L'A330 sur le tarmac de l'aéroport de Melsbroek/Zaventem avant son décollage vers les Philippines (crédit : EATC / Armée belge)

L’A330 belge vers les Philippines, avec une European touch

L'A330 sur le tarmac de l'aéroport de Melsbroek/Zaventem avant son décollage vers les Philippines (crédit : EATC / Armée belge)

L’A330 sur le tarmac de l’aéroport de Melsbroek/Zaventem avant son décollage vers les Philippines (crédit : EATC / Armée belge)

(BRUXELLES2) C’est un aspect méconnu de l’assistance européenne vers les Philippines après le passage du cyclone Haiyan.

L’A330 de la composante air de l’armée belge qui devait atterrir cette nuit sur l’aéroport de Lapu aux Philippines, via Bakou en Azerbaïdjan et Kolkatta en Inde, avait une petite touche européenne. Parti de l’aéroport de Melsbroek/Zaventem dimanche, il avait non seulement dans ses soutes 40 tonnes de matériel et nourriture et, à bord, les 70 membres de l’équipe de soutien. Mais il avait aussi 12 pompiers français et 2 assistants luxembourgeois. L’avion devrait revenir en Belgique mercredi vers 17h.

Commentaire : Sans tambour ni trompettes les gars d’EATC à Eindhoven (le commandement européen de l’aviation de transport) mènent ainsi leur barque… aérienne. Ils représentent ainsi l’excellence européenne par nature : amener les Européens à travailler ensemble concrètement, en préservant leur autonomie nationale, en économisant des moyens (et de l’argent). Du pooling and sharing avant l’heure, rarement mis en avant par les autorités européennes qui préfèrent parfois se gargariser de concepts fumeux (approche globale, recherche de synergies…) ou d’autorités nationales qui préfèrent faire semblant qu’elles ont toujours une totale autonomie d’action.

Lire : Cyclone Haiyan, l’aide européenne se met en place (maj2).

Le passage du cyclone

Cyclone Haiyan, l’aide européenne se met en place (maj4)

Le passage du cyclone

Le passage du cyclone

(BRUXELLES2) Face au cyclone tropical Haiyan qui a frappé les Philippines, la Commission européenne a débloqué une aide d’urgence de 3 millions d’euros. Le classique de l’aide humanitaire d’urgence. D’autres aides pourraient ainsi être débloquées dans les heures à venir, vu l’intensité du sinistre : au moins 10.000 morts, selon un premier bilan et plus de 2000 disparus.

Désastre majeur

Selon les informations obtenues auprès de l’Office des Nations-Unies pour l’aide humanitaire. Il y aurait environ 620.000 personnes déplacées dont un quart en dehors des centres d’évacuation (182.000). Et les dommages dans la région de Tacloban sont majeurs. « Assurer l’hygiène, le ravitaillement en eau, nourriture, abris, médicaments sont la priorité immédiate de Tacloban pour le gouvernement. (…) Les moyens pour les structures de contrôle aérien et les réserves d’essence sont endommagés. Et seuls des avions de transport militaire comme des C-130 (tous terrains) sont capables d’opérer ». Tout autour de l’aéroport, c’est la désolation. « L’accès reste un gros problème. Un voyage de 11 km de l’aéroport à la ville prend environ 6 heures ». Dans la ville, « des cas de pillages ont été constatés et l’insécurité persiste ». Dans la région autour de la ville, c’est encore pire « Pas de nourriture, pas d’eau, pas d’électricité » selon une équipe de l’UNDAC (le service de coordination et évaluation des catastrophes de l’ONU) qui a traversé le pays en venant de Manille. Plusieurs iles sont concernées. Les vols vers Roxas City, Busuanga et Kalibo. Et le nord des provinces de Capiz et Iloilo parait sévèrement touché.

Un hôpital de campagne belge

Départ de l'équipe de de secours belge B-Fast (crédit:  B-Fast)

Départ de l’équipe de de secours belge B-Fast (crédit: B-Fast)

La Belgique a déclenché très vite la procédure B’Fast. La décision a été prise dimanche matin en comité de planification présidé par le ministre des Affaires étrangères Didier Reynders. Une équipe d’une quarantaine de personnes – personnel médical essentiellement – part ce dimanche soir à bord d’un A330 de la défense belge de l’aéroport de Melsbroek (aéroport militaire de Bruxelles) pour mettre en place un hôpital de campagne et un module de purification d’eau.

Les Pays-Bas ont décidé le versement de 2 millions d’euros pour répondre à l’appel de la Croix-Rouge et des Nations-Unies.

Le HMS Daring en 2012 (crédit : Royal Navy)

Le HMS Daring en 2012 (crédit : Royal Navy)

Le Royaume-Uni a décidé le versement d’une aide de 5 millions £ (à ajouter au 1,3 million £ versé pour la préparation aux catastrophes). Une équipe de 4 personnes du DFID est venue renforcer les 3 experts humanitaires déjà sur place afin de coordonner l’aide. (Maj) La Grande-Bretagne va déployer – comme l’a précisé le Premier ministre Cameron ce lundi (11/11) un navire militaire le HMS Daring (D-32) afin d’apporter une assistance humanitaire. Outre l’hélicoptère de bord qui devrait être très utile, ce destroyer de type 45 emporte des équipements permettant de désaliniser l’eau de mer pour la rendre potable. Un avion C-17 va être aussi déployé pour apporter de l’aide humanitaire et différents matériels.

L’Irlande a offert 1 million d’euros qui seront distribués par le biais des ONG irlandaises, afin de fournir abris, alimentation, eau et produits de première nécessité (équipements fournis par Irish Aid et distribués aux Philippines par l’ONG Plan Ireland). Par ailleurs le « Ireland’s Rapid Response Corps » est en « standby » pour fournir une aide d’expertise aux agences de l’ONU présentes sur le terrain a précisé le Tánaiste (vice-Premier ministre) Eamon Gilmore, ministre des Affaires étrangères.

(maj) L’Allemagne a annoncé le départ de 23 tonnes d’aides humanitaires dans la région sinistrée de Visayas dimanche par le biais de son ambassade à Manille. Une équipe médicale ainsi que l’agence fédérale THW (organisme de secours allemand en cas de désastre) seront également déployées sur place.

(maj) La France a décidé l’envoi de 10 tonnes de matériel de secours (tentes, bâches…) par avion. L’aide devrait arriver mercredi matin dans la province sinistrée de Cebu au Philippines. Des appels aux dons ont également été lancés par les ONGs françaises.

Visite du commissaire Piebalgs et condoléances de Van Rompuy

Le commissaire européen chargé du Développement, Andris Piebalgs, a entamé dimanche une visite de trois jours aux Philippines. (maj).  Au cours de sa visite, mardi (12 novembre), il a annoncé le déblocage de 10 millions d’euros supplémentaires  pour faire face au désastre humanitaire mais davantage tourné vers la reconstruction.« Nous souhaiterions ne voir aucun fossé entre l’effort d’urgence et les actions de long terme » a t-il affirmé dans un communiqué.

Le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, a exprimé dès dimanche « sa grande tristesse » face aux pertes de vies et aux destructions massives. « L’Union européenne est de votre coté pour faire face aux conséquences douloureuses de ce désastre naturel » a-t-il ajouté dans un communiqué diffusé à la presse.

Mécanisme de la protection civile européenne déclenché

(maj) Le Mécanisme de protection civile de l’Union européenne (EUCP) a été activé lundi : « une équipe de 6 à 8 experts de protection civile sera déployée dans les prochains jours pour coordonner les secours avec les autorités des Philippines et les organisations internationales » affirme la Commission européenne.

Aide internationale

L'avion de transport, Ilyushin ll-76, envoyé aux Philippines (Crédit: OTAN)

L’avion de transport, Ilyushin ll-76, envoyé aux Philippines (Crédit: OTAN)

 

(maj) En réponse à une demande de la Suède, le consortium stratégique de l’OTAN (Strategic Airlift Interim Solution (SALIS)) a envoyé lundi (11 novembre) dans la ville sinistrée de Tablocan aux Philippines, un avion de transport, l’Ilyushin ll-76, chargé de tentes, de purificateurs d’eau, de nourriture, d’équipements bureautique, et d’ordinateurs, afin de répondre aux besoins humanitaires.

 

Des hélicoptères fournis par le ministère russe des Situations d’urgence (EMERCOM) ont été mobilisés dans la nuit de dimanche à lundi (H. Philippines). Les Russes devraient aussi fournir des générateurs d’électricité et des équipements de communication.

Un M22 Orsey de l'US Army survole les Philippines (Crédit: Département de la Défense américaine)

Un M22 Orsey de l’US Army survole les Philippines (Crédit: Département de la Défense américaine)

(maj) L’US Army se met en branle. Des moyens de recherche et sauvetage (search and rescue), avec le soutien d’hélicoptères et d’avions de surveillance maritime et des moyens logistiques vont être débloqués. 90 militaires américains ont été déployés sur place avec un C-17. En provenance de Tokyo, le porte-avion USS Georges Washington (CVN-73) a été réquisitionné avec à son bord 5000 marins et 80 avions. Cette aide compte l’envoi d’un M-22 Osprey par l’US Army, un hélicoptère à rotors basculants, afin d’accéder aux zones difficiles.

Le Canada a promis, quant à lui, 5 millions $.

(maj 13/11) 147 militaires israéliens ont également été envoyés aux Philippines mercredi (13 novembre) chargés de 100 tonnes d’aide médicale et humanitaire, afin d’ établir un poste médical avancé dans la ville de Bogo au nord de la province de Cebu, annonce le ministère israélien des Affaires étrangères.

Lire aussi :