Asie centrale-Géorgie-Russie

Projet de budget 2012 : la PeSDC augmente, évolution de la politique étrangère

(BRUXELLES2) Dans le projet de budget 2012 présenté par la Commission européenne, le 20 avril dernier, j’ai examiné plus particulièrement les lignes consacrés aux missions de la PeSDC. Celles-ci détaillent désormais les grosses missions (une demande du Parlement européen), ce qui permet de comparer plus aisément.

Ce budget augmente de façon notable. Rappelons que ne sont mentionnées que les mission civiles, financées sur le budget communautaire, tandis que les missions militaires restent financées par les Etats membres, avec une faible partie mis en commun par l’intermédiaire d’un mécanisme ad hoc, hors budget, le mécanisme Athena.

J’ai aussi jeté un oeil, instrument par instrument, sur les priorités fixées par la politique étrangère. De façon générale, le budget global consacré à la politique étrangère (titre 19) reste d’ailleurs stable : 4,36 milliards d’euros crédits engagements (+0,09 milliards) ou 3,37 milliards d’euros en crédits de paiements (stable), la redistribution s’opérant ainsi à l’intérieur des rubriques.

Les missions PeSDC et réponses de crise : en augmentation

Les montants prévus dans le projet de budget 2012 pour la politique étrangère et de sécurité commune (PESC) sont en augmentation sensible, passant de 362,4 Millions d’euros (+ 35,8 M€ soit 11 %) si on prend les crédits d’engagement, passant à 316,6 M€ si on prend les crédits de paiement (+ 45 M€ soit + 17%). Une augmentation à relativiser néanmoins, vu les sommes assez modestes engagées. Sur ce montant, le budget consacré aux missions augmente passant à 300,7 M€ (+ 26,2 soit + 9,5%) ou 266,4 M€ en crédits de paiements (31,4 M€ soit + 13%).

L’augmentation essentielle est pour Eulex Kosovo à 155 M€ (+11 M€) et les autres opérations à 61,7 M€ (+ 9,2 M€). Le budget d’Eupol Afghanistan passe à 53 Me (+ 5 M€), celui de la mission d’observation EUMM en Géorgie à 31 M€ (+1 M€).

Le budget des mesures d’urgence progresse passant de 35 M€ (+ 4,5 M€).Celui consacré à la non-prolifération et au désarmement progresse également de 20 M€ (+ 5 M€). Le budget des mesures préparatoires et de suivi stagne à 6,75 M€ (+0,2 M€). Le budget consacré aux envoyés spéciaux reste stable à 0,25 M€  = paiements) ; il avait fondu notablement l’année dernière passant de 23,3 M€ en 2010 à 0,23 M€, conséquence de la mise en place du service diplomatique.

Quant à l’instrument de stabilité, qui est souvent utilisé pour compléter les missions PeSDC, son volet « réponses de crise » augmente notablement passant de 225 M€ (+ 23,1 M€) tout comme son volet « menaces technologiques », passant à 49 millions d’euros (+2,7 M€).

A noter : le projet pilote de soutien aux mesures de protection et de surveillance pour les navires de l’Union face aux menaces de la piraterie où 0,6 M€ de crédits de paiement sont affectés (correspondant au 1 M€ engagés en 2008).

Projet de budget 2012 – Politique étrangère

On peut remarquer que pour le partenariat avec le voisinage s’opèrent des redistributions : la Palestine et l’UNWRA chute (-33%) tandis que la Méditerranée augmente (11%) mais surtout le partenariat avec les pays d’Europe de l’Est(+ 17%). Le budget pour l’Asie diminue un peu (-3%), sauf l’Afghanistan (stable) et la zone Golfe Yemen-Irak-Iran (+ 35%). Diminution sensible pour l’Amérique latine (-7%). Ceci pour les crédits d’engagement. Si on regarde les crédits de paiements, il y a des différences notables : on attend proportionnellement moins de consommation de crédits en Méditerannée et davantage en Europe de l’Est et Amérique latine.

Dépenses
Crédits d’engagement
Différence
PESC 362,4 35,8
Instrument démocratie et droits de l’homme (EIDHR) 122,1 3,8
- dont missions électorales 35,1 -2,9
Instrument de stabilité (réponse de crise) 225 22,1
Instrument de stabilité (menaces technologiques et NRBC) 46,3 -2,7
Instrument de stabilité (lutte contre le criminalité) 22 -8,0
Assistance secteur nucléaire 76 1,5
Partenariat de voisinage 1980,5 81,4
- Méditerranée 935,1 92,2
- Palestine – UNWRA 200 -100,0
- Europe de l’Est 653,4 97,0
dont coopération transfrontalière titre 4 92,7 9,2
dont coopération transfrontalière régionale 99,2 -17,0
Coopération pays industrialisés 25 0,0
Amérique latine 352,6 -24,7
Asie 864,2 -25,7
- pays en développement Asie 506,4 -37,4
- Afghanistan 199,9 -0,1
- coopération scientifique 6,3 * -3 *
Asie centrale 105,2 -2,0
Iran, Irak, Yemen 52,6 13,7
Coordination, programmes d’informations, mesures d’audit et de suivi 33,1 2,6
Coopération asile immigration 60,4 6,4
Dépenses administrative – instruments de la politique étrangère 156,3 0,0

Projet de budget 2012 Aide humanitaire / protection civile

Le budget consacré au titre “aide humanitaire / protection civile” augmente globalement, il passe à 900 millions (+ 24 millions). Mais c’est surtout le budget consacré à l’aide humanitaire et l’aide alimentaire qui augmente, tandis que celui consacré aux interventions de la protection civile diminue (-5 millions)

Dépenses Crédits d’engagement
Différence
Staff 35,6 0,7
Aide humanitaire 553,3 16,6
Aide alimentaire 251,6 7,4
Préparation aux catastrophes 35,2 0,8
Corps des volontaires européens 3 2,0
Protection civile 22 -5,0
- interventions à l’intérieur UE 18 0,0
- interventions pays tiers 4 -5,0
- Capacité de réaction rapide 3,5 *
-1,5 *
Total 900,4 22,2

* crédits de paiement

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Un Finlandais prend le relais d’un Français comme chef-adjoint d’EUMM Georgia

Le Colonel finlandais Jussi Saressalo a pris ses fonctions, mercredi, comme chef adjoint de la mission européenne d’observation déployée en Géorgie (EUMM Georgia)
Il remplace le général français Gilles Janvier qui était là depuis le début de la mission (1), aux cotés du diplomate allemand Hansjörg Haber.

Colonel à la retraite de l’armée finlandaise, Saressalo a servi dans plusieurs missions de l’ONU (Untso Moyen-Orient à Damas, bande de Gaza) ou comme conseiller dans une ONG (IPA). Il a également servi comme conseiller “maintien de la paix” dans les Balkans pour le ministère des Affaires étrangères finlandais et auprès du représentant spécial de l’UE au Soudan – Darfour.

Cette nomination maintient ainsi le couple “diplomate – militaire” qui marque la direction comme la composition de cette mission EUMM qui comporte également une sensible tonalité “maintien de la paix” tout autant que l’observation.

(1) Lire : Récit de Géorgie 9: entretien avec Gilles Janvier, directeur adjoint de la mission

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Le chef d’EUMM Georgia prolongé pour un an

Le chef de la mission européenne d’observation en Géorgie (EUMM), Hansjörg Haber, est prolongé d’un an par le COPS (Comité politique et de Sécurité) de l’Union européenne (jusqu’au 15 septembre 2011).
Nommé au démarrage de la mission, en septembre 2008, il dirigera une équipe de 430 personnes : 330 experts internationaux (dont la plupart, 299, détachés par leur Etat membre) et une centaine d’employés locaux (le COREPER ayant accepté le recrutement d’une trentaine de personnels supplémentaires, essentiellement pour la traduction et le nettoyage).

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L’UE préoccupée par l’installation de missiles russes 300M en Abkhazie

Cathy Ashton, la diplomate en chef de l’UE, s’est montrée préoccupée par la mise en place de missiles 300M en Abkhazie. Ceci constitue “une violation des accords de cessez-le-feu” de 2008, explique-t-elle dans un communiqué, rappelant l’attachement de l’Europe à la préservation de l’intégrité territoriale de la Géorgie sur les territoires d’Ossétie du Sud et d’Abkhazie, qui se sont proclamés indépendants sous protection russe en 2008.

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L’aide internationale à la Russie (mis à jour 2)

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Le Dash8 - Crédit photo : Sécurité civile FR

Après avoir refusé toute aide internationale, la Russie a accepté les offres qui lui étaient faites par plusieurs pays. Aux 11 et 12 août, il y avait ainsi, selon le ministère des situations d’urgences, venant de pays étrangers : 551 pompiers à l’oeuvre, une centaine de véhicules, 6 avions et 7 hélicoptères (chiffre en augmentation par rapport à la veille : 394 pompiers, une quarantaine de véhicules, 5 avions et 5 hélicoptères). La moitié de ces effectifs étant fourni par l’Union européenne (5 avions et 281 pompiers).

Les anciennes républiques d’URSS ont fourni le plus rapidement une aide : l’Arménie (4 véhicules, 150 motopompes, une cinquantaine de pompiers, dans la région de Nijni-Novgorod), l’Azerbaïdjan (2 hélicoptères, Mi17 et Ka 32a, envoyés mercredi 4 août dans la région de Lipetsk et Riazan), le Kazakhstan (2 hélicoptères Mi-8 et Mi-171, dans la région de Samara), la Biélorussie (1 hélicoptère Mi-8, 20 véhicules et 150 pompiers dans la région de Ryazan), l’Ukraine (2 avions An-32, deux groupes de pompiers dans la région de Voronezh, un détachement de 500 militaires prêt à partir, selon Ria Novosti). La Turquie a envoyé 2 hélicoptères (dans la région de Riazan).

Les Etats-Unis ont envoyé 2 avions cargos contenant du matériel anti-feu (réservoirs à eau, pompes, combinaisons anti-feu…).

La contribution européenne

Six pays de l’Union européenne participent actuellement aux opérations : la Bulgarie (une centaine de pompiers – 92 pompiers et 3 médecins -, actifs depuis le week-end du 7 août), la Pologne (150 pompiers et 50 véhicules partis en convoi, samedi 7 août, via les pays baltes), l’Italie (2 Canadairs CL 415), la France (un gros bombardier d’eau, un Dash 8, parti lundi 9 août). La Lettonie a annoncé envoyer, mardi 10 août, une unité d’intervention de 12 sapeurs-pompiers et 2 véhicules. Et la Lituanie a décidé, jeudi 12 août, d’envoyer à son tour une équipe de 24 pompiers avec du matériel.

mis à jour jeudi 13 août

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Quelques jours bien chargés pour Cathy Ashton du Caucase à l’Afghanistan



(BRUXELLES2) La diplomate en chef de l’UE a rencontré en Géorgie le président Saakachvili. C’était
dans la cité balnéaire de Batumi (c’est plus agréable en cette saison que Tbilissi). Objectif des entrevues : lancer les négociations d’un accord association avec la Géorgie. Négociations qui peuvent prendre entre un à quatre ans. Des négociations identiques sont lancées par l’UE également avec l’Arménie et l’Azerbaïdjan, dans du partenariat oriental et d’une stratégie pour l’Asie centrale un peu plus affirmée.

Quelques heures le président géorgien s’était entretenu avec Bernard Kouchner, l’occasion pour le ministre des Affaires étrangères français de lever le petit doigt contre les Russes pour leur non-respect des accords de cessez-le-feu de 2008.

Les voyages de l’Européenne et du Français se séparent à Tbilissi. Cathy Ashton file à Almaty, capitale du Kazakhstan pour un sommet de l’OSCE tandis que Bernard Kouchner poursuit son déplacement, en compagnie de son homologue allemand, Guido Westerwelle, vers le Kirghizstan. Il poussera jusqu’à Och, ville objet d’un “pogrom” mi-juin, semble-t-il bien organisé (1), où le couple franco-allemand rencontrera des ONG et des survivants du assacre.

Entre temps, la diplomate en chef de l’UE fera un crochet par le Proche-Orient, et notamment Gaza (du 17 au 19 juillet), avant de rejoindre ses compagnons de route pour la Conférence internationale sur l’Afghanistan, le 20 juillet.

(crédit photo : Rustavi Tv)

(1) Les dommages au Kirghizstan: bien délimités. Les cartes satellites

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Kirghizstan. Le Parlement européen soutient une mission de police de l’OSCE

(B2) Le Parlement européen a voté, jeudi; une résolution “d’alerte” sur le Kirghizstan. Il appelle les autorités kirghizes à mener une enquête impartiale et indépendante, avec l’aide internationale, sur les événements violents de Och. Il demande également à l’UE de faire un triple effort : continuer l’aide humanitaire, développer une aide à la reconstruction à court et long terme et, surtout, intensifier ses efforts en vue de stabiliser le pays dans la perspective des futures élections législatives d’octobre.

Le Parlement invite ainsi la haute représentante de l’Union et les États membres à “souscrire et à contribuer activement au déploiement rapide d’une mission de police de l’OSCE chargée de prévenir de nouvelles éruptions d’actes de violence, de stabiliser la situation dans les villes affectées par les affrontements, de protéger les victimes et les personnes les plus vulnérables et de faciliter le retour des réfugiés et des déplacés internes”.

Le Parlement estime également nécessaire que l’Union européenne renforce son engagement à long terme dans le sud du Kirghizstan. La Commission européenne devrait “élaborer des propositions de redéploiement des fonds de l’instrument de coopération au développement” pour être mieux à même de réagir.

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Les dommages au Kirghizstan: bien délimités. Les cartes satellites parlent

(BRUXELLES2) Les émeutes type “pogrom” qui ont affecté le sud du Kirghizstan à la mi-juin ont été soigneusement observés par les satellites. Le programme satellitaire des Nations-Unies (UNOSAT) a ainsi publié plusieurs cartes montrant l’étendue des dommages. Selon son analyse, 1877 bâtiments ont été abimés à Osh (1805 totalement et 72 sévèrement). Et 433 bâtiments ont été touchés à Bazar-Kurgan (401 totalement et 32 gravement). Les photos satellites ont permis de repérer à Osh 73 signes SOS et 32 blocages de route, indication de quartiers ouzbekhs frappés par la crise ethnique. A Bazar-Kurgan, aucun signe de détresse SOS et seulement trois obstacles aux routes ont été détectés. Aucun dommage n’a été identifié dans la ville de Nooken, sur la rive ouest de la rivière Kara Unkur.
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Une destruction organisée et sectorisée

Selon la première analyse des experts satellitaires de l’ONU, on observe ainsi à Osh un axe de destruction est-ouest passant le centre de la ville. “Il y a une série de destructions sur 7 zones majeures, avec des frontières bien définies entre zones touchées et celles qui ne le sont pas. La moitié (52%) des bâtiments touchés identifiés sont situés dans une des six zones“. A Bazar-Kurgan, les dommages sont concentrés dans le centre et le nord-est de la ville, sur quatre zones essentiellement. Près de trois-quart (72%) des bâtiments touchés identifiés figurent dans deux zones.

Dans les deux cas, le mode de destruction favori a été “l’incendie volontaire” détectable en raison de la prévalence de toits détruits couplé avec des murs porteurs visiblement intacts”. Ce qui “suggère que la majorité de la destruction de construction a probablement eu lieu à la suite des incendies de l’après-midi détectés les 12 et 13 Juin 2010″. Précision supplémentaire : “Une grande majorité des bâtiments touchés étaient directement accessibles à partir des routes, ce qui suggère que les attaques incendies suspects ont été perpétrés par des individus ou des groupes qui ont restreint leurs mouvements aux principaux axes de transport”.

Dans la plupart des cas, les bâtiments touchés servaient à l’habitation ou étaient situés dans les quartiers résidentiels.” Il y a quelques cas de destructions ou de dommages à des entrepôts industriels ou des installations commerciales et publiques. Aucun dommage n’a été observé au réseau de transport (routes, ponts) ou d’autres sites d’infrastructure clés de la ville

Télécharger :

- la carte des dommages à Osh

- la carte des dommages à Bazar-Kurgan

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