JournéeIhedn6juin2015

La défense comme vous ne l’avez jamais abordée, sur le campus de l’IHEDN le 6 juin

JournéeIhedn6juin2015 (B2) « La défense est un enjeu trop vital pour être le domaine réservé d’ex- perts et de professionnels. La défense engage la survie de la Nation. Ses institutions, son territoire, ses intérêts vitaux, tout autant que ses valeurs et sa capacité à résister à l’adversité. La défense est bien sûr une politique. C’est un engagement pour les hommes et les femmes qui ont choisi le métier des armes. Mais c’est aussi l’expression de la volonté d’un peuple de rester maître de son destin. »

Voici en quelques phrases, l’objectif et le fondement des « Rencontres IHEDN » organisées par l’Institut des hautes études de défense nationale, sur le campus de l’École militaire à Paris, samedi prochain (6 juin 2015).

Le programme est destiné à « un large public » et est assez détonnant dans l’approche, plutôt inhabituelle pour une défense française, souvent assez rigide des codes et des usages. On est plus proche de la décontraction observée par exemple chez les Britanniques. Je n’aurai qu’un conseil. Allez-y !

(NGV)

Quatre espaces de débat

Les débats se déroulent autour de quatre espaces aux dénominations transfiguratives :

  • Terminator (la guerre des machines) pour « prendre conscience de notre rôle d’acteur de la défense collective » ;
  • Minotaure (symbole des pulsions destructives de l’homme) pour « s’assurer que la défense concerne chaque citoyen » ;
  • Valmy 2.0 (imaginer la guerre de demain), pour « identifier nos vulnérabilités pour faire face aux menaces d’aujourd’hui »
  • Gladiator (quand le spectacle de la force se déploie dans l’arène) pour « penser la défense et anticiper la violence à venir »

Programme Renc IHEDN 6juin2015

Inscription obligatoire ici

La « guerre d’Irak » de De Villepin croquée

(BRUXELLES2) Vous voulez vous replonger au coeur de la négociation de la 1441, la résolution visant à sanctionner l’Irak en cas de non-respect de ses obligations internationales. Vous voulez saisir la vie, trépidante, harassante, d’un cabinet des Affaires étrangères à quelques moments importants de la vie internationale. Et dans l’esprit tempétueux du ministre des Affaires étrangères, Alexander Taillard de Worms (aka Dominique Galouzeau De Villepin) et de son speechwriter, Arthur Vlaminck. Alors, plongez-vous dans la lecture du 2e épisode de la BD Quai d’Orsay (ou faites-la vous offrir pour Noël…). C’est juste, hilarant, savoureux…

Il y a de nombreux moments de délice avec l’arrivée du rapport de 12.000 pages que livrent les Irakiens en réponse aux demandes de la communauté internationale. Et sa lecture par le chef de cabinet du ministre Claude Maupas (aka Pierre Vimont) qui détaille ce qui s’y trouve dans les 12.000 pages. « Ce qu’il y a de bon, c’est qu’il y a de tout là-dedans :  comment fabriquer un avion, quelques interprétations du Coran, l’itinéraire des bus de nuit… En y regardant bien, on doit même y trouver la recette de la tarte Tatin » commente avec l’humour pincé, qu’on lui reconnait celui qui est aujourd’hui à la tête du service diplomatique européen. Puis suit une discussion épique entre les conseillers défense pour savoir si les tubes repérés peuvent servir à l’artillerie, à l’envoi de roquettes ou à à une utilisation plus nucléaire.

Vous avez cet épisode où le ministre qui appelle, un par un, les membres du Conseil de sécurité pour les rallier à la position française, contre la position américaine. Ou ce voyage à Moscou, avec une discussion, comme deux vieux potes avec son homologue russe Igor Ivanov… en espagnol. Voyage précédé par ce conseil de De Villepin à son chef logistique qui tente de négocier un Airbus au lieu du Falcon étroit pour aller à Moscou : « Dites leur que vous avez affaire à un caractériel, çà marche toujours dans les négociations ». 

L’ouvrage se conclut par la chevauchée fantastique, devant l’ONU, en février 2003, avec ce discours historique qui suscitent des applaudissements nombreux. Et cette conclusion, lyrique : « … Dans ce temple des Nations unies, nous sommes les gardiens d’un idéal, nous sommes les gardiens d’une conscience. (…) Et c’est un vieux pays, la France, d’un vieux continent comme le mien, l’Europe, (…), qui a connu les guerres, l’Occupation, la barbarie. Un pays qui n’oublie pas et qui sait tout ce qu’il doit aux combattants de la liberté venus d’Amérique et d’ailleurs. Et qui pourtant n’a cessé de se tenir debout face à l’Histoire et devant les hommes. » … « Ca c’est du jamais vu » commente Claude Maupas, un rien ému « Carrément ils applaudissent ! ».

• « Quai d’Orsay Chroniques Diplomatiques » Abel Lanzac (scénariste), Christophe Blain (dessinateur) – éditions Dargaud, 104 pages, 16,95 euros