Vienne et son Hotel Imperial, célèbre aussi pour son café

Le café de Vienne meilleur pour l’esprit diplomatique ?

Vienne et son Hotel Imperial, célèbre aussi pour son café

Vienne et son Hotel Imperial, célèbre aussi pour son café

(B2) Après Genève, qui avait abrité deux réunions sur la Syrie, pour tenter de trouver une solution au conflit syrien, c’est désormais la capitale autrichienne qui a les faveurs des diplomates pour abriter un nouveau round de négociation.

Le charme du café viennois

Le café viennois, son petit chocolat et le verre d’eau, placés délicatement, les serveurs inégalables auront-ils plus de charme que l’onctuosité helvétique ? Ou est-ce le petit parfum de guerre froide qui a entouré longtemps la capitale autrichienne qui excite les diplomates en chef. A moins que ne soit la célèbre Sacher Torte — inventée pour les besoins des hôtes du chancelier Metternich — qui fond sous la langue. On ne sait… Mais ce round parait au moins un peu plus réaliste, de par l’implication de quasiment tous les acteurs et protagonistes du conflit (1). Ce qui n’était pas le cas précédemment.

Quand le militaire favorise le politique ?

Paradoxalement, c’est l’engagement militaire extériorisé, visible, de la plupart des participants présents qui rend aujourd’hui une négociation plus crédible. Les frappes aériennes en Syrie menées par les Américains – qui a entraîné dans son sillage les Français et les Britanniques — ont marqué un tournant. Mais c’est surtout l’engagement russe, au final, qui a débloqué une situation crispée. Même les acteurs régionaux, souvent discrets sur leurs engagements (Iran, Arabie Saoudite, Turquie…), ne se cachent plus aujourd’hui derrière des circonvolutions dialectiques. Pour la première fois, depuis le début du conflit, on prend ainsi la mesure de la dimension régionale, voire internationale de ce conflit.

S’inscrire dans la foulée de la réconciliation monde-Iran

L’accord conclu sur le nucléaire iranien a aussi ouvert la voie vers la réintégration de l’Iran sur la scène mondiale. L’invitation à Vienne est ainsi la première conséquence concrète, au plan diplomatique, de cet accord. L’esprit de Vienne qui avait présidé, durant plusieurs mois laborieux, à un dénouement positif de ces discussions saura-t-il régner sur ces premiers effleurements diplomatiques entamés sur la Syrie. On l’espère…

Pourquoi Vienne ?

J’ai posé la question à plusieurs diplomates. Trouver une ville de négociation est déjà tout un art qui repose sur des notions très subtiles.

Une ville des Nations-Unies

« On choisit en général une ville où existe une représentation de l’ONU » explique l’un d’eux. Vienne a ainsi souvent été choisi « comme lieu de négociations internationales difficiles dans le passé » complète un autre. L’ONU se trouvant dans la capitale autrichienne, on y trouve donc « un réseau très dense de représentations diplomatiques. L’infrastructure pour les négociations internationales est absolument là. »

… habituée de la guerre froide

A cela on peut ajouter la présence de l’OSCE, « l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe » survivante des discussions de la guerre froide. Vienne est aussi une des villes qui a pratiqué l’art des négociations difficiles entre les deux blocs. Elle a accueilli en 1973 la négociation sur la réduction des forces – Mutual and Balance Force Reduction, entre les grandes puissances de l’époque, les représentants du Pacte de Varsovie et ceux de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN). En 2006-2007, elle accueille les négociations sur le statut final du Kosovo, entre Belgrade et Pristina, sous l’égide du médiateur de l’ONU Martti Ahtisaari.

… des négociations difficiles

L’autre condition pour l’organisation d’une telle conférence est l’engagement de l’Etat d’accueil. Une telle conférence internationale nécessite une mobilisation importante, tant en matière de sécurité, que d’un corps diplomatique capable d’organiser le ballet des délégations pour qu’elles ne se croisent pas ou, au contraire, se rencontrent discrètement ou par hasard. Le cadre impérial de l’ancienne capitale des Habsbourg qui a abrité une des premières conférences de l’ère moderne, le Congrès de Vienne en 1814-1815 n’est pas étranger aussi au charme de la ville qui a grandi à l’ombre du Danube.

L’esprit de Vienne

Cette histoire est soigneusement entretenue et perpétuée par la diplomatie rouge et blanche. On peut même parler d’une politique volontariste. Le côté « dynamique et actif du ministre autrichien des Affaires étrangères (Sebastian Kurz) a sans doute été aussi un facteur important dans l’augmentation récente du nombre de discussions internationales à Vienne » remarque un diplomate du cru. Lors des négociations de l’Iran, alors que les négociateurs n’étaient pas d’accord sur un lieu de négociations, lorsque Sebastian Kurz a « proposé d’accueillir les pourparlers à Vienne, cette offre a été acceptée par les parties à la négociation » raconte un habitué des couloirs diplomatiques. Au final, après de longues journées, de longues semaines de négociation, Vienne a laissé « une très bonne impression sur les négociateurs ». Au point qu’ils ont peut-être eu envie de revenir…

L’Imperial Torte !

Seule différence. Ce ne sont plus les murs de l’hôtel du palais Cobourg qui abriteront le coeur des négociations mais ceux de l’hôtel Imperial. Un hôtel que connaissent certains des protagonistes, puisque lors des négociations avec l’Iran, y résidait le secrétaire d’Etat US, John Kerry.

(Nicolas Gros-Verheyde)

(1) Sont présents normalement outre les Etats-Unis et Russie, les alliés du régime de Damas (Irak, Iran, Liban) et ses adversaires (Arabie saoudite, Egypte, Qatar, Turquie) et 5 Européens (France, Allemagne, Royaume-Uni, Italie + Union européenne)

La célèbre Imperial Torte imbattable...

La célèbre « Imperial Torte » de l’hotel Imperial saura-t-elle adoucir les moeurs des belligérants

Drapeau Suisse

La neutralité un espoir pour l’Ukraine ?

Drapeau Suisse(BRUXELLES2) L’Ukraine devrait, peut-être, y réfléchir à deux fois avant de multiplier les gestes et demandes envers l’OTAN et la sécurité euro-atlantique. La déclaration forte du général Mykhaylo Koval, ministre de la défense, hier voulant « rejoindre le système de la sécurité collective européenne » apparait davantage comme un « bras d’honneur » à la Russie qu’une réalité géopolitique. Un coup de poker risqué davantage susceptible de fâcher le voisin russe et causer des troubles en interne que de susciter de l’aide. Car s’il est possible que différents Etats membres de l’Alliance puissent lui fournir, plus ou moins discrètement, quelques équipements militaires, envoyer quelques « experts », il y a une réalité géopolitique. L’Ukraine n’est pas membre de l’OTAN, pas prête de le devenir, et l’OTAN n’assurera pas sa défense.

L’Ukraine n’est pas membre de l’OTAN, pas prête de le devenir…

Le président américain, Barack Obama, lors de sa venue à Bruxelles en mars, l’a réaffirmé. « Neither Ukraine or Georgia are currently on a path to NATO membership and there has not been any immediate plans for expansion of NATO’s membership. (…)  I think it would be unrealistic to think that the Ukrainian people themselves have made a decision about that, much less the complex process that’s required in order to actually become a NATO member. »

L’OTAN n’assurera pas sa défense.

Si l’Alliance militaire a mis en place un mini-dispositif pour rassurer ses membres à la frontière orientale (Pologne, Pays Baltes), aucune menace « directe » n’existe cependant contre l’OTAN et ses frontières. Et aucun pays européen – même soutenu par les Etats-Unis – ne tient à risquer la vie de ses soldats pour aller maintenir l’ordre sur le territoire de l’Ukraine, en cas de risque de déstabiliser, ou le défendre directement contre des troupes russes, au cas où celles-ci seraient tentées par une intervention militaire plus directe. Avant d’escompter un quelconque soutien, le gouvernement de Kiev devrait potasser ses bouquins d’histoire et réviser ses fondamentaux de géopolitique.

La leçon de l’histoire

Si les Occidentaux ont souvent soutenu les libertés et les opposants au régime de Moscou, ce soutien n’a jamais été au-delà d’un soutien politique, économique, voire technique. Que ce soit à Budapest 1956 ou plus récemment en Géorgie 2008, il n’a jamais été question d’une intervention des armées occidentales au-delà des frontières « Est » de l’Alliance. Autrement dit, l’OTAN n’enverra pas un soldat mourir pour Kiev ou Donesk. Sur l’annexion de la Crimée, toute récente, passés les cris d’orfaie, personne ne conteste déjà plus vraiment ce coup de force de Moscou. Et tous les dispositifs européens qui vont se mettre en place – dans le cadre de l’accord d’association et de libéralisation des visas – ne prendront pas en compte les Ukrainiens résidents en Crimée.

La solution autrichienne : la neutralité

Que Kiev se déclare neutre militairement serait donc intéressant, si on écoute le ministre autrichien des Affaires étrangères, Sebastian Kurz. « Si l’Ukraine veut avoir un avenir pacifique, ce serait certainement utile. Elle aurait une chance, d’un côté de se rapprocher de l’Union européenne ; de l’autre, de continuer à travailler ensemble avec ce partenaire régional fort qu’est la Russie. (…) La politique de voisinage ne ​​devrait pas signifier que les pays devront décider entre l’Est et l’Ouest ». Et d’ajouter «  L’Autriche est un bon modèle. Elle n’appartient à aucune alliance militaire et est militairement neutre. »

Des Européens qui hésitent à recommander le modèle

Effectivement, l’Autriche est un bon modèle : la proclamation de la neutralité, garantie par une loi constitutionnelle de 1955 a permis de libérer le pays au lendemain de la 2nd guerre mondiale de l’occupation militaire des alliés tout en préservant l’intégrité du territoire autrichien. Mais cette solution de la neutralité ne recueille pas vraiment un soutien massif au niveau européen, du moins jusqu’à récemment. Un haut responsable européen a même raillé cette solution. « Du moment qu’on a signé un accord d’association, on n’est plus neutre. » Les diplomates européens se veulent plus prudents, se refusant à fixer un avis. « Nous n’avons pas de commentaire sur une idée qui circule » explique un porte-parole de Catherine Ashton, la Haute représentante de l’UE. Et la « neutralité » ne figure, du moins pas encore, dans les possibles recommandations que feront les experts européens à l’Ukraine dans ces différentes réformes.

Commentaire : Tout attentisme est une erreur. Une proclamation de neutralité, claire, sans contestation possible, dans une loi constitutionnelle, reconnue par les différents partenaires de l’Ukraine (russe, américain, européen) aurait un avantage immédiat — faire baisser d’un degré la tension — et des conséquences à moyen terme — permettre un arrimage économique et politique aux Ukrainiens. Ce serait ainsi une première porte de sortie dans la crise russo-ukrainienne. Car il y a une réalité qu’il ne vaut mieux pas oublier : si la Russie est prête à intervenir d’une manière ou d’une autre pour déstabiliser le pouvoir en cause à Kiev, les Occidentaux ne sont pas prêts à intervenir au même degré. Et il est toujours connu que déstabiliser une région est toujours plus facile que la stabiliser. CFQD

Relève des Américains au camp Cabra par l'escadron d'éclairage et d'investigation français (Crédit : Ministère français de la Défense / DICOD)

Les militaires français quittent le Kosovo

Relève des Américains au camp Cabra par l'escadron d'éclairage et d'investigation français (Crédit : Ministère français de la Défense / DICOD)

Relève des Américains au camp Cabra par l’escadron d’éclairage et d’investigation français (Crédit : Ministère français de la Défense / DICOD)

(BRUXELLES2) La France devrait confirmer à la prochaine conférence de génération de forces son retrait de la KFOR, la force de l’OTAN au Kosovo.

Un retrait progressif

« Le contingent français, fort d’un peu plus de 300 hommes, dont beaucoup s’occupaient de logistique (*), va être retiré » a confirmé un diplomate. Ce sera fait « de façon progressive ». Le retrait a, en fait, déjà commencé au camp de Novo Selo (entre Pristina et Mitrovica) ; les premiers éléments seront rentrés avant la fin de l’année. Et toute l’opération s’étalera jusqu’à juin.

D’autres besoins ailleurs

Pour l’hexagone, il y a des réalités bien concrètes à assumer : l’intervention au Mali se prolonge tandis que se prépare une intervention en Centrafrique, où la France va fournir une bonne partie de l’effort toute seule. Du moins dans « l’entrée en premier ». Ce que résume notre interlocuteur : « Nous avons des besoins ailleurs effectivement. Nous sommes confrontés à des choix. »

Le format de la KFOR doit être adapté

Paris ne partage également pas l’analyse de certains pays qu’il faut maintenir les effectifs de la Kfor à un niveau élevé (environ 5000 hommes). La France estime qu’il est temps aujourd’hui de réfléchir à une réduction du format, pour passer d’ici l’année prochaine, à ce que les experts de l’OTAN appellent Gate 3 : c’est-à-dire une réduction d’environ la moitié de l’effectif, essentiellement concentré sur la zone à risques (le nord du Kosovo) et la présence d’une force de réserve « off shore », hors du pays, à la manière dont est organisée la force européenne en Bosnie-Herzégovine (EUFOR Althea). « Nous n’avons pas vraiment besoin d’une force aussi robuste au Kosovo. Il n’y a pas vraiment de risques au sens militaire du terme. Et si on regarde la façon dont se sont globalement déroulées les élections, elles se sont relativement bien déroulées. (…) Il est logique d’adapter la posture de l’OTAN, de passer d’une présence massive à une présence de dissuasion. »

Qui va remplacer ?

Les alliés ont été « prévenus ». Certains avaient déjà, discrètement, pris la poudre d’escampette : les Britanniques par exemple qui n’ont plus qu’une présence symbolique dans le pays, même s’ils se refusent à anticiper une réduction du format. D’autres pays – qui ont un intérêt dans la région – pourraient venir remplacer les Français, les Autrichiens par exemple auraient manifesté leur intérêt, selon nos informations. Ce sera ainsi la fin d’une quinzaine d’années d’engagement dans le pays.

Transition vers l’Union européenne

Du coté français, on milite pour une transition de l’opération au Kosovo de l’OTAN vers l’Union européenne. « A terme, l’Union européenne pourrait prendre des responsabilités plus grandes en matière de sécurité dans la région. Ce serait logique car il y a une perspective européenne » tracée pour le Kosovo comme la Serbie. Un peu comme pour l’opération EUFOR Althea, mais sans le système de commandement mixte Otan-Ue, dit « Berlin Plus ». Il semble cependant que beaucoup de pays soient plutôt « réservés » à cette perspective et peu enthousiastes à l’idée de changer à la fois l’organisation-cadre et le système de commandement. Difficulté encore renforcée pour les cinq pays de l’UE qui ne reconnaissent pas le Kosovo.

(*) Le contingent français dit « Trident » est fort de 320 hommes selon l’Etat-Major des armées : une unité de manoeuvre (escadron d’éclairage et d’investigation EEI) et un élément de soutien national (ESN)

Commentaire : la réticence de certains pays à se retirer est sans doute dictée par des considérations sécuritaires mais aussi plus directement domestiques et un peu moins avouables. La présence en nombre au Kosovo a plusieurs avantages : terrain relativement peu risqué (le dernier incident grave remonte à novembre 2011 où 20 soldats de la Kfor ont été blessés, dont 2 graves, 2 Autrichiens), engagement pas très loin de la maison, dans une zone très maîtrisée, où un certain confort peut être assuré aux soldats et avec une bonne visibilité.

Le Golan chauffe. Les Autrichiens décampent…

(crédit : armée autrichienne)

(BRUXELLES2) C’est une désertion en rase campagne. Il n’y a pas d’autre mot. Après quelques incidents à la frontière entre la Syrie et Israël, le gouvernement autrichien a décidé, sans coup férir, de rapatrier ses 376 soldats.

Le contingent autrichien de la mission des Nations-Unies (UNDOF) va en effet, être retiré du plateau du Golan. Décision annoncée par le chancelier Werner Faymann et le vice-chancelier Michael Spindelegger lors d’une déclaration commune jeudi (6 juin). Motif : la sécurité du personnel concerné « ne peut être garantie en raison de la situation actuelle ».  « Un maintien des soldats autrichiens plus longtemps n’est pas justifiable » a ajouté le ministre de la Défense Gerald Klug, selon le communiqué parvenu à B2.

Une menace inacceptable contre les soldats

Cette décision fait suite  à des combats qui ont opposé les forces rebelles et les forces gouvernementales ont cherché tour à tour à prendre contrôle d’un poste frontière. Des impacts d’obus ont été observés dans un camp de l’ONU à proximité, où logeaient les Autrichiens. Un soldat indien et un philippin ont été blessés. « La réputation de la mission de maintien de la paix n’est apparemment plus respectée par toutes les parties au conflit et la menace pour nos hommes et femmes atteint un niveau inacceptable » a précisé le ministre de la Défense. Les incidents récents montrent clairement quele ravitaillement de la mission de l’UNDOF « peut être interrompu à tout moment ». En outre, « la restriction permanente de circulation et la menace croissante pour les soldats rend la mise en œuvre du mandat de l’ONU pratiquement impossible ». Ce n’est pas le premier incident. Puisque des soldats autrichiens avaient été blessés lorsqu’ils roulaient en convoi, en février dernier.

Retrait progressif

Le retrait du contingent de l’armée de la zone d’opérations sera « effectué de façon ordonnée » précise-t-on à Vienne. Les contraintes de temps font actuellement l’objet de négociations spécifiques avec les Nations Unies. Comme l’a précisé le ministre Klug : « Nous n’allons pas retirer nos hommes et femmes tout de suite pour laisser à l’ONU, les autres pays contributeurs et Israël la possibilité de s’adapter aux nouvelles conditions. »

Est-ce la bonne décision ?

Mais est-ce la bonne décision, on peut en douter…   Que la situation soit instable, c’est un fait. Qu’il y ait des risques, c’est évident (sinon pourquoi employer des militaires). Que le mandat des forces de Nations-Unies fondé sur l’observation ne soit plus tout à fait adapté à la situation, c’est sans doute vrai. Mais l’intérêt d’une présence des Nations-Unies sur le plateau du Golan – une des plus anciennes missions de l’organisation – est plus que jamais justifié aujourd’hui. Et une force neutre d’observation et d’interposition est primordiale, aujourd’hui, dans la zone si on veut éviter que le conflit civil syrien ne se transforme, demain, dans un conflit régional aux conséquences imprévisibles. Alors… la bonne méthode est-elle de partir au premier coup de feu ?

Une décision totalement incompréhensible

Aux yeux d’observateurs extérieurs, comme je le suis, la décision du gouvernement autrichien est donc totalement incompréhensible, voire inconséquente. Les Autrichiens étaient présents dans la région depuis 1974. Le statut de neutralité de l’Autriche, sa proximité du monde arabe mais aussi d’Israël, son positionnement « très dur » contre la levée de l’embargo des armes en Syrie, la prédisposait à être plus que jamais une force d’interposition. Bref… tout les prédisposait plutôt à renforcer les positions.

A quoi sert l’armée ?

Le gouvernement de Vienne peut aujourd’hui légitimement se poser trois questions. Est-il prêt à assumer demain un dérapage dans la région dont il ne sera pas la cause mais un accélérateur ? Sa doctrine permanente d’un soutien aux Nations-Unies est-elle vraiment crédible aujourd’hui ? Le maintien d’une armée, d’équipements couteux comme les Eurofighter et autres outils blindés, est-il nécessaire si ses responsables ne sont pas prêts à accepter la moindre prise de risque ?

(*) Si un pays entretient une armée et des militaires, avec une discipline, des entrainements et des équipements, ce n’est pas juste pour faire « joli », planifier le possible et l’impossible, c’est pour assurer une prise de risque supérieure à celle que pourraient assumer des civils.

2 soldats autrichiens de l’ONU blessés en Syrie (Maj3)

convoi de l’ONU (crédit : ministère autrichien de la Défense)

(BRUXELLES2) Un convoi de l’ONU – avec à son bord des soldats autrichiens et croates de retour de mission au Golan (UNDOF) – a été l’objet de tirs, jeudi (29 novembre) dans l’après-midi à environ 15 kilomètres à l’ouest de l’aéroport de Damas. Quatre soldats autrichiens ont été blessés, deux très légèrement par des éclats, deux autres plus sérieusement. Il s’agit d’un sous-lieutenant de 53 ans des équipes de santé a été blessé assez sévèrement à l’épaule par une balle et un caporal de 25 ans a été blessé plus légèrement au bras. Les premiers secours ont été portés par l’équipe médicale, qui était dans l’équipe de protection du convoi. Ils ont ensuite été évacués sur l’hôpital de Haifa en Israël, d’abord par voie terrestre vers le plateau Golan où ils ont été pris en charge par un hélicoptère israélien. Leurs jours ne sont pas en danger, précise-t-on au ministère autrichien de la Défense. Les autres militaires, qui faisaient partie du convoi, ont tous repris l’avion et sont arrivés en Autriche ce vendredi (30 novembre).

L’origine des tirs est « inconnue » a précisé le ministre dans un communiqué. L’Autriche a déposé « immédiatement une protestation claire auprès Conseil de sécurité des Nations unies ». « Le fait que les Casques bleus autrichiens soient visés est à condamner. Et les conséquences appropriées doivent entraîner. Le gouvernement autrichien va tout mettre en oeuvre, de concert avec l’ONU, pour que cet incident soit clarifié complètement », ont expliqué les ministres des Affaires étrangères Michael Spindelegger et de la Défense Norbert Darabos. L’ambassadeur de Syrie à Vienne a été convoqué au ministère autrichien des Affaires étrangères. Les Autrichiens exigent une « enquête » sur cette attaque. « La Syrie est responsable de la sécurité de nos soldats de l’UNDOF et doit veiller à ce qu’ils puissent remplir leur mandat international », a précisé le ministre Spindelegger.

Les ambassadeurs européens du COPS – comité politique et de sécurité – ont été tenus informés de l’incident, selon les informations reçues à B2.

(maj 4 décembre) Les deux blessés ont été rapatriés lundi (3 décembre) par avion militaire C-130 Hercules de la base aérienne de Vogler à l’aéroport de Linz. Un impératif pour le ministre de la Défense Norbert Darabos qui l’a précisé dans un communiqué. « La sécurité de nos soldats est une priorité absolue. Pour moi, c’est important que tous les moyens soient utilisés pour les amener sains et saufs » . Le plus sévèrement atteint – le sous-lieutenant de 53 ans – a été transféré dans un hôpital par hélicoptère ; le second, plus légèrement atteint a pu rentré chez lui.

La délégation de l’UE en Birmanie est ouverte. Un diplomate autrichien à sa tête

(B2) C’est un autrichien, Andreas List, qui a été nommé chef de la délégation de l’UE en Birmanie par Catherine Ashton. Cette nouvelle délégation a été ouverte dimanche dernier (29 avril), à l’occasion de la visite de la haute représentante dans le pays, et après l’ouverture d’un « nouveau chapitre » dans les relations UE/Birmanie. Andreas List, docteur en droit, est un diplomate autrichien. Il a servi pour l’Autriche à Belgrade, Rabat, Jakarta, Tokyo et Tunis. En tant que diplomate européen, il a travaillé majoritairement sur les questions d’Asie du Sud Est, notamment pour le processus de paix en Indonésie ou lors de l’indépendance du Timor oriental. Il a été chef adjoint de la délégation à Bangkok de 2001 à 2005 et a été impliqué depuis plus de dix ans dans l’élaboration de la coopération entre l’UE et la Birmanie.

 

Un nouveau représentant militaire autrichien

(BRUXELLES2) L’Autriche devrait avoir un nouveau représentant militaire à Bruxelles en la personne du général Günter Höfler. Le ministre de la défense, Darabos, a annoncé cette nomination jeudi (23 février).

Agé de 59 ans, Höfler est un des plus hauts gradés de la Bundesheer. Puisqu’il était jusqu’ici commandant des forces armées. Il a déjà fait un séjour à Bruxelles comme agent de liaison et attaché militaire de l’OTAN, et chef adjoint de la mission militaire de 1995 à 1999, lors de la mise en place du partenariat pour la Paix.

Agé de 59 ans (le 24 janvier 1953 à Weiz en Styrie, près de Graz), il a rejoint l’armée autrichienne en 1971, Hoefler est engagé dans la mission des Nations-Unies à Chypre. Après la formation d’officier à l’Académie militaire de Wiener-Neustadt, il sert au Jagdpanzerbataillon 4 à Graz (1977-1982). Il enseigne les tactiques à l’Académie militaire (1985-1986) avant d’en prendre la tête (1987-1990), au 9e bataillon d’infanterie blindée Panzergrenadierbataillons 9 (1991-92). Il dirige ensuite l’Institut de formation des officiers à l’Académie militaire (1992-1995) et est commandant des opérations internationales à Götzendorf (1999-2002). En 2002, il est nommé commandant des opérations internationales à Graz et, en janvier 2006, commandant des forces armées. Il est marié (à Elisabeth) et a deux enfants (Anna et Jakob).

L’armée en alerte en Autriche face aux risques d’avalanches

(crédit : armée autrichienne)

(BRUXELLES2) Face aux conditions météorologiques difficiles en Autriche, particulièrement dans les montagnes du Tyrol et dans le Vorarlberg, l’armée autrichienne a mis en alerte ses équipes de chasseurs alpins. Onze unités, composée chacune de 40 soldats formés à l’intervention en zones d’avalanche, sont prêtes à intervenir. Dotées de vivres pour 2 jours, équipées de balises d’avalanche et des skis, elles disposent également d’une équipe de première intervention à même de fournir les premiers secours.

Quatre hélicoptères de type « Alouette III » et AB-212 sont aussi prêts à intervenir. Ces unités – basées pour certaines dans les casernes de St. Johann im Pongau, Saalfelden, Tamsweg et Hochfilzen – resteront en alerte jusqu’à la mi-avril, fin de la saison de neige, prêtes à intervenir face aux avalanches et autres accidents alpins.

30 hélicoptères européens en formation groupée au nord de Rome

(crédit: Austrian Forces)

(BRUXELLES2) Une trentaine d’hélicoptères venant d’une demi-douzaine de pays étaient, en effet, réunis dans les collines au nord de Rome, lundi, pour un exercice organisé par l’agence européenne de défense. Le scénario  était destiné à pouvoir mettre en lumière toutes les interventions possibles dans une zone de guerre : de jour, de nuit, de transport tactique ou logistique, de tirs, de largage de combattants ou d’extraction, d’évacuation médicale ou de sauvetage de pilotes en détresse. Participaient à l’exercice six pays : l’Italie – pays hôte et nation cadre qui assurait la majeure partie de la logistique également – l’Allemagne, Autriche, la Belgique, la république Tchèque, la Slovénie. Et différents types d’appareils du tout flambant NH90 au bon vieux Chinook CH47 en passant par les A129, AB412, Mi17 ou Mi24, SuperPuma/Cougar…

Le scénario

A bord d'un Mi171 Tchèque (crédit : armée tchèque / austrian forces)

Nous sommes dans un pays – qui ressemble fortement à l’Afghanistan. Le conflit a fait de nombreuses victimes dans la population civile. Des éléments CIMIC et ONG sont déployés sur le terrain pour leur venir en aide, le seigneur de guerre local veut exploiter cette situation pour attaquer les forces multinationales sur la vallée qui sert de liaison entre les différentes régions. La mission de maintenir les positions clés sur la vallée Harirude, de prévenir l’attaque de l’opposition, et supporter les troupes au sol en bloquant les voies de communication.

Tout commence par le large de parachutistes par un Dornier 228. Objectif des forces spéciales du régime « Col. Mischin », créer un FOD – détachement opérationnel avancé – avec le but d’obtenir des informations, de patrouiller et sécuriser une zone d’atterrissage (la LZ comme landing zone) pour des opérations aéroportées. Puis arrivent les hélicoptères de transport, en trois formations (alpha, bravo, charlie). Chacune protégée par des hélicoptères d’attaque – des A129 italiens ou des Mi24 tchèques, impressionnants. Les NH-90 doivent déposer au sol une unité de mortier spécialement entraîné pour pouvoir être opérationnelle en quelques minutes après le débarquement. Et des Chinook CH-47 se chargeant de la force de réaction rapide (QRF). Ils sont assistés en l’air par un détachement de détermination des cibles – qui a pris place à bord de l’AB412.

Les incidents se succèdent

Utilisation des leurres (crédit : armée de l'air italienne)

Et les incidents se succèdent, destinés à tester un peu toutes les situations. Les hélicoptères sont pris dans un tir au sol, par un Manpad (un missile sol air portable). Un hélicoptère Chinook CH 47, touché à un moteur, est forcé d’atterrir. Trois hélicos interviennent en renfort : l’un (Chinook Ch 53 allemand) transporte un moteur de rechange, l’autre (Mi 171 tchèque) l’équipe technique chargée de le remplacer, le troisième (un Chinook CH 47 italien) l’équipe de sécurisation du lieu. Le tout assisté par deux hélicoptères belges A-109.

Ensuite, ce sont les troupes débarquées au sol qui sont prises sous des tirs. Les Mi-24 Hind sont appelés à la rescousse. Lors de l’assaut donné au sol, la QRF signale un blessé qui est évacué par un hélicoptère Cougar slovène équipé pour la Medevac. Il faut également assurer le réapprovisionnement des mortiers.

Des forces spéciales (SOF) sont débarquées par les hélicos B-12 italiens pour assurer la neutralisation d’un immeuble suspect. Tandis que les B-12 autrichiens transportent une équipe du 4e rangers destiné à venir en aide à l’armée nationale locale pour bloquer les voies d’accès. Le tout se termine par la phase d’extraction des troupes au sol menés par les CH-53 allemands, les B-12 italiens et autrichiens, le tout sous escorte des A129 Mongoose.

La leçon du dispositif

Durant dix jours, les équipages ont volé de concert dans différents environnement – du sec et de l’aride ou de la montagne jusqu’à 2000 mètres. Le défi n’était pas mince comme l’explique le général Tarricone, commandant la force opérationnelle italienne. « Vu l’hétérogéinité des hélicoptères qui ont pris, avec une large différence de modèles, de caractéristiques et de performance, nous avons mis le focus de l’entrainement des équipages sur l’interopérabilité, que ce soit pour les procédures, la langue ou la formation tactique ».

Le rôle du simulateur de vol

Un simulateur de vol a également été utilisé permettant de recréer l’ambiance d’un hélicoptère d’attaque A129 confronté à différents scénarios ou environnements hostiles, permettant ainsi de parfaire certains exercices comme l’extraction de personnel en terrain hostile. Un simulateur que les Italiens estiment très utile et qu’ils aimeraient bien voir reconnu comme un outil européen. Ils ont d’ailleurs profité l’exercice pour vanter le centre de Viterbo comme un des « centres d’excellence » de l’Union européenne pour la formation des pilotes d’hélicoptères (un centre menacé par les coupes budgétaires au sein de l’armée de l’air italienne).

(crédit : Austrian airforce)

L’intégration des pays neutres et non Otan

L’intégration de flottes comme celle des Autrichiens – qui ne sont pas membres de l’OTAN – a permis de parfaire le dispositif. « Travailler en multinational, ce n’est pas facile d’emblée » précise le général Tarricone. « Pour certains pays, nous sommes habitués à l’OTAN à travailler ensemble. Mais là on passe dans un format Union européenne. Nous faisons le même job, piloter un hélicoptère. Mais nous n’avons pas toujours les mêmes procédures. Cet exercice a donc été très utile. On pourra ainsi faire un meilleur travail dans le futur. Car nous serons habitués à nous partager le travail, les tâches. »

Des cours de formation

Cet exercice s’intègre, en effet, dans un ensemble plus vaste – précise le Brig. Général Mullin, de l’Agence européenne de défense – de cours de formation, « très suivis et appréciés par les Etats membres ». Une vingtaine de cours ont déjà eu lieu — comme ceux sur le vol tactique (auxquels ont participé 6 pays) ou l’anglais opérationnel (avec 11 pays participants) — ou sont programmés. Cours après cours, exercice après exercice, les équipages des différentes nations s’intègrent ainsi dans un contexte opérationnel qui comprend une grande étendue d’interventions – du transport de troupes ou de matériel à la frappe, en passant par la Medevac, l’observation ou le largage de leurres.

A terme : un bataillon d’aviation héliportée conjoint

L’objectif à moyen terme est, en effet, de former et intégrer les unités aériennes des pays européens, dans un « Joint Combat Aviation Bataillon », un bataillon aérien européen déplorable dans une opération de gestion de crises. Un tel « bataillon » pourrait être utile dans une opération comme Eufor Tchad… « si effectivement il y a une volonté politique » précise, prudent, un officier italien.

… et une unité multinationale

A plus long terme, l’agence européenne de défense a dans le projet de former une « unité multinationale hélicoptères« , qui pourrait comme son alter ego de l’EATF – pour l’aviation militaire de transport – comprendre une vaste panoplie d’accords multilatéraux ou bilatéraux (entraînement, maintenance, achat en commun…). Une première réunion regroupant une dizaine d’Etats membres (dont la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni) a eu lieu au sein de l’Agence européenne de défense, en mars. Elle devrait être suivie de beaucoup d’autres avant la mise en place précise.

(crédit : Austrian forces)

Le commandement d’EUFOR Libya se constitue

(BRUXELLES2) Plusieurs pays ont décidé d’envoyer des officiers à Rome pour préparer et planifier l’opération EUFOR Libya. Outre l’Italie, la Finlande et l’Autriche ont déjà confirmé envoyer des officiers. Selon nos informations, la Finlande enverra 3 officiers : le chef de division de l’état-major des opérations de l’état-major, un officier principal de la division de la planification et un juriste. L’Autriche devrait, de son coté, envoyer 2 officiers d’Etat-Major (le Parlement autrichien doit approuver cet envoi, cette semaine). Le ministre de la Défense, Darabos, n’a pas exclu, dimanche, d’envoyer d’autres soldats de l’armée fédérale (l’Autriche dispose de 180 soldats en astreinte dans un des deux battlegroups européens d’astreinte ce semestre).

Le pooling & sharing des capacités de défense, vu par l’Autriche

Le ministre autrichien de la Défense, Darabos, et son homologue suédois Tolgfors (crédit : présidence hongroise de l'UE)

(A Budapest) Sur quels domaines doit-on coopérer, c’était aussi le thème (malgré la crise libyenne) de la réunion informelle des ministres de la Défense, en Hongrie, vendredi. Le ministre autrichien de la Défense a insisté, lui, sur la coopération régionale. Ce qui permet ainsi d’avoir une approche « à la carte » selon les pays pour le « pooling & sharing », les nouvelles ‘mamelles de l’Europe de la défense ». Il a cité quelques domaines qui pourraient être particulièrement intéressants : la formation ou l’aide en cas de catastrophe par exemple. Il a précisé aussi quelques domaines qui doivent évalués : le NBC, le partage des installations de formation, la conduite d’exercices communs, la recherche et développement, la formation et la coopération des forces spéciales ou les retours d’expérience opérationnelle.