L’UE préoccupée par l’installation de missiles russes 300M en Abkhazie

(BRUXELLES2) Cathy Ashton, la diplomate en chef de l’UE, s’est montrée préoccupée par la mise en place de missiles 300M en Abkhazie. Ceci constitue « une violation des accords de cessez-le-feu » de 2008, explique-t-elle dans un communiqué, rappelant l’attachement de l’Europe à la préservation de l’intégrité territoriale de la Géorgie sur les territoires d’Ossétie du Sud et d’Abkhazie, qui se sont proclamés indépendants sous protection russe en 2008.

(Nicolas Gros-Verheyde)

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L’aide internationale à la Russie (mis à jour 2)

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Le Dash8 – Crédit photo : Sécurité civile FR

(BRUXELLES2) Après avoir refusé toute aide internationale, la Russie a accepté les offres qui lui étaient faites par plusieurs pays. Aux 11 et 12 août, il y avait ainsi, selon le ministère des situations d’urgences, venant de pays étrangers : 551 pompiers à l’oeuvre, une centaine de véhicules, 6 avions et 7 hélicoptères (chiffre en augmentation par rapport à la veille : 394 pompiers, une quarantaine de véhicules, 5 avions et 5 hélicoptères). La moitié de ces effectifs étant fourni par l’Union européenne (5 avions et 281 pompiers).

Les anciennes républiques d’URSS ont fourni le plus rapidement une aide : l’Arménie (4 véhicules, 150 motopompes, une cinquantaine de pompiers, dans la région de Nijni-Novgorod), l’Azerbaïdjan (2 hélicoptères, Mi17 et Ka 32a, envoyés mercredi 4 août dans la région de Lipetsk et Riazan), le Kazakhstan (2 hélicoptères Mi-8 et Mi-171, dans la région de Samara), la Biélorussie (1 hélicoptère Mi-8, 20 véhicules et 150 pompiers dans la région de Ryazan), l’Ukraine (2 avions An-32, deux groupes de pompiers dans la région de Voronezh, un détachement de 500 militaires prêt à partir, selon Ria Novosti). La Turquie a envoyé 2 hélicoptères (dans la région de Riazan).

Les Etats-Unis ont envoyé 2 avions cargos contenant du matériel anti-feu (réservoirs à eau, pompes, combinaisons anti-feu…).

La contribution européenne

Six pays de l’Union européenne participent actuellement aux opérations : la Bulgarie (une centaine de pompiers – 92 pompiers et 3 médecins -, actifs depuis le week-end du 7 août), la Pologne (150 pompiers et 50 véhicules partis en convoi, samedi 7 août, via les pays baltes), l’Italie (2 Canadairs CL 415), la France (un gros bombardier d’eau, un Dash 8, parti lundi 9 août). La Lettonie a annoncé envoyer, mardi 10 août, une unité d’intervention de 12 sapeurs-pompiers et 2 véhicules. Et la Lituanie a décidé, jeudi 12 août, d’envoyer à son tour une équipe de 24 pompiers avec du matériel.

mis à jour jeudi 13 août
(Nicolas Gros-Verheyde)

Quelques jours bien chargés pour Cathy Ashton du Caucase à l’Afghanistan

(BRUXELLES2) La diplomate en chef de l’UE a rencontré en Géorgie le président Saakachvili. C’était dans la cité balnéaire de Batumi (c’est plus agréable en cette saison que Tbilissi). Objectif des entrevues : lancer les négociations d’un accord association avec la Géorgie. Négociations qui peuvent prendre entre un à quatre ans. Des négociations identiques sont lancées par l’UE également avec l’Arménie et l’Azerbaïdjan, dans du partenariat oriental et d’une stratégie pour l’Asie centrale un peu plus affirmée.

Quelques heures le président géorgien s’était entretenu avec Bernard Kouchner, l’occasion pour le ministre des Affaires étrangères français de lever le petit doigt contre les Russes pour leur non-respect des accords de cessez-le-feu de 2008.

Les voyages de l’Européenne et du Français se séparent à Tbilissi. Cathy Ashton file à Almaty, capitale du Kazakhstan pour un sommet de l’OSCE tandis que Bernard Kouchner poursuit son déplacement, en compagnie de son homologue allemand, Guido Westerwelle, vers le Kirghizstan. Il poussera jusqu’à Och, ville objet d’un « pogrom » mi-juin, semble-t-il bien organisé (1), où le couple franco-allemand rencontrera des ONG et des survivants du massacre.

Entre temps, la diplomate en chef de l’UE fera un crochet par le Proche-Orient, et notamment Gaza (du 17 au 19 juillet), avant de rejoindre ses compagnons de route pour la Conférence internationale sur l’Afghanistan, le 20 juillet.

(Nicolas Gros-Verheyde)

(crédit photo : Rustavi Tv)

(1) Les dommages au Kirghizstan: bien délimités. Les cartes satellites

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Les dommages au Kirghizstan: bien délimités. Les cartes satellites parlent

(BRUXELLES2) Les émeutes type « pogrom » qui ont affecté le sud du Kirghizstan à la mi-juin ont été soigneusement observés par les satellites. Le programme satellitaire des Nations-Unies (UNOSAT) a ainsi publié plusieurs cartes montrant l’étendue des dommages. Selon son analyse, 1877 bâtiments ont été abimés à Osh (1805 totalement et 72 sévèrement). Et 433 bâtiments ont été touchés à Bazar-Kurgan (401 totalement et 32 gravement). Les photos satellites ont permis de repérer à Osh 73 signes SOS et 32 blocages de route, indication de quartiers ouzbekhs frappés par la crise ethnique. A Bazar-Kurgan, aucun signe de détresse SOS et seulement trois obstacles aux routes ont été détectés. Aucun dommage n’a été identifié dans la ville de Nooken, sur la rive ouest de la rivière Kara Unkur.

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Une destruction organisée et sectorisée

Selon la première analyse des experts satellitaires de l’ONU, on observe ainsi à Osh un axe de destruction est-ouest passant le centre de la ville. « Il y a une série de destructions sur 7 zones majeures, avec des frontières bien définies entre zones touchées et celles qui ne le sont pas. La moitié (52%) des bâtiments touchés identifiés sont situés dans une des six zones« . A Bazar-Kurgan, les dommages sont concentrés dans le centre et le nord-est de la ville, sur quatre zones essentiellement. Près de trois-quart (72%) des bâtiments touchés identifiés figurent dans deux zones.

Dans les deux cas, le mode de destruction favori a été « l’incendie volontaire » détectable « en raison de la prévalence de toits détruits couplé avec des murs porteurs visiblement intacts ». Ce qui « suggère que la majorité de la destruction de construction a probablement eu lieu à la suite des incendies de l’après-midi détectés les 12 et 13 Juin 2010 ». Précision supplémentaire : « Une grande majorité des bâtiments touchés étaient directement accessibles à partir des routes, ce qui suggère que les attaques incendies suspects ont été perpétrés par des individus ou des groupes qui ont restreint leurs mouvements aux principaux axes de transport ».

Dans la plupart des cas, les bâtiments touchés servaient à l’habitation ou étaient situés dans les quartiers résidentiels. » Il y a quelques cas de destructions ou de dommages à des entrepôts industriels ou des installations commerciales et publiques. Aucun dommage n’a été observé au réseau de transport (routes, ponts) ou d’autres sites d’infrastructure clés de la ville« .

(Nicolas Gros-Verheyde)

Télécharger :

la carte des dommages à Osh

la carte des dommages à Bazar-Kurgan

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Kirghizstan. Des policiers européens nécessaires

Commissioner-KG_Osh-Kyrgyzstan_ACTED-project-v2_03072010_sm.jpg(B2) La Commissaire européenne à l’action humanitaire et la réponse de crises, Kristalina Georgieva, de retour d’un voyage au Kirghizstan a expliqué que tous ses interlocuteurs – de la présidente par intérim et du ministre des Affaires étrangères à la population sur place à Och —, lui avaient exprimé le souhait d’avoir une présence internationale dans le pays, notamment de policiers européens, pour contribuer à la stabilisation du pays, pour « former les forces de police » et assurer une « certaine neutralité ».

« La situation à Och semble actuellement stable mais il reste des tensions et chacun a peur que cela rééclate » commente un proche de la commissaire. Kristalina Georgieva a promis à ses interlocuteurs de faire part de leurs demandes à la fois à Cathy Ashton, la diplomate en chef de l’UE, et aux ministres des Affaires étrangères européens.

(NVG)

(crédit photo : Commission européenne).

Une force européenne en Transnistrie ? Les Russes sont OK!

(B2) C’est en tout cas le souhait allemand comme russe. Le ministre des Affaires étrangères russe, Lavrov, l’a répété, mercredi à Paris lors de la réunion du triangle de Weimar élargi (France, Allemagne, Pologne + Russie). La présence d’un contingent de paix européen en Transnistrie est tout à fait possible, a déclaré le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, soulignant que cette idée avait été formulée en 2003 dans le Mémorandum Kozak. Peu auparavant, le ministre allemand des Affaires étrangères avait demandé la Russie de retirer ses troupes de Transnistrie en échange de la promotion de l’initiative du président Dmitri Medvedev sur la sécurité européenne et de la mise en place d’un nouveau comité Russie-UE pour les questions de politique étrangère au niveau ministériel.

(NVG)

NB : la Russie maintient un effectif de 400 hommes en Transnistrie au titre de la force de paix.

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Le défilé « allié » sur la place rouge, une nouvelle « realpolitik »

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(crédit photo : RIA Novosti)

(BRUXELLES2) Quand on voit le défilé militaire organisé, ce dimanche, par les autorités russes sur la Place rouge pour célébrer l’anniversaire des 60 ans de la fin de la 2e guerre mondiale, on ne peut qu’être frappé par le petit sentiment d’avoir un air de déjà vu de défilé à la soviétique. Cependant il faudrait se garder de tomber dans les apparences pour regarder deux éléments.

Premièrement la présence des alliés mais surtout de la Pologne est à remarquer. Ce défilé en commun scelle la volonté politique à Moscou et Varsovie de passer outre sur les dissensions du passé, et le sang versé, et symbolise ainsi le rapprochement entamé depuis des mois. L’accident de Smolensk de l’avion présidentiel polonais n’a pas freiné ce mouvement ; les deux parties ayant décidé de ne pas polémiquer sur les causes de l’accident (le pilote est responsable, point final).

Deuxièmement, à ce défilé participaient les forces de l’ancienne URSS. Et on ne peut qu’être frappé que l’absence de la Géorgie n’a pas gêné le moins du monde ni les alliés britanniques ou américains, et même polonais, qui n’avaient de mots assez durs il y a moins de deux ans pour condamner l’intervention russe en Géorgie. Alors que le « coup » russe a d’une certaine façon réussi : l’OTAN ne s’est pas élargi à la Géorgie ni à l’Ukraine ; les deux entités autonomes de Géorgie (Ossétie du Sud et Abkhazie) se sont détachées, de façon définitive, de la Géorgie – et personne ne sont à remettre en cause cet état de fait ; l’Ukraine a basculé vers un gouvernement plus ouvert aux vues russes et a renouvelé l’accord sur la base de la marine russe à Sébastopol.

En bref, il y a une normalisation des relations entre le continent européen et l’occident et son voisin russe, et l’acceptation des réalités géopolitiques. La Realpolitik a frappé. Et à son grand retour que nous avons assisté à Moscou ce 9 mai 2010. C’est sûrement plus important à mon sens que la célébration, un peu surannée, des 60 ans de la déclaration Schuman.

(Nicolas Gros-Verheyde)

Kirghizstan: Pierre Morel s’envole vers un « Etat sans le sou »

(BRUXELLES2) L’émissaire européen, Pierre Morel, représentant spécial pour l’Asie centrale, qui part demain pour le Kirgizstan (en compagnie de la chef de délégation de la Commission dans le pays, Chantal Hebberecht, qui était en ce moment à Bruxelles)  ne sait pas vraiment où il va mettre les pieds, m’a-t-on confirmé dans son entourage, malgré son excellente connaissance du terrain . La situation est, en effet, très mouvante. Et surtout, on a affaire à un « Etat sans le sou ». Un soutien financier semble ainsi urgent !

On part dans le brouillard. « On est un peu dans le brouillard. On ne sait pas vraiment ce qu’on va trouver. » assure -t-on coté européen. C’est pour cela que le premier travail sera de « procéder à une évaluation ». Ce travail se fera en « étroite coordination avec les autres représentants spéciaux de la Communauté internationale » m’assure-t-on. « Ce sera un trio UE-OSCE-ONU. » Pierre Morel s’est ainsi déjà entretenu – par téléphone – avec le représentant de l’OSCE qui est déjà sur place et le fera avec celui de l’ONU qui arrive. Il s’agit aussi « de faire le point avec les différents responsables du nouveau pouvoir. Nous avons une série de rendez-vous prévus. »

Situation mouvante.

Sur place, en effet,  « La situation est très mouvante. Et il y a encore quelques troubles » selon les premiers rapports européens reçus. Le nouveau pouvoir a mis en place des « patrouilles citoyennes, mixtes, composées de volontaires et de policiers. » Mais la situation n’est pas stabilisée. Des responsables d’ambassade russe et américain ont été pris à partie, hier, lors de la visite au gouvernement.

Un Etat sans le sou.

Le moindre des problèmes posés sur place est que l’Etat n’a plus un sou. « Il reste en tout et pour tout au nouveau pouvoir, 16 millions de $ ». Ce n’est pas suffisant pour assurer la vie du pays, à commencer par payer les besoins en pétrole. C’est aussi pour cela qu’un des premiers du numéro 2 du nouveau pouvoir a été vers Moscou. « Les besoins sont donc importants, à la fois financiers et en matière d’urgence médicale ». Bakiev, l’ancien président qui s’est réfugié dans son fief, à Djalalbad, au sud du pays, a semble-t-il emporté avec lui le magot. L’utilisation qu’il ferait de cet argent est facile à deviner.

Russes en renfort : ne pas exagérer.

Quant à l’arrivée de 150 parachutistes russes sur place, un expert de l’UE dédramatise. « Il ne s’agit que de 150 parachutistes, qui visent à protéger les bases russes sur place et ceux qui y vivent. » Situation justifiée. «En fait, la Russie qui ne peut plus tenir toutes ses bases avait procédé, depuis plusieurs mois, à un retrait discret de certaines de ses troupes.» Ce serait juste un retour à un effectif suffisant « pour assurer une protection contre les troubles et
les pillards nombreux
».

(Nicolas Gros-Verheyde)

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Kirghizstan : Que fait la « belle au bois dormant » ? En vacances ? (Maj)

   


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Certes ce sont les vacances de Pâques. Certes c’est le Kirghizstan, un peu loin, au fin fond de l’Asie centrale, en bordure de la Chine. Certes la situation est confuse et les informations
remontent lentement sur ce qui apparaît, de plus en plus, comme une opération combinée (maintien de l’ordre / réaction spontanée / intervention étrangère). Certes ce n’est pas la même situation
qu’en Géorgie avec une intervention, claire, radicale, puissante d’un voisin Russe. Certes c’est une base militaire américaine et russe. Mais… tout de même !

On ne peut qu’être atterré par l’absence de réaction de l’Union européenne. Surtout si on la compare avec réaction à l’été 2008 face au conflit en Géorgie : nous
étions (aussi) en présence d’une ancienne république du bloc soviétique, dans un contexte de vacances (en plein mois d’août) et avec une situation politique très délicate (un voisin russe
puissant, une présence américaine massive). Mais l’UE avait été au rendez-vous (il est vrai avec une présidence tournante hyperactive)… Là pas grand chose, mis à part un mot d’inquiétude de
Cathy Ashton, la diplomate en chef de l’UE, après les arrestations le 7 avril (1), suivie d’un appel au retour au calme et à une offre d’assistance humanitaire, le 8 avril (2). Ce qui est le
minimum du minimum que peut faire toute ONG dotée d’un téléphone. Et bien peu me semble-t-il pour un continent qui revendique sa place dans le monde.

Au ras du plancher diplomatique

Car… l’ONU envoie un émissaire. Les Etats-Unis également. Les Russes envoient des troupes pour « protéger leurs ressortissants » Et l’UE ? Elle réfléchit, lambine,
se dit que çà va bien se passer : d’autres s’en occupent…. Cependant, l’UE est représentée à Bichkek par l’ambassadeur allemand (en raison des règles complexes de représentation tournante dans
les Etats tiers (3). Et elle dispose d’un représentant spécial pour l’Asie centrale, Pierre Morel, normalement connaisseur de la région (il a aussi en charge la crise géorgienne). L’UE a
également un accord de coopération avec le pays. La Commission européenne y a aussi une délégation. Et, il y a d’excellents spécialistes de la question dans les institutions européennes. Alors,
que font-ils, quelle est la ligne politique suivie et à suivre ? Mystère… Silence… La crise kirghize ne semble pas susciter ni émoi ni d’agitation. La prochaine réunion (normale) du COPS –
comité politique et de sécurité de l’UE – est prévue mardi. Et rien n’a été décidé pour l’anticiper. Les Américains et les Russes sont là, pourquoi se presser! On en serait presque à se dire : au
secours ! Sarkozy reviens….

Au-delà de l’ironie, il faudrait tout de même veiller à ce que notre « Belle au bois dormant » et sa Haute représentante, Cathy Ashton, se réveille vite, pour éviter
que la situation à « la haïtienne » se reproduise. Car sinon on pourra se poser la question, fatale ! En fait, la politique étrangère de l’UE n’était-ce pas mieux avec l’ancien système : Une
présidence tournante, certes un peu tonitruante, mais au moins présente ?

A suivre : dernières
nouvelles…

(1) Télécharger la déclaration (en anglais)

(2) Télécharger la déclaration (en anglais)

(3) Système auquel il devrait être mis fin avec le service diplomatique. Mais pas encore en vigueur dans la plupart des républiques d’Asie centrale. Lire 54 « ambassadeurs de l’UE » ont reçu leur ordre de
mission 

En savoir plus: : la page du service extérieur de l’UE sur
le Kirghizstan.

Le site de la délégation de la CE au Kirghizstan qui renvoie sur la délégation au Kazakhstan.

La carte du pays

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L’éducation militaire de retour dans les écoles en Géorgie

(BRUXELLES2) Le phénomène est proprement inquiétant, comme l’a écrit une de mes confrères géorgiennes, Tamar Kickacheishvili. Des cours de patriotisme militaire vont être donnés dans les écoles publiques de Géorgie aux enfants, à tous les niveaux.

En voici quelques extraits (en anglais, une fois n’est pas coutume).

  • Presidential spokeswoman Manana Manjgaladze said military-patriotic education, part of a package of proposals by Saakashvili and Education Minister Dimitry Shashkin, would include training in civil defense and cultivating a martial spirit, “which historically was always in the nature of the Georgian people.” The ministry is still working on the curriculum for the course. Natia Jokhadze, director of the National Curriculum and Assessment Center, said the new curriculum will be ready by the fall and classes will start in the upcoming school year. She said military patriotism classes will be taught at every grade level and they will include civic participation, civil defense, and emergency situations.
  • (…) In the Soviet era students were given military lessons, and some countries in the Commonwealth of Independent States still have the subject in their curricula. The textbook for those classes typically included praise for the Communist Party and its ideology. Aladashvili said it would be key that the new classes should not be used to indoctrinate students. “I think politics should not have any place in this modern military patriotism course. It should just be about patriotic souls.”

Ce projet mené par le président Saakashvili, un an et demi après la guerre qui a opposé la Géorgie et la Russie sonne effectivement comme un retour aux bonnes vieilles habitudes soviétiques. Il montre également que le faux journal de la télévision Imedi TV montrant une nouvelle invasion russe reflète une volonté du pouvoir géorgien d’instiller un contexte de tension et de peur dans la population. Comportement jugé irresponsable par l’Union européenne.

(Nicolas Gros-Verheyde)

« La Russie attaque la Géorgie, Saakashvili tué ? » Un « hoax » de la TV géorgienne

(B2) Ce n’était qu’un coup médiatique. A l’aide d’images d’archives, Imedi TV, une des télévisions géorgiennes (anciennement d’opposition reprise en main par le pouvoir) a annoncé près de deux ans après l’attaque russe sur la Géorgie, une nouvelle attaque avec la mort du  dirigeant actuel, Saakashvili. Ce n’était qu’un coup médiatique, un « hoax« , une fiction dans le plus pur style de la CBS en 1938 qui annonce le débarquement des Martiens dans le new Jersey et le vrai-faux journal de la RTBF sur la « proclamation unilatérale de la Flandre indépendante » et l’abandon du règne par Albert II. Regardez (le reportage qui vient de passer sur Russia Today, la radio russe, en anglais), on s’y croirait…

(NVG)