well-nigh impossible to assemble another grand coalition built around sanctions against Iran. We must preserve what took us a decade to achieve and has proven to be effective.

Building coalitions and winning consensus is one of our main tasks as members of our respective Parliaments. We therefore urge you to stand by the coalition we have formed to keep Iran‘s nuclear threat at bay. This would not only be a powerful sign of the durability of our transatlantic partnership, but also a message to the Iranian people.

Together, let’s keep the JCPOA alive and protect the fruits of successful diplomacy.

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Aux membres du Congrès américain :

Depuis plus de dix ans, l’Europe, les Etats-Unis et la communauté internationale ont craint la menace imminente d’un Iran doté de l’arme nucléaire.

Pour faire face à cette menace et assurer la stabilité du Moyen-Orient, la communauté internationale s’est mobilisée en alliant l’usage de la diplomatie à celui des sanctions, soutenues par la majorité des grandes puissances mondiales.Après 13 ans d’efforts diplomatiques conjoints, la signature de l’accord nucléaire du 14 juillet 2015 à Vienne a permis une avancée historique. Cet accord met en place un système de vérification sans précédent du programme nucléaire iranien, impose le démantèlement des installations d’enrichissement d’uranium et atténue considérablement le risque de prolifération nucléaire- – et ce, sans recours à la force. De plus, ce système de vérification ne cessera pas après la fin de la validité de l’accord. L’Iran continuera à être assujetti aux contrôles stricts prévus par le Traité de Non-Prolifération nucléaire, qui restreint les capacités d’enrichissement d’uranium.

Ce n’est qu’à travers le rassemblement de nos forces que cette avancée a été rendue possible. Européens et Américains, nous avons su prouver – ensemble – qu’un partenariat transatlantique solide est capable de rassembler une coalition international incluant la Russie et la Chine, et soutenue par l’ensemble de la communauté internationale.

Cette coalition est aujourd’hui en danger. Les Etats-Unis s’apprêtent à quitter l’accord de Vienne, alors même que l’Iran a respecté ses obligations découlant de cet accord. Dans le court-terme, l’effondrement de l’accord mettrait fin aux contrôles de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique sur le programme nucléaire iranien, ouvrant la voie à un conflit potentiel aux effets dévastateurs au Moyen-Orient. Dans le long-terme, le risque est encore plus grand. La fin de l’accord porterait atteinte de manière durable à notre crédibilité en tant que partenaires internationaux et plus généralement, à la diplomatie comme outil de paix et de sécurité. L’abandon de l’accord diminuerait ainsi la portée des engagements ou des menaces que nos pays respectifs utilisent comme outils de diplomatie.

Or, au regard de l’instabilité de nombreuses regions du monde, il est urgent de renforcer notre crédibilité, élément indispensable de notre action pour faire pression sur la politique régionale et nationale agressive de Téhéran. Si nous partageons les inquiétudes vis-à-vis de l’attitude de l’Iran dans la région, nous portons la conviction que ce sujet doit être traité séparément de l’accord de Vienne (tel que nous le faisons actuellement).

Prévenir la prolifération nucléaire dans un Moyen-Orient instable est dans l’intérêt des Etats-Unis et de l’Europe. Pour cela, notre partenariat transatlantique doit demeurer une force motrice, fiable et crédible sur la scène internationale. Nous sommes évidemment ouverts au dialogue sur les moyens de faire face à ces défis. Mais soyons clairs : si l’accord s’effondre, il sera pratiquement impossible de réunir à nouveau une grande coalition pour imposer des sanctions contre l’Iran. Il nous revient de préserver ce succès diplomatique, fruit d’une décennie d’efforts, qui a fait la preuve de son efficacité.

En tant que parlementaires, nous sommes habitués à former des coalitions et rechercher le consensus. Nous vous appelons donc à soutenir la coalition que nous – Européens – avons formée avec vous – Américains – pour réduire la menace d’un Iran nucléaire. Le maintien de cette coalition constituera un symbole de la pérennité de notre partenariat transatlantique, mais enverra également un signal fort pour le people iranien.

Ensemble, maintenons l’accord de Vienne, une victoire historique de la diplomatie.

FregateAugsburgF213@DE15

La frégate Augsburg va rejoindre le Charles-de-Gaulle. Les Allemands assurent le soutien

FregateAugsburgF213@DE15(B2) La frégate allemande Augsburg (F-213) va intégrer le groupe d’action navale créé autour du porte-avions Charles-de-Gaulle chargé des frappes en Syrie. La marine allemande vient de le confirmer. Le Bundestag — la chambre des députés allemands — a autorisé aujourd’hui (4 décembre) l’engagement de la Bundeswehr pour soutenir les actions de la France contre l’organisation de l’Etat islamique (Daech) en Syrie ou en Irak.

Une démarche de solidarité

Très clairement, les Allemands affichent, en effet, que cet engagement vient en soutien de la France « dans le cadre du devoir d’assistance entre les Etats membres de l’Union européenne en vertu de l’article 42.7 du traité UE » et de la résolution 2249 des Nations-Unies du 20 novembre qui enjoint à toutes les nations, « de prendre les mesures nécessaires » pour lutter contre Daech en Syrie et en Irak. Au niveau national, c’est l’article 24 (2) de la Loi fondamentale qui prévoit les règles d’un système de sécurité collective mutuelle qui est applicable.

Reconnaissance, ravitaillement, marine et satellites

L’engagement allemand comprend l’utilisation d’avions Tornado (sans effectuer de bombardements), mais équipés de systèmes de repérage RecceLite, de ravitailleurs en vol type Airbus A330 MRTT, pour ravitailler en pétrole les raids assurés par les Français (ou les autres avions de la coalition notamment Britanniques), ainsi qu’une frégate et un ravitailleur. En tout 1200 hommes : 150 pour le ravitaillement en vol, 400 à 500 pour la reconnaissance et la surveillance, 300 pour la protection en mer et 50 personnel supplémentaire de soutien.

Une démarche préparée étroitement entre les deux marines

« Peu de temps après les attentats de Paris je suis allé voir mon collègue français, l’amiral Bernard Rogel. Je suis certain que notre contribution est considérée en haute estime en France » raconte le vice-amiral Andreas Krause, l’Inspecteur en chef de la marine. Ce qui confirme officiellement les remarques d’un haut responsable allemand de la défense qui, en off, nous indiquait, dès le 17 novembre, que des discussions seraient entamées de façon intensive entre les différents niveaux franco-allemands, diplomatiques et militaires dans les jours prochains pour une décision dans les 15 jours. Les Allemands ont tenu parole ! (lire : La clause de défense mutuelle activée. Les alliés se mobilisent. Une première historique).

Un engagement délibéré

Les Allemands ne cachent pas l’objectif de cette opération « Il est extrêmement important que la Marine combatte du côté des Occidentaux contre la violence barbare des  groupes terroristes islamistes » assure ainsi le vice-amiral Krause. « Les attaques en Tunisie, Turquie, le Liban, contre la Russie et surtout à Paris ont montré que le Groupe terroriste de l’Etat islamique va bien au-delà de la zone actuellement contrôlée par lui dans les régions en Syrie et en Irak mais constitue aussi une menace mondiale pour la paix et la sécurité publique » indique le communiqué de la marine allemande. 

Auprès du Charles de Gaulle de la Méditerranée à la mer d’Arabie

La frégate Augsburg (F-213) se trouve aujourd’hui en Méditerranée centrale, engagée dans l’opération européenne contre les trafiquants en Méditerranée EUNAVFOR Med / Sophia mais va être remplacée, dans cette fonction, par  le chasseur de mines Weilheim qui a déjà intégré la force européenne il y a quelques jours. Le mandat donné à ce navire ne sera pas limité à la zone actuelle du porte-avions français. Il aura pour zone d’action « principalement la zone maritime de la Méditerranée orientale, du golfe Persique, de la mer Rouge et des mers environnantes ». Elle va donc rejoindre très rapidement, le Charles de Gaulle, dans « les tous prochains jours », dit-on à la marine allemande. Puis elle passera, par le canal de Suez, en mer d’Arabie, où « les avions français continueront leur engagement ».

Un navire ravitailleur

La marine allemande a l’habitude de l’accompagnement des portes-avions et est plutôt bien préparée à cette tâche. A plusieurs reprises, ses frégates ont assuré la protection des porte-avions américains, notamment dans le Golfe. Un navire de soutien et ravitaillement de la classe Bremen devrait également se joindre au Groupe d’action navale. Deux autres navires européens sont déjà engagés aux côtés du Charles-de-Gaulle, la frégate anti-aérienne britannique HMS Defendeur (D-36) et la frégate belge Leopold Ier.

Les satellites à la rescousse

L’Allemagne met également à disposition de la France son système de satellites SAR-Lupe. Il est complémentaire au système (français) de satellites Hélios, qui fournit des images (photographiques) optiques. SAR-Lupe permet, en effet, d’avoir « des images radar en trois dimensions de l’espace, totalement indépendantes de la lumière du jour et la météo ». Les deux systèmes « se complètent mutuellement pour former une image complète de la situation » affirme-t-on à Bonn, où se trouve la station de contrôle des cinq satellites SAR-Lupe déployés.

(NGV)

Lire aussi :

Berlin prépare son engagement dans EUCAP Nestor

(BRUXELLES2) Le gouvernement allemand a approuvé jeudi (le 16 août) un projet de loi permettant la présence de militaires et policiers dans EUCAP Nestor, la nouvelle mission européenne déployée en Afrique de l’Est et Océan indien pour renforcer les capacités maritimes des Etats de la région. Le maximum de personnels pouvant être employé est de 10 personnes : 5 militaires et 5 fonctionnaires de police fédéral ou des Länder pouvant servir comme instructeur et personnel de soutien dans EUCAP Nestor. La présence de militaires dans la mission suppose en effet l’accord du Bundestag, le parlement allemand.

 

 

Approbation du Bundestag à l’extension du mandat de Atalanta

(B2) Le Bundestag allemand a approuvé, jeudi (10 mai), la prolongation de l’opération européenne anti-piraterie (Eunavfor Atalanta) pour un an, jusqu’à mai 2013 – et non pas jusqu’à novembre 2014, comme le prévoit la décision européenne. Ils ont également approuvé le renforcement de son action permettant d’aller « traquer les dépôts logistiques pirates, sur une bande de deux kilomètres de large du littoral de la Somalie, par voie aérienne ». Un vote obtenu à une petite majorité – et non comme lors des précédentes reconductions à une large majorité. Le vote a eu lieu sur appel nominal : 305 députés ont voté pour, 206 contre, et 59 abstentions. Les sociaux-démocrates, emmenés par Gernot Erler, ont voté contre, estimant que cette extension de mandat rendait dépendant des moyens aériens. Une contre-résolution de l’Alliance 90/Les Verts de renoncer à la prorogation du mandat n’a pas obtenue de majorité ; l’extension est une opération « à haut risque » défend Frithjof Schmidt. Pour le ministre des Affaires étrangères, Guido Westerwelle, c’est clair « aucun soldat allemand ou européen ne pénétrera sur le sol somalien ». NB : cette approbation est une formalité à l’entrée en vigueur du plan d’opération plus robuste, permettant une intervention sur les plages somaliennes.

Lire aussi :

Le gouvernement allemand et l’extension de l’opération anti-piraterie

(B2) Le gouvernement allemand a approuvé mercredi (18 avril) l’extension de l’opération anti-piraterie européenne (Eunavfor Atalanta) ainsi que les nouvelles règles d’engagement permettant d’attaquer les dépôts pirates sur les plages. Pour Guido Westerwelle, ministre des Affaires étrangères, l’Allemagne ne peut rester en arrière ; « Quand tous en Europe combattent les pirates, l’Allemagne, la plus grande nation, ne peut rester immobile ».

Lire aussi : Atalanta vise les pirates à terre : toutes les explications (enfin presque 🙂

Quelques explications de la position allemande sur Atalanta

Le Bundestag se prononce sur toutes les opérations extérieures où des militaires allemands sont engagés(copyright : NGV / B2)

(BRUXELLES2) L’extension géographique de la mission anti-piraterie de l’UE (Eunavfor Atalanta) a suscité et suscite encore quelques interrogations en Allemagne. Un point qui n’est pas de détail. Le commandant d’opération d’Atalanta, le rear-admiral Duncan Potts, devrait d’ailleurs normalement être à Berlin aujourd’hui au Bundestag pour rencontrer les députés allemands. Et le Comité politique et de sécurité de l’UE (le fameux « COPS ») doit encore se prononcer vendredi (30 mars) sur le nouveau plan d’opération. Pour comprendre la situation interne en Allemagne, j’ai demandé à mon confrère Thomas Wiegold (de Augen Geradeaus !)) de me brosser un tableau rapide de la situation politique.

Tout d’abord, il y a les interrogations du FDP, le parti libéral (de plus en plus en difficulté au niveau électoral et qui pourrait bien disparaitre de la scène politique s’il n’arrive pas à dépasser la barre des 5%). Le FDP soutient l’opération mais pense qu’il y a un « problème » pour l’extension. Mais l’opposition vient surtout des Sociaux-démocrates, le principal parti d’opposition qui a « déjà annoncé qu’ils n’accepteraient pas l’extension du mandat quand elle passera devant le Bundestag ». Rainer Arnold, le spécialiste du SPD pour la Défense, a déjà annoncé la couleur.

Dans les faits, cela ne devrait pas arrêter l’approbation du nouveau mandat d’Atalanta devant le Parlement allemand. Mais cela ne se fera pas sans difficulté. Et il y a un risque de précédent. Jusqu’alors, le gouvernement a tenu à ce que chaque mandat d’opération soit approuvé (peu ou prou) par une large partie de l’échiquier politique, y compris de l’opposition. Die Linke et quelques Verts se sont certes opposés aux mandats, parfois. Mais il y avait toujours une large majorité pour approuver l’opération au Bundestag. Cette fois-ci, cela risque de ne pas être le cas. D’où tous les efforts du gouvernement, notamment de la CDU, pour ramener à bord les socio-démocrates.

Commentaire : La valse-tergiversation que l’on a pu observer à Bruxelles des Allemands était, en fait, très calculée et le résultat de ces tensions internes à Berlin. Entre le ministre de la Défense (CDU) Thomas de Maizière et le ministre des Affaires étrangères (FDP), Guido Westerwelle, la position n’est pas strictement la même ; ce n’est plus un secret. 🙂 D’où un mélange de « j’hésite à approuver », « je ne mets pas de réserve mais… » répondant en fait au désir de bien montrer à Berlin que l’Allemagne avait obtenu des concessions de ses partenaires et mis de sévères conditions à un nouveau plan offensif pour Atalanta. De fait, comme me l’a confié un expert européen du dossier « piraterie », il n’a jamais été question que l’Allemagne se retire de l’opération ou ne participe pas à certains aspects de l’opération. On se souvient qu’un navire allemand était d’ailleurs venu en soutien logistique (et médical) des Français quand ils avaient décidé – sous pavillon national – l’opération de « récupération » des otages du Tanit…

Lire également :

Extension aux Seychelles: le Bundestag va se prononcer

(B2) L’extension de l’opération Atalanta aux Seychelles devra être approuvée par le Bundestag. Ce qui pourrait être chose faite le 19 juin, selon des sources allemandes.
Si l’opération anti-pirates ne change pas de nature, son extension géographique vers le sud et le sud-est oblige le gouvernement allemand à soumettre cette modification de l’opération aux élus. En effet, lors de la première autorisation en décembre, une carte avait été présentée aux parlementaires, présentant précisément la zone d’action d’Atalanta. Et l’augmentation de la zone couverte n’est pas mineure. « Jusqu’à présent la zone d’Atalanta couvrait une zone aux environs de 500 miles marins des côtes de Somalie et du Kenya. Avec l’extension de la zone d’opération, on atteint environ les 700 miles marins » résume-t-on à Bonn. On passe de 3,5 millions de km2 à 5 millions de km2. Le cabinet ministériel a ainsi approuvé, le 27 mai, la modification du projet de loi qui va maintenant être soumis au Bundestag.
NB : la Bundeswehr a actuellement trois navires sur place, les frégates Emden, Rheinland-Pfalz et le navire de soutien Berlin, ainsi qu’un avion de type Orion.

Le « Karlsruhe », entre deux missions Otan et UE, contre 2 attaques

(B2)Le « Karlsruhe », une frégate « classe 22 » de la 4e escadre de Wilhelmshaven, de la marine allemande, qui rejoignait l’Egypte dans le cadre de sa mission pour le Groupement maritime permanent de l’Otan, SNMG2, a contré – coup sur coup – deux attaques directes de pirates sur un navire de commerce éthiopien Andinet.

Le Trafalgar qui a été attaqué par les pirates

Première intervention, le 17 novembre après-midi, le Karlsruhe reçoit un appel radio du Andinet, un navire marchand éthiopien Andinet, qui se trouvait dans la zone maritime de transit sur le retour de Doha (Qatar) à Safaga (Egypte, Mer Rouge), à environ 650 kilomètres au nord-est de Djibouti dans le golfe d’Aden et près de 50 kilomètres au sud de la côte yéménite. Le navire était en proie à une attaque par deux bateaux à moteur. Le Karlruhe a immédiatement fait décollé un de ses hélicoptères Sea Lynx, ce qui a suffi apparemment. Et le navire marchand a pu poursuivre sa route vers Djibouti.

Nouvel appel radio, le 18 novembre, provenant, cette fois, d’un pétrolier britannique, le Trafalgar, attaqué par huit à neuf bateaux rapides. Là encore, le Karlsruhe a envoyé ses hélicoptères. Les attaquants n’ont pas attendu et ont fui à son arrivée.

Crédit Photo : 2008 Bundeswehr / Fregatte KARLSRUHE

Changement de drapeau

Le Karlsruhe avait quitté l’Allemagne le 24 août pour rejoindre le groupement permanent de l’Otan (le SNMG2) et a effectué pour celui-ci une série de visites dans les ports du Golfe persique.

Après un séjour en Egypte pour se réapprovisionner, il va passer sous commandement européen dans le cadre de l’opération de l’UE de lutte contre la piraterie « Atalanta » grâce à un « mandat » donné par le Bundestag (la chambre des députés).

Les navires allemands se heurtent cependant à certaines difficultés juridiques dans la lutte contre la piraterie (lire : Pirates, préférez les navires danois ou allemands plus inoffensifs…)

(NGV)